Fly a little faster
Chapitre 4
Auteur : mirrokill
Traduction : phoenix8351
Correction : Bruniblondi
Merci pour toutes vos reviews ^_^
Bonne lecture !
**XX**
Résumé : Tout le monde le sait, quand tu voyages dans le passé, il ne faut pas écraser d'insecte, parce que ça risquerait de causer la mort de tes grands-parents, ou quelque chose du même genre. Mais que se passe-t-il si tu reviens dans le passé et, euh, que par accident, tu empêches l'événement qui a fait de l'Alpha grincheux de Beacon Hills, le paquet de souffrance intériorisé qu'il est aujourd'hui ?
Mais bon, si Marty McFly peut le faire, Stiles Stilinski le peut aussi. Il devait juste faire en sorte que Derek et Paige tombent amoureux avant qu'il ne soit renvoyé à son époque. Et avant qu'il n'arrive quelque chose d'encore pire. Ça allait être du gâteau, pas vrai ? Pas vrai ?
**XX**
Chapitre 4 - Stiles et Mini-Stiles.
**XX**
Il courut jusqu'à l'entrée de l'école pour éviter de foutre absolument tout en l'air. L'adjoint Stilinski l'attendait, avec une petite terreur au crâne rasé assit à l'arrière de la voiture, qui avait le nez fourré dans un livre sur les dinosaures.
Stiles aurait voulu pouvoir prévenir John de ne pas trop acheter de livres sur les dinosaures, car bientôt, il ne jurerait que par les voitures. Son trouble de l'attention avait été diagnostiqué, mais son père n'était pas aussi habitué, à ses changements radicaux d'intérêt, que sa mère l'avait été.
« Joli tas de livres, » dit John.
Stiles hocha la tête d'un air gêné, et essaya de ne pas se sentir trop bizarre quand John aida petit Stiles (il n'était pas si petit que ça, il avait neuf ans, et il était déjà dégingandé et maigrichon) à s'installer sur le siège avant, pour que Stiles puisse se mettre à l'arrière.
**XX**
Stiles ne savait pas si c'était parce qu'il se souvenait avoir vécu tout ça de l'autre côté (il pensait s'en souvenir, même si les détails étaient un peu flous) ou s'il utilisait injustement ses connaissances du futur, mais il s'intégra parfaitement dans la routine familiale. Quand John essaya de prendre des plats tous-prêts au supermarché, Stiles lui fit acheter des produits frais, lui promettant de faire une bolognaise et insistant sur le fait qu'il savait cuisiner. Il prit même des fruits et des ingrédients pour faire un dessert, expliquant à son père (un sujet sur lequel il avait fait des recherches quelques années dans le futur) que les enfants avaient besoin de l'énergie apportée par le pudding. C'est sûrement ce qui gagna John à sa cause malgré les mensonges. Parce qu'il lança un regard bizarre au rayon des produits frais et lui dit qu'il ressemblait beaucoup à sa tante.
Peut-être même que c'était ce moment qui avait convaincu John qu'il pouvait laisser Stiles un peu seul pour cuisiner, car John le laissa seul pendant une bonne demi-heure.
Stiles utilisa ce temps pour couper les légumes, et téléphoner à Deaton, parce que ce gars était un accroc du boulot et qu'il était surement encore à la clinique. Il trouva le numéro dans le bottin, et plaça le combiné entre son oreille et son épaule pendant qu'il coupait un oignon.
« Alan Deaton, » dit la voix cool de Deaton.
« C'est Stiles Stilinski, ne raccrochez pas, » dit rapidement Stiles.
Il entendit un soupir. « Je suppose que c'est une urgence ? »
« En quelque sorte, » dit Stiles. « Est-ce que vous avez vu le film Retour vers le futur ? »
« Si tu m'appelles juste pour parler de tes goûts en matière de films… »
Stiles ne laissa pas au véto le temps de finir sa menace. « Nan. Mais j'ai interrompu un couple alors que je suis presque sûr qu'ils étaient supposés tombés amoureux ? »
Deaton soupira encore. Bruyamment. « Répare-moi ça, » fut tout ce qu'il dit.
« Comment ? » Demanda Stiles.
« Utilise ton cerveau, » dit Deaton. « Tu dois en avoir un, vu que j'ai reçu un appel impressionné de Talia Hale m'expliquant comment tu t'étais insinué à l'école ce matin. Apparemment, son fils n'arrête pas de parler de toi. »
Stiles grogna.
« Répare-moi ça, M. Stilinski, » dit Deaton. « Fais en sorte que la ligne temporelle reste intacte. »
Il raccrocha juste à temps pour l'entendre sonner. Stiles lui jeta un regard soupçonneux, mais décrocha. « Maison Stilinski, Stiles à l'appareil… »
Une voix polie de femme parla. « Pourrais-je parler à l'adjoint Stilinski, s'il vous plait ? C'est Yvonne de la station de police. »
« Ouaip, je vous le passe. » Stiles couvrit le micro, se pencha au coin du mur et cria pour appeler John. « P… Euh… Pour vous, adjoint Stilinski ! »
« Merci, » dit John en apparaissant en haut des marches. Il prit le téléphone et ferma la porte de la cuisine pour que Stiles ne puisse pas entendre.
Ugh. Méchant. Stiles retourna près du feu, et fit caraméliser quelques oignons, avant de faire dorer la viande de bœuf. Il chantonnait un peu dans un souffle, car il n'avait rien laissé brûler pour l'instant. Il remua un peu le riz pour avoir bonne conscience, et ajouta quelques légumes alors qu'il en était au troisième couplet de sa chanson. Sa mère utilisait toujours la musique pour chronométrer sa cuisine, et Stiles avait toujours gardé cette bonne habitude. Ce qui avait bien fait rire tout le monde quand il avait suivi des cours d'économie domestique, et l'avait conduit à aller dans un camp spécialisé en spectacle musical pour un été. Son père en avait rigolé pendant des semaines, mais il avait été impressionné quand il avait assisté à la représentation de Blood Brothers par les participants du camp, Stiles y comprit.
La porte cliqua en s'ouvrant, et Stiles ne tressaillit même pas. Il ne le faisait jamais. Il savait toujours quand c'était son père, parce que son badge reflétait la lumière et envoyait un éclat de lumière.
« C'était Yvonne de la station de police, » dit John en prenant son temps. « Ils ont contacté le service de Fountain Hills. »
Stiles essaya de ne pas se raidir, car c'était à cet endroit que vivait l'oncle Ernie, aux dernières nouvelles. Tous les membres de la famille se fichaient de savoir où était l'oncle Ernie car ce n'était qu'un ivrogne.
« Yvonne m'a mis en contact avec l'inspecteur Ennis, » continua John, et Stiles dut vraiment faire un effort pour éviter de se raidir. Ennis. L'Alpha mort. L'Alpha qui devrait essayer de transformer Paige dans quelques jours, et qui briserait le cœur de Derek par la même occasion. Tout devenait extrêmement confus quand les choses n'arrivaient pas dans le bon ordre chronologique.
Stiles ne se raidit pas, mais il se tourna, et son père sembla confondre son inquiétude de se faire choper avec autre chose, parce qu'il éteignit le feu et obligea Stiles à s'asseoir. « Ils ont vu ta maison, fiston. C'était… Ennis, elle a dit qu'elle n'utiliserait même pas cette maison pour faire un élevage de rats. »
« C'est assez délabré, » marmonna Stiles, haïssant sa voix alors qu'il mentait. Son esprit tournait à toute vitesse. Ennis, mais au féminin. Une inspectrice. Peut-être qu'Ennis avait des humains parmi sa famille.
Talia Hale ou Alan Deaton avait dû utiliser leurs influences pour tirer quelques ficelles, pour donner un peu de crédibilité à la couverture de Stiles. Pour conserver la ligne temporelle intacte.
Même si Stiles l'avait un peu bousculé, mais ça allait. Il allait réparer ça.
Comme il pourrait.
« Ton père a disparu, mais il y a des signes qui montrent que ça ne fait qu'une nuit. On va garder un œil ouvert pour le chercher. Mais il y avait beaucoup de sang dans la maison. » John attrapa la main de Stiles et le regarda de façon sincère. « S'il t'a fait autre chose, en plus de ta blessure à la main, tu peux me le dire. »
« C'était juste ma main, cette fois, » dit Stiles de façon solennelle.
John tressaillit un peu, il devait surement s'imaginer les choses terribles que cachait le 'cette fois'.
« Ennis m'a faxé certains de tes papiers, j'en déposerais des copies à l'école demain, » continua son père, parce que c'est ce qu'il faisait quand des trucs horribles arrivaient, il se concentrait sur ce qu'il y avait à faire. Ces documents seraient des faux. Deaton et Talia Hale avaient vraiment des bons contacts.
« Tu es en sécurité avec nous pour l'instant, » dit John d'une voix ferme et déterminée. « Comme ma femme te l'avait promis, tu pourras toujours considérer cet endroit avec nous comme ta maison. Est-ce que tu as dit à ton père où tu allais ? »
Stiles n'eut pas besoin de mentir. « Non, » dit-il, en regardant son père dans les yeux, sans faillir. « Il ne savait même pas que j'écrivais à M… Tante Em. Je ne suis même pas sûr qu'il sache que je sais écrire. » Une autre vérité. « Je suis désolé de ne pas avoir appelé, mais je devais partir de là où j'étais. Avant même de m'en rendre compte, j'étais arrivé ici. » Encore une autre vérité.
« Je vais te laisser finir, » dit John, « pendant que je vais m'assurer que mon fils se lave. Ça sent merveilleusement bon. Tu as besoin d'un coup de main ? »
« Je me débrouille, » dit Stiles. « Merci de ne pas m'avoir foutu dehors. »
John renifla. « Tu fais partie de la famille, gamin. Pas besoin d'être un super flic pour le voir. Tu es le portrait craché de mon fils. »
Stiles essaya de ne pas rire. « Dans ce cas, je parie que Szczepan est un magnifique sale gosse, pas vrai ? »
« C'est vrai qu'il l'est. » John secoua la tête un peu tristement, puis il prit un air curieux en se remettant sur ses pieds. « Ta prononciation était impeccable, Stiles. »
« Votre frère n'a peut-être pas gardé le contact avec vous, M. Stilinski, » dit Stiles, aussi prudemment que possible, « mais il a gardé certaines traditions. »
« Hm, » dit John, en tapotant sur le cadran de la porte. « De quel nom as-tu hérité ? »
Stiles paniqua presque, à cet instant, et faillit laisser tomber sa couverture, mais une fois, il avait utilisé l'Adderall pour rester éveillé pendant 49 heures d'affiliées afin de faire une recherche sur tous les noms encore plus imprononçables que le sien.
« Wienczyslaw, » dit Stiles, espérant que son expression dépitée suffirait pour vendre le mensonge.
John grimaça. « Aïe. »
« Ouep, » dit Stiles. « Vous comprenez que je préfère Stiles. »
« Carrément. »
Il ne fallut pas longtemps à Stiles pour servir le repas à John et à son jeune lui. Mentir à ce moment était plus facile, parce qu'il se rappelait certains moments, et c'était assez étrange. Il se rappelait à quel point il avait apprécié que son cousin écoute attentivement son bavardage et lui réponde en citant des faits.
« Les mouches domestiques bourdonnent toujours dans la clé de Fa, » dit Stiles, à un moment de la conversation avec son jeune lui. Le visage du petit Szczepan se fendit d'un sourire. Stiles savait que c'était le premier sourire réellement joyeux qu'il faisait depuis la mort de sa mère.
Ensuite, il s'enferma un peu dans sa tête, parce que Stiles connaissait ce fait, et l'avait connu depuis que son cousin plus âgé le lui avait dit… Alors quand est-ce qu'il avait pu l'apprendre ? Oh mon Dieu. Stiles allait se chopper la pire migraine de sa vie, en fait, c'était déjà le cas.
« C'est vraiment bon, » dit John en se frottant le ventre à la fin du repas. L'ambiance était si agréable qu'ils avaient tous trop mangé. « Je pense que je vais juste m'étendre là et rester comme ça pour quelques heures. »
« Tu ne peux pas, » dit Szczepan. « D'abord, tu n'es pas étendu. Tu ne peux pas t'étendre sur une chaise. »
« Tu peux, » dit Stiles à son jeune lui. « Ça dépend de ta définition d'étendre. » Il sourit en se souvenant du jeu de mot qu'il avait sorti à son père.*
*En vo, le jeu de mot se fait sur le verbe to lie : mentir ou se coucher. Dans la série en vf ils avaient traduit avec raconter des salades mais je ne voyais pas comment ajouter des salades ici… Donc, ce sera un jeu de mots avec les deux sens du verbe étendre : s'allonger et étendre du linge (ce qu'on peut faire sur une chaise ^^)
« Ne lui donne pas d'idées, » dit John.
Stiles hocha la tête et réussit à se lever malgré le fait que son estomac lui disait que ça serait mieux de ne plus jamais bouger. « Un café ? »
« S'il te plaît, » dit John, avant de plisser les yeux. « Tu fais partie de la famille, tu n'es pas obligé de faire tout un tas de corvées pour rester ici. Tu le sais, pas vrai ? Ce n'est pas que je n'apprécie pas, et bien sûr, je m'attends à ce que tu participes aux tâches quotidiennes, mais… »
« Ça va, » dit Stiles. « Je ferais mon quota de corvée, mais je n'exagérerais pas. » Il jeta le filtre à café, en remit un neuf, et mit un peu trop de café en poudre, mais sans son Adderall, il allait devoir compter sur le café pour pouvoir rester concentré.
Abruti de sort magique.
Après le café, John ordonna à Szczepan d'aller faire ses devoirs, et le jeune Stiles commença à rechigner jusqu'au moment où Stiles dit qu'il avait aussi des devoirs à faire, et que ce serait bien s'ils les faisaient ensemble dans le salon. Le regard de John débordait de tellement de reconnaissance que Stiles se sentit coupable. Toute cette période, devoir s'occuper de Stiles tout seul, devait être horriblement difficile pour son père, surtout avec son fils qui faisait l'idiot, et les tentatives pour trouver le bon dosage des médicaments, et ses crises d'angoisse.
Au moins, il pouvait le remercier un peu en l'aidant pendant qu'il était là.
Il aida son jeune lui à se concentrer sur ses devoirs en utilisant les mêmes trucs que sa mère utilisait. Il mit de la musique en fond sonore, et toutes les quelques minutes, il changeait de place avec lui, ainsi Szczepan pouvait bouger, et au milieu de la leçon, il joua à un petit jeu mémoriel avec lui.
Stiles ne comprit que John les avait observés depuis le début, que quand arriva l'heure du coucher pour Szczepan. Quand John redescendit après s'être assuré que son fils se soit brossé les dents et soit bien couché, il fit un signe de tête à Stiles. « Tu es doué avec lui, » dit-il. Stiles sourit timidement.
Il resta debout encore plusieurs heures, essayant de se concentrer sur sa lecture, en buvant plusieurs tasses de café très fort. Et ça l'aidait, un peu, jusqu'à ce qu'il soit distrait et se retrouve en train de faire une liste recensant les moyens de remettre Derek, Paige, et leur romance digne d'être écrite dans les étoiles, sur les rails.
Ou plutôt leur romance éclairée par les rayons de la lune.
Il se sentait un peu coupable en faisant la liste (Parler avec Paige, voir où elle va pour y aller aussi, essayer de changer leurs places en classe, se fournir leurs emplois du temps pour ça, envoyer des mots à l'un et à l'autre pour qu'ils se rencontrent à la distillerie ?) parce que Paige finirait par mourir et que le cœur de Derek allait être brisé, et il avait l'impression d'être celui qui allait tuer Paige, mais… Deaton avait raison.
Endommager la ligne temporelle risquerait de créer encore plus de dégâts. Stiles n'était qu'un ado. Alan Deaton et Talia Hale étaient des adultes. S'ils pensaient tous les deux que la ligne du temps devait rester intacte, ils devaient sûrement avoir raison.
Stiles eut la vision de ses amis, à terre, ensanglantés, morts. Il se demanda comment ils se sentiraient s'ils savaient que Stiles aurait pu les sauver, mais qu'il ne l'avait pas fait. Puis il se demanda comment ils se sentiraient si en les sauvant, il condamnait le monde entier. Ils n'auraient jamais été d'accord.
Stiles devait remettre les choses à leurs places. Ce qui suivrait n'était pas de sa responsabilité.
Ouais, c'était bien la culpabilité qui était en train de lui dévorer l'estomac.
Il devait faire vite. Il ne savait pas combien de temps il avait avant que le sort ne le renvoie chez lui.
« Ok, gamin, tu as école demain, » dit John. Les yeux bouffis de Stiles lui jetèrent un regard avant de cligner, mais il reposa ses livres, et laissa John lui montrer la chambre d'ami et sa petite salle de bain communicante. « J'ai mis quelques-uns de mes vieux vêtements sur la commode, » dit John. « Ça sera surement un peu trop grand pour toi, mais ils sont trop petits pour mon vieux corps. » Il se tapota le torse.
« Vous êtes encore jeune, » dit automatiquement Stiles.
« Ha, tu essaies de m'amadouer, » dit John. « Je m'en souviendrais pour quand Szczepan sera ado. »
« J'ai l'impression que Szczepan sera redoutable quand il sera en âge de faire de l'esprit, » dit Stiles, grimaçant alors qu'il se souvenait de l'enfer qu'il avait fait vivre à son père.
John sourit piteusement. « Il y a des brosses à dents sous l'évier, des serviettes sur l'étagère, et j'ai remis les clés de la Jeep sur le crochet. » Il tapota le mur. « Si tu as besoin de quoi que ce soit, hurle. Je travaille tôt demain, alors j'emmènerais Szczepan au Breakfast Club de l'Église à 7h. »
« Merci, » dit Stiles, et parce qu'il ne trouva pas d'autre mot pour exprimer ce qu'il pensait de la générosité de son père envers quelqu'un qui n'était qu'un étranger pour lui, il redit simplement, « Merci. »
John hocha brièvement la tête. « Bonne nuit, fiston. »
C'était juste un mot. Stiles savait que c'était comme ça qu'il appelait tous ceux qu'il suspectait, mais la vague d'amour qu'il ressentit pour cet homme à cet instant était presque palpable, et son père manquait terriblement à Stiles. Son vrai père. Son père du futur, qui avait traversé l'enfer et avait continué d'avancer.
John ferma la porte, le laissant seul dans la chambre. Stiles compta les pas de John alors qu'il s'éloignait. « Bonne nuit, papa, » murmura-t-il avant de se préparer pour aller dormir.
**XX**
Fin du chapitre 4
Publié le : 05 12 2014
