Titre : Cœur à prendre

Disclamer : Je ne suis pas la créatrice de ces magnifiques personnages…

Genre : Slash HP/DM

Note : I'm back XD… Et bien plus vite que d'habitude… Comme quoi, je suis aussi capable de faire des efforts ).

Rating : M

Remerciements : Merci beaucoup, beaucoup à ma béta que j'ai cru avoir perdu pendant un bref instant …

Résumé : Il se passe de drôles de soirées à Poudlard, surtout quand Hermione et Dumbledore s'en mêlent… La vie de certains risque de changer.

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Chapitre 4 : Cœur enflammé

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« Je disais donc, reprit Zabini en souriant, que l'on pourrait jouer à « Action ou Vérité ».

Harry ne put s'empêcher d'être surpris en entendant le nom du jeu auquel voulait jouer le fier et orgueilleux Zabini. En apercevant les sourires appréciateurs des autres Serpentards, il se demanda dans quelle dimension il était tombé pour voir des « sang-purs » heureux de jouer à un banal jeu Moldu…

Jetant un coup d'œil à Ginny, il la vit tout aussi ébahie que lui, alors que de toutes parts, des murmures approbateurs sortaient de la bouche des Serpentards réunis. Seul Malfoy resta silencieux. Il semblait pensif, ce qui ne lui ressemblait pas.

Occupé à le dévorer des yeux, Harry ne se rendit pas immédiatement compte que les autres élèves s'étaient tournés vers Draco, attendant sa réponse avec impatience.

« Ils attendent son avis… Ils sont dépendants de lui… Tout comme moi » pensa Harry avec un désespoir mêlé de colère.

Il détestait être comme ça… Si faible, si pathétique. Il ne voulait pas être comme la cour de partisans de Malfoy. Il voulait être plus, il voulait être tout !

« Putain, ça y est ! Une journée en sa compagnie et je vire femmelette… Je déraille complètement ! »

Dépité par ses propres pensées, le Survivant tourna la tête et rencontra les yeux marron rieurs de Ginny. Il la vit lever les yeux au ciel avant de mimer sa propre pendaison.

Les nerfs le lâchant, Harry se mit à rire. Le fait d'avoir passé une journée plus que surréaliste où il avait fait attention au moindre de ses gestes et de ses paroles ne le fit que rire avec encore plus de force.

Très vite, il se retrouva assis sur le sol, se tenant les côtes adossé à une Ginny aussi hilare que lui.

- Ouhahahahahha, hihihihihi …

- Je crois que quelque chose m'a échappé, murmura Pansy pensive en observant les deux Griffondors.

- Je crois surtout que la santé mentale des Griffis est mise à mal chez les Serpentards, soupira Théo en secouant la tête d'un air navré.

- Oh Hahahaha, Merlin hinhinhinhihin …

- Par Salazar, giflez-moi, je crois que je les trouve… attachants ! Gémit Millicent, les yeux écarquillés par l'horreur.

- Ils sont surtout totalement ridicules, grogna Blaise à qui le rapprochement complice entre les deux Griffondors ne plaisait guère. Tu ne trouves pas Draco ? demanda-t-il en se tournant vers la seule personne qui avait la capacité d'arrêter Potter.

Celui-ci n'était pourtant pas dans la capacité de faire quoi que ce soit. Potter riait et Draco n'avait jamais rien vu d'aussi magnifique. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait, mais quand il avait entendu ce rire si franc, si beau, il avait senti une sorte de brume cotonneuse envahir son cerveau.

Les yeux d'un vert éclatant de Potter se fermaient par moments tant son rire était puissant.

« Mais que m'arrive-t-il ? C'est comme si j'étais ensorcelé, je ne contrôle plus rien… »

- Draco ? reprit Blaise d'une voix plus forte.

Reprenant brusquement ses esprits, le Préfet-en-chef se redressa dans son siège avec raideur. Draco détestait perdre le contrôle et il allait le faire payer très cher au responsable. Jetant un regard méprisant au Griffondor, il renifla dédaigneusement.

- Potter, tu m'appartiens et je n'avais pas pour projet de te rendre heureux durant ces trois jours, énonça-t-il d'une voix froide alors qu'Harry cessait brusquement de rire. De plus, je n'accepte pas que mes possessions se couvrent de ridicule en pleine salle commune. Je te prierais donc de te relever avec le peu de dignité qui te reste et de t'asseoir afin que nous puissions commencer à jouer.

Harry entendit Ginny laissait échapper une exclamation choquée qui ne troubla même pas l'expression glaciale et figée de Malfoy. Le brun sentit son cœur se serrer douloureusement.

Il baissa la tête en se maudissant d'avoir laissé Hermione le persuader de participer à cette mascarade qui était en train de le détruire. Comment avait-il pu, ne serait-ce qu'imaginer, que Malfoy pourrait ressentir un autre sentiment que de la haine pour lui ? À présent, il en avait la certitude. L'homme qu'il aimait ne venait ni plus ni moins que de le rabaisser plus bas que terre pour le simple fait d'avoir ri. Draco Malfoy ne ressentait que de la haine et du mépris pour lui.

Le jeune homme brun ne comprenait pas la réaction du Serpentard. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il n'avait plus aucune envie de rester dans cette pièce sous le regard réfrigérant de Malfoy.

Mais Harry était un Griffondor, et même si les deux prochains jours risquaient d'être les plus durs de son existence, il allait continuer à jouer son rôle, et jamais Malfoy ne saurait comme ses phrases avaient pu lui faire mal.

Le visage pâle du Griffondor, où toute trace d'hilarité avait disparu, se releva avec lenteur. Ses yeux d'un vert sombre se plantèrent dans les prunelles grises et glaciales de Malfoy. Un sourire froid apparu sur les lèvres pleines du Griffondor.

- Excusez-moi, Maître, siffla celui-ci avec toute la haine qu'il ressentait en cet instant. Je ne recommencerai plus… Maître.

Puis, sans un mot, il alla se rasseoir, les poings serrés et le visage fermé.

- Tu comptes me faire le même speech, Zabini ? demanda soudainement Ginny.

- Euh… Non, répondit le beau noir encore interloqué par la violence inattendue des paroles de son meilleur ami.

- Tant mieux, répliqua-t-elle avec colère avant de se tourner brusquement vers Draco, parce que moi, je n'ai pas autant de sang-froid qu'Harry. Et certaines personnes feraient mieux de s'en rappeler avant de dire des choses qu'ils pourraient regretter…

Malfoy arqua un de ses sourcils dans une expression hautaine.

Un silence pesant s'installa alors que la jolie rouquine se levait et allait s'asseoir avec raideur aux côtés de Blaise.

Draco quand à lui, regardait le profil tendu de Potter qui fixait un point au fond de la salle commune. Draco était surpris. Il pensait que Potter allait réagir, qu'il allait s'énerver et peut-être même qu'ils se seraient battus…

L'attitude de Potter le choquait presqu'autant que le sentiment de bien-être qui l'avait envahi quelques minutes auparavant en le regardant rire. Il aurait aimé que Potter se mette en colère, qu'il perde un peu ce foutu contrôle de lui-même qui semblait le caractériser depuis qu'il avait battu Voldemort. Il voulait que Potter ressente le trouble qu'il ressentait en sa présence depuis qu'il avait eu l'idée stupide de l'acheter pour 3 jours…

- Bon, eh bien, c'est moi qui commence ! lança la voix faussement enjouée de Pansy. Alors, Théo, Action ou Vé…

- Tu n'as pas l'impression d'oublier un élément des plus importants jolie Pansy ? demanda le Serpentard en affichant une expression mystérieuse.

Le front plissé par la concentration, la brunette plongea dans ses pensées durant quelques secondes, avant de laisser échapper une exclamation.

- Mais bien sûr ! Comment ai-je pu oublier l'essentiel ? marmonna-t-elle en cherchant frénétiquement dans ses poches. Ah, te voilà, s'exclama-t-elle soudain en brandissant sa baguette magique.

Bien qu'encore trop énervé et blessé pour s'intéresser à ce qu'il se passait avec les Serpentards, Harry fut intrigué de savoir quel était l'élément si important du jeu qui requérait l'intervention de magie.

- Totalum Veritas ! récita Parkinson.

Aussitôt une vague de chaleur se répandit en Harry. Il avait l'impression que son corps était en train d'être rempli d'une eau brûlante qui lui réchauffait l'intérieur des muscles, du cerveau, des entrailles… L'étrange sensation disparut aussi vite qu'elle était apparue.

- Qu'est-ce que c'était ? interrogea Ginny, alarmée.

- Du calme, Weasley ! Ce n'était qu'un simple sortilège de vérité. C'est moins puissant et de plus courte durée que le veritaserum, mais ça suffira, répliqua Blaise.

- Pardon ? Rugit-t-elle.

- Nous sommes des Serpentards, Weasley, expliqua Théo en souriant. Jouer à un jeu où chacun de nous mentirait à son prochain pour cacher la vérité ne serait pas amusant… Nous passons nos journées à développer notre ruse et notre capacité à dissimuler ce que nous pensons réellement. Ici, nous sommes censés jouer, alors il nous faut un petit plus afin de vraiment jouer, Weasley…

Les yeux écarquillés, Ginny se pinca le bras.

- Ouille ! grogna-t-elle. Par Merlin, je ne rêve pas… T'es complètement siphonné du bocal, Nott !

- Je te remercie, Weasley. Ton compliment me va droit au cœur, fit le concerné, toujours un sourire aux lèvres.

Harry eut un sourire en avisant la mine offusquée de son ancienne petite amie.

- Bon, cette fois-ci, je crois que nous pouvons commencer, s'exclama Pansy en rangeant sa baguette dans sa longue robe noire.

Le sourire du Survivant s'effaça. Etre obligé de devoir dire la vérité devant une assemblée de Serpentards, ceux-là mêmes connus pour leur faculté à poser les questions qui touchaient un point sensible…

« Décidément, cette soirée commence sérieusement à tourner au désastre », pensa Harry avec justesse.

- Je disais donc, Théo, Action ou Vérité?

- Vérité.

- Hum, alors… marmonna-t-elle les yeux dans le vague. Ah, ça y est, je sais, s'écria-t-elle, une lueur dangereuse brillant dans ses yeux ébène. Est-il vrai que tu as couché avec Padma Patil sur le bureau de Rogue ?

- Tu es toujours aussi bien renseignée Pansy.

Il soupira avec théâtralité.

- Oui, c'est vrai. Finit-il par répondre avec un mince sourire.

Greg et Vincent poussèrent des sifflements admiratifs couvrant ainsi miraculeusement le hoquet horrifié du Survivant. Un frisson le parcourut en pensant à la salle des potions de Rogue. Merlin, il ne verrait plus jamais ce bureau comme avant… Les Serpentards étaient tout simplement de grands malades…

Levant les yeux, Harry découvrit le regard bleu-vert de Nott l'observer avec attention. Il déglutit avec difficulté en se demandant à quelle question totalement perverse il allait devoir répondre.

- Potter, commença Théo, Action ou Vérité ?

Prenant son courage à deux mains, le Griffondor affronta le regard perçant du Serpentard.

- Action !

- Intéressant, j'aurais pensé que, connaissant nos préférences pour la fourberie, tu choisirais vérité. Aurais-tu quelque chose à cacher, Potter ? Ou bien, es-tu simplement autant courageux que fou ? Médita la voix basse de Nott. Bref, voici ton action.

Il se retourna vers le fond de la salle commune où étaient regroupées des sixièmes années.

- Tu vois, la petite blonde qui est assise contre le mur ? J'ai entendu dire qu'elle avait comme fantasme d'embrasser le Survivant. Vas donc le réaliser !

Les yeux émeraude se plissèrent légèrement en entendant la fin de la phrase de Nott. Le Serpentard voulait le tester, hé bien, il n'allait pas être déçu.

Se levant prestement, Harry parcourut la distance qui le séparait de la jeune fille dont il ne connaissait même pas le nom. Il ne ralentit même pas en entendant les conversations des Serpentardes s'arrêter brusquement. Arrivé à la hauteur de la sixième année, il remarqua ses grands yeux gris, comparables à ceux de Malfoy, qui le fixaient avec ébahissement. Au lieu de l'arrêter, cette constatation lui donna la force nécessaire pour empoigner fermement le bras de la jeune fille, la relever à sa hauteur, et enfin, aller emprisonner férocement ses lèvres pâles et froides dans un baiser intense. Ses dents mordirent les lèvres trop fines afin de laisser le passage à sa langue. Il entendit la Serpentarde pousser un gémissement rauque. Ce ne fut qu'au bout de quelques minutes qu'Harry relâcha enfin les lèvres à présent rougies et tuméfiées. La jolie blonde avait gardé ses yeux fermés. Sans y prêter attention, Harry fit demi-tour et rejoignit le groupe où régnait un silence complet.

- Par Morgane, je crois que je vais m'évanouir, gémit une voix enrouée à l'autre bout de la pièce.

Le Survivant se retourna juste à temps pour voir la fille qu'il avait embrassée quelques secondes auparavant s'écrouler sur son fauteuil.

- Hé bien, Potter ! Tu m'impressionnes, susurra Nott.

Jetant un regard froid au concerné, Harry sentit la pression qu'avait fait naître cette action en lui redescendre. La honte vint rapidement remplacer la colère.

« Bon Dieu, qu'est-ce qui m'a pris ? Les Serpentards me rendent complètement dingue… Il faudra sérieusement que je pense à aller m'excuser auprès de cette fille ! »

Jetant un coup d'œil à la concernée, il la vit toucher ses lèvres d'une main tremblante alors que la plupart de ses amies poussaient des petits cris totalement horripilants.

« Plus tard peut-être… »

- Potter, après cette prestation des plus convaincantes, c'est ton tour, ricana Blaise.

Son regard erra sur les personnes assises à ses côtés. Ses émeraudes plongèrent dans une tempête houleuse Malfoy le regardait avec rage. Oh, peut-être que Monsieur Malfoy n'appréciait pas qu'il touche à ses proies potentielles. Après tout, le Serpentard était connu pour ses nombreuses conquêtes… Pourtant, si Malfoy était en colère, ce n'était rien comparé à la fureur qu'habitait Harry en repensant aux paroles que Draco lui avait jetées à la figure au début de la soirée.

Harry savait aussi jouer et faire mal…

- Zabini, Action ou Vérité ? demanda celui-ci en souriant.

- Action, Potter.

- Va me chercher à manger, Zabini. J'ai faim ! lança Harry d'une voix narquoise.

Après quelques secondes silencieuses, le jeune homme brun se leva, la mâchoire serrée, ses yeux sombres fixant hargneusement le Survivant.

Puis, sans un mot, celui-ci partit d'un pas raide jusqu'à la sortie de la salle commune.

Ainsi se passa le reste de la soirée, les joueurs se lançant des actions plus osées les unes que les autres. Pansy dut embrasser une Millicent plus que réticente, à la demande de Ginny, Vincent dut aller réveiller une McGonagall plus furieuse que jamais, Gregory alla faire un tour dans les couloirs de Poudlard en ne portant comme simple vêtement que sa cravate aux couleurs vert et argent, Draco dut subir une métamorphose de ses vêtements qui devinrent un magnifique uniforme aux armoiries des Griffondors... Entre rires et humiliations plus ou moins gratuites, le jeu se déroulait plutôt bien.

Mais, bien qu'Harry savourait avec délice le fait de ridiculiser les Serpentards, il craignait les questions des vérités. C'est d'ailleurs pour cela que jusqu'à présent, il n'avait effectué que des actions, même si certaines le poursuivraient à jamais (devoir par exemple pratiquer un accio sur les vêtements du professeur Rogue n'avait pas été pour ainsi dire des plus prudents et agréables).

- Je m'ennuie, dit soudainement Malfoy qui regardait avec indifférence Millicent debout sur son fauteuil qui hurlait dans la salle commune « Je suis vicieuse et perverse, si tu es intéressé, ma chambre t'est ouverte ». Je propose que nous passions à la phase supérieure.

Le sourire dangereux qui étira les lèvres de Zabini ne rassura nullement les deux Griffondors qui se demandaient ce qui pouvait être plus fou que ce qu'ils étaient en train de faire à cet instant.

- Voici du parchemin, expliqua négligemment Malfoy en faisant apparaître les feuilles ainsi que des plumes et des encriers, d'un geste fluide de sa baguette magique. Coupez-les en deux puis écrivez sur le premier une action et sur le deuxième une vérité.

Le prince avait parlé, sa cour s'exécuta. Ginny, après avoir jeté un regard noir à Malfoy empoigna violemment une plume pour écrire.

Seul Harry résista. Défiant le Serpentard, il croisa ses bras sur sa poitrine et s'enfonça plus profondément dans son siège en souriant narquoisement. Cependant, le comportement rebelle du Survivant n'affecta pas l'attitude sereine du préfet.

- Potter, quand je parle, on s'exécute, répliqua-t-il sèchement.

Le sourire du Griffondor se renforça. Se penchant vers le Serpentard qui était assis face à lui, il murmura d'une voix provocante :

- Forcez-moi, Maître !

Les yeux orageux se plissèrent.

- Mais avec plaisir, Potter, susurra la voix basse de Draco.

Se levant avec élégance, il fit signe à Crabbe, qui était assis aux côtés d'Harry, de se lever pour prendre sa place.

Le duel était engagé. Une fois assis, Draco attrapa avec lenteur l'avant bras du brun. Il invoqua une feuille de parchemin qui alla se poser sur les genoux du sauveur du monde sorcier qui, après réflexion, se sentait totalement con d'avoir provoqué Malfoy. Ce dernier lui avait fait bien assez de mal pour au moins une décennie sans vouloir en rajouter encore.

« J'dois être maso… »

Les longs doigts pâles de Draco se refermèrent avec douceur sur son poignet. Abasourdi par cette soudaine douceur, les yeux verts se relevèrent pour tenter de comprendre. Toutefois, il n'y avait aucune trace de ruse ou de plan machiavélique dans les yeux anthracite.

Les yeux écarquillés, Harry vit le Serpentard se pencher vers lui avec la même douceur et lenteur qu'auparavant. Ses lèvres s'arrêtèrent au niveau de l'oreille du survivant légèrement tremblant. S'attendant à une réplique acerbe dite à voix haute afin de l'humilier encore un peu plus, il sursauta lorsque Malfoy murmura à son oreille.

- S'il te plait, fais ce que je te dis, Harry.

Il frissonna en sentant le souffle brûlant de Malfoy s'écrasant contre sa peau devenue hypersensible.

L'esprit d'Harry s'évada, même si une parcelle de raison lui criait que c'était encore un jeu malsain. Le sauveur du monde sorcier savoura pendant quelques secondes le bien-être qui l'avait envahi en entendant la voix de Draco souffler son prénom.

Mais quelques secondes, c'est court, très court. Harry se résolut donc à redescendre sur terre. Il était peut-être amoureux, mais pas stupide. Un sourire apparut sur ses lèvres sèches et il se retourna lentement vers un Malfoy circonspect.

- Mais bien sûr, Draco, dit-il dans un souffle avant de se détourner pour faire ce que son « maître » lui avait demandé avec tant d'attention.

Son sourire se renforça en écrivant sa vérité (Quelle est ta plus grande honte?) et son action (Embrasse tous les garçons qui jouent). Après tout, Harry avait toujours su qu'il ferait un très bon Serpentard…

Le cerveau de Draco venait d'être de nouveau envahi par une brume cotonneuse.

« Potter vient de… de dire… de dire mon prénom ! »

Mais, par Salazar, que lui arrivait-il ? Jamais encore il n'avait été si troublé en une seule soirée… Il avait voulu faire ravaler la désinvolture factice de Potter et avait plongé droit dans un nid de Véracrasses.

Il était bon pour Sainte Mangouste si son cerveau continuait à se montrer si défaillant.

Il aurait été sans doute trop déshonorant pour Draco d'avouer que son esprit n'était en rien malade, mais que c'était plutôt son cœur qui faisait des siennes…

Bref, revenons-en au jeu, car c'est cela qui nous intéresse, les révélations viendraient bien assez tôt…

Après avoir rassemblé et mélangé l'ensemble des papiers divisés en deux tas, un pour les actions et l'autre pour les vérités, la distribution put avoir lieu. Les joueurs avaient pour consigne de ne pas ouvrir leurs parchemins avant que leur tour vienne.

Etrangement, Harry devait passer en dernier, alors que Draco était le premier.

Le jeu reprit avec ardeur.

- Quel est l'endroit le plus spécial où tu as fait l'amour ? lut Malfoy en souriant avec perversité. Je dirais la bibliothèque de Poudlard, la difficulté résidant dans le fait de faire le moins de bruit possible pour ne pas se faire repérer par Pince.

Le cœur du Griffondor se serra en imaginant l'homme qu'il aimait faire l'amour avec dévotion et fougue à une quelconque greluche contre une étagère. À sa plus grande honte, une chaleur se propagea dans son bas ventre. Cette vision avait beau lui faire mal, elle mettait en scène Draco Malfoy et cela suffisait à faire réagir certaines parties de son anatomie. Le Serpentard n'avait fort heureusement pas conscience de détenir ce pouvoir, mais il aurait pu faire ce qu'il voulait du Survivant…

- Demander à Draco de chanter, lut-il en grimaçant. Je vais me faire un plaisir de te tuer lentement Blaise…

- Pardon ? fit le concerné en affichant une moue innocente. Comment peux-tu croire une seule seconde que ton ami le plus proche serait capable de te faire une chose si horrible ? Seul un être extrêmement intelligent aurait eu l'idée de faire une action qui, même si elle était piochée par un autre que toi, te reviendrait obligatoirement… continua-t-il avec un sourire

- Blaise… grogna Draco.

- Quel dommage que tu aies si peu confiance en notre amitié, Dracounet… soupira le Serpentard.

Les deux hommes se regardaient, l'un avec froideur, l'autre avec amusement. Pourtant, Blaise sembla gagner le combat, car le préfet secoua soudainement la tête en soufflant sur une de ses mèches blondes. Les yeux gris se fermèrent et Draco prit une profonde inspiration.

Harry le regardait faire, attendant avec une impatience grandissante ce qu'allait faire Malfoy.

"When your world comes a-tumblin down

When the sky falls out of contact with the stars around

Just so you know

Theres a chance

You will land back on your feet"

Le Survivant sentit son corps s'engourdir. Une voix basse et légèrement éraillée venait de s'élever dans le silence. Cette voix donnait des frissons à Harry, elle lui donnait l'impression que son cœur allait explosait en mille morceaux. Cette voix appartenait à Malfoy, qui fermait les yeux alors que ses lèvres laissaient échapper cette mélodie envoûtante. Harry ne faisait même pas attention aux paroles, elles importaient peu. Seule la voix magique de sa Némésis comptait.

''Just so you know

On the ground

In the dark you may find me

Just so you know

Oh, just know

You're not alone"

Harry sut alors qu'il était foutu pour de bon… Il aimait ce connard d'aristocrate plus que sa propre vie. Et, il savait que c'était irréversible.

"When the stones on which you stand break

When the power that had placed you there takes you away

Just so you know

There's a chance

Walls aren't what you need

Just so you know

When they're gone

You'll find that you are fine

Just so you know

Always know

You're not alone"

Avec un léger sourire, le Serpentard arrêta de chanter sous les regards attendris pour certains, et carrément ébahis pour d'autres.

À partir de cet instant, Harry ne prêta guère attention aux autres actions et vérités. La voix de Malfoy résonnait encore dans son crâne et cela suffisait à lui faire oublier tout le reste.

Il ne remarqua même pas quand Ginny fut contrainte d'embrasser Zabini, ni la légère confusion qui s'empara d'elle après le baiser. Il ne vit pas non plus Millicent rougir violemment quand elle avoua préférer les filles aux garçons et encore moins Théo et Pansy s'embrasser avec un certain empressement. Il ne sourcilla pas lorsque Vincent murmura que son plus grand fantasme était de coucher avec Mme Chourave au milieu de ses plantes dans la serre, ni quand Greg reconnu que sa plus grande honte était d'aimer prendre de longs bains parfumés à l'huile d'argan et couverts de pétales de rose.

Ce n'est que lorsqu'il entendit son nom être prononcé par la même voix qui l'avait fait frissonner quelques minutes auparavant qu'il redescendit sur terre.

Il se tourna lentement vers Malfoy qui le regardait avec circonspection, les yeux légèrement plissés.

- C'est à ton tour, Potter, fit la voix calme du préfet.

Une lueur d'inquiétude s'alluma aussitôt dans les yeux verts. Reportant son regard sur les papiers qui l'attendaient sur ses genoux, il eut un mauvais pressentiment.

Après tout, rien ne pouvait lui arriver de pire… Réconforté par cette pensée, le Survivant ouvrit le premier papier.

- S'il ne te restait plus qu'une journée à vivre, que ferais-tu ? lut-il à voix haute.

Un sourire dénué d'humour apparut sur les lèvres pleines du Griffondor. Quelle ironie ! Il s'était tant posé cette question l'année dernière. Sa vie ne tenait alors qu'à un fil et chaque journée passée encore vivant était presqu'une surprise. Il n'avait même pas besoin de réfléchir à cette question, il connaissait déjà la réponse…

- Rien, souffla Harry. Je partirais mourir dans un endroit où personne ne me trouverait. Je n'avouerais jamais aux personnes que j'aime à quel point elles sont importantes pour moi, surtout si celles-ci me disent alors qu'elles ressentent la même chose. Parce qu'alors ce ne serait pas la mort qui m'attendrait qui serait le plus terrible, mais le fait de savoir que le temps que j'aurais pu vivre avec eux aurait été volé.

Draco sentit avec surprise son estomac se contracter douloureusement. Potter était amoureux. Sa tête tournait. Potter venait de leur avouer qu'il était amoureux de quelqu'un à qui il ne s'était jamais confié. Une violente nausée le saisit. Potter aimait cette personne depuis très longtemps. Sa gorge le brûlait. Potter était malheureux. Son cœur manqua quelques battements. Potter n'était pas un cœur à prendre.

Le bruit d'un froissement de papier sortir brusquement Draco de sa torpeur. Potter était en train de lire le deuxième bout de parchemin contenant son action.

Mais Draco s'en fichait, il voulait que tout cela cesse, il était las de ce jeu. Il voulait aller dans sa chambre, s'allonger dans son lit et tenter par tous les moyens d'effacer de sa mémoire les mots prononcés par Potter.

Plongé dans ses pensées, Draco ne remarqua pas le visage d'Harry pâlir, ni ses mains se mettre à trembler. Il ne comprit donc pas quand il entendit la voix rauque de Potter briser le silence.

- Embrasser la personne assise à ta gauche.

L'esprit totalement dévasté, Harry relut encore une fois la phrase qui venait de chambouler en une seconde tout son univers. Une fois sûr de ce qui était écrit, Harry se tourna vers sa gauche avec prudence. Il rencontra alors deux yeux d'un gris incomparable.

Si, cela pouvait être pire…

A suivre…

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Voilou, voilou… J'espère que ce nouveau chapitre vous a plu et j'attends avec impatience vos impressions !

Merci à tous de me suivre dans mes fics.

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D.O.L