Ok désolée pour ce long mois - je pense que ça fait bien un mois - d'absence, j'ai passé mes examens en fin juin et n'ait eu les résultats que ce weekend pour ceux qui suivent un peu l'actualité du bac vous avez du en entendre parler et je lâche comme ça que c'est bon je l'ai eu ! Bac S dans la poche et enfin débarrassé des études de "bases". Je vais faire un upload dans toutes mes fanfics et continuez d'écrire celles où il me manque des chapitres et en attendant j'espère que celui-là vous plaira.
chapitre 4
Joanne eut du mal à mettre sa chemise mais y arriva avec l'aide de Gin qui finissait aussi de se préparer. Aucune ne s'était excusé et aucune ne le ferait, elles avaient juste remplies leur mission, mais la blanche sentait une certaine fierté percé chez la brune. Elle ne cacha pas un sourire mais se dépêcha de se rendre présentable pour aller voir Mori.
Elle frappa et fut tout de suite invité, salua Chuuya de la tête et s'assit sur le canapé en face du bureau de Mori, toujours à son aise.
« Vous avez demandé à me voir ? »
« Comment va ton épaule ? »
Les yeux de la blanche tiquèrent et elle scruta le regard de Mori avant de répondre :
« Elle ne me gêne pas. »
« C'est une bonne chose, tu ne devrais pas avoir de problème à aller voir un cartel de drogue qui nous a demandé protection mais qui nous dois quantité d'argent pour aller récupérer cet argent. »
Elle ne pensait pas le faire un jour, mais Joanne remercia ces années de torture pour lui avoir appris à garder un visage impassible.
« Tu pourras en profiter pour mettre en pratique ce que tu as appris. »
Elle ne répondit pas car elle savait que quelque chose d'autre venait. Effectivement, Mori appuya son menton sur ses mains croisées et souffla avant de dire :
« Tu le sais j'ai de grande attentes pour toi. Ton pouvoir, ta personnalité ainsi que ton histoire. Oui tu me rappel beaucoup Dazai. Mais comme lui a fait des erreurs avec Ryunnosuke-kun, j'en ai fait avec lui. »
Il ouvrit ses yeux qui brillaient d'une lueur folle et les planta dans ceux rubis de Joanne qui ne cilla pas :
« Je ne referais pas les mêmes avec toi. Mais tu es plus vieilles qu'il ne l'était quand je l'ai récupéré, et malgré vos ressemblances vous n'avez pas les même manières de faire. »
Elle ne dit toujours rien, et Chuuya regardait la scène attentif à chaque parole du Boss.
« Sais-tu pourquoi ton combat était impressionnant et que j'ai été sincèrement surpris qu'une détentrice de pouvoir se batte comme tu l'as fait. »
Cette fois Joanne n'hésita pas à répondre et parla avec conviction :
« Beaucoup de détenteurs de pouvoirs se reposent sur leurs abilités pour se battre, et sous-estime donc très souvent leur adversaire. De plus, leur technique et leurs coups sont souvent approximatif et brouillon, car ils n'utilisent pas leur potentiel à 100%. Or, j'ai un pouvoir qui ne me permet pas d'être à distance, je ne peux l'utiliser que lorsque je suis blessée et encore, il faut que j'arrive à toucher mon adversaire. Tout comme Dazai. »
Les sourires de Mori auraient vraiment pu lui donner des cauchemars si ces nuits n'étaient pas déjà remplis de ses traumatises infantiles.
« Je commence à comprendre pourquoi ils veulent tant te récupérer. »
« Il s'agit de la même raison qui vous poussera à me garder. »
Joanne souriait elle aussi et son changement d''expression faciale satisfit Mori une fois de plus.
« Voici l'adresse de leur base, si ils n'ont pas l'argent, ramène moi leur chef. »
Joanne dans tout sa grâce se leva du canapé et vint prendre la carte avec l'adresse des mains de Mori et n'attendit pas pour marcher vers la sortie.
« Je te laisse carte blanche pour cette mission. Les hommes de main sont désormais à ton service également. Prend ce qu'il te faut. »
« Que faire des autres membres du cartel ? »
« Voyons Joanne-chan, soit créative. »
Le sourire amusée qui orna les lèvres de la blanche fit presque frissonner Chuuya. Il n'aimait pas ça, aucun d'eux n'aimait ça, mais la jeune femme était vraiment un portait de Dazai : elle jouait avec la folie et restait sans qu'ils ne sachent comment dans la limite fine qui se trouvaient entre la sainteté et la folie, en gardant un parfait contrôle sur l'un et sur l'autre.
Ça ne faisait que deux semaines qu'elle était là, et pourtant elle en avait déjà montré beaucoup.
« Chuuya-kun, tu ne m'en veut pas de t'avoir retiré ton élève ? »
« Je crois qu'elle continuera à se sentir comme telle, tout comme Ryunnosuke. »
« En effet, d'ailleurs Chuuya-kun, » son nom sortant des lèvres de cet homme vil dégoûtait le roux, « tu n'aurais rien remarqué de suspect dans le comportement de ce chère Akutagawa ? »
Chuuya lui ne savait pas rester illisible et la surprise s'afficha sur chaque trait de son visage :
« Suspect ? Il reste impatient, violent, froid et sans pitié, mais rien ne change non. Qu'est-ce qui vous faire dire ça ? »
« La présence du tigre-garou semble le troublé. Je n'avais jamais pu le voir avant. Mais ils ont tous deux échouer à s'entre-tuer après tout, ça ne me surprend donc pas plus que ça que cette sois-disant rivalité cache quelque chose d'autre. »
Le roux ne dis rien. Il cessa même de respirer. Il ne pouvait plus faire ni l'un ni l'autre, il ne pouvait PAS.
« Ça me rappel beaucoup toi et Dazai-kun, huh ? »
Chuuya reprit contenance et pria le ciel pour ne rien laisser paraître sur son visage. Il allait devoir avoir une sérieuse discussion avec Dazai, cela faisait plusieurs années d'ailleurs, mais il n'avait jamais trouvé le courage. Mais en voyant Mori le regarder, sans sourire vil aux lèvres, avec juste ses grands yeux interrogateur et son air innocent, il souhaitait de nouveau avoir la présence de la grande momie à ses côtés.
« De toute façon tu ne pourrais rien faire Rintaro, alors pas la peine d'essayer de lui faire peur comme ça, on dirait une fantôme. »
Nakahara avait effectivement perdu quelques couleurs depuis que l'autre avait commencé à parler.
« Eliiiiiiise, » chouina le parrain de la mafia « ne gâche pas mon effet d'intimidation ! »
« Chuuya-kun a fait un trou dans ton bureau quand il avait 15 ans, je ne crois pas qu'il ai jamais été intimidé, là tu lui fais surtout peur. »
Mori se contenta de rire et les yeux azurs ne quittèrent pas son visage. Leur possesseur sentit son ancien lui de 15 ans se réveiller et rétorqua :
« Même si il se passait quelques chose comme vous le dite, que ce soit avec Akutagawa et Atsushi où Dazai et moi, vous ne pourriez pas nous le faire payer même si vous le vouliez car trop de conséquence en découlerait. Sans mentionner qu'une union entre l'Agence et Port Mafia serait très stratégique, car malgré les différents, avoir des alliés et des membres des deux organisations qui s'entendent serait un atout pour vous comme pour Fukuzawa. Nous avons beaucoup de problème à gérer, personne n'a dit que diriger une ville dans l'ombre était facile, un conflit avec l'ADA comme il en existe aujourd'hui n'ai qu'un de plus dont il faut s'occuper. Vous ne risqueriez pas ça si vous pouvez l'en empêcher. »
Les yeux de Mori étaient rester bien attentif à Chuuya et son sourire s'était crispé :
« Tu sembles très confiant. Même si je ne peux m'attaquer à deux membres de l'Agence, Ryunnosuke et toi êtes sous ma main. »
Chuuya ne put retenir un sourire :
« Vous connaissez votre ancien bras-droit pourtant, c'est un abruti non fiable et suicidaire, mais vous devriez savoir qu'il ne faut pas s'en prendre à ceux qui lui sont chère. »
« Tu reconnais donc bien qu'il y a quelque chose ? »
le roux se félicita lorsqu'il eu l'arrogance de prendre à son tour un visage innocent et de demander :
« Nous parlions bien sûr en terme hypothétique ? »
« J'ai l'impression de te revoir à 15 ans Chuuya-kun. »
Le roux eut soudain peur d'être allé trop loin mais Mori continua :
« Ce regard bleu féroce qui défend lui aussi ceux auquel il tient m'avait manqué. Tu es plus intelligent que tu ne paraîs, quel dommage d'avoir laissé Dazai faire tout le travail. »
Chuuya avait repris un visage sérieux, sourcils légèrement froncés, attentif, et ignora l'insulte.
« Joanne-chan effectue sa première mission aujourd'hui. Je veux que la surveille. »
« Elle me sentira. »
« Alors fait en sorte que non. »
Et sur ce, il fut autoriser à quitter le bureau et ne perdit pas une seconde en se dirigeant vers sa moto, son manteau flottant derrière lui.
Pendant ce temps, Joanne s'était renseignée sur le cartel en question : ils avaient eut du mal à faire démarrer leur trafic de drogue alors ils avaient conclu un marché avec Port Mafia. Mori les aideraient dans les quartiers sombres de Yokohama si 15% des bénéfices leur reviendrait. Bien sur, le cartel avait accepté, mais dès qu'ils avaient atteint les milliards, c'était arrangé pour fuir hors de la ville, le soir même – soir de la mission de Joanne. Ils n'avaient pas encore échapper au contrôle de Port Mafia puisque se trouvait juste en bordure de ville, dans une ancienne réserve d'arme militaire.
La blanche avait pris avec elle une trentaine d'hommes, soit deux camions, et était en train de sécuriser son couteau à sa cuisse lorsqu'ils arrivèrent. Les camions furent garés dans la forêt alentour pour ne pas éveiller les soupçons, et elle ordonna à une dizaine d'hommes de rester en frontière et de tirer sur le premier qui essayait de s'échapper.
Des hommes du cartel fumaient dehors autour de braseros, vidaient des caisses d'armes et de drogues pour en inspecter le contenue, et la virent tous arriver, lumière blanche dans la nuit entièrement noire, seule ses yeux brillaient de la lueur sang qui les caractérisaient jusqu'à ce qu'elle apparaisse dans les rayons lumineux des spot accrochés tout autour du baraquement.
Les hommes se levèrent tous, arme à la main, les hommes de main de la mafia s'arrêtèrent avant elle et en firent de même, armes braqués.
« T'es qui toi ? » demanda celui qui semblait être le meneur.
« Mon Boss m'envoie récupérer ce qui lui appartient. »
Ses talons épais écrasaient les cailloux et le sable du chemin et elle s'arrêta à quelques pas de l'homme. Elle sortit de sa poche avant un papier qu'elle tenait entre son index et son majeur et darda son regard dans celui perdu de l'homme.
« Ça fait beaucoup d'argent pour un cartel aussi minable. »
Des exclamations indignés fusèrent de toute part, Joanne capta une où deux insultes destinées à elle et ses lèvres s'étirèrent en un sourire amusée, ses yeux prirent cette lueur folle et elle demanda :
« L'argent. Je ne veux que l'argent. »
« Tu ne l'auras pas salope, » cracha le chef en positionnant à son visage.
Elle ne cligna pas des yeux mais ils s'allumèrent de la couleur rubis du sang et elle lâcha le papier pour attraper la mâchoire de l'homme.
« Port Mafia vous salue. »
Ses hommes de mains comprirent le signal et commencèrent à tirer sur tout ceux qu'ils voyaient. Elle entendit des cris s'élever de la forêt et son sourire devint un de satisfaction mais elle reporta vite son attention sur l'homme en face d'elle. Il donna un coup dans son bras pour de dégager et recula, arme pointée sur elle, et tira trois balles qu'elle évita sans mal. Elle esquiva la dernière en s'avançant de manière à pouvoir prendre une impulsion et se projeté en avant pour effectuer un coup de pied circulaire que l'homme se prit en pleine tête.
Avec tout ce bruit, les autres membres du cartel étaient sortis mais chaque fois qu'un passait la porte il se faisait descendre l'instant d'après. Joanne se devant la porte, loin, mais assez proche pour saisir la grenade aveuglante qui venait de leur être envoyé et la retourner à l'expéditeur.
« Je sais pas de quoi tu parles je t'assure que cette histoire d'argent je n'y comprend rien. »
« Ça ne m'intéresse pas, Ogai Mori n'est pas un homme patient, il aura ce qu'il veut au moment où il le veut. »
« Mais t'es qui toi ? Je t'ai jamais vu avant ! »
Joanne sourit en esquivant les coups de poings de l'homme qui essayait visiblement de la déconcentrer en parlant. En vain, puisqu'elle bloqua le dernier coup, en donnant un puissant de sa paume de main dans le coude de l'homme qui craque et cassa dans un bruit sinistre. La blanche grimaça légèrement aussi, mais uniquement parce qu'elle avait frappé avec sa main gauche, qui était constamment blessée.
L'homme à terre réarma et vida son chargeur, une balle frôla son oreille et laissa une égratignure, les autres furent évités sauf la dernière, qu'elle évita comme la première mais en laissant cette fois se main droite dans le chemin, laissant la balle la traversé doulouresement.
L'homme rampait pour s'échapper et arma une dernière fois son arme sur le visage de Joanne qui était tellement proche que son front se posa contre le bout du pistolet. Aucun coup ne fut tiré, le bras de l'homme ayant été intercepté par la main de la jeune femme qui s'était posé sur son bras, le couvrant de son sang. "La pitié de ceux qui vivent sans amour"
Elle rit légèrement et se redressa lentement, sa silhouette entouré d'une lueur rouge, ses yeux rubis, et ordonna :
« Lève-toi et tut tes compagnons. »
l'homme au regard désormais vide s'exécuta et très vite pratiquement tout le cartel fut décimé. Joanne soupira, après tout, Mori lui avait fait comprendre qu'elle pourrait faire ce qu'elle voulait. Son œil capta l'ouverture d'une porte en face d'elle, sur la face Ouest du bâtiment, et fut la responsabilité d'un grand blond. Dès qu'il aperçu Joanne il braqua son arme sur elle et tira, mais ce fut le corps contrôlé par la femme qui se prit toute les balles et tomba au sol. L'autre fut choqué de voir ce visage familier, et recula effrayé quand le corps criblé de balle se releva.
« Son cœur a peut-être lâché mais son esprit m'appartient. Si je veux qu'il se relève, il se relèvera, même mort, » expliqua Joanne.
« Tu viens de Port Mafia. »
« Bien vu. Étonnant que toi seul sache de quoi il s'agit. À moins bien sûr, que ce ne sois toi l'investigateur de cette alliance en premier lieu. »
il ne répondit pas et tira de nouveau sur elle.
« Inutile. »
Mais la fin du mot fut coupé brusquement quand elle vit apparaître juste en face d'elle le blond, qui s'était servi du fait que sa vision était masqué par le corps qu'elle contrôlait pour se rapprocher et lui donnait un coup de pied dans la tête. Joanne garda son visage sans émotion et se contenta de se baisser pour esquiver et de tourner sur elle-même pour faucher le blond avec sa jambe.
La chute lui coupa la respiration et Joanne put appuyer son lourd talon sur son poignet pour l'empêcher de se servir de son arme de nouveau. Elle la récupéra et lui tira dans le genoux :
« Je savais bien que tu n'étais pas le chef de ce cartel. L'autre avait l'air trop perdu, trop naïf, sans parler de son absence d'ordre dès que j'ai lancé l'attaque. C'est toi qui à passer un marché avec leBoss. »
L'autre ne dit rien mais son regard fut plus qu'éloquent. Un homme de main approcha d'eux et montra un sac ouvert à Joanne.
« Il s'enfuyait avec ça. »
La blanche sourit :
« On dirait que c'est notre jour de chance. Ramenez les camions ici, fouillez le bâtiment de fond en comble, récupérez ce qui a de la valeur. On ne sait jamais, Koyo-san pourrait y trouver des trésors. »
« Qu'est-ce qu'on fait de lui ? »
Le blond n'osa plus bouger en voyant le regard rubis darder sur lui :
« Assommez-le et attachez-le bien. Je vais faire un cadeau de bienvenue à Mori-sama, il saura quoi en faire. »
l'homme sous sa chaussure tenta de se débattre mais fut mis hors service par un coup à la tempe par le pied de la jeune femme.
Les ordres de la blanche furent respectés et en moins de cinq minutes tout avait été mis dans des cartons qui étaient presque tous dans les camions.
Au moment où Joanne s'était présenté devant le cartel, Chuuya arrivait sur le terrain en hauteur par rapport au plateau où se trouvait le reste de la Mafia. Il se positionna derrière des buissons et sortit ses jumelles. La nouvelle s'en sortait bien, très bien. Quelques erreurs de débutantes qui lui valu à peine des égratignures, mais vraiment Chuuya n'avait rien à redire.
Des années d'entraînement à détecter une présence l'empêchèrent de sursauter quand le souffle de Dazai caressa son oreille et que sa voix insupportable se fit entendre :
« Tu dois être fière de ton élève. »
Il ferma néanmoins les yeux un instant pour calmer son cœur qui battait furieusement et frappa Dazai avec ses jumelles.
« Qu'est-ce que tu fais là abruti tu cherches à te faire tuer ?! Et je n'ai été son mentor que deux semaines ce n'est pas mon élève ! »
« Elle se débrouille bien pourtant. Comme- »
« Toi au même âge, » coupa Chuuya en grinçant des dents.
Le châtain eut la décence d'être sincèrement surpris par ce changement de ton mais sembla assembler les rouages rapidement :
« J'ai comme l'impression que ce n'est pas la première fois que tu entend Jo-chan être comparée à moi. »
Chuuya ne se peina pas à le cacher et s'énerva :
« Depuis qu'elle est arrivée elle n'a eut qu'à respirer pour que Mori lui donne plus en deux semaines que ce que n'importe quel recru devrait avoir. »
« Elle n'est pas n'importe qu'elle recrue- »
« Tout comme tu ne l'étais pas Dazai. »
Chuuya se tourna pour regarder le châtain dans les yeux. Il avait les mains dans son trench-coat, malgré sa position accroupi, et retrouva son air impassible face à celui expressif du roux.
« Mori ne l'a pas dit, il ne l'a même pas suggéré mais tu l'as entendu toi-même, il m'a forcé à l'entraîner pour en faire un membre de Black Lizard. Et il cache à peine son intérêt pour la pauvre chose qui tente de le faire reculer sans succès. »
Dazai voyait bien que les mots de Chuuya sortait péniblement, contrairement à lui, son ancien partenaire n'était pas bon avec les mots, alors il ne l'interrompit pas.
« Ton nom sur toute les lèvres à chaque fois qu'elle passa dans un couloir, parle, où juste vit ! Tu ne te rends pas compte parce qu'elle n'est venue à l'Agence que deux fois et ce n'était même pas pour travailler, mais on l'a tous vu en action à la Mafia ! Son insolence contrôlée envers Mori, sa manière de réfléchir et de parler en énigme avec lui, ce qu'elle analyse des autres et comment elle l'utilise ! Bordel Dazai si je ne te connaissais pas mieux je pourrai croire que tu m'as caché avoir une sœur ! »
L'ex-mafieux avait reporté son regard sur ce qui se passait plus bas, ses pupilles cuivres observaient Joanne agir de loin. Il ne regarda pas le roux quand il dit :
« J'ai aussi cette impression. Les rares fois où je l'ai vu, c'est comme si elle avait une double personnalité, comme si elle pouvait agir aussi normalement que de manière insensé, violente, inhumaine. Elle me rappel- »
« Lorsque tu étais à Port Mafia. »
Chuuya n'avait plus un ton colérique et énervé, ses mots furent doux aux oreilles de Dazai :
« Mais toi tu as changé depuis que tu nous as quitté et c'est pour le mieux. Je refuserai de te voir redevenir celui que tu étais avant Dazai. Mais elle ne changera pas, parce que contrairement à toi, elle est comme ça. Tu te l'étais approprié car tu étais dans la Mafia, chez elle c'est naturel. »
Chuuya repensait aux paroles de Joanne. Il y avait effectivement beaucoup de non dis entre eux, beaucoup trop et ignorés depuis trop longtemps. Presque un an que Dazai était revenu dans sa vie et rien n'avait bougé d'un iota. Puis il repensa aux paroles de Mori. Chuuya n'était pas le plus intelligent mais il était loin d'être le plus bête. L'homme savait et ceux depuis longtemps que Double Noir n'était pas que partenaires, il l'avait peut-être même su avant eux. Maintenant, c'est Akutagawa qui reproduisait leur erreur.
« Que veux-tu, je suis un artiste après tout, » dit finalement le détective, mais sa tentative d'humour n'émus pas le roux.
« Ça ne va pas Dazai, » soupira le Capitaine, « Tu était le plus jeune Capitaine que la Mafia ai jamais eu, mais Mori chercher tellement à combler le vide que tu as laissé qu'il utilisera Joanne pour finir ce qu'il avait commencé avec toi. Et ça ne va pas parce que je ne devrais pas avoir à te blâmer pour les décisions de Mori-sama, je ne devrais pas penser que c'est ta faute si elle va passer par toute ces choses en si peu de temps et si le parrain a décidé de porter son attention sur elle. Je ne devrais pas et pourtant je le fais. »
Dazai avait légèrement baissé la tête de manière à ce que ces yeux soient dissimulés par sa frange.
« Chuuya, qu'est-ce que tu essayes de me dire ? »
Le roux avisa du coin de l'œil la fin de la mission de Joanne et les camions qui vinrent chercher les mafieux et soupira de nouveau. Dazai savait très bien ce que voulais Chuuya, mais il voulait être sur que c'était ce que le roux voulait, alors il le forçait à le dire de vive voix. Le Capitaine décida de lui montrer à quel point c'était important en passant sa main gantée sur la joue du châtain pour remonter son visage et encrer ses azurs dans les yeux écarquillés de surprise de Dazai. Il souffla d'une voix pleine de sous-entendu :
« Il va falloir qu'on parle, vraiment, Osamu. »
Puis il se releva, remis mon casque et enfourcha sa moto pour partir rejoindre la nouvelle et les autres. Dazai était réellement choqué par le geste du roux et l'utilisation de son prénom par ce même individu l'empêcha de respirer correctement.
Il resta les yeux dans le vide, incapable de comprendre ce qui venait de se passer.
Le roux quand à lui venait de rejoindre Joanne qui l'avait senti venir et l'attendait bras croisés appuyée contre un camion.
« Mori-sama vous a demandé de surveiller la mission ? »
Chuuya ne répondit rien et se contenta d'un hochement de tête.
« Tu t'es bien débrouillée. »
« Merci. »
Le Capitaine regardait les gardes passés et remplir le camion, puis il vit le chef du cartel et demanda :
« Je croyais avoir vu de l'argent, pourquoi choisir de le ramener ? »
Joanne haussa les épaules. Elle observa le roux un instant, tourna la tête vers l'endroit d'où il venait et chercha la présence familière de Dazai très loin. Elle avait senti une grande confusion et un grand sentiment de regret, et elle pouvait affirmer que ça ne venait pas de Chuuya. Elle demanda :
« Tout va bien Nakahara-san ? »
« Tu peux m'appeler Chuuya tu sais. »
« Tout va bien Chuuya-san ? »
Il soupira et répondit d'une voix fatigué :
« Tout ira bien. »
Deux jours plus tard sans surprise, Joanne fit son entrée dans Black Lizard, et compléta sa mission d'entrée à la perfection : l'assassinat d'un représentant de la Mafia qui trempait dans des affaires avec le gouvernement.
Le lendemain, elle effectuait sa première mission avec l'Agence. Mori grinça des dents mais ne put rien dire, l'accord ayant été passé entre les deux organisations. Joanne revint le soir un sourire aux lèvres, et fit face à l'amertume de Ryunnosuke avec amusement, comprenant que la jalousie du Démon venait du fait qu'elle s'entendait assez bien avec tout les membres de l'Agence mais en particulier Dazai et Atsushi. Pour le premier, ça tombait sous le sens, ils se comprenaient très bien et avaient parlé en messages cryptés – d'après le tigre et Kyouka – et résolus l'affaire presque aussi vite que Ranpo. Avec Atsushi, c'était leur vie dans un orphelinat où ils avaient tout deux souffert qui les rapprochait. Le tigre avait même oublié qu'elle était dans la Mafia et contrairement à ce qu'on aurait pu penser, il n'en pensa pas moins d'elle et fut aussi amicale et altruiste qu'avec les autres. La blanche devait avouer que l'ambiance de l'ADA et celle de la Mafia était deux choses diamétralement opposées, faire une pause avec ses autres camarades lui avait fait prendre une bouffée d'oxygène et c'est d'humeur joyeuse qu'elle se présenta devant un Chuuya qui ne dormait plus depuis trois nuits, un papier en main.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda le roux sur le point de repartir chez lui.
« Dazai-san m'a remis ça pour vous. Il attendra et sera à cet endroit autant de soir que nécessaire jusqu'à ce que vous veniez. »
Il était incrédule, et ça se lisait sur son visage. Joanne rit légèrement et lui adressa un sourire étonnement tendre pour une jeune fille de 19 ans.
« Il veut vraiment que vous alliez le voir. Je crois que la dernière fois que vous vous êtes croisés, vous vous êtes dit des choses qui ont amené à cette situation. Autant aller jusqu'au bout non ? »
Chuuya déglutit difficilement et força sa main à ne pas trembler quand il récupéra le papier. Lorsqu'il vit le lieu inscrit, il ne put empêcher un sourire de se former. Dazai avait choisi le bâtiment en ruine dans lequel il avait avouer être Arahabaki lorsqu'ils avaient 15 ans. Joanne lui donna un dernier sourire d'encouragement et tourna les talons.
