Hello vous tous ! (oui, j'ai au moins un lecteur masculin ! yesss...) Voici donc le dernier chapitre de La Bête. C'était une expérience géniale, un peu à cause du plaisir de faire tourner tout le monde en bourrique, mais pas que (ah, mes pauvres personnages...). Merci de votre accueil enthousiaste. Résultat, je suis ravie d'avoir choisi de découper l'histoire par scènes plutôt que d'en faire un OS. Je m'y suis tellement attachée que je suis triste que ce soit fini. Envie d'écrire une nouvelle fin. Dans le genre : plus sérieuse. Moins stupide. Mais ça, c'est à vous d'en juger... Bonne lecture !
-4-
« Nous avons un appel de la police moldue. Intervention immédiate. »
Harry soupira. Pendant une très courte minute, il avait cru qu'il sortirait du travail à l'heure. Ginny l'attendait pour dîner et elle avait horreur de finir ses soirées à converser avec les murs, ce qui, ces derniers temps, arrivait un peu trop souvent à son goût. Et, puisque ce soir ne dérogerait pas à la règle, il était quitte pour profiter de son humeur de chien -qui sait, et si celle du type qu'il avait affronté la veille ne lui suffisait pas ?-.
Le retour à pas d'heure ? Les joies du métier d'Auror !
« Pourquoi ce ne sont pas les Oubliators qui s'en chargent ? » gémit-il.
- Trop d'interventions.
- Ils n'ont plus un homme de libre, renchérit une autre personne. Depuis que Mondingus a cru amusant de créer une bataille de chaudrons volants en plein Trafalgar square, ils recrutent même chez les mioches en formation. »
Résigné, Harry se saisit de sa cape et de sa baguette.
Depuis la chute de Lord Voldemort, les Mages Noirs n'étaient plus que l'ombre d'eux-mêmes. Il semblait presque que le fameux sorcier au nom tabou avait entraîné dans sa tombe presque toute l'inventivité et la virulence de ses semblables. Là où les prospectus de la formation d'Auror vantaient les combats épiques, les enquêtes ardues et l'art de la dissimulation, Harry n'avait trouvé à affronter qu'un ramassis de mégalos agissant pile à la tombée de la nuit pour déranger les braves travailleurs dans leur rythme quotidien. Et encore, ceux-là se faisaient si rares et si méfiants que les enquêtes demeuraient traînantes et l'action, très rare. Lorsqu'ils n'allaient pas faire le boulot d'autres forces d'intervention, les Aurors se contentaient d'attendre.
Sauf lorsqu'il était temps de se carapater, bien sûr. Le Survivant jeta un regard désespéré à sa montre.
« Tiens » lui lança un collègue, « ça va t'intéresser. Ça se trouve square Grimmaurd.
- Entre le 11 et le 13, plus précisément » souligna leur indic'.
Mouais, mouais, grommela-t-il pour lui-même. Qu'est-ce qu'il s'en foutait, de l'endroit où pouvait se planquer le dernier cinglé des environs. Encore du travail de routi... Harry se figea en plein geste.
Entre le 11 et le 13.
Au 12, square Grimmaurd.
Là où il logeait avec Ginny et les enfants.
Le court-circuit qui avait préservé sa santé mentale prit fin avec la violence d'une bombe H lancée sur l'Angleterre.
« QUOIIII ?! »
Relax, songea-t-il en cherchant un bon prétexte d'y croire. Calme-toi, Harry.
Foncièrement, il ne pouvait pas être arrivé quoi que ce soit de catastrophique. Ginny était plus que capable de se défendre d'elle-même, quoi que lui murmure son instinct surprotecteur. Oui, il avait même pitié de son agresseur après que la rouquine lui soit passé sur le corps.
Et si... et si le Mage Noir l'avait piégée par surprise ? Et s'il avait tout manigancé à l'avance ? Et si Ginny s'était laissée piéger ?
Qu'avait-il pu arriver à sa famille ?
Après tout, Halloween était la date-anniversaire de la première défaite de Voldemort, et lui, Potter, en était l'unique responsable. Et depuis que le sortilège de Fidelitas avait cédé, n'importe qui pouvait aller et venir dans l'ancienne demeure des Blacks, à commencer par ses plus grands ennemis. Greyback était récemment sorti d'Azkaban, lui et une dizaine d'autres personnages mineurs, et Merlin savait combien d'opposants non capturés trainaient encore dans la nature. Ces gens-là qui ne vivaient sans doute que par esprit de vengeance.
Par Gryffondor. Lily. Albus. James. Les enfants... il ne pouvait pas... Il ne pouvait pas leur être arrivé quelque chose, non ?
D'ailleurs, s'il y réfléchissait bien, la menace pouvait aussi être interne. Entre Ginny qui l'accusait périodiquement de fricoter avec Cho, Lily qui faisait exploser tout ce qui traînait et Albus qui avait pris la fâcheuse manie d'adopter tout un tas de bébêtes fort dangereuses, le square Grimmaurd était devenu un endroit où l'espérance de vie s'écourtait de jours en jours.
Il devait intervenir.
Vite.
Il en allait de leur survie.
Et, sans attendre le moindre de ses collègues et sans les informer le moins du monde de son monologue intérieur, Harry transplana square Grimmaurd.
Il avait visiblement été précédé, car une dizaine de corps inanimés gisaient au sol. Il se pencha rapidement pour identifier la cause des blessures mais n'en tira rien de concluant. Les corps étaient parcourus de griffures et de zébrures qui auraient tout aussi bien pu être causées par une bête que par une série de sortilèges de découpe.
Il y eut un 'pop' et ses deux collègues apparurent à ses côtés.
« Il y a un problème, lâcha l'un d'eux, visiblement embarrassé. Tu n'as pas le droit d'intervenir dans une affaire qui te concerne personnellement. »
Quoi ?! songea-t-il. Ils sont fous ?!
L'Auror protesta avec force. D'un, ils n'étaient que trois sur place, et ça n'était pas beaucoup pour affronter la Chose qui avait laissé autant de macchabées sur le trottoir. De deux, c'était sa maison, il la connaissait comme sa poche, et personne ne pourrait l'empêcher d'y entrer s'il lui en prenait l'envie pressante. Et de trois, il était celui qui avait vaincu Vous-savez-qui, merde ! Même en oubliant qu'il était un génie en défense contre les forces du mal -et sa modestie, vlan dans les dents si ça l'arrangeait !-, on pouvait bien céder à l'un de de ses caprices de temps en temps !
Peine perdue. Ses deux collègues se murèrent devant lui, masquant son champ de vision.
« J'ai vérifié les corps » indiqua-t-il sans pouvoir s'en empêcher, nerveux au possible. « Il n'y a rien qui indique que… »
Il s'interrompit. Un hurlement inhumain venait de retentir dans le calme de la rue, reléguant ses propos au superflu. Il sentit ses cheveux se dresser sur sa tête tandis que la plainte se changeait en un hululement de rage et de détresse.
Le frisson parcourut sa colonne vertébrale.
Le pire dans tout ça, c'est qu'il avait les chocottes. Peur pour sa peau, pour celle de Ginny et des gosses, pour celle de ses collègues aussi. Il sentait son sang se glacer dans ses veines.
Mais bon, il était quand même un ex-Gryffondor. Prenant son courage à deux mains, toujours aussi inconscient, comme à son habitude, et surtout résolu à défaire le monstre, il se hissa sur la pointe des pieds pour apercevoir ce qui se tramait au-dessus des épaules de ses collègues.
Il n'eut pas besoin de se hausser de beaucoup. Dans un éclair écarlate, les deux hommes s'affaissèrent au sol comme des poupées de chiffons. Blême, Harry fixa leur silhouette inconsciente, s'attardant une seconde sur leur visage ravagé par l'horreur.
Il pointa sa baguette dans leur direction.
« Enervatum, » murmura-t-il.
En vain.
Ils n'étaient pas dans la merde.
Soudain on ne peut plus conscient du danger et du fait qu'il était le dernier rempart face à l'œuvre de destruction de leur adversaire, le Survivant se redressa et fit face à la Bête. Il inspira et expira longuement, luttant pour garder son calme.
C'était dans ses cordes, se répéta-t-il. Après tout, ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait seul pour sauver le monde sorcier.
Parce c'était comme ça qu'il la sentait, cette Chose-là. Qu'il la sentait plus qu'il ne la voyait, d'ailleurs. Et ce n'était pas la faute de sa myopie, cette fois. Il faisait noir comme dans un fond de chaudron.
Incapable de voir ce qui se tramait dans l'ombre, il brandit sa baguette vers l'indiscernable menace. Si elle ne venait pas à lui, alors ce serait lui qui viendrait à elle, se décida-t-il après un frisson.
Résolution inutile.
Car soudain, la silhouette incarnate se détacha du mur.
Et Harry sentit toutes les fibres de son corps le pousser à la fuite.
Oh oui, il était courageux. Oh oui, il avait sortie une vieille épée d'un Chapeau pour pourfendre un Basilic, affronté une nuée de Détraqueurs et plus encore de Mangemorts fanatiques. Mais ça...
Le plus-pour-très-longtemps-Survivant vacilla. Blêmissant d'horreur, les genoux chancelants, il tenta désespérément de se raccrocher à sa baguette, conscient du pouvoir dérisoire que l'arme lui offrait. La Chose fit un pas en avant. Rugit.
Harry s'évanouit avant même d'avoir touché le sol.
Devant lui se dressait, empourprée, écumante d'une rage apocalyptique, agitée des plus terrifiants soubresauts qu'il lui ait jamais été donné de voir et entourée d'une nuée d'ombres sifflantes à en faire pâlir d'envie Lord Voldemort…
…Ginny Weasley.
Le string de Cho à la main.
...THE END...
Sérieusement.
Il parait que je dis tout le temps ce mot.
Bref, comme vous avez pu le constater, cette histoire a été bâtie sur une idée extrêmement intelligente, merci merci. Le genre "horror", c'était du baratin. N'empêche qu'un de ces jours, j'en écrirais bien une, d'histoire d'horreur. Imaginez que ça n'ait pas été Ginny mais bien Greyback... aw, je veux écrire ça. Bref. Chocogrenouilles virtuelles à la super revieweuse qui avait deviné l'identité de la Bête (et que je me suis empressée de convaincre du contraire).
Vous, les lecteurs, vous avez été géniaux.
