Harry cligna des yeux sur la lumière qui envahissait sa chambre. Il ne se souvenait pas avoir dormi là depuis des mois, habitude d'un canapé confortable et si proche de la cuisine. La sensation froide des ses draps contre sa peau lui rappela sa quasi-nudité.

Oh.

Il se rappelait maintenant. Le réveil avait recouvert de brumes ses alentours mais il sentait maintenant le corps de l'homme à ses côtés.

Drago.

Harry referma les yeux. Evidemment les deux hommes s'étaient un peu emporté la veille et il fallait reconnaître à Drago ses talents là où il les avait.

Mais si Harry avait envie d'une seule chose à cet instant, c'était de se rendormir.

Il ne voulait pas faire face aux conséquences d'un tel acte. Qu'allait faire Drago, allait-il nier ce rapprochement ? Le rejeter du plat de la main comme on le fait après un coup d'un soir raté ? Car pour Harry cette soirée avait été particulièrement intense et vraiment très agréable, et gênante et un peu drôle mais principalement agréable.

Harry inspira doucement. A vrai dire, il était surpris que Drago soit resté. Si il était parti, Harry ne serait pas entrain de se poser ces questions. Il aurait su que Drago ne voulait absolument rien de plus que cette nuit.

Il décida de se lever et de prendre une douche, après tout, remarqua-t-il, il restait une heure avant le travail. Il attrapa son boxer et rentra dans la salle de bain attenant à sa chambre. C'était d'ailleurs la raison principale du choix de cette chambre parmi la demi-douzaine que ce manoir abritait.
Laissant l'eau chaude couler contre son corps, Harry s'imaginait comment il allait réveiller le blond. Tendrement, énergiquement, suavement ?

"Harry !"

Le brun ferma le robinet d'eau chaude plus vite que celui d'eau froide et reçu en retour un filet d'eau froide.

"Oui ? Glappit-il, surpris par la salve d'eau glacé qu'il venait de recevoir."

Drago était donc réveillé.

"Je peux prendre une douche.
- Euh oui"

Harry réfléchit une seconde avant de lancer :

"Il y a une douche au fond du cou…"

Il n'eut pas le temps de finir qu'une ombre se découpa sur le rideau de douche qui s'ouvrit quelques secondes plus tard. Harry se retourna immédiatement face au mur.

"Il y a cinq salles de bains dans cette maison, pourquoi celle là ?
- Parce que tu es dedans ?
- Drago !"

Pour toute réponse, l'ancien Serpentard posa ses mains sur les hanches de Harry et posa un baiser dans son cou. Harry sentit une vague de chaleur se déclencher en lui et honnêtement, il paniqua.

"Ok, j'ai fini je te laisse la douche, balbutia Harry avant de quitter la pièce."

Il sortit sans même regarder le regarder et s'enroula une serviette autour de la taille. Certes, Drago et lui avaient couché ensemble la veille mais il y avait l'inhibition de l'alcool et le noir de la chambre de son côté. De plus, il restait peu de temps avant le travail. Il s'habilla et descendit aux rez-de-chaussée.

Il prépara machinalement deux tasses de café avant de se rendre compte qu'il ne savait pas ce que son collègue prenait au petit-déjeuner. Inquiet qu'il ne se retrouve sans rien il fit bouillir de l'eau et infusa un thé avec l'unique sorte qu'il possédait. Il sortit des fruits et quelques biscuits. Il se sentit ridicule de faire ça. Bientôt il entendit des pas descendre les marches. Il inspira un coup et s'installa un peu mieux sur sa chaise pour paraître plus détendu. Forcer une telle émotion ne s'avéra pas concluant.

"Je savais pas si tu voulais du thé ou du café, du coup je t'ai fait les deux.
- Du thé c'est très bien.
- Dans la bouilloire, indiqua Harry du menton."

Drago se servit une tasse et Harry le regarda enfin. Les cheveux en arrière, Drago n'avait pas l'air de juste s'être réveillé. Harry ressentit encore le même coup dans la poitrine que la veille quand leurs lèvres s'étaient touchées.

"Quoi ?
- Rien, bredouilla Harry en regardant sa tasse.
- Tu es bizarre ce matin, tu regrettes n'est-ce pas ? Je savais que c'était une idée de merde.
- Je.. Non.. Je regrette pas, c'était cool hier.
- Alors pourquoi tu agis comme ça ?
- Comment ?
- Comme un poufsouffle, se moqua Drago en buvant une gorgée de thé.
- J'ai pas l'habitude de …(il brassa du vide avec les mains avant de finir :) ça.
- Ah."

Un silence passa entre les deux hommes.

"Tu n'avais jamais ..
- Si ! s'exclama promptement Harry. Mais jamais dans ces circonstances."

Drago hocha la tête et but en silence. Harry toussa avant de s'enfuir vers l'étage. Il en profita pour attraper ses dossiers de la journée et son cadeau pour l'enterrement de vie de garçon de Neville.

Quand il descendit, Drago montait les marches. Leur regard se croisa brièvement et Harry sentit sa respiration s'arrêter. Il se retourna et attrapa la manche de l'homme qui le surplombait.

Harry monta les deux marches qui les séparait et il embrassa Drago. Il l'embrassa comme pour lui montrer que pas une seconde il n'avait regretté la veille. Il y mit sa force, son envie et tout ce qui aurait pu convaincre le bond de son honnêteté. Drago sembla comprendre car il l'embrassa en retour.

"Je suis pas un Poufsouffle, finit par dire Harry en s'écartant.
- Je suis pas vraiment convaincu mais…"

Harry l'embrassa pour lui couper la parole. Le baiser ne dura pas plus de deux secondes puis il s'écarta, et dévala les marches le sourire aux lèvres.

"Tu n'es pas un Poufsouffle ; tu es un enfant de cinq ans, le héla Drago. "

Harry se précipita dehors et il entendit bientôt Drago le rejoindre. Harry se retourna et secoua sa baguette pour verrouiller la porte puis, regardant Drago dans les yeux, transplana devant le ministère.

"Vraiment un enfant, ironisa Drago quand il apparut à son tour derrière lui."

Harry ne répondit pas, toujours mal à l'aise. Il ne savait pas quel mot mettre sur ce sentiment. Il avait l'impression que tout se passait trop vite. Mais en même temps, il n'avait pas envie de gâcher ce qui venait de se passer. Il regrettait et ne regrettait pas. Cela avait-il un sens ?

"Bonjour Monsieur Potter,
- Bonjour Mathilda, répondit Harry.
- Que je suis contente de vous parler monsieur Potter ! J'avais peur que vous ne vouliez plus m'adresser la parole depuis ce terrible article. J'étais fort triste de vous imaginer remonté contre moi. Comment allez-vous aujourd'hui ?
- Bien, bien.
- Bonjour Monsieur Malefoy, vous avez l'air d'excellente humeur ce matin, ça fait plaisir de voir un sourire sur votre visage ! Je me souviens la dernière fois que c'est arrivé : la dernière fois vous sortiez de votre mission au Mont Downet.
- Mais c'était avec moi ça, lança Harry.
- Oui.
- Alors les rumeurs sont-elles vraies monsieur Malefoy ? Vous savez le journal dit que …
- Le journal dit plein de choses, il ne vaut mieux pas les écouter. Passez une belle journée Mathilda."

"Mission !"

Le chef de Harry laissa tomber un dossier sur le bureau. Il était intitulé "Mona et Monsieur Greyhound".

"C'est par rapport à Lundi ?
- Oui, Mona s'est échappée de l'hôpital, impossible de la retrouver. On ne s'en inquiéterait pas si Monsieur Greyhound n'avait pas aussi disparu dans les mêmes heures. Il vous faudra prendre les dépositions de tous les aurors à la charge de Monsieur Greyhound et les médicomages à la charge de Mona.
- Vous ?
- Toi et monsieur Malefoy. Vous étiez bien tous les deux sur le cas n'est-ce pas ? J'espère que votre relation n'affectera pas votre travail : c'est déjà presque contre les règles que deux employés se fréquentent …
- Nous ne .. ce sont des rumeurs monsieur, se défendit Harry.
- Tant mieux, tant mieux. Je compte sur vous dès maintenant, je vous laisse prévenir votre collègue."

Harry fronça les sourcils. Depuis quand coucher avec un autre auror était contre les règles du bureau ? Au moins 3 affaires entre des aurors qui n'eurent aucunes conséquences lui vinrent immédiatement en tête.

Il avait étrangement l'impression que le problème n'était pas que deux aurors soient ensemble mais que lui et Drago soient ensemble, bien qu'ils ne l'étaient pas.

Fatigué de sa situation personnelle, il décida d'au moins se concentrer sur son travail et parcouru les couloirs tapissés de rouges, en direction du bureau de Drago. Cette couleur était vraiment affreuse. Il respira un bon coup, essayant de cacher toute trace de doute et de malaise avant de pousser la porte du bureau de Drago.

"Mission, lança Harry en entrant chez le blond.
- Depuis quand c'est toi qui reçois les ordres de mission ?

- Depuis que notre boss s'inquiète que notre relation affecte notre travail, apparemment.

- Quelle relation ? fit mine de ne pas comprendre Drago.
- Exactement ce que je lui ai répondu. Je comprends pas que toutes ces rumeurs pullulent aussi vite dans ce ministère, soupira Harry en étalant le contenu du dossier sur le bureau de Drago.
- Une bande de commère qui n'ont pas assez de leur propre vie, grimaça le blond en lançant un sort sur une chaise pour qu'elle se rapproche d'Harry.
- Merci, lança ce dernier en s'asseyant."

- Harry attrapa un crayon dans le pot de Drago, habitude qu'il avait prise au bout de dix ans de collaboration.

"Bon, Mona a disparu.
- La fille de Dean et Seamus ?
- Quoi ? Harry fronça les sourcils avant de comprendre : Non, non, la fille de lundi. Celle qui se faisait battre par son employeur. Ils n'ont pas encore adopté Mona, comment ça pourrait être elle ?
- Oh.
- D'après ce que je lis, elle était encore à Sainte Mangouste et puis elle s'est littéralement envolée, expliqua Harry en soulignant ceci dans le rapport.
- J'aurais aussi envie de partir si j'étais enfermée à Sainte Mangouste.
- Sauf qu'elle est mineure, et que Greyhound a disparu aussi. Donc votre mission, si vous l'acceptez, est de les retrouver.
- Tu me vouvoies ? lança Drago en levant un sourcil.
- Une référence à un film, soupira Harry, qui devenait de plus en plus mal à l'aise et par conséquent irréfléchi. Bref. Faut interroger les aurors qui était en charge de surveiller Greyhound.
- Ok, Quel film ?
- James Bond. Depuis quand ça t'intéresse ?
- Depuis jamais, je ne sais pas pourquoi j'ai demandé. Allez, on bouge.
- C'est parti."

Ils interrogèrent les aurors sans en apprendre plus. Harry fut bien content de ne pas se retrouver dans la même salle que Drago pendant les interrogatoires. Il fallait vraiment qu'il apprenne à cacher ses émotions : entre ses rougissements, ses balbutiements et ses réactions de Pouffsouffle. Même s'il n'avait pas voulu l'admettre plus tôt, il était vrai qu'il agissait vraiment comme une vierge effarouchée, pour reprendre les termes d'une certain Drago Malefoy.

Mais comment agir autrement après cette nuit. Sans parler du pied qu'il avait pris, il n'avait pas fait l'amour avec quelqu'un dont il se sentait aussi proche et à l'aise depuis Ginny, soit presque une décennie, et cette réalisation lui faisait peur.

Il fallait vraiment qu'il se concentre ; les aurors n'avaient rien vu de spécial. Greyhound avait mangé un petit déjeuner, puis avait marcher en rond pendant bien une heure avant que ses geôliers ne perdent patience et ne l'enferme seul dans la pièce. Quand ils étaient revenus 20 minutes plus tard il n'y avait plus personne. Pas de traces d'effraction, une seule issue gardée et magiquement protégée, des sorts anti-transplannage. Bref le meilleur de la protection auror.

A l'hôpital, ils eurent de la peine à faire asseoir le personnel surchargé responsable de Mona. Pas d'effraction, pas de discours inquiétant, pas d'indices. Personne ne semblait l'avoir vu quitter les lieux, ni le personnel soignant ni les autres patients.

Drago avait eu cet air excédé qu'il avait quand il ne comprenait pas ce qu'il se passait. Un nuage passait dans ses yeux, il se mordait les lèvres et lisait ses notes d'un air énervé.

" Elle ne doit pas être loin, dit Harry, incertains de ce qu'ils devaient faire maintenant que toutes leurs sources potentielles étaient interrogées.
- Tant que ce malade n'est pas attrapé, je serais ... Ha ! s'exclama-t-il soudainement, se coupant la parole lui-même.
- Quoi ?
- Il n'y a rien qui t'a surpris dans le dossier ?
- Apparemment quelque chose aurait dû me gêner mais non, désolé.
- On n'a pas tous mon talent, se moqua gentiment Drago. Tu te souviens quand je t'ai dit que Greyhound était un mari violent ? Dans le dossier ils disent que Greyhound est célibataire et sans enfants.
- Une erreur ?
- Non, tu sais bien que ces dossiers sont remplis magiquement d'après les archives du ministère. J'ai connu sa femme et ses enfants : il y a un truc louche dans l'air. Quand j'y pense sa famille n'était pas à la maison quand nous étions là.
- Il peut y avoir plein d'explications… Il les a reniés ou ils sont morts à la guerre par exemple.
- Je pense que ça vaut le coup d'y jeter un œil quand même : c'est la seule piste qu'on a. L'un de nous deux devrait aussi passer au manoir, voir s'il y a des indices ; même si la probabilité pour que l'homme retourne chez lui est très mince. "

Harry proposa que les deux aurors se séparent pour aller un peu plus vite, et aussi pour échapper au regard de Drago : lui parler pendant deux minutes lui avait donné envie de le déshabiller et de pleurer en même temps. Jusqu'à ce qu'il contrôle ses émotions, il devait s'éloigner un peu.

Il parcouru les couloirs aux murs rouges en essayant de contenir ses émotions avant de trouver l'ascenseur le plus proche. Il descendit aux archives. Il remarqua immédiatement le jeune archiviste qu'il avait croisé au repas du ministère la veille au soir. Cela semblait s'être passé il y a une éternité. Son nom ne lui revint pas, heureusement, c'est e dernier qui lui adressa la parole :

« Monsieur Potter ! Je suis ravi de vous revoir, comment allez-vous ?
- Bien, bien, je cherche le livret de la famille Greyhound.
- Celui qui vient de disparaître ?
- Les nouvelles vont toujours aussi vite dans ce ministère à ce que je vois. Oui le Greyhound qui vient de disparaître.
- Je vous l'amène immédiatement monsieur Potter. »

Pour quelqu'un de peu apprécié par ses collègues, Harry le trouvait particulièrement prévenant. Cela fut confirmer quand Harry vit le garçon revenir avec un café en plus du livre de famille des Greyhound, volume de plusieurs centaines de pages. Il n'était pas inhabituel de voir de si épais livre chez les familles de sangs purs. L'ascendance était soigneusement prise en note afin qu'en cas de mariage, la pureté du sang puissent être assuré avec grande certitude à l'autre famille.

Harry s'était toujours demandé en venant ici, affaires après affaires si le livret de famille de Drago était aussi important que celui-ci. Il n'avait cependant jamais eu le courage de répondre à sa curiosité. Encore une fois, son esprit dévia vers le blond qui était parti au manoir Greyhound. Harry se demanda encore ce qu'il allait faire. Tôt ou tard, lui et Drago devrait discuter de ce qui s'était passé la veille. Harry s'était finalement convaincu qu'il ne regrettait pas. Mais il ne savait pas si il avait envie que ça recommence.

Il trouvait ironique qu'ils s'étaient pris à leur propre jeu. Il s'était dis pour rigoler, lundi soir, avant de s'endormir, que le comble serait qu'ils soient vraiment attirés l'un par l'autre. Il l'avait pensé en rigolant, mais même dans sa fantaisie d'une seconde, il s'était imaginé que ce ne serait arrivé qu'au bout de quelques semaines, pas de deux jours.

Harry n'arrivait pas à comprendre ce qu'il lui prenait. Il avait vécu des histoires rapides par le passé. Il avait couché le premier soir. Mais jamais il n'en avait fait une telle histoire. Cet homme lui retournait la tête comme s'il avait encore ses seize ans. Drago ne se sentait clairement pas comme ça. Il avait couché avec lui, s'en était remis et riait intérieurement du pathétisme de ce Gryffondor qui s'accrochait à une nuit de corps partagés.

Quand Harry avait proposé de se séparer, Drago avait soupiré plus fort que nécessaire.

En se levant, il avait agi comme avec toutes ses conquêtes : séduisant et sûr de lui. Pourquoi avait-il fait ça ? Il se trouvait maintenant d'une idiotie à couper le souffle. Il allait tout gâcher.

A vrai dire, Drago conjecturait qu'il avait tenté de se prouve que ce n'était qu'une nuit comme les autres, une passion éphémère avec un moldu lambda mais quand il était rentré dans la douche, il avait compris sa bêtise. Drago n'avait même pas l'envie de se mentir à lui-même : il avait été couard bien trop longtemps dans sa vie. Son cœur avait accéléré quand il était rentré dans cette douche.

Alors après tout ça, il avait craqué pour Harry. Dire qu'il ne l'avait pas vu venir aurait été un mensonge, mais jamais il ne s'était imaginé qu'un simple pas l'un vers l'autre les ferait tomber tous les deux si vite.

Harry avait bien vite ramené la réalité dans leur idylle d'un soir avec sa gêne et se incertitudes. C'était comme si leur baiser était tombé sous le sens quand ils étaient tous les deux mais sonnait faux dès que le jour faisait surface.

Il se demandait si tout ça allait mener quelque part. Il avait adoré ses deux dernières soirées : voilà bien longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi entier.

Décidé de rester sur cette penser et de s'accorder un temps de réflexion plus approfondi après son travail, il toqua au manoir Greyhound. Il connaissait plutôt bien les enfants. Ils allaient en vacances ensemble l'été. Le plus vieux des fils avait deux ans de plus que lui, le cadet un an de moins et la dernière était de trois ans plus jeune. Elle était d'ailleurs sur la liste de ses potentielles prétendantes sang pur.

Comme il s'y attendait, personne ne répondit à la porte. Il l'enfonça d'un coup de baguette bien placé. Honnêtement il en avait plus que marre de s'occuper des sangs purs qui se croyaient au dessus des lois. Il avait parfois du mal à réaliser qu'il avait pu être comme ça la plus grande partie de son enfance et de son adolescence.

" Que nous caches-tu Greyhound ? murmura Drago somme si les murs pouvaient lui donner un réponse"

"Comment ça réapparu de nul-part ?
- Monsieur Malefoy, je sais que ça paraît fou mais Madame Mona et Monsieur Greyhound sont bien tous les deux retournés à l'endroit où ils avaient disparu "

Harry et Drago se lancèrent un regard confus. Drago avait passé deux heures à passer le manoir au peigne fin et pas un indice ne lui était venu. Harry avait lu les cinquante dernières pages du livret de Greyhound mais il n'y avait nulle trace de femme ni d'enfant ni aucun livret de famille à leur nom propre.

Il était incompréhensible que les deux disparus ne l'étaient soudainement plus. Encore une fois, il était impossible de réapparaître si soudainement et de nulle part.

" Monsieur Greyhound, répondez-nous maintenant ! Vous finirez à Azkaban jusqu'à la fin de vos jours si vous refusez de parler.
- Où étiez-vous ?
- Comment avez-vous fait !? "

L'homme ne pipait mot. Ils n'eurent pas plus de succès avec Mona qui pire encore, pleurait en continu tout en refusant de parler.

A 19h, ils abandonnèrent enfin.

" Il faudra faire une demande de véritasérum à la justice magique, je ne vois pas quoi faire d'autre fini par avouer Harry.
- Si je pouvais, je lui arracherais la vérité avec un coup de poing bien placé, grommela le blond, énervé de ces interrogatoires si peu productifs.
- Et moi donc, soupira Harry. "

Harry regarda sa montre et se releva d'un coup.

" Nous avions rendez-vous il y a une demi-heure ! Merde, jura-t-il. Faut que je passe à la maison mettre quelque chose de plus moldu.
- Je te rejoins devant chez toi dans 15 minutes, il faut que je prenne une douche et que je me change, acquiesça Drago.
- Ok à tout de suite. "

Les deux hommes transplanèrent immédiatement et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, se retrouvèrent devant chez Harry.

Drago, sans un mot, posa sa main sur l'avant-bras d'Harry, qui sursauta et rougis par la même occasion.

" Qu'est ce qu …
- Je ne sais pas où on va, maintenant transplane, le pressa l'ancien Serpentard. "

Si sa vitesse de parole était dû à son cœur s'accélérant soudainement, Harry le prit pour de l'impatience et transplana dans les dix secondes suivantes, cinq d'entres elles ayant été nécessaire pour qu'il se concentre avec la peau de Drago contre la sienne.

A la seconde où ils arrivèrent, Harry replia promptement son bras vers lui. Ils entrèrent dans le bar.

" Harry et Malefoy enfin ! "

Neville s'était immédiatement levé et avait fondu vers les deux hommes, il serra chaleureusement la main d'Harry puis tendis sa main à Drago qui l'accepta volontiers. Harry expira de soulagement.

Neville les conduit au bar et leur tendis les bracelets de consommation, puis retourna s'asseoir au milieu des autres.

" Et maintenant ? demanda Drago.
- On s'assoit et on discute. Viens, on va voir les gars, répondit Harry en désignant là où étaient assis Dean, Seamus, Ron et quelques autres hommes qu'il ne connaissait pas . "

Leurs verres respectifs à la main, ils allèrent sur les canapés du fond, près du groupe habituel d'Harry. Tout le monde serra la main de Drago, même Ron qui le fit en levant les yeux au ciel.

La soirée se passait relativement bien, malgré un Harry nerveux d'être aussi proche de Drago pendant une période si longue. Il y avait un sous texte évident entre eux et plus le temps et les bières passaient, plus la distance entre les deux hommes se réduisait.

" Bon, les deux, là, quand est-ce que vous craquez ? demanda Seamus, amusé.
- Quoi ? dit Harry.
- On n'est pas gênés, je suis littéralement allongé sur Dean, alors vous pouvez bien vous touchez devant nous. On voit bien votre petit manège.
- J'aurais bien envie, répliqua Malefoy avec un petit sourire. Mais à croire qu'il ne m'autorise pas.
- Je… N'importe quoi, c'est toi qui ose pas me toucher, menti Harry. »

Drago ne sembla pas convaincu du tout. Il marcha jusqu'à Harry et s'assied entre ses jambes. Il s'inclina en arrière jusqu'à reposer sa tête sur l'épaule d'Harry sous les sifflements de quelques gars présents dans leur groupe.

" Tu es impossible, se contenta de dire Harry avant de reposer sa main sur l'avant-bras de Drago.
- Peut-être que dans un siècle ils oseront s'embrasser devant nous, rit Dean.
- Personne n'a envie de voir ça, grommela Ron dans son coin.
- Littéralement tout le monde a envie devoir ça mec, répondit un ami de Neville qu'Harry ne connaissait pas.
- Ne prenez pas vos rêves pour des réalités, sourit Harry, gêné.
- Attendez qu'il ait bu un verre de plus, ajouta Drago du tac au tac. "

Harry le frappa amicalement et Drago se retourna vers lui :

" Hey, c'est vicieux ça ! Je sais tout à fait ma contrôler avec de l'alcool dans le sang.
- On en parle d'hier soir ?
- Tu as commencé !
- Tu m'as demandé de le prouver ! "

L'audience regardait, silencieuse, Harry et Drago se chamailler. Pas un ne comprenait l'échange mais il y avait une sorte de curiosité assez malsaine pour ce nouveau couple dont tous faisaient les paris s'il était vrai ou non. Dean et Seamus ne l'avouerait jamais en public, mais ils avaient voté l'un pour et l'un contre, mettant en jeu quelques gallions et la destination de leurs prochaines vacances.

Après ça, les deux hommes restèrent silencieux et Drago ne quitta pas sa place. Même si la mauvaise foi d'Harry lui avait hérissé le poil, il savait que se séparer maintenant de lui remettrait la crédibilité de leur faux/vrai couple en jeu et il était vraiment installé confortablement.

Au bout de quelques minutes, la bonne ambiance revint et Harry glissa ses mains autour de la taille de Drago. Un peu par envie, un peu pour être mieux positionné. Ce mouvement ne resta pas inaperçu de la part de leurs collègues qui sifflèrent encore. Harry rougit mais ne bougea pas ses bras. Il aimerait dire qu'il avait suivi la conversation, qu'il savait très bien faire la différence entre ce faux couple pour paraître et ses sentiments qui se développaient. Mais en vérité il ne parvenait qu'à respirer l'odeur de Malefoy, la même qui l'avait tant enivré la veille. Il n'arrivait à sentir que le contour de son corps sur sa poitrine.

La soirée avenca, avec un Neville tenant à peine debout.

" Je vais me marier " répetait-il en boucle à qui voulait l'entendre. On lui répondait par une tape dans le dos et un rire amical. On avait du mal à le croire trentenaire dans cet état.

Finalement, quand sonna une heure et demi du matin, les propriétaires les jetèrent dehors et comme convenus, ils migrèrent chez Harry. Il fallut une bonne demi-heure pour récolter tout le monde et les conduire au bon endroit.

Arrivé au 12 square Grimmaud, Harry ouvrit son frigo aux assoiffés et s'écroula dans le canapé. Neville s'allongea à côté de lui, la tête sur ses genoux.

" Je suis désolé tu sais.
- C'est ton enterrement de vie de garçon, c'est normal que tu sois dans cet état, rit Harry.
- Je ne parlais pas de ça. Je suis désolé d'être tombé amoureux de Ginny. Je sais que vous n'étiez plus ensemble mais…
- Mais quoi ? Tu t'es répondu toi-même Neville, je n'étais plus avec elle, tu avais le droit de faire ce que tu voulais.
- C'est juste bizarre, tu sais, marier l'ex de son meilleur ami. J'ai l'impression d'être un énorme connard.
- Neville, je t'ai déjà donné trois fois ma bénédiction, qu'est ce qui te gêne vraiment et que tu ne me dis pas ?
- Ce n'est pas ça, c'est juste que … Je l'aimais avant que vous ne vous sépariez. "

Neville ferma les yeux à sa confession et Harry soupira :

" Je m'en doutais. Après que tu l'aie accompagné au bal, j'avais toujours cette crainte dans ma tête que je te l'avais piqué en quelque sorte. En huitième année, j'ai su que tu ressentais quelque chose pour elle, j'essayais juste de me convaincre que ce n'étais pas vrai. Et puis quand on s'est séparé, tu n'as jamais essayé de nous remettre ensemble alors que tout le monde en faisait sa première priorité.
- Je suis désolé, avoua Neville.
- Ne le soit pas, ça ne se contrôle pas ces choses-là, dit Harry. Tu n'as jamais essayé de la faire me tromper quand nous étions ensemble, alors tu n'as rien fait de mal.
- Jamais je n'aurais pu, je t'aimais aussi. Mais je me suis senti tellement mal d'être heureux à votre rupture.
- Ginny et moi n'étions pas fait pour être ensemble.
- Mais toi et Malefoy ? demanda Neville.
- C'est … compliqué. J'aime passer du temps avec lui, je le connais comme personne. Dix ans de travail ensemble, ça rapproche mais… c'est un nouveau territoire pour nous.
- Vous avez déjà couché ensemble ? demanda Neville.
- Ton innocence ! Où est-elle passée ? esquiva Harry tant bien que mal.
- Si vous avez couché ensemble et que c'était bien, que vous vous connaissez bien et que tu aimes passer du temps avec lui, je ne vois pas pourquoi tu aurais le moindre doute.
- Je ne pensais pas que tu le prendrais aussi bien, esquiva de nouveau Harry.
- Harry, je te soutiens, fais ce que tu veux tant que tu te protèges.
- Tu feras un très bon père, s'esclaffa Harry.
- Bon sur ce, merci de m'avoir absolu de mes pêchés, je vais prendre une autre bière. »

Neville se leva et tituba jusqu'au frigo, là où quatre gars discutait ; il s'annexa au groupe.

Harry quant à lui s'enfonça un peu plus profondément dans le canapé quand Drago vint le rejoindre.

« Je vais m'allonger sur toi en échange de cette bière, balbutia Drago.
- Tu n'es pas obligé de faire semblant, personne ne se souviendra de rien demain.
- Je pensais que c'était clair avec hier soir que je ne faisais plus vraiment semblant, répondit simplement Drago en s'installant sur Harry.
- Je sais plus quoi penser.
- Alors arrête et laisse-moi profiter.
- Oui monsieur, sourit Harry.
- Je voulais te dire que Weasley nous regarde très jalousement et ça me plait beaucoup.
- Je n'en doute pas que monsieur 'je suis le seul hétéro de cette bande ou quoi' soit jaloux, se moqua Harry
- Pourquoi tu es encore pote avec lui ? demanda Drago, avec un peu d'animosité dans la voix.
- Honnêtement je me pose la question tous les jours récemment, répondit Harry au second degré. Hermione je suppose.
- Tu l'as croisé récemment ?
- Non, pas depuis l'article dans le journal, c'est assez étrange venant d'elle. Il faudra qu'on se trouve un moment pour parler. Au mariage surement.
- Il te voulait quoi Londubat à s'allonger comme ça sur toi ? Tester une dernière fois avec les mecs pour être sûr ?
- Tester une première fois tu veux dire, rit Harry. Non, il voulait me dire qu'il avait envie de s'envoyer en l'air avec Ginny alors qu'on était encore ensemble. Il ne l'a pas dit comme ça mais en gros c'est l'idée.
- Je le prendrais pas bien de m'être fait piquer quelqu'un par Londubat, se moqua Drago.
- C'est un mec bien, Neville.
- C'était de l'humour. »

Un silence s'installa entre eux, mais un silence détendu pour une fois. Harry se dit qu'il pourrait s'habituer à ça.

« Je peux te poser une question ? demanda Harry.
- Oui.
- Pourquoi n'avoir pas simplement répondu à Pansy que tu étais célibataire ? Après tout tu lui as surement déjà répondu ça une dizaine de fois.
- J'y ai beaucoup réfléchi depuis le début de la semaine et honnêtement, j'ai du mal à me comprendre moi-même. Un peu de fierté mal placée je pense et un peu d'énervement. Crois-moi, elle sait être insistante quand elle veut. La question devenait presque quotidienne, je me suis dis qu'elle me lâcherait, je pensais pas qu'elle insisterait pour te rencontrer, manger avec toi.
- Il n'était pas trop tard pour revenir en arrière, tu aurais pu dire que tu plaisantais…
- Elle ne m'aurait jamais lâché, sourit Drago, intoxiqué. Et puis maintenant, j'ai aussi quelque chose à prouver à ma mère. »

Il mit une main sur la bouche. Il n'aurait pas du parler de ça, fichu alcool.

« C'est-à-dire ?
- J'aurais rien du dire, oublis.
- Drago, se plaint Harry. Tu peux pas commencer et ne pas finir.
- Si, regardes-moi le faire !
- Tu es pas drôle. »

Ils ne s'étaient pas rendu compte mais les canapés autour d'eux s'étaient peu à peu remplis de figures joyeuses et trop bruyantes. Neville leur avoua que Dean et Seamus s'étaient isolés dans la chambre d'Harry.

« Pas dans mon lit ! Ils abusent, protesta Harry.
- C'est bon : tes draps sont habitués, dit Drago.
- Je le savais ! lança Neville en effectuant ce qu'Harry interpréta comme une danse de victoire. »

Harry se cacha le visage, pourquoi tout le monde était autant intéressé par sa vie sexuelle et sentimentale.

« Me sens pas bien, dit Neville en s'arrêtant d'un coup de tourner.
- Me vomis pas dessus, s'écria Drago. Bouge ! Va dehors !
- Lèves toi, intervint Harry en parlant à Drago. »

Drago se décala et Harry se leva. Il sentit le monde tourner autour de lui. Il combattit ce sentiment et attrapa Neville vers le bras pour le guider dehors. Il eut juste le temps de passer le pas de la porte que Neville vomit ses tripes.

« Deux jours avant ton mariage c'est pas la meilleure idée que t'as eu, s'amusa Harry tout en se reposant contre le mur pour ne pas s'écrouler.
- Non, se contenta de répondre Neville. Mais c'est très bien pour les nerfs.
- Viens je vais t'amener au lit. »

Harry prit le bras de son ami et commença à marcher vers la chambre la plus proche. Il finit par allonger Neville et sortir de la pièce. Dehors, Drago l'attendait.

Alors qu'Harry allait dire quelque chose, Drago l'embrassa. Pris de cours, il resta immobile quelques secondes avant de répondre au baiser.

Quelle délicieuse sensation que celle d'être intoxiqué et d'embrasser quelqu'un. Harry fini par reprendre la main sur ce qu'il se passait et adossa Drago au mur. Il l'embrassa avec plus de passion.

En temps normal, il se serait posé milles questions comme il l'avait fait toute la journée, il se serait inquiété qu'on le voit ainsi, mais perdu dans une marée de sentiment et de chaleur, il oublia tout sinon Drago. Il ne sentait que l'odeur délicieuse de son corps contre le sien, la douceur de ses lèvres et le battement de son cœur.

Mains baladeuses et souffles courts, les deux hommes se dévoraient sur place, tension accumulée par leur situation plus que particulière.

« S'il n'y avait personne dans cette maison je te déshabillerais ici et maintenant.
- Sinon il y a six chambres dans cette maison. On peut en prendre une.
- Je te suis. »


Salut ! Si j'avais une excuse je vous en donnerais une mais j'ai juste pas écrit pendant des mois ;)

Remerciez Brigitte26 si le chapitre vous plaît car il-elle m'a rapellée à l'ordre (il y a deux mois mais c'est resté dans un coin de ma tête).

Bref merci à tous, en espérant que vous ayez aimé, je vous promets rien sur la vitesse d'écriture du prochain

Des bisous