Avant dernier chapitre de cette histoire.

Chapitre 3 : Moment de vérité

John ne dit rien de cette conversation à Sherlock connaissant les relations désastreuses entre les deux frères, il refusait d'encore envenimer la situation. Quand le moment serait venu, Sherlock malgré ce qu'il disait aurait besoin de tous les soutiens possibles.

A son réveil, le lundi matin, il était prêt à affronter ce qui l'attendait. Il était prêt à 6h30 du matin, il quitta le 221B Baker Street sans que Sherlock n'ait daigné venir le saluer. Pourtant, il savait très bien que son ami était aussi réveillé que lui. En effet, il l'avait entendu tourner dans sa chambre une bonne partie de la nuit faisant preuve d'une délicatesse inhabituelle en ne se mettant pas à jouer du violon au milieu de la nuit.

A 7 h 15, il se trouvait à l'accueil de l'hôpital et moins de 20 minutes plus tard dans une chambre pour prendre une douche. A 8h30, on vint le chercher en brancard, à partir de là, il n'avait que quelques vagues souvenirs de son arrivée à la salle d'opération, puis de son premier réveil dans la salle de réanimation.

Lorsqu'il reprit connaissance la seconde fois, il mit quelques instants à se souvenir du lieu où il se trouvait. Il était encore dans une forme d'état cotonneux encore sous l'effet de l'anesthésie et des analgésiques qu'on lui avait administré si bien qu'il ne réalisa pas immédiatement qu'une autre personne était dans la pièce. Ce n'est qu'un simple froissement qui le fit tourner lentement la tête vers la direction du bruit.

Il se figea un instant de stupéfaction en découvrant Sherlock installé dans un fauteuil à côté du lit. Mille et une questions lui traversèrent l'esprit balayées par le bonheur de ne pas être seul à son réveil.

_ Depuis combien de temps es-tu ici ? demanda-t-il d'une voix rendue râpeuse par les médicaments.

_ Je suis arrivé un peu après que tu sois parti en salle d'opération.

_ Pourquoi es-tu…

_ Je serais là quoi qu'il se passe, je ne t'abandonne pas.

Ils parlèrent encore quelques minutes avant que John ne se rendorme. Vers 14 heures, le médecin passa le voir pour s'assurer de son état et lui indiquer qu'il pourrait quitter l'hôpital le soir même. Il ne lui resterait plus qu'à attendre 72 heures avant de connaître les résultats de la biopsie. Sherlock s'excusa indiquant qu'il viendrait le chercher à sa sortie. Deux heures plus tard encore légèrement groggy par l'anesthésie, il quitta les lieux soutenus par Sherlock.

Il était encore dans les vapes car il ne réagit pas immédiatement alors que le taxi ne l'emmenait pas en direction de leur appartement. Ce n'est que lorsque Sherlock le fit descendre du taxi qu'il réalisa qu'il se trouvait à la gare.

_ Sherlock, mais…

_ Pas de question, tu sauras tout ce que tu as à savoir à notre arrivée.

Sachant qu'il n'obtiendrait rien de plus de son ami, John choisit de garder un silence obstiné tout au long du trajet en train en profitant pour somnoler de temps en temps sous le regard bienveillant de Sherlock. Il n'eut cependant pas le loisir de poser des questions ce soir-là car lorsqu'ils prirent un taxi à la sortie de la gare, il s'endormit dedans. Il dormait si profondément en arrivant à destination qu'il ne sentit même pas Sherlock le prendre dans ses bras, le sortir et l'allonger dans un lit non sans l'avoir déshabillé et mis sous les couvertures.

Quand il se réveilla le lendemain matin, ce fut pour s'apercevoir qu'il était dans une chambre inconnue. Après avoir pris quelques instants pour se remémorer des évènements de la veille, il se leva lentement sentant le tiraillement de la cicatrice. Il commença par se rendre dans la salle de bain pour se décrasser un peu et dix minutes plus tard sorti de la chambre. Il s'aperçut alors qu'il devait se trouver au réez de chaussée pénétrant dans ce qui devait être le salon, il découvrit Sherlock installé dans un fauteuil.

_ Ah ! Tu es réveillé, dit Sherlock en se levant pour venir à sa rencontre.

_ Bonjour à toi aussi Sherlock.

John n'ajouta cependant rien en voyant les cernes qui marquaient le visage de son ami. Il se laisse ensuite guider sans rien dire vers la porte d'entrée et la vue qui s'offrait à lui lorsqu'il se trouva sur le perron. Face à lui s'étendait à perte de vue collines et herbe verte.

_ Où sommes-nous ?

_ Fitworth dans le Sussex.

Clair, net et précis du Sherlock dans toute sa splendeur, John ne pouvait espérer beaucoup plus de son ami. La deuxième bonne surprise fut de découvrir une table dressée pour le petit déjeuner. Ils mangèrent tranquillement profitant de la vue et du silence des lieux.

_ Tu te sens assez en forme pour faire un petit tour, demanda un Sherlock hésitant.

_ Ce sera avec plaisir.

Une heure plus tard, ils prirent tous les deux le chemin verdoyant dans la campagne. Et John eut le plaisir de voir son ami s'adapter le rythme de sa marche au sien et non l'inverse comme il en avait l'habitude. Le village n'était qu'à une petite demi-heure de marche, ils flanèrent un peu dans les rues mais sachant l'impatience de son ami, John choisit d'aller prendre leur déjeuner avant de faire quelques courses et de s'en retourner au cottage.

John se réveilla au cours de la nuit suivant, il eut une sacrée frayeur en voyant Sherlock assis à côté du lut les yeux grands ouverts.

_ Bon sang Sherlock, qu'est ce que tu fais là ? demanda John en haletant.

_ Je…

Il ne finit pas sa phrase fuyant littéralement la chambre.

_ Sherlock, reviens ici et tout de suite, hurla John.

Cependant, il était trop tard, il avait entendu la porte d'entrée s'ouvrir puis se refermer brutalement. John n'avait pas l'intention de le laisser s'en tirer comme ça. Il enfila aussi vite qu'il le pouvait un pantalon et un pull et partit à la recherche de son ami…

A suivre