Chapitre 3

L'appartement était complètement sombre à mon retour du restaurant. Bella et Alice devaient probablement dormir. Je me permis alors de me laisser aller. Prenant place sur notre canapé de cuir, les larmes qui jusqu'ici avaient été silencieuses, explosèrent en une crise comme celle que mon enfant allait avoir à la naissance.

Rose ?

La lumière du seul corridor de notre demeure s'ouvra, Balla s'y trouvait en peignoir et je venais évidemment de la réveiller. Rapidement, je tentai de dissimuler la peine sur mon visage en essayant en vain de sécher mes larmes avec la manche de ma veste.

Oh pardon, je ne voulais pas faire de bruit c'est juste que…

Restant sensible malgré les apparences, il m'était impossible de retenir d'avantages mes sanglots. Isabella se précipita sur le même siège que le mien et me serra dans ses bras. Alice, alerté par ce chagrin, vient nous rejoindre et prit ma main dans la sienne.

Il l'a mal prit, je suppose ?

Oh Alice. Les hommes sont si cons.

Je me défis de l'étreinte de mes amis et attrapa un mouchoir dans mon sac.

Raconte-nous. Demanda Bella en se levant pour aller me chercher un verre de lait.

Il s'est enfuit.

Les filles me fixèrent ahuries en attendant que je poursuive.

Un peu plus tôt dans la soirée

Je suis enceinte Emmett. Enceinte de toi.

Il y eut un long, trop long, moment de silence entre nous. La serveuse qui s'occupait de notre table approcha pour remplir nos verres d'eau, mais c'est à peine si Emmett l'avait remarqué, le regard persistant à me fixer le ventre.

Emmett ?

Aucune réponse.

Emmett ? M'énervais-je.

Je…pourquoi de moi ? Je veux dire, comment le sais-tu ?

Et bien je suis célibataire et je ne suis pas du genre à faire ce que nous avons fait alors étant donné que tu es le dernier homme avec lequel j'ai eu un rapport sexuel, il va s'en dire que le calcul est simple non ? Répondis-je un brin insultée.

Est-ce que tu es certaine à cent pour cent ?

Nos plats arrivèrent et il le repoussa, probablement coupé de son appétit.

Je ne suis pas allée chez le docteur encore mais j'ai fait un test maison, à ce qu'il parait, c'est un moyen presque fiable.

Écoute…je…

Il termina sa coupe de vin rouge en une seule énorme gorgé et se leva brusquement après avoir déposé l'argent de nos repas sur la table.

Je dois y aller.

Retour dans le présent

Rose, il était juste sous le choc à mon avis. Me rassura la lectrice. Il a besoin de temps pour digérer tout cela, ne le condamne pas tout de suite.

Tu ne comprends pas, il avait l'air…je ne sais pas, dégoûté par moi.

Je suis certaine que tu te trompes.

Mes larmes se multiplièrent, inondant mes joues rougies.

Ma carrière est terminée, ma vie est terminée. Je vais me retrouver mère célibataire et incapable de trouver un homme qui voudra de moi, une fois laide et grosse et mère célibataire. Répétais-je horrifiée par le futur qui m'attendait.

Alice prit mes bras pour me redresser et me força à la regarder dans les yeux.

Tu ne seras pas seule, compris ? Tu as de la famille, des amies…tu sais que Bella et moi allons t'aider du mieux que nous le pourrons. Oubli ce salaud, tu y arriveras. Des tas de femmes le font, ma mère l'a fait et j'aime croire qu'elle a réussi son travail avec moi.

Tu as raison. Admis-je malgré tout.

Maintenant tu vas te prendre en main et oublier tes hormones une minute.

Son commentaire me fit retrouver le sourire.

Tu es enceinte, Rosalie. Tu n'as pas le cancer. Enchaina Bella en me frottant les cheveux. D'ici quelques mois, cette maison sera remplie de bonheurs et d'amour.

Oui, presque autant que de couches ! Blaguais-je.

Bon tu vois, inutile de faire un drame avec le plus beau cadeau au monde. Maintenant, au lit mesdemoiselles. Une future maman a besoin de beaucoup de repos.

Cette petite discussion nocturne entre filles m'avait enlevé un poids horrible des épaules. Mes colocataires m'avaient fait réaliser que ce n'était pas la fin de ma vie, mais plutôt le début d'une nouvelle. Emmett n'avait qu'à aller se faire foutre et par quelqu'un d'autre que moi cette fois. Étendue là, dans mon lit avec simplement une lampe de chevet pour m'éclairer, je soulevai la camisole de mon pyjama en satin et posa la main sur mon ventre dénudé, qui en regardant attentivement, avait déjà pris quelques rondeurs.

Ce ne sera que nous deux, mon bébé. Tu m'entends ? Juste toi et moi.

Je gardai cette position maternelle, jusqu'à ce que je me perde dans les bras de Morphée.