4. Le goûter
Il pleuvait. Beaucoup. Lorsque Ciel avait vu les nuages noirs arriver droit sur son manoir, il avait conseillé à Lizzy de rentrer au plus vite chez elle, ce qu'elle avait fait, toujours un peu triste de ne pas avoir embrassé son fiancé par deux fois. Lorsque Ciel s'était éclipsé – avait fui sa cousine –, il avait mis de longues, très longues minutes à revenir, tant que la marquise cru avoir attendu des heures entières. Mais le comte avait eu beaucoup de mal à quitter l'étreinte si agréable qu'il avait partagé avec son cher et tendre démon.
À cet instant précis, le noble comte qu'était Ciel Phantomhive se trouvait dans son bureau, à rédiger, signer quelques paperasses plus ennuyantes qu'autre chose. Cela faisait bien deux heures déjà que la jeune marquise était partie et qu'il s'était enfermé dans son bureau, ordonnant à son majordome de ne venir que pour lui apporter son goûter.
Par ailleurs, celui-ci ne devrait plus tarder, car l'heure était presque arrivée et, en effet, quelques secondes plus tard, trois coups furent donnés à la porte.
- Entre !
Un ordre sec et le majordome, tout de noir vêtu, apparu à l'encadrement de la porte, accompagné du chariot contenant le goûter si fameux du comte. Sebastian s'empressa de servir son jeune maître, voyant clairement que celui-ci était affamé.
- Il s'agit d'un clafoutis aux groseilles accompagné d'une sauce au chocolat ! Déclara le diable de majordome en déposant l'assiette devant le noble.
Ce dernier se précipita sur la cuillère et enfourna le premier bout dans sa bouche avec un gémissement de pur plaisir, vite suivi d'autres. Sebastian se délecta de ses soupirs comme d'une musique particulièrement agréable aux oreilles. Savoir son maître heureux était le plus grand bonheur d'un majordome, d'autant plus si c'était lui qui lui apporté cette satisfaction.
Regardant son petit maître adoré se régaler de sa pâtisserie, il laissa un tendre sourire fleurir ses lèvres tentatrices. Ce qu'il pouvait l'aimer ce petit être empli de fierté, surtout lorsque ce dernier lui laissait voir ses points faibles, comme à cet instant, par exemple. Ces petits moments où le jeune garçon se laissait aller à apprécier pleinement les petits bonheurs de la vie.
Cependant, le jeune comte perçut bien vite le regard de son majordome sur sa personne et il ne put s'empêcher d'en faire la remarque.
- Eh bien ! Qu'y a-t-il, Sebastian, pourquoi m'observes-tu de cette manière ?
L'interpellé, ne pouvant mentir, ne put que lui dire ce qu'il pensait.
- En vérité, je vous trouve particulièrement adorable lorsque vous vous adonner au plaisir simple qu'est le fait de manger une pâtisserie et je n'ai pu me retenir de vous observer.
Le jeune noble, bien qu'habituait à ce genre de réponse de la part de son fidèle, ne digéra pas que ce dernier le trouve « adorable ». Ce n'était vraiment pas un qualificatif digne d'un homme de son rang et il voulut le faire savoir à son vis-à-vis.
- Cesse donc de raconter des balivernes ! Il y aurait bien des adjectifs pour me qualifier, mais « adorable » n'en fait certainement pas parti. Fit-il, légèrement irrité.
- Pardonnez-moi, Jeune maître ! Mais c'est bien ainsi que je vous trouve. Tellement adorable. Susurra-t-il en se rapprochant peu à peu du bureau.
Ciel, trop surpris, ne réagit pas, laissant son majordome s'avancer vers lui. Ce dernier s'accroupit devant le siège du comte et commença à caresser doucement ses jambes du bout des doigts. Bien qu'elles fussent couvertes, le jeune garçon sentit parfaitement les effleurements des mains de son domestique sur ses jambes, à travers le tissu, et tressaillit légèrement. L'homme en noir releva le pantalon pour dévoiler la peau laiteuse des mollets du jeune garçon, qu'il commença à embrasser de petits baisers-papillon. Remontant petit à petit, les lèvres si douces de l'adulte se posèrent sur les genoux, continuèrent leur chemin sur les cuisses charnues qu'il mordit délicatement, avant de lécher les suçons de sa langue taquine.
Le jeune comte, lui, était au comble du bonheur. Ce qu'il pouvait aimer que son majordome s'occupe de lui ainsi. Mais lorsque le pantalon du comte ne put monter plus haut, Sebastian ne put que lever ses yeux à la couleur si envoûtante vers ceux de son aimé et y plongea dedans. Ciel approcha doucement ses mains du visage de son majordome, toujours entre ses cuisses, et vint les déposer sur ses joues, caressant de ses pouces les pommettes du démon à ses pieds. Il avait un quelque chose dans le regard du noble que personne encore ne lui avait vu : de l'amour.
Lui, le comte Ciel Phantomhive, orphelin, fier garçon de treize ans, dirigeant la plus grande entreprise de jouets et de friandises de toute l'Angleterre, jeune garçon orgueilleux et inébranlable, ne laissant jamais passer aucune émotion sur son visage enfantin, regardait son majordome, que dis-je, son « diable » de majordome, Sebastian Michaelis, avec un regard qui en disait long sur ses sentiments. Un regard, comme dit, empli d'amour qu'il portait à cet homme… non, ce démon, et que celui-ci lui rendait avec la même intensité. Oui, un démon et un humain, une créature de Satan et une de Dieu, un être censé ne pas avoir de cœur ou d'émotion et un autre pouvant ressentir ces choses-là mais qui s'y refusait, tous deux, s'aimaient, simplement.
Le plus jeune approcha son visage de celui de l'autre, et déposa un petit baiser sur son crâne avant de poser son front contre celui de son vis-à-vis en fermant les yeux. Encore l'un de ses petits moments de tendresse qui résidaient entre eux. Ils n'étaient pas rares ces instants-là, loin de là, depuis… ils ne savaient même plus depuis combien de temps, mais qui s'en souciait, après tout.
Ils s'embrassèrent doucement, chastement… longuement. Profitant seulement des lèvres de l'autre, de la présence de l'autre. Un baiser qui dura si longtemps et qui se fit si passionné que lorsque les deux hommes se séparèrent, tous les deux étaient extrêmement excités.
- Sebastian… Gémit Ciel, honteux.
- Ne vous en faites pas, mon Ciel ! Je vais m'occuper de vous ! Souffla son majordome en effleurant de nouveau ses lèvres des siennes.
En tout en disant cela, il prit le jeune noble par les aisselles et le déposa sur le bureau à côté de lui, l'y allongeant délicatement. Retirant ses mains de sous ses bras, il les passa sur le petit torse encore recouvert de ses vêtements et arriva à la barrière de son pantalon. Le majordome, tout heureux de pouvoir faire plaisir à son petit maître, lui retira doucement le vêtement superflu qu'il glissa le long de ses cuisses jusqu'à ses genoux. Puis, il retira son sous-vêtement de la même manière.
Ses gestes étaient si lents, si calculés, que Ciel en était frustré. Il savait que son majordome le faisait languir exprès, pour mieux apprécier sa moue colérique. Il s'amusait de ses réactions. Alors, d'un brusque mouvement, le noble agrippa le poignet de Sebastian qui remontait le long de sa jambe et la déposa sur son sexe gonflé en poussant un gémissement de soulagement. Il entama quelques frictions qui le firent gémir, frottant la paume de la main contre son pénis turgescent.
Ciel rejeta la tête en arrière, fermant ses beaux yeux bleus tout en appuyant plus fermement. Sebastian, d'abord surpris par la soudaine audace de son maître, s'amusait maintenant de sa réaction. Décidant de prendre « en main » les choses, il prit le petit sexe de son contractant dans sa paume et débuta des va-et-vient, faisant gémir de plus belle le plus jeune qui se cambra alors.
- Vous aimez ça ? Demanda Sebastian d'un ton gourmand.
- Ou… oui ! Répondit le jeune noble. Plus vite, Seb… Sebastian, plus fort !
- Oui, mon amour ! Murmura le majordome.
Ce dernier rapprocha son visage de l'entrejambe du garçon et déposa un bref baiser sur le gland rougi. Et Sebastian accéléra le rythme de ses mouvements, faisant presque crier de plaisir Ciel qui se laissait envahir par la satisfaction que la main habile de son serviteur bien-aimé lui procurait. Celui-ci frottait la hampe dressée, titillait le gland qui laissait échapper les premières gouttes de liquide pré-éjaculatoire, massait les bourses remplies…
Lorsqu'enfin, le noble jouit dans la paume accueillante de Sebastian, il se relaissa tomber contre le bois dur du bureau, haletant et frissonnant. Le majordome porta alors sa main à sa bouche et lécha sa main couverte du sperme du plus jeune, sous les yeux fatigués de ce dernier.
- Vous avez été un sacré coquin, Jeune maître ! Susurra le démon à l'oreille de son humain. Mais c'est ainsi que je vous aime, mon ange ! Continua-t-il en l'enlaçant.
Ciel répondit mollement à cette étreinte, entourant le cou de Sebastian de ses bras et laissant ses mains se perdre tendrement dans les cheveux corbeaux de l'homme.
-Cependant, jeune maître, je dois vous avertir que ce n'est guère terminé !
Sous le regard étonné du jeune noble, Sebastian, appréciant vraiment sa naïveté enfantine malgré leurs nombreuses fois, il décida de répondre à l'interrogation muette de Ciel en frottant légèrement son entrejambe proéminente et non-assouvie contre la cuisse de son amour. Le garçon aux cheveux bleutés rougit en sentant la « chose » se frottait contre lui et comprenant que son majordome n'avait pas été « soulagé ».
Bon, c'est reparti pour un tour ! Se dit le noble en sentant son démon s'asseoir dans son siège, l'emmenant avec lui.
Et voilà le jeune garçon qu'était Ciel Phantomhive entre les jambes de son majordome et train de le soulager de la meilleure façon qui soit, sous les gémissements de contentement de Sebastian.
C'est de plus en plus chaud entre ces deux-là ^^
