Chapitre 4 : Les chiens errants


Comment était-ce possible ? Comment est-ce qu'elle avait pu laisser cela leur arriver ? Des années à traquer le moindre humain, la moindre présence. Tout être que Dante pouvait lui demander - même chimère, ne pouvait se cacher bien longtemps d'elle. Lust était le prédateur... À sa vue, même le puissant Greed, s'était enfui.

Qu'en était-il aujourd'hui ? Pouvait-elle vraiment penser qu'elle avait l'air aussi redoutable qu'auparavant ? Non. En plus de cela, elle ne savait pas comment réagir.

Une arme était pressée contre sa tête. Si ce n'était que ça, tout irait pour le mieux. Elle n'avait rien à craindre, même pas la mort après tout. Mais pas Scar... Pas lui : il n'était qu'un humain, un humain visé, tout comme elle. Seule différence : il pouvait mourir.

Alors que ses yeux s'attardaient sur lui, Scar la regarda à son tour. Lust supposa que les traits de son propre visage pouvaient la trahir – qu'ils dévoilaient un nouveau sentiment qu'elle venait d'apprendre : l'appréhension.

Scar et elle, se regardèrent. Elle était toujours assise - à genoux, face à lui, et pouvait encore ressentir cette proximité particulière.

Pendant qu'il souffrait, le visage trempé de sueur, être aussi proche de lui accordait un peu de réconfort à Lust. Bien que c'était absurde, elle le savait bien, mais elle avait encore l'impression de pouvoir le protéger, de prendre une balle pour lui s'il le fallait.

Elle aurait depuis longtemps attaqué en se servant de son corps comme bouclier, si Scar n'avait pas cette arme pressée contre le côté droit de sa tête.

"Je dois agir, ce n'est pas l'homme à la cicatrice qui peut tenter quoi que ce soit. Il n'y a que moi. Je dois les tuer." Se dit-elle.

Lâchant le regard soutenu de Scar, Lust décida d'enfin diriger ses yeux lavande autour d'elle, sans tourner le visage – pour y regarder ses agresseurs. De ce qu'elle pouvait voir, ils étaient 6 ou 7, elle n'était pas vraiment sûre... Peut-être y en avait-il également d'autres derrière elle – en plus de celui dont elle avait conscience, et qui la tenait déjà en joue.

Elle vu des bandits. Tous portaient des capes brunes : cela lui fit immédiatement penser qu'il s'agissait du même groupe que celui qu'elle avait tué tout à l'heure.

"Bon sang... Elle commence bien ma journée à servir de garde du corps... C'est ridicule." Elle pensait fort, mais ne prononça jamais ses mots.

Avec amusement, se sentant probablement en sécurité - au vu de leur nombre et de la situation, l'homme derrière son dos cogna légèrement la tête de Lust avec la pointe de son arme. Elle supposa que ça l'amusait, car il s'est ensuite mis à répéter ses gestes à plusieurs reprises : prenant plaisir à pousser sa tête à chaque fois.

"Du sang sur les mains et un homme blessé qui ne tient plus debout ? Ce n'est pas ton jour, ma petite." Se moqua-t-il d'elle.

Aux mots de l'homme, Lust tenta de garder ses yeux sur Scar qui restait silencieux.

Son silence ne l'aidait pas cependant, elle pouvait voir sur son visage cicatrisé, une colère immense menacer d'exploser. Elle savait qu'il n'était pas un homme impressionnable : ces bandits ne pouvaient pas l'effrayer, au contraire, ils allaient mettre le feu à la poudre.

"Non... Je crois également qu'il ne s'agit pas là, de mon meilleur jour. Mais pas du pire non plus, je vous rassure." Dit finalement Lust, en fronçant les sourcils.

C'est vrai, ce n'était pas un bon moment, mais grâce aux Elric, elle était à deux doigts d'atteindre son but : devenir humaine après des années d'espérance, donc bien sûr, ça pourrait être pire.

Le bandit ria. Il colla le canon de l'arme contre le bas du crâne de la brune, puis ses rires furent imités par ses congénères autour d'eux :

"Nous verrons ça, ma jolie. Pour ce que vous avez fait à notre ami, c'est notre chef qui décidera de votre sort."

Les yeux de Lust s'ouvrir une seconde d'étonnement, avant de se plisser :

"Son ami ? Bien sûr. Cet homme que j'ai tué. Toute cette mise en scène à cause de cet ahuri ? Le cadavre encore chaud a dû être retrouvé. C'est amusant que ces hommes - sans honneur, savent agir pour les leurs." Pensait-elle. Une partie d'elle avait envie d'en rire, mais elle se calma, préférant lui répondre :

"Qu'est-ce qui vous fait croire que nous sommes responsables de ce qui est arrivé à votre ami, au juste ?"

Sa voix était calme, ses yeux restèrent voués à Scar qui, lui, combattait pour garder les siens ouverts. Sa santé devenait plutôt alarmante, donnant envie à Lust de l'aider même si elle ne pouvait rien faire. Non, elle ne pouvait rien faire, rien du tout, sans risquer de leur faire tirer dessus. Elle serra ses poings contre l'herbe - de chaque côté de ses genoux :

"Je peux m'en sortir si je tente quelque chose, mais toi non..." Elle espérait silencieusement qu'il arrive à lire ces mots aux travers de ses yeux. "Ne dit-on pas que les yeux sont les reflets d'un état d'âme ? Je sais que je n'ai pas d'âme, mais peut-il tout de même lire mon esprit ? Je le souhaite réellement."

Oui, elle souhaitait d'autant plus que ces bandits disparaissent quand elle commença à ressentir l'arme pressée contre son crâne, descendre doucement à son cou. Le toucher froid du métal était aussi désagréable que le regard de celui qui portait cette arme : alors qu'il utilisait une de ses mains pour pousser les cheveux de Lust sur le côté, révélant sa peau pâle.

"Ce serait bien que tu te tournes pour que je puisse voir ton visage. Peut-être que le chef pourrait se révéler... Clément, avec une jolie femme."

Ses paroles étaient destinées à Lust, et n'avaient rien de clémentes. Il colla sa poitrine contre son dos – déplaçant son bras autour d'elle pour placer son arme sous mon menton. Lust détestait les idées qui traversaient l'esprit de cet homme, mais elle resta calme malgré tout.

L'homme le remarqua et pour la faire réagir, il commença à caresser son épaule après avoir relâché ses cheveux noirs. L'effet de sa paume crasseuse et rugueuse sur son épaule nue, faisait amèrement regretter à Lust de porter une robe à décolleté et aux épaules non couvertes – en plus d'envoyer un frisson très désagréable de dégoût dans tout son corps. Elle détestait être touchée. Chaque fois qu'un humain la touchait, elle pouvait ressentir que les intentions de cet humain étaient "sales," selon sa perception, et celui-ci n'était pas différent.

Scar remarqua le gène de Lust : il vit son visage se crisper, et l'entendit grogner. Scar pouvait décrire le visage de Lust comme étant composé d'un trait unique d'émotions purement négatives, bien loin de cette expression neutre - voire moqueuse qu'elle savait montrer en temps normal. C'était comme voir une personne bafouée, venant d'insister à un crime odieux.

Scar s'énerva. "De quel droit tu la touches ? De quel putain de droit tu poses tes mains sur elle ?!" Pensa-t-il en grognant.

À deux doigts de le hurler, il tenta de se lever par la rage. Mais il n'en avait pas la force : le seul geste qu'il tenta le fit retomber de douleur. Immédiatement, il tenta de nouveau de se lever, mais l'un des bandits, le frappa d'une droite au visage, le faisant aussitôt retombé dos à l'arbre :

"Tu bouges encore une fois et je te fais sauter la cervelle !" Hurla l'agresseur au blessé.

Scar était en très mauvais état. Après avoir encaissé le coup, Lust, étonnée, remarqua que sa blessure s'était mise à saigner d'avantage.

Elle n'aimait pas ça. Elle oublia même la main dégoûtante de l'homme sur sa peau crémeuse. Un sentiment étrange lui dérobait les pensées, sans qu'elle ne puisse dire pourquoi : elle avait la sensation qu'elles étaient enflammées.

Les bouts de ses doigts commencèrent à trembler suite à la scène s'étant déroulée devant elle. Elle avait tellement envie de tuer ce salaud qui avait frappé Scar... Le découper et décrocher chacun de ses membres.

La colère commençait à la gagner, elle ne pouvait que la laisser monter, comment pouvait-elle l'arrêter ?

Ses yeux se plissèrent sous une colère nouvelle, ses paupières semblaient trembler alors que sa mâchoire se serra – montrant légérement ses deux canines. Comme une louve menaçant de mordre, une question supplémentaire en tête :

Comment ces sales humains pouvaient-ils bien arriver à lui faire ressentir ce genre de choses ? Était-ce seulement de la colère, ou bien un étrange mélange de colère avec de la honte ?

Elle n'avait pas le temps de méditer sur la réponse : le bandit derrière elle attrapa son épaule et la releva brusquement, la tenant fermement à lui - pendant que le canon de son arme s'enfonça sous mon menton – plus qu'avant.

"Vous allez regretter de poser vos sales pattes sur moi..." Dit Lust entre ses dents, mais d'une façon bien audible.

"Je pose mes mains où je veux. Sur ta jolie petite gueule, et même sur tes fesses. Mais je pense que je vais laisser ce plaisir au chef. Si je commence avec une femme, je ne m'arrête plus, et le chef, il n'aime pas passer second. Il veut une femme propre, si tu vois ce que je veux dire."

La mine dépitée, passablement écoeurée, Lust pouvait l'entendre lui murmurer ces choses à l'oreille, alors qu'il semblait narguer Scar du regard, puis il reprit :

"Où sont vos amis ? Je crois que vous étiez plus que cela."

"Je ne vois pas de qui vous voulez parler. Nous ne sommes que deux." Répondit-elle rapidement.

Malheureusement, sa réponse était sûrement trop rapide, car le bandit ne semblait pas le croire - ou alors il savait vraiment qu'ils étaient quatre. Lust connaissait leur piège, visant à leur faire avouer par eux-mêmes ce qu'ils voulaient entendre en entamant une discussion. Elle le savait pour l'avoir pratiqué elle-même : la manipulation.

Elle espérait au moins, juste que les deux Elric ne reviendraient pas maintenant. Elle devait faire en sorte d'éloigner ces hommes, et ce avant leur retour, ainsi que changer de discussion :

"C'est pourtant vrai, il n'y a personne d'autre que nous. D'ailleurs, j'aime l'idée de pouvoir voir à quoi ressemble votre chef. Est-il seulement bel homme ? J'aime les hommes forts."

Oh oui, sa question consterna Scar : il la regarda avec un air désabusé.

Elle n'aimait pas vraiment cette mine crachant du dégoût, mais elle essaya de faire ce qu'elle pouvait avec ce qu'elle avait... C'est-à-dire, profiter de la naïveté des hommes. Et par naïveté, elle entendait par-là profiter de leurs bas instincts de mâles en manque de chaire chaude. Elle savait qu'ils n'oseraient pas la toucher, du moins pas s'ils avaient vraiment l'idée de l'amener à leur chef - comme les bons toutous qu'ils semblaient êtres.

Elle pouvait les imaginer offrir son corps pour satisfaire les bons plaisirs, d'un être répugnant, attendant ensuite un os à mâcher [ce qu'il pourrait possiblement restait d'elle] comme récompense... Pauvres idiots.

"Beau ? Il n'est pas beau : il est affreux ! Et il est balafré comme pas deux !" Annonça le bandit en éclatant de rire. "Mais nous allons t'y conduire, bien sûr !"

"Les hommes balafrés ont un certain charme..." Répondit Lust, regardant Scar durant le moment.

Était-elle sincère ? Scar ne le savait pas, et la question ne dura guère : il n'avait pas le temps de s'en préoccuper.

Voyant le petit échange de regard entre Lust et Scar, un autre bandit apporta son grain de sel :

"Faut croire qu'elle dit la vérité la p'tite chatte... Il est bien amoché ce gars qui est avec elle." Dit-il en voyant la cicatrice sur le front de l'Ishbal. "C'est peut-être vrai qu'elle aime les grosses balafres. Ha ha ha. Moi aussi j'ai un bon paquets de cicatrices, j'veux bien lui montrer d'près."

"..."

Alors qu'elle ne quittait toujours pas le regard de Scar, il pouvait voir un dégoût tirer les lèvres de Lust. Il comprit qu'elle tentait de les amadouer d'une certaine façon, mais ne s'en réjouissait pas.

Scar essaya de se lever, s'appuyant de son bras, sous le regard des hommes. Si seulement il pouvait trouver la force de frapper le dernier bandit à avoir parlé, pour lui faire cracher ces dents. Scar y mit de l'effort sans aucune peur – même en sachant que les bandits avaient tous une arme pointée en sa direction.

"Que fait-il ? Est-il fou ? Si ce n'est se faire mitrailler, je ne vois pas l'utilité pour lui de tenter quoi que se soit..." Songeait Lust en le regardant. Malgré ça, soucieuse, et sans réfléchir, elle fit un pas vers lui : pour le tenir ou... Elle ne savait pas elle-même.

Mais à peine un seul mouvement fait, l'homme tenant son bras tira la jeune créature brusquement en arrière – puis il parla d'une voix tout autant brusque :

"Pas si vite, tu as un rendez-vous, tu te souviens ? Tu ne veux quand même pas qu'on détruise un si joli corps en le triblant de balles, car tu auras fait la maligne, hein ? Cribler de balles, oui. C'est pas parce que tu belle que tu as le droit de faire la maligne, ma petite."

"Bien sûr que non... Ma beauté, c'est tout ce que j'ai. Je suis sûre que votre chef saura apprécier ma venue. Et qu'il ne m'agressera pas en pointant une arme contre moi."

Lust mentait, car leur dirigeant était sûrement pire encore, mais quelle importance ? Si elle arrivait à leur faire relâcher l'homme blessé, ils pouvaient l'emmener où ils voulaient : avec elle seule, ces bandits allaient signer leur arrêt de mort.

"J'aime les dames qui savent ce qu'elles veulent. Cela rend les moments où elles se soumettent encore meilleurs." Répliqua-t-il.

Sur ses mots, le bandit tire de nouveau Lust en commençant à marcher, forçant la créature à le suivre - puis, il augmenta la pression de son arme sous mon menton.

"Qu'allez-vous faire de mon ami ? Il est blessé." Demanda-elle d'un air calme, bien qu'elle commençait sérieusement à s'inquiéter : Scar était désormais derrière elle alors qu'elle était obligée de marcher, elle ne pouvait pas voir ce qui se passait derrière son dos.

Seulement, la réponse qu'elle entendit était plutôt réconfortante :

"On le laisse ici. Avec le sang qu'il perd, il va sûrement crever comme un chien et nourrir les bêtes sauvages. On va pas s'encombrer avec son cadavre. Savoir que ce chien est en train de crever doucement sera plus satisfaisant que juste le tuer directement."

C'était parfait, exactement ce qu'espérait entendre Lust. Elle n'avait plus qu'à attendre que ces hommes commencent à marcher pour tous leur trancher la gorge... Ou faire exploser leurs coeurs de ses griffes tranchantes.

Lust resta concentrée, elle entendit le bruit de pas se rapprocher sur le chemin constitué de graviers.

Elle ne savait pas ce qui s'est passé dans la tête de Scar, mais il essaya de frapper l'un des hommes.

Avait-il vraiment aussi peu d'intérêt pour sa vie ? N'avait-il pas deviné qu'elle était en train de le sauver ?

Lust essaya de rester impassible, surtout lorsqu'elle entendit ce qu'elle pouvait facilement d'écrire comme un coup renvoyé : Scar n'avait aucune force, il se fit frapper la mâchoire et s'est acculé le dos à l'arbre près duquel ils étaient tous les deux un peu plus tôt. Elle pouvait aussi l'entendre hurler, alors qu'il serra sa poitrine sanglante qui le faisait horriblement souffrir sous des mouvements trop brusques. Scar tomba sur le sol, son dos glissant lourdement contre le bois.

Lust doutait fortement qu'il puisse maintenant tenter quoique ce soit, voyait-il seulement, ou sa vision était trop diminuée par la douleur ? Quelque chose lui dit que sous toute la douleur et la fièvre, Scar était à deux doigts de s'évanouir, luttant pour garder les yeux ouverts.

Alors qu'elle marchait, elle pouvait entendre – enfin, les hommes laisser le blessé, et commencer à les suivre. Un sourire large jusqu'à ses joues se dessina – avec une necessité de tuer indéchiffrable parcourant son corps. Lorsque l'homme qui la retenait déplaça son arme sur le côté droit de son cou, elle arriva légèrement à tourner le visage pour voir derrière elle : c'était le moment, le dernier des hommes venait de lâcher Scar et commençait à les suivre.

"Je vais les déchiqueter. Les massacrer."

Discrètement, elle commença à lever sa main légèrement, mais alors qu'elle s'apprêtait à agrandir ses griffes, une voix résonna soudainement : elle l'entendit crier. Cette voix se rapprochait.

Dès lors, le bandit la serra à lui plus fermement et colla son arme à sa tempe.

Là, ils furent à la vue de tous :

Les deux frères Elric en pleine course.

Le plus étonnant, c'est qu'ils traversaient le chemin devant eux pour foncer avec rapidité de l'autre côté du bois sans s'arrêter.

"Mais qu'est-ce qui se passe...?" Se demanda Lust béa.

Elle vu ensuite – rapidement, un énorme sanglier sortir du bois d'où venaient les deux frères. Un sanglier énorme qui semblait les poursuivre.

Voyant cela, Lust resta légèrement abasourdie... Les bandits aussi : mais en agissant plus rapidement qu'elle. L'un des hommes se tourna pour viser Scar de nouveau, les 4 restants se précipitèrent devant eux : visant déjà avec leurs armes, pour l'y attendre les Elric, qu'elle pouvait encore entendre hurler et crier :

— Dépêche-toi Al !

— Aaaah, mais est-ce qu'on est allés fouiner dans cette direction ?

— La ferme ! Et courrons ! Lust s'en chargera !

L'homme retenant Lust posa une main sur sa bouche pour l'empêcher de les prévenir. Ses traits se sont effondrés. Les muscles de ses bras se son relâchés, tombant de chaque côté de son corps mince.

Comment allait-elle faire maintenant ?

Edward et Alphonse sortirent finalement d'entre les arbres et s'arrêtèrent au milieu du chemin – visiblement. Un Edward essoufflé, reprenait, se penchant en avant, posant ses mains sur ses genoux, respirant à grands coups.

Alphonse lui, s'arrêta juste à ses côtés, et fut le premier à regarder dans la direction des piégés. Les yeux de Lust s'attardaient sur lui et elle commença à voir sa grosse armure trembler :

"Ed... Ed... Ed-Edward ! Hurla-t-il en tremblant. Des bandits ! Scar et Lust sont attaqués par des bandits !

Mais c'était déjà trop tard. Lust ne pouvait plus rien faire... Ce n'était plus uniquement Scar qui était en danger. Maintenant, c'était au tour des Elric. Les hommes armés en face d'elle ne montrèrent pas une seconde d'hésitation avant de les viser.

Le bandit enleva sa main qui couvrait la bouche de Lust. Les yeux de la brune se fermèrent, elle soupira.

"Je n'ai pas de chance, décidément. Mais alors pas du tout." Se dit-elle à elle-même.

"Les bras en l'air !" Cria l'un des hommes. "Et que je les vois bien !"

Edward se rendit compte de cela et sursauta. Ces enfants étaient bêtes parfois, mais savaient aussi être intelligents : ils firent ce qui leur a été demandé, levant leurs mains en l'air.

"Qu'est-ce que vous voulez ?" Demanda le petit blond, d'un regard froid.

"On va vous livrer à notre chef, suivez-nous sans faire d'histoires. Sinon on vous fait sauter la tête : peu importe que vous êtes des gosses." Lui répond un autre des hommes.

Le regard de Lust croisa celui d'Edward. Elle vu qu'il était nerveux, sans doute voulait-il s'élancer et frapper ces hommes lui aussi.

Mais Lust secoua la tête comme réponse, lui faisant signe du regard pour qu'il regarde derrière son épaule - lui faisant remarquer que Scar était souffrant et dos au mur lui aussi.

"Tu ne dois rien tender. Ce serait dommage que ces hommes gaspillent des balles inutilement, n'est-il pas ?" Dit Lust à Ed.

La situation était peut-être critique, mais le calme dont Lust faisait preuve était étrange... Presque rassurant, tant elle semblait ne rien craindre. Si Edward ne la connaissait pas mieux, s'il ne savait pas qu'elle était un Homunculus privé d'âme, il aurait juré que toute situation ne pouvait la terrifier. Si maîtresse d'elle-même, le regard impénétrable parfois. Peut-être était-ce juste car elle ne pouvait pas mourir... Pourtant, Ed lui-même était en danger, s'il lui arrivait quelque chose, il savait qu'elle pourrait perdre sa chance de devenir humaine : et pourtant cela ne semblait pas la distraire plus que ça.

Une voix retentit, soudainement.

"Merde!"

Le gars qui retenait Lust la relâcha pour lui mettre un coup de latte en pleine figure. Son visage se tourna sous la force, elle sentit sa joue lui brûler horriblement. Le bandit l'ayant frappé, furieux, la regarda avant de s'écrier :

"Tu as osé me mentir... J'en étais sûr ! Tu n'aurais pas dû faire ça, sale garce ! J'ai horreur qu'on me cache des choses."

Lust savait qu'il voulait l'effrayer, le ton de sa voix lui en dit clairement assez. Cela dit, elle n'avait pas peur de lui. Non. Ne branchant pas, elle le regarda - ne lâchant pas ses yeux.

Un moment, elle supposa que son regard dérangea l'homme violent. La couleur de ses yeux d'une étrange couleur lavande y était pour beaucoup.

Contre sa volonté, l'agissement silencieux de Lust ne fit qu'accroître la colère de l'agresseur.

Il s'élança vers elle et la frappa de nouveau. Cette fois, c'est son poing fermé qui s'est cogné contre sa mâchoire. La force du coup était telle que le corps léger de Lust, fut projeté sur le sol, où elle s'écrasa douloureusement sur les morceaux de roches composant une partie du chemin.

"Bon sang."

Voyant cela, avec colère, Edward commença à courir vers la direction de Lust.

Un des hommes lui tira dessus, mais eratant son tire : Edward en profita pour le frapper de son poing d'acier – en pleine mâchoire. L'homme cogné fut projeté à son tour, comme ce fut le cas de Lust.

Malheureusement, le petit blond hurla soudainement de douleur.

Une balle tirée par un autre des scélérats est venue se creuser dans la chair de son bras gauche. Comble de malchance... Il aurait été préférable que ce soit dans son auto-mail en acier.

L'homme ayant tiré, ne se fit pas prier : après avoir touché le blond, il le rejoint et le frappa dans le ventre, le faisant s'écrouler sur le sol. Il lui pointa aussitôt son fusil sur la tête.

Ne laissant pas le temps à Alphonse d'agir, quelqu'un hurla pour lui :

"Toi ! Tu vas te tourner et commencer à marcher, au moindre faux pas – on bute la blondinette et le mec à la peau mâte, ainsi que ta sale gueule !"

Toujours au sol, le côté du visage contre la crasse, Lust se releva légèrement en s'appuyant sur un bras.

"Je ne pensais pas qu'il allait frapper si fort. Ne devait-il pas m'emmenant à son maître ? Me fracasser la machoire n'est pas l'idée la plus brillante. Cet homme est probablement le couteau le moins affuté du tiroir." Se dit-elle.

Le salaud lui avait défoncé la mâchoire : elle ne tenait plus correctement et tombait légèrement. Lust apporta son menton entre sa main libre pour aider sa bouche à se fermer : ce n'était pas tellement un problème – elle était déjà en train de se rétablir comme si rien n'était arrivé. Il y avait d'autres problèmes plus graves...

Fullmetal venait d'être blessé.

"J'ai échoué... Comment sauver ces enfants maintenant ? Perdre l'Ishbal c'est une chose... Mais perdre également Edward et Alphonse, les deux alchimistes qui doivent m'aider à récupérer mon âme ? Je ne peux pas me le permettre. Non, je ne veux perdre ni l'homme ni ces enfants." Pensa-t-elle. "Je vais les tuer... Ils finiront par baisser leur garde... Mais qu'en est-il des blessés ? Comment les soigner ?"

"Debout. Dernière chance. Le premier qui fait le malin apporte la mort aux trois autres." Annonça la brute ayant frappé Lust, s'adressant autant à elle qu'à Edward.

N'ayant pas le choix, Lust et le blond se relevèrent tous les deux.

Edward souffrait, elle le voyait bien : le visage de l'alchimiste était couvert de sueur, alors qu'il maintenait son bras blessé.

Le sang coulait jusqu'au sol. Scar & lui-même devaient vite avoir des soins.

"Permettez-moi de soigner les blessés." Lust demanda. "On vous suivra sans opposer la moindre résistance. Dans leur état, ils risquent de ne pas survivre."

Au moins Lust s'est dit qu'elle aurait essayé, même si elle s'attendait déjà à la réponse qu'elle allait recevoir :

"Pas question. S'ils ne peuvent pas suivre, alors ils crèvent. Dans tous les cas, ils feraient mieux de se bouger."

Après qu'il ait terminé sa petite annonce non-amicale, le bandit fit signe à l'homme - visant Scar, de le laisser : il était inconscient désormais, allongé sur le sol. La poitrine entièrement - si ce n'était presque, recouverte de sang, jusqu'à ses hanches où il s'était propagé.

Lust remarqua l'état de Scar, ses yeux ne quittèrent pas son corps meurtri.

Elle sentit les muscles de ses bras céder, comme s'ils étaient trop lourds à porter. Des pensées sinistres mais silencieuses en tête :

"Il va mourir ? C'est ça son destin ? Mourir seul dans ce bois horrible, succombant à des blessures qui avaient été soignées avant d'être encore plus aggravées ? Non, je ne veux pas, ça ne doit pas finir comme cela... Cet homme sait des choses sur moi-même, ainsi que sur mon passé - que j'ignore. Des choses que j'ai besoin de savoir. Il n'a pas le droit de mourir. Encore moins avant de m'avoir parlé de celle fille qui me ressemble tant."

Le corps de Lust commença à trembler légèrement. Elle ne ressentait plus ses muscles.

"Il est le seul à connaitre mon passé. Il n'a guère le droit de me priver de la connaissance. Je ne veux plus vive avec les doutes."

Elle avait la sensation de perdre le contrôle de son corps.

La voix d'Alphonse cria le péché qu'était son nom : Lust ne l'entendit pas.

Elle avait l'impression étrange que le monde entier défilait au ralenti autour d'elle.

Pendant plusieurs secondes, le visage de la jeune femme de ses flash-backs se dessinait devant ses yeux.

"Qui est-elle vraiment ? Moi, où je ne suis-je que son ombre ?"

Le doute ne devait pas être, pourtant il était là à chaque instant, chaque seconde de sa vie. Elle l'avait oublié un temps, avant qu'il ne l'a rattrape avec plus de force que même elle, n'aurait jamais. Peut-être que le Dante avait raison, et qu'un homunculus ne devrait se souvenir de rien.

Quand le visage de l'inconnue disparu de sa vision, il laissa sa place à la mine pâle de Scar devant-elle.

Les hommes commencèrent à marcher alors qu'Edward et Alphonse étaient bousculés par les bandits, les obligeant à avancer - tout en les gardant sous leur viseur. Dans son état blessé, et surtout ciblé, il était trop dangereux pour Ed de tenter l'utilisation de l'alchimie.

Mais Lust ne remarqua rien, elle restait vouée à l'homme mourant : celui qui mourrait un peu plus à chaque seconde qui passait. Comme-ci chaque goutte de sang qui tombait, tâchant le vert sur le sol, était une partie de son âme qui s'écroulait.

Une âme que Lust voulait, et surtout, devait découvrir.

"Dépêche-toi, je n'aime pas me répéter." Ordonna une voix à elle.

Dans son étrange état, Lust n'entendit pas non plus cette voix derrière son dos. Elle ne savait pas ce qui était en train de lui arriver, mais – sans s'en rendre compte, ses jambes commencèrent à bouger seules.

Elle se dirigea vers Scar, murmurant des mots inaudibles pour les autres :

"Je veux l'aider, l'empêcher de partir si c'est ce qu'il compte faire. Il n'a pas le droit de partir, n'est-ce pas ? Pas avant de m'avoir aidée à me comprendre. Non, il ne peut pas. S'il succombe à la mort, je ne peux l'y rejoindre : celle-ci m'est juste refusée, même en désirant la mort, je ne peux l'obtenir aussi facilement... Je ne sais même pas quel endroit attend une créature comme moi après la mort."

Elle était à quelques pas de Scar désormais. Elle n'entendait pas la présence qui arrivait à elle. Ses genoux se sont pliés doucement : elle voulait juste être près de "lui". Déplaçant ensuite sa main à la joue de Scar, doucement, elle le caressa, sentant la chaleur anormalement inquiétante contre sa paume.

"Tu n'as pas le droit de mourir. J'ai besoin de toi..."

Elle murmura ses mots, pas sûre qu'ils soient vraiment audibles.

Ses pensées torturées par sa vision d'un corps presque mourant, quelque chose a alors attrapé les bras de Lust. Deux grandes mains se posèrent sur elle, capturant ses bras pour la soulever avec force.

Elle n'arrivait pas à opposer la moindre résistance.

"Je vais revenir. M'entends-tu ? Tu n'as pas le droit de partir... Ne me laisse pas !"

Cria-t-elle alors qu'elle était tirée loin de Scar, dans une panique inattendue. Ces mots prononcés, sa vision entière devint floue : puis des images d'une autre époque se sont mises à défiler devant ses yeux.

Des images du passé de Lust. Ou de la femme qu'elle devait remplacer, elle n'était pas sûre de sa réelle identité...

Pour Lust, ce qu'elle ressentait à présent, était horrible : elle avait mal, des douleurs s'en sont prises à son esprit : elle avait tout bonnement l'impression que sa tête était sur le point d'exploser de l'intérieur.

Cet homme dont elle ignorait le nom – ainsi qu'un sosie aux cheveux châtains et à la peau mâte à ses côtés. L'homme tenait la jeune femme dans ses bras, la suppliant de « rester avec lui ». Mais elle était malade, Lust le savait. Elle était condamnée à mourir, raison pour laquelle elle était là. C'est aussi pour ça qu'elle ne pouvait lui répondre : n'ayant pas la force d'ouvrir de nouveau les yeux.

"Reste avec moi, ne me laisse pas... Je t'en prie ! Ne me laisse pas!" Criait-il, pleurant à chaudes larmes.

"Je veux que ça s'arrête, je n'en peux plus. Ces images... Elles sont trop difficiles à supporter." La tête de Lust devenue trop lourde.

Alors qu'un des bandits la tira à lui - l'éloignant encore plus de Scar, les visions : que ce soit du présent ou du passé - s'arrêtèrent subitement. Les images n'étaient plus, les yeux de Lust ne voyaient plus – ils commencèrent à se fermer.

Doucement, alors que les yeux de la créature se posèrent sur l'homme au sol une dernière fois – le corps tout entier de Lust s'est mit à la lâcher. L'homme armé, remarqua le changement l'opérant - puis il la relâcha et elle tomba sur le sol.

Lust ne ressentait plus aucune douleur, juste l'obscurité alors que ses yeux se sont fermés complètement.

"Les humains se demandent-ils tous où ils iront après leur mort ? Les pêcheurs, seront-ils pardonnés par un dieu, qu'importe soit-il ?

J'ai passé des années à faire la rencontre de gens ne croyons en rien d'autre que ce qu'ils voyaient. D'autres années avec des personnes priant des dieux, parfois différents - selon les religions...

Moi, je ne sais pas en qui croire. Si j'étais d'Ishbal, pourquoi, le dieu de ce peuple m'aurait-il abandonnée à mon sort ? Je ne demande qu'à croire en quelque chose.

Même s'il n'y a rien, même s'il faut vivre en attendant de rejoindre un être qui n'existe pas, cela offre une envie de vivre sa vie entièrement sans peur ni questionnement.

Il est possible que les humains se soient eux-mêmes voués à des cultes pour se rassurer, se permettant ainsi de ne pas être des proies aux doutes. Se disant qu'ils pourront rejoindre leurs défunts dans un monde meilleur où tout se révélerait mieux : vie éternelle, santé et que sais-je encore...

Ce qui me revient le plus cependant, c'est le concept de l'âme. Ce qu'ils en pensent.

Une personne décède et son âme est censée quitter son corps, trouvant ainsi la libération "ailleurs". Alors que le corps lui, ne quitte pas le monde où la personne est morte - il se décompose, mais reste présent d'une manière ou d'une autre. Malheureusement, l'âme partie, le corps est vide, il n'a plus rien et ne devient que de la matière vouée à disparaître. Matière que toute alchimie peut modifier ou décomposer.

Moi alors ? Je n'ai pas d'âme, mais mon corps et mes gestes sont les miens... Je suis consciente tout en pouvant ressentir la douleur - qu'elle soit physique ou psychologique. Qui suis-je ? Où plutôt, que suis-je ? Si je perds la vie un jour, qu'est-ce qui m'attendra... Est-ce l'endroit où toutes les âmes et tous les esprits se rejoignent ou bien, le néant ?

Je n'en peux plus d'errer comme un spectre. Non, je n'en peux plus, je veux être humaine. Je veux que les gens m'aiment comme ils pouvaient aimer la femme que je remplace. Je veux recevoir ce qu'elle avait. Ne plus douter. C'est mon désir le plus cher. Savoir ce que ça fait. Et pour cela, j'ai besoin d'être humaine.

Pour être aimée, véritablement,

Il faut avoir une place dans ce monde.

Mais qui ? Qui voudrait d'une créature comme moi, une silhouette froide sans âme ?

Le corps de Lust était frêle, elle avait l'impression de flotter. Est-ce qu'elle avait encore des visions ?

Quelques secondes étaient nécessaires après s'être posé cette question – avant qu'elle essaie d'ouvrir ses paupières, lourdes, tremblantes.

Ouvrant les yeux, des silhouettes et couleurs prenaient formes peu à peu – alors que son corps se déplaçait.

Non, il ne se déplaçait pas tout seul, elle ne le faisait pas elle-même : quelqu'un la portait – son ventre était posé contre l'épaule d'un individu, ses deux bras tombant de chaque côté de sa tête.

Lust réalisa qu'elle s'était vraisemblablement évanouie. Elle immergea radicalement en quelques secondes - lorsqu'une voix appela son nom dans un murmure.

"Lust... Tu es réveillée ? Ça va mieux ?"

Elle a rapidement reconnu la voix d'Alphonse Elric, si bien qu'elle leva la tête – qui lui semblait plus lourde que d'habitude, pour le regarder.

Al et Fullmetal se trouvaient tous les deux derrière le 'type' qui traînait Lust en le portant comme un sac. Les deux jeunes garçons avaient tous les deux les mains liées par des cordes, en plus, ils étaient attachés d'une façon leur empêchant de frapper des mains, ou de toucher quelque chose avec leurs paumes : difficile d'utiliser l'alchimie dans ces conditions ; dommage, ils auraient pu surprendre les hommes. Les deux bandits prenaient la désagréable habitude de cogner de temps à autre le canon de leurs fusils contre leurs dos – pour les pousser à marcher plus vite.

"Oh, non..." Souffla Lust, alors que certains souvenirs de ce qui s'était passé lui revenaient.

"On doit rester calmes, c'est tout ce qu'on peut faire... Pour l'instant." Répondit Edward.

Lust resta silencieuse un moment, entrant dans une réflexion avec elle-même :

"Rester calme, moi ? Ne le suis-je pas déjà ? Pour quelqu'un qui est à une balle près de perdre le but de toute son existence... Je suis étrangement calme même ! Pourtant, ce n'est pas l'idée de tuer qui me manque." Elle gardait sa tête relevée pour regarder les Elric, mais les bouts de ses doigts se mettaient à gesticuler dans le vide. "Pourtant, j'ai l'impression d'oublier quelque chose. Je me souviens de ces bandits, de l'attaque dans ces bois, mais il manque des morceaux..."

Une sensation très étrange dérangeait Lust, la poussant à regarder autour d'elle – du mieux qu'elle le pouvait pour une réponse.

Scar.

Il n'était pas ici. Non, Scar n'était nulle part où être vu... Où était-il ? Il était inconscient et blessé, Lust s'en rappelait.

"Où est Scar ?! Je ne le vois pas... Fullmetal, réponds-moi !" S'écria-t-elle à ce dernier, l'image de l'homme disparu, en tête.

"Chut, Lust... Du calme, on en parlera plus tard..." Chuchota Ed l'air énervé et grimaçant.

Lust frappa légèrement le dos de celui qui la tenait :

"Non ! Je dois le soigner, il est blessé !"

Grâce au ton hurlant, le bandit contre lequel la jeune femme était apposée, prit conscience qu'elle était revenue à elle.

Il la secoua soudainement et lui hurla dessus l'air menaçant :

"Ferme ta gueule ! Ou j'te jette par-dessus mon épaule, tu vas rien comprendre !"

Bien sûr... Par obligation, Lust fit ce qu'il dit. "Sinon ils tueront Fullmetal, et sûrement Alphonse aussi. Et s'ils le font, alors je n'ai plus rien. Condamnée à errer pour toujours. J'ai abandonné Dante pour eux, pas question de les perdre maintenant." Lust était dès lors crispée, ses yeux se fermant dans l'exaspération. "Je vais nous sortir d'ici, ensuite, on s'occupera de Scar. Mais... Est-il mort ? Ou est-ce que j'ai dramatisé les choses dans mes souvenirs ? Je ne suis plus sûre de rien, mais je refuse de croire qu'il est mort. Il a trop subit pour mourir finalement contre des bandits de rien... Ces hommes ne sont que des lâches, Scar ne l'est pas."

Toujours maintenue sur l'épaule de l'homme qui continuait sa marche, Lust laissa sa tête tomber dans la défaite. Elle ne voulait plus penser à rien, juste dormir pour lutter contre le temps, si seulement elle pouvait le faire. Pourtant, Lust songeait déjà à une méthode pour les sortir de ce pétrin.

Après un moment de réflexion, un sourire se dessina sur les lèvres mauves de l'Homunculus.

Après un certain temps de marche, Lust supposa qu'il n'y avait que quelques minutes passées depuis son réveil – mais semblant extrêmement lentes.

Ils arrivèrent à destination.

"On est arrivés. Ouvrez les portes !" Hurla le gars qui portait Lust.

Lust eut à peine le temps de relever la tête que ce dernier la laissa tomber au sol – sans prévenir. Ce fût presque douloureux (mais elle avait connu pire), face contre sol, joue dans la boue.

Lust se rendit ainsi compte qu'ils étaient loin du chemin de graviers - et qu'ils s'étaient enfoncés dans cette saleté de forêt dense. L'humidité dans la terre boueuse de l'endroit le lui prouvait... Il faisait beaucoup plus sombre à cause de la forte végétation, c'est à peine si quelques rayons de lumière pouvaient se faufiler entre les feuillages des arbres hauts.

"Lust, ça va ?" Demanda Alphonse.

Ce dernier posa un genou au sol à côté de la brune. Sa grande armure imposante semblait être là, à vouloir dissuader les bandits d'approcher...

"Est-ce que j'ai vraiment l'air aussi faible et sans défense, soudainement ? Non, je refuse." Pensa Lust. Elle se releva pour s'asseoir sur les fesses, un sourire fin aux lèvres, mais néanmoins narquois.

"Je vais bien. Je vais très bien même. Ils ne perdent rien pour attendre."

Sa réponse était courte et sa voix basse.

Les bandits lancèrent un regard vers elle, puis un bruit imposant se fit entendre.

En nettoyant la crasse sur sa joue avec le dos de son gant, le regard de Lust se dirigea vers la source du bruit.

Une immense barricade faite de bois, haute et plutôt grande se trouvait juste en face d'eux.

Dans les hauteurs, plusieurs mâles montaient la garde. Le bruit lui, venait de l'énorme porte qui était en train de s'ouvrir.

Lust se releva en pestant, puisque la porte - une fois ouverte, dévoila un grand nombre de bandits, des dizaines... Comme protégés dans cet enclos géant qu'ils voulaient faire devenir leur prison.

"En dirait une cage à chien galeux géante." Dit Lust tout bas.

Fullmetal en pensait de même puisqu'elle l'entendit se plaindre :

"Je n'aime pas ça. Tu sers à quoi, Lust? Si tu comptes vraiment devenir humaine, sors-nous de là, bon sang."

"Crois-moi Fullmetal, ce sont eux qui ne vont pas aimer ce qu'ils viennent de me faire." Murmura Lust à Ed en s'approchant de lui. "Faites ce qu'ils disent, je vais vous sortir d'ici. J'ai un plan... Mais avant, j'ai besoin d'entrer dans leur camp."

"Ah oui ? Et je ne vois pas comment ? Tu aurais dû détecter la présence de ces hommes, non ? Elle est où la protection en échange de notre aide ? Si tu la vois, moi, je ne la vois clairement pas ! Tu ne sers à rien."

"Si vous n'étiez pas arrivés comme deux idiots... Poursuivis par une vulgaire bête, ces hommes seraient tous morts... J'étais à deux doigts de tous les tuer... Je venais tout juste de faire en sorte que ces bandits s'éloignent de Scar : ils allaient le tuer."

Les paroles de Lust étaient moins calmes, avec même, un certain dédain : elle savait que Fullmetal disait vrai et qu'elle aurait dû ressentir la présence de ces énergumènes. Elle ne pouvait cependant pas dire que tous ses sens étaient comme troublés.

"Ce que je ressens, ça ne regarde personne d'autre que moi." Se dit-elle.

Alphonse se releva rapidement, les hommes derrière Ed et lui-même commencèrent à de nouveau les pousser à avancer.

Voyant cela, Lust suivit de près. Lorsqu'ils sont tous entrés dans cette forteresse faite de bois, les portes se sont refermées.

À l'intérieur, ils ont été poussés à arrêter au centre de cet enclos.

"Cet endroit est répugnant." Pesta Lust avec dégoût.

Il n'y avait que de la boue et de la crasse ici, quelques tentes – plutôt grandes pour uniques habitations, ainsi que l'odeur de sueur nauséabonde de mâles aussi sales que l'endroit.

Un grand nombre de ses bandits s'est regroupé autour de d'eux. Lust devinait leurs regards pleins de désirs vils lorsqu'ils se sont posés sur mon corps. Elle pouvait lire leurs intentions si clairement que cela en était répugnant comme jamais. Ce groupe de personnes était le plus abject qu'elle ait jamais rencontré.

L'un des bandits, tira Lust par le bras pour la placer – sans délicatesse, à côté des Elric. Elle se laissa faire.

Le même bandit l'a ensuite relâcher et se mit à parler, à voix haute.

"Berkley, va donc chercher le chef, qu'il voit notre butin. J'suis certain qu'il sera ravi de notre mise sur ce coup-là."

À ces mots, quelques rires se sont fait entendre.

Lust n'aimait pas cette manière qu'ils avaient tous de se moquer d'eux :

"Ils trouvent cela amusant, semble-t-il... Mais je me promets qu'aucun d'eux n'aura ce qu'il veut ce soir. Je tiens toujours les promesses que je me suis faites." Se promit-elle.

Le dénommé Berkley fit ce que l'autre lui a demandé, puisque quelques secondes plus tard, la tente – la plus grande, juste en face des victimes, s'ouvrit.

Un homme en sortit, possédant une sale tête. Oh oui, celui-ci avait le crâne entièrement rasé, alors qu'une grande cicatrice se laissait remarquer dans les poils de sa barbes – noire, mal-rasée. Il n'était pas habillé différemment des autres pions lui léchant les bottes, mais son air et son style de mouvement laissaient clairement comprendre qui était le chef. Sans compter sa musculature qui se devinait facilement - plutôt imposante avec sa grande taille. Le genre d'homme qui pouvait facilement en mettre à terre d'autres.

Près de Lust, Alphonse émit un petit son de surprise.

Edward lui, grogna, une colère vive dans les yeux. Avec son tempérament explosif qu'il avait déjà montré par le passé, facile était de penser pour Lust que l'envie de sauter à la gorge du chef était grande.

"Mais peu importe ce que nous voulant, non ? Nous sommes bloqués, sans issue, des armes toujours pointées vers nous. Dans la tanière des chiens sauvages..." Se dit la brune, dirigeant son regard vers le nouvel arrivant.

Le dit chef s'est arrêté en face de Fullmetal, le regard narguant.

"Tu seras bien dans la mine toi. On a besoin de petits gars pour creuser les plus petits recoins." Dit-il au blond.

Edward vu rouge. "Moi petit ? Moi petit ? Espèce de sac à merde humain... Si tu n'étais pas si bien entouré, je t'aurais fracassé ! Sale crasseux !" Jura-t-il entre ses dents. L'envie de crier le torturait.

Le chef se dirigea vers son frère. "Et toi ? Chouette armure, mais qu'est-ce qui se cache derrière celle-ci ?"

Le regard de l'homme était pénible, le sourire qui s'incrustait sur ses lèvres l'était tout autant.

Il s'approchait trop près d'Alphonse, levant une main pour ouvrir son armure.

"Arrête !" Hurla le garçon à la tignasse blonde. "Ne touche pas mon frère !"

Le garçon réagit plus vite que Lust.

C'est vrai. Il ne devait pas découvrir la pierre philosophale. S'il ouvrait l'armure, il allait vite remarquer que celle-ci ne contenait aucun corps, mais une âme et une lueur rouge surnaturelle.

"Tiens, donc. Et pourquoi pas ?" Répliqua le chef, dardant Ed du regard, soupçonneux. "Vous cachez quoi là-dessous ? J'ai très envie de voir ça."

Les deux garçons se sont mis à paniquer dès que l'homme posa sa main contre l'armure.

Lust regarda la scène du coin de l'oeil, son visage se tournant avec une presque douleur : son corps commença à se raidir même légèrement ; pas question de le laisser poser ses sales pattes sur la pierre.

Elle devait réagir et vite.

"C'est un enfant difforme qui se cache en dessous." Reprit rapidement Lust, faisant remarquer sa présence. "Une vision épouvantable vous y attend si vous l'ouvrez."

En entendant Lust, l'homme tourna son visage vers elle pour la regarder.

"Génial..." Soupira-t-elle. Le sourire que le bandit lui lançait était aussi vil et idiot que ses compères.

"Ooowh, une dame ici. Comment est-ce que j'ai pu ne pas la remarquer avant ?"

Sa remarque à énervé Lust, mais d'un autre côté, elle était réjouissante : car Lust allait faire oublier Alphonse.

Par contre, la tentative du bandit de paraître surpris de la présence de la jeune femme était ridiculement sur-jouée Lust savait qu'il l'avait au moins vue en marchant, mais peut-être n'avait-il pas vraiment prêté attention à son visage... Les hommes qui posaient les yeux sur elle ne détournaient que rarement le regard en général.

"Et bien, mieux vaut tard que jamais, je suppose." Lui dit Lust en lui souriant d'un air qu'elle voulait paraître amicale. "Vos hommes m'ont dit grand bien de leur honorable et brave chef."

Ces mots étaient amers dans sa bouche, elle n'avait nullement apprécié flatter l'égo d'une quelconque personne.

"Comme je le pensais, ce gars ne reste qu'un homme faible devant une belle femme. Ils sont prévisibles et agissent tous de la même façon - ou presque... C'est à croire qu'ils ne pensent tous qu'avec la même chose. " Pensa-t-elle.

Le chef se dirigea vers Lust, pour la regarder dans les yeux – fort intéressé par les « compliments ».

"C'est vrai ? Et bien, ils ne se trompent pas. En parlant de visions, en voici une qui est très intéressante." Dit-il en prenant le menton de la créature entre ses doigts sales.

Son toucher était dégoûtant : Lust le détestait... Mais elle fit un immense effort pour garder son calme et ne pas montrer son dégoût, même lorsqu'il lui releva la tête.

"Pourrions-nous parler... En privé ? Je pense qu'un homme comme vous est très intéressant. J'ai surtout, énormément de questions à vous poser."

Suite à la demande, l'homme éclata de rire, libérant Lust : mais en moins de temps qu'il n'en fallait pour faire un pas, il l'a saisie par le bras et la tira contre lui.

Le geste qu'il fit était surprenant, Lust dû se l'avouer. Les deux garçons étaient également surpris : choqués, ils tentèrent de faire un pas en direction de leur alliée, avant qu'ils ont soient empêchés, tout en s'écriant :

"Lust !"

"N'approchez pas." Leur dit calmement Lust. "Je suis entre de bonnes-mains, je ne risque rien."

Elle pouvait lire dans leur regard le choc total. Pourtant, ils ne devaient plus bouger : les chiens derrière eux semblaient avoir la gâchette facile.

Lust leur offrit simplement un sourire narquois. "Ces deux jeunes gens... Pensent-ils que je vais me laisser faire par cet abruti ?" Un rire sincère sortit de sa gorge cette fois-ci.

Le bandit ria à son tour, bien plus fort qu'elle, exprimant une volonté certaine :

"Vous entendez ? J'ai rarement fait la rencontre de dame aussi... Belle et coopérative par ici. Je vous propose donc que nous allions tous deux dans mon humble demeure. En plus de choses à dire, j'ai beaucoup de choses à montrer."

Le ton de la voix du mâle répugnant était moqueur, et ça, Lust se dit que tout le monde l'avait remarqué. Cela dit, elle l'ignora.

"Pourquoi pas ? Je suppose que vous avez beaucoup de choses intéressantes à me raconter. Je ne suis qu'une femme perdue. Nous nous sommes malheureusement égarés dans cette dense forêt, j'ai besoin de votre aide, Monsieur."

À peine sa phrase terminée, l'homme se dirigea vers sa tente, emmenant Lust avec lui – en la tirant par le bras.

"Maudite brute..." Pesta Lust lors d'un murmure.

Pendant qu'il ouvrait l'entrée, Lust tourna le visage pour croiser le regard des deux garçons. "Ils ont peur ? Peut-être bien qu'ils sont en train d'oublier que je ne suis pas humaine... Après tout, qu'est-ce qu'une femme sans défense risquerait à ma place ? Beaucoup de choses, que même moi, je n'ose pas imaginer : c'est dire."

Lust leur montra un sourire en coin, l'impression d'être déjà gagnante, avant que le meneur ne lui tire de nouveau le bras.

La brute poussa la jeune dame à l'intérieur en la relâchant, elle le vu ensuite fermer la tente.

Dans une démarche lente, Lust se rendit au centre d'où elle pouvait s'apercevoir que l'endroit était aménagé de quelques meubles – à son étonnement, dont une table, un lit et plusieurs commodes en bois.

C'est à peine si Lust pouvait voir l'épaisse poussière s'étant étalée sur les surfaces, tant il faisait sombre à l'intérieur. En effet, ce n'était éclairé que par quelques lampes à huile.

"Plutôt sale, ici." Dit-elle. "Personne ne passe un coup de balai de temps en temps ? Ne me dites pas que c'est l'absence de présence féminine qui en est responsable."

Laissant son regard filer autour d'elle, Lust laissa glisser son doigt sur une commode - sur laquelle une lampe était posée. Elle le fit glisser, dessinant une ligne dans la poussière. Son esprit pensif, silencieux, pensait trouver des réponses sur son geste. "Nous sommes seuls, rien que lui et moi. Je dois maintenant agir... Et surtout, sortir les enfants de cette cage à loups."

Ensuite, Lust ne lui tourna pas le dos alors qu'il s'approchait d'elle. Sa démarche était lourde, il était sûr de lui. Il ne savait cependant pas, qu'il était la proie. Lust allait s'amuser.

"En général, les femmes n'ont pas l'temps d'astiquer autre chose que mon manche." Répondit-il d'une voix rauque.

Lust plissa les yeux dans le noir, dégoûtée, le regardant approcher.

Visant à lui faire face, elle fit deux pas dans sa direction :

"C'est comme cela que vous traitez les dames, alors." Son regard était plongé dans celui du bandit. Elle aurait dû agir, mais trop de mots brûlaient sa langue. "Vous n'êtes qu'un..."

Interrompant le dialogue, l'homme attrapa les bras de Lust pour la pousser contre la commode derrière elle : rapidement, il la souleva avec force en l'obligeant à s'asseoir au-dessus.

Ce qu'il entreprit ensuite fit courir des frissons dans la colonne vertébrale de la créature : le salopard déchira le bustier de sa robe, laissant sa poitrine partiellement visible à ses yeux avides.

La bouche du bandit s'ouvrit devant cette vision révélée. Il voyait peu, mais il en respirait avidement.

Son haleine était horrible avec un mélange d'alcool très perceptible...

Dans cette situation, Lust était choquée un moment. Voir ce salaud lui faire ça, elle voulait le repousser (ou plûtot tuer) sur le champs - mais elle n'arrivait pas à réagir : la seule chose qu'elle fit était de couvrir ses seins avec son bras.

Énervé, impatient de la décision de Lust de cacher sa poitrine à sa vue : une des grosses mains de l'homme attrapa son bras pour le pousser, mais Lust résista. Il ne réussit pas à dégager son bras : elle avait beaucoup plus de force que lui.

L'autre main de l'agresseur en revanche, se glissa sous la robe de la jeune femme – qu'il releva alors qu'il s'approchait dangereusement du centre de ses cuisses.

Étrange, désagréable, écoeurant, horrible, torture. Quel mot Lust devait-elle utiliser pour d'écrire ce qu'elle vivait ?

Ses grands yeux fuchsia s'ouvrirent dans le choc certain. Sa mâchoire serrée tremblait dès lors, par le flot de colère qui frappa Lust d'un seul coup.

Cet homme était déjà allé trop loin, bien trop loin. Jamais personne n'avait osé, ou seulement réussi à découvrir plus que Lust ne voulait laisser voir de son corps. Si elle n'avait pas desoin de lui vivant, elle l'aurait déjà tué il y a longtemps.

"J'en ai assez de jouer!" Dit Lust d'une voix amère, pleine de colère.

Son œil gauche lui fit ressentir une légère sensation de brûlure.

En une seconde, plus vif qu'un clignement d'œil, ses griffes s'agrandirent, arrêtant contre la gorge du bandit.

Ce dernier arrêta immédiatement ce qu'il tentait de faire pour la regarder, les yeux choqués.

Une colère inscrite sur ses traits, le visage légèrement penché en avant, mais les yeux relevés plus qu'il ne le fallait pour croiser le regard de l'homme, elle dut plus que jamais contenir sa colère :

"Tu pensais peut-être pouvoir abuser de moi ?" Annonça-t-elle d'une voix grave : sa voix était si différente qu'elle en était méconnaissable à la simple écoute.

Un nombre de quelques lueurs rouges virevoltant autour d'elle a alors commencé à réparer complètement sa robe noire. Après tout, cette tenue était une partie d'elle-même, cette robe ; grâce aux pierres rouges ne pouvait que se « régénérer » immédiatement.

"Quoi... ? Qu'est-ce que tu fous ?" Lui demanda-t-il la voix tremblante.

Lust pouvait voir ses yeux qui s'attardaient à son œil gauche. Il ne bougea pas, pensant sûrement qu'elle le menaçait avec un poignard sous la gorge. Lust en profita, c'est ce qu'elle avait prévu :

"Dégage ta main immédiatement, ou je te tranche la gorge, sale chien."

Le bandit devait tenir à sa misérable vie puisqu'il fit exactement qu'elle lui dit.

Lust ria à presque haute voix, et lorsqu'il était sur le point de crier pour alerter ses hommes : l'autre main de la jeune femme se posa contre sa bouche pour l'empêcher de les appeler.

Le geste de Lust était exécuté beaucoup trop rapidement, ne lui laissant nullement le temps de réagir.

"Je ne suis pas une femme ordinaire, tu vois à quel point je suis rapide ?" Lui dit-elle en se collant à lui, un sourire mauvais sur les lèvres. "Si tu parles ou dis le moindre mot, je te coupe la seule chose qui fait encore de toi un homme."

Elle avait l'air menaçante et non humaine à ce moment et c'est ce qu'elle voulait, sans trop en dire. Il devait avoir peur et faire ce qu'elle allait lui demander.

Le chef hocha la tête pour répondre.

Lust était persuadée qu'il ne ferait rien de stupide. Elle déplaça sa main devant lui pour lui montrer ses griffes qu'elle fit grandir. Juste histoire de le traumatiser un peu.

Là, le bandit commença à trembler, ce qui fit rire de nouveau Lust.

Elle descendit la griffe de son index vers son bas-ventre, sournoisement.

Ses yeux suivaient son mouvement – dans ce qu'elle imaginait pour lui, une vraie torture.

"Combien de fois, as-tu forcé nombre de jeunes humaines à coucher avec toi ? Les forçant à faire toutes ses choses que tes viles perversions réclamaient ? J'ai bien envie de te la couper, je ne m'en cache pas. En un mouvement de doigt, un serpent trop gourmand et agressif pourrait se retrouver à gesticuler sur le sol."

Lust le repoussa, agrandissant ses griffes pour ne pas le lâcher. Elle descendit de cette fichue commode, appréciant se retrouver debout lorsque ses talents touchèrent le sol.

"Je suis sûre que tu n'es pas comme un lézard ? Ce genre de choses, ça ne repousse pas chez toi." Dit-elle.

Elle l'entendit lui murmurer un « non » faiblard entre les claquements de ses dents. Cet homme était entre de bonnes mains – sans mauvais jeux de mots... Il était donc temps qu'elle fasse ce qu'elle avait réellement en tête :

"Écoute-moi. Je sais que ce serait difficile à croire en temps normal... Mais je suis immortelle : tes hommes peuvent essayer de me tuer autant de fois qu'ils le voudront, il sera impossible pour eux de me tuer. Mes griffes ne sont pas normales, n'est-ce pas ? Prends cela comme un simple avant-goût de ce que j'avance. Tu vas donc me laisser partir, et surtout : ne pas ouvrir le feu sur les deux garçons. Tu vas - bien entendu, les libérer et les laisser partir.

"Qu'est-ce que tu veux ? Qu'est-ce que tu es ? Si tu n'es pas humaine... Qui es-tu ?" Lui demanda-t-il enfin.

Lust lui répondit avec un rictus dérangeant aux lèvres.

"Je suis l'être qui va faire de ta vie un enfer. Crois-moi, si jamais l'un de ses enfants – que je tiens à garder en vie, pour des raisons qui me regardent, est blessé... Ou tué, je vais te découper doucement et te faire bouffer ta propre chair, en commençant par ton membre masculin. Compris ? Tu nous laisses partir sans faire de bruit, et peut-être que je vais t'épargner. Si tu en touches le moindre mot à tes hommes, vous êtes tous morts, je le jure."

Terminant sa phrase, Lust leva sa main qui visait son bas-ventre et son ongle se dirigea vers l'œil gauche du bandit. Un millimètre de plus, et elle lui aurait crevé et transpercé l'orbite.

"Ok ! Ok ! Les garçons seront libres... Mais pitié, ne faites pas ça... Je ne veux pas mourir !" Dit-il suppliant, une goutte de sueur tombant le long de son front.

"Bien. L'un de ses garçons a été blessé par tes bâtards. Tu vas gentiment me donner du matériel de soin pour soigner sa plaie saignante. Je veux tout ce que tu as. Et c'est uniquement parce que j'en ai besoin que tes compères ne sont pas tous déjà morts, crois-moi, aucun de tes hommes vivants ne m'aurait emmenée ici, sinon."

Gloussant, le bandit prit une longue respiration afin de se calmer :

"Juste derrière vous, dans la commode... Il y a sûrement ce dont vous pourriez avoir besoin."

Ne doutant pas, Lust fit quelques pas en arrière, ne quittant pas l'homme des yeux et de sa griffe acérée – pour ouvrir le tiroir du meuble précisé. D'une main, habille, elle trouva un sac noir qu'elle ouvrit, vérifiant le contenu du coin de l'œil tout en s'adressant au chef :

"Tu sais ce à quoi je pense ? Je pense qu'une partie de moi a vraiment envie de te voir faire quelque chose d'idiot. Il y a tant de souffrances possibles de t'infliger – et devant tes hommes en plus. Pourquoi ne pas essayer ?"

Bien sûr, Lust le provoqua avec la conviction certaine que l'homme allait faire tout l'inverse.

Ce qui était bien, c'est qu'il n'avait pas dit de bêtises... Le yeux de la créature sont restés à fixer quelques secondes le contenu du sac.

Il y avait toutes sortes de choses : ciseaux, aiguilles, bandages, et même de l'alcool. Ça devrait faire l'affaire. Avec ça, elle aiderait Edward et Scar. Enfin, elle l'espérait.

"Bien, bien..." Dit-elle en prenant le sac et en refermant le tiroir. "On va sortir, mon gars."

Le bandit ne posa aucune question alors qu'elle se dirigea vers lui, tout en rétrécissant son ongle à mesure qu'elle s'en rapprochait.

Arrivant à lui, elle mit rapidement son bras sous la cape brune de l'homme pour y presser ses ongles derrière son dos. À l'abri des regards, elle pourrait ainsi, garder sa prise sur lui.

"Tu es mon otage. Maintenant, avance !"

Sous la pression, le visage en sueur, l'homme avança. Lust était accrochée à lui et ne comptait pas lui laisser la moindre possibilité de fuir. Surtout pas alors qu'elle avait inversé la situation.

Ils arrivèrent à l'entrée de la tente, Lust remarqua que le bandit hésitait à l'ouvrir.

"Dites-moi" Lui demanda la créature en plissant les yeux, sans le tutoyer : preuve immense qu'elle venait de reprendre la situation en main, et cela l'avait grandement calmée. (Elle se sentait plus elle-même). "Votre vie n'est-elle pas plus importante que votre maudite fierté ? Ces chiens qui sont les vôtres - ainsi que leur avis, méritent-ils vraiment que vous me contrariez ?"

L'homme gloussa, serrant les dents.

Lust décida donc de presser ses cinq ongles tranchants contre sa peau – avec plus de vigueur.

Le geste le pressa, alors il ouvrit finalement le mur de fine matière servant de porte, en le poussant entièrement sur le côté.

Dehors.

La lumière du jour - presque manquante dû à la densité des arbres, se retrouvait déjà à être bien plus agréable que l'antre nauséabonde de ce fauve.

Alors qu'ils marchaient tous les deux pour atteindre le centre de cette pittoresque base, Lust vu Alphonse, ainsi que son frère.

"Edward est bien pâlot... Je m'inquiète pour son état, s'il se vide de son sang, je peux déjà dire adieu à ma pierre philosophale, enfin... Mon humanité. Je dois presser le pas sans trop attirer l'attention." Se dit Lust.

Poussant l'homme discrètement, ils se sont ensuite arrêtés face aux garçons.

Quelques bandits se sont tournés – moins nombreux que précédemment, sûrement du fait que certains étaient retournés à leurs occupations. Ils regardaient Lust - accrochée aux bras de leur chef. Certains d'eux avaient un sourire aux lèvres.

Les dardant du regard quelques secondes, obligée, Lust savait exactement ce qui était dans leur esprit... Pensant sûrement que cet homme misérable – se disant que leur chef, venait de s'amuser, abusant d'elle ou obtenir ce qu'il voulait.

"Ils regretteront, je le jure. Tous autant qu'ils sont." Se promit-elle.

Pour ne pas causer de soupçon, elle s'adressa plutôt à Edward en riant légèrement :

"Désolée de vous avoir fait attendre. Mais cet homme est quelqu'un de très intéressant." Elle arrêta sa phrase pour percer légèrement la peau du même homme pour le faire réagir. "Il a même insisté pour nous raccompagner, c'est dire quel homme charmant."

Fullmetal et Al se sont regardés, puis regardèrent de nouveau : un air de surprise gravé sur leurs visages, en disait suffisamment.

"Pauvres abrutis... Je vais devoir leur dire que j'ai réussi à avoir ce type sur le bout de mes griffes, et pas autrement..." Songea Lust exaspérée.

Souhaitant faire accélérer les choses, elle prit la parole ;

"Allons, mon bon monsieur, j'ai très envie de passer un bon moment ici, mais comme je vous l'ai déjà dit, nous sommes quelque peu pressés, n'est-ce pas ?"

Une seule goutte de sueur perlait sur le front du bandit, heureusement qu'aucun de ses hommes ne la remarqua.

"Ouvrez les portes !" Se décida enfin d'ordonner le chef à ses subordonnés. "Je vais raccompagner ces gens moi-mêmes !"

Les bandits regardèrent subitement et l'un deux - sans doute méfiant, demanda :

"Chef, comment ça, on va les laisser partir ? Vous êtes sûr que ça va ?"

Cette fois, et en l'espace d'une seconde, Lust enfonça moins subtilement la pointe de ses griffes dans le dos de son « prisonnier », il n'avait pas intérêt à parler. Fort heureusement, même s'il le voulait, il n'en fit rien, se résignant, puis hurla à ses hommes :

"Quand je dis quelque chose, c'est un ordre ! Alors bougez-vous, bon sang !"

Les cris de leur dirigeant suffirent pour que le bandit soupçonneux, se dirige vers la porte en courant. Il tira un levier, activant un mécanisme, puis, la porte s'ouvrit.

"Merci" Dit Lust au chef, d'un air qu'elle voulait montrer insoucieux – puis approchant de son oreille, elle lui murmura "Maintenant avance, tu y es presque."

Faisant signe aux deux frères du regard pour qu'ils s'avancent avant eux, Lust et l'homme commencèrent à les suivre.

Lust préféra ignorer le regard de quelques hommes les lorgnant étrangement, et ils sortir enfin.

Les portes franchies, la terre du chemin semblait déjà plus agréable à parcourir.

Lust décida de continuer d'avancer un peu, de sorte à ce que les autres bandits ne puissent plus les entendre : elle savait cependant que certains étaient toujours en train de les guetter depuis les hauteurs ; partir trop loin de leur vue - avec leur chef, pourrait leur donner l'idée de rappliquer... Voire de tirer.

À une distance correcte, sûre qu'ils n'allaient pas les entendre, Lust lança le sac contenant les soins au sol, juste devant les pieds d'Alphonse. De l'ongle de son index, en un clignement d'œil, elle coupa les cordes attachées aux poignets des deux enfants. Les cordes sont tombées avant même que les Elric ne s'en rendent compte.

"Prenez ça... Et surtout, courrez le plus loin possible. Fullmetal, tu dois extraire la balle dans ton bras, il y a de quoi te soigner, ainsi que Scar. Maintenant filez." Dit la brune.

Edward, étonné répliqua d'un geste de la tête, posant une main sur son bras blessé, reconnaissant d'être libéré.

"Mais toi, Lust ? Qu'est-ce que tu vas faire ? Demanda Alphonse, inquiet.

Lust ria simplement, frappant à quelques reprises le dos du bandit avec sa paume :

"Rien, je vais seulement attendre pour relâcher cet homme. Je ne lui fais pas confiance. Je vous rejoins dans quelques minutes, tout au plus."

Elle pouvait ensuite sentir l'homme trembler :

"Vous allez me laisser partir, c'était notre accord, pas vrai ?" Demanda-t-il.

Lust ne prit pas la peine de lui répondre.

Les yeux ne la créature se sont ensuite dirigés vers Edward : il était plus pâle, plus calme aussi, la perte de sang y était pour quelque chose ;

"Ne fais pas de bêtises... On a un accord, toi et moi ! On se retrouve très vite, compris ?" Dit-il à Lust pour ensuite s'adresser à son frère. "Allons-y Al !"

Prenant le sac à ses pieds, Alphonse fit ce qu'Edward demanda, puis les deux enfants commencèrent à marcher - doucement d'abord, pour ne pas attirer de soupçon trop vite. Après être hors de vue des guetteurs sur les hauteurs de la forteresse de bois - ils coururent.

Regardant le duo s'éloigner jusqu'à ne plus le voir, Lust ferma les yeux quelques secondes, rassurée.

"Ils sont saints et saufs maintenant... J'espère que Scar le sera aussi..."

Scar, oui Scar.

Rien que par le simple fait de penser à lui, Lust pouvait sentir de désagréables émotions, ainsi qu'un grand nombre de doutes et de questions envahir ses pensées.

"Pourquoi est-ce que je perds mes moyens quand il s'agit de Scar ? Ce n'est pourtant pas le moment, j'ai une autre chose à laquelle penser."

Secouant la tête, Lust obligea le chef des bandits à se retourner en direction des portes et de la forteresse de bois.

"Pars maintenant en marchant, avant que je ne change d'avis." Lui dit-elle, sévèrement, son humeur était instantanément différente suite à sa préoccupation pour Scar.

Le scélérat - trop heureux de partir, n'hésita pas une seule seconde : cependant, à mi-chemin, il commença à courir comme un coq pourchassé par un renard.

En plus d'avoir l'air ridicule, il courrait vite – franchissant rapidement les portes.

Deux possibilités s'offrirent à lui : alerter ses hommes pour riposter, ou bien faire ce que Lust lui avait clairement proposé : de ne rien tenter de stupide.

"Je pense qu'il est stupide... Il doit déjà être en train de parler à ses hommes et leur ordonner de nous poursuivre. S'imaginant me tirer dessus pour m'achever. Et s'il ne le fait pas tout de suite, comment puis-je être sûre qu'ils ne vont pas nous attaquer de nouveau ? Si jamais cela arrive, je ne pourrais plus rien faire cette fois-ci... Je doute que les piéger deux fois de la même sorte soit envisageable."

Croisant les bras, Lust prit quelques secondes pour y réfléchir. Enfin, elle n'avait guère besoin d'une longue réflexion tant les risques semblaient grands. Elle ne devait prendre aucun risque. Surtout qu'ils allaient devoir s'arrêter pour soigner leurs blessés.

Laissant ses bras retomber de chaque côté de son corps, elle vu les bandits pointer leurs fusils vers elle depuis les hauteurs.

"Le lâche a donc parlé." Dit-elle avec un fin sourire. "Tant mieux, de toute façon, je n'ai pas le choix que de tous les tuer."

Lust fixa les hommes, répondant à leur regard, puis elle commença à rire.

Des sons retentirent soudainement.

Pressant la gâchette, ils tirèrent - mais sans qu'aucune balle ne la touche. Seul un projectile réussi à effleurer son oreille.

Les bouts de ses doigts étaient dès lors pris d'une irrésistible envie de remuer et de craquer dans de petits gestes désarticulés.

D'un geste vif, Lust leva sa main dans leur direction.

Son geste étonna les pillards - qui arrêtèrent leurs tirs pour la regarder.

Un sourire moqueur se dessina sur ses traits, elle fit agrandir ses ongles.

Plus vite encore qu'une balle venant d'être tirée, ses griffes se sont dirigées vers les hommes.

Elle enfonça un ongle dans le cœur de deux d'entre eux, puis elle tua le troisième en lui collant une de ses lances ultimes entre les deux yeux.

Tous tombèrent raides morts dès qu'elle rétracta ses ongles.

Elle entendit ensuite des hurlements ;

"Ils sont morts ! On a des morts ! Attaquez !"

Un des bandits restants à ouvert le feu de nouveau : elle esquiva simplement en toute rapidité, telle une ombre noire.

"Certes. Mais je ne peux en laisser aucun de vivant. Tous doivent périr, jusqu'au dernier."

Pour une fois, Lust était presque ravie de se dégourdir les griffes. Ce qui était rare : elle avait toujours pensé ne pas apprécier être une machine à tuer. Cependant, il s'agissait ici d'un cas rare et isolé ; ces humains-là étaient abjects. Elle ferait grand bien à cette planète en la débarrassant d'eux. Et puis, elle sauverait aussi des vies - même si cela lui importait peu.

Le visage souvent inexpressif de la créature laissa sa place à un rictus sauvage. Une expression au sourire si inhumain que seul Scar avait - jusqu'à présent, pu voir un jour. Ce genre de face que personne ne pouvait oublier.

D'une seule action, telle une ombre, elle sauta par-dessus les murs de bois - pour atterrir au centre de leur miteux repère boisé.

Atterrissant, un genou au sol, tête baissée, elle releva lentement le menton, inspectant les alentours.

Était-ce pour se mettre en scène ou pour juste leur donner le temps d'être effrayés ? Elle ne pouvait se répondre, néanmoins, son entrée obtenue le résultat escompté pour les deux possibilités.

"Abattez-la !" Elle est dangereuse, ce n'est pas une femme ordinaire !" Hurla le chef qu'elle avait relâché précédemment.

Lust leur offrit un rire amusé en se relevant.

Ses mains tombèrent de chaque côté de son corps alors que ses ongles se sont transformés en griffes d'une dizaine de centimètres. Là, les hommes armés - quatorze au total, se sont installés en position autour d'elle.

"Fort bien... Si vous prévoyez de me tuer, allez-y. Mais le sang versé donne lieu à toujours plus de sang versé. Vous nous avez attaqués, blessant deux de mes compagnons : les vôtres auxquels je viens tout juste de prendre la vie n'étaient tous qu'un simple revers de coups."

Les bandits n'étaient pas coopératifs : ils levèrent leurs armes, puis tirèrent.

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Chapitre 5 : Le péché se purge de son propre sang