Bonjour à tous.

Merci pour les reviews qui me font toujours autant plaisir!

Voici le quatrième chapitre où Séverus se fait déjà remarquer tandis qu' Hermione reste discrète.

Bonne lecture.

Chapitre 4 : L'entrée à la cour.

Hermione se réveilla le lendemain matin. Elle vit que le soleil, qui perçait à travers les volets, était déjà haut dans le ciel. Pendant un instant, elle se demanda où elle se trouvait, tant l'endroit lui était peu familier.

Quelqu'un frappa à la porte et Hermione se dépêcha d'aller ouvrir. Une petite femme se tenait dans l'encadrement de la porte, un sourire aux lèvres et le petit-déjeuner dans les mains. Hermione s'effaça pour la laisser entrer.

« - Avez-vous bien dormi, damoiselle ? S'enquit la femme de l'aubergiste.

- Oui très bien. J'en ai même oublié de me réveiller ! Quelle heure est-il ?

- Il est onze heures, belle dame.

- Oh ! Si tard ? Mon compagnon doit déjà être levé depuis longtemps, n'est-ce pas ?

- En effet, il est parti à l'aube. »

Hermione remercia l'aubergiste et commença à déjeuner de bon appétit.

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Séverus s'était réveillé, en effet, peu avant l'aurore. Il avait réfléchit longuement sur ce qu'il devait faire le jour même. Puis, il s'était habillé et était sorti alors que les rues commençaient à s'animer. Il avait l'allure d'un vrai chevalier avec sa tunique, son ample cape et sa grande épée à la ceinture. Il allait chercher ce qui lui manquait pour parfaire son déguisement : un cheval.

Il se rendit donc chez le palefrenier de la petite ville et y acheta trois bons chevaux. Il les installa dans les écuries de l'auberge et remonta chercher la Gryffondor.

Merlin, ce qu'il pouvait en perdre du temps à toujours revenir en arrière pour elle !

La porte de la chambre était fermée mais il entra tout de même et sans frapper.

Hermione était en train de se faire habiller par une des servantes de l'aubergiste, et celle-ci était elle-même en grande discussion avec la rouge et or.

La petite femme fut indignée de la conduite du chevalier, accompagnant une si jeune et si aimable damoiselle. Elle se mit à apostropher sire Séverus, qui battit en retraite. Personne ici, ne savait qu'il était l'effroyable et sarcastique maître des potions d'une école de sorcellerie ! Pour ne pas se créer d'ennuis, il envoya quelques excuses en direction des trois femmes et s'en retourna dans sa propre chambre.

A dire vrai, il était plus préoccupé par ce qu'il venait de voir que par les remontrances de l'aubergiste. Une vision divine lui revenait sans cesse : Hermione Granger, en jupon quelque peu transparent se tenait debout près de la fenêtre, inondée par le soleil du matin, ses longs cheveux reposant sur sa poitrine nue aux contours bien dessinés et il pouvait aisément deviner que…

Bon sang ! Ressaisis-toi Séverus !

Il fit disparaître l'image d'Hermione pour se concentrer sur la valise qu'il essayait de fermer, sans succès, depuis quelques minutes maintenant !

Une heure plus tard, Hermione était prête. Elle frappa à la porte de Snape qui lui intima d'entrer. Il referma la porte derrière elle. Surprise, elle vit qu'il insonorisait la pièce.

« - Nous devons cacher notre baguette et ne plus nous servir de la magie à partir de maintenant. Il n'y a que peu sorciers vivant par ici et se faire remarquer en tant que tel serait une erreur. Je pense que nous ne serions pas très bien vus… Il faut aussi inventer une histoire, savoir d'où nous venons et qui nous sommes.

- Je l'ai déjà dit à la femme de l'aubergiste tout à l'heure.

- Quoi ? Mais êtes-vous inconsciente, Miss Granger ? Et si j'avais fait la même chose de mon côté, en racontant une tout autre histoire que la vôtre ?

- Ah, parce que vous, vous avez le droit de parler et pas moi ? »

Hermione ne lui laissa pas le temps de répliquer et continua :

« - De toute façon, il est trop tard maintenant…Nous venons de Silésie dans l'Est. Je suis la fille d'un grand seigneur prénommé Tarn et je suis en visite. Mon père étant malade, c'est vous, son meilleur chevalier, qui m'accompagnez.

- Nous aurions pu trouver mieux que cela…

- Oh ! Ce n'est pas la peine d'en faire tout un plat ! Mon histoire tient la route, et c'est le principal.

- … Je vois. De toute façon, maintenant, et grâce à votre stupidité débordante, nous devons maintenir cette histoire. »

Après avoir dissimulé leur baguette dans une doublure de leur malle, ils partirent sans plus de cérémonie.

Séverus fixa leur peu de bagages sur un des chevaux. Il vit que la jeune femme, tout comme lui, savait déjà monter à cheval.

Quel dommage, elle aurait pu s'humilier et en public en plus !

Ils se mirent en route en début d'après-midi et se rendirent compte qu'il était plus agréable de voyager ainsi.

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Ils traversèrent le petit village et firent leur entrée dans l'enceinte du château. L'agitation de la rue et du marché fit place à une foule plus nombreuse alors qu'ils se rapprochaient. Leurs montures restant au pas, ils se mêlèrent aux marchands, aux troubadours et aux attelages transportant les nobles.

Quelques soldats montaient la garde et Séverus montra leur laissez-passer. Ils passèrent les portes de l'entrée du château sans aucun problème. Lorsqu'ils relevèrent un peu la tête pour admirer Camelot, ils furent impressionnés par sa taille et par sa magnificence. Ils connaissaient tous les deux, un peu l'histoire du roi Arthur et ce château reflétait la grandeur de cet homme.

Ils mirent pieds à terre et des écuyers vinrent s'occuper de leurs chevaux. Des serviteurs prirent leurs bagages et leur demandèrent de bien vouloir les suivre.

S'ils étaient éblouis par l'aspect extérieur, ils le furent tout autant devant la splendeur de l'intérieur du château : des tapisseries ornaient les murs et un peu de mobilier complétait le tableau.

Cependant, ils durent partir chacun de leur côté, leurs chambres ne se trouvant pas à proximité l'une de l'autre. Hermione jeta un coup d'œil inquiet en direction de Séverus lorsqu'ils virent qu'ils étaient séparés.

Ainsi, ils furent conduits à leur chambre respective. Séverus était logé dans le quartier des chevaliers, quand à Hermione, elle se retrouva dans des appartements qu'elle jugea assez proches de ceux des invités de marque.

Ils ne l'auraient jamais avoué, mais ils étaient un peu perdus, se retrouver séparés l'un de l'autre, dans ce monde à la fois immense et inconnu était un peu effrayant.

Après avoir découvert le lieu où elle allait vivre pendant quelques temps, Hermione se mit à la fenêtre pour admirer un peu les alentours. Elle était dans une haute tour et pouvait voir au loin le paysage avec la forêt et le village. En voyant les bois, elle repensa à la conversation qu'elle avait eut avec le loup noir.

Quelle rencontre étrange ! se dit-elle.

Elle devait sans doute approcher la reine et le seul moyen serait de devenir une de ses demoiselles de compagnie. Evidemment, le plus tôt serait le mieux et ce n'était pas en restant à rêvasser à sa fenêtre qu'elle y arriverait !

Elle ouvrit la porte, dans un élan décidé, et sortit dans le couloir désert. Elle commença alors une longue exploration du château et visita ainsi la cuisine, la salle d'arme et bien d'autres pièces. Elle pouvait ainsi côtoyer des chevaliers, des serviteurs, des artistes…

Attentive à tout ce qui se passait autour d'elle, Hermione perçut une étrange mélodie. Sa curiosité l'emportant, elle s'approcha de l'endroit d'où celle-ci provenait. Elle se retrouva sur le seuil d'une porte ouverte.

Hermione ne connaissait pas la reine, elle ne l'avait jamais vu mais dès que son regard se posa sur la jeune femme assise dans le fauteuil au centre de la pièce, elle sut que c'était elle. La rouge et or restait admirative devant Guenièvre. En effet, la reine était très belle et son allure lui donnait un air supérieur sans pour autant la rendre hautaine. Le menton sur le poing, elle semblait contrariée, et fronçait les sourcils. De tous les troubadours qu'elle avait accepté d'écouter, aucun ne lui convenait pour les festivités en son honneur.

Hermione s'assit dans un coin de la salle, alors qu'un jongleur entrait en scène pour montrer son numéro. Elle était fascinée par ce nouveau monde qu'elle découvrait.

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Séverus de son côté avait rapidement fait le tour de sa chambre. Les quartiers réservés aux chevaliers étaient très simples…et quasiment communautaires !

Il poussa un grognement lorsqu'il comprit qu'il ne pourrait pas avoir beaucoup d'intimité. Il laissa ses bagages en plan ainsi que son épée et sortit en trombe pour explorer les lieux.

Il fut peu surprit de voir que le château était vaste, mais fort heureusement, pas autant que celui de Poudlard !

Des bruits d'armes qui s'entrechoquaient lui parvinrent aux oreilles. Il entra alors dans la salle d'entraînements et quelques chevaliers l'aperçurent et s'approchèrent.

« -Tiens. Voilà un nouveau.

- Quel est votre nom, messire chevalier ? demanda un jeune homme blond.

- Séverus, se contenta t-il de répondre.

- Ah, il n'est pas très bavard. Mais peut-être sera-t-il plus à l'aise avec une épée en main ? répliqua un autre chevalier aux cheveux noirs. Toi qui cherchais un adversaire, Lancelot. »

Le jeune blond s'avança et lança une épée à Séverus qui attrapa la garde au vol.

Génial ! Un comité d'accueil pour chevaliers, ironisa t-il intérieurement. Et en plus, je ne suis pas assez expérimenté pour lui. Pourvu que la miss-je-sais-tout ne vienne pas jeter un œil par ici où je serai la risée de tous ces maudits gryffons !

Le duel commença et comme il s'y était attendu, Lancelot avait l'avantage. Comme pour bien enfoncer le clou, il crut même bon de rajouter, de façon très niaise d'ailleurs du point de vue de Séverus.

« - Il vous manque un peu d'entraînement, Sire Séverus, mais vous ne vous défendez pas trop mal. »

Séverus redoubla de persévérance, il s'acharnait presque alors que Lancelot le faisait reculer. Il ne s'aperçut pas que des embûches avaient été placées sur son chemin, et c'est sous les éclats de rire de l'assistance, qu'il heurta quelque chose et tomba à la renverse. Son regard se glaça alors que le combat s'arrêtait.

« - Ne faites point cette tête, Sire Séverus.

- Je n'aime guère ce genre de plaisanterie, Chevaliers.

- Prenez donc ma main, …

- Je n'ai point besoin d'aide, ajouta Séverus en se relevant.

- Je crains que nous ne l'ayons mis en colère » commenta le jeune homme aux cheveux noirs, alors que Séverus sortait de la salle, la tête haute, le visage fermé et froid.

Et bien, pour une entrée dans le monde de la chevalerie, ce n'était pas une mince affaire ! Séverus se dit qu'il allait laisser ces deux petits prétentieux s'en vouloir. Ainsi, ils devraient revenir vers lui d'ici quelques jours. Du moins, il l'espérait ! Sinon, la mission serait fichue !

Séverus ne se rendant pas compte de la direction qu'il avait prise, se retrouva aux portes de la grande salle d'où émanait de la musique.

Il entra et marqua un arrêt en apercevant la jeune reine. Son regard se figea, elle était absolument magnifique.

Hermione, assise à quelques mètres de là, ne perdit rien de l'entrée de Séverus dans la pièce. Elle eut un pincement et fit une grimace de dégoût en voyant qu'il regardait la reine avec insistance.

Remit du choc, Séverus parcourut des yeux la salle et aperçut sa jeune partenaire. Elle lui lançait d'ailleurs un regard noir. Qu'avait-il donc encore fait ? Il s'approcha et s'assit à côté d'elle.

Le troubadour venait de se mettre à chanter, des vers sur cette idée stupide d'amour courtois !

« - Alors, dame Guenièvre est à votre goût ? » chuchota Hermione qui n'y tenait plus.

C'était donc cela !...Séverus décida de s'amuser un peu.

« - Oui, elle est absolument divine, ne trouvez-vous pas ?

« - Elle est mariée je vous le rappelle ! Comment osez-vous la regarder avec autant d'insistance ?

- Seriez-vous jalouse par hasard ? Ce n'est pas parce qu'aucun homme ne vous regardera jamais comme cela qu'il faut être désagréable !

- … Si nous n'étions pas si entourés, je vous aurais déjà giflé !

- Je serais ravi de voir cela. Voulez-vous que nous sortions de cette pièce ? »

Séverus avait un petit rictus triomphant sur les lèvres, ce qui agaça profondément Hermione qui s'apprêtait à riposter.

Mais ils furent contraints d'abandonner leur petite lutte verbale, car Guenièvre venait de se lever, elle retournait à ses quartiers.

Lorsqu'elle passa devant eux, elle adressa un léger sourire à Séverus qui en fut surprit.

Hermione, elle, bouillonnait de rage. Et elle ne savait pas pourquoi mais elle ne voulait pas que quelqu'un ne s'immisce dans le duo qu'elle formait avec lui. Surtout si ce « quelqu'un » était une femme…

Quelques minutes plus tard, des chevaliers entrèrent à leur tour. En voyant Séverus, ils s'exclamèrent jovialement.

« - Ah, mais voici notre chevalier à la triste figure…

- Je vois que vous n'avez pas perdu de temps pour vous faire des amis. » ironisa Hermione.

Les deux chevaliers s'avancèrent vers eux et Séverus se leva.

« - Se pourrait-il qu'il vous accompagne, belle dame ?

- En effet, messires. Répondit Hermione qui avait rougit légèrement au compliment.

- …Bon. Dame Hermione et moi-même avons fait un long voyage, nous partons nous reposer. Intervint Séverus en prenant Hermione par le coude et en la forçant à se lever.

- Je ne suis pas fatiguée, merci bien. Dit-elle en se dégageant. …Et je ne connais pas encore vos noms, messires chevaliers. »

Sous le regard furieux de Séverus, les deux hommes se présentèrent. Lancelot était le duelliste blond de Séverus, et Gauvain était le nom du chevalier aux cheveux noirs.

Ils souriaient et faisaient quelques commentaires plaisants alors qu'Hermione semblait fascinée par ce qu'ils racontaient.

Séverus perdait patience. Il était maussade et en colère : c'était sa partenaire, et il ne savait pas vraiment pour quelle raison, il ne souhaitait pas la partager !

Il revint à la conversation lorsqu'il entendit son nom.

« - Pourquoi, sire Séverus, ne viendrait-il pas avec vous à l'entrainement des chevaliers ? » demanda Hermione gaiement alors que Séverus réprimait en hoquet de surprise.

De quoi se mêlait-elle ?

« - Nous en serions enchantés. Nous viendrons vous chercher, sire Séverus. Pour faire plaisir à Dame Hermione, nous ferons de vous un véritable chevalier. »

Séverus leva les yeux au ciel. Il entraina Hermione à l'écart malgré ses protestations.

« - Montrez-moi vos quartiers, nous avons quelques petites mises au point à faire. »

Hermione, vexée, l'emmena donc dans ses appartements, et Séverus claqua la porte.

« - Vous ais-je mis en colère, sire Séverus ? demanda innocemment la jeune femme.

- Je vous prierais à l'avenir, de vous occuper de vos affaires, siffla Séverus. Il me semble que vous, vous devez intervenir auprès de la reine.

- Ah oui ! Parlons-en de la reine, il aurait fallut que j'attende que vous ayez fini de lui faire les yeux doux peut-être ?

- Vous pouvez parler ! Vous ne vous êtes pas vue, avec Gauvain ?

- C'est un homme charmant. Bien plus que vous ne le serez jamais !

Ils s'étaient lancés tout cela à la figure, se retrouvant à quelques centimètres l'un de l'autre, le souffle court et les poings serrés. Ils se regardaient droit dans les yeux.

Ce fut Hermione qui se ressaisit la première, se forçant à détourner le regard des yeux onyx.

« - De toute façon, ce qui est fait est fait, dit-elle plus calmement.

- Quelle perspicacité !

- Vous êtes introduits chez les chevaliers. De plus, d'après les légendes, Gauvain et Lancelot sont les meilleurs… Pour Guenièvre, elle semble moins accessible…Peut-être pourriez-vous lui déclamer quelques vers ? »

Séverus lui lança un regard noir.

« - Je plaisantais !... Bon, il faut trouver un moyen de l'approcher.

- Elle semble s'ennuyer profondément…Un divertissement lui ferait sans doute plaisir… Pourquoi ne lui offrez-vous pas quelque chose ? Un objet, un jeu peut-être ?

- Oui, j'y avais déjà songé avant de partir. J'ai apporté un jeu de dames et un jeu de petits chevaux en bois. Ils sont dans ma valise.

- Vous pourriez les lui offrir lors des festivités qui se dérouleront dans une semaine. Ainsi, vous vous rapprocherez peut-être d'elle si elle apprécie vos présents.

- En effet. En attendant, mêlons-nous aux gens de cour. Je vais essayer chez les damoiselles de compagnie. Vous, vous irez avec les chevaliers, votre place y est déjà faite. »

Les choses étant claires, Séverus repartit et Hermione se retrouva à nouveau seule. Sachant que son chevalier n'était pas à proximité, elle eut du mal à trouver le sommeil…