Ron dormit mal cette nuit-là. Ses rêves étaient hantés par Hermione, qui après avoir dansé avec lui, se transformait en horrible serpent et le mordait. Il faisait souvent des rêves étranges ces temps-ci: quelques jours plus tôt il avait rêvé qu'Hermione se transformait en Pansy Parkinson, ou encore qu'elle grossissait à vue d'oeil et atteignait finalement la corpulence de Hagrid. Ainsi Hermione le poursuivait jusque dans ses rêves...
Alors qu'il se retournait depuis des heures dans son lit, il entendit des cris de joie et des clameurs venant d'en bas. Il décida donc de se lever et d'un pas nonchalant, se traîna jusqu'à son peignoir. Dans le couloir, les voix étaient plus distinctes: les jumeaux étaient déjà levés, et apparamment Fleur aussi. Curieux, il descendit les marches.
Arrivé dans le salon, il vit ses frères au milieu d'un énorme tas de cadeaux, occupés à ouvrir les leurs. Il en avait presque oublié Noël.
- Joyeux Noël les gars, leur dit-il.
Fred et George se retournèrent de concert, et lui firent un clin d'oeil.
- Toi aussi Ronnie, s'écria Fred en lui jetant un paquet.
- De notre part à tous les deux, précisa George. On n'avait pas trop d'inspiration cette année mais on s'est dit que c'était utile.
Ron déballa le cadeau et découvrit, à la fois amusé et écoeuré, un lot de caleçons rouges à coeurs blancs.
- Bon ça va, je ne regrette pas de vous avoir achetés les mêmes en vert et orange!!!! répondit-il d'un ton moqueur.
Au même instant, George découvrait le dit paquet.
- On se les prêtera comme ça! railla Fred.
Un bruit sourd s'éleva soudain de l'escalier. C'était Bill et Charlie qui faisaient la course pour arriver le premier au pied du sapin.
- Doucement les garçons, s'égosilla Molly. Vous allez vous faire mal!!
- Laisse-les s'amuser, c'est Noël dit son mari en lui posant une main sur l'épaule.
Comme s'il réalisait ce qu'il disait, Arthur regarda sa femme avec insistance, et contre toute attente, l'embrassa fougueusement. Après quelques dizaines de seconde d'apnée, Molly se dégagea:
- Voyons Tutur, nous n'avons plus 20 ans! rit-elle.
Une fois que tout le monde se fut échangé les voeux, ceux qui ne l'avaient pas encore fait ouvrirent leurs paquets: Harry et Ron s'était offert mutuellement un nouveau Nécessaire à balai; Hermione avait acheté à Harry une belle paire de gants en peau de dragon, et à Ron un livre sur les Canons de Chudley; Ron lui avait acheté une trousse de toilettage pour chats, et Harry un nouveau sac de cours. Chacun eut droit aux éternels pâtés de Molly, accompagné d'un pull, et un énorme oiseau était venu livrer un paquet tout aussi énorme en provenance de Hagrid: environ 20kg de biscuits n'attendaient qu'à être mangés.
- Je crois que je n'ai jamais été autant gâtée, s'extasia Ginny.
- Pareil pour moi! dit Harry. Merci encore Arthur et Molly pour tout ce que vous faites pour moi, c'est vraiment...
- De rien Harry, sourit Arthur. Plus que jamais, tu fais partie de la famille!
Il regarda sa fille d'un air bienveillant.
- Jamais je n'aurais espéré un aussi merveilleux petit ami pour ma Ginny chérie!!
Il donna une affectueuse accolade à Harry, puis partit en direction de ses jumeaux. Hermione en profita pour venir lui parler.
- Merci, Harry.
- A toi aussi Hermione! Ces gants me vont à ravir!
Hermione lui adressa un de ses plus beaux sourires.
- J'en suis très heureuse. Ton sac est absolument sensationnel, tu sais!
- Un sac sensationnel pour une fille sensationnelle, répondit Harry.
Ainsi tout le monde remercia tout le monde; les plus courageux restèrent en bas pour inaugurer leurs cadeaux, les plus fatigués repartirent se coucher un peu. Après un long moment d'hésitation, Ron remonta dans sa chambre, laissant Charlie, les jumeaux et Fleur entamer une partie de Bataille Explosive.
CHAP7
Une fois remonté dans sa chambre, Ron posa ses cadeaux dans un coin hormis le livre d'Hermione, qu'il prit avec lui. Il s'étala sur son lit et observa minutieusement la couverture. Intitulé Les 50 Plus Grands Canons de l'Histoire, il énumérait les cinquante meilleurs joueurs de l'équipe depuis sa création. Quatre pages étaient consacrées à chacun, et les photos, évidemment, bougeaient. C'était un très beau livre, comme on en vendait dans le plus beau rayon de Fleury & Bott...Hermione avait du y laisser une petite fortune! Et lui qui lui avait offert un nécessaire à toilette pour chats...décidément il n'était vraiment pas doué avec les filles...
Son attention se reporta sur la première page, où était écrit un petit mot. Il reconnut avec plaisir l'écriture d'Hermione:
"Au plus grand gardien de Poudlard,
Hermione"
- Hermione, dit-il tout haut. Si tu savais comme je...
- Hem hem, l'interrompit quelqu'un.
Ron sursauta et se retourna d'un bond. Il n'avait pas entendu Charlie s'approcher ni encore moins rentrer dans sa chambre.
- Désolé de t'interrompre, dit celui-ci. Mais je cherchais une batte de Quidditch et George m'a dit que tu en avais une.
- Ouais, grogna le rouquin. Dans mon armoire, là.
- C'est un joli livre, l'ignora Charlie. C'est Hermione qui te l'a offert, c'est ça non?
A la fois amusé et agacé, Ron poussa un soupir significatif.
- Oui c'est elle.
- Elle fait toujours de beaux cadeaux. Elle m'a offert un livre de potions contre les dragons...
- D'ailleurs, esquiva Ron. Ta main, comment elle va?
Charlie la lui montra: un horrible liquide sortait des bandages, accompagné d'une affreuse odeur d'ail macéré.
- Y'a eu mieux, mais y'a eu pire, soupira-t-il. Tu comptes lui dire quand?
- De quoi? demanda Ron encore centré sur la main de son frère.
- Abruti...quand est-ce que tu comptes lui dire que tu l'aimes? C'est bien ce que tu aurais dit si je ne t'avais pas interrompu non?
Ron ferma les yeux, et se laissa tomber sur le dos. Pourquoi tout le monde lui en parlait? Pourquoi personne ne le laissait tranquille avec ça? Ils voulaient tous le caser ou quoi?
- Ecoute Ronnie, reprit Charlie. Ce ne sont pas nos affaires, mais on en parle souvent avec les frangins...les choses vont mal ces temps-ci! Tu ne voudrais quand même pas que l'un de vous deux meurre avant que vous n'ayiez vécu un semblant de quelque chose?
- Tu imagines toujours le pire...
- Okay, alors disons qu'elle s'embellit de jours en jours, que ses formes ne laissent aucun mec indifférent, pas même tes frères. Un autre va te la prendre, Ron! Et à ce moment-là, tu l'auras bien dans le...
- Mais comment être sûr qu'elle m'aime? coupa Ron. On n'en sait rien! Si ça se trouve elle se fout de moi, me trouve ridicule, moche, voire même idiot!!
- Et si elle disait la même chose? Vous n'avancerez jamais, si ça continue! Ecoute Ron, je pense que vous êtes tout prêt du but, alors mets-y un peu du tien aussi...je sais pas, sois plein d'attentions pour elle, va la voir, parle-lui...en gros drague-la ouvertement! T'es un Weasley oui ou non?
Il se leva, chercha un instant dans l'armoire et en sortit une vieille batte toute cabossée. Il fit mine de partir, mais se retourna une dernière fois vers son frère.
- Quand j'ai dit qu'elle ne laissait pas tes frères indifférents, j'étais sérieux. Fais gaffe à Fred, il serait prêt à la draguer pour te rendre jaloux et faire avancer les choses.
Et il claqua la porte.
