Confessions. Par Draco Malfoy.

Disclaimer : L'univers d'Harry Potter appartient à J.K. Rowling.

Genre : Slash.

Couple : Harry-Draco

Merci : Merci à Dalou et Leelo, mes fidèles béta lectrices. Merci aussi pour toutes vos reviews.

Chapitre 3.

J'ai erré jusqu'au mercredi, ne pouvant m'empêcher de penser à Potter. Je passais de moments de colère en moments d'inquiétude, traversant des instants de doute et de remise en question.

Comment ne pas faire autrement ?

Une semaine avant, j'étais un joyeux Serpentard heureux de sa vie (bon d'accord, vous pouvez enlever « joyeux »), dont le jeu favori était d'enfoncer son ennemi héréditaire, j'ai nommé Harry Potter, et de rabaisser les Sangs-de-Bourbe et autres amis des Moldus.

Il a suffit que ce stupide Gryffondor me sauve d'un sort, je dois avouer, peu enviable, pour que mon monde soit chamboulé.

Pourquoi ne pouvais-je m'empêcher de penser à lui, de m'inquiéter pour lui ?
Pourquoi n'étais-je pas heureux de le savoir dans ce sale état ?
Je me sentais perdu comme jamais je ne l'avais été.

J'ai passé ma journée du mercredi en haut de la tour d'astronomie, à guetter son arrivée. Je ne suis même pas descendu manger.

À 19 h, de guerre lasse, j'ai abandonné mon poste sans avoir aperçu l'ombre d'une tignasse noire.

Pourtant, quand je suis passé devant l'infirmerie, deux aurors discutaient avec Dumbledore. En me voyant, ils se sont raidis et se sont rapprochés de la porte blanche, comme pour en protéger son occupant.

Potter était donc bien revenu à Poudlard.

J'étais con aussi. J'espérais quoi, qu'ils le fassent entrer par la grande porte pour que tout le monde sache que le Survivant était dans un état critique ? J'avais décidément aussi peu de cervelle qu'un Poufsouffle.

Et ça se disait Serpentard, Malfoy de surcroît. Quelle ironie !

Les jours suivants, j'ai guetté les visages de la Sang-de-Bourbe et du rouquard, essayant d'interpréter leurs expressions pour savoir comment allait Potter.

Parfois, n'y tenant plus, je demandais à Blaise des nouvelles. Il me répondait toujours que son état était stationnaire, ceci en me regardant avec un air interrogatif qui me mettait mal à l'aise. C'était comme s'il essayait de lire en moi, comme s'il avait deviné des choses sur moi que je refusais de voir.

Alors j'évitais au maximum de mettre le nom de Potter dans nos conversations. Mais il y avait toujours un moment où je craquais, m'abaissant à lui poser la question qui ne voulait pas quitter mes pensées.

Le dimanche suivant, alors que je faisais ma tournée de préfet, je suis passé devant l'infirmerie déserte. J'ai longuement fixé la porte blanche avant d'avancer doucement la main pour l'ouvrir.

Je m'attendais presque à voir une multitude de sorts de défense m'agresser, mais non, rien.

Et la protection de Potter dans tout ça ?

J'ai refermé doucement la porte derrière moi et j'ai examiné la pièce, cherchant un lit occupé, mais il n'y avait personne. J'ai fait au moins trois fois le tour, mais j'ai dû me rendre à l'évidence, Potter n'était pas là.

Une intense frustration m'a traversé, aussitôt réfrénée par mon cerveau formaté : non, je ne pouvais pas être déçu de ne pas voir Potter. Au pire, je pouvais être dépité de ne pas profiter de son corps meurtri et de sa détresse. Oui, Draco Malfoy ne voulait que du mal pour le célèbre Survivant. Il le détestait du plus profond de son âme et de son coeur. C'était viscéral, un dégoût profond, une répulsion. L'ennemi des Mangemorts, son pire ennemi.

Ayant réussi à me convaincre de mes sentiments hostiles envers le binoclard, c'est avec un sourire malsain que je me suis retourné pour sortir de cet endroit trop pur pour une âme noire comme la mienne. C'est alors que j'ai vu la petite porte qui se trouvait au fond de la pièce, presque transparente, à peine visible.

Après une bonne demi-heure d'hésitation à fixer cette drôle d'ouverture qui parfois disparaissait presque de mon champ de vision, je me suis approché et l'ai ouverte d'une main tremblante. À peine l'avoir franchi, le battant se referma derrière moi.

La petite pièce qui m'est apparue était sombre, seulement éclairée par une mince luminosité qui venait d'un globe bleuté posé dans un coin.

Mes yeux se sont petit à petit habitués à cette pénombre, me permettant de deviner l'environnement.

J'ai d'abord distingué les contours d'un lit, d'une table de chevet, d'une armoire et d'appareils médicaux.

Et puis, relié à ces nombreuses machines de surveillance, le visage pâle et paisible, j'ai aperçu Harry Potter qui semblait dormir du sommeil du juste, dans une quiétude féerique.

Il était d'une beauté surnaturelle, le souffle court, la peau diaphane ressortant sur les cheveux noirs comme un flocon de neige sur une mine de charbon. Ses lèvres étaient blanches, légèrement entrouvertes. Ses longs cils noirs masquaient ses iris smaragdine (1).

S'il n'y avait pas eu ce léger soulèvement du thorax, on aurait pu croire une poupée de cire, un ange privé de vie.

J'ai un instant eu l'impression que ma gorge se bloquait. L'émotion était trop intense.

Oubliées les remontrances des instants précedents, oubliée la haine, oubliée ma condition de Malfoy et de Mangemort.

Je me suis approché de lui et j'ai passé une main tremblante dans ses cheveux. Malgré l'aspect désordonné de sa tignasse, elle était d'une douceur désarmante, comme faite de soie.

J'ai laissé mes doigts glisser sur ses joues délicates, jusqu'à ses lèvres sèches et glacées.

Un frisson m'a traversé. On imagine toujours les lèvres chaudes, humides. Les siennes démontraient l'état fragile de sa santé.

J'ai murmuré son prénom et ça m'a fait tout drôle. J'avais l'impression de voler des instants que je ne méritais pas. Une larme, unique traîtresse des sentiments violents qui me traversaient, glissa sur ma peau blanche, blanche mais pourtant pleine de vie par rapport à celle du jeune homme immobile à mes côtés.

Je suis revenu le voir tous les soirs. Je passais mes journées à me convaincre que je le détestais, mais la nuit venue, lors de ma tournée, mes pas m'amenaient malgré moi devant le corps étendu du Survivant. En regardant ce magnifique visage, cette pureté, cette candeur, mon coeur noir se teintait de nacre... C'était comme s'il avait le pouvoir de changer mon âme démoniaque en quelque chose d'un peu moins souillé.

Et le lendemain, je repassais la journée à me battre contre mes sentiments, à retrouver toute ma haine et ma colère.

J'étais épuisé de lutter sans cesse contre moi-même. Je ne savais plus ce qui était bien pour moi. J'étais perdu, tiraillé entre deux personnalités qui se battaient pour avoir le contrôle de mon corps.

Ça a duré deux mois. Deux mois où je mangeais à peine, où je me détestais, où je me détruisais.

Je voyais Blaise qui s'inquiétait pour moi, mais il ne disait rien, se contentant d'être présent à mes côtés.

Et soudain tout s'est arrêté.

1-Smaragdine, eh bien c'est le synonyme d'émeraude. Ça évite les répétitions, et en plus, c'est bien pour la culture générale... Imaginer, lors de votre première rencontre avec votre belle-mère, si vous lui dites : « Oh, quelle magnifique Smaragdine ! », ça fait tout de suite bien !

Bon, d'accord, si elle vous réplique : « Mais non, c'est une émeraude ! », vous avez l'air un peu bête car soit vous vous passez pour l'inculte en disant que vous vous êtes trompés, soit vous la faites passer pour l'inculte en disant : « Quoi ? Vous ne connaissez pas la Smaragdine ? », ce qu'elle ne va peut-être pas apprécier...

Enfin, pour m'avoir fait connaître ce très joli mot, je tiens à remercier le site qui nous donne pleins de synonymes pour les couleurs.