Note de l'auteur. Voila le chapitre 4 de la fic et exceptionnellement, c'est un chapitre long. Je n'ai pas l'habitude de faire aussi long. Un énorme merci à toutes celles et ceux qui m'ont laissé des reviews. Ca booste énormément.
J'espère que ce chapitre vous plaira ^^
Chapitre 4
Katniss's pov.
Nous sommes Samedi Matin. Il est cinq heures et je n'ai pas réussi à fermer l'œil de la nuit. Mon esprit n'a pas réussi à trouver le repos un seul instant. J'étais trop stressée à l'idée de cette journée. Si je n'avais aucune parole, j'annulerai tout. Mais. Je lui ai donné rendez vous dans une heure. Si tôt, parce que l'endroit où se situe la cascade est à plus de deux heures de marche.
Je prends de l'eau, mon panier repas. Cette semaine, Prim à fait des fromages de chèvre. Je vérifie une dernière fois que je n'ai rien oublié et je pars. Il fait encore un peu nuit mais on sent l'odeur du matin qui ne va pas tarder à se lever.
Il est déjà là quand j'arrive. Le sourire aux lévres et frais comme la rosée. Il n'a pas du avoir de problème de sommeil, lui. Je remarque qu'il a prit un énorme sac à dos avec lui.
« On ne part que pour la journée » je pointe son sac.
« Je sais, mais y avait quelques trucs qu'il fallait absolument que je prenne avec moi »
« Tu n'as pas l'air fatigué, cela ne te fait pas trop tôt malgré tout, il n'est que six heure. »
« Pas du tout, je me lève à 4h30 du matin quand je suis de service pour faire le pain. »
Ceci explique cela.
Je passe à travers la clôture et il me passe son sac. Il n'est pas si lourd en fait. Je me demande s'il va remarquer pour la largeur du trou. Il passe comme une fleur.
« Oh ! Je suis passé sans problème. » Il a l'air étonné. « Tu as aggrandi le trou pour moi ? » lance t'il surprit.
J'hausse les épaules. Il se met alors à me sourire mais d'une façon que je ne lui connaissais pas. Un sourire doux et intense à la fois, j'ai même l'impression que ses yeux me sourient aussi. Un frisson me parcourt, cela doit être la fraicheur du matin même si il fait très doux aujourd'hui.
« Merci Katniss »
« Allons-y ! Ne trainons pas y en a pour deux heures de marche. Ca ne te fait pas peur au moins ? »
Il secoue la tête et il a ne cache pas son enthousiasme. Il est vraiment très heureux d'être là. Je ne sens aucune tension et ça me relaxe aussi. La journée va peut être moins longue et pénible que je ne redoutais.
« Avant de prendre la route, je vais prendre mon arc. On ne sait jamais si sur la route, on croise du gibier intéressant. Je ne veux pas louper d'occasion »
Il acquièce.
« Katniss. Toi aussi, tu as été questionné hier au sujet de ce qui s'est passé avant-hier ? Mes amis n'ont pas arrêté de me harceler de questions »
Ah oui, c'est vrai. Je me demande ce qu'il leur a dit.
« Qu'est ce tu leur as dit ? »
« Je ne voulais pas qu'ils apprennent, tu sais pour Oliver et ce que j'ai essayé de faire alors, j'ai inventé une histoire. D'ailleurs vaut mieux que je te le dise au cas où, l'un d'eux viendrait te questionner. »
J'espère qu'il n'a pas dit de bêtises qui ruineront ma réputation.
« J'écoute »
« J'espère que tu ne m'en voudras pas, mais j'ai essayé de rester dans ton personnage » il se passe la main dans les cheveux. « J'ai dit qu'un type avait fait tomber tes livres, que j'avais pris ta défense et que tu n'avais pas aimé que je vienne t'aider que tu n'avais besoin de personne ». Il a dit le tout très rapidement mais j'ai bien compris. Je m'arrête de marcher. Sous le choc.
« T'es Fâchée ? »
« Non, juste surprise parce que j'ai dit, mis à part le détail sur les livres, approximativement la même chose à ma sœur » J'évite de parler de Gale.
Il équarquille les yeux.
« C'est vrai ! Wouah ! Ca alors »
« Tu l'as dit. T'as mis combien de temps pour trouver cette excuse ? »
« Je ne sais pas, cela m'est venu sur le moment, je n'ai pas trop réfléchi en fait et toi ? »
« Pareil » Je mens. Sérieusement, j'ai mis trois bonnes heures à trouver cette idée et lui, ça ne lui a prit que quelques secondes. Je suis dépitée. Ma fierté vient d'en prendre un coup.
« Bon, une bonne chose de régler » dit t'il. On reprend la marche. Je me procure mon arc.
« Je peux le voir ? »
« Oui, je lui tends mais je ne le lache pas. Cet arc est très précieux. Il l'observe avec intêret.
« C'est un bel ouvrage. »
« Oui, mon père l'a fait lui-même » Je ne veux pas parler de mon père. « On y va » Il fait clair maintenant. Les animaux vont sortir, l'idéal pour chasser sur le chemin. Sauf un énorme détail. Le bruit qu'il fait en marchant. Ce n'est pas possible, on dirait qu'il pése 100 kilos. Chaque pas qu'il fait me tue literalement les oreilles. Au bout de dix minutes, je ne tiens plus.
« Peeta, tu pourrais faire un peu moins de bruit en marchant. Si tu pouvais faire attention à ne pas écraser chaque branchage mort. Tu fais fuir les animaux » Cette fois, j'ai fait attention à ce que mon ton ne soit pas sec mais sympathique.
« Oh ! Oui excuse moi. Je vais faire attention »
Pourtant rien ne change. Il a le pas d'un hippopotame. Je jette un œil pour voir s'il ne le fait pas exprés. Mais non, il regarde constamment ses pieds et pourtant, il continue de faire un bruit d'enfer. Tout du moins pour mes oreilles délicates et habituées au silence de la fôret. Je ne chasserai rien de la journée. Il doit ressentir mon agacement parce qu'il me dit soudain.
« Désolé, j'ai le pas lourd. Je crois que c'est à cause de la lutte, on nous apprend à avoir les pieds bien encrés au sol »
C'est logique. Le pauvre ce n'est pas de sa faute.
« Dis-moi Peeta, pourquoi tu fais de la lutte ? Tu n'as l'air d'être le genre de personne à aimer se battre… »
« Tu as raison, j'aime pas me battre mais, il faut savoir se défendre alors comme mon frère en faisait aussi. Ca s'est imposé à moi »
« Tu comptes prendre ta revanche contre lui cette année ? »
« Oh ! Je ne sais pas si je pourrais un jour le battre. Il est fort. »
« Je suis sure que tu pourrais, tu soulèves si facilement des sacs de farine de plus de 50 kg. Je pense que c'est plutôt le fait que ce soit ton frère qui t'handicape »
« Tu m'as vu porter les sacs de farine ? Pourtant nos livraisons sont hyper tôt et une fois par mois seulement »
Je n'en reviens pas que ce soit sorti de ma bouche. Pour être franche, j'avais complètement oublié, ou du moins, je le pensais.
« Oui, il fut un temps où j'allais en ville tôt pour vendre des fraises des bois au vieux cireur de chaussures. » le pauvre est décédé y a un an et demi. « Je passais pas très loin et je t'ai vu »
Cest vrai, je me souviens bien maintenant, le camion du district 11 arrivait avec les sacs et Peeta était là. Il attendait. Il était toujours tout seul pour la livraison. Il faisait des allers et retours et ne semblait jamais se fatiguer. Je me rends compte que je suis restée longtemps à l'observer.
En fait, j'ai toujours gardé un œil sur Peeta. Je savais aussi pour sa deuxième place. Pourtant, je ne suis pas allée voir le match. Mais je me souviens avoir entendu des garçons de la ville en parler et de m'être approchée juste pour savoir qui avait gagné.
Que va-t-il penser de moi maintenant. Il va croire que je l'espionnais ce qui est faut biensur. Je prenais seulement des nouvelles. On continue de marcher en silence. Il à l'air pensif. La chaleur d'un rayon de soleil réchauffe mon visage. Peeta s'arrête brusquement.
« Qui y a-t-il ? »
Il a un regard emerveillé. Je regarde aux alentours mais je ne vois rien : Que la forêt.
« C'est magnifique Katniss. Regarde comme c'est beau »
Je me sens bête parce que je ne vois pas du tout de quoi il parle.
« Qu'est ce qui est beau ? »
Il me regarde l'air incrédule.
« Ouvre les yeux Katniss. Regarde les rayons du soleil qui se frayent un chemin a travers les arbres et qui atterissent sur le petit cours d'eau. On dirait que l'eau est remplie de diamants. C'est à couper le souffle. Dire que tu vois cela tous les jours où presque. »
Je regarde ce qu'il me décrit sans trop comprendre « Peeta c'est juste le soleil qui se léve »
Il s'approche de moi.
« Suis mon regard Katniss. » il tourne la tête vers les arbres et je vois les rayons qui transpercent les feuillages des arbres. « Regarde les couleurs des feuilles, on voit les rayons. » C'est vrai que c'est joli. En foret, je ne m'attarde jamais sur ces choses là, c'est avant tout un garde mangé. Il baisse la tête en suivant l'inclinaison des rayons et ses yeux se posent sur le filet d'eau. En effet, l'eau brille. On dirait qu'elle contient des dizaines de petits cristaux. C'est splendide. L'eau semble vivre et elle etincelle de diamants.
Le temps semble s'être arrêté. Si le paradis existe, je crois que Peeta vient de m'en ouvrir la porte. J'ai l'impression que je suis dans un endroit unique c'est comme si nous nétions plus à Panem.
« Tu vois maintenant ? »
« Oui, Merci Peeta. C'est splendide. Je passe des journées dans la fôret mais je n'avais jamais ouvert les yeux. »
Les rayons de soleil disparaissent cachés par un gros nuage blanc. L'instant magique s'est envolé.
« Reprenons la route » dis-je. « Nous sommes bientôt arrivés »
J'ai hate qu'il voit la cascade maintenant. Je me demande si je vais la percevoir différemment aussi.
Quelques dizaines de minutes plus tard, nous y sommes. Ce n'est pas une grande cascade. Mais, elle fait son petit effet sur Peeta. Depuis plusieurs minutes, il reste muet, la bouche entrouverte. Les yeux qui brillent. Je suis contente. Soudain, il arrive sur moi et me prend dans ses bras.
« Merci Katniss » Il me serre un peu trop fort et je suis trop éberluée par son attitude pour réagir. Il me lâche enfin et retourne observer la cascade. Je n'ai pas bougé d'un centimètre. Jamais un garçon, même pas Gale ne m'avait prise dans ses bras. J'ai encore l'impression de sentir ses bras autour de moi et la masculinité qu'il dégageait.
Je sais que je suis petite et frèle et malgré qu'il ne soit pas très grand, je me suis sentie comme une toute petite chose dans ses bras. Je ne sais pas quoi penser. Ca n'avait rien de désagréable mais je n'aime pas l'idée de me sentir si faible et fragile tout d'un coup. Il faut que je lui dise qu'il ne recommence plus jamais ça.
Je m'approche de lui pour lui dire, mais il bouge partout, excité comme une puce, il semble essayer de regarder la cascade par tous les angles possibles et inimaginables. Il est si joyeux, il fait des grands mouvements et soudain plonge la tête dans l'eau. Elle doit être très froide. Quand il l'a remonte, son visage ruisselle et plusieurs méches de ses cheveux sont trempées. Le soleil vient baigner son visage. Et il ferme ses beaux yeux bleus pour mieux pouvoir profiter des bienfaits de la chaleur. On dirait presque une statue. Les méches blondes brillent, il en devient éblouissant. Enfin, il secoue la tête et me sourit.
« Elle est froide, mais bonne ! » Sa bonne humeur est contagieuse. On ne peut pas rester fachée bien longtemps avec Peeta Mellark. Je ne l'étais pas vraiment d'ailleurs mais ce que je voulais lui dire ne me semble plus vraiment important. Il ne pensait pas à mal et c'est quelqu'un de si spontané.
Il s'installe sur une grosse pierre et il se sort de son sac un large cahier qui ressemble à des tubes de…
« Qu'est ce que c'est ? »
« C'est mon petit kit de peinture. Je n'ai pas grand-chose, quelques pinceaux, un tube de noir et de blanc et ce cahier de croquis »
Il manipule ses objets avec la même précaution avec laquelle j'utilise mon arc. Je ne peux m'empècher de penser que cela doit couter une fortune.
« De la peinture ? Ca doit être très cher »
Il fait oui de la tête.
« Je n'ai moi-même pas les moyens de pouvoir m'acheter tout ça. Chaque objet est un cadeau de Noel et d'anniversaire de Delly. »
Delly, je la connais, c'est la fille qui traine toujours avec lui, depuis aussi longtemps que je me souviens. Elle est exhubérante, semble aimer tout le monde et elle est un peu potelée. Chose rarissisme au district 12. Je note une fois de plus, que Peeta n'est vraiment pas passé inaperçu à mes yeux toutes ses années pour savoir cela aussi.
« C'est ta petite amie ? » Mince, c'est sorti tout seul. Il doit penser que je n'ai pas à me meler de ses affaires.
Il me regarde droit dans les yeux.
« Non, Delly, c'est ma meilleure amie, plus comme ma sœur en fait. Tu sais nous sommes nés le même jour et sa mère et la mienne ont partagé la même chambre à la maternité. Je n'ai pas de petite amie » conclu t'il.
Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai une soudaine envie de prendre la fuite. Surtout que son regard intense me m'est mal à l'aise.
« Tu ne vas pas me croire, et j'espère que cela te dérangera pas de le savoir mais… »
Je me sens toute tendue. Je n'aurais vraiment pas du poser la question. Il continue « Delly, elle a un énorme beguin pour ton petit ami »
« Quoi ? » qu'est ce qu'il a dit ? Je n'ai pas de petit ami. De qui il est parle ?
« Delly va me tuer quand je vais lui dire que je te l'ai dit » et il passe la main sur ses cheveux. Je note que c'est un geste qu'il fait quand il est géné. Puis, je réalise enfin qui est mon petit ami. Le seul garçon que je fréquente c'est Gale.
« Tu veux parler de Gale ? »
Il tourne la tête pour regarder dans la direction opposée. « Oui ».
« Gale n'est pas mon petit ami. C'est mon meilleur ami. Y a rien entre nous. » Il me regarde de nouveau.
« Je ne VEUX pas de petit ami. » Il fronce les sourcils.
« Tu préfères les filles » me dit t'il surprit.
Je dois avoir la bouche grande ouverte.
« Ca va pas la tête. Non, je préfère les garçons » mais qu'est ce qu'il me fait dire ! Tais-toi Katniss.
« Bah alors pourquoi tu ne veux pas de petit ami ? Il est pourtant très beau Gale Hawthorne. »
« Ca n'a rien à voir avec la beauté ! » Voila que je m'enerve.
« Tu préfères les moches ? »
Il le fait expres ou quoi ? J'ai envie de le secouer là.
« Non, avoir un petit ami, c'est la route vers le mariage et les enfants et je ne veux pas d'enfants. Je ne veux pas qu'ils vivent notre vie de misère et l'horreur des hunger games »
Je n'y crois pas. J'ai mis des mois avant de révéler cela à Gale et il m'a tiré les vers du nez en une matinée.
Il équarquille les yeux.
« Je comprends ta logique pour les enfants. Mais je trouve que tu vois loin. Il faudra prévenir ceux qui tenteront de sortir avec toi qu'ils s'engagent pour le mariage direct » il a un petit sourire moqueur. « Tu rigoles pas avec cela dit donc »
Je rêve où il se moque de moi.
« Remarque, je suis sur que certains seraient pret à t épouser sur le champ » et il continue de plus belle.
« Tu trouves cela drole ! »
« C'est juste pour plaisanter. Tu es si sérieuse… »
« Parce que c'est un sujet sérieux ! Tu sais quoi ? Je vais chasser, profite de ta cascade et moi je vais profiter qu'aucun élephant ne me suit pour faire quelques prises. »
Et toc. Je fais demi-tour d'un pas assuré. Je m'éloigne. Et quand je ne suis plus à la porter de sa vue, je le regarde. Comment as t'il osé ? Je remarque qu'il a un petit air triste. Mince. Je me sens un peu coupable de le laisser là bas tout seul. Non, Katniss, reprends-toi. Il s'est moqué de toi, tu ne dois pas laisser passer cela.
Le silence de la fôret me calme. Quand j'y pense, il est non seulement bruyant mais il parle beaucoup. Je n'ai pas l'habitude. Cela doit bien faire une heure que je suis là et je n'ai tiré qu'un lapin. Mon ventre gargouille, il doit être bientôt midi. Je retourne vers la cascade. Je me demande ce qu'il fait. Quand j'arrive, il a installé une nappe. Il doit avoir faim aussi.
« La chasse fut bonne ? »
« Non, j'ai attrapé qu'un lapin » dis-je d'un ton sec.
« Je suis désolé Katniss. Je ne voulais pas te froisser. Parfois, mon humour laisse à désirer »
« C'est clair » je ne veux rien lacher. Je prends mon sac et sors ma nourriture, j'ai un morceau de pain, le fromage de chèvre et un peu de ragout. Il fait de même. Il sort une demi baguette qui a ma grande surprise n'a pas l'air fraiche du tout. Une boite avec une large portion de riz trop cuit et une demi-tranche de jambon. Ca ne me donne pas du tout envie.
Il prend le pain et l'arrache tant bien que mal, il est elastique son pain. Je me rends compte que je le fixe. Il repasse la main dans ses cheveux et il a clairement l'air honteux.
« Tu dois trouver cela étrange… En fait, on ne mange que les restes ou les invendus. Souvent c'est ce type de pain qu'on se met sous la dent. Si on mange le pain frais, alors on perd de l'argent et on n'a plus rien à vendre. »
Je comprends. Je me sens juste bête et ignorante d'avoir toujours cru qu'il avait de la nourriture en abandonce et de première qualité sur la table.
« Mais le gout est bon ! Du pain, je veux dire » poursuit t'il d'un sourire. Le voir manger me déprime. Tout à l'air bien fade à coté de mon repas. Peut être devrais je lui en donner un peu… Non ! Il n'avait qu'à pas se moquer de moi tout à l'heure. Et après tout, moi je suis obligée de la gagner cette nourriture. Lui, même si sa nourriture est sans gout, il en aura toujours.
Malgré tout, il mange avec un bon appétit. Nous finissons notre repas et je me dis que j'aurais du aller chercher des baies tout à l'heure. Cela m'aurait fait un dessert. Quelle idiote de ne pas y avoir pensé.
Lui, il sort un énorme muffin aux myrtilles de son sac.
« C'est un invendu de la veille, que j'ai réussi à récupérer avant mes frères » me dit t'il fièrement.
Je suis furieuse contre moi-même, si je n'avais pas été une peau de vache rancunière et que j'avais partagé un peu de mon ragout, j'aurais eu le droit de gouter à ce muffin qui me fait drolement envie.
Il prend le muffin et le sépare en deux et à ma grande surprise, il me tend la moitié de celui-ci.
« Pour toi » me dit-il avec un grand sourire.
« J'en veux pas. Je n'ai rien à partager en échange »
« Je m'en moque. Je l'ai pris pour toi aussi »
Son attention à mon égard me touche. Moi j'ai rien prit pour lui en partant ce matin. Je me sens minable et je ne mérite pas sa gentillesse.
« Garde-le. » je rétorque
Mais comme il a son petit caractère, il décide de me poser la moitié du muffin sur mes genoux.
« Je ne le mangerai pas. C'est ta part, tu en fais ce que tu veux. Tu peux le donner aux écureuils si tu veux. Cette moitié de muffin est à toi. Et tu ne me dois rien. Je le fais parce que ca me fait plaisir de le partager. »
Ca me rappelle la conversation qu'on a eue en début de semaine. Je ne vais tout de même pas engraisser les écureuils et il a vraiment l'air gouteux ce muffin.
« Merci » Je prends une bouchée et je ne le regrette pas. Il est délicieux. Le meilleur muffin que je n'ai jamais mangé.
« Tu aimes ? »
J'acquièce la bouche pleine.
Il me sourit tendrement. Ses sourires sont de véritables traquenards. Il est vraiment impossible de rester contrariée très longtemps avec Peeta quand il vous sourit comme ça.
Une fois terminée, on replie la nappe ensemble. Il retourne à son croquis et je le suis pour voir ce qu'il fait. A ma grande surprise, ça ressemble à quelque chose. C'est même bien réalisé.
« Ce n'est pas terminé. Ca va me prendre quelques heures. Ca ne te dérange pas ? »
Je secoue la tête.
« Non, tu as l'air doué. Je peux rester te regarder peindre ? »
« Biensur, par contre, je ne suis pas très causant quand je peinds »
« Ca me va »
Il se met au travail et c'est fascinant de voir comment ses larges mains, manient les pinceaux avec tant de légèreté, d'habileté et de précisions sur le papier. Surtout quand on pense à combien il est lourd sur ses pieds.
C'est vrai qu'il ne parle pas mais je suis émerveillée de voir la cascade prendre vie sur le papier. Plus il y travaille, plus c'est impressionant. Il n'est pas justé doué, il a un vrai talent. Puis, je remarque, qu'il est comme envouté parce qu'il fait. La concentration dont il fait preuve. Je crois que plus rien n'existe autour de lui.
Encore une autre facette de Peeta que je ne connaissais pas et qui me est juste à mes cotés et j'ai l'impression qu'il est dans un autre monde. Je suis partagée entre l'envie de le ramener à la réalité et le laisser loin de moi dans cet univers inconnu.
Je commence à bailler. Je sens la nuit blanche que j'ai passée. Mes yeux se ferment lentement.
Quand je les ouvre, je me sens plutôt confortable. C'est bizarre, y pas d'oreiller dans la fôret. C'est là que je réalise que j'ai la tête posée sur les genoux de Peeta. Comment suis je arrivée là ? Je lève les yeux et lui aussi s'est endormi. Un sentiment étrange m'envahit. Je me sens reposée. Je suis contente qu'il dorme. Je n'aurais pas aimé me réveiller dans de telles conditions et le voir me regarder avec ses grands yeux bleus. La honte. Mais il dort alors tout va bien. Je me relève tout doucement et je jette un coup d'œil à son cahier de croquis qui est posé à coté de lui.
La cascade qu'il a réalisée en noir et blanc est un chef d'œuvre. Qu'est ce que cela serait si ils possedaient les autres couleurs.
« Oh, je me suis endormi » j'entends sa voix.
« Tu as fini la cascade ! C'est splendide Peeta. »
« Je pense qu'il y a quelques défauts, j'aurais pu faire mieux, si j'avais eu un chevalet. »
« Tu es bien trop modeste. »
« Non, je ne suis encore qu'un débutant, j'ai encore besoin d'apprendre mais je te remercie. J'ai toujours rêve de peindre une nature luxuriante et cet endroit c'est vraiment parfait. Merci Katniss »
Je ne m'en rends pas compte sur le coup, mais un sourire se dessine sur mon visage. Je souris, il est sorti tout naturellement ce sourire. Il faut que je reprenne le contôle.
« C'est dommage qu'on vive ici. Tu aurais pu faire une carrière de peintre si les choses n'étaient pas ce qu'elles sont »
Je repense à ma conversation avec Gale. Cela m'attriste.
« Je compte bien dans quelques années, faire une carrière de peintre » lance t'il soudain.
L'idée me semble absurde. Il ne pourra pas.
« Je ne vois pas comment, tu vas pouvoir faire ? Les artistes sont au capitol ou au district 1. Et nous sommes bloqués ici. Tu travailleras à la boulangerie toute ta vie Peeta. On ne peut pas sortir du district et qui 's'interesserait à ce que tu fais ici ? »
« Tu as en partie raison. Pour la boulangerie, ca ne me dérange pas, car j'ai bien faire les glaçages et les gateaux pour les événements et on y voit du monde. Mais je ne pense pas que notre avenir soit aussi bouché que cela. »
« Tu es naif alors ! »
« Non, disons, que je ne veux pas me résigner et tout de même tenter de réaliser mes rêves »
« Tu vas prendre d'assault le capitol à toi tout seul et tuer Snow ? »
Il secoue la tête.
« Décidément Katniss, tu ne fais pas dans la demie mesure. Non. Quand je serais prêt, j'irais harceler le seul habitant du district 12 qui peut avoir acces aux galeries d'ar du capitol. Haymitch »
« L'alcoolo ? Je te souhaite bien du courage, il ne fait jamais rentrer personne dans sa maison. Cela m'etonnerait qu'il veuille t'aider »
« Je ne me fais pas d'illusions, il ne voudra pas mais je sais être tenace quand il le faut et je ferai tout pour qu'il embarque une de mes toiles un jour. Même si je dois y passer des années. »
« Tu risques d'y laisser ta peau »
« Qui ne risque rien n'a rien. »
Je pense à Gale qui se plaignait d'avoir des amis qui se résignaient à leur vie sans avenir. Il serait surement admiratif de voir qu'il y en a au moins un au district 12 qui veut prendre son destin en main. Même si cela semble impossible. Mais quelque chose me gêne.
« Ca te dérangerait pas de te vendre au capitol ? Je veux dire si tu réussissais ? Ces gens profitent de nous, vivent sur notre dos, et acclament les hungers games »
Il prend quelques minutes pour réfléchir.
« Je vois ce que tu veux dire. Je pense qu'une fois installé, je profiterai de mon art pour transmettre subtilement quelques messages. Les faire réfléchir. »
« C'est un jeu dangereux, le capitol te tuerait »
« Non, pas si c'est assez ambigue… mais tout cela est encore bien loin. Malgré tout, je ne veux rien regretter et je vais tout tenter. Ce n'est pas parce que tout semble être joué d'avance qu'on ne peut pas lancer nos propres dés. Je ne veux pas être un pion Katniss... Tu comprends. Et qui sait, on ne peut jamais dire de quoi l'avenir sera fait. Y a une semaine, mon nom sortait de la bouche d'Effie Trinket pour partir aux hungers games et aujourd'hui, je suis ici avec toi. Qui aurait pu deviner ça ? »
« Personne, ca c'est sur »
Peeta est une personne incroyable. Je crois que je viens de dénicher le seul rêveur du district 12. Mais, il a une façon réaliste de projeter ses rêves. Pas comme Gale et moi en faisant des faux plans d'évasion , puis d'infiltration au capitol pour aller tuer Snow.
¨J'en viens à espèrer qu'il reussisse. Il arrive à me faire croire que tout n'est pas perdu d'avance. Soudain, je repense au pissenlit que j'avais ramassé après avoir croisé son regard. A l'espoir retrouvé. Aux opportunités auxquelles je n'avais pas pensé, au savoir que mon père m'avait transmis.
Je le regarde alors qu'il verifie si sa peinture est séche. C'est incroyable qu'à chaque fois que je suis avec lui, je sens de l'espoir monter en moi. Je ne connais personne qui lui ressemble. Il est vrai que je ne connais pas beaucoup de monde non plus. Parfois, je le regarde et je me dis qu'il vient d'être autre monde.
« D'où viens-tu ? » je n'ai pas dit cela à voix haute ?
« Quoi ? »
« Rien, ta peinture est séche ? »
« Oui »
« Bien, il va falloir se mettre en route. »
« La journée est vraiment vite passée »
Il a raison, je n'ai pas vu les heures passées et malgré le petit incident, j'ai passé une très bonne journée. Je me sens regonflée. Sur le retour, je ne suis même pas contrariée de ne pouvoir chasser à cause de ses bruits de pas.
A un moment, j'essaye de lui apprendre à marcher de façon plus légère. Mais c'est peine perdue. J'abandonne au bout d'une demi-heure. Puis, il me raconte que ce soir, il doit faire le glaçage pour un gateau d'anniversaire que la boulangerie doit livrer demain. Il est tout content, et il me raconte ce qu'il va faire. Je l'écoute plus que je ne parle mais ça me va bien. En plus, il est tellement enthousiaste, qu'il me le transmet.
Nous voilà à la clôture. Déjà. Il n'y a pas de bourdonnement. On peut passer.
« Bien, ce fut une journée extraordinaire » dit Peeta.
Je me dis que c'est fait, je viens de rembourser ma non dette. Je ne dois plus rien à Peeta Mellark. Nous allons reprendre nos vies. Je me sens triste à l'idée. Mais nous n'avons plus de raison de nous revoir.
« Oui.. »
On reste l'un en face de l'autre silencieux.
« Bon, et bien, bon glaçage » je lui lance.
« Oh oui, il ne faut pas que je traine »
Malgré tout il ne bouge pas. J'ai l'impression qu'on a du mal à se séparer.
« Prim doit m'attendre »
« Katniss »
« Oui ? »
« Je te ferais un dessin du gateau d'anniversaire pour que tu vois ce que cela donne d'accord ? »
« Oui »
Je redeviens mono syllabique.
« Je le glisserai dans ton casier »
« D'accord »
Il passe la main dans ses cheveux. Et je sais ce que cela veut dire.
« Si un jour, tu as une autre journée de libre. N'hésites pas, j'aimerai bien retourner dans la fôret … »
Il n'attend pas ma réponse et s'en va.
Plus il s'éloigne, plus je me sens vide et seule. C'est un étrange sentiment qui m'envahit. J'ai froid. Il faut que je rentre. La vie doit reprendre son cours.
A la maison, ma mère fait réchauffer le ragout que je n'ai pas voulu partager avec Peeta. Prim vient me voir.
« Alors, cette journée de chasse ? »
« Pas très bonne, je n'ai ramené qu'un lapin. » les pas bruyants de Peeta raisonnent dans ma tête.
Je vais me débarbouiller un peu. Je monte dans la salle d'eau et je mets de l'eau dans une bassine. Je revois Peeta plonger sa tête dans l'eau de la cascade.
Il est partout.
Le soir dans mon lit, je n'arrive pas à dormir. Ca doit être à cause de la sieste de l'après midi. Et je me revois la tête posée sur les genoux de Peeta. Je me tourne et me retourne dans mon lit.
Je finis tout de même par m'endormir. Le lendemain, je vois Prim qui s'agite partout.
Je dois me préparer pour retrouver Gale. Cette fois, je suis sure que je ramenrai plus de gibiers que la veille. Gale a des pas de velours.
« Qu'est ce qui t'arrive Prim ? »
« Je cherche le livre de Papa »
« Il est dans la chambre de maman. Pourquoi ? »
« J'ai trouvé des racines hier et je veux vérifier quelque chose ». Elle monte avec rapidité et revient avec le bouquin. Elle tourne les pages et semblent vraiment ennuyée.
« Alors ? »
« Je ne sais pas, Papa il dessinait comme un pied. Je ne sais pas si c'est cela ou non. C'est embetant. Ce livre aurait besoin d'une mise à jour. Certains dessins sont effacés aussi… »
Soudain, une idée folle me vient en tête.
« Je connais peut être quelqu'un qui pourrait arranger cela Prim »
« Vraiment ? On lui donnerait quoi en échange »
Tel que je le connais, il ne voudra rien mais je ne le laisserai pas faire.
« Je pense qu'on pourrait négocier cela, en échange de quelques baies, et des fromages de chèvre »
Il a bien besoin de manger des choses un peu plus fraiches. Je ne fais pas ca parce que je veux le revoir. Je fais cela parce que c'est quelque chose d'utile pour nous et pour lui. C'est une situation gagnant gagnante.
A suivre
