Avant dernier chapitre ^^
J'avoue je suis partie en délire sur ce coup là, mais je me suis fait plaisir ^^
Bonne lecture, et encore merci aux commentaires postés xD
°0°
Ils durent changer leurs plans, dans la mesure où à peine avaient-ils quitté l'ascenseur qu'ils firent face à la porte de l'appartement sortie de ses gonds … Ainsi qu'au désordre régnant ne serait-ce que dans l'entrée, qu'elle dissimulait avec difficulté.
« -Grimmjow … »
Byakuya grognait de rage, humant l'air et confirmant l'implication du punk. L'abruti avait encore fait des siennes et ne semblait faire que commencer. Le jeu ne disait rien qui vaille au loup, et son inquiétude allait crescendo vis-à-vis du roux. Nu au milieu du couloir, il enserrait le poignet d'Ichigo, inconscient de sa transformation. Le rouquin, en revanche n'avait rien perdu du spectacle.
« -Byakuya ?
-Hn ?
-Tu […] nous devrions entrer et te trouver quelque chose à porter.
-Que ? »
L'expression du brun valait le détour ; les yeux écarquillés et le rouge aux joues, la bouche légèrement béante. Ichigo se repaissait de la scène avec délectation. Il n'avait jamais eu la chance d'observer la moindre expression sur ce visage froid. Une véritable perte, selon lui ! Le lycan était tout simplement magnifique. L'excitation était montée d'un coup et Ichigo ressentait cette chaleur comme une bénédiction.
Le fait que l'homme était toujours relié par la chaîne à son poignet, rendait la chose plus excitante qu'il ne l'aurait cru et la chaleur montait toujours. Le collier trop large pendait sur la clavicule blanche du brun, et la chaîne tintait à chacun de leurs mouvements. Les yeux dans les yeux, le lycanthrope retenait sa respiration dans l'expectative. Il savait que les jeux étaient fait, et qu'il avait perdu … Ichigo de son coté, se sentait comme invincible, et esquissa un geste puis un autre vers son loup toujours enchaîné à lui.
Son regard s'était embrasé tandis qu'il se rapprochait du lycanthrope sans que l'autre ne recule ne serait-ce que d'un millimètre. Comme dans l'attente qu'il approche encore plus. Ses pupilles dilatées, son regard n'en paraissait que plus sombre aux yeux d'Ichigo qui avait perdu ce qui lui restait de patiente et de retenue. Il l'avait donc inconsciemment saisi par le bras et l'avait tiré à sa suite dans l'appartement. Laissant la porte en équilibre contre son cadre, il avait poussé le brun contre le mur le plus proche afin de lui voler un baiser. Un genou enfoncé entre les deux jambes nues du loup, il lui dévorait la bouche perdant tout son contrôle, ses mains s'égarant au grès de ses envies sur la peau ivoire aussi douce que la soie.
Et le brun répondait avec ardeur, l'espace d'un instant, totalement absorbé par la passion du moment. Ses doigts crispés dans la crinière cuivre de son assaillant, il succombait irrémédiablement. Quand un sursaut le secoua, et que d'un coup de coude violent il avait envoyé valser le rouquin contre le mur d'en face. Les bras croisés sur son torse comme pour se protéger d'un quelconque mal, il observait avec fascination et anxiété Ichigo se relever.
« -On ne peux pas. C'est juste impossible pour nous deux.
-Pourquoi ? Tu as apprécié, j'en suis persuadé alors pourquoi Byakuya ?!
-Nous ne sommes pas de la même espèce. Je suis plus âgé. Tu vas vivre normalement et te lasser, trouver quelqu'un qui suit ton rythme et qui t'aime comme toi tu peux aimer. Tu ne seras jamais capable de ressentir comme moi je ressens. En tant qu'humain, tu as le choix, pas moi.
-Tout ça, c'est des excuses, Bya ! De foutus excuses irrecevables ! Je savais ce que tu étais quand je t'ai embrassé ! L'âge je m'en fou, qu'est-ce que 9 ou 12 ans ?! L'amour ? Comment peux-tu juger de la force de mes sentiments ?!
-J'ai 300 ans.
-Tu n'es vraiment qu'un […] Quoi ?!
-Nous avons 272 ans d'écart.
-Tu es immortel ?
-Non … mon développement est juste ralenti, et peut durer indéfiniment, le plus vieux d'entre nous encore en vie a 568 ans, et semble n'en faire que 52. Mais on peut nous tuer, nous ne sommes pas invulnérable.
-As-tu déjà aimé quelqu'un de l'amour que tu décris comme étant propre à ta race?! As-tu la moindre idée de la force des sentiments que peut ressentir un humain ?! Pour juger si facilement de leurs faiblesses vis-à-vis des tiens !
-J'ai aimé, pas avec autant de force qu'un lié peut l'être, mais je l'ai aimé du plus profond de mon âme. Une femme, une humaine … Je l'ai regardé vieillir et suis resté auprès d'elle jusqu'à son dernier souffle. Elle était la femme de ma vie et je l'aimais comme seul un loup peut aimer ; Inconditionnellement. Mais en tant qu'humaine, elle voulait des enfants « normaux », une relation « normale », quelqu'un à présenter à ses proches, avec lequel elle pouvait se montrer. Quelqu'un qui pourrait la combler autrement qu'en tant qu'amant la nuit et compagnon le jour. Alors elle a trouvé une solution et je l'ai laissé faire, n'ayant aucun droit sur sa courte et éphémère existence. Elle a pris un autre homme, me gardant égoïstement à ses cotés à son insu. Il lui a donné deux beaux enfants. C'était il y a 50 ans, elle est morte dans mes bras, m'affirmant qu'elle m'aimait. Et je n'ai plus jamais approché un humain d'aussi près.
-Qui te dit qu'elle ne t'aimait pas, puisqu'elle te le disait !
-Ne te fais pas plus idiot que tu ne l'es déjà. Quand on aime on respecte et protège l'autre. Elle n'a fait que m'humilier et profiter de ma présence. Pendant une période, c'était à peine si je ne faisais pas partie de sa décoration. Ne m'interpellant que pour me parler de ses problèmes de couple ou de l'éducation de sa progéniture. Elle ne me laissait plus la toucher. Et ses 'je t'aime ' étaient comme des tessons de verre dans mon cœur. Elle me mentait et se mentait, incapable de m'aimer, ayant pitié et incapable de me rejeter, par lâcheté. Elle n'a toujours fait que penser à elle, m'oubliant moi et mes désirs, moi et ma nature, moi et mon amour. Et j'étais trop lâche pour prendre le large de ma propre initiative, trop attaché à elle pour la laisser seul avec l'autre. Alors je l'ai aimé, puis haï de tout mon être pendant 148 années.
-Alors pourquoi m'avoir protégé, moi, un humain ?! Si tu détestes tant notre espèce, pourquoi avoir pris la peine de m'aider ?! Je ne te comprends pas !
-Ton odeur. Je ne sais pas, c'est compulsif avec toi, je ne peux pas m'en empêcher, mais je […] Il ne se passera rien entre nous. Il n'en est pas question. Tu es très entouré, tu te trouveras quelqu'un de bien. Inoue-chan semble beaucoup t'apprécier, tu es très beau, tu finiras par trouver.
-Comment oses-tu ?! Pendant que tu y es, jette-moi dans les bras de mon ex, ce serait tellement plus simple !
-Et toi alors ?! Aurais-tu le toupet de me dire que tu m'aimes ?! Ichigo, ce que tu ressens c'est de l'attirance, de la curiosité et surtout de la solitude due à ta récente rupture et ton fameux ex envahissant. Tu cherches une échappatoire et je suis arrivé au bon moment. Reconnait le, il en était ainsi depuis le début …
-Il faut bien commencer par quelque chose comme 'je l'apprécie' ou 'il m'attire' pour construire une relation. 'Il est magnifique', 'intelligent', 'gentil', 'tout à fait mon type', 'courageux', n'est-ce pas là, tout ce par quoi le sentiment, que tu dénigre avec tant force, passe avant de se concrétiser en amour sincère ?! Un humain ne ressent peut-être pas les choses comme un lycan, mais c'est puéril et réducteur que de dire que leurs sentiments n'ont pas autant de poids ou de valeur ! A mes yeux, c'est important, et ça devait, j'espérais que ça le serait aussi aux tiens !
-Je vais m'en aller et tu m'oublieras.
-Alors c'est donc tout ce que tu trouves à ma répondre ? Je m'en vais … Ainsi même un lycanthrope fuis devant l'adversité ?! La calamité que représentent mes sentiments … si pathétiques et chimériques soient-ils ? C'est décevant, Bya.
-Pense ce que tu veux, déteste-moi si tu en ressens le besoin. J'ai été heureux de faire ta connaissance, tu m'as fait de nouveau croire en la race qu'est celle des humains, merci pour tout. »
Et il était parti comme ça laissant retomber son collier au sol dans un bruit sourd. Sans lui laisser le temps de réagir, de le retenir ou de ne serais-ce que lui répondre. Il avait fui comme un lâche, regagnant sa forme animale pour s'assurer d'une fuite en avant rapide et discrète. La bouche béante, un mal de côte en prime, Ichigo revoyait l'homme nu lui affirmer qu'il était juste attiré sexuellement, le lycan le rejeter, le loup s'enfuir à toutes pattes la queue entre ces dernières. Le masque du brun avait fondu comme la neige se liquéfie au soleil, et même s'il avait eu la chance d'observer de tout son soul l'avalanche d'expression qu'avait affiché le lycan, il le regrettait presque. Il était parti sans plus d'argumentation, sur un merci des plus insultants. Fronçant les sourcils, il avait retourné avec colère son canapé pour se jeter dedans avec harassement. Son appartement était saccagé, il s'était pris le râteau du siècle et avait gagné un nouveau bleu. Deuxième journée pourrie en moins de deux semaines, il battait les records et ça le désolait.
Les yeux fermés, il soupirait sans relâche de sa bêtise. Comment avait-il pu espérer une réaction positive du loup ? L'aimait-il ou s'agissait-il bel et bien d'une quelconque attirance sexuelle ? Pouvait-on parler d'amour en si peu de temps ? Pourquoi se sentait-il si mal ? Et il s'était endormi, la tête pleine de questions, pour ne rependre conscience que le lendemain tard dans l'après-midi. S'apprêtant à se relever, il avait rouvert les yeux, pour faire face à un regard émeraude insoutenable, la lame d'un couteau appuyée contre sa gorge.
« -Ou est-il ?
-Qui ça ? »
Au point où il en était et pas totalement réveillé, c'est à peine s'il réagissait. Ou peut-être n'avait-il juste plus envie de se battre. Après tout, le brun ayant déserté, son ex punk allait bientôt pouvoir débarquer sans avoir à combattre le moindre obstacle. Il était foutu, alors quitte à l'être autant laisser les choses se faire, d'elles-mêmes.
« -Notre prince !
-Un prince ?
-Ne joue pas au plus fin avec moi ! Tu es recouvert de son odeur, c'est à peine si je perçois la tienne. J'aurais été aveugle que j'aurais cru être face à lui!
- Ecoute j'comprends rien.
-Byakuya Kuchiki, ou est-il ?
-Il est parti, je sais pas où.
-Tu vas me faire croire, qu'il t'aurait laissé ici tout seul, dans ce taudis ?!
-Pourquoi en aurait-il été autrement ?
-Bordel il t'a marqué aussi bien de ses crocs que de son odeur! Alors t'fous pas d'ma gueule et dit moi où il est !
-C'était un accident, il n'était pas conscient de ce qu'il faisait.
-Une morsure pareille donnée inconsciemment ? Qu'est-ce qu'il faut pas entendre ! M'dit pas qu'il t'a rien dit ?!
-Faut croire que c'est son genre.
-T'vas m'servir à rien alors !
-Ça fait toujours plaisir à entendre.
-Ichi !
-Tu pourrais juste appuyer un peu plus ta lame ?
-Quoi ?
-Bordel t'es qui toi ?!
-Hein ?
-Ichi tu t'en tapes combien depuis notre rupture ?!
-Sérieux Grim, j'ai l'air de m'amuser ?
-M'étonne pas que Kuchiki-dono soit parti. »
Cette phrase eu le mérite de déprimer le roux avec force. Ichigo observait avec exaspération l'excentrique aux cheveux verts son couteau toujours sous la gorge et son ex aux cheveux bleus. La scène était surréaliste et lui donnait la migraine. C'est à peine si lui-même suivait la conversation, alors les deux autres devaient-être relativement perdus. D'ailleurs, il avait repoussé la lame du plat de sa paume, et s'était dirigé vers sa cuisine, enjambant les débris de son mobilier sous les regards abasourdis de ses deux hôtes inopportuns. S'aspergeant le visage d'eau, il espérait encore que s'éclaircir les idées l'aiderait à comprendre la situation.
« -Ichi ?
-Tu me dois un appart, connard !
-Comment t'sais qu'c'est moi ?
-Qui ça aurait pu être d'autre ?! »
Vraisemblablement il ne comprenait toujours rien. Que faisait-il là, à discuter sans trop d'animosité avec son ex qui avait vandalisé son appart ? Laissant libre court à l'observation de la femme pulpeuse appuyée contre le mur lui faisant face ? Le départ du lycan semblait l'avoir choqué plus qu'il ne le pensait. C'était mauvais, et il en était conscient. Il était semble-t-il un prince … mais un prince recherché. Dans quelle merde s'était-il encore fourré ?! Et pourquoi se sentait-il si mal ?! Bordel, il ne supportait pas ne pas être maître de la situation et depuis quelques temps, il ne contrôlait tout simplement plus rien ! La sensation de perdre la tête ne le quittait plus et celle d'être entouré de déséquilibrés se renforçait. Son ex parlait toujours, sans qu'il ne prête la moindre attention à son discours, son regard fixé sur un trou dans un de ses murs, occupé à réfléchir. Byakuya occupant toutes ses pensées, une main sur son cœur et l'autre sur sa gorge. Il discernait ses larmes qui montaient, prêtes à couler et ne comprenait absolument pas ce qu'il ressentait. Il se sentait l'âme d'une fillette de cinq ans qui chouine pour pas grand-chose et il se détestait pour ça.
