Note de la trad : Je tiens à m'excuser pour le retard que j'ai pris. Je sais bien que je n'ai aucune excuse, mais ma beta m'a lâchée, et ajoutez à ça les révisions avant les examens, le stress des examens, et aussi le fait que j'avais pas toujours ni l'envie ni le temps de me mettre à la traduction… Mais voila, le chapitre est terminé, il est tout beau, tout frais, et il n'attend plus que vous le lisiez ! Alors bonne lecture !


Chapitre trois :
The Birth of Bewilderment.

Le jour suivant, après une nuit pratiquement blanche – faire sa routine matinale d'exercice lui parut particulièrement difficile – Rachel arriva à son cours de Littérature Américaine quelques minutes en retard.

Elle était en train de faire ses excuses lorsque le professeur arrêta de l'écouter – s'il l'avait seulement écoutée – et cria « Ça suffit, Hudson, premier rang !

– Quoi ? » Finn, assit au fond de la classe à côté de Quinn, leva innocemment les yeux, oubliant la sarbacane qu'il tenait dans la main dans sa surprise de s'être fait prendre. Quelques rangs plus loin, un fana de musique se frotta la nuque. « Qu'est-ce que j'ai fait ?

– J'ai laissé passer les deux premières boulettes de papier, mais trois coups, t'es dehors. Allez. » Le professeur barbu et à lunettes indiqua la seule place libre qu'il restait à l'avant de la classe et Finn s'avança à contre cœur d'un pas lourd vers le siège indiqué.

« Mais, Mr Laxforth, c'est ma place ! » protesta Rachel.

Le professeur ne sembla pas éprouver de remord. « Tu n'avais qu'à être à l'heure. »

Il ne restait qu'une place libre dans la classe celle que Finn venait de libérer. Alors, les pieds lourds, elle se dirigea vers elle. Quinn lui fit un sourire en coin jusqu'à ce qu'elle ne soit qu'à un banc d'écart et alors détourna les yeux vers le tableau au-devant de la classe.

S'asseyant, elle plaça ses livres avec soin sur le banc, faisant de son mieux pour ignorer la fille assise à sa gauche. Le cours commença et elle était sûre qu'elle pourrait passer la leçon entière sans jeter ne fut-ce qu'un coup d'œil vers elle. Cela n'empêcha pas son corps d'être en alerte rouge tout ce temps-là.

Elle ne se rappelait s'être déjà assise à côté de Quinn en classe auparavant, pas depuis qu'elles avaient commencé le lycée et laissé les places attribuées alphabétiquement derrière elles. Ce n'était pas si mal. Elle était assise à l'arrière de la classe avec une cheerleader populaire c'était le genre de choses qui faisaient les réputations. Mais c'était aussi perturbant, et il n'y avait jamais de bonne raison pour être distraite lorsqu'elle essayait d'apprendre quelque chose. Et jusqu'à présent, elle n'avait pas entendu un mot de ce que Mr Laxforth avait dit, car la seule chose sur laquelle elle arrivait à se concentrer était de ne pas prêter trop d'attention à la fille à côté d'elle !

Il s'avéra que son système d'alerte corporel était défaillant, cependant, car quand Quinn lui parla soudain à voix basse, elle sursauta. Sa jambe cogna contre le banc et son stylo lui glissa des doigts, roula sur le bureau et tomba.

« C'est pas ton genre d'être en retard. »

Elle se pencha pour récupérer son stylo et regarda à nouveau studieusement devant elle. « Je n'ai pas bien dormi.

– Qu'est-ce qui t'a tenu éveillée ? »

Rachel ne répondit pas.

« Tu crois vraiment que c'est dans ton intérêt de m'ignorer ? »

Probablement pas. « Je pensais à des choses.

– Comme ? »

Ça, Rachel n'allait certainement pas y répondre.

« Ton silence en dit long, tu sais. »

Elle sentit une pointe d'irritation. Elle n'avait rien fait de mal ! « Comme ? »

Ni vu ni connu, une jambe ferme se pressa contre la sienne. Lorsqu'elle remarqua la sensation de peau contre peau, Rachel dût contenir un couinement tandis qu'elle sursautait de nouveau, cognant cette fois douloureusement les deux genoux contre le dessous du banc.

Quinn gloussa. « Peut-être que la prochaine fois tu y réfléchiras à deux fois avant de faire l'arrogante. »

Rachel fut, heureusement, ignorée le reste de la leçon. Elle remarqua cependant le sourire en coin de Quinn lorsque, quand la cloche sonna, elle sortit en boitant de la classe.


Quinn ne pouvait pas croire en sa malchance lorsque le professeur dit à Rachel de s'asseoir à côté d'elle.

Elle avait passé la nuit précédente à alterner entre essayer de prétendre que rien ne s'était passé dans les douches et trouver un moyen de rejeter toute la faute sur Rachel, l'utilisant à son propre avantage et priant le pardon pour sa faiblesse dans ce qu'il s'était révélé être une pauvre erreur de jugement (c.à.d Avoir regardé !)

Taquiner Rachel lui donnait un certain pouvoir sur la situation mais c'était sommaire, parce que même si la jeune fille craquait pour elle, cela n'effaçait pas le fait que c'est elle qui avait laissé les choses aller si loin la veille. Elle aurait dû partir à la seconde où Berry s'était retournée, mais au lieu de cela elle avait cédé à la folie de l'autre fille. Et, d'accord, cédé à sa propre tentation aussi et maintenant…

… Et maintenant, elle était dans la merde parce qu'il était physiquement impossible d'aller avec une brosse à récurer à l'intérieur de son cerveau pour y récurer ces images. Et à moins de boire une bouteille d'eau de javel et de dire "Adieu, Monde Cruel", elle ne savait pas quoi faire pour faire partir ce souvenir.

Mais une chose était sûre : si elle devait vivre avec, Berry allait vivre avec, mais moins bien !


La moitié du 1er semestre n'était même pas encore écoulée que le temps commençait déjà à changer. La matinée avait débuté suffisamment claire, mais lorsque Quinn sortit de son dernier cours, le ciel était devenu gris et une bourrasque joua avec la jupe de son uniforme des Cheerios. Il y avait une promesse de pluie dans l'air, mais le Coach Sylvester ne croyait pas aux promesses et, à moins qu'il n'y ait une averse torrentielle dans les cinq prochaines minutes, c'est sur le terrain de sport qu'elles s'entraineraient, et non dans la chaleur du gymnase.

Vingt minutes plus tard, la pluie commença à tomber légèrement – mais pas assez pour que le Coach s'inquiète d'être électrocutée par son porte-voix à piles – et donc elles n'eurent pas droit à un sursis.

Elles étaient en train de faire les sautés du second niveau de la pyramide et, tandis que des pieds glissaient constamment d'épaules mouillées, Quinn était contente de ne pas être requise pour faire cet exercice en particulier. Avec un peu de chance, les ratés causés par la pluie continueraient suffisamment longtemps pour qu'elles n'aient pas le temps de répéter les sautés du haut de la pyramide aujourd'hui. Elle ne voulait pas risquer une chute du sommet, mais elle ne pouvait pas non plus dire exactement pourquoi au Coach.

Elle se mit sur le côté avec Santana et Brittany, riant face aux jeunes filles en difficulté et notant leurs chutes sur l'hilarité, l'assurance sous la pression et la probabilité d'entrainer de graves mutilations.

« Oh, Seigneur, qu'est-ce qu'elle fait là ? Pitié, dites-moi qu'elle n'essaye pas d'entrer dans l'équipe. Je pourrais pas la supporter ici aussi ! »

Perplexe, Quinn suivit le regard de Santana jusqu'aux gradins. Rachel Berry était assise sur la troisième rangée, un cahier ouvert sur ses genoux et un parapluie tenu au-dessus de sa tête penchée. Le vent fort continuait de l'emporter et Quinn gloussa en la regardant continuellement arrêter d'écrire pour attraper le manche du parapluie et le stabiliser.

Elle se retourna vers le spectacle en face d'elle. « Il n'y a aucune position de libre dans l'équipe.

Qu'est-ce qu'elle fait ici, alors ?

– Je parie qu'elle est là pour regarder l'entraînement de foot de Finn. » Brittany se tourna vers les garçons courant dans tous les sens à l'autre bout du terrain et ne prêtant pas attention à la pluie. À vrai dire, plus cela devenait mouillé et boueux, plus ils semblaient s'amuser. Ils devenaient nettement plus bruyants leurs grognements et le bruit de leurs pas rivalisaient avec les hurlements du Coach. « Oh, pardon, Q. »

Elle se détourna d'eux. « Pourquoi ?

– Ben, Finn est ton petit-ami. Tu veux sans doute être la seule à le regarder.

– Tu veux que je m'occupe d'une pétasse ? » demanda Santana avec un sourire beaucoup trop enthousiaste.

Quinn rit. « Okay, petit tour rapide de "Réussite, Mariage ou Détention". » Elle pointa Santana en disant le dernier mot.

« Ouais, bon, je suis pas faite pour le mariage et on sait toutes les deux que Britt sera celle qui réussira. »

Tandis que Brittany souriait angéliquement au compliment, Quinn souffla dans sa barbe. Tout le monde supposait que l'apogée de sa vie était de se marier, même ses amis. C'était comme si son futur était assemblé sur une chaine : Capitaine des Cheerleaders, Diplômée Avec Mention, Université de l'Ivy League, Rencontrer un Chrétien Honnête, Avoir un Mariage Parfait, Déménager en Banlieue, Élever Deux ou Trois Enfants, Mourir.

Son père était tellement fier de toutes ses réussites jusque-là, mais il aurait un anévrisme si elle lui disait qu'elle voulait avoir une carrière après être sortie de l'université. Une des filles du grand Russell Fabray ayant un travail, c'était – frottant consciemment son ventre, elle se rappela que l'anévrisme était en fait déjà prévu pour le moment où elle ne serait plus capable de cacher sa dernière réussite parce qu'elle avait déjà fait l'impensable.

Cette pensée réfréna sa rébellion intérieure mais elle savait qu'elle allait ressurgir à nouveau, parce que, bien sûr, le mariage et les enfants seraient son but un jour mais elle voulait aussi plus que cela. Sinon, elle aurait déjà trouvé un moyen pour que Finn lui passe la bague au doigt. Elle voulait vivre avant de se caser, faire au moins une chose excitante, folle et inattendue. Une chose à laquelle elle pourrait repenser en souriant lorsqu'elle finirait par laisser cette chaine l'emmener dans un néant banlieusard et familial.

Et pour information, avoir le bébé de Puck à seize ans n'allait pas être cette chose.

« Revenons-en à Mains-de-mec, » disait Santana, et Quinn était consciente qu'elle avait raté une conversation entière pendant qu'elle était dans ses pensées. « On devrait la faire dégager. Lui rappeler que c'est la pelouse des Cheerios. »

Elle y réfléchit, cela pouvait être amusant. Le porte-voix de la Coach était laissé sans surveillance pour l'instant et la tête de Berry était penchée sur son cahier. Elles pouvaient l'utiliser pour lui faire la peur de sa vie. Mais.… elle avait des choses plus importantes à faire pour l'instant que de perdre son temps à jouer des tours à Berry.

« Non, si elle veut s'assoir sous la pluie comme une idiote, laissez-la faire.

– Sérieusement ? » demanda Brittany. « Ça ne te dérange pas qu'elle regarde Finn ? »

Quinn sourit d'un air suffisant. Elle n'était pas là pour regarder Finn, si c'était le cas, elle le regarderait au lieu de se blottir en boule au-dessus de son cahier. De plus, même Berry ne serait pas aussi stupide, n'est-ce pas ? Elle avait été parfaitement claire hier qu'à la moindre avance envers son copain, elle raconterait le petit faible lesbien que Rachel avait pour elle. Elle avait sûrement assez de bon sens pour ne pas lui désobéir le jour suivant et forcer ainsi la main de Quinn ?

Seigneur, s'il vous plait, laissez-la avoir plus de bon sens que cela ! Parce qu'elle n'avait vraiment pas envie d'exécuter sa menace. À cette idée, elle se sentait… pas tellement coupable mais… mal à l'aise. La situation en elle-même la mettait mal à l'aise. Rien que penser aux mots "le petit faible lesbien que Rachel a pour moi" suscitait un intense sentiment de gêne au fond d'elle, faisant légèrement s'entrechoquer ses genoux tandis qu'elle se dandinait d'un pied sur l'autre, les mains serrant nerveusement les parfaits plis rouges de sa jupe jusqu'à ce qu'un regard curieux de Santana ne lui fasse lâcher le tissu et croiser fermement les bras sur sa poitrine. De plus, compte tenu de la réaction que provoquaient ces neuf petits mots, il serait grotesque d'y penser de nouveau. Elle avait besoin de ne simplement plus y penser et se concentrer sur des choses qui en valaient vraiment la peine à la place.

"Le petit faible lesbien que Rachel a pour moi."

Non ! Arrête cela !

« Ça va, Q ? » Seule Santana pouvait utiliser un sourire en coin comme marque d'inquiétude. « Tu as l'air de quelqu'un qui a trébuché et s'est assis sur sa brosse à dents électrique.

– Quoi ? Je n'ai même pas de brosse à dents électrique.

– Tu devrais vraiment en avoir une. La mienne a des oreilles de lapin c'est trop mignon.

– Euh, Britt, c'est pas ta brosse à dents.

– Ben, je le sais ça, c'est une polisseuse de dents électrique, c'est pour ça que ça a cette forme-là et n'a pas de poils… »

Quinn n'avait pas la moindre idée de ce dont elles étaient en train de parler, ayant décroché à la première mention de brosse à dents, donc elle ne fit pas plus attention lorsque Santana entraina Brittany à l'écart pour murmurer frénétiquement dans son oreille. Jetant un œil vers les gradins de nouveau, elle vit que le parapluie de Berry avait enfin réussi à se libérer et la jeune fille était maintenant en train de grimper rangée de bancs après rangée de bancs pour le récupérer avant qu'il ne soit emporté à la prochaine rafale.

Quelle loseuse ! Pourquoi ne pouvait-elle pas simplement les contourner et monter les escaliers pour l'attraper comme une personne normale ? Mieux encore, pourquoi était-elle assise dehors dans le vent et la pluie quand elle n'avait aucun raison d'être là ? Pourquoi était-elle là-haut, la tourmentant ainsi ? Pour Finn ? Ou pour… elle ? Était-ce possible qu'elle ait buté sur la vérité la veille (si par buté, vous voulez dire regarder droit vers sa silhouette nue !) et que Berry avait réellement un faible pour elle ? Si elle avait été entrainée à être plus honnête avec elle-même, cela avait plus de sens qu'une simple curiosité, mais elle n'était pas entrainée à l'être, car cela laissait supposer qu'elle était mise dans le même sac et… non, d'accord !

Si Rachel Berry ressentait quelque chose pour elle, bien. C'était en fait plutôt hilarant quand elle y pensait, mais cela ne voulait pas dire qu'elle avait besoin d'y penser ou de s'en inquiéter et ce n'avait certainement pas à être réciproque. Tout ce qu'elle avait à faire était de l'ignorer, exactement comme elle l'avait toujours fait avec la petite obsession de Puck pour elle.

Oui, toujours, jusqu'à la nuit où la tentation qu'il offrait était plus réconfortante que ses vœux de chasteté ou son petit-ami et qu'elle l'avait laissé l'emmener dans son lit…

D'accord, Puck était peut-être un mauvais exemple.


Coach en avait enfin eu marre des démonstrations de formation de pyramide et leur avait fait courir des tours de terrains pour le temps restant, ce à quoi Quinn n'avait pas pu échapper. C'est donc trempée de sueur et de pluie qu'elle se rendit enfin aux vestiaires à la fin des deux heures d'entrainement.

Comme à sa nouvelle habitude, elle ne se rendit pas dans les douches tout de suite avec le reste de l'équipe – elle n'était pas encore assez confiante pour se déshabiller devant elles pour l'instant – évitant les commentaires à ce propos en prenant son rôle de capitaine des cheerleaders très au sérieux. Tandis que toutes les autres enlevaient leurs uniformes trempés, elle alla dans le placard chercher les serviettes et les distribuer – se rappelant en même temps qu'il en manquait une, ce qui était génial, car cela voulait dire qu'il n'en resterait pas une pour elle. Ensuite, elle rangea les pompons et les bâtons dans le placard à équipement. Des pompons humides, dégoutant ! Dans le passé, c'étaient des jobs qu'elle déléguait avec joie à quelqu'un plus bas dans la chaine alimentaire des Cheerios mais ils étaient actuellement des outils de procrastination assez utiles.

« Tu veux qu'on t'attende ? Demanda Brittany en enfilant un uniforme sec.

– Non, allez-y les filles. On se voit demain. »

Pendant qu'elle attendait que les autres filles sortent, elle fit semblant d'être absorbée par le tableau de service d'entrainement. Mais une fois la porte fermée derrière la dernière fille, elle poussa un immense soupir de soulagement. Si elle n'enlevait pas cet uniforme rapidement, il allait finir par fondre sur sa peau.

Elle était nue sous le jet chaud, appréciant une douche particulièrement longue puisqu'elle était seule, quand elle entendit la porte s'ouvrir et se fermer. Elle se figea si c'était le Coach Sylvester, cherchant après elle, elle était foutue ! Baissant les yeux, elle rentra le ventre. Cela ne fit pas tellement de différence. Oh Seigneur !

« Hello ? Quinn ? »

Elle expira brusquement, ressentant tellement de soulagement et d'agacement qu'il n'y avait pas de place pour être à la fois inconfortable.

« Qu'est-ce que tu veux, Berry ?

– Je, euh, je suis venue rapporter la serviette. » Elle contourna la cloison et ses yeux s'écarquillèrent avant qu'elle ne tourne précipitamment le dos à Quinn. « Désolée !

– Dans quelle tenue tu pensais me trouver ici, exactement ?

– Je… Je n'ai pas réfléchi. »

Voir que Rachel était visiblement mal à l'aise la calma et lui rendit un peu de confiance sur la situation. Rachel était son ennemie pour l'instant, et c'était toujours bon d'avoir son ennemi prit au dépourvu.

« Bien sûr.

– C'est vrai !

– C'est bon. » Quinn coupa l'eau et attendit. Rien ne se passa. « Alors est-ce que je peux avoir la serviette ?

– Oh, désolée. » Berry lança son bras en arrière sans regarder.

« Merci. » Elle l'enroula autour d'elle et une odeur de frais et d'agrumes lui chatouilla les narines.

Cela sentait différemment de d'habitude. Coach insistait sur le fait que l'odeur du détergent à lessive bon marché était l'odeur des champions, mais quelle que fut cette odeur, c'était infiniment mieux. Elle la sentit fortement.

« C'est du Zeste de Citron, c'est l'adoucissant que mes pères utilisent. C'est supposé te donner l'impression d'être revigorée.

– C'est pas mauvais. Peut-être que je devrais te faire laver mes serviettes tous les jours.

– Je suis sûre que si tu fournissais l'adoucissant et disons, des frais d'un dollar par jour, nous pourrions trouver un arrangement. Mon fond pour l'université apprécierait les revenus supplémentaires.

– Tu m'obligerais à te payer pour que tu laves mes serviettes ? »

Berry commença à se tourner lentement, vérifiant par-dessus son épaule que la serviette était là où elle devait être, et se tourna complètement, lui faisant face. « Tu laverais mes serviettes gratuitement ?

– Non, mais…

– Mais quoi, Quinn ? Tu penses que, juste parce que tu crois savoir quelque chose sur moi alors que tu n'as aucune preuve pour le confirmer, je vais subitement devenir servile envers toi ? Peut-être cela a-t-il échappé à ton attention que même après plusieurs années où tu m'as tourmentée, je ne me suis pas encore inclinée devant toi. »

Quinn était déconcertée par la réaction de Berry par rapport à ce qui avait commencé comme une blague. Bien sûr, elle ne s'était pas attendue à ce que la jeune fille lui lave ses serviettes, mais elle s'était attendue à ce que Berry saute sur l'occasion de faire quelque chose comme cela pour elle. Mince, il y avait au moins deux Cheerios de première année et un élève de deuxième qui laveraient volontiers ses serviettes à la main dans des larmes de tigre si elle le leur demandait.

Peut-être que Berry ne craquait pas pour elle alors. Ou peut-être qu'elle était tellement incompétente en société qu'elle ne savait même pas comment faire cela correctement.

« D'accord, pas de lavage de serviettes. Tu peux t'en aller maintenant.

– Est-ce que j'ai dit quelque chose qui t'a offensée ?

– Tout ce que tu dis m'offense, dit-elle en passant devant l'autre fille pour se rendre aux casiers.

– Je trouve cela difficile à croire.

– Tu ne devrais pas.

– Je sais qu'on a eu nos différends dans le passé…

– Non, nous n'avons pas eu des différends, nous sommes différentes. Est-ce que tu comptes me regarder m'habiller ?

– Oh ! » Berry lui tourna le dos à nouveau.

Quinn leva les yeux au ciel. « Tu te rappelles ce que j'ai dit à propos de choses qui en disent long ? »

Dans le silence qui suivit, elle retira la serviette d'autour d'elle et l'utilisa pour se sécher vigoureusement.

« Est-ce que… Est-ce que ça veut dire que tu veux que je me retourne ?

– Non, ça veut dire que tu devrais faire ce qui te met à l'aise, peu importe ce que c'est. Et le fait que tu te sentes plus à l'aise en me tournant le dos…

– Je devrais sûrement partir.

– Si c'est ce qui te met à l'aise. » Quinn sortit son propre uniforme de son casier.

Bon sang, elle les épuisait rapidement cette semaine. Elles n'avaient qu'un nombre limité d'uniforme chacune, et après avoir dû en changer la veille à cause de l'incident avec le slushie, elle en avait déjà un en moins. S'il pleuvait toujours et que celui-ci se retrouvait mouillé aussi, elle serait forcée de porter des vêtements normaux d'ici la fin de la semaine.

Le Coach avait rétrogradé des filles pour moins que cela.

« Finalement, attends. »

Berry n'avait pas encore bougé un muscle. « Oui ?

– Si je te demande ton parapluie à prêter pour aller jusqu'à ma voiture, est-ce que tu vas me faire payer ?

– Bien sûr que non, mais ça n'a pas l'air juste que je doive être mouillée par conséquent.

– Tu es déjà mouillée, on dirait une lavette.

– Je te ferais savoir que j'ai peut-être beaucoup de qualités que tu trouves moins qu'attractives, mais être une lavette n'en fait pas partie.

– Je voulais dire physiquement, expliqua Quinn avec un hochement de tête moqueur.

– Oh, eh bien dans ce cas : oui, je suis plutôt trempée.

– C'est ce qu'il t'arrive quand tu t'assois dans les gradins sous la pluie. D'ailleurs, qu'est-ce que tu faisais là ?

– Je t'attendais. » Avoir ses suppositions confirmées était à la fois gratifiant et terrifiant. « Pour te donner la serviette en privé. J'ai pensé que tu préfèrerais cela. »

Quinn haussa les épaules, cela ne changeait rien au fait que Berry était là-bas pour elle et personne d'autre. Elle n'avait pas à se demander pourquoi c'était important. Booster son égo était toujours agréable, en particulier quand son égo avait bien besoin de tout le boost qu'il pouvait supporter à la fois.

À présent, elle pouvait presque sentir le goût du vin à la fraise sur le bout de la langue et entendre Marvin Gaye chantonner en fond. Elle repoussa le souvenir, prémonition ou peu importe ce que c'était, parce qu'il y avait une grande différence sur laquelle elle pouvait se focaliser : Puck égale Garçon, Berry égale Monstre Raté.

« Peu importe, tant que me regarder des gradins ne devient pas une habitude.

– Ce n'était pas prémédité. »

Bientôt sèche, Quinn commença à s'habiller. Une fois qu'elle eut mit ses sous-vêtements, elle dit : « C'est bon, tu peux te retourner maintenant. »

Ce que Berry fit, mais aussitôt qu'elle vit son soutien-gorge et sa culotte, elle se retourna de nouveau.

« Oh mon Dieu, t'as douze ans ou quoi ?

– Non, c'est juste qu'après les évènements d'hier, je ne pense pas qu'il soit approprié que je te voie à moitié nue.

– Ça en dit long, Berry. Très long.

– Crois ce que tu veux, Quinn. »

Avec un sourire en coin, Quinn enfila son uniforme et alla devant le miroir pour passer un coup de peigne dans ses cheveux humides avant de les attacher en queue de cheval. « Alors, ce parapluie ?

– Tu peux l'avoir s'il le faut. Mais pas à cause de… quelque raison pour laquelle tu penses que je te le donne, mais simplement parce que je suis une personne charitable et que je n'aimerais pas que tu sois trempée si je peux faire quoique ce soit pour empêcher ça. Donc tu peux prendre mon parapluie. » Quinn s'assura que son porte-monnaie, son téléphone portable et ses clés étaient dans la poche de son sac avant de le fermer. « Alors, Quinn ?

– Quoi ? Oh, désolée, j'ai arrêté d'écouter quand tu as commencé à parler. Pourquoi est-ce que tu ne m'accompagnes pas tout simplement jusqu'à ma voiture ? Comme ça, tu peux garder ton parapluie et aucune de nous ne sera mouillée. »

Rachel ne discuta pas et Quinn lança sa serviette dans le panier à linge avant d'attraper son sac et de se diriger vers la porte.


Elle accompagnait Quinn Fabray jusqu'à sa voiture !

Elle n'était même pas sure de savoir en quoi cela lui semblait si important, mais cela l'était – son cœur avait atteint une toute nouvelle vitesse et la moiteur de sa main tenant la poignée du parapluie n'avait rien à voir avec le temps et… et elle avait des papillons, très cliché, dans le ventre. Elle était – oserait-elle le dire ? – nerveusement excitée de traverser le parking plat et mouillé de l'école avec la fille dont le passe-temps principal était de rendre sa vie misérable.

Ses sentiments étaient complétement inappropriés et incompréhensibles, et Rachel…

« C'est celle au bout, là-bas, dit Quinn, désignant la seule voiture restante avant de laisser retomber sa main avec un petit rire déconfit en réalisant que c'était inutile. Visiblement. »

… ne pouvait pas arrêter de sourire !

Il y avait un inconvénient à son excitation nerveuse, cela dit. Son parapluie n'était pas assez large et elle ne pouvait qu'imaginer comment cela serait perçu si elle se serrait suffisamment contre Quinn pour qu'il soit complétement au-dessus de leurs têtes. Et elle ne pouvait pas s'empêcher de s'assurer que Quinn soit plus couverte qu'elle. Résultat, tout son côté gauche était encore plus humide qu'avant, même complétement trempé lorsqu'elles atteignirent la voiture rouge vive.

Alors que la cheerleader s'avançait pour ouvrir la portière, Rachel resta en arrière mais garda le bras tendu, le parapluie au-dessus de la blonde afin qu'elle reste sèche. Quinn rit lorsqu'elle le remarqua, et se tourna dans l'espace entre la voiture et la portière à présent ouverte afin de lui faire face. En voyant ses yeux habituellement froids pétiller, Rachel attendit le commentaire désobligeant concernant son empressement pathétique de faire plaisir et se prépara à le recevoir, seulement pour tressaillir et fermer fort les yeux lorsque des articulations de doigts touchèrent doucement sa joue, essuyant quelques gouttes de pluie.

Quinn retira sa main plus vite qu'elle l'avait posée, la tenant d'une façon qui portait à croire qu'elle la suspectait d'avoir été possédée. Cela ne l'empêcha pas d'avoir un petit rire lorsqu'elle chuchota : « Tu es terriblement nerveuse pour une fille qui n'a rien à cacher, Berry. »

Rachel réfléchit à des réponses possibles, essayant de choisir la plus intelligente, mais au final elle dit simplement : « J'ai cru que tu allais me donner un coup de poing.

– Je vais le faire si tu me donnes une bonne raison pour, c'est clair ? »

Elle lui offrait un regard assez intense à présent, dont elle ne comprenait pas du tout la signification, mais Quinn sembla penser qu'elle avait comprit, puisqu'après un hochement de tête… approbatif ? elle se tourna pour entrer dans sa voiture.

Rachel était déjà en train de ramener le parapluie au-dessus de sa propre tête – bien qu'il soit un peu trop tard pour se préoccuper de rester sèche – quand Quinn s'arrêta et se retourna à nouveau. Rachel réagit rapidement et Quinn leva les yeux, riant légèrement en voyant qu'elle était de nouveau à l'abri de la pluie.

« J'allais juste te dire merci. » Après lui avoir offert un petit sourire, apparemment amical, Quinn se glissa sur le siège du conducteur et ferma la portière.

Rachel resta là, le parapluie toujours en l'air mais toujours pas au-dessus de sa tête. Le sourire et le merci l'avaient clouée sur place. C'était une chose des plus banales, sans doute, mais venant de Quinn Fabray et ayant l'air sincère, ce n'était pas rien !

Elle dut reculer lorsque Quinn fit marche arrière de son emplacement, et la regarda sortir du parking sans même un regard dans son rétroviseur. Cela dit, c'était probablement une bonne chose. Parce que si Quinn avait regardé, elle l'aurait vue se tenant sous la pluie battante et la regardant partir, ce qui pourrait ne pas faire passer le bon message.

Il était très important qu'elle ne fasse passer que les bons messages à partir de maintenant. Cela ne le ferait pas de donner plus de raisons à Quinn de penser qu'elle avait des sentiments amoureux pour elle – Ce qui n'était pas le cas ! – mais en même temps, leurs interactions amicales des dernières vingt minutes environ – Quinn lui avait touché le visage ! Et elle lui avait souri ! – semblait être un excellent début pour une amitié mutuellement gratifiante et qui durerait toute la vie, et elle serait idiote de laisser l'occasion passer.

Tout ce qu'il lui fallait, c'était une entrée, quelque chose qui serait la fondation en ciment de leur amitié. Quelque chose qui ferait que ce ne soit pas impossible – encore mieux, acceptable – qu'elle accompagne encore Quinn jusqu'à sa voiture, et ce régulièrement, parce que ce sont ce que les amis font tout le temps, pas vrai ?

Elle hocha la tête, bien qu'elle n'en était pas sure, et puis elle s'aperçut qu'elle se tenait toujours sous la pluie avec son parapluie, ouvert mais inutile, à côté d'elle et cela la poussa à réagir. Elle devait retrouver son Daddy devant l'école dans quelques minutes. Elle vérifia sa montre. Enfin, il y a dix minutes.

Elles étaient sorties par les portes de derrière, celles près du gymnase. Ce serait plus rapide de revenir sur ses pas et de se précipiter dans les couloirs que de contourner tout le bâtiment. Elle venait de dépasser les vestiaires des filles en courant quand l'idée la frappa et c'était exactement comme si ça l'avait frappée, parce qu'elle s'était arrêtée si soudainement que son élan avait fait basculer la partie supérieure de son corps vers l'avant, avant qu'elle ne rétablisse le poids de son corps sur ses talons.

Elle l'avait déjà trouvé, sa fondation vers une amitié hésitante avec la fille la plus populaire de l'école.

Elle regarda la porte des vestiaires tout en faisant mentalement la liste des pour et des contre de son idée, et fronça les sourcils quand elle se rendit compte qu'il y avait bien plus de contres. En fait, il n'y avait qu'un seul pour : celui d'avoir la chance de recréer le sourire de Quinn et sa gratitude lorsqu'elle inhalerait la fraicheur revitalisante du citron. Cela pouvait se retourner mortellement contre elle, bien sûr – d'accord, peut-être pas mortellement à ce qu'elle sache, personne n'était jamais mort suite à une attaque de slushie – mais si jamais quelqu'un s'en rendait compte à part Quinn… D'ailleurs, Quinn elle-même pourrait ne pas apprécier la trop grande familiarité elle avait dit qu'elle plaisantait à propos de cela, après tout – et même si elle avait été sérieuse, est-ce que faire sa lessive était vraiment une bonne chose pour leur futur ?

C'étaient tous de très bons arguments pour lesquels Rachel aurait dû continuer à courir pour retrouver son Daddy sans plus de détours, mais même si c'était contre toute logique, et après avoir rapidement jeté un coup d'œil de chaque côté du couloir, elle poussa tout de même la lourde porte. Elle s'arrêta pour entendre le moindre son pouvant laisser penser que Coach Sylvester était à l'intérieur avant d'aller tranquillement (quoique très rapidement) jusqu'à l'endroit ou le grand panier à linge se trouvait. Heureusement, elle savait quelle était la serviette de Quinn. Elle avait remarqué qu'un des coins s'était accroché au couvercle du panier, laissant un triangle de tissu blanc pendre sur le côté. Elle leva le couvercle en plastique, froissant le nez à l'odeur de moisi qui s'éleva, et attrapa le triangle entre le pouce et l'index. Elle l'a retira d'un coup sec, en fit une boule et la fourra dans son sac de cours.

Ce n'est qu'une fois assise sur le siège passager du break de son Daddy qu'elle se rendit compte de ce qu'elle venait de faire, c'est-à-dire voler la serviette sale de Quinn. Si quelqu'un l'avait vue… ! Elle se sentait à la fois coupable, anxieuse et emballée par le risque qu'elle venait de prendre, et le tout combiné la rendait légèrement malade.

Et si elle s'était trompée ? Et si cette après-midi n'avait pas été le début de quelque chose de bien, mais le prélude de quelque chose de mauvais ? Et si elle s'était laissée aller à un faux sentiment de sécurité ? Et si la gentillesse apparente de Quinn n'était qu'un subterfuge pour un autre sale coup ? Cela ne changerait pas de d'habitude, et Rachel n'avait pas oublié avec quelle facilité elle s'était laissée avoir par le "Chérie, on forme une équipe maintenant" d'il y a tout juste quelques semaines, et qui les avait conduit à l'expérimentation de l'anéantissement de leur presque détermination par Dakota Stanley.

Et si c'était juste ça… simplement personnel ? Rachel avait avoué avoir embrassé son petit-ami, après tout. Et pour ce qu'elle en savait, Quinn ne prenait pas de telles offenses à la légère et elle pensait déjà avoir quelque chose contre elle…

Elle savait par expérience qu'une fois que ce serait dans toutes les bouches, personne ne chercherait à savoir si c'était vrai ou non.

Elle baissa les yeux vers son sac bombé comme s'il contenait une bombe à retardement et grimaça légèrement.

Évidemment, voler la serviette de Quinn n'arrangerait pas son cas non plus.

Peut-être qu'elle se faisait du souci pour rien, cela dit. Il y avait toutes les chances que la gentillesse de Quinn ait été sincère. Pourquoi est-ce qu'elle ne pourrait pas s'accrocher à cela, au moins jusqu'à ce qu'il en soit prouvé autrement ? Elle n'avait pas de béguin déplacé, et la cheerleader en était sans doute consciente au fond d'elle. Et si ce n'était pas le cas, ce serait à Rachel de le lui prouver en ne montrant rien d'autre qu'une façade platoniquement amicale.

Cela dit, elle devait l'avouer, si elle pouvait arrêter de voir Quinn nue, ça rendrait les choses beaucoup plus faciles.