Lumos
Disclaimer : Rien, je ne possède. A J.K. Rowling tout appartient. Le chapitre quatre voici.
Chapitre 4 : Au cœur de la nuit.
Sept jours. Sept jours que Harry avait quitté Poudlard, sans donner aucun signe de vie à quiconque. Allongé sur un vieux matelas défoncé, dans une petite chambre d'une auberge aussi accueillante que pourrait l'être la prison d'Azkaban, il repensait à ce qui s'était passé après la victoire.
Tout d'abord, il avait dormi. Dormi pendant presque deux jours, évacuant ainsi toute la tension accumulée depuis que son combat contre Voldemort avait commencé, depuis même le jour où il avait appris l'existence de cette Prophétie.
Maintenant que tout cela était derrière lui, il se rendait compte à quel point tous ses actes, toutes ses paroles, étaient tendus vers ce même but : tuer ou être tué.
Oh bien sûr il y avait eu des moments de bonheur, un mariage, des promenades au bord du lac avec Ginny, des soirées de rigolades avec Ron et Hermione, mais il se rendait compte qu'il avait tout fait pour profiter de ces moments volés, comme s'ils ne lui étaient pas destinés, comme si lui Harry Potter n'avait pas le droit d'être heureux.
Le troisième jour, Harry avait revécu dans sa tête toute la dernière bataille contre Voldemort, jusqu'à son dernier combat dans la grande salle. Il revoyait encore Voldemort, ses expressions incrédules, son discours sur la Baguette de l'Aîné... Et c'était à ce moment-là que son sang s'était glacé.
Tout paraissait facile une fois le combat fini, dans le bureau directorial : ça avait été facile de réparer sa propre baguette et de vouloir remettre l'autre à sa place. Seulement maintenant qu'il y réfléchissait, il se rendit compte qu'il en avait parlé devant tous les combattants - mangemorts ou non - qui étaient tous dans la grande salle.
Et bien que pour l'instant tout le monde restait captivé par le combat, par la fin de Voldemort, le jour allait arriver où les langues allaient se délier, où l'on décortiquerait ce qui s'était passé précisément pendant ce combat. De nombreux Magicologues, étudieraient les mécanismes de protection magiques en jeu, et on finirait indubitablement par parler de la Baguette de Sureau.
C'est ainsi qu'Harry, le soir du troisième jour, avait prit la résolution de garder la Baguette de Sureau avec lui, persuadé qu'il serait beaucoup plus apte à la "protéger" de cette manière.
C'est ainsi qu'avant d'aller se coucher, il mit sa cape d'invisibilité, prit la carte du maraudeur, et sortit de la salle sur demande en direction du bureau du directeur. La gargouille avait été réparée, et le couloir semblait vide, toutefois Harry risqua une question :
- Y a-t-il quelqu'un dans le bureau ?
- Mot de passe ? demande la gargouille d'un air sinistre.
- Dumbledore, répondit Harry, espérant que le mot de passe n'ait pas changé.
Aussitôt, la Gargouille s'écarta et Harry monta sur l'escalier en colimaçon qui le transporta jusque devant le bureau. Prenant une grande respiration, Harry poussa la porte et entra. Par chance, la pièce était vide et il ne perdit pas de temps. Il se dirigea tout droit vers le portrait d'Albus Dumbledore qui semblait en train de dormir, et l'appela doucement.
- Professeur ? Professeur Dumbledore ?
Le portrait ouvrit un œil, puis l'autre, et s'éveilla soudain à la vue d'Harry.
- Bonsoir Harry, il semble que certaines habitudes nocturnes ne changent jamais...
- Pardonnez-moi de vous avoir réveillé Professeur, mais je devais vous parler d'un problème.
- Je t'écoute, répondit le vieil homme, joignant ses longues mains sur ces genoux, dans un geste si caractéristique qu'il fit remonter de la mémoire du jeune homme toutes ses entrevues dans le bureau directorial, pour des sujets aussi bien futiles que grave.
- Y a-t-il un moyen pour n'être entendu de personne ?
- Nous ne sommes que deux ici Harry. Ou plus exactement, tu es seul face à un vieux tableau poussiéreux.
- Je voulais dire... des autres tableaux.
- Pourquoi ne pas utiliser les bons conseils du Prince ? demanda Dumbledore avec l'air de s'amuser beaucoup.
- Du... quoi ? Mais qu'est-ce que... comment saviez-vous que... ?
- Le professeur Rogue a été directeur de cette école cher Harry. Il a par conséquent passé des heures et des heures dans ce bureau, à discuter avec un vieux tableau poussiéreux.
Se retournant, Harry lança : "Combattants"
Et tous les autres portraits s'éclipsèrent pour ne pas subir le désagréable bourdonnement causé par le sortilège.
- Je vois que tu n'utilises pas ta baguette de Houx, aurais-tu changé d'avis ? demanda Dumbledore d'un ton curieux. Harry le regarda longuement, cherchant une quelconque désapprobation dans le regard bleu, mais n'y trouvant qu'une curiosité polie.
Il répondit :
- Je ne peux m'en séparer professeur. Je pensais pouvoir le faire, mais j'ai repensé au dernier combat. Tout le monde était dans la grande salle, aussi bien les Mangemorts que l'Ordre du Phénix, et même des Aurors en service si ma mémoire est bonne. Et il se trouve que juste avant que Voldemort ne se tue avec son sortilège de mort, nous avons discuté...
- Oui, et pas du temps qu'il peut faire à Little Angleton j'imagine, répondit Dumbledore. Son ton était encore amusé, mais son regard perdit son éclat, démontrant le sérieux de la conversation.
- Nous avons parlé des Reliques. Enfin plus précisément de la Baguette. Il ne connaît pas les autres Reliques, mais n'importe qui dans la salle a pu entendre à quel point la Baguette de Sureau était plus puissante que toutes les autres... Du coup, je n'ose plus m'en séparer de peur qu'elle tombe entre de mauvaises mains.
- Hélas Harry ! Je suis un bien piètre conseiller dans ce domaine et tu le sais. Toi plus que quiconque a vu et compris mes erreurs passées, et je ne saurais vraiment pas quoi faire à ta place.
- Mais monsieur, je ne sais pas quoi faire. Dois-je la remettre à sa place d'origine, en sachant qu'il y avait toute la famille Malefoy dans la grande salle, et que Drago a sûrement compris toutes les implications ?
- Qu'en penses-tu Harry ? demanda Dumbledore doucement, comme s'il hésitait entre une chocogrenouille et une dragée surprise de Bertie Crochue.
- Si je la garde, comment saurai-je l'utiliser ? Comment être sûr de ne pas faire plus de mal que de bien ?
Dumbledore ferma les yeux un long moment, semblant perdu dans une réflexion profonde. Puis, il poussa un long, très long soupir, avant d'ouvrir les yeux à nouveau. Harry fut choqué de le voir si vieux, si triste.
- Il existe peut-être un moyen, reprit doucement le directeur. Mais je n'ose t'en parler, tellement le chemin à parcourir est long et difficile. Personne n'a jamais osé aller jusqu'au bout de ce chemin. Les seules références que j'ai trouvé sur ce chemin sont de très vieux textes, indiquant où se trouvait, ce qu'ils appellent la Naissance.
- La Naissance ?
- Oui, ou le début des épreuves, si j'ose le traduire ainsi. Pour le trouver, il faut marcher pendant des jours dans la forêt interdite. Il semble aussi que le chemin ne s'ouvre qu'à ceux qui en sont dignes, et qu'une fois engagé, nul ne peut revenir en arrière. Il est dit enfin que par delà les éléments, seul le cœur triomphera. Cela semble tout indiqué pour toi, mais en même temps le texte original est tellement flou, que je ne saurai me prononcer sur le sens exact de ces termes.
- Et pensez-vous que cela m'aiderait vraiment ?
- Je crois que si cela ne t'aide pas, alors rien ne pourra t'aider. Toutefois, si tu choisis cette voie, je ne peux que t'inviter à la plus grande prudence.
- Bien sûr, je comprends tout à fait. Je crois que je vais aller réfléchir à tout cela au calme.
- Excellente idée, répondit Dumbledore. Aux heures sombres, les conversations les plus anodines paraissent toujours plus sombres qu'elles ne le sont vraiment. Passe une bonne nuit Harry.
- Bonne nuit professeur.
Harry avait ensuite passé la nuit à préparer ses actions des jours suivants. Le lendemain, il était allé à la banque Gringotts pour retirer suffisamment d'argent pour subvenir à ses besoins. Il en avait profité pour s'acheter une tente magique, ainsi qu'un "kit de survie" en milieu hostile. Faisant confiance au vendeur, il avait ajouté quelques détecteurs de présence, ainsi que de magie, qu'elle soit noire ou blanche. Enfin, avant de s'engager dans la Forêt Interdite, il était passé très discrètement voir Kingsley Shacklebolt au ministère de la Magie :
- Ah bonjour Harry, avait dit Kingsley en le voyant, d'un air content.
- Bonjour Monsieur Shacklebolt. Excusez-moi de vous déranger, mais j'aurai besoin d'un service.
- Si c'est dans mes cordes, pas de problèmes, répondit le ministre en s'asseyant derrière son bureau.
- Sauriez-vous où est-ce que je pourrais me procurer un portrait d'Albus Dumbledore ?
- Oh ça, n'importe quel marchand ambulant t'en vendra un sur le Chemin de Traverse.
- Certes, mais j'aimerais que... comment dire... ce soit un tableau... vivant.
- Ah, dans ce cas, seul le ministère peut approuver la fabrication d'un tableau supplémentaire, car sinon cela pourrait poser des problèmes d'intimité et de vie privée.
Après avoir discuté avec le ministre, celui-ci avait réussi à obtenir un petit tableau, trois fois moins gros que celui de Poudlard, mais dans lequel on ne voyait pour l'instant qu'un petit fauteuil bas. Harry le remercia chaleureusement, avant de partir pour Pré-au-lard où il comptait passer la nuit.
Ne voulant pas être reconnu, il choisit l'auberge la plus petite, et la moins entretenue du village. Pendant les cinq jours suivants, il continua à se préparer, cherchant dans d'épais livres où pouvait se trouver l'entrée du Chemin. Mais, il dû se rendre à l'évidence : il devrait trouver cette entrée par lui-même.
Et c'est ainsi qu'avait commencé son chemin, avançant sans but au milieu des arbres et des plantes de la Forêt interdite. Le premier jour, lui avait paru interminable, tant la progression était difficile entre les plantes. Il n'avait trouvé pour ce nourrir que des espèces de fleurs jaunes, au goût assez sucré. La nuit n'avait pas été de tout repos non plus : réveillé par chaque bruit bizarre de la Forêt, Harry n'avait dormi que d'un sommeil léger. Durant la nuit, il avait même cru entendre une voix froide répéter comme dans un écho " Vous êtes en retard ", mais avec le retour du soleil, Harry n'y pensa plus.
[………]
Petit message, à partir de maintenant la publication va devoir ralentir un peu car je vais avoir un peu moins de temps. Je tâcherai toutefois de ne pas laisser trop de temps entre chaque chapitre
