Auteur: Claire1663

Bêta : Vinnie

Disclaimer: Tous les personnages ainsi que l'histoire originale appartiennent à JK Rowling.

Titre : Manipulations.

Résumé: Harry va à la rencontre de Voldemort dans la Forêt Interdite lors de la Grande Bataille mais lorsque le sort de la mort le frappe, la vérité éclate.

Parole : fourchelangue

Aide à la lecture : UA. Personnages OOC. Amélia Bones est vivante ainsi que Dumbledore. Tom Jedusor a ouvert la Chambre des Secrets, non en 1943 mais en 1945 (sa dernière année à Poudlard), la même année où Dumbledore réussit à vaincre Grindelwald. Adriana Dumbledore décède en 1945 au moment du duel entre Albus Dumbledore et Gellert Grindelwald.

Voldemort a pris le pouvoir au Ministère mais Poudlard reste le dernier endroit libre du monde sorcier. Harry est bien parti à la chasse au Horcruxes au cours de l'année et revient à Poudlard pour retrouver le diadème.

Comme pour les livres, Voldemort comprend que ses ennemis connaissent l'existence des Horcruxes et tentent de les détruire. Il décide donc de se confronter à la dernière poche de résistance, Poudlard, ainsi qu'à Dumbledore et Harry Potter.

L'histoire débute au moment où Harry rejoint Voldemort dans la Forêt interdite. La scène dans laquelle il plonge dans la Pensine dans le bureau de Dumbledore n'a pas eu lieu.

Note de l'auteur : Merci à tous pour vos reviews, followers et favoris.

Bonne lecture.

Chapitre 4 Harry

Le professeur McGonagall regarda, interdite, ses élèves. Est-ce qu'ils insinuaient que monsieur Potter était vivant ? Elle ne savait plus quoi penser. Elle voulait tellement y croire. Harry Potter était non seulement un de ses lions mais également un étudiant qu'elle appréciait réellement. Digne fils de son père mais surtout de sa mère, c'était un enfant qui avait énormément souffert tout au long de sa vie et qui méritait, à présent, le bonheur.

Elle tourna de nouveau son regard vers les deux meilleurs amis de son protégé, tentant de confirmer, dans leurs regards, leur affirmation. Elle ne vit que confiance, joie et certitude :

-Avez-vous une preuve, monsieur Weasley, de ce que vous venez de dire ? Sachez que de nombreuses personnes, ici présentes, ne pourraient supporter une autre perte.

Son regard se porta alors vers la famille Malefoy qui se soutenait. Voir une de ces prestigieuses familles si démunie prouvait bien à tous que cette guerre avait fait plus de ravages que tous avaient crus.

-Oui madame, le père d'Harry et ses amis, les Maraudeurs…je ne sais pas si vous les connaissiez, professeur…

Ron s'arrêta de suite de tenter d'expliquer à son professeur de métamorphose l'identité des créateurs de la Carte. En effet, cette dernière avait tiqué au surnom que s'était donné l'un des pires groupes de farceurs qu'elle avait eu le malheur de rencontrer. Et malgré son allure inchangée, les deux étudiants avaient remarqué la veine sur le front de leur directrice qui semblait battre à vive allure. Hermione décida alors de reprendre la parole :

-Madame, ces élèves ont réussi à créer une Carte qui représente l'école de Poudlard ainsi que ses habitants à l'endroit précis où ils se trouvent.

-Une Carte de Poudlard mais c'est impossible…

Elle regarda alors attentivement le bout de parchemin que tenait Ron dans ses mains et vit le château retranscrit mais également des noms qui bougeaient comme s'ils représentaient les déplacements des personnes en question.

Mais c'est surtout un nom qui retenait toute son attention, Harry Potter. Il était donc bien vivant. Et si elle lisait convenablement ce parchemin, il se trouvait dans la même pièce que Dumbledore et Grindelwald. Qu'est-ce que cela signifiait ?

Dans tous les cas, son protégé était vivant et elle devait l'aider. Elle confia à ses deux étudiants le soin de prévenir la famille Weasley et l'Ordre du Phoenix. Quant à elle, elle se dirigea vers la famille Malefoy.

Arrivée à leurs niveaux, elle n'hésita pas à les interpeller. Ils devaient agir le plus rapidement possible :

-Monsieur et madame Malefoy ?

A l'appel de leur nom, Narcissa et Lucius Malefoy se retournèrent pour faire face à la directrice des Gryffondor :

-Professeur McGonagall ?

-Nous avons la preuve qu'Harry est vivant.

Cette annonce cloua les époux Malefoy au silence, ne sachant que dire, faire ou croire et c'est leur fils, Drago, qui n'hésita pas à interroger son professeur de métamorphose :

-Professeur, vous êtes sûre de ce que vous avancez ?

-Oui, monsieur Malefoy. Il semblerait qu'Harry ait confié un objet à miss Granger et monsieur Weasley qui leur permettent de situer chaque personne vivante dans l'école. Et actuellement, Harry Potter se trouve sur cette carte, près de la Grande Salle.

-Par Merlin, ne put que dire la matriarche Malefoy.

Le regard de la famille se dirigea aussitôt vers un groupe de roux et ils virent la même surprise chez la famille Weasley alors que les deux jeunes gens leur présentaient un parchemin. Ce n'est qu'en voyant un des enfants confirmer les faits qu'ils virent la famille se diriger hâtivement vers les membres de l'Ordre qu'ils comprirent que leur fils était toujours vivant.

Lucius ne chercha pas à en comprendre davantage. Il se dirigea vers le groupe de Mangemorts à la recherche de son maître, ou en tout cas de l'homme qu'il considérait comme tel.

Il le trouva dans la coursive, semblant accablé par le chagrin.

-Monsieur ? l'interpella t-il.

Tom Jedusor entendit Lucius Malefoy l'appeler. Si cela n'avait pas été le père de son âme-sœur, il aurait certainement renvoyé la personne qui le dérangeait mais il avait plus de considération pour cet homme qui avait autant perdu que lui :

-Que veux-tu Lucius ?

-Il s'agit d'Altair, monsieur. Il est vivant.

L'ancien mage noir se redressa à ces paroles et se rapprocha du blond.

-En es-tu sûr, Lucius ?

-Les amis d'Harry ont un moyen de prouver sa présence dans le château. Vivant !

-Alors il y a un espoir ?

-Oui, monsieur…

Soudain la voix, inquiète, de sa femme l'interpella :

-Lucius !

Les deux hommes se dirigèrent immédiatement vers Narcissa. Cette dernière se trouvait avec son fils et le professeur McGonagall, près des deux amis d'Harry.

-Qu'y a-t-il Narcissa ?

-Il est avec Dumbledore et Grindelwald. Notre fils est dans la même pièce que ces deux fous !

A ces mots, Tom n'attendit pas plus longtemps et rassembla ses troupes près de l'entrée du château encombré. Ils se mirent à plusieurs et tentèrent de dégager les débris. L'Ordre du Phoenix se joignit à eux mais le directeur de l'école avait bien fait son travail et une barrière magique les empêchait d'avancer rapidement.

Fatiguée d'attendre et anxieuse à l'idée de savoir qu'elle pouvait de nouveau perdre son fils, Narcissa se rapprocha de la barrière et cria :

-Bombarda maxima.

La barrière ne céda pas mais le sort l'ébrécha. Voyant le résultat, elle continua sur sa lancée, imposant ainsi tout son amour de mère. Elle fut vite rejointe par Molly Weasley grâce à qui à elle deux firent plus de dégâts que tous les Mangemorts et l'Ordre réunis. Tom et Lucius se joignirent à elles ainsi que les personnes les plus proches d'Harry comme Ron, Hermione ou Drago, et ensemble ils réussirent à totalement détruire la barrière, non sans créer une forte explosion qui les secoua tous.

Lorsqu'ils virent l'entrée dégagée, ils entrèrent tous dans l'école à la recherche d'un jeune homme mais également d'un vieil homme qu'ils voulaient détruire.

Ils virent aussitôt les dégâts qu'avait occasionnés la déflagration de l'explosion. Plusieurs pans de murs s'étaient écroulés, laissant un spectacle désolant.

Tom s'inquiétait. Il avait peur que l'explosion ait pu atteindre Harry et le blesser. Il se hâta donc d'avancer. D'après cette Carte fortement intéressante, Harry se tenait quelques mètres plus loin juste avant l'explosion. Il s'y dirigea, accompagné de la famille Malefoy, Weasley et des membres de l'Ordre.

Ils avancèrent aussi rapidement que possible en prenant garde à l'endroit où il marchait. Il dégagea ainsi un passage surveillant attentivement le moindre signe de vie. Il stoppa soudain. Devant lui se trouvaient des traces sur le sol. Il n'arrivait pas à les identifier, étant donné les nombreux débris qui se trouvaient dessus.

-Qu'est-ce que c'est ? demanda alors Lucius.

L'ancien Seigneur des Ténèbres se tourna vers lui :

-Il doit s'agir d'un cercle d'incantation. D'après mes souvenirs, il n'y en avait pas ici.

-C'est exact, confirma une voix ferme.

Le professeur McGonagall se rapprocha d'eux, accompagnée du professeur de sortilèges. Elle regarda attentivement les quelques signes visibles et se tourna vers son collègue. Ce dernier, aidé des deux sorciers, dégagea le sol :

-Filius ?

-Il s'agit d'un cercle de runes et…

Le professeur se rapprocha du cercle pour y déposer sa main, semblant le jauger, avant de déclarer :

-C'est monsieur Potter qui l'a tracé. Il est imprégné de sa magie.

L'écossaise confirma alors les dires de son ami après avoir inspecté les runes. Elle réfléchit quelques instants avant de poser la question que tous se posaient :

-Pourquoi monsieur Potter a-t-il mis en place ce cercle et quelle incantation a-t-il utilisé ?

-D'après ce que j'ai pu comprendre, il s'agit d'une magie relative à l'esprit, déclara le petit professeur. Je vois également la rune de l'âme, du corps. Il semblerait qu'il s'agisse d'un transfert. Mais dans quel but et pour qui ? Cela je ne saurais le dire.

Lucius Malefoy regarda les deux professeurs, le cercle puis la pièce. Son fils avait tracé ce cercle dans un but évident mais ce qu'il voulait maintenant était son fils et non la raison de sa présence ici :

-En tout cas, c'est ici qu'Altair…ou Harry, a dû être avant l'explosion. Il ne doit pas être loin.

Sa femme appuya ses dires et se mit aussitôt à la recherche de son fils aîné, accompagnée de son cadet mais également d'une famille de roux. L'Ordre se joignit à eux mais quelques Aurors, dont Shacklebolt, reprirent leurs recherches pour retrouver également Dumbledore et Grindelwald. Ces deux hommes devaient répondre de leurs actes.

Les Mangemorts rentrèrent dans la salle et, après un geste de leur ancien maître, accompagnèrent l'Ordre. Eux-mêmes désiraient retrouver les coupables de leur déchéance.

Bellatrix Lestrange en faisait partie. Elle n'avait pas cessé de fixer son regard sur le fils Londubat. Elle voulait tellement s'excuser de son comportement même si elle n'en était pas responsable, mais ce dernier l'évitait et les regards accusateurs qu'il lui lançait ne l'aidaient pas à tenter un dialogue. Mais elle comprenait. Jamais il n'oublierait et seul le temps pourrait peut-être apaiser les rancœurs que ce fou avait endiguées.

Tom était resté en retrait des autres, toujours près du cercle, le regardant attentivement et semblant être plongé dans une intense introspection. Il semblait réfléchir, tentant de dénouer le mystère de ce cercle.

Il se remémora tout ce qu'il savait des deux hommes qu'étaient Dumbledore et Grindelwald. Ses souvenirs le ramenèrent à ses études à Poudlard et surtout à sa rencontre avec le professeur Dumbledore. Au cours de ses années d'étude, il avait apprécié le professeur. Il avait toujours eu ce goût prononcé pour la magie noire mais l'homme ne l'avait pas laissé seul. Aujourd'hui, il comprenait que le vieil homme avait dû certainement comprendre son penchant et avait tenté de l'en dissuader de manière douce, lui faisant comprendre qu'il était présent pour lui.

Pourtant, il avait changé. Peu de temps après sa victoire contre Grindelwald, le professeur était revenu à Poudlard pour sa septième année. Au début, il n'eut que peu de changements mais il avait senti une différence qu'il avait mise sur le compte du combat contre le mage noir qui, d'après les rumeurs, avait été proche de lui. Mais rien n'était revenu comme avant et il était devenu Voldemort. Et à partir de ce moment-là, il avait débuté sa descente en enfer.

Il avait cru que Dumbledore l'avait envoûté au cours de cette année car il sortait de Poudlard et ce dernier n'aurait plus eu aucun contrôle sur lui mais aujourd'hui, à la vue des cercles de runes, il se demandait si une autre raison, si un autre évènement n'avait pas réellement déclenché ce conflit dont il vivait, enfin il l'espérait, les derniers moments.

Tout à sa réflexion, il ne fit pas attention à l'approche du patriarche de la famille Malefoy et fut surpris lorsque ce dernier prit la parole :

-Monsieur ? Un problème ?

L'homme, qui avait retrouvé sa jeunesse, se retourna vers son interlocuteur puis reprit sa contemplation du cercle. Pourtant, il prit la parole :

-Ceci expliquerait la présence de Grindelwald.

Le blond ne cessa de fixer son regard sur son ancien maître puis sur le cercle tentant de comprendre le lien qui pouvait exister entre l'ancien mage noir et le rituel qui avait dû être pratiquer ici par son fils.

Pourtant il ne put questionner plus longuement Tom que des cris de la part de l'Ordre se firent entendre. Ils avaient retrouvé Grindelwald, évanoui.

L'ancien Seigneur des Ténèbres s'approcha et n'hésita pas à attacher l'homme afin de lui éviter toute tentative de retraite, sous le regard curieux de l'Ordre. :

-Ne prenons aucun risque…

Mais il ne put dire plus que, cette fois-ci, ce sont ses hommes qui s'exclamèrent :

-Nous avons Dumbledore !

Ces derniers n'hésitèrent pas à jeter le vieil homme au milieu de la pièce qui avait été dégagée mais avant qu'ils ne puissent faire quoi que ce soit, Tom Jedusor s'interposa. Il fixa son ancien mentor et l'immobilisa.

Son action avait pris au dépourvu un bon nombre de personnes. Le directeur de Poudlard n'avait pas hésité à attaquer ses élèves pour se protéger. Il n'avait pas eu le moindre scrupule à manipuler des hommes et des femmes, dont l'homme qui était le Seigneur des Ténèbres et qui actuellement le protégeait.

-Pourquoi vous le protégez ? n'hésita pas à demander un des Mangemorts.

-Premièrement, il est le seul, avec cet homme, dit-il en désignant Grindelwald, à savoir ce qui s'est déroulé dans cette pièce et donc d'avoir une idée de l'emplacement d'Harry…Potter mais je pense que tout n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît. Je veux que la vérité éclate et, à mon sens, trois hommes la connaissent et eux seuls pourront nous la dévoiler.

Le vieil homme, qui n'était pas évanoui, avait écouté le discours du jeune homme qui lui faisait face. Ce dernier s'était agenouillé à son niveau et le regardait fixement. Une lueur de compréhension se reflétait dans ses yeux et alors le vieil homme sut que le moment de la vérité était arrivé :

-Vous avez toujours été mon élève le plus brillant, monsieur Jedusor.

Ce discours, qui avait laissé perplexe les personnes réunies dans la pièce, semblait avoir trouvé écho pour Tom. Pourtant, ce dernier gardait une position défensive :

-Mais vous devez vous douter, professeur, qu'il me faut des preuves et une confrontation.

-Je n'en attendais pas moins de vous, monsieur Jedusor. Et puis, nous avons trop perdu et souffert pour permettre que les erreurs du passé se renouvellent.

L'homme hocha la tête. Lui non plus ne désirait pas vivre de nouveau ses années d'errance. Une nouvelle chance lui avait été donnée et il allait la saisir. Surtout depuis qu'il savait qu'Harry était vivant. Il voulait maintenant passer toute son énergie à s'excuser auprès du Gryffondor et tenter de se faire accepter par lui, même s'il se doutait que cela n'allait pas être chose aisée.

Lucius avait vu l'échange qui s'était déroulé entre les deux sorciers les plus puissants de leur génération et n'arrivait pas à saisir parfaitement la situation mais il savait une chose, c'était que l'homme qu'il avait servi voulait se venger, voulait venger son fils, voulait venger ses Mangemorts et tous ceux qui avaient été injustement tués dans cette guerre. C'est pour cela qui lui faisait pleinement confiance.

Il s'approcha alors de sa femme et de son fils qui s'étaient immobilisés quelques instants à la découverte de Dumbledore. Sa femme avait la baguette en main prête à faire justice elle-même. Toutefois, d'un regard l'époux calma sa femme. Il l'embrassa sur la tempe, posa une main sur l'épaule sur son fils et se décidèrent de continuer à rechercher Harry Potter, leur fils.

Non loin de là, la famille Weasley, ou tout du moins les enfants et Hermione Granger, n'avait pas réellement fait attention à ce qui l'entourait. A chaque découverte, ils avaient espéré retrouver leur ami mais à chaque fois la déception fut présente.

Hermione, fatiguée et paniquant à l'idée de ne pas revoir Harry, décida d'utiliser un moyen plus efficace. Elle voulait utiliser la Carte et selon les emplacements des noms, délimiter le lieu où se trouvait son meilleur ami. Elle se tourna alors vers le plus jeune fils Weasley qui cherchait frénétiquement dans les décombres :

-Ron, tu as toujours la Carte ?

-Oui…

Comprenant l'idée de son amie, le jeune homme reprit fébrilement la Carte, l'activa et s'exclama :

-Par Merlin !

Son cri détourna toutes les têtes vers lui, curieux de connaître la raison de ce hurlement. C'est la jeune fille qui se rapprocha de son ami :

-Qu'est-ce qu'il y a Ron, où est Harry ?

Comprenant que les deux jeunes parlaient d'Harry et qu'ils utilisaient le même moyen qu'ils avaient employé précédemment, Tom Jedusor, la famille Malefoy et l'Ordre du Phoenix se rapprochèrent mais furent ébranlés face à la déclaration du roux :

-Harry, il est plus là. Je ne le vois plus. Il n'est plus à Poudlard. Il a disparu !


Fleur Delacour avait suivi son mari, Bill, pour la bataille à Poudlard. Au moment où Harry, Ron et Hermione étaient partis pour Gringotts, elle avait eu peur qu'il leur soit arrivé quelque chose. Tout comme son époux, elle travaillait pour les gobelins et ces derniers n'étaient pas aussi stupides que la plupart des sorciers qui travaillaient au Ministère. De plus, les restrictions dues à la présence forte de Voldemort rendaient la mission encore plus périlleuse.

Toutefois elle fut soulagée lorsque l'appel de la radio rebelle les prévint qu'Harry était non seulement vivant mais également à Poudlard. Bill réussit à joindre ses parents et tous décidèrent de se rendre à l'école de sorcellerie. La bataille finale était proche.

Elle avait revu Harry rapidement. Tous se préparaient à la défense de l'école ou de l'évacuation des plus jeunes. Elle s'était mise en place avec son mari et au moment où les défenses disparaissaient, elle prit tendrement la main de celui qu'elle aimait, se soutenant mutuellement face à l'adversité qui s'approchait.

Le combat fut rude et les pertes immenses. Lorsque les troupes du Seigneur des Ténèbres se retirèrent, tous rapatrièrent les corps des défunts afin de les honorer quelques instants. Elle fut soulagée de voir que Bill soit sain et sauf mais ce ne fut pas le cas pour toute la famille Weasley. Fred, l'un des jumeaux, était décédé et elle put être au premier rang de la détresse de cette famille.

Elle vit au loin Harry rentrer dans la Grande Salle, accompagné de ses deux meilleurs amis. Le plus jeune Weasley s'avança vers sa famille et pleura la perte de ce frère. Elle l'observa quelques instants avant de reporter son attention sur Harry qui fixait un couple, celui de Rémus et Tonks. Il les observa un moment avant de se retourner vers le corps de Fred puis sur celui des nombreux corps allongés au sol. Son regard était si triste, si vide. Il repartit et elle ne prévint personne, comprenant ce besoin de solitude.

Des murmures l'interpellèrent. Voldemort revenait avec sa troupe. Les survivants se regroupèrent à l'entrée.

Harry était mort. Ce garçon qui avait combattu avec elle lors du Tournoi, qui avait sauvé sa petite sœur. Cet enfant s'était sacrifié pour tous.

Mais la surprise ne s'arrêta pas là. A la place d'une rixe entre les deux camps, ce fut une discussion qui eut lieu entre un jeune homme, âgé d'à peine vingt ans, et leur supposé leader, Dumbledore. Le jeune homme s'appelait Tom et se présentait comme étant Voldemort ou comme celui qui avait été ensorcelé par le vieux mage.

Fleur était perdue et d'après ce qu'elle pouvait voir autour d'elle, elle n'était pas la seule. Les propos qui se dirent la perturbèrent et elle sentit Bill se rapprocher d'elle. Ce dernier venait de perdre un frère et un autre qu'il considérait tout comme, pour rien… pour la soif de pouvoir d'un seul homme !

Lorsque les Mangemorts s'attaquèrent au directeur de l'école, elle ne fit aucun geste. D'ailleurs personne de l'Ordre ou de l'école ne semblait connaître la réaction qu'il devait adopter. Ce ne fut au moment où les élèves restants furent en danger qu'ils décidèrent de se défendre mais ils ne pouvaient se résoudre à combattre celui qu'il considérait comme leur chef, leur meneur.

L'entrée s'écroula. Dumbledore avait réussi à s'échapper par l'école et l'Ordre se retrouvait seul, avec des élèves, face aux Mangemorts mais ces derniers avaient protégé les étudiants et ne firent aucun geste agressif envers eux. Pourtant, Fleur gardait bien en main sa baguette, ne voulant pas être prise par surprise. Elle pensa alors à Maugrey Fol'œil. Vigilance constance !

Elle retrouva la famille Weasley. Elle avait vu Molly se rendre avec Narcissa Malefoy dans la forêt et elle en revenait. Tous voulaient savoir ce qu'il en était exactement pour Harry mais la réponse les choqua.

Le corps d'Harry avait disparu.

Qui aurait pu enlever le corps de cet enfant qui avait déjà bien assez souffert. Ne pouvait-on pas le laisser en paix. Tous furent bouleversés et son mari tenta de réconforter sa mère qui n'arrivait pas à se remettre de la perte de ses deux fils.

Mais la scène qui la désarçonna fut celle de la famille Malefoy, ensemble tous les trois, pleurant leur enfant car c'est ce qu'elle avait compris, Harry Potter était également Altair Malefoy, le fils aîné de la famille aristocratique, enlevé et utilisé par l'homme qu'elle avait considéré comme un sage.

Mais ils ne furent pas les seuls. En plus, des amis et proches du jeune homme, une autre personne pleurait sa disparition et son identité la désempara. Le Seigneur des Ténèbres ou en tout cas l'homme qui l'avait été semblait bouleversé et s'éloignait de ses hommes. Elle n'arrivait pas à identifier clairement la scène mais voir un homme aux épaules voûtées qui tressautaient et des mains devant les yeux lui confirmaient que Voldemort pleurait Harry Potter.

En regardant ces scènes exprimant tellement de tristesse, elle voulut rejoindre son époux, sa famille. Elle avait besoin de réconfort, d'une présence qui, pour certains, avait été arrachée. Pourtant, elle ne fit que quelques pas lorsque son attention se porta vers le frère de Bill, Ron, qui se trouvait avec son amie, Hermione Granger. Ils s'étaient rapprochés du château et semblaient captivés par un parchemin. De temps en temps, ils observaient les fenêtres, tentant d'apercevoir quelque chose. Puis leurs regards s'éclairèrent, comme s'ils avaient trouvé ce qu'ils cherchaient. Ils semblaient en proie à une grande agitation. C'est à ce moment-là que le professeur McGonagall les rejoignit. Après une expression dubitative, cette dernière exprimait ensuite la surprise, la joie et puis la volonté. Une volonté digne de la directrice des Gryffondor.

Fleur voulut les rattraper mais ils se séparèrent. Le professeur se dirigea vers la famille Malefoy et les deux étudiants vers l'Ordre. Elle décida de retrouver sa famille.

Harry était vivant ! Ron et Hermione affirmaient que leur ami était vivant mais, également, qu'il se confrontait à Dumbledore et plus surprenant encore, à Grindelwald. Elle connaissait l'existence de cet homme qui, comme Voldemort, avait une sacrée réputation dans le cercle européen en tant que mage noir. Cette histoire devenait de plus en plus compliquée.

Tous se rassemblèrent, prêts à attaquer le château et pourtant le bouclier qu'avait utilisé Dumbledore ne lâchait pas. Ce n'est que lorsque la famille Malefoy, Weasley et l'ancien Seigneur des Ténèbres intervinrent que ce dernier se désagrégea.

Ils rentrèrent dans une salle où devaient se trouver Harry et les deux autres hommes. Mais personne n'était en vu. Mais cela était compréhensible, la salle était délabrée et parsemée de nombreux monticules de débris. Sa peur se fit plus intense, si Harry se trouvait dans cette salle au moment de l'explosion, il aurait pu être grièvement blessé et peut-être… mort.

Non elle ne voulait pas penser cela. Il faisait partie de la famille, avait affronté des forces que bon nombre de sorciers n'auraient pas eu seulement le courage de nommer et il avait sauvé sa sœur. La famille Delacour avait une dette envers ce jeune homme qu'elle avait grandement apprécié pendant le Tournoi.

Elle entendit plus qu'elle ne vit la découverte de Grindelwald mais elle ne fit pas réellement attention. Ce n'est qu'au moment où ils découvrirent Dumbledore qu'elle remarqua un bout de tissu coincé sous une pierre. Ne voulant pas donner de fausses joies à quiconque, elle dégagea seule le débris pour faire face à Harry.

Ce dernier était grièvement blessé. Tout son corps présentait de nombreuses blessures dont certaines semblaient profondes. De plus, l'explosion n'avait pas été la seule cause de lésions, il avait cambriolé Gringotts quelques temps auparavant, participé à la bataille, affronté Voldemort, survécu un Avada Kedavra et participé à un étrange rituel. Elle se doutait que son état devait être plus grave que ce qu'il paraissait.

Elle devait appeler de l'aide et c'est ce qu'elle s'apprêtait à faire quand une main l'empoigna doucement. Surprise, elle se tourna vers le propriétaire de celle-ci, il s'agissait d'Harry. Elle voulut l'appeler ou interpeller quelqu'un mais le regard de ce dernier l'en dissuada.

Il paraissait si fragile. Des larmes commencèrent à apparaître dans ses yeux. Il tentait de lui parler, elle décida alors de s'approcher de lui mais ce qu'elle entendit lui brisa le cœur :

-Emmène-moi…emmène moi loin d'ici…loin d'eux…

-Harry, ils ont besoin de toi… tenta-t-elle de le persuader.

-S'il te plaît…je suis si fatigué…si fatigué…

Et Harry s'évanouit. Elle fit face alors à un problème. Elle savait, pour l'avoir vu, que la plupart des personnes présentes, ce soir, cherchaient désespérément Harry, voulant le protéger et l'aimer mais en face il y avait Harry. Il l'avait suppliée de l'emmener loin d'eux et elle comprenait. Oh que oui, elle comprenait. Il avait fait face à de nombreux obstacles, la tête haute, et il avait appris que sa vie, son corps, avait été manipulé de la pire des façons et maintenant il était lié au côté qui lui avait toujours été défini comme sombre, à une famille qui l'avait haï, à un homme qui avait tué ses parents et s'était acharné, ces dernières années, à faire de sa vie un enfer. Alors oui elle comprenait qu'Harry voulait être seul, sans personne pour le persuader, pour lui imposer quoi que ce soit.

C'est pourquoi, elle décida de suivre son instinct et son cœur. Elle avait toujours avec elle un portoloin qui l'emmenait à la maison aux coquillages. Elle le prit et l'activa emmenant avec elle un jeune homme, un ami, perdu. Elle n'entendit jamais le cri de désespoir à la disparition d'Harry de la Carte et donc de Poudlard.