Chapitre poster et CORRIGÈ pour les rabajoies. bref , je ne posterais plus tant que le chapitre ne sera pas relu ou corrigé , car pour avoir des mandals dans la figures c'est pas la peine. donc tampis .
ensuite un petit plus ( que j'ai mis 6 h a faire ) , une bande d'annonce de Insaisissable!
http:/ www. /watch?v=huykddP_fLg ( n'oubliez pas de tout coller)
Chapitre 4 : De notre jeu dangereux.
Milan Kundera a dit : « On désire toujours, par dessus tout, l'inaccessible, avec avidité. »
Vendredi soir arriva, j'étais dans mon canapé et regardais un des ces programmes débiles de télé réalité. J'avais une excuse: je me faisais chier, enfin je voulais surtout oublier de penser à Edward... C'est alors que la sonnette retentit, ce qui me fit faire un sursaut, je n'attendais personne. Çà devait être Phil.
« -J'y vais, me cria ma mère.
- Ok.
En continuant de visionner mon super programme, j'entendis une voix qui m'était très familière... Alice.
- Alice? dis-je en la voyant entrer dans le salon, Qu'est-ce que tu fais là?
- Merci de ton accueil, se renfrogna-t-elle.
- Mais non t'es bête, je suis juste étonnée.
- Ben je voulais qu'on aille faire un tour ce soir, comme demain on a pas cours et que je vois que tu as l'air de t'éclater devant ta télé, je me suis dit: sortons!
- Et où?
- Ben au
La semaine qui suivit le fameux week-end en Californie, qui bien sur pour moi n'avait été qu'une catastrophe, passa très lentement. Les cours avaient repris, je trainais avec Alice qui ne faisait que me bassiner avec ce «super» week-end et le fait qu'elle ne comprenait pas pourquoi Edward et moi ne nous entendions pas. Savait-elle que ce n'était qu'un enfoiré? Un allumeur qui sautait sur tout ce qui bouge? Que ce connard d'égoïste arrogant envahissait quelques uns de mes rêves peu catholique? Inutile de lui expliquer tout ça. Je m'en voulais assez de réagir à ce point. Durant toute la semaine, je ne l'avais pas revu, je n'avais pas entendu son ténor, je n'avais pas senti son odeur, je n'avais pas touché sa peau... Ce week-end avait tout changé. Mais dans un sens que je n'aurais jamais imaginé. Il m'avait vraiment troublée, et il hantait désormais chacune de mes pensées, çà devenait du grand n'importe quoi. Mais les jours s'écoulèrent, lassants.Gallagher's Irish Pub, à moins que tu veuilles te taper Arcata Brew.Jean Simard a dit: Nous passons notre vie à désirer, à désirer surtout ce qui nous fuit et qui ne nous paraît désirable que pour cet
- Très drôle Alice, fis-je d'une moue mécontente.
Arcata Brew était le bar d'Arcatar, où bien sur tout les pecnos du coin se ramenaient.
- Donc bouge tes fesses girl!
- Attends y'aura qui? m'inquiétai-je soudain.
- Si tu veux savoir s'il y aura Edward, non il ne sera pas là.
- Ok, mais ca ne me rassure pas pour autant.
- Je sais!»
Et elle éclata de rire. Je me traînai jusqu'à ma chambre et enfilai à toute vitesse un jean délavé et un tee-shirt de Queens, puis une chemise à carreaux bleus qui me descendait sur les hanches. Décontractée quoi! Sans oublier les converses et les Raybans. Style oblige!
Alice et moi partions dans son van hippie en direction d'Eureka . Il ne faisait pas encore nuit, bien que le jour commençait à se confondre avec la nuit. Les couleurs du ciel étaient magnifiques et je me perdis dans leur contemplation. A l'entrée de la ville, j'aperçus le panneau indiquant «résidence Cutten»: le quartier d'Edward. Je grimaçai, et un frisson me parcourut. D'angoisse? Sans doute, je le haïssais plus que tout, bien qu'une partie de moi était irrémédiablement attirée par son coté «salop». Le masochisme, oui je crois que c'était ça. Ces sentiments contradictoires. Il me troublait, me déstabilisait, et jouait de ça. Je n'appréciais pas du tout ce manège. Mais rien que pour cela, je me fis la promesse intérieure qu'il ne m'aurait jamais, je ne céderais jamais.
Après un petit quart d'heure, nous arrivâmes à destination. Alice se garait sur le parking du pub, tandis que je ramassais ma veste et mon sac Chevignon.
« - Tu es bizarre, déclara Alice tout à coup.
- Pourquoi est-ce que tu dis ça? m'étonnai-je.
- Tu es silencieuse, un peu trop silencieuse en fait.
- Non je suis tout simplement fatiguée, dis-je assurée même si derrière cela se cachait un peu de morosité, morosité qu'Alice avait le secret pour déceler.
- Ouais », dit-elle en grimaçant, puis elle sortit du van.
Il faisait sombre à présent, et le ciel s'était couvert. Il allait surement pleuvoir, dommage je n'avais pas pris de parapluie. Alice et moi nous dirigions vers le pub, et allions nous asseoir au comptoir comme à notre habitude.
« - Des nouvelles de Jasper? demandai-je spontanément.
- Égal à lui-même tu sais, soupira-t-elle.»
Elle baissa les yeux, puis se ressaisit. Je savais qu'elle en souffrait, car oui elle l'aimait mais jamais elle ne l'avouerait, par fierté ou par peur d'admettre qu'elle s'attachait au gens parfois. Je ne sais pas, cela dit elle lui accordait tout de même de l'importance, et bien trop à son gout. Jasper était l'unique d'Alice, le genre de grand amour qui finit toujours mal, l'homme dont on tombe amoureuse alors qu'il n'est pas fait pour soi, alors qu'il est néfaste à notre vie. Il l'aimait, j'en était certaine, bien qu'il avait des façons étranges de le prouver. Mais il était comme elle, un vagabond sans attache, sans prison, indépendant et surtout fier et lâche. Ils se ressemblaient tellement qu'ils se blessaient constamment, par l'indifférence de l'autre, par les conquêtes d'un soir, par la méchanceté des mots et des gestes qu'ils avaient l'un envers l'autre, juste pour cacher sous cette carapace, un amour qui dépassait l'absolu. Mais comme me disait Alice «nous ne pourrons jamais être ensemble, çà signerait notre fin», et je comprenais ca. Mais ca faisait maintenant cinq ans, cinq ans qu'elle souffrait dans l'ombre, cinq ans qu'elle s'efforçait d'écorcher les autres par vengeance, cinq longues années qu'elle essayait d'oublier. L'oubli n'existe pas, c'est un mot créé par l'homme pour prétendre à l'amnésie des choses qu'il ne veut plus connaitre. Alice se mentait constamment à elle-même, et elle restait bloquer sur Jasper à cause de cela.
«- Je me demande quand est-ce qu'il ne sera plus aussi lâche, crachai-je d'énervement, je n'aimais pas la voir ainsi.
- Jamais, murmura-t-elle.»
Pendant près d'une heure nous débâtions sur les amours tragiques et l'importance de ces souffrance qui nous persécutaient. Nous avions fréquemment ce genre de discutions, car nous cherchions constamment les réponses. Des réponses que nous n'aurions jamais. Je me sentais quand bien même rassurée, il n'y avait point que moi qui me sentais déstabilisée dans ce monde, bien que je n'ai jamais connu l'amour, je veux dire l'amour absolu, celui qui te fait mal aux tripes rien que d'aimer, rien que d'y penser, et je me demandais si ca m'arriverais un jour. Je n'étais pas le genre de fille à déclencher la fascination chez les autres, on me prenait pour la bonne copie de service et la roue de secours en cas d'échec avec une autre. La passion, çà je ne connaitrais jamais. J'en étais persuadée et j'en souffrais, car c'est cet espoir de la ressentir un jour qui me donnait envie d'avancer. Mais je ne la trouverais jamais hélas.
«- Dis pas de bêtises, çà t'arriveras un jour. Personne ne peut prédire l'avenir, personne ne peut dire jamais, tu ne sais pas ce qu'il peut se passer Bella!
- Je ne suis pas toi Alice, je n'ai pas ta capacité à hypnotiser les gens et à les rende dépendants de moi, souris-je vaincu…
- N'importe quoi, pesta-t-elle.
- Penses ce que tu veux, mais moi je dis ce que je constate! »
Soudain son portable vibra, ce qui ne laisser rien présager de bon. Involontairement mon cœur eu un sursaut, serait-ce lui?
- Attends y'a Emmet qui m'envoie un texto, il vient nous faire un peu chier, dit-elle en souriant.
Je me sentis dénudée de toute émotion, j'étais déçue je crois, c'était çà le mot. Mais aurais-je vraiment voulu qu'il vienne? Aurais-je vraiment voulu ça encore? Puis elle s'empressa d'ajouter:
- Par contre Edward est avec lui, donc, ajouta-t-elle en grimaçant, soit gentille d'accord, j'en ai marre que vous vous bâtiez constamment, çà m'épuise…»
Elle continuait de blablater, mais je n'écoutais plus. Edward allait venir, cet espèce d'énergumène allait venir encore m'emmerder. Malheureusement j'aimais ça.
Nous échangeâmes encore quelques mots avant que les deux zouzous se ramènent, mais je n'arrivais plus à me concentrer réellement sur la conversation. Un nœud se forma dans mon estomac, et une soudaine envie de vomir me prit.
« -Je reviens, je me sens pas bien, lançai-je à Alice alors que je quittai précipitamment le comptoir pour me diriger vers les toilettes.
J'arrivai en courant vers la première porte et y rendis tout ce que j'avais mangé dans la journée. Cela me prenait de temps à autre, je ne savais pourquoi, mais cela arrivait quand je mangeais trop ou bien que j'avais un stress trop important. Je m'agrippai au rebord des toilettes, toussai un peu, puis me relevai. Je pris du papier pour m'essuyer le contour de la bouche. J'avais les yeux explosés, les larmes avaient coulé sur mes joues, glissant le peu de maquillage que j'avais mis sur mes joues. Je faisais peur à voir. Je me portai jusqu'au lavabo, me rinçai la bouche puis essayai d'arranger au mieux mon maquillage. Quelques minutes après, je ressortis des toilettes et retournai en direction de la table où nous étions installés. En levant les yeux, j'aperçus deux silhouettes de plus assises près d'Alice. Je croisai le regard d'Edward empli d'un sourire moqueur et sadique qui étirait les traits parfaits de son visage clair. Je m'arrêtai, le cœur en ébullition, les mains tremblantes, le corps angoissé. Nous nous fixâmes quelques secondes. Alice et Emmet semblaient ne pas m'avoir aperçue. Lui, continuait de me fixer étrangement et toujours ce sourire pour foutue compagnie. Je m'approchai par petits pas, l'estomac encore en vrac. Ce n'était pas le moment de tout vomir sur lui ou les autres.
«- Haaa gamine, ca va mieux?
- Oui tu vas mieux? s'inquiéta Alice qui m'avait enfin remarquée.
- Oui oui ca va, soufflai-je.
- T'as pris un chewing-gum? me demanda ce con.
Je le regardai surprise, ne comprenant pas sa question.
- J'ai pas envie que tu m'asphyxies avec ton haleine de vomi.
- Toi aussi tu m'as manqué, m'exclamai-je.
- Oh oh, on se calme! Temps mort! s'énerva Alice.
Je regardai Edward et lui souris sadiquement à mon tour. Il voulait jouer, on allait jouer.
- Bon tu t'ai tapé qui cette semaine: une romaine? une anglaise? une étudiante? Ah non, une amie? Ou peut être mieux une pute? lui demandai-je innocemment en rigolant.
- C'est une proposition? sourit-il.
- Ne me considérant point comme une pute, non ca n'en est pas une, et quand bien même ca n'en sera jamais une.
- T'es sure? J'aurais pourtant cru dans la salle de bain l'autre jour… insinua-t-il.
Je lui lançai un regard de réprimande. Si Alice l'apprenait, elle me tuerait, et les blagues d'Emmet me poursuivraient toute ma vie.
- Attends de quoi tu parles? s'empressa de demander Emmet.
- Oui on voudrait bien savoir n'est-ce pas! cracha Alice.
- Mais rien, il m'a surpris dans la salle de bain, c'est tout, éludai-je. Edward n'apparente pas ce chemin, le menaçai-je à voix basse, lui pinçant le genou.
Il essaya de se dégager de ma main discrètement et se râpa contre le rebord de la table.
- Il t'a surpris à poil? Et bien Bella, je ne pensais pas ca de toi, surtout que tu laisses Ed te mater... s'enquit Emmet.
- Edward m'a surpris en serviette plutôt courte, voila tout. Changeons de sujet, très mauvais souvenir pour moi... pestai-je.
- Tu n'avais pas pourtant l'air déçue sur le rebord du lavabo, me souffla-t-il à l'oreille secrètement.
Je sentis son souffle caressait ma peau, j'en frissonnait. Je me rappelait de ses lèvres sur ma peau, de la chaleur qui avait envahie mon corps, du désir qui m'avait parcouru. Je fermai les yeux un instant pour chasser ces images de mon esprit.
- C'est pour ca que je t'ai prié de sortir par la suite bien sur, lui répondis-je à mon tour, tandis qu'Emmet et Alice discutaient dans leur coin. T'as pas trop était blessé dans ta fierté au fait, ton ego en a pas prit un coup. Mais t'inquiètes, tu t'ai bien rattrapé avec Jane. Pas de soucis à te faire. Mais moi, tu ne m'auras jamais, me moquai-je.
Je m'écartai de lui, lui souriant malicieusement. Je ne savais pas d'où me venait cette soudaine assurance, mais je m'exaltais d'être ainsi. Je savais que çà le déstabilisait car il me fixait sans rien dire, se remémorant sans doute le moment où il s'était barré silencieusement, me plantant là dans cette salle de bain. Il ne dit pas un mot et je repris ma conversation avec les autres, l'ignorant éperdument.
« - Bon je vous laisse quelques instants, je vais en griller une, déclarai-je un peu plus tard dans la soirée.
- Je croyais que tu ne fumais pas ? s'étonna Alice.
- Juste quand je suis … énervée.
Tout en prononçant ces mots, je regardais Edward, qui me regardait également, cependant son regard était vide. Comme s'il ne me voyait pas, il ne réagissait même pas. Je les laissai là tout les trois et sortis sous une pluie battante. Je m'abritai sous le porche avant du pub, près du videur qui se faufila à l'intérieur quand la pluie redoubla d'intensité. Je sortis une cigarette de ma poche arrière. Je me sentais bizarre, stressée, énervée, angoissée mais en même temps un peu frivole et heureuse. Des sentiments contradictoires qui envahissaient mon corps, et le seul moyen d'apaiser tout ça était une clope. Je cherchai mon briquet dans chacune de mes poches, et m'énervai en ne le trouvant pas. Je repartais en direction du pub pour emprunter celui d'Emmet quand je percutai violement quelque un et basculai en arrière.
- Toujours aussi adroite, ricana une voix que je reconnus trop bien.
- Toujours dans mes pattes pour quelqu'un qui ne m'apprécie pas, l'accusai-je en me relevant pas très gracieusement alors qu'il me tendait sa main que bien entendu je ne pris pas.
- Tu cherchais ça? éluda-t-il en me montrant le briquet fugueur ou kidnappé.
-Tu me la pris?
- J'ai pas besoin de tes briquets à deux balles Bella.
Je lui arrachai des mains avec un regard noir. Il me rabaissait sans cesse et ca me touchais plus que ca n'aurais du. J'allumai ma clope, inspirant la fumée qui détruisait ma vie un peu plus vite, et l'expirai avec soulagement en savourant l'arôme de la mort en fermant les yeux, sentant le pluie glacée sur mon visage, ignorant totalement la présence d'Edward à mes cotés. En ouvrant à nouveau les yeux, je le surpris à me dévisager. Il était appuyé contre le mur près de la porte, fumant sa clope. Il ne disait rien, ne bougeait pas, il se contentait de fume en me dévisageant, et ça me gênait. Je détournai derechef les yeux et regardai dans le vide droit devant moi.
- Qu'est-ce que tu me veux? l'attaquai-je.
Un sourire narquois naquit sur son visage à ma question. Je n'aimais pas ça, vraiment pas ça. Il jeta sa cigarette à terre, et l'écrasa avec son pied. Il se remit de droit et s'approcha de moi. Trop près de moi, alors que je continuais de fixer un point dans le vide pour ne pas retrouver ses yeux d'un vert éclatant. Je tremblais à son approche. Il déplaça mes cheveux et les coinça derrière mon oreille. Son toucher m'électrisa mais je tentai de garder un comportement normal, ou plutôt de ne pas montrer ma déstabilisation. Puis il approcha son visage du mien, plus précisément sa bouche qui était étirée en un sourire, et me murmura doucement à l'oreille:
- toi ».
Je n'eus pas le temps de répondre ni même d'agir, qu'il fit volte face et s'engouffra dans le pub.
Je restais là stoïque, face à la pluie, finissant ma clope.
Quelques minutes passèrent, et je rentrai rejoindre les autres. Je croisais le regard d'Edward, arrogant et sur de lui. Je lui souris sévèrement et repris mon visage de marbre.
« - T'en a mis du temps dis donc pour finir ta clope! me balança Alice.
- j'avais besoin de prendre l'air, c'est assez toxique ici, déclarai-je, lançant une œillade à Monsieur l'arrogant.
- T'aurais peut être du y rester, dit-il enjôleur.
- Ed, le menaça Alice.
- Ça va , ça va, toutes mes excuses.»
Nous restâmes ainsi quelques heures de plus à discuter de choses et d'autres. Je surprenais les regards d'Edward sur moi parfois et feignais l'indifférence, bien qu'à chaque fois mon cœur battait plus vite. Puis dans la soirée, il se leva et se rendit aux toilettes. J'en profitai pour respirer un peu, respirer vraiment.
« - T'es sure que ça va Bella? T'es toute pale, s'inquiéta Emmet.
- Ouais ça va, je suis juste un peu fatiguée et j'ai froid, fis-je avec un moue.
- Je connais un bon moyen d'être réchauffé, s'enquit la voix d'Edward que je n'avais pas entendu revenir.
Il était derrière moi et m'avait soufflé ces quelques mots avant de se réinstaller à sa place, et bien sur de profiter de l'occasion pour rapprocher le tabouret du mien. Mais quel con! Il s'amusait vraiment et s'exaltait aussi. Je n'imaginais pas ce que de pauvres filles avaient du subir par sa faute. Mais je n'étais pas comme elles, il avait beau avoir une belle gueule, un style adéquate et un corps d'athlète, rien que par respect pour moi je ne me laisserais jamais aller à lui. Et puis à quoi ca mènerais, il me baiserait et me larguerait par la suite pour s'en vanter partout «j'ai dépucelé Bella Swan!». Non merci.
Soudain je sentis sa main glisser sur ma cuisse, et remonter dangereusement entre mes jambes. Tout en discutant avec les autres, j'arrêtais son geste et lui lançai un regard de réprimande. J'avais gardé ma main sur la sienne sans m'en rendre compte, et la dégageai à toute vitesse. Il rigola discrètement et reprit sa place.
«- Gardes tes mains dans tes poches, sinon c'est la mienne que tu recevras sur la gueule, le menaçai-je plus tard alors que Alice et Emmet rigolaient.
- Résistes moi, j'adore ça, me souffla-t-il toujours avec ce sourire à lui donner des baffes. J'étais très tentée de lui en foutre une ici devant tout le monde, mais ça aurait éveillé les soupçons.
Nous partîmes aux alentours des deux heures, au moment où le bar fermait. La pluie avait cessé mais l'air était encore humide. Je frissonnais. Nous nous fîmes tous la bise, et au moment où Edward s'approcha de mot, il m'embrassa à la commissure des lèvres, exprès bien évidement.
«- A bientôt Bella, déclara-t-il en reculant.
- A jamais, lançai-je amère.
- Je vais trop te manquer, ricana-t-il.
- Ça j'en doute.
Il fit glisser sa main sur la mienne discrètement. Puis en passant près de moi pour rejoindre sa voiture me murmura dans la volée:
«- Ton corps te trahit.
Je le regardais étonnée mais il partait déjà.
- bon tu te bouges, j'ai froid Bella, me lança Alice.
- Ça va j'arrive.»
Le trajet du retour se fit sans un mot. Éberluée par les propos d'Edward qui me tordaient l'estomac. Il prétendait me vouloir. Mais je savais que c'était uniquement parce que justement il ne le pouvait pas. L'attirance qui émanait de nous l'un envers l'autre était assez frustrante. Nous nous testions sans cesse à présent, mais ce soir il avait déclaré le début du jeu. Le début de ce que je savais qui allait tourner dans le sens contraire de ce que nous voulions, et que quelque part l'un de nous y laisserait sa peau. Je pariais plus sur moi, naïve et encore enfantine, j'allais m'attacher à lui, ou plutôt à l'effet qu'il me ferait. C'était comme une évidence. Plus il jouait, plus j'aimais ca, plus il m'attirait. Mais qui de nous deux perdrait le plus? Là était la vraie question.
Il y a une façon de devenir dépendant de la dépendance elle-même. Une seule façon d'être obsédée par elle. Ne pas assouvir le désir. Un corps brulant dans une entité défaite. J'étais cela. J'y pensais constamment, obstruant par la même occasion le peu de vie que j'avais. Tout autour me semblait futile, il n'y avait que cela qui comptait, que lui et cette emprise sur moi. Cela n'avait rien d'amoureux, ni de sentimental, je le voulais simplement. Physiquement. Le masochisme s'installait de plus en plus dans mon corps et j'y prenais goût jusqu'à devenir un mœurs. Un mois et demi de silence. Un mois et demi que je ne l'avais pas vu, pas eu de nouvelles, à part d'Alice qui me contait chaque fois ses exploits au sujet du nombre de filles à qui encore il faisait tourner la tête. Oui c'était un mec à filles. Mais je le désirais un peu plus chaque heure. Plus je le voulais, plus j'étais frustrée, plus j'avais mal, et plus j'aimais ça. Je savais qu'il me serait impossible d'accéder à lui, ou plutôt d'en contrôler l'enjeu, de menait le jeu. C'était lui qui avait le pouvoir, et je deviendrais la bouffonne, lui le roi. Et je n'accepterais jamais qu'il gagne, qu'il réussisse à obtenir de moi la soumission.
Sur un banc du lycée, j'attendais Alice qui finissait les maths. Ou plutôt devrais-je dire, l'examen final de maths. Mai était passé à une vitesse folle, et le mois de juin nous avait pris d'assaut, courant toujours plus vite vers le bac. Je regardais autour de moi apercevant des gens que je ne connaissais même pas. Juste des visages familiers qui avaient fait ma vie pendant quatre ans. Des terminales comme moi, qui riaient, s'exaltaient de la lumière du soleil et de la chaleur qui tiraillait notre peau. Les cours terminés, il ne nous restait que le bac et c'était bien sur dans toutes les discutions. Je les regardais débattre de la note finale et de l'avenir propre qu'ils se projetaient. Un médecin, un physicien et l'autre vétérinaire. Mais seraient-ils vraiment ainsi? Le destin nous mènerait-t-il là où nous le voulions. Et moi que serais-je devenu dans dix ans, dans cinq ans ou même dans une seule année. Qui serais-je? Je me demandais si tout cela allait me manquer; si l'imbécilité des jours, les habitudes contraignantes, les amis désinvoltes, si toute la structure de ma vie actuelle me manquerait vraiment et si quelque chose de meilleur m'attendait après. Je les regardais s'éloigner, pour la dernière fois sans doute, car le dernier jour était arrivé, et nous serions «libre» comme le déclarait Alice la future italienne. J'étais assez effrayée de cela, dire adieu à cette vie, dire adieu à ce qui m'ancrait dans le réel aujourd'hui.
«- Alors, t'as réussi? s'enquit Alice.
- Aucune idée, nous verrons bien.
- Je suis sure qu'on l'aura, c'est obligé, je ne vois pas d'autre possibilité.
- Moi non plus, soupirai-je, angoissée, tandis que nous nous dirigions vers le lac.
Je rentrai aux alentours de 18h, ma mère comme à son habitude avait disparu pour la nuit, et je me retrouvais encore une fois seule. Je montai dans ma chambre pour décompresser et arrêter de penser à mon avenir, à Alice, à ma mère, ou bien encore à Edward. Surtout ne pas penser à Edward. Je grattai ma guitare quelques minutes, une mélodie peu connue qui me portais loin d'ici. Un éclair me fit sursauter sur mon lit. Il allait pleuvoir cette nuit et pas qu'un peu. J'abandonnai ma guitare pour me doucher, fallait bien quand même, et j'enfilai un short en jean et un haut blanc un peu grand qui tombait sur une de mes épaules. Les cheveux encore mouillés, je descendis en bas pour grignoter un truc. En allumant la télé, j'entendis les informations qui annonçaient une tempête de vent et de pluie, il était recommandé de rester chez soi. Je jetai un coup d'œil dehors: effectivement il pleuvait à torrent et le vent se déchaînait dans les arbres. J'eus froid dans le dos. Une demi-heure après j'allai à la cuisine. A la seconde où je tendais la main vers un paquet de jambon, la sonnette retentit et me fit sursauter et lâcher le jambon qui s'étala par terre. Je le ramassai précautionneusement et entreprit de le mettre sur la table. La sonnette retentit à nouveau et je commençai à m'exaspérer.
«- J'arrive! criai-je.
J'étais de sacré mauvais poil. Pourquoi? Pas la moindre idée. Bipolarité de mon être sans doute. Je me dirigeai vers cette foutue porte et y aperçus une grande ombre tapie dans le noir. Je plissai les yeux pour reconnaitre cette silhouette, mais en vain, je me contentai donc d'ouvrir. Je faillis m'égosiller quand je le vis.
«- Mais qu'est-ce que tu fous là? m'écriai-je.
Je déglutis difficilement; après un mois d'absence voila qu'il surgissait chez moi. Mon cœur accéléra sa course et un flot d'adrénaline parcouru mes veines, et la chaleur s'empara soudainement de mon corps.
- Moi non plus je ne suis pas content d'être là, mais j'ai crevé à quelques mètres de chez toi en allant voir Alice, et il fait très froid, le portable marche pas, plus de réseau, donc tu étais mon unique espoir, fit-il simplement.
- Non mais attends, ça fait un mois et demi que je t'ai pas vu, enfin je crois, tu m'emmerdes constamment dès qu'on vient à se rencontrer, alors tu crois que je vais te laisser entrer, l'assignai-je.
- Bella, s'il te plait, articula-t-il, il gèle, tu vas quand même pas me laisser crever dehors par mépris non?
- Et pourquoi pas? me moquai-je, songeant sérieusement à le laisser à la porte.
- Je t'embêterais plus, enfin pas ce soir, promit-il presque solennellement avec des yeux de chien battu.
- T'as pas intérêt à me faire chier, et surtout tu m'en dois une.
- Oui oui, éluda-t-il très fier de lui. »
Je m'écartai pour le laisser passer. Son odeur me frappa net et mon cœur se mit à battre plus vite encore. Je le détaillai pendant qu'il se débarrassait de sa veste. Il était trempé, les cheveux collés au visage. L'eau ruisselait sur sa peau, et il portait un tee-shirt blanc devenu transparent avec la pluie. Il se retourna vers moi et sourit en m'ayant surpris dans ma contemplation.
Je réalisai soudain la situation. Lui et moi dans la même maison, sans ma mère, avec PERSONNE d'autre que nous. Là ca devenait dangereux. En passant devant lui pour retourner à la cuisine je lui dis:
« - Je te préviens tu dors dans le salon.
- Fais attention je pourrais venir te réchauffer dans ton lit pendant ton sommeil, ricana-t-il.
Je le fusillai du regard, car je savais qu'au fond il ne plaisantait pas, la menace était réelle.
- Edward, le menaçai-je.
- C'est plus fort que moi, ta répartie me plait trop. Mais je me tiendrais à carreau car tu as eu l'amabilité d'accueillir chez toi un ami d'Alice que tu ne peux pas encadrer.
- Je n'ai jamais dis ça , soufflai-je à voix basse ..
- Comment?
- Rien.»
Il fronça les sourcil et me fixa un instant, puis il partit en direction du salon.
Je découpai les tomates fraîches du jardin que j'avais ramassé la veille pour me faire une salade. Edward avait déjà mangé, bien que je soupçonne qu'il avait peur que je l'empoisonne s'il affirmait le contraire. Il était dans le salon en train de mater la télé, tant mieux je ne l'avais pas dans les pattes. Je lui avais préparé le canapé, car il était hors de question qu'il dorme à l'étage. Ça ne l'avait pas dérangé bien qu'il est insinué qu'il puisse me rendre visite durant la nuit. « Fermes bien ta porte à clef», m'avait-il balancé en ricanant. Je pensais à ma mère, elle n'était pas là, et je ferais en sorte qu'elle ne sache jamais rien de cette situation, car un garçon seule avec moi dans une maison seule signifiait pour elle sexe. Bon on va dire que cette option m'avait frôlé l'esprit .
«- Tu sais que tu es assez sexy Swan dans ce petit short, et ce haut qui dénude ta douce peau crème, me susurrât-il en traçant de ses doigts de fée la courbe de mon coup jusqu'à la couture de mon haut. Je sursautai, ne l'ayant pas entendu entré, perdue comme je l'étais dans mes pensées. Mais son toucher m'électrisa et je sentais déjà les effluves de sa douceur dans ma culotte.
- Non mais t'es malade, refais plus jamais ça tu m'as fait peur! le menaçai-je pour couper court à mes hormones.
- Et je peux te faire tant de choses, continua-t-il.
- Edward arrête ça, grondai-je tentant de l'écarter pour ne pas céder.
- Ne dis pas que tu en as pas envie, je ne te croirais pas .
Puis il nicha son nez dans mon cou et inspira fortement. Je ne le voyais pas mais je pouvais sentir son sourire de vainqueur contre ma nuque. Je tremblai et lâchai le souper sur la table . Il resserra ma taille de ses mains agiles et m'emprisonna contre celles-ci. Il remonta délicatement mon haut et descendit ses paumes contre le bas de ma taille titillant l'ourlet de mon short. Je basculai la tête en arrière ce qui le fit accéder plus facilement à ma mâchoire qu'il parsemait de petits baisers. Je m'agrippai à la table pour ne pas tomber. La tête me tournait, les sens en ébullition je ne contrôlais plus rien, je ne répondais plus de moi. Puis soudainement, il me tira violemment et me retourna, me mettant face à lui. Il me fit monter sur le plan de travail, poussant l'assiette de tomates. Il attrapa mes jambes et les tira vers lui, me collant à son bassin, créant une friction entre nous. Je soufflai d'aise. Puis il se pencha doucement vers moi à quelques centimètres de mes lèvres. Je pouvais sentir son haleine délicieuse sur le bout de ma langue. Je laissai échapper un mince gémissement de frustration. Puis soudain, il me fixa sans dire un seul mot, je repris mon souffle le cœur battant à mesure irrégulière. Sur son visage je ne décelais plus la moindre moquerie, ni la moindre victoire. Il semblait douter même, se demandant s'il fallait ou pas. Si c'était mal ou pas. Je ne l'avais jamais vu ainsi, et çà m'effrayait soudain. Commençait-il à y accorder de l'importance? Ce que je ne voulais surtout pas. Commençait-il à penser a moi? Non il ne fallait pas, tout ceci n'était qu'un jeu, un simple jeu, et lui commençait à douter. Ce jeu l'animait autant que moi et je le savais, telle une drogue pour ma part. Une tentation interdite qui attrayait nos sens. Jamais de ma pauvre vie je n'avais ressenti un truc pareil, un tel désir, une telle attirance pour l'interdit. Je savais que c'était mal, mais à ce moment précis je m'en contrefichais. Je le voulais, pour la simple et bonne raison que ça nous était interdit. Parce qu'il me contrôlait, me confortait, me tenait tête. Dieu que j'aimais cela. Cette pseudo relation aurait pu se confondre à ça: «Je te fuis, tu me suis. Je te suis, tu me fuis». Il n'était pas censé y accorder de l'importance, ou bien juger de ce qui était bien ou ce qui ne l'était pas . Il était le genre de mec à multiplier les conquêtes, et je n'étais qu'un trophée de plus dans son tableau de chasse. Du moins c'est ce que je pensais. Alors serait-ce vraiment cela? Il commençait à y voir quelque chose e plus? Pourquoi cette option me semblait-elle si désagréable? Parce que je commençais moi aussi à y accorder de l'importance?
Je devais rêver, il ne doutait de rien. Non ... enfin je l'espérais. Puis sans que je m'y attende le moins du monde, il me relâcha, et je faillis m'étaler au sol déstabilisée par la situation. Il s'écarta loin de moi, trop loin pour que je ne l'atteigne. Je le fixai éberluée et pleine d'incompréhension.
«- Je suis... Je... J'y vais, lâcha t-il brusquement sans me lancer le moindre regard. Puis il s'évapora de la pièce et j'entendis la porte claquer. Je restais là sur la table, choquée, fixant le mur d'en face. Mais qu'est-ce qui ne va pas chez lui? Non mieux: qu'est-ce qui m'avait pris de jouer ainsi?
Jean Simard a dit: Nous passons notre vie à désirer, à désirer surtout ce qui nous fuit et qui ne nous paraît désirable que pour cette seule raison.
A je ne sais quand . mais a un jour c'est certain , en espérant que vous avez aprécié le chapitre quand même . donnez moi vos impressions sur le chapitre et sur la bande d'annonce :p. bisous a tous.
