Le baratin de Lehen' :
Bonjour ! Je suis super contente de poster ce chapitre trois, qui est l'un de mes préférés pour le moment. J'espère qu'il vous plaira de même ! J'ai passé deux semaines de dingues et je suis à moitié à la bourre dans l'écriture des chaps prochains (ne vous inquiétez pas, j'écris toujours des chapitres d'avance pour compenser), mais sinon ça va ! Et vous ? Ca va la reprise ?
Bon, pour ceux qui se sont manifestés (au nombre de deux, hourra :D), visiblement le pessimisme d'Harry a marqué. Bon, alors, oui il est un peu en dépression. J'ai choisi de le faire comme ça parce que je trouve toujours qu'Harry réagit "trop bien" à la guerre. Sur le fait que bon, c'était vraiment pas une partie de plaisir, on est d'accord la dessus ! Et j'estime que cette noirceur, c'et une réaction humaine légitime.
M'enfin voilà, mais don't worry, ça ne peut pas être pire ! Si ?
Rating : M
Disclaimer : Tout appartient à JK, seule l'histoire est à moi.
On se prosterne devant Tiftan. C'est une déesse de correction. Encore merci chou !
Tout ce que je ne saurai te dire : Chapitre III : Enfants sous nos masques
Écoutant les Bizarr'Sisters à s'en vriller les tympans, Blaise s'enfonçait dans une sorte de transe dont il ne voulait absolument pas sortir. Bougeant tout d'abord doucement la tête en rythme avec les basses, il commença à se mouvoir de façon totalement aléatoire. La musique le faisait vibrer, et il en avait vraiment besoin.
Il avait pris l'habitude plus jeune de mettre la musique au maximum dans sa chambre ou même dans toute la maison pour éviter d'entendre les ébats de sa mère et de sa conquête du moment. A l'époque, il ne savait pas encore jeter de sorts comme celui qui rendait silencieuse la pièce que l'on souhaitait, et pourtant il avait supplié Merlin mille fois de le rendre sourd.
La chanteuse projetait sa voix partout dans le dortoir et ses compagnons avaient fermé leurs rideaux et probablement jeter un Assurdiato pour ne plus entendre, ni voir, le noir dans sa crise. Ils savaient tous pertinemment qu'il ne servait à rien d'essayer de l'en sortir, la musique était une drogue pour lui.
Et pourtant, Blaise ne s'offusqua pas lorsque son meilleur ami aux cheveux décolorés ouvrit la porte en grand et coupa la musique d'un coup de baguette. Il ne dit rien devant l'état du noir, à savoir cheveux en bataille, essoufflé et trempé de sueur par l'effort. Il claqua juste des mains et ouvrit sans ménagement chacun des lits, ne se préoccupant pas une seule seconde de savoir si les propriétaires des dits lits étaient ou non d'accord.
Tous levèrent la tête vers lui et il ressentit cette sensation qu'il aimait autant que Blaise aimait sa musique, le pouvoir. Il était le chef de la bande, le roi. Et Merlin qu'il adorait ça.
"Soirée dans mon dortoir. Tout le monde vient."
Et il se retourna, ne demandant l'avis de personne. Ce n'était pas une suggestion, une proposition. C'était une affirmation qui ne nécessitait aucune protestation, un ordre. Le roi avait parlé.
Et tout le monde suivait. Parce qu'ils avaient aussi besoin de lui, tout comme il avait infiniment besoin d'eux. Blaise jeta un coup d'œil à Théodore Nott et aux deux autres puis ils se levèrent et suivirent Malfoy.
Après s'être jeté un sort de Désillusion puissant, la petite bande se glissa dans les couloirs du château récemment remis à neuf et rentrèrent dans la Salle Commune des Préfets en Chef sans encombre. Drago avait de source sûre que Granger serait absente pour la nuit et dormirait dans le dortoir des Gryffondors de sixièmes années avec la cadette Weasley. Ils étaient donc tranquilles pour la nuit.
Ce n'était pas la première fois qu'ils le faisaient, Blaise et Théodore déplacèrent les meubles comme à leur habitude, les deux autres partaient chercher les autres conviés et Drago surveillait son petit monde tourné comme il l'entendait. Il savait pertinemment que - même si il ne l'avouera jamais à voix haute - si sa bande ne lui obéissait plus au doigt et à l'œil il était un homme fini. Il avait toujours mené filles et garçons à la baguette, il avait déclenché la crainte et l'envie dès ses premiers pas dans l'école et plus tard le désir dans les esprits. Son nom en avait fait frémir plus d'un. Maintenant s'il provoquait des frissons, c'était des frissons de dégoût.
Drago secoua la tête vivement pour effacer ses pensées, il avait une soirée en préparation et des vues sur Cho Chang, qui lui avait résisté quoi... Une semaine ? Cette mijaurée lui avait dit en pouffant comme l'idiote qu'elle était devenue "Drago enfin... Je ne peux pas ! Je suis sortie avec Harry Potter, je ne vais pas me faire son ennemi juré, après Voldemort bien entendu.". Ce à quoi avait répondu Drago avec une voix volontairement plus grave et rauque "Cho... Tu ne peux pas faire ça à un homme qui te désire...".
Il allait se la faire ce soir, il n'y avait aucun doute la dessus.
Il relevait la tête vers la porte lorsque le reste des invités entrèrent, Pansy Parkinson en tête, évidemment. Cette dernière lui adressa un haussement de sourcils significatif avant de le rejoindre à grands pas.
"Le souverain qui regarde ses pauvres et soumis sujets."
Cette fille avait le don de le cerner à la seconde, moins bien que Blaise certes, mais rapidement aussi. La réelle différence entre ses deux amis était que Pansy lâchait ses remarques comme elle parlait du temps où de la dernière coupe de cheveux affreuse de Padma Patil. Blaise, lui, était plus mélodramatique.
Elle lui tendit une bouteille de Whisky-Pur-Feu qu'il déboucha avant d'en prendre une longue rasée. Il la redonna à la jeune femme, et retourna à son observation.
Cette dernière le secoua légèrement et il se tourna vers elle. Le regard qu'il lui jeta elle le connaissait parfaitement.
"Aller viens on va faire semblant d'être heureux."
Puis elle lui prie la main et le tira jusqu'à la foule qui se déhanchait, à moitié dénudée, sur le rythme répétitif de la musique. Il se laissa faire et se reprit lorsqu'il aperçut Cho qui lui jetait des regards en biais sans arrêt, se trémoussant comme pas possible.
Drago leva les yeux au ciel intérieurement et lui fit une de ses moues sérieuses mais ardentes, ses yeux grisés leur faisant toutes monter le rouge aux joues. Les secondes qui suivirent donnèrent raison au Serpentard, Cho ne faisait pas exception à la règle.
OoO
Dans un couloir du troisième étage, sombre pour ce début de soirée, un couple profitait du peu d'intimité qu'ils pouvaient avoir dans cette immense école. Des pas fermes se rapprochaient dangereusement d'eux, mais ils ne les entendirent pas, bien trop emportés par l'amour qu'ils se portaient l'un l'autre.
"Harry James Potter!"
La voix ferme de Minerva MacGonnagal résonna dans le corridor.
"Et merde..." Soupira Harry. C'était mal parti pour eux.
"Vous pouvez soupirer Potter, vous pouvez. Écartez-vous donc de cette jeune fille que je puisse connaître son identité."
La jeune fille en question se terra derrière le Survivant, bien décidée à ne pas se montrer. Cette situation était bien trop gênante pour ça.
Il est beau le courage Gryffondorien... Pensa le jeune homme en posant son regard attendri sur sa petite-amie.
"Oh je vous apprécie beaucoup Potter. Mais si jamais cette jeune rouquine n'est pas Ginny Weasley je vous jure que héro de la Grande Guerre ou non, vous allez passer un certain nombre d'heures en retenue."
La rouquine sortit immédiatement des bras protecteurs d'Harry pour se montrer. Les joues rougies et le regard fuyant elle bredouilla quelques excuses intelligibles et le jeune Griffondor sourit de toutes ses dents devant le comportement de sa tornade rousse.
C'était tellement peu Ginny de rougir comme ça. Elle était quelqu'un de direct et osé, surtout en ce qui consistait ce genre de chose. Mais Minerva restait Minerva. On ne pouvait que baisser les yeux devant la vieille femme lorsqu'on était pris en flagrant délit, c'était comme ça, elle inspirait le respect. Harry quant à lui dévorait trop des yeux Ginny pour vraiment s'intéresser au fait qu'il risquait de prendre une retenue voir de faire perdre des points à sa maison.
Cette dernière eu un petit sourire en coin devant ce spectacle quelque peu comique avant de reprendre son air sévère.
"Monsieur Potter. Il est très exactement vingt-et-une heure trente-deux et vous êtes en compagnie d'une sixième année qui a, si je ne m'abuse, cours de Métamorphose demain matin à la première heure. Vous allez donc me faire le plaisir de la raccompagner jusqu'à la Salle Commune de Griffondor, et aller par la suite vous couchez vous aussi. Je ne vous enlève pas de point mais vous irez tous les deux en retenue."
Ginny lança un regard plein de sous-entendus à son petit copain que MacGonnagal intercepta.
"Séparément évidemment. Je ne suis pas née de la dernière pluie Ginevra Weasley." Répliqua-t-elle, sèche malgré ses yeux rieurs. Harry faillit lâcher un pouffement devant l'air presque déçu de Ginny, mais il se reprit.
"Merci beaucoup Professeur pour votre indulgence. Ginny et moi allons donc nous coucher. Bonne nuit, Professeur."
Harry ponctua sa phrase en attrapant la main de la rousse et en commençant à partir.
"Si sa mère savait..." Soupira Minerva pour elle-même.
Ginny perçu la réflexion de sa professeur et se retourna.
"Oh non par pitié Professeur... Ne lui dîtes rien !"
"Ah oui ? Et pourquoi cela ?" Répondit MacGonnagal.
"Elle va recommencer à parler de mariage et de la future longue lignée de petits roux Potter-Weasley..."
La vieille femme laissa un petit rire lui échapper devant la raison de la peur de son élève.
"Oh ne riez pas. En aucun cas je ne dis cela dans le but de me vanter, mais... Je la vois déjà débarquer à Poudlard avec un attirail pas possible pour vous demander, étant donné qui je suis, si nous pouvons nous marier dans la Grande Salle et loger le demi-milliard d'invités dans les chambres du château et..."
"Ne m'en dîtes pas plus Potter. Je tiendrai ma langue... Maintenant oust ! Allez-vous coucher et que je ne vous recroise pas."
Les deux tourtereaux s'en retournèrent et partirent en riant sous cape vers l'antre des lions. Leur professeur sourit devant leur comportement si... Innocent. Elle aimait voir ce sourire flottant sur le visage d'Harry. Un peu de légèreté ne faisait pas de mal à quelqu'un qui n'avait vécu que dans un but : vaincre Voldemort.
Au bras de son amoureux, Ginny était enfin un peu plus heureuse. Ces derniers jours Harry avait été ce qu'elle qualifierait de normal, et cela faisait beaucoup de bien à tout le monde. Evidemment, tout n'avait pas disparu et Harry ne dormait toujours pas bien, il avait encore ses moments d'égarements. Mais l'ultimatum de sa jolie rouquine avait bouleversé le brun. Il ne voulait pas replonger et risquer de la perdre définitivement. Il savait qu'il ne serait jamais seul, Ron et Hermione seraient et resteraient à jamais à ses côtés, mais s'il la perdait elle, son monde arrêterait de se fissurer sans cesse pour s'effondrer peut-être définitivement.
OoO
Elle avait beau essayer de se concentrer de toutes ses forces, Hermione n'arrivai pas à terminer ce fichu devoir de Potions. Après une énième rature sur son parchemin, la jeune fille soupira bruyamment. Il fallait qu'elle sache si le livre avait été trouvé où elle ne réussira jamais à finir cette dissertation. Elle rangea prestement ses affaires et quitta la bibliothèque. Elle courra presque à travers le dédale de couloir pour rejoindre le banc sous lequel était caché le Cid.
Lorsqu'elle eut le banc de pierre sous les yeux, elle ralentit et se posta juste devant avant de se baisser pour voir qu'il n'y était plus.
Hermione se mordit la lèvre. Elle ne savait pas si elle était heureuse que l'œuvre de l'inconnu se perpétue ou déçue de ne pouvoir relire une dernière fois ses lignes. Durant quelques minutes elle resta assise, les yeux dans le vague, avant de sursauter au son d'une voix qu'elle ne connaissait que trop bien.
"Tu n'es qu'une petite pute Chang. Lâche-moi un peu."
Le ton de Malfoy était tranchant. Il était indéniablement en colère et Hermione ne pensait pas se tromper en pensant que Cho Chang qui pleurait derrière lui y était pour quelque chose.
Elle ne bougea pas d'un millimètre en priant Merlin et Morgane réunis qu'ils ne la remarquent pas, surtout Malfoy en réalité. Elle n'était pas d'humeur à se battre.
Elle allait se faire un malin plaisir de raconter la petite scène de ménage qui se déroulait sous ses yeux à Harry et Ron. Après tout, la fouine l'avait traitée comme une moins que rien ces six dernières années, alors elle n'avait aucun remord à rire un peu de cet abruti de première.
"Mais Drago !" Criait presque Cho de sa voix nasillarde insupportable.
Hermione pensa quelques secondes à la Cho qu'elle avait connue aux temps de la Grande Guerre. Comme quoi, tout le monde peut changer... Se surprit-elle à penser avant de retrouver Malfoy dans son champ de vision. Hum... Quoique...
Malfoy continuait de marcher sans se soucier de la jeune femme en pleurs derrière lui, il avait une migraine pas possible et cette cruche n'arrangeait rien. Après un énième cri de protestation de sa compagne d'un soir, il soupira et s'arrêta net. Cho n'eut pas le temps de ralentir et le percuta de plein fouet. Il grimaça au touché mouillé du visage de Chang sur sa nuque. Il se retourna et lui fit face de toute sa hauteur. Si il avait bien un avantage, c'était sa grande taille, et qui d'une certaine manière, le rendait impressionnant. Et ça, son père et "Voldychéri", comme il aimait l'appeler à ses heures de beuverie, n'avaient pas pu lui retirer. Il colla un sourire narquois sur ses lèvres sans se dépêtrer de son regard coléreux.
"Chang... Tu as eu ce que tu voulais, non ?" Dit-il d'une voix froide et pourtant diaboliquement envoutante pour son interlocutrice.
"M-mais... Tu... Tu ne peux pas me laisser comme ça après que nous ayons..." Avait répondu Chang, sa voix partant dans les aigus.
"Que nous ayons quoi ?"
"Fait l'amour..." Murmura timidement Cho. Malfoy parti dans un grand rire.
"Tu appelles ça faire l'amour ? Mais je ne t'aime pas ! T'as pas compris ça ? Moi, je baise, et rien d'autre. Alors maintenant tu vas gentiment te retourner et partir, compris ?
Hermione eut soudainement pitié d'elle. Malfoy la traitait comme une... Comme une merde, elle ne pouvait pas dire autre chose. C'était certes une idiote qui n'était pas loin de Lavande Brown en ce qui concernait la connerie, mais, elle avait eu le courage que n'avait jamais eu Drago, à savoir battre aux côtés de l'Ordre. Et ça, l'esprit Griffondor de la brunette ne pouvait pas l'enlever, même si cette pouf était tombée dans les bras de la fouine.
Cho pleurait à chaudes larmes. Elle se sentait humiliée et salie malgré le fait que la nuit dernière avait été certainement la plus belle de sa vie.
Malfoy n'avait pas vue Hermione approcher, mais Cho si. Elle remarqua rapidement la Griffondor qui se levait et se dirigeait derrière le blond.
"Alors comme ça Malfoy, tu tires ton coup et tu te casses ? Pourquoi est-ce que cela ne m'étonne pas..."
Le Serpentard sembla quelque peu surpris de l'intervention soudaine de Granger, il soupira encore plus fort que précédemment et leva les mains vers le ciel.
"Merlin que t'ai-je fait aujourd'hui ? Ma journée n'était pas assez merdique ? Il fallait que tu fasses intervenir l'épouvantail ?"
Hermione leva les yeux au ciel devant le cynisme du blond et décida qu'aujourd'hui serait un jour de bonté envers cette peste de Cho Chang.
"Navrée de vous interrompre mais Cho a cours de DCFM dans cinq minutes. Alors en tant que préfète-en-chef, je me vois obligée de lui demander de prendre congé de votre discussion qui, je n'en doute pas, devait être croustillante."
Cho lui souffla un merci silencieux et essuya ses larmes en se détournant. Hermione attendit qu'elle soit assez éloignée pour pouvoir jeter un regard dégoûté à son homologue de l'année.
"T'es vraiment le pire des connards, Malfoy."
"Tu es venue ici pour me faire la morale Granger ? Je ne l'ai pas violée pour ton information. Elle était plus que consentante..." Rétorqua Malfoy, un sourire plein de sous-entendus aux lèvres.
Hermione grimaça encore plus de dégoût. C'était véritablement un rustre.
Drago pour sa part avait une petite idée pour rendre la monnaie de sa pièce au caniche de ce petit con de Potty.
"Tu veux une confidence, Granger ?"
"Oh par pitié Malfoy épargne-moi tes états d'âme. Je m'en contrefous."
Sur ses mots la jeune fille prit la direction de sa Salle Commune, mais la réflexion du blond l'arrêta net.
"Il ne va bientôt rester plus que toi dans les septièmes années célibataires à ne pas être passée sur mon..."
"Je te jure, Malfoy, que si tu termines cette phrase je cloue ta sale gueule de gosse de riche sur ce mur et que JAMAIS tu ne pourras avoir un joli petit descendant."
Hermione était rouge de colère et avait pointée sa baguette sur le cou du Serpentard. Ses yeux lançaient des éclairs, elle avait tellement de colère en elle qu'elle crut qu'elle allait imploser. Elle était rarement vulgaire à ce point et se surpris elle-même. Néanmoins, elle était prête à mettre ses menaces à exécution. Elle en avait marre. C'était six ans de harcèlement quotidien qui ressortait et ça, malgré qu'elle se soit immunisée de toutes ces insultes en début d'année et que sa journée, jusqu'ici, se soit bien passée.
C'était comme un Feudeymon dans ses entrailles cette soudaine rage. Et de la même manière que ce monstre de feu, il fallait que beaucoup de choses brûlent pour qu'il s'éteigne.
"Tu sais quoi, Malfoy ? Je peux être à tes yeux une Sang-de-Bourbe, une Miss Je-sais-tout que je n'en ai mais alors strictement rien à foutre. A mes yeux tu es bien pire. Je ne te déteste pas, je te hais. Je te hais plus que tous ces connards de Mangemorts, je te hais au moins autant que Voldemort. Tu n'es rien. Rien, tu m'entends ? Un Malfoy ? Ah ! Très drôle... Vraiment trop drôle. Tu es content, hein ? Tu jubiles ? Il ne me manque plus que la petite Grangie, cette petite intello, et je me serai tapé toute ma promo ? C'est ça ? Quelle fierté ! Si tu sais si bien te servir de tes couilles, pourquoi tu ne les as pas posées sur la table pendant que ton cher papa pourrissait votre honneur, ou pendant que j'agonisais sur ton tapis à cause de ta chère tante ?"
Elle souleva sa manche pour lui coller le "Sang-de-Bourbe" indélébile sous les yeux.
"Pourquoi tu ne les as pas assumées dans ces moments-là, hein ?"
Elle enfonçait de plus en plus sa baguette dans le cou de Drago qui reculait, effaré par ce que la jeune fille lui balançait. Il ne parvenait pas à parler. Elle était littéralement en furie et s'amusait actuellement à voir son pire ennemi se briser sous ses yeux. Elle lui faisait mal. Très mal. Et elle en avait largement conscience. Il repensa au souvenir de Bellatrix en train de trancher le bras de sa camarade, ses hurlements. Il baissa les yeux. Il ne pouvait pas l'affronter plus. Elle abaissa sa baguette.
"Tu vois. Tu n'es qu'un lâche, Malfoy."
Il leva les yeux vers elle. Et ce qu'elle y vit ne la fit même pas culpabiliser. Même si elle voyait la souffrance, les remords, l'honneur bafoué et tout le reste. Pendant quelques secondes, Drago Malfoy avait baissé sa garde sous les coups, et elle n'y prêtait pas attention. Tout ce qu'elle voyait, elle, c'était sa colère.
Elle le laissa en plan dans le couloir et parti vider toute sa rancœur ailleurs. Quant à lui, il attendit de la voir disparaître pour se laisser glisser le long d'un mur, les yeux dans le vague.
Cela n'avait pas été une réflexion plus dure que les autres. Cela n'avait été qu'une toute petite goutte. Mais visiblement, Drago avait franchi la limite à ne pas franchir avec Granger. Et elle l'avait fait payer à l'échelle de ses moyens.
OoO
Il allait la tuer. Il allait l'Avadakédavriser sur place. Il allait toutes les Avadakédavriser et cela en serait terminer de ses problèmes.
Entre Weaslette qui faisait comme si ils n'avaient jamais... Qu'est-ce qu'ils avaient fait, au juste ? Parler ? Sympathiser ? Là n'était pas la question. Du moins pas pour le moment. Depuis ce matin-là, la rouquine refilait le parfait amour avec le Balafré et l'ignorait superbement.
Et en plus de ça, il fallait que Granger décide de faire la Grande Révolution à Drago. Se rendait-elle compte qu'il avait dû aller récupérer Drago à la petite cuillère dans un couloir ? Lorsque Blaise l'avait trouvé, tout seul, les yeux dans le vague et des larmes inondant ses joues, il avait compris que son meilleur ami avait pris un coup de trop.
Drago Malfoy avachi dans un couloir, en larmes, à la vue de tous ? Il s'était forcément passé quelque chose de grave. Drago avait levé vers lui des yeux si tristes que Blaise en aurait pleuré.
Il ne lui avait pas posé de questions - du moins pour le moment - et l'avait juste levé et transporter jusqu'à leur dortoir. Cela n'avait pas été simple. Drago marchait à peine et il avait dû leur jeter un sortilège de Désillusion pour conserver la réputation de son ami. Arrivés là-bas, il l'avait lâché et Drago ne parlait pas. Au bout de dix minutes d'interrogatoire infructueuses, il l'avait tout simplement giflé, avant de dégainer sa baguette, juste au cas où le blond est décidé de lui lancer un Doloris bien senti.
Mais il n'avait rien fait de cela. Il avait juste débité toute la conversation à Blaise qui était rentré dans une colère noire.
Maintenant, il cherchait Granger, et foi de Zabini, ça allait chier.
Il la trouva tranquillement assise sur un banc dans les jardins, un bouquin à la main. Visiblement, elle avait trouvé comment calmer ses nerfs, elle semblait aller bien.
"Granger !"
La jeune fille releva la tête et fronça les sourcils devant la tête du Serpentard. Il se planta devant elle et vida son sac.
"Parce que, évidemment, tu crois que vous, les parfaits petits "gentils", vous avez le monopole en terme de souffrance ? Tu te prends pour qui Granger ? Tu crois que c'est facile d'être fille ou fils de Sang Purs ou même de Mangemorts ? Tu crois que c'est simple ? Qu'on croule sous les privilèges, qu'on se la coule douce ? Qui es-tu pour nous juger ? Qu'est-ce que tu en sais, toi ?"
"J-je..."
"T'étais là quand Theo se prenais des Doloris par son père pour un mot de travers ? T'étais là quand ma mère se faisait sauter par la plupart des Sang purs hommes sous mes yeux ? T'étais là quand Pansy a voulu s'ouvrir les veines pour éviter un mariage forcé ? T'étais là quand le Lord menaçait de tuer Narcissa devant Drago lorsqu'il ne ramenait pas de résultat sur l'assassinat de Dumbledore? T'étais là quand on a forcé à des gamins de se faire tatouer une putain de Marque parce que leurs parents n'avaient pas un putain de centième de couilles pour se révolter ? Hein ? Non je n'ai pas vu Potter plié en deux à souffrir la mort. Non je n'ai pas jeté un Oubliette à mes parents pour les protéger. Non je n'ai pas sauvé le monde. Et si Potter n'avait pas été là j'aurais probablement contribué à la chute du monde en question. Pour quoi ? Pour qui ? J'en sais rien. Qui sait vraiment pourquoi on se battait ? Je suis sûrement un lâche, un mec perfide, vicieux. Je suis un Serpentard. Drago aussi. J'étais pas du bon côté pendant la Guerre. Drago non plus. Il t'a fait souffrir ? Oui. C'est un salop, il n'y a pas de doute là-dessus. Mais putain tu ne vides pas ton sac comme ça sans savoir qui tu as réellement en face. Tu ne connais pas Drago, ok ? Je dois en connaître plus sur les Moldus que tu n'en sauras jamais à propos des Sang-Purs alors enfonce toi ça bien dans le crâne : ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse. Ne te mets pas à la hauteur de ton ennemi putain ! Compris Granger ?"
La jeune femme regardait, les yeux en forme de soucoupe Blaise faire son laïus et les larmes menacèrent de couler. Ses yeux lui piquaient. Elle avait l'impression d'être une gamine qu'on gronde car elle a fait une bêtise. Elle resta une bonne minute en flottement, Zabini attendant une réaction de sa part.
Hermione se reprit d'un coup. Elle n'était pas une gamine. Elle planta ses yeux dans ceux du meilleur ami de Malfoy et répondit d'une voix calme.
"Peut-être que j'ai jugé Malfoy. Peut-être que j'ai été dure avec lui. Mais tu ne retireras pas ces six ans. Vous avez vos cicatrices et nous avons les nôtres, Zabini. C'est quelque chose que j'admets. Mais enfonce toi bien aussi une chose dans le crâne : si vous en êtes là c'est la faute de vos parents. Si j'en suis là, c'est la faute de Malfoy. Je ne suis pas la cause de son malheur. Il est la cause du mien. Je ne vais pas me soumettre sous prétexte que vous en avez autant sur le dos que nous avons pu en avoir. Je suis désolée pour ce qu'il vous ait arrivé. Et toi, est-ce que tu l'es ?... Sur ce, Zabini, tu m'excuses mais je dois retrouver Harry et Ron."
Ce fut au tour de Blaise de rester muet. Pourquoi dans ce débat personne n'avait vraiment tord mais personne n'avait vraiment raison ?
"Au fait" Repris Granger. "En ce qui concerne vos histoires personnelles, je ne dirai rien à personne. Il y a des secrets dont Poudlard ne doit pas connaître l'existence..."
Blaise la remercia d'un hochement de tête. Ses paroles faisaient étrangement très Dumbledore. Elle s'éloigna et il s'assit sur le banc où elle se trouvait quelques secondes plus tôt puis prit sa tête entre ses mains.
"Putain de bordel de merde... Qu'est-ce que c'est compliqué..."
Il finit par rejeter la tête en arrière et respira un grand coup. Il allait maintenant falloir faire face à Drago et probablement à sa mauvaise humeur.
Non loin de là, une jeune femme réfléchissait à sa dernière conversation.
Un extrait de l'un des textes laissé par l'inconnu refit surface dans son esprit sans même qu'elle ne s'en rende compte.
"Ils répondront probablement, pleins d'amertume, qu'ils n'ont certainement pas demandé toute la merde accumulée dans leurs gènes ces derniers siècles"
Les paroles de l'inconnu lui revenaient partout. Décidément, elle aurait vraiment voulu pouvoir discuter avec lui.
OoO
À vous, chers inconnus.
Vous vous en doutez, je suis le troisième à avoir ce livre dans les mains.
J'ai trouvé extrêmement intéressant ce livre moldu dont je ne connaissais pas l'existence. Néanmoins, vos réflexions sont, à mes yeux, presque plus appréciables encore. Inconnu n1, initiateur de cette épopée du livre, tu as une très jolie plume. Je te trouve pourtant tellement triste. Si j'ai bien un conseil à te donner c'est : prends un verre de whisky pur-feu.
Et toi, inconnu n2, tu sembles curieux. Peut-être trop ? Tout comme toi, je me questionne aussi sur l'identité du propriétaire original, mais aussi sur la tienne !
Je crois que je vais être beaucoup moins philosophe que vous mes amis (oui, parfaits inconnus, ce livre est à mes yeux un lien nous unissant dans l'anonymat.)
Je m'attarde moins sur le Cid, certes, mais je me sens dans l'obligation de parler de nous. C'est étrange de se dire que je vous croise peut-être chaque jour, que nous sommes peut-être amis, ou ennemis et que nous l'ignorons.
Qu'importe, n'est-ce pas ?
C'est le but de l'expérience. Sans aucuns préjugés. Sans haine.
Ça fait du bien, hein ?
Je vous remercie mille fois pour vos pensées. Ainsi se termine ma trace sur ce bouquin sacré. Je vous souhaite une belle vie, et à vous aussi ceux qui me lise !
A la revoyure, Inconnu n3.
Dean agita sa baguette et sa plume cessa d'écrire. Il rangea son bureau et cacha le livre dans une des poches de sa robe. Il sorti du dortoir des Gryffondors et parti vers la bibliothèque non sans jeter un regard à chaque élève qu'il croisait.
C'est peut-être lui. C'est peut-être elle.
Voilà ce qu'il se disait. Il cherchait à savoir qui était ces inconnus. C'était probablement le prix à payer pour pouvoir lire le triste génie qui avait lancé l'histoire.
Arrivé dans la bibliothèque, il salua Mrs. Pince ainsi qu'Hermione qui, à son habitude, ne le vit pas, trop occupée à recouvrir de ses connaissances des parchemins entiers. Il sourit, amusé, puis se dirigea vers le rayon destiné à l'arithmétique. Il cacha le livre entre plusieurs de même taille. Ainsi, cela ne pouvait être que quelqu'un de bien qui le trouverait.
Satisfait, il s'éloigna, ne se doutant pas de ce qu'enclencherait son geste.
Et voilà messieurs dames, un ptit review pour commenter tout ça ? Non ? Bon, je m'en remettrai !
Plus sérieusement, à dans deux semaines !
