Eeeet le chapitre 4!

(va d'ailleurs falloir que je me calme sur le rythme de publication si j'veux en avoir quelques uns d'avance..)

Reviews:

Soso77G: Oh merci beaucoup! J'avais cette idée en tête depuis quelques jours, et puis hier soir ça a pris forme dans ma tête. On a déjà vu et revu des thèmes survivalistes, alors parler de la reconstruction du monde après une catastrophe d'une telle ampleur, ça m'intéressait. Mais c'est pas pour autant qu'on n'aura pas l'occasion de revoir de petits zombies dans le coin, mais j'en dis pas plus!
On ne sait pas encore grand chose pour les autres, je mets tout en place lentement. Comme tu l'as dit (et merci d'ailleurs!) Daryl est mal dans sa peau, et ultra réservé, donc on aura l'histoire entière plus tard!
Et merci encore!

CathouxXx: Et tu vois, un petit aperçu de ce qui est arrivé au groupe! Mais tu en sauras plus plus tard, ne t'inquiète pas pour ça! Comme tu dis, on naaaage dans l'inconnu (moi aussi d'ailleurs, je me tate encore..) Pour ce qui est du franglais, j'essaierai de m'en empêcher dorénavant! J'ai parfois du mal à trouver mes mots, ou des équivalences françaises pour les expressions qui me viennent à l'esprit, mais je ferai plus attention! Et pour les fautes et les oublis, je crois que je vais me mettre à me relire, ça ne va pas du tout! Pour ce qui est des betalecteurs, va falloir que je regarde comment ça marche de plus près, mais promis j'y songerai! Après pour les mots qui manquent au début des phrases (pour la question par exemple), j'aime bien faire ce genre de truc (bouuuuuuh elle détruit la langue française, si ma prof de litté me lisait!), ça déconstruit un peu la narration j'trouve ça cool. Mais je comprends tout à fait qu'on bute dessus, moi même j'ai du mal quand je lis du Perec ou Apollinaire (je me compare pas à eux hein, j'oserai pas! c'est juste dans le même but que je fais ça, enfin je crois, une petite touche personnelle au niveau de l'esthétique). Pour ce qui est de l'attirance, j'me suis justement fait violence pour le mentionner aussi tôt justement! J'me suis dit, bon, on va l'évoquer, ça sera fait, le romance sera pas là pour rien et puis voilà. Mais c'est vrai qu'avec le recul, c'est un peu prématuré. Mais au moins c'est dit, et puis quand quelqu'un est attirant, même si c'est le pire des abrutis, ça n'y fait rien (crois moi là dessus ahahah). Ca prouve aussi l'impulsivité d'April que j'essaie de développer, mais tout ça on le verra plus tard. Héhé, en tout cas merci pour ta review!


Restant figé à l'entrée du supermarché, il se pinça pour s'assurer qu'il ne rêvait pas. Il n'avait pas vu de rayons pleins depuis quoi, des mois ? Des années ? Il n'en revenait tout simplement pas. Tandis qu'April prenait un caddie et le suivait, il avançait lentement, examinant tout ce qui l'entourait. Il tiqua aux étiquettes mentionnant des prix, dérisoires par rapport à ceux que le monde connaissait avant... Avant tout ça. Il leva les yeux piteusement vers la jeune femme, s'énervant rien qu'à l'idée de devoir lui poser une question. « Comment je fais, pour payer ? ». April se frappa machinalement la tête. Elle ne lui avait toujours pas expliqué ce qu'elle faisait là, elle pouvait remercier sa mémoire de bulot. « C'est moi qui prend ça en charge, c'est euh.. Convenu comme ça je dirai. Ca s'appelle une mission d'accompagnement personnel. Chaque citoyen doit passer par là une fois qu'il est bien adapté, la mienne a mis plus longtemps à arriver. J'avais une accompagnatrice aussi, quand j'suis arrivée. Elle s'est occupée de tout, de m'apprendre ce qu'on devait faire. Elle m'a fourni de la nourriture et des habits, le temps que je m'intègre. En bref, c'est moi qui paye, sers toi. » Daryl fronça les sourcils. Si en plus de répondre à ses questions, elle devait lui rendre service, il allait avoir une sacré dette à rembourser. Et il n'aimait pas franchement ça. Comme un Dixon qui se respecte, il ne devait jamais rien à personne, et préférait se débrouiller seul. Mais il devait avouer qu'il en était incapable pour le moment.

Marchant à travers les rayons, April ne put s'empêcher de remarquer que l'homme choisissait avec soins les produits premiers prix, ne prenant que le stricte nécessaire. Des pâtes, de la viande surgelée, des plats préparés. Soupirant, elle le suivait en poussant le chariot, appuyée dessus. Elle avait toujours détesté faire les courses, pouvant passer des heures à hésiter entre chaque produit. C'était encore pire maintenant qu'elle avait plus de choix qu'elle n'en avait eu pendant des années. « Et ça vient d'où tout ça ? Y'a des usines ailleurs ? » La voix éraillée de l'homme la tira de sa rêverie. Réfléchissant quelques secondes, elle répondit d'un ton nonchalant. « Hmm non, le libre échange, la délocalisation, tous ces trucs n'existent plus. Ca vient d'ici tout ça, c'est pour ça qu'on a beaucoup moins de choix niveau produits frais. Mais on se débrouille, il y a des fermes fortifiées un peu partout dans le pays, et des convois sont organisés chaque mois. Et puis tout le monde met la main à la pâte. Ceux qui ne peuvent pas participer aux missions de nettoyage, ou rentrer dans la fonction publique comme les médecins ou les profs partent dans les usines ou dans les fermes. » Ca sonnait comme une utopie, et ça en était à vrai dire proche. Les gens ne se plaignaient plus des tâches leur étant imposés, après leur calvaire ils l'acceptaient pour la plupart de bon cœur. Un des avantages à avoir connu le pire. Daryl hocha la tête, semblant se contenter de cette réponse évasive.

April manqua de lui rentrer dedans quand il pila au rayon alcool. Elle eut un léger sourire en coin en le voyant déposer un pack de bière et une bouteille de whisky dans le caddie. Ils avaient au moins un point en commun, c'était déjà ça.

Le retour à l'appartement fut une libération pour April. Elle avait marché toute la journée, et n'était plus habituée à suivre un rythme aussi effréné que celui de Daryl quand elle n'était pas en mission, sous l'effet de l'adrénaline. Lâchant les sacs de courses par terre, elle s'affala sur un fauteuil en soupirant de contentement. Le regard dubitatif que lui lança Daryl la fit tiquer. « T'as l'intention de rester là combien de temps ? » Dieu que cet homme pouvait être agaçant dans sa formulation. « Les instructions sont claires, je dois rester un minimum d'une nuit, et tenir un rapport pendant une semaine. C'est comme ça, j'y peux rien » S'empressa t'elle d'ajouter au regard noir que lui lança Daryl. « J'ai pas besoin d'une putain de baby-sitter. » Ce fut la prase de trop pour April. Qu'il soit un rustre, d'accord, elle pouvait le supporter. Mais une semaine à se faire verbalement lyncher parce qu'elle suivait les règles, ça non. « Et tu crois que ça me fait plaisir de surveiller un putain de redneck aussi con qu'un manche à balai ? » La lueur de fureur qui se dégagea des yeux du survivant aurait pu la faire frissonner si elle ne s'en était pas empêchée. Il répliqua sur un ton très calme. Trop calme d'ailleurs. « Mais tu te prends pour qui, espèce de sale gamine pourrie gâtée ? T'as fait quoi toi, à part te la couler douce ici ? T'as pas survécu, tu sais pas ce que c'est putain ! » Le sang de la jeune femme ne fit qu'un tour. Sale gamine pourrie gâtée ? Mais cet enfoiré était encore pire que ce qu'elle imaginait, il était d'une bêtise sans nom, en restant polie. Elle serra les poings, ses ongles s'enfonçant dans sa chair avant de se lever et de se placer face à lui. Elle mesurait bien vingt centimètres de moins que lui avec son petit mètre soixante, mais il ne l'effrayait pas. L'avantage d'être petit, c'est qu'on apprend vite à l'ouvrir à la moindre occasion pour se faire remarquer. Et des mecs qui avaient essayé de lui marcher sur les pieds, elle en avait connus. La majorité, pour ne pas dire la totalité, avaient vite compris leur erreur. Elle reprit sur un ton aussi calme et glacial que celui que Daryl avait employé quelques secondes plus tôt, les yeux plongés dans les siens. « Tu n'as pas le monopole de la douleur connard. On l'a tous vécu cette épidémie. On a tous vu l'horreur, qu'elle ait été humaine ou non. Alors maintenant, va te faire foutre, et n'utilise plus jamais ce putain de ton condescendant avec moi ou je te jure que tu auras à le regretter. »

Sa tirade avait eu l'effet d'une douche froide. Il avait, dans sa fierté masculine, supposé que la jeune femme avait toujours vécu ici, qu'elle avait échappé à tout ça. Qu'elle avait été tranquille. Mais au final, il ne savait rien d'elle, et inversement. Il avait toujours été dur, socialement handicapé, intimidant au premier abord. Au deuxième aussi remarque. Mais il n'avait jamais eu affaire à une résistance quelconque, justifiée ou non. La jeune femme passa à côté de lui, non sans buter dans son épaule, avant d'aller s'enfermer dans la salle de bain. Une bonne réaction de femme ça. Sifflant entre ses dents, il attrapa la bouteille de whisky avant de s'en servir un verre, après avoir fouillé tous les placards pour en trouver un. Si la petite blonde continuait à lui prendre la tête, au moins il ne s'en souviendrait pas le lendemain.