Je vous remercie sincèrement de tous les beaux commentaires que j'ai reçus :).
Ça me fait chaud au coeur de voir qu'on apprécie autant ma fiction.
Rachel et moi sommes de retour dans le train. Demain, on dit adieu à notre famille et le jour d'après on nous lance dans ces horribles jeux. Je ne préfère pas y penser. Haymitch s'écroule dans un des luxueux divans en soupirant, une bière à la main.
-Vous avez bien fait ça, les jeunes.
J'hoche la tête en signe de remerciement, trop épuisé pour discuter, puis passe dans le wagon des chambres pour pouvoir prendre une longue douche. Je ferme les yeux, appréciant la chaleur de l'eau sur mon corps gelé. Je retourne dans ma chambre et enfile un pyjama chaud, avant de me glisser dans les épaisses couvertures. J'essaie de dormir.
Je revois le visage du carrière qui a essayé de me draguer, mais il a l'air beaucoup moins charmant ainsi. Son visage est tâché de sang et il essaie de me tuer. Je cours, je cours, en vain. Je tombe. Il me plante son épée dans le dos. Je suffoque, je crie, personne ne m'entend.
Je me réveille, en sueurs, et tourne la tête vers le réveil-matin posé sur ma table de nuit. Il est à peine 1h du matin. Je soupire, puis tente de me rendormir.
Le matin, je mange le plus que je peux, parce que je ne sais pas quand je vais pouvoir manger à ma faim lors des jeux. La tension est palpable lors du déjeuner. Aucun de nous deux n'a envie de dire adieu à sa famille.
Vers midi, on nous conduit dans un petit immeuble, où nos familles nous attendent dans des salles séparées. Je passe la porte qui m'est attribuée, accueilli par mon père, les mains dans les poches, le regard vide. Mon père a beaucoup de mal à montrer ses sentiments, mais dès que je me mets à pleurer, il pleure aussi. Je le serre le plus fort que je peux dans mes bras, bien qu'il fait deux fois ma largeur, comme si je ne voulais pas dire au revoir à la réalité douce que je possédais pour sombrer dans le cauchemar qui m'attendait.
-Je t'aime, papa.
Il me regarde dans les yeux, ses mains posées sur mes joues.
-Prends soin de toi, mon grand.
Après une quinzaine de minutes, on vient me chercher. Je l'embrasse une dernière fois, puis sort sans regarder derrière. Je dois regarder vers le futur cruel qui m'attend, maintenant. Demain matin, je serai dans l'arène. Je sens déjà la peur me tordre le ventre, au point où j'ai envie de me laisser tomber sur le sol en hurlant de douleur, mais j'avance. Je ne laisse pas la peur transparaître dans mon visage.
On soupe en silence. Effie a tellement l'air excitée par le début des jeux. Je serre les poings sous la table. J'ai juste envie de lancer mon assiette de nouilles dans son visage trop maquillé. Je lance de petits regards à Rachel qui semble avoir le même désir que moi.
-Ça se voit que ce n'est pas toi qui va risquer ta vie pour le plaisir de gens sadiques, je lance à Effie en me levant.
-Pensez-vous que ça me fait plaisir de vous envoyer dans ces jeux? réplique-t-elle.
Je me tourne vers elle, les lèvres serrées pour me retenir de lui envoyer toutes les bêtises qui me passent par la tête.
-Pourquoi n'empêchez-vous pas ces jeux si ça ne vous fait pas plaisir, alors?!
Je sens son air bouche bée derrière moi. Je l'ignore et va prendre une longue douche, puis me glisse sous les couvertures chaudes. Je me couche tôt. Je ne sais pas même pas si je vais être capable de fermer l'oeil.
Le matin, au déjeuner, Effie n'ose même plus me parler, ce qui me satisfait pleinement. Sa voix aiguë me donne des maux de tête. Haymitch nous donne toujours des conseils, mais je l'écoute à peine.
On finit de manger et, déjà, je sens que le train s'arrête. Ma gorge se serre. Ça ne peut pas déjà être le moment de partir en terrain inconnu. Nous sortons du train. Je prends la main de Rachel dans la mienne et la serre doucement. Je peux sentir sa peur et elle peut sentir la mienne.
Le train s'est arrêté tout près d'une sorte de piste atterrissage. Au loin, je voix un hovercraft – une sorte de véhicule volant - qui nous attend. Effie et Haymitch nous regardent partir. Nous sommes seuls, maintenant. Seuls au monde.
La porte de l'hovercraft s'ouvre devant nous. À l'intérieur, le pilote nous attache solidement. En fait, nous ne sommes pas vraiment seuls. Les autres tributs sont là, eux aussi. Ils sont tous silencieux et je surprends Blaine, le carrière qui me draguait, à me fixer. Je lui lance un regard noir et tente de me replacer confortablement dans mon siège. L'engin décolle dans le silence le plus complet.
Je ne peux plus retourner en arrière.
