[ Hello, j'espère que vous passez un bon week-end. Si non, ne vous inquiétez pas vous n'êtes pas les seuls. Je sais que parfois les réactions des deux protagonistes sont un peu difficiles à analyser, mais quand j'écris j'essaye de m'imaginer comme je me sentirais enfermer dans une fosse, et je pense que je serais difficile à comprendre aussi. Enfin, bref je vous souhaite un bon fin de dimanche et une bonne lecture. ]


Au bout d'un long moment, Adam parle à nouveau. Il est fatigué du silence pesant qui avait suivi leur dernier échange. Être mal-à-l'aise n'a aucun sens quand on est perdu en enfer.

-Pourquoi as-tu finalement décidé de m'utiliser moi plutôt que Dean ?

Michael prend un instant pour lui répondre.

-Je n'arrivais pas à le convaincre.

Et, bon, c'est très vexant. Mais difficile à croire aussi.

-Tu aurais pu le forcer, en utilisant Sam par exemple. Au lieu de prendre la peine de me ressusciter pour me forcer à dire oui.

-Je ne t'ai pas forcé Adam. Répond Michael comme si cette accusation était ridicule.

-Zachariah m'a fait vomir tout mon sang, tu appelles ça comment ? J'avoue que je me sentais un peu menacé. Tu ne réponds pas à ma question.

-Je ne voulais pas en arriver là. Et c'était inutile, j'avais une autre option, alors je l'ai prise.

-Merci bien pour ''l'autre option.'' Réplique froidement le blond.

-Ça aurait changé quelque chose pour toi si tu avais été mon vrai navire ?

-Au moins je serais ici par la force du destin, et non pas parce que j'étais sur le banc de touche. J'aurais préféré accepter autrement que terrifié par l'idée d'être torturé si j'avais dit non. Je ne sais pas ce que tu leur a fait, à tes sbires, mais ils sont terrifiés par toi.

Michael semble prendre un moment pour accuser le coup.

-Rien du tout, j'ai juste été créé pour inspirer la peur et le respect. De la même manière que Gabriel est chaleureux et brillant pour pouvoir communiquer avec les humains sans leur faire peur.

Adam veut garder ce qu'il pense pour lui, mais il se rappelle que c'est impossible et finit par le formuler à voix haute.

-Je ne te trouve pas vraiment effrayant. Tu es juste... La lumière et tout.. Il fait un geste vague de la main en désignant la créature céleste.

-Tu ne vois qu'une forme approximative de ma grâce. Mais, c'est vrai que tu n'as aucun instinct de survie, comme tous les Winchester.

-Je préfère appeler ça du courage.

-Appelle ça comme tu veux.

Adam pense que ses yeux commencent à se faire à la cage.

De temps en temps, il peut voir, dans la lumière que projette Michael, des formes rouges se balader dans le noir, il peut voir les fissures qui s'ouvrent une à une à quelques mètres, s'agrandissent, puis se stoppent net quand elles arrivent à l'archange. Il aperçoit, sur le sol, un ensemble de rouge et de orange qui se mélangent et palpitent comme un cœur qui bat. Qui tournent, tourbillonnent, glissent et se superposent jusqu'à donner envie de vomir à Adam. Il distingue des masses sombres qui sortent du sol, courent, et se renfoncent dans le rouge un peu plus loin. Certaines tentent d'attaquer Michael mais elle sont désintégrées par sa grâce quand elles l'approchent.

Il se demande si c'est la réalité ou si son cerveau malade lui fait voir ça pour qu'il est enfin quelque chose à voir.

-Un peu des deux, répond Michael comme s'il avait dit ça à voix haute.

Le Winchester soupire et décide d'abandonner l'idée de garder la moindre pensée pour lui-même. Il demande à l'archange ce que lui voit.

-Crois-moi, tu ne veux pas le savoir. Il répond en baissant la tête puis en relevant aussitôt la tête vers Adam comme s'il était encore la chose la moins désagréable à regarder ici.

Quel compliment, pense le blond.

Adam décide de faire une petite sieste et s'étale contre l'aile.

-Adam... Commence Michael mais ce dernier l'interrompt.

-C'est bon, juste une petite heure, ne t'inquiète pas je vais me réveiller. Dit-il le visage déjà enfoncé dans les plumes.

Il sent la main chaude de l'ange sur son dos alors qu'il s'enfonce dans le sommeil.

Quand Adam reprend conscience, Michael a disparu, ne laissant derrière lui que la chaleur de sa grâce et l'obscurité étouffante.

Adam fait comme d'habitude quand l'archange s'absente, il ne bouge plus d'un centimètre jusqu'à ce qu'il revienne. Il profite d'avoir l'impression que ses pensées ne sont pas observées pour analyser à quel point la situation est devenue étrange. Il se demande si c'est une forme déviée du syndrome de Stockholm qui lui donne l'impression d'être attiré par Michael comme un moustique par une bougie, ou si c'est un des effets secondaires d'avoir été un véhicule dont personne ne parle. Dans tous les cas, il sait qu'il est dans son intérêt de refouler ça : Quand un moustique s'approche trop du feu, il se brûle.

Il sent quelque chose s'enrouler autour de sa cheville, alors il relève la tête en s'attendant à voir la lumière de la main de Michael, mais il ne voit rien. Il lui faut quelques secondes pour comprendre que rien veut dire danger.

Il tire sa jambe vers lui et aussitôt la chose le tire en dehors de l'aile. En un instant, il retrouve le sol de la cage et une seconde plus tard il le traverse. C'est la cage qui l'aspire.

Il ne saurait pas exactement décrire ce qu'il ressent une fois à moitié englouti par la fosse, c'est comme si sa peau était frotté avec du papier de verre, sa chair découpée en un million de morceaux et ses os broyés.

Par contre, il sait qu'il lui faut au moins une minute pour réussir à hurler.

Il comprend maintenant, la cage n'en est pas une, dieu a créé quelque chose d'assez puissant et d'assez maléfique pour retenir un archange. La cage est un terme simpliste et délicat pour désigner un monstre. La cage ne le mange pas, elle le digère.

La lumière envahit sa vision, il sent qu'on essaye de le tirer mais la chose s'est refermé comme un entonnoir autour de sa taille, alors il voit Michael enfoncer son bras dans le sol et une explosion assez puissante pour faire disparaître la terre fait exploser ses tympans.