Merci pour vos lectures sur les 3 premiers chapitres vous avez été nombreux et ça m'a fait énormément plaisir de voir que ce début d'histoire vous plait :)

Ainsi, on se retrouve pour le Chapitre 4 suite à un chapitre 3 des plus sombres et choquants pour vous.

Mais je vous avez prévenu que l'histoire allait pas être toute rose !

Trêve de blabla, place au chapitre !

Quelques mots sur celui-ci : Clarke vient de subir une agression violente et marquante. Comment va t'elle faire face à ses démons ?

Les personnages de la série The100 ne m'appartiennent pas.

Bonne lecture et on se retrouve à la fin ;)


- BLURRING WORDS -

Chapitre 4 : Violent reality

PDV Lexa

Je viens de quitter la table où mes amis étaient situés. J'ai besoin de prendre l'air et de me remettre les idées en place. J'ai aussi besoin de savoir pourquoi je ressens ces petits mouvements incessants dans mon corps quand Clarke est dans les parages.

En parlant d'elle, elle est toujours je ne sais où et ça m'inquiète un peu. Mais bon. Vu comment elle se tortillait contre l'autre blondasse tout à l'heure, je doute qu'elle soit encore dans le bar.

Je soupire d'agacement.

Pourquoi est-ce que voir Clarke avec cette pimbêche me dérange à ce point ? On se connait à peine et elle fait ce qu'elle veut non ?

Et pourtant...

Je décide finalement de faire une escale aux toilettes avant de sortir à l'extérieur.

Je pousse la porte boisée mais me fait bousculer par un groupe de nanas bien trop bimbos pour moi. Le genre de filles « populaires » qui se croient tout permis et bien supérieures à tout le monde. Celle que j'ai tout le temps envie de recaler mais que je ne fais jamais car je n'ai pas l'habitude de chercher des crasses aux gens. Vous voyez les fausses blondes platines qui se trimballent en mini jupe et top qui laisse le bide à l'air ? Le visage peinturluré à souhait faisait ressortir toutes les imperfections du visage ? Et bien elles étaient exactement ce genre de filles.

- Tu peux pas faire gaffe ?! Meugla l'une d'elle.

Je serre les dents et décide de les ignorer et de continuer ma route. J'entend ce qui semble être un « Tu lui as bien fait fermer sa gueule hahaha » suivit des rires des autres pouffes. Qu'est ce que je disais. Des bonnes bimbos creuses comme un âne.

Avec ce genre de filles, vaut mieux pas chercher à comprendre. Elles volent pas très haut. Mieux vaux les laisser courir et éviter de se rabaisser à leur niveau.

C'est préférable pour ma santé mentale.

Arrivée dans les toilettes, je m'appuie sur le lavabo et m'asperge le visage avant de me regarder dans le miroir.

- Mais qu'est ce qui t'arrive ma pauvre Lexa ? Demandai-je à moi-même. Depuis quand une fille ne t'as pas mise dans cet état là hein ?

Je ferme le robinet et me met à observer les lieux.

Pas très classe comme endroit. Normal me diriez-vous. Nous somme dans un bar.

J'ai toujours trouvé ces endroits glauques. La moitié des lumières pétés, des tags à droite à gauche, du papier qui jonche le sol, sans parler de l'odeur et de l'état du sol.

En parlant de tag, l'un d'eux attire mon attention.

Il représente une fille agenouillée au centre d'un cercle noir étoilé. Elle a l'air malheureuse. Très malheureuse. Elle tend la main vers le ciel pour toucher ce qui semble être le fantôme d'un être cher.

Elle pleure.

Le coup de crayon est fabuleux et digne d'un ou d'une grande artiste.

J'en arrive à ressentir l'émotion de la demoiselle. C'est très intense et nouveau comme sensation.

Il y a une phrase en dessous : « May we meet again. »

Je veux définitivement rencontrer l'artiste inconnu qui est derrière cette œuvre.

Je suis tellement hypnotisée par le trait fin et parfait et l'émotion que dégage ce dessin que je ne remarque pas la larme qui glisse sur ma joue.

Je la chasse d'un revers de main et recommence à respirer. – Car oui j'avais aussi oublier ça - Je prend le dessin en photo avec mon téléphone en me promettant de trouver son auteur.

Soudain, j'entend du bruit provenant des dernières toilettes. Je m'approche prudemment vers sa source.

Un gémissement se fait entendre.

Je fais une grimace de dégout et sors de ce lieu sordide avant de devoir faire face à un cours d'anatomie en direct.

J'ai eu ma dose en terminale.

Je me souviens encore de mon prof. « Monsieur Archet ». Un vieux gars de 60 ans complètement pervers et un peu trop passionné par l'anatomie féminine. Je crois que cet épisode de ma vie m'a fait encore plus prendre conscience que j'aimais les filles.

De nouveau dans la salle principale, je prend la direction de la porte arrière pour enfin pouvoir prendre ma dose d'air frais. Le manque se fait de plus en plus ressentir, j'ai l'impression d'étouffer au milieu de ces adolescents prépubères.

Je pose ma main sur la barre en métal et la pousse.

Un courant d'air glacial parcours mon corps. Je frissonne. Je regrette à présent de ne pas avoir pris une veste plus chaude. J'aurai surement du écouter Lincoln. Il m'avait prévenu que les nuits d'Automne à Chicago était assez fraiches. Bien fait pour moi j'ai envie de dire. La prochaine fois j'y penserai à deux fois.

Tout à coup, j'entend une voix d'homme. Des bruits de lutte. Des bruits de course. Puis des sanglots.

La scène typique film d'horreur à vue de l'endroit où je me trouve. Une ruelle sombre, un seul lampadaire en guise de source lumineuse et une atmosphère oppressante.

Le pénombre et l'ambiance me procurent une certaine angoisse.

Je m'avance doucement de la provenance des ces bruits.

Je découvre alors une personne. A même le sol. Le visage méconnaissable face aux pavés. Le corps dénudé et meurtris. Et une chevelure blonde.

SA chevelure blonde.

Je porte ma main à ma bouche et étouffe un hurlement.

Je peine à tenir sur mes jambes. Je les sens chanceler sous mon corps. Je ne retiens pas l'énorme sanglot qui s'empare de moi et me précipite vers Clarke.

Je me précipite à ses cotés et lui relève la tête en m'agenouillant, ignorant mes tremblements violents et mes vertiges.

- Non non non non non non Putain ! Putain de bordel de merde ! criai-je alors. Cl...Clarke...Ré...Répond Mo...Moi S'il...S'il te p... S'il te plait ! Dis-je en haletant.

Elle est inconsciente. Je laisse couler de nombreuses larmes et fini par prendre son pouls et me rassure légèrement en le sentant battre.

Je laisse glisser mes yeux sur son corps.

Il est recouvert de traces de luttes. Des bleus, des entailles, les vêtements déchirés, des hématomes larges comme mon poings. Et j'en passe.

Je détourne rapidement le regard de cette scène affreuse. Je recouvre le corps inerte de ma blonde avec ma fine veste.

Toujours en sanglot, me battant contre les spasmes hantant mon corps, je soulève Clarke dans mes bras et la dirige difficilement vers ma voiture.

Sa tête reposant sur mon épaule, je remarque qu'un énorme éraflure parcours son visage d'ange. Une entaille sépare sa lèvre inférieure et son arcade droite est ouverte.

Je serre brusquement les dents et mon emprise sur Clarke en jurant intérieurement de tuer celui qui a fait ça.

Il faut être un véritable monstre pour s'en prendre ainsi à quelqu'un. Surtout à Clarke.

J'ouvre non sans peine la portière et installe Clarke à l'avant en faisant le plus attention possible à ne pas appuyer sur ses blessures.

Je vais chercher une couverture dans le coffre que je pose délicatement sur elle.

Après un dernier coup d'oeil, je contourne la voiture et m'installe sur le siège avant.

Je frappe brutalement le volant et laisse échapper quelques larmes. Les dents serrées, ma frustration, mon angoisse et ma peur se répandent dans mon être.

- Putain ! Criai-je. Je te jure sale enfoiré que je vais te retrouver et tu vas regretter ce que t'as fait.

J'enlève violemment le frein à main et démarre la voiture encore tremblante.

Les yeux fixés sur la route, je lance des coups d'œils à la blonde inconsciente à mes côtés.

Je suis effrayée à l'idée de ce qui a pu lui arriver. Visiblement, on l'avait battu, agressé, et je ne sais quoi d'autre. Je ne préfère même pas imaginer la suite.

Je ne peux pas croire à une telle chose. Comment on a pu lui faire ça ? Et QUI ?! QUI BORDEL !

J'attendrais qu'elle me l'explique avant de m'imaginer toute sorte de scénario des plus épouvantables.

Après une vingtaine de minutes de route, nous arrivons finalement chez moi.

J'habite dans un appartement suffisamment grand pour pouvoir y vivre à deux étant donné que je vie avec Lincoln.

Notre appart' à un style assez chaleureux rappelant notre chalet à la montagne que j'apprécie particulièrement.

Je saute presque de la voiture manquant de m'étaler de tout mon long sur le sol et accourt à la portière de Clarke. Elle est toujours endormie que je la prend prudemment dans mes bras et referme la portière d'un coup de pied.

Je nous conduit à l'intérieur et monte les 4 étages nous séparants du rez-de-chaussé.

Enfin arrivées, je pénètre dans le salon enfoui dans l'obscurité.

J'allume la lumière et me rend dans ma chambre.

Je dépose Clarke sur mon lit avec le plus de délicatesse possible et lui retire les bouts de tissus restant lui servant de vêtements, dévoilant alors à la lumière son corps abîmé.

PVD externe

La jeune brune découvris sous la lumière tamisée le corps endolori de la belle blonde.

La blancheur satinée de son torse faisait paraître presque sombre les teintes bleutées et violâtre qui couvraient ses épaules, ses bras, ses cuisses, son abdomen.

Lexa sentit, rapide et court, un arrêt au cœur face au spectacle qui s'offrait à elle.

Sa peau était marquée de tâches noires, rouges, jaunes une teinte livide et luisante couvrait ces traces. A certains endroits s'échappait le plasma sombre qui coulait le long de sa peau frêle.

Un hématome levait comme un soleil pourpre sur sa pommette, et un autre, plus marqué sur sa poitrine, dévoilait une entaille profonde.

Les larmes embuaient les yeux de Lexa. Elle en laissa déferler une. Puis deux. Puis trois. Puis des sanglots. Elle enfouit sa têtes dans ses bras, et ces derniers dans les draps recouvrants le lit, étouffant ses cris.

Elle serra fort la main de la blonde endormie.

Une fois sa réserve épuisée, elle s'activa a soigner Clarke et a panser ses blessures en les désinfectants au préalable.

Dans une délicatesse infinie, elle soigna la peau parsemée de tâches de la couleur du ciel de la jeune femme.

Elle habilla finalement son corps d'un short souple et d'un t-shirt semblable pour éviter les frottement, et la recouvrit d'une seconde couverture plus chaude avant de déposer un tendre baiser sur son front non sans lâcher quelques larmes

Elle quitta la pièce puis, après un dernier regard en arrière,serra les dents et alla s'installer sur la canapé du salon afin de laisser Clarke dormir.

Après avoir envoyé un message collectif à ses amis pour les rassurer de leur absences sans donner de détails, elle se fit un chocolat chaud et se plongea dans ses pensées.

Cette nuit apportera peu de repos à son esprit assiégé de questions sans réponses.

La blonde, elle, avait été battu bien au-delà de tout désir de vengeance. Cette séance de torture lui apparaissait comme un long fil qui la ramenait du présent immédiat qu'elle vivait dans cette chambre jusqu'aux premiers instants de sa naissance. Incapable de céder à l'oubli, son esprit fonctionnait curieusement et lui présentait en détails minuscules tout ce qui s'était passé jusqu'à l'insupportable moment présent. Elle ne pouvait échapper à aucun souvenir, pas plus qu'elle ne pouvait se libérer des étroits bandages qui serraient sa poitrine. Elle souffrait trop pour continuer de se battre.

* Plus tard dans la nuit *

PDV Clarke

Sa poigne agrippait fermement mon cou. Il enfonçait ses doigts dans ma chaire et accentuait ses vas et viens violents.

Il laissait des traces par-ci par-là sous le passage de ses mains. Il marquait mon corps de ses gestes et de son agressivité.

Puis tout à coup, la nuit et la fatigue s'emparèrent de mon être. Je sombrai alors dans un sommeil profond.

Je me réveille en sursaut et dans un cri audible. Des gouttes de sueurs perlent sur mon front. Mon cœur bat la chamade.

Où suis-je ? Je tourne la tête violemment de droite à gauche afin de me repérer mais ne reconnaît pas l'endroit. Je commence à paniquer et mon corps est pris de sursauts et de spasmes incessants. Je me recroqueville sur moi même et hurle en laissant éclater un sanglot.

J'entend alors des bruits de course et une voix imperceptible.

Soudain, une main agrippe mon avant bras. Je me redresse violemment et me recule rapidement avant que mon dos ne tape violemment le dossier du... lit ? Mais qu'est ce que je fais là ?

J'arrive finalement à percevoir une silhouette devant moi. Elle se rapproche. Il faut que je parte. Elle me veut du mal. Tout le monde me veut du mal. Et...Et Finn...

Les images défilent alors dans ma tête et je ne peux plus rien contrôler.

J'écrase mes mains sur mes oreilles et hurle encore et encore. Je me tords sous les assauts de mon corps et enfonce mes ongles dans mon crânes.

Je ne contrôle rien. Absolument rien.

Soudainement, je me retrouve dans les bras de quelqu'un. Ma tête contre son cou. Ses bras m'entourant fermement. Et une voix douce me berçant.

J'ignore qui est cette personne mais je ne la rejette pas. Je stoppe mes hurlement et ouvre les yeux péniblement. Je me laisse faire et me laisse aller au rythme de sa voix.

Je remonte finalement les yeux pour voir un visage les yeux clos.

C'est seulement lorsqu'elle les ouvre que je la reconnais.

Elle est là, me berçant, un regard bienveillant et protecteur sur moi.

Ses iris d'un vert perçant me traversant de part en part.

Lexa.

J'essaye d'ouvrir la bouche pour parler mais son doigt viens se placer devant mes lèvres.

- Tu n'as pas besoin de parler. Tu n'as pas besoin de me demander quoi que ce soit ou de m'expliquer quoi que ce soit. C'est trop tôt. Et je sais que tu n'en as pas envie et que tu n'es pas encore prête. Dit-elle calmement.

Je reste sans voix devant ses mots. Une personne normale aurait voulu tout savoir, tout comprendre. Que je réponde à ses questions. Et dieu sait si elle en a.

Mais ce n'est pas une personne normale. C'est Lexa. Et je la remercie pour ce qu'elle vient de me dire.

J'ignore alors mes bonnes résolutions de ne plus verser une larme en présence de quelqu'un et éclate en sanglots. Je sers fermement son t-shirt et enfoui ma tête dans son cou.

- Je...Je peux pas Le...Lexa...Je peux pas continuer à...à vivre avec ce qu...qu'il se passe dans ma t...tête et dans m...mon corps.. peinai-je à articuler. J'en...j'en ai marre de p...passer mon t...temps à sur...survivre... dis-je avant de ne plus pouvoir dire un mot sous les torrents de larmes qui envahissent mon visage.

Elle passe un doigt sous mon menton et me relève le visage vers elle.

- Peut-être que la vie vie devrait être plus que juste survivre Clarke.

Elle prononce ses mots en encrant son regard dans le mien et en souriant légèrement.

La façon dont elle marque mon nom provoque des frissons dans l'ensemble de mon corps. Pas des frissons comme les précédents non. Des frissons agréables.

Elle me relâche doucement et m'aide à m'allonger avec des gestes des plus délicats. Je suis ses mouvements du regard incapable de prononcer le moindre mot après son intervention, pour finalement encrer mon regard dans le sien.

Je n'y vois pas de peine, de pitié, de dégoût ou de tout autre trace de compassion.

Juste de la bienveillance et de la compréhension.

Elle se penche vers moi.

Mon cœur s'emballe et semble raisonner dans toute la pièce. Je pris pour qu'elle ne l'entende pas.

Elle dépose un léger baiser sur mon front.

Je ferme les yeux au contact de ses lèvres.

Elles sont douces.

Je rougis légèrement. Heureusement, Lexa ne le remarque pas grâce à l'obscurité partielle de la pièce.

Elle se recule et commence à quitter la pièce.

Une larme perle au coin de mon œil et continue sa course le long de ma joue.

- Lexa attend ! Dis-je brutalement.

Elle se retourne et me regarde d'un air interrogatif.

- Reste...s'il te plait...

Elle sourit devant ma confession et tandis que je scrute mes mains nerveusement attendant une réaction, elle se tourne entièrement et monte sur le lit pour venir près de moi.

Elle se glisse sous les draps et m'ouvre ses bras dans un petit sourire.

Je n'hésite pas une seconde et viens me coller à elle.

La chaleur de son corps m'apaise et me rassure immédiatement.

Je m'accroche délibérément à son t-shirt comme à une bouée de secours. Comme si elle seule pouvait me sauver de mon naufrage. Comme si elle seule pouvait me comprendre. Comme si elle était mon seul espoir.

Je ne veux pas fermer les yeux. Je ne veux pas y retourner.

Je ne veux pas revoir son affreux visage dans mon sommeil. Je ne veux pas revivre ça.

- Je suis là Clarke. Je ne laisserai rien t'arriver et personne te faire du mal. Tu peux dormir. Je veille sur toi. Je te le promet. Dit-elle en serrant son emprise autour de mon corps.

Je ferme les yeux sous ses mots rassurant.

Elle a raison. Je me sens enfin protégé. Enfin à ma place. Enfin importante. Enfin en sécurité. Avec elle.

- Merci Lex'... dis-je presque imperceptiblement avant de sombrer dans un sommeil paisible et calme comme je n'en avais plus eu depuis 3 mois. Un vrai sommeil. Dans les bras de Lexa.

PDV externe

Les premiers rayons de soleil venaient chatouiller les étoiles survivantes. L'obscurité laissait petit-à-petit, place à la lumière.

Comme si un peintre avait glissé son pinceau sur le ciel, le parsemant de teintes roses, violettes, rouges, oranges et bleues. Les couleurs s'entremêlaient et jouaient avec les nuages. Elles se battaient avec les quelques teintes bleues smalt restantes de la nuit.

Lentement, la lumière rampe entre les buildings, entame les sommets des collines et les cimes d'arbres, puis vint rencontrer son reflet dans les carreaux des immeubles et dans les ondulations du Lac Michigan.

Chicago se réveille. Doucement. Calmement. Sous les chants des oiseaux et le bruissement des feuilles sous la brise légère.

La fraîcheur de l'Automne danse avec les éclats vermeils, pourpres, ambrés et ocres des feuilles d'arbres.

Non loin de Lincoln Park, au quatrième étage d'un immeuble moderne, se réveillait une brune aux yeux émeraudes.

PDV Lexa

Je sens les rayons de Soleil sur mon visage.

J'entrouvre les yeux péniblement.

Dans la précipitation, j'ai oublié de fermer les volets.

Je regarde l'heure : 7h54.

Oh merde ! On va être en retard en cours !

Je tente de m'extirper de mon lit mais un poids bloque mon corps.

Je me retourne anxieusement avant de voir une chevelure dorée tapisser l'oreiller à mes côtés.

Je souris doucement.

Une de ses jambes est entremêlée aux miennes.

Je soulève quelques mèches gênantes et les places derrière l'oreille de Clarke, dévoilant alors son visage endormi paisiblement.

Les bras repliés sous l'oreiller, poitrine face au lit, son dos se soulève lentement et régulièrement sous sa respiration.

Je l'observe un instant.

Son visage est toujours enflé. Sa pommette a triplé de volume et a pris une teinte violâtre, son arcade n'est pas loin du même résultat mais sa lèvre semble avoir dégonflée.

C'est mieux que rien.

Cette vision amène un froncement de sourcil de ma part.

Hier. TonDC. Dehors. Clarke. Sol. Battue. Détruite. Ici.

Tout me revient alors à l'esprit et une vague de panique s'empara de mon être.

Je respire difficilement tandis que je laisse mes yeux se fermer tentant de réguler mon souffle.

Mes mains agrippent fermement les draps dans l'optique de calmer mes tremblements.

J'expire un bon coup et me détend lorsque j'entend ma blonde bouger.

Je la regarde à nouveau et ne peux retenir un sourire face à la vision qui s'offre à moi, me faisant oublier mon affolement précédent.

La bouche entrouverte, sa main non loin de sa tête, paume vers le plafond, une mèche dorée lui tombant sur les yeux, on croirait voir une enfant en pleine sieste.

Elle est tellement adorable.

Mon cœur s'accélère soudainement et vient cogner ma poitrine.

Je porte ma main à celui-ci et baisse le regard dans la direction.

- Pourquoi tu t'excite comme ça ? chuchotai-je à ce dernier. Comme si j'allais recevoir une réponse hein.

Je rigole doucement et tente de me relever une seconde fois.

Clarke ne semble pas du même avis puisqu'elle change brutalement de position et vient encercler mon ventre avec ses bras et entremêler ses jambes aux miennes.

Elle dort toujours.

Comment fait-elle pour dormir autant ?

Je rougis violemment et stoppe d'un coup tout mes mouvements.

Je suis paralysée. Mon corps s'affole et bat la chamade. Pire qu'avant.

Pitié continue de dormir Clarke pitié !

Je baisse mon regard vers celle-ci.

Elle a posé sa tête sur ma poitrine.

Je me pince les lèvres et me laisse aller à ce spectacle, me décrispant alors.

J'observe son corps.

Il est toujours parsemé de taches brunes et violettes. Je serre les dents et peste intérieurement.

Je glisse mon regard le long de ses longues jambes pour finir sur ses avant-bras.

Mes yeux s'écarquillent alors.

De nombreuses cicatrices viennent joncher ces derniers.

Quelques écorchures récentes se mêlent à celles-ci.

Je déglutis difficilement.

Que s'est-il passé pour que Clarke se fasse subir elle-même cette torture des plus affreuses ?

Pourquoi ?

Je laisse glisser quelques larmes avant de resserrer mon emprise sur ma blonde.

- Qu'est ce qu'il t'es arrivée Clarke putain... Qu'est ce qu'il s'est passé pour que tu en arrive là ?... Comment on a pu te faire subir ça...

Sur ces mots, je sens ses bras s'accrocher plus fort à mon t-shirt.

Je ferme les yeux et me laisse aller quelques minutes supplémentaires.

Je fini par profiter d'un roulement sur le coté de Clarke pour m'extirper du lit et aller préparer un petit déjeuner à la blonde endormie.

Vu l'heure et l'état de Clarke, je pense que louper les cours aujourd'hui ne sera pas si grave que ça.

Je descend les marches quatre à quatre et arrive dans la cuisine.

Je m'accoude un instant à l'îlot central et me permet de respirer et de souffler en remettant les éléments précédents en place.

Clarke n'a décidément pas une vie facile. Elle a du passer par énormément de chose pour en être là.

Je trouverai quoi, et je ferai en sorte que ce ne soit qu'un lointain souvenir.

Je me fais cette promesse à moi même avant de commencer à préparer des pancakes.

J'ignore les goûts de Clarke mais tout le monde aime les pancakes non?

Je lui laisserai le choix entre le sucre, le nutella ou le sirop d'érable.

Perso, j'opterai plutôt pour le nutella.

J'ajoute à son plateau un jus d'orange pressé et une tasse de café noir.

J'ai toujours adoré l'odeur qui émanait de ces deux liquides.

Le sucré et la douceur de l'orange mêlés à l'amertume du café.

Ca me rappelle mes matinées avec mes parents et ma sœur.

Je suis coupée dans mes pensées par les craquements des escaliers.

Je tourne la tête.

La vision qui s'offre à moi est - croyez-moi - , le genre de vision avec laquelle on aimerait se réveiller chaque matin.

Clarke, encore à moitié endormie, se frottant les yeux, les cheveux en batailles, baillant du manque de sommeil.

- Hey... fit-elle avec une petite voix endormie et rauque qui fit fondre mon cœur.

- Hey la Belle au bois dormant. Répondis-je en rigolant légèrement. Bien dormi ?

- Hmm Moui ça peut aller tu prends pas trop de place. Plaisanta-t'elle un petit sourire adorable sur le visage.

Je vous jure que j'ai cru que mon cœur s'était arrêté face à sa mine toute endormie et souriante.

Je rigola vivement avant de baisser mon regard sur son accoutrement.

- Ah euh..J..Je te l'ai pris...j'avais rien a me m...

- C'est ok Clarke. Tu peux le garder. Dis-je en un sourire adoucissant.

Imaginez vous, vous retrouver avec la fille hyper badasse et imposante habituellement, qui là, se titube les mains nerveusement, et regarde ses pieds de timidité. C'est beaucoup trop pour mon petit cœur. Voir Clarke comme ça déchaine des multitudes de fourmillement dans l'entièreté de mon corps.

Elle avait en effet enfilé un de mes sweats. Plus précisément le sweat de mon ancien club de basket : Bishop Montgomery. On a été classé premier aux championnats d'inter-lycée et on a fini premier sur les 3 années qui ont suivi.

C'était un lycée très réputé à Los Angeles. Je m'y plaisais assez. Mes parents visaient toujours le plus haut. Je les ai donc suivi dans cette démarche.

J'ai l'impression que c'était il y a des années de cela. J'en garde un merveilleux souvenir.

J'y ai joué durant ces 3 années de lycée mais j'ai arrêté suite au commencement de mes études supérieures. Faute de temps.

Et je dois dire que la voir dans mon sweat me procure une sensation des plus agréables.

Je me revois, arpentant les couloirs du lycée, jeune inconsciente et rebelle. Adorée de tous grâce à mes capacités et mes exploits sportifs.

Mais cette fois, je vois Clarke avec moi.

Toute les deux aux lycées.

On aurait fait un duo de choc il n'y a pas à dire.

Je sors de mes pensées après quelques minutes d'absences. Clarke n'a pas bougé.

- Je t'ai préparé des pancakes tentai-je dans sa direction

- Oh euh merci c'est très gentil.. mais je suis pas sûre d'avoir très faim... répondit-elle d'une voix faible toujours sans me regarder dans les yeux.

- Il faut que tu manges Clarke. Persistai-je avec l'intention de la faire changer d'avis.

- Ca fait bien longtemps que je ne mange plus... Entendis-je à peine.

Incertaine de ce que j'ai entendu, je n'insiste pas plus et lui pose une assiette a côté d'elle au cas où elle change d'avis.

Je ne sais pas ce qui la mené à ne plus manger mais je compte le découvrir aussi.

Je la laisse s'installer et l'observe discrètement tandis qu'elle se contente de boire le café que je lui avais préparé.

Elle semble fatiguée. Très fatiguée. Son corps comme son âme. Je n'ose pas briser le silence qui s'est installé entre nous alors je me contente de la regarder.

Elle porte sa tasse plusieurs fois à ses lèvres dans un geste lent.

Elle en entame un nouveau mais de forts tremblements lui font lâcher la tasse qui vient s'écraser violemment par terre en un bruit sourd.

Je pousse un cri de surprise et me précipite vers elle.

Le liquide noir dégouline sur le bas de mon sweat, le long de ses cuisses pour finir sur ses mollets.

- Clarke ! Tu t'es brûlé ?! Demandai-je apeurée.

- N..Non ça va.. réussi-t-elle à articuler alors que des larmes commençaient a embuer ses yeux.

Elle ferme rapidement ses mains dans le but de cacher les tremblements incessants de ces dernières. Elle semble... avoir honte ? Elle veut vraiment dissimuler ce mal-être il n'y a pas photo...

Je tente de poser doucement ma main sur son avant-bras mais elle effectue un mouvement de recul brusque et me regarde effrayée, les lèvres tremblantes.

- Je...je suis désolée pour le sweat... Je.. je le nettoierai... dit-elle en serrant le poings et en baissant les yeux vers les morceaux de tasse brisés. Et pour la tasse aussi.. je t'en rachèterai une.. finit-elle en ravalant les quelques larmes qui demandaient qu'à tomber.

- Clarke...soufflais-je, attristée devant la vision que cette dernière m'offrait.

- Je... Je vais allé me laver et je vais rentrer.. c'est le mieux je pense...

Elle ne me laissa pas répliquer qu'elle s'engouffra dans la salle de bain, me laissant seule au milieu de la cuisine, le cœur lourd et brisé.

Quelques larmes s'échappent alors que je me laisse tomber sur un des tabourets.

Je plonge ma tête dans mes mains et serre les dents.

Putain ! Pourquoi elle agit comme ça ? A cause de hier ? Oui ça doit surement être ça... Pourtant elle sait que je suis là.. qu'elle peut me parler... Elle le sait pas vrai ?...

Comment le saurait-elle... Y a 2 jours de ça on ne se connaissait même pas... Peut-être qu'elle a été effrayé par le fait qu'une presque inconnue l'emmène chez elle ? Et si elle regrettait de m'avoir demandé de rester ? Et si elle regrettait de ne pas s'être enfui ?

Le bruit de la porte de la salle de bain me fit relever la tête.

Je déglutis difficilement.

Clarke était enroulée dans une serviette de bain, jointe autour de sa poitrine, et lui arrivant au dessus des genoux.

Je pu voir les nombreuses marques qui jonchaient son corps.

Je serre une nouvelle fois les dents devant la multitude de bleus, de marques de violence, d'entailles, de cicatrices, d'hématomes qui parsemaient son corps délicat.

- Lex'... T'as pas des affaires à me prêter s'il te plait ? J'ai...j'ai rien à me mettre...

Je souris doucement à l'entente du surnom qu'elle avait utilisé me faisant oublier mes doutes précédents.

- Je t'amène ça tout de suite lui répondis-je en me dirigeant vers ma chambre.

Je reviens quelques minutes plus tard avec un pantalon kaki boyfriend, un t-shirt blanc simple et une paire de vans noires.

- Tu veux un pull avec ? Lui demandai-je

- Je vais garder celui que j'ai tâché je pourrais te le laver au moins.

- Hmm d'accord mais fais y très attention, c'est mon pull fétiche. Fis-je avec un clin d'oeil dans l'espoir de la détendre un peu.

Ce qui marcha plutôt bien puisqu'elle me répondit d'un fin sourire :

- Compris je m'en souviendrai.

Je la regarde quelques secondes avant qu'elle ne se racle la gorge et reprenne dans un air amusé et moqueur :

- Lex.. Si je veux me changer, il faut que tu sorte de la salle de bain.

Je secoue rapidement la tête et écarquille les yeux, sentant le rouge me monter aux joues, je baisse le regard remarquant à nouveau la tenue dans laquelle elle était.

- Oh euh oui désolée ! Je tu euh te laisse oui changer euh je je vais y aller. bafouillai-je en me tournant brusquement et en sortant de la pièce, le visage rouge écrevisse.

Pitié faite qu'elle n'ai rien remarqué Pitié faite qu'elle n'ai rien remarqué Pitié faite qu'elle n'ai rien remarqué Pitié faite qu'elle n'ai rien remarqué Pitié faite qu'elle n'ai rien remarqué

Le doux sons de son rire léger me fit comprendre le contraire.

Je me mis à courir en direction de mon lit et enfoui ma tête dans l'oreiller.

Putain mais quelle idiote je suis ! Je suis ridicule ! qu'elle imbécile ! je viens de me prendre la honte devant Clarke ! Arggh c'est pas possible c'est quoi ce karma ?!

Je lance mon coussin à l'autre bout de la pièce. Coussin que Clarke manque de prendre dans le visage mais esquive souplement.

- Je... j'y vais... dit-elle finalement en plaquant un faux sourire sur ses lèvres.

Je le remarque et tente une énième approche.

- Clarke...tu n'ai pas obligé d'utiliser ton faux sourire avec moi... elle ouvrit un peu plus les yeux d'étonnement à la suite de ma phrase. Tu n'ai pas obligé d'essayer de me duper comme tu le fais avec les autres personnes. Ca ne marche pas avec moi. Je ne suis pas crédule. Je sais que ça ne va pas.. tu peux me parler.. dis-je incertaine

Elle m'observa quelques secondes avant de placarder le masque froid et intimidant derrière lequel elle se cache d'habitude. Je la vois serrer les dents et le poing avant de froncer les sourcils et de reprendre en s'approchant de moi :

- Tu ne sais rien de moi. Et je n'ai rien à dire à personne. Encore moins à quelqu'un que je ne connais à peine. Lança t-elle sans retenue à quelques centimètres de mon visage.

Je peux sentir son souffle chaud sur ma peau. Elle est très très près. Je peux lire toute la rage dans son regard. Toute la haine. Toute sa tristesse. Je l'ai irrité ça ne fait aucun doute.

J'ai bien cru sentir mon cœur se briser en milles morceaux à l'entente de ces mots. J'avale difficilement face au regard glaçant qu'elle me lance.

- J'y vais. Fit-elle sans un regard de plus vers moi.

Elle claqua finalement le porte et s'engouffra dans les escaliers.

Je sentis une larme glisser le long de ma joue.

Et merde..

PDV Clarke

- Clarke...tu n'ai pas obligé d'utiliser ton faux sourire avec moi... J'ouvre grand les yeux suite à sa phrase. Tu n'ai pas obligé d'essayer de me duper comme tu le fais avec les autres personnes. Ca ne marche pas avec moi. Je ne suis pas crédule. Je sais que ça ne va pas.. tu peux me parler.. dit-elle incertaine.

C'est la goutte de trop. Son discours me transperce comme un glaive des plus affutés.

Je suis désolée Lexa. Ce n'est pas contre toi. Mais ce genre de discours déchaine toujours la même réaction de mon corps. Et tu vas malheureusement subir une de mes énièmes crise de colère.

Je serre violemment les dents et mes poings.

Tout se chamboule dans ma tête.

Tout n'est que tonnerre, orage, tempête.

Mes émotions s'entrechoquent.

Ma colère bouillonne.

Pourquoi ? Pourquoi les gens s'emmerdent tous à essayer de me faire parler ? Pourquoi s'emmerdent-ils tous à essayer de me comprendre alors qu'ils n'y parviendront jamais ? Hein ?! Pourquoi bordel !

Ils comprennent pas que chaque petite question, chaque petit regard peiné, chaque petit détail semble se planter dans ma chair plus profondément et ne jamais en sortir ?

Je suis toujours obligée d'utiliser ce masque pour éviter ce genre de situation.

Elle voilà qu'elle vient de me l'arracher.

Mais de quoi elle se mêle ?

Elle aurait du me laisser dans cette putain de ruelle et jamais m'aider.

Je lui ai rien demander. J'ai pas besoin d'elle. Ni de personne d'autres.

Je m'approche d'elle dans un regard assassin.

- Tu ne sais rien de moi. Et je n'ai rien à dire à personne. Encore moins à quelqu'un que je ne connais à peine. Dis-je d'une voix tranchante.

J'étais à quelques centimètres de son visage. Je ne contrôlais plus rien de mon corps. Seule la colère et la haine explosaient. Je n'étais qu'un corps hargneux, fielleux mais étrangement calme.

- J'y vais. Pestai-je sans un regard de plus vers elle.

Je me tourne violemment vers la porte et claque celle-ci derrière mon passage.

Je descend les escaliers et m'engouffre à l'extérieur.

Mais qu'est ce qui m'a pris putain ? Elle m'aide et je lui parle comme une chien.

Qu'elle conne je suis ! Putain !

Pourquoi faut-il que ça finisse toujours de la même façon ?

Pourquoi faut-il que je gâche toujours tout ?

Je me met inconsciemment à courir à travers Lincoln Park, sentant les larmes couler à grosses gouttes sur mes joues.

Je continue de courir jusqu'à arriver en bas de mon immeuble.

Je me précipite vers ma voiture à la recherche de mes clés.

Je dois partir.

Et vite.

J'enfouis les clés dans la portière et démarre rapidement, les larmes coulant toujours.

Ca fait maintenant 7 heures que je roule.

Oui 7 heures.

Vous devez vous demander où je vais.

Vous le saurez très bientôt puisque j'arrive bientôt.

Il est actuellement 16h24.

Mes larmes ont cessé de couler.

Je me suis calmée.

Je suis actuellement vidée de toutes émotions.

La tristesse commence petit-à-petit à prendre le dessus à mesure que j'arrive à destination.

Je me gare et éteint le contact.

Je cale ma tête sur mes mains posées contre le volant.

J'expire doucement.

Je relève la tête et attrape mon portable sur le fauteuil passager.

12 appels manqués.

4 d'Octavia, 5 de Raven, 3 d'Harper.

Pour les messages n'en parlons pas :

De La mécano :

Alors comme ça on passe la soirée avec Lexa ? *smiley douteux*- Lundi 03 Sept à 01:36

De La mécano :

Clarkie faut te réveiller ya cours ajd ! *smiley qui rigole* - Mardi 04 Sept à 8h13

De La mécano :

Bon beh jcrois tu viens pas hein :p essaye de venir ct'aprem ! - Mardi 04 Sept à 9h22

De La mécano :

Clarke t'es où bordel ? Lexa nous a appelé en panique ! Elle est morte de trouille ! Elle faisait que chialer ! Répond à ton ptn de tel ! - Mardi 04 Sept à 11h09

De La mécano :

CLARKE REPOND ! T OU ! TOUT LE MONDE PANIQUE ! REPOND ! - Mardi 04 Sept à 12h29

Et à peu près le même schéma avec Octavia et Harper...

Je souffle d'agacement et lance mon téléphone sans retenue vers les sièges arrières.

Je sors de la voiture. Un courant d'air glacé s'empare de mon être.

Je frissonne et attrape le pull sur le siège.

C'est celui de Lexa.

Je fait claquer ma langue contre mon palais et souffle en levant les yeux au ciel avant de l'enfiler. On se passera des détails. Il fait froid et j'ai besoin de ce pull. Je lui ramènerai demain.

Je fourre mes mains dans les poches et commence à marcher en direction du grand portail.

Je lève les yeux vers l'inscription me surplombant :

'' Nashville Cemetery ''.

J'arpente les allées en me dirigeant vers celle qui m'intéresse.

Je fais glisser mes yeux sur les pierres tombales qui m'entourent.

Je n'ai jamais aimé ce genre d'endroit.

On entasse les cadavres entre 4 planches de bois. On sentirait presque le goût acre et amer des larmes des familles en deuils et le parfums des fleurs tout aussi fanées que les corps inhabités.

Celles-ci, emportées par le temps, comme le sont les anciens vivants.

Je me demande où l'on mettra la mienne.

Sous ce vieux chêne à côté du ruisseau ? Entre ces deux pierres ?

Sera t-elle faite de marbre ? Grise noire ou blanche ? Sera t-elle belle ? Les gens viendront-ils me rendre visite ? Ou m'oublieront-ils aussi vite qu'ils m'ont connu ? M'apporteront-ils de belles fleurs colorées ? Mais méritai-je tout cela ? qui suis-je vraiment ? L'un de ces pierres délabrées ? L'un de ces corps qui péri ? L'une de ces fleurs fanées ?

Est-ce que ma tombe est déjà dressée ? Dans quelle allée est-elle ?

Méritai-je seulement une tombe à mon nom ?

Mon nom... La seule chose qui me reste de ma vie d'antan. La seule chose que le vent et le temps n'ont pas emporté. Je n'ai ni conscience, ni âme. Je ne suis qu'un corps à qui ont a donné un nom. Prisonnière de ces tombes.

Les allées sont vides. Autrefois les gens venaient rendre visite à un proche défunt. Aujourd'hui, ils se sont envolés avec les pétales et les feuilles des arbres. Personne n'était heureux, il n'y avait pas de quoi. Mais l'on venait. Pas pour un au revoir, mais pour un adieu. On mourrait ici.

Les allées sont silencieuses. Seul le souffle du vent se fait entendre. La cloche de l'église a cessé de résonner depuis longtemps maintenant.

Les visites se faisaient plus rares. Jusqu'au jour où elles se faisaient totalement inexistantes. Je suis seule depuis des mois à regarder les croix, les tombes, les fleurs et les pierres vieillirent. Seule. Toujours seule.

Entourée de corps mais seule.

Un corps de plus parmi les milliers déjà présent.

En vie ? Non loin de la.

Juste un corps. Rien de plus.

J'aurai beau crier, chanter, hurler, personne ne viendrait.

Alors je pleure, me lamente, gémis et sanglote violemment.

Il n'y a personne ici.

Personne pour me juger.

Si les morts pouvaient me voir, je suis sûre qu'ils auraient pitié de moi. Je fais surement plus pitié qu'eux.

Je sillonne les allées encore et encore.

Je pense et repense au repos éternel de ces cadavres.

Je pense et repense au repos qui ne m'a été permis d'avoir, et à ces rêves que je ne fais plus.

Je pense et repense au bien-être que j'offrirai à mon corps si je lui permettais enfin de s'allonger sur cette planche de bois que l'on recouvrira d'une autre planche avant de sombrer dans l'obscurité à jamais.

Je ne compte plus les jours et les nuits, ni même les mois. Je ne fais que regarder le soleil se lever et se coucher. De temps en temps, je souris à la lune, compagne fidèle de mes lamentations, et puis je parle seule, je soupire, discute de la vie, de la mort - surtout de la mort - avec le reflet que m'envoie le néant.

Je m'imagine, comme avant, comme sur la photo accrochée au mur de mon appartement. Une petite blonde, les cheveux bien coiffés, le sourire béa habituelle, les fines mèches coiffés en anglaises. J'aime à imaginer mes joues fermes et rose d'antan, mes traits gracieux et fins, mes yeux pétillants d'un bleu saphir débordant de bonheur de vie. '' Une princesse '' comme ils aimaient m'appeler. J'aime à imaginer l'ancienne moi. Ancienne moi partie à jamais. Je ne suis actuellement qu'un corps semblable aux cadavres périssant dans l'une de ces tombes. Les joues creusent, le corps frêle, les yeux cernés et fatigué, sans vie, sans flammes d'excitation, sans joie, juste livide. La peau pâle, ayant perdu son éclat et sa douceur. Je me sens comme l'Etranger* : étrangère à mes émotions.

Je pourrais me retrouver en pleine attaque de Bonnie et Clyde* que je ne broncherai pas.

Oui je sais ce que vous allez dire.

Que je ne suis pas comme ça avec mes amis etc.

Vous voyez Dr Jekyll et Mr Hyde* ? Et bien je suis semblable à lui. Ou à eux.

Drôle enthousiaste et rayonnante d'un coté, détruite,vide et morte de l'autre.

Je joue sur deux faces.

Il le faut bien.

Les corbeaux se mêlent à ma langueur fantastique, ils claquent du bec, leur plumage bat la mesure et donne le ton. Parfois, les chiens errants se mêlent au ramage, et glapissent, feulent, aboient. Certains chats s'aventurent sur les croix hautes perchées, et miaulent longuement, d'une voix que seule moi puisse entendre. Je souris, je ris, je sanglote. Puis là, je sens la lourde vérité me tomber sur les épaules, comme un poids lourd qui tombe violemment sur mon coeur : je suis seule, et je le resterais.

Alors j'écoute, j'attends quelque chose de familier, et il arrive, toujours présent derrière chaque parole, chaque chants : Le silence.

Je m'accroupis devant les deux tombes.

Je laisse glisser mes doigts sur les inscriptions gravées dans le marbre.

'' Jake Griffin – 02 Mai 2017 ''

'' Abigail Griffin – 26 Mai 2017 ''

- Je suis désolée... je suis tellement désolée... dis-je avant que de puissants sanglots s'emparent de mon corps.

Je reste allongée des nombreuses heures au pied de leurs tombes, sanglotant et haletant à en perdre le souffle.

La fatigue prend le dessus et me plonge dans l'un de ces sommeils sans repos, où seul le néant résonne.

Dans les caveaux d'insondable tristesse
Où le Destin m'a déjà relégué;
Où jamais n'entre un rayon rose et gai;
Où seul, avec la Nuit, maussade hôtesse,

Je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur
Condamne à peindre, hélas! sur les ténèbres;
Où, cuisinier aux appétits funèbres,
Je fais bouillir et je mange mon coeur,

Par instants brille, et s'allonge, et s'étale
Un spectre fait de grâce et de splendeur.
À sa rêveuse allure orientale,

Quand il atteint sa totale grandeur,
Je reconnais ma belle visiteuse :
C'est Elle! noire et pourtant lumineuse.*


Et voilaaaa ! Chapitre fini ! Je suis vraiment désolée pour le retard j'avais des exam' blancs donc j'avais vraiment pas le temps d'écrire ! Mais je reprend un rythme normal !

Point sur le chapitre : Alors ces petits moments Clexa ? Vos avis ?

Donnez-moi vos hypothèses sur la suite de l'histoire !

Vous avez apprécié le moment au cimetière ? Personnellement j'ai adoré l'écrire ! Je voulais vraiment faire ressentir comment se sent Clarke !

Et oui désolée Clarke et Lexa se dispute je saiiiis ne hurlez pas ! Il faut bien passer par là !

Dites-moi vos avis sur ce chapitre ça me motive vraiment ç continuer !

Prochain Chapitre : Les amis de Clarke sont très inquiets, mais elle revient en cours le lendemain. Comment vont-ils réagir ? Et quelle excuse va t-elle encore trouver ? Elle va finalement se retrouver confronté à Lexa... Une nouvelle fois.

Tout ça dans le chapitre 5 : Leave me !

Réponses aux reviews précédentes :

Gramski : Merci beaucoup ! Oui je compte continuer :)

Rosiie09 : Salut ! Merci beaucoup ça me fait très plaisir ! Et oui il faut bien haha ^^ J'en suis ravie alors :) j'espère de tout cœur que la suite te plaira autant !

Vocab :

*l'Etranger: L'Etranger de Camus, est le premier roman de celui-ci dans lequel il met en scène le personnage de Meursault. Il n'a pas connu son père et il n'en a pas une idée ne croit pas en Dieu et trouve que c'est une chose sans a une maîtresse qui se nomme Marie, ils ne se sont pas marié vit dans une étrange insensibilité et indifférence : au moment d'agir, il note d'ordinaire qu'on peut faire l'un ou l'autre et que « ça lui est égal ».Sans illusion sur les principes reconnus par la société( comme la mort, le mariage, l'honnêteté) il se comporte comme si la vie n'avait pas de est étranger à la société dans laquelle il vit.

* Bonnie et Clyde : Bonnie et Clyde (Bonnie Parker et Clyde Barrow) sont deux criminels américains, membres du gang Barrow constitué entre autres de Raymond Hamilton, Ralph Fults, Joe Palmer, Buck Barrow (le frère de Clyde) et sa femme, Blanche Barrow, qui ont perpétré leurs méfaits dans le Sud-Central des États-Unis pendant la Grande Dépression. Ils étaient spécialisés dans l'attaque à main armée de banques et on estime qu'ils ont tué quatorze personnes.

* Dr Jekyll et Mr Hyde : Publié en 1886, L'étrange cas du Dr Jekyll et Mr Hyde raconte l'histoire d'un homme qui pense que l'on peut dissocier le bien du mal. Le Docteur Henry Jekyll, grand scientifique, va développer une formule qui révolutionnera la nature humaine. Le résultat est terrifiant : réalisant lui-même l'expérience et intoxiqué par ce breuvage qu'il vient de mettre au point, il subit alors une métamorphose monstrueuse en devenant son infâme alter ego, Mister Edward Hyde, un personnage terrifiant, vicieux et sans pitié. Doctor Jekyll et Mister Hyde sont deux personnalités différentes luttant pour posséder l'âme d'un même homme.

* Poème : Ce poème est Ténèbres de Baudelaire. Ce sonnet est le premier d'un groupe de quatre, regroupés sous le titre Un Fantôme, publiés dans l'édition des Fleurs du Mal de 1861.