LA LOUVE ET LE COLOSSE
EPILOGUE
Partie 2
Merci à Melior et Lunagarden pour leurs reviews qui m'ont fait plaisir^^.
Un petit clin d'œil (ou hommage, comme vous voulez) est fait à la fanfiction " Prière de Rendre l'âme à qui elle appartient" (qui n'existe malheureusement plus sur le net TT ...), de Shiva Rajah, parce que j'ai vraiment apprécié cette fic. Je le précise parce que je ne veux pas qu'on m'accuse de plagier^^;.
Je ne suis pas trop satisfaite de la dispute, je la trouve trop courte ... Je vais tâcher de me rattraper avec un deuxième service dans la dernière partie.
Après la bataille de chatouilles qui avait fait sourire les témoins auditifs, heureux de « voir » que la barmaid pouvait encore déconner malgré la situation déprimante dans laquelle elle était embourbée, tous les membres d'AVALANCHE étaient installés autour de deux tables collées ensembles. Marlène et Denzel, eux, étaient installés à une table séparée avec Cait Sith. Ce dernier était un robot, et ne pouvait donc s'alimenter comme les humains. Il prit alors son mal en patience et discuta avec les petits sur des sujets légers et amusants. Nanaki, quant à lui, mangeait un peu à l'écart dans une grande assiette remplie de morceaux de viande crue et sans os, servie par Tifa, pour éviter qu'il s'étouffe. L'attention avait touché le liongre, d'ailleurs.
Les discussions étaient plutôt légères, ce soir-là. Les sauveurs de Gaïa se rappelaient avec bonheur des moments qu'ils avaient partagé ensemble. Une minute de silence, en mémoire d'Aerith, fut observée avant le début du repas, puis ils avaient décidé de parler de bons souvenirs. La Cetra ne voulait certainement pas qu'ils pleurent son absence pendant un festin qui aurait des allures de veillée funèbre.
Ce que le groupe ignorait, c'était qu'ils étaient observés de la fenêtre ouverte par une grande silhouette vêtue d'une cape sombre.
Loz avait obtenu le droit de revenir sur Gaïa, à condition qu'il n'attaque pas les humains. Le colosse avait alors rétorqué qu'il n'attaquait pas les faibles, et qu'il ne ferait que se défendre si on l'assaillait, ce qui avait convenu à Minerva, qui l'avait alors renvoyé sur terre. Il avait rapidement trouvé de quoi se dissimuler, puis avait écouté ça et là des Edgiens parler du Septième Ciel et de la tenancière de l'endroit.
Tifa Lockheart.
Il ne put s'empêcher d'être jaloux des gens attablés dans ce bar. Ils avaient l'air de bien s'amuser … sauf Tifa, qui envoyait parfois des regards furtifs à Cloud qui ne semblait pas les remarquer. Ce qui semblait exaspérer une jeune femme rousse borgne à son œil gauche qui possédait une prothèse mécanique greffée à son bras du même côté que l'œil blessé. Il aurait tellement voulu que les repas se passent comme ça avec ses frères : dans une ambiance bonne enfant … mais lors de la crise des géostigmates, ils mangeaient plutôt calmement, songeurs quant à l'avenir de Gaïa une fois « Mère » revenue. Enfin … ce n'était qu'un doux rêve …
Et l'Enfer, qui n'avait rien à voir avec les horreurs que le chaudron d'Hadès pouvait contenir –et de très loin !- se déchaîna dans le café.
Excédée par le manque d'initiative de Tifa dût à sa crainte d'humilier Cloud, Shalua décida de donner un gros coup de main à son amie. Elle comprenait mieux pourquoi la barmaid n'était pas partie depuis le temps … Si la barmaid craignait vraiment la réaction de son compagnon, elle, non, et tant pis si le couple allait la haïr.
« Alors ? A quand un mini-Tifa ou un mini-Cloud ? » demanda-t-elle aux deux susnommés, taquine.
La guerrière la fixa, appréhensive, tandis que le rival légendaire de Sephiroth observait Shalua, perplexe.
« Pourquoi voudrai-je d'un enfant alors que j'ai Marlène et Denzel ?
- Tu ne veux pas un enfant de la chair de ta chair ? Du sang de ton sang ? » demanda Barret, qui décida de prêter main forte à Shalua, comprenant sa stratégie.
« Rassure-moi, Cloud, tu t'es bien maqué avec Tifa pour avoir une famille, non ?
- Oui, mais je n'ai pas envie que Tifa souffre si elle est enceinte …
- Pourquoi je souffrirai, Cloud ? » demanda Tifa avec douceur, cependant touchée.
Peut-être qu'il avait peur qu'elle souffre pendant l'accouchement, mais, hélas, c'était une douleur normale ...
« J'ai des cellules de Jenova, et tu sais ce que j'ai fait sous son contrôle. J'ai peur que …
- Et alors ? Tu me crois incapable d'avoir mon libre arbitre ? » fit-elle, blessée que la raison pour laquelle son compagnon refusait d'avoir un enfant n'était pas celle qu'elle pensait.
« Non ! » se récria-t-il. « Non, ce n'est pas ça, mais … tu es une femme et … j'ai peur que …
- … que quoi ? » assena la barmaid, blessée. « Que je ne sache pas résister au chant de la Calamité des Cieux si elle revient ? Qu'elle me dise d'offrir mon enfant à sa cause meurtrière ?
- Elle a plus de caractère que toi, Cloud. » fit Barret, l'air renfrogné.
Il avait parfaitement compris le sous-entendu misogyne du guerrier à la coiffure de chocobo. Franchement, parce qu'elle était une femme, Tifa risquait d'être plus aisée à manipuler par Jenova qu'un homme ?! Vincent intervint à son tour.
« De plus, sans Hojo, Lucrécia aurait fait une excellente mère, que Sephiroth ait des cellules de Jenova ou non. Elle désirait son enfant, et Jenova ne l'a pas possédée. Tu sais très bien qu'Hojo n'est pas le seul à avoir implanté des cellules de Jenova à un embryon. Il y a eut le professeur Hollander. Et d'autres scientifiques ont sûrement été inspirés par les travaux de ces hommes. Pourtant, très peu de ces enfants ont tenté de massacrer la Planète. Pourquoi serait-ce le cas du tien, alors que tu as démontré que tu pouvais résister au Chant de la Calamité des Cieux ?
- Parce que Jenova aime briser toute résistance. » grogna Cloud.
« Tu le sais très bien, Vincent. »
L'ex-Turk secoua la tête avec un soupir.
« C'est là où tu te trompes. Jenova aime profiter de la faiblesse de ses ennemis. De leurs doutes, de leurs peurs. Elle éprouve des difficultés à posséder un porteur de ses cellules en pleine possession de ses moyens, ou à quelqu'un qui a du soutien, et tu le sais. La Calamité aime la solution de facilité.
- Peut-être, mais je ne veux pas imposer cette peur de possession à Tifa.
- Ne crois-tu pas que j'ai mon mot à dire à ce sujet, Cloud ? » fit la barmaid, le regard sombre.
« Tifa … » souffla le jeune homme, inquiet lorsqu'il vit l'étincelle fauve dans le regard de celle qu'il aimait.
C'était mauvaise signe.
« Ca fait depuis qu'on a vaincu Sephiroth au Cratère Nord que j'essaie d'avoir une discussion avec toi à ce sujet, mais tu te défiles à chaque fois ! » s'exclama-t-elle, tandis qu'elle tâchait d'ignorer les regards du groupe braqués sur leur échange.
« Tu passes ton temps sur Fenrir et tes livraisons, quand je te laisse un message sur ta messagerie, tu ne me rappelles jamais ! Quand j'essaie de parler de la famille, des enfants, tu as toujours esquivé en disant que tu aimais bien notre situation comme elle était ! Mais as-tu pensé ne serait-ce qu'à moi, Cloud ?! As-tu pensé à ce que MOI, je voulais ?! » demanda-t-elle dans un sanglot étranglé de souffrance face aux souvenirs douloureux dont elle se remémorait.
« A ce que Marlène et Denzel te réclament parfois ?! Un petit frère ou une petite sœur !
- Oui, et à chaque fois, tu nous dis que c'est en cours. » fit Marlène avec une moue boudeuse.
« Mais Tifa n'est toujours pas ronde ! Elle est toute triste chaque fois que je lui en parle ! En plus, tu ne prends jamais de vacances pour t'occuper de nous ! Nous, on voulait aller à la plage ou à la neige, mais on n'y est jamais allé !
- Et quand on te demande quand tu seras de repos pour ça, tu nous dis bientôt. » grogna Denzel, pour une fois déçu de celui qu'il avait pris pour modèle.
« Ca fait deux ans que tu nous sors le même refrain, et on serait allé nulle part si Cid ne nous aurait pas emmené en vacances à Wutaï, où il y a la plage et la neige à la demande de Tifa !
- Je rêve ou vous me faîtes un procès parce que j'ai du travail ?! » siffla Cloud, furieux qu'on ose le juger sur ça, alors qu'il se tuait à la tâche pour que sa compagne et ses enfants d'adoption vivent bien.
« On ne te fait pas un procès parce que tu as un travail, Cloud. » fit Barret, neutre.
« On veut juste te réveiller parce que tu fais preuve d'immaturité et que tu es incapable de prendre soin d'une famille.
- PARDON ?! » s'exclama l'ancien milicien d'une voix furieuse.
Outré de l'accusation, il se redressa tout d'un coup, les mains plaquées violemment sur la table tandis qu'il foudroyait le colosse du regard. Ce dernier se mit debout à son tour, bras croisés et le regard dur, pas impressionné pour un gil par les flammes qui dansaient dans les yeux mako du héros de Gaïa. Le silence entre les deux leaders d'AVALANCHE était lourd. Tendu. Electrique.
« Retire ce que tu viens de dire tout de suite, Barret ! » siffla l'épéiste entre ses dents, les poings serrés de fureur sur la table.
« Là, tu peux rêver. » grogna le corellien, excédé par la manie de son ancien compagnon d'arme de vouloir tout contrôler.
Et s'il y avait bien une chose que le colosse ne possédait pas dans son caractère, c'était la soumission. L'homme avait sa fierté.
« Shalua a le même âge que toi, et Shelke est aussi âgée que Yuffie, pourtant, ça ne les empêche pas de se serrer les coudes parce qu'elles ont failli se perdre définitivement, et tu le sais ! T'as morflé autant qu'elles, voire même plus, chais pas trop par quoi tu es passé dans le labo du vieux con à Nibelheim, mais t'es incapable de grandir dans ton petit crâne de piaf ! Je ne dirai même pas chocobo, c'est une insulte pour ces créatures si je compare ton intelligence à la leur ! Sans compter qu'ils savent prendre soin de leurs familles, eux !
- JE T'INTERDIS … !
- TU LA FERMES ET TU M'ECOUTES, CRETIN ! » hurla le colosse, lancé, tandis que les membres du groupe le regardaient avec des yeux ronds comme des matérias.
Barret semblait récupérer tout son charisme de leader rien que pour secouer Cloud !
« Tous autant que nous sommes, nous avons remarqué à quel point Tif' a perdu de son éclat depuis qu'elle est cloîtrée ici, à poireauter comme une princesse dans son château que son chevalier servant daigne la délivrer ! Tu parles d'un chevalier servant ! Tu l'ignores complètement alors qu'elle t'appelle et qu'elle t'envoie des signaux !
- Parlons-en, de ses appels … elle me harcèle avec ses messages ! » grogna le motard.
« Qu-quoi ?! » s'étouffa Tifa, outrée.
« Cloud, monsieur Ferkal veut que tu livres des statuettes à sa fille ! Cloud, Reno te rappelle que Rufus veut te voir, je ne sais pas pourquoi ! Cloud, à quelle heure tu rentres ? » singea-t-il.
« Si tu ne voulais pas de ce boulot de livreur, t'avais qu'à le dire tout de suite ! » s'exclama la barmaid, estomaquée.
« Pour l'heure, il faut bien que je ferme le bar pour empêcher les voleurs d'entrer comme dans un moulin, non ?! En plus, tu manques à Marlène et Denzel !
- Tu me laisses au moins dix messages par jour ! » râla le jeune homme.
« Tu préfères que je t'ignore ? » fit la barmaid, sèche.
« Laisse tomber, Tifa, il ne sait pas ce qu'il veut. » grogna Cid.
« Tu l'ignores, il t'accuse de le laisser tomber, tu es derrière son cul pour l'aider, il t'accuse de trop te couver ! »
Cloud fixa Barret … Cid … Barret … Cid … puis finalement Tifa, furieux.
« Je vois, c'est donc ça ! » s'exclama-t-il, le regard noir envers celle qu'il avait choisi comme compagne.
La jalousie le rongeait. Tout le monde prenait la défense de la pauvre Tifa, mais lui, que dalle, alors qu'il avait tout sacrifié pour elle et son bar ! Ils voulaient le blesser, hein ?! Ils n'auraient pas dû, car il allait se venger. Et tant pis s'il agissait comme un gamin immature, comme ils aimaient le penser !
« Hein ?! » souffla la combattante, perplexe.
« T'as baisé avec eux pour les manipuler afin qu'ils prennent ta défense ! C'est pour ça que t'as fait un câlin à Barret tout à l'heure ! T'aimes les baraqués !
- Que … » s'étouffa Tifa, choquée qu'il osait sous-entendre que … et vu les regards assassins que lançaient Cid et Barret au guerrier, le sentiment était partagé …
Perfide, Cloud continua sur sa lancée. Il ignora les regards choqués, emplis de colère et de reproches envers lui, alors qu'il s'acharnait sur sa cible principale avec mesquinerie.
« Je comprends aussi mieux pourquoi l'autre gros balourd qui t'a vaincu à l'église t'a épargnée ! Dis-moi, tu as bien jouis quand … »
Il ne put poursuivre. Le crochet du droit que lui décocha la barmaid le prit par surprise et le coucha à terre, tandis qu'il voyait le paysage tournoyer autour de lui. Sa mâchoire rougit et se gonfla un peu, tandis qu'il avait l'impression qu'on plantait des aiguilles à l'endroit frappé. L'impact du coup avait été si violent que malgré son traitement à la Mako subi dans le laboratoire souterrain de Nibelheim, Strife était incapable de garder sa stabilité.
Vincent, assis à côté de lui, avait étrangement reculé sa chaise, ce qui fit que le guerrier à la crinière de chocobo s'étala de tout son long au sol dans un silence lourd de reproches. Haletante de fureur, Tifa tenta de se calmer, hors d'elle. Son corps tremblait, parcouru de spasmes nerveux de colère.
« Je ... Je ne sais pas … Je ne sais pas … quoi dire … » siffla-t-elle, haineuse, son regard couleur de terre braqué sur son à présent ancien compagnon.
Après de telles paroles … même dites sous le coup de la colère ou de la jalousie, ce n'était pas excusable. L'ancien milicien savait pertinemment qu'elle avait longtemps souffert de l'intérêt des hommes pour sa morphologie plantureuse. A ses 16 ans, déjà, les demandes de fiançailles s'accumulaient, et il n'était pas rare que certains tentaient de la toucher, malgré la protection féroce de son père contre ces pervers.
C'était d'ailleurs pour cela qu'elle avait demandé à l'artiste martial Zangan de la former dans l'art du combat. Pour se défendre face aux monstres, humains ou non. Et Cloud le savait parfaitement.
« Comment … oses-tu proférer de telles horreurs devant les enfants ?! Tu dis que tu tiens à eux ?! Regarde-les, Cloud … REGARDE-LES ! » hurla-t-elle finalement d'une voix déchirante, le regard brouillé de perles salées qu'elle retenait péniblement, tandis qu'elle désignait Marlène et Denzel.
Dans les bras l'un l'autre, en larmes, les enfants fixaient leur père d'adoption, pâles et bouleversés par ce qu'ils venaient d'entendre, leurs petits corps tremblant sous le choc. Ce fut là que le héros de Gaïa réalisa ce qu'il venait de faire. Et vu les regards peu amènes qu'on lui lançait, il n'allait pas pouvoir se faire pardonner aussi facilement.
A l'extérieur, Loz était soufflé. Il n'aurait jamais cru que la stupidité et la jalousie de son grand frère iraient aussi loin ! Il avait blessé sa copine ! Il voulait tellement casser la gueule au guerrier qui avait vaincu le Cauchemar ! Merde, quoi, Tifa n'avait rien fait pour écouter ces horreurs ! C'était une femme forte, belle, et courageuse, qui ne penchait pas facilement vers les vices dont Cloud venait de l'accuser !
Il sursauta lorsqu'il vit un regard carmin braqué vers la fenêtre d'où il observait la scène. L'étrange vampire venait de le repérer ! Paniqué, il allait partir à l'aide de sa vitesse-éclair lorsqu'il entendit quelque chose qui le stupéfia sur le coup :
« Tifa, je crois qu'il y a quelqu'un qui veut te parler. Il est dehors.
- … D'accord … » souffla la barmaid, la gorge nouée sous les sanglots qu'elle tentait de retenir.
Son ancien compagnon l'avait terriblement blessée … plus qu'elle ne le montrait, et tous ses amis le sentaient. Elle fixa d'ailleurs son ancien ami d'enfance, l'étincelle fauve de fureur toujours présente dans son regard, ce qui rendit mal à l'aise ce dernier. Elle siffla à l'ancien milicien qui se redressait péniblement, le corps vacillant que personne ne soutenait, écoeurés par les paroles de Cloud :
« Ne crois pas que j'en ai terminé avec toi, Strife. »
Ce dernier grimaça horriblement. Merde, il l'avait bien blessée pour qu'elle utilise son nom sur un ton empli d'un tel mépris mêlé de sécheresse. Le pardon n'allait pas être aisé. Du moins, si pardon il y avait, vu les regards de ses amis d'AVALANCHE et des enfants qu'ils lui lançaient … Sa jalousie venait de faire de terribles dégâts. Et il se dégoûtait d'avoir sorti de telles horreurs. Mais elle l'avait tellement énervé …
