NDlA : Wow. Je l'ai fais. je l'ai vraiment fais ! Miracle ! J'ai enfin (enfin !) bouclé ce chapitre. Nous sommes bien d'accord, qu'il est loin d'être parfait. Après l'avoir ré écris par deux fois, je dois dire que je vais me satisfaire de ce résultat là. Le chapitre n'est pas corrigé ( ma bêta, bosse que voulez-vous), même si j'ai fais plusieurs relectures. Donc, désolé par avances pour les erreurs.

Sur un autre sujet, tout ce qui est dit dans ce chapitre n'est pas forcément mon opinion personnel. Donc, s'il vous plaît, soyez assez aimable pour ne pas me le reprocher. Si vous aimez pas, vous aimez pas. Vous pouvez me le dire et même m'expliquer pourquoi mais aucune accusation infondée, je vous prie.

Mieux vaut prévenir que guérir, donc vous voila avertis. J'espère que ce n'étais pas nécessaire mais sait-on jamais...

Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture.

Sylcian


On pouvait dire beaucoup de chose à propos du Destin, de la Vie ou de la Mort. On pouvait même lier à ces mots le Temps, l'Espace, l'Histoire, la Connaissance... On pouvait aussi rattacher à tout cela d'autre concept, comme l'Harmonie, le Chaos, le Vide, l'Art, le Début ou la Fin... voir même... Le Silence.

Tout le monde pouvait dire une ou deux choses à propos de tout cela.

Et pourtant... Pourtant quand quelqu'un essayait de mentionner une divinité, il y avait toujours une autre personne pour se moquer de lui, ou pour le contredire avec ses propres croyances.

Qu'il y ait une personne en particulier, un dieu unique et tout puissant, un dieu qui était le même pour tout le monde, n'était pas une chose accepté par tout un chacun.

Que tout être vivant croient en une seule et même chose semblait impossible. Était impossible.

Laz faisait partie des gens qui ne croyait en rien, même pas en lui même. Ironie du sort, sans doute, ou plaisanterie douteuse de la part du Destin ( ce qui au fond, revenait au même), cela ne changeait rien au fait que Laz n'avait aucune croyance particulière.

Ce qu'il faisait était pour lui, pas pour un dieu quelconque, ou pour aller on ne sait où après sa mort. Et ce n'était pas non plus comme si le gamin savait ce qu'il faisait. Mettre du Silence partout sur sa route semblait être normal pour lui ( ce qui était tout à fait juste étant donné les circonstances).

Mais quant à savoir ce en quoi cela consistait exactement...

Seule une poignée d'élus, tous plus maudit les uns que les autres, savaient. Laz savait. Mais il y avait une différence assez importante entre "savoir" et "comprendre".

Et tout se jouait sur cette ignorance.

Laz ne comprenait pas.

Laz ne croyait pas.

Laz ne savait pas.

Laz n'était que du Silence.

Laz ne vivait pas :

Il survivait tout juste.

Il existait à peine.

Le Destin ricanait quelque part, l'Histoire était instable, La Connaissance hurlait, le Chaos se réveillait et l'Harmonie chantait.

Tout cela n'aurait jamais dû se produire, n'aurait jamais dû exister, n'aurait jamais pu être possible.

Mais cela se produisait.

Alors ce qui devait arriver, arriva.

IL se réveilla. Tout était déjà finis avant même que tout commence. Pourtant...il y eut un début. Ce n'était qu'un jeu de plus pour LUI : qui gagneras sa rédemption ? Qui aller gagner ses faveurs, attirer son regard ?

Non, plus que cela. Puisqu'ils étaient tous perdus, qui, en sachant cela, resterait lui même ? Garderait ses idées et ses principes ? Qui allait se battre pour être soi-même et ne pas être influencer par ce savoir. Qui, sachant qu'il n'avait plus rien à gagner ni à perdre, allait continuer à vivre normalement ? Mais n'y avait il vraiment plus rien à faire ? Ou alors...qui sait...peut être, juste peut être, y avait il encore des possibilités...oui, qui sait.


Laz Silver était beaucoup de chose, mais certainement pas un imbécile. Loin de là d'ailleurs. Laz savait parfaitement que quelque chose n'allait pas. Il n'était plus...lui même. Il le sentait. Il le savait. Il ne comprenait pas.

Tout semblait venir de lui mais ce n'était pas lui. Il avait l'impression de regarder des images de sa vie mais pas de la vivre. Il était déconnecté, hors du monde. Le gamin sentait qu'il n'y avait que peu à faire pour se sortir de cette situation mais il ne voyait pas quoi. Pourtant cela semblait simple ! Il avait la réponse ! Il connaissait la solution ! Mais il ne pouvait pas l'atteindre et cela le frustrait.

Un frisson de terreur l'envahit. Pas suite à ses pensées. Non. Il avait peur car son instinct lui hurlait qu'un prédateur venait de se réveiller. Qu'un prédateur allait bientôt le chasser. Jouer avec lui. Qu'il était déjà mort. Déjà condamné. Qu'il ne lui restait plus rien. Mais... N'avait il déjà plus rien ? N'avait il pas déjà tout perdu ? Sa vie n'avait aucun sens...Est ce que cela changeait vraiment quelque chose ?

Oui. Oui cela modifiait tout. L'équilibre n'était plus le même. Tout basculait.

Il avait sa réponse : "Tout est à écrire."

Et cette pensée sonnait étrangement juste. Tout son être était enfin à l'unisson. Et il se sentait enfin bien.

Et Laz ouvrit enfin les yeux pour la première fois depuis un long moment et enfin tout son savoir pris du sens.

Condamné ! oui ! enfin, enfin ! il allait mourir ! il n'avait besoins que de ça...que de mourir ! il était enfin libre ! plus pour longtemps, il allait mourir après tout, mais il était libre ! seul cela avait de l'importance. Mourir.

Était ce si mal, au fond ? Sa vie n'avait apporté que malheur et destruction. Peut être que sa mort apporterait plus au monde.

Il était libre. Penser et réfléchir semblait si facile, tout semblait plus clair. Plus d'automatisme, juste vivre.

Alors... peut-être que sa vie pourrait servir finalement... " Tout est à écrire".

Laz venait de briser le Silence.

Ce dernier ne pouvait pas savoir qu'un homme était vraiment dangereux que quand il savait que sa mort était inévitable et juste en face de lui. Qu'il allait mourir. Qu'il était définitivement condamné. L'homme le plus libre au monde était aussi celui qui portait le plus de chaînes.

Laz était enchaîné à sa propre mort.

Il était libre.

Eh bien, cela fonctionnait ainsi pour lui. Les autres... mais quels autres ? Il était seul.

Pourtant, il n'était pas le seul.

Tout les autres étaient libres.

Tous condamnés.

Tous des morts en sursis.

Tous heureux.

Tous plus dangereux les uns que les autres.

Une famille qui se retrouvait pour la première fois depuis si longtemps que eux même ne savait plus grand chose de la famille en question.

Cela n'avait pas d'importance : la famille n'en reste pas moins de la famille, et cela qu'on le veuille ou non.


"Je... suis désolé."

"- Attends, je ne comprends pas ? Qu'est ce que tu veux dire par là ?

- Je vais devoir te le répéter encore combien de fois ? C'EST - MON - FILS !

- C'est qu'un bon à rien inutile ! une gêne ! Ce n'est pas parce qu'il partage ton sang que tu dois lui prêter attention ! Laisse le !

- Mais est-ce que tu t'entends parler ? C'est MON FILS ! Jamais je ne l'abandonnerais ! Jamais ! Tu voudrais que je parle de ta fille comme ça, moi ? Que je te dise combien elle est inutile ?

- Ne parle pas de ma fille ainsi !

- Alors ne dis pas la même chose de mon fils !

- Mais moi, ce que je dis est vrai ! Personne ne voudras jamais de lui ! Jamais !

- Et qu'est ce que tu en sait ? Il auras un bon métier plus tard ! Il gagneras peut être plus d'argent que toi à la maison ! Et lui ne le dépenseras certainement pas en alcool !

- Un travail ? Est-ce que tu pense que qui que ce soit va engager cet handicapé ? Personne ne voudras de lui ! Ce n'est qu'un monstre ! "

"Par pitié...que ça s'arrête ! "

" Qui es tu ? Va t-en !"

" Seul...Je ne veux plus...être seul."

"Non ! Non ! pitié ! Je vous en supplie ! Ne faites pas ça !"

"Je ne le voulais pas !"

"Tueur ! Meurtrier !"

" Aidez-moi...je vous en pris...quelqu'un...aidez moi ! Aidez moi ! Je vous en supplie...J'ai...besoins d'aide...!"

" Tu n'es qu'un monstre ! Une abomination !"

"Je...s'il vous plaît..."

" On ne veut pas de toi ! Pars !"

"Juste...par pitié...quelqu'un...n'importe qui ! Je vous en prie !"

"Tu n'es rien ! Personne ne voudras d'un handicapé comme toi !"

"Je ne...non ! Non ! s'il vous plaît ! Je vous en supplie..."

"Qu'une gêne inutile. Va mourir !"

"S'il vous plaît..."

Laz se réveilla en sursaut, tremblant. L'une des choses qui le perturbait sans doute le plus était de rêver de quelque chose dont il ne pouvait normalement pas avoir connaissance. Il entendait dans ses rêves. il comprenait des mots qu'il n'avait jamais pu entendre. Et il pouvait parler. C'était impossible. Improbable. Mais, même si cela était assez paradoxale puisque cela venait d'un rêve, c'était réel.

Laz, soupira lourdement avant de se recoucher. Retrouver sa liberté lui avait apporté beaucoup, comme arrêter d'achever des personnes agonisantes par exemple, mais cela lui avait aussi apporté un bon lot de cauchemars. Il ne s'en plaignait pas tout à fait cependant : pouvoir utiliser des sens dont il ne savait rien était agréable, même s'il devait passer par un cauchemar pour cela. Eh bien... sans doute que "agréable" n'était pas le bon terme. Mais l'idée était là.


Je me suis souvent demandé...Qui suis je ? Qui suis je vraiment ? Tous autant qu'ils sont, ils évoluent, chacun à leur manière. Mes enfants progressent... Cela fait déjà quelques années qu'ils sont tous libre et ils n'ont pas encore tout détruit. Un record.

Le plus...étonnant sans doute, est qu'ils sont tous en train de réparer leurs erreurs. Ils ont repris le contrôle sur eux mêmes. Tous. Je ne dis pas, qu'ils ne sont pas fous, dangereux, meurtriers... Non. Mais ils progressent, ils apprennent. Ils sont enfin en train de redevenir eux mêmes.

C'est la première fois que cela arrive. Ils vont pouvoir retourner se reposer pendant de nombreux millénaires après ce cycle. Ils pourront enfin se rendormir en paix. Personne ne se souviendras de toute cette histoire et ils pourront tous être tranquille. Ils l'ont bien mérités.

Eh bien, j'aimerais pouvoir en faire autant ! Qui a dit qu'être tout-puissant était amusant ? Je donnerais volontiers mon trône au premier venu ! ... En fait, c'est une excellente idée... je veux dire, c'est comme ça que j'ai eu ma place après tout ! J'étais au mauvais endroit au mauvais moment et ce pouvoir m'est tombé dessus.

L'avantage c'est qu'il n'y a pas besoins de rester pour guider son successeur. Essais/erreurs. Assez immoral comme méthode d'apprentissage, mais comme je suis celui qui impose la définition de la "morale"... Pas de problèmes !

Franchement, je croyais au début que c'était le paradis ici. Mon œil, oui ! C'est pire que l'enfer ! Et pourtant je me suis amusé à créer un enfer vraiment horrible. Pas pour punir les gens ou je ne sais quoi, hein...Juste parce que je m'ennuyais. Et je peux vous assurer que l'on s'ennuie vite, ici.

Et le prochain qui me répète que c'était ma "destinée" n'a qu'à aller voir ailleurs si j'y suis.

Mon prédécesseur a juste envoyer son pouvoir au hasard et c'est tombé sur moi. Pas que l'autre n'était pas au courant que ce serait moi,bien sûr. Ici, on sait tout. Insupportable si vous voulez mon avis. Et franchement désagréable. Sans parler des migraines qui viennent avec.

Tout savoir est une plaie... On s'ennuie tellement plus facilement aussi. Déjà que l'on a pas grand chose à faire, n'avoir plus aucune surprise...en fait, plus aucune émotion, c'est vite épuisant.

D'où le fait que j'écris cette...chose...puisque je sais qu'il va y avoir quelqu'un pour trouver ça et l'intégrer dans la première légende venue. Et puis ça m'occupe. Oui, je suis assez désespéré, on est bien d'accord. J'en suis même au point de tenir un journal. Pas que ce soit bien dur, j'ai à peu près toujours la même chose à écrire jour après jour, années après années, siècles après siècles, millénaires après millénaires... Enfin, vous avez sûrement compris l'idée.

Tant que j'y pense... pour ceux ou celles en train de lire ça : n'y faites pas attention, c'est juste un délire. Si on peut appeler ça ainsi. Vous pouvez y prêter attention, bien entendu. Cependant l'utilité de la chose me dépasse quelque peu. Non pas que je trouve une utilité à grand chose, nous sommes bien d'accord.

Je vais aller retourner surveiller mes enfants, je ne suis même pas sûr de vouloir savoir quelles catastrophes ils ont pu inventés pendant que j'écrivais. Même si je le sais déjà. Tch. Même les expressions toutes faites ne marchent plus. Une vraie plaie, je vous dis !

...

...

...

Trafiquer un fruit du démon de type Zoan et en faire un hybride avec un paramécia et un logia ? Pourquoi pas à la rigueur... Mais je ne suis toujours pas certain qu'un lapin électrique rebondissant soit une bonne idée...

Quoique.


Laz cligne des yeux une fois. puis deux. Puis trois. Il frotta ses yeux, et se demanda si sa santé mentale ne venait pas de lui faire défaut. Bien que l'existence même de la santé mentale en question puisse être remise en question. Surtout maintenant.

Laz regarda une nouvelle fois la scène se déroulant sous ses yeux avant de hausser les épaules et de faire demi-tour.

Oublier ce qui venait d'arriver serait mieux pour tout le monde.

Surtout pour lui.

Le gamin retourna à son bateau, plutôt choqué, laissant derrière lui une anomalie et une rencontre encore remise à une prochaine fois.


Roger maudit pour la énième fois l'autre vieillard qui s'était incrusté dans ses projets. Pourquoi ne pouvait il pas passer le restant de sa vie à dormir ? c'était un bon projet pourtant ! Juste oublier tout ça !

Juste...Juste...Juste pouvoir passer à autre chose.

Pourquoi le tourmenter avec cela ? C'était déjà assez dur de... Non ! non ! ne pas y penser. Ne pas se souvenir ! Plus jamais...Il devait...devait...Tout mais pas ça !

Il ne voulait plus penser, plus rêver, plus sourire, plus rire, plus être heureux, plus...plus vivre. Trop c'était trop. Et cela le dépassait tellement...et ça faisait si mal.

Arrivé sur la plage déserte il gémit, cria, hurla sa détresse.

Et il pleura enfin. Il n'était plus qu'un jeune garçon qui prends conscience, une fois de plus, que la vie n'était pas un long fleuve tranquille.

Ses larmes coulèrent pour la première fois depuis 2 ans.

Il acceptait enfin. Nier n'était plus possible, même plus envisageable. Son petit frère aurait du avoir 7 ans aujourd'hui. Il aurait dû avoir l'âge de raison. Il aurait dû avoir le cadeau qu'il lui avait fabriqué spécialement pour ce jour...ce cadeau qu'il avait déjà finis pour la naissance de l'enfant.

Mais il était mort. Son petit frère était mort à 5 ans. Jamais il ne porterait son cadeau. Jamais il ne porterait son chapeau. Son chapeau de paille.

Et Roger pleurait, sanglotait douloureusement, le chapeau entre ses bras, admettant enfin que son frère était partit. Qu'il ne reviendrais jamais. Qu'il était seul. Tout seul.

Et Roger pleurait une vie perdue, une vie qui avait à peine commencé, une vie qui n'avais pas vécu.

Et Roger pleurait son innocence en miettes, pour son sourire détruit, pour son bonheur écrasé, pour son espérance blessé.

Et Roger pleurait.

Au loin, un homme l'observait discrètement, essayant de se retenir d'aller voir le gamin. Il ne serait pas le bienvenu. Au moins, pouvait il faire en sorte que le futur soit moins noir. Ce serait déjà bien. Du moins, il l'espérait.


Laz soupira une fois de plus. La scène ne voulait pas se faire oublier. D'accord, d'accord il était fou ; le gamin l'avait admis depuis longtemps. Mais ça ? Même pour lui c'était un peu trop à avaler. une hallucination.

Voila ! C'était ça ! Une fichue hallucination ! Rien de plus, rien de moins. C'était improbable, non ! c'était impossible ! Et ce n'était certainement pas arrivé. Juste...c'était juste un délire. Avec un peu de sommeil il oublierait tout cela, et bientôt il se moquerait de lui même pour avoir seulement cru qu'une telle chose pouvait se produire.

Voila.

Tout allait bien maintenant puisque sa vision n'était jamais arrivé. C'était juste sa fatigue. Rien de grave, en somme.

Vraiment, il n'y avait aucun problème.

Aucun problème !

Laz enfouit sa tête dans sa couverture et hurla de frustration. Pas qu'il émit un bruit mais l'idée restait la même.

Non.

Tout n'allait pas bien.

Une chouette avait mangé un fruit du démon. Une chouette d'une blancheur immaculé avait mangé un fichu fruit du démon. Jusque là, tout allait bien ( si on excluait le fait qu'un oiseau avait avalé un fruit qui valait des milliers de Berrys, bien sûr).

Et l'oiseau c'était...transformé en un lapin avec des ailes, produisant de l'électricité et rebondissant contre chaque surface dur. Les ailes étaient sans doute un reste de la chouette...mais...un lapin volant,rebondissant sur chaque surface dur et produisant de l'électricité ?

Et puis quoi encore ?

Un serpent fluorescent, immense avec des ailes ?

Heureusement pour Laz, ce dernier ne regarda pas à travers le hublot de sa cabine : il était dans Calm Belt après tout, et les monstres marins pouvaient prendre des formes étranges.

... Comme celle d'un serpent ailé d'une taille disproportionné et d'une couleur pour le moins étrange...


Roger était calme, allongé sur le sable, le chapeau sur la poitrine. Malheureusement pour lui un coup de vent plus violent que les précédents emporta le chapeau et l'amena bien plus loin.

Le jeune homme se leva, paniqué, et courut derrière sans se soucier de où il allait. Pas que cela aurait changé grand chose, au final. On ne peut pas faire grand chose contre le Destin.

Le couvre-chef tournoya un peu avant de finir par se poser par terre.

Le soulagement de Roger ne dura pas : de l'électricité parcourait la paille. Mais son incompréhension tourna très vite à la surprise : un lapin avec...des ailes...venait de sortir d'en dessous. Un lapin électrique... Un lapin qui se mit à sautiller et...à rebondir ?

Roger ne put s'en empêcher : il éclata de rire et ramassa son précieux chapeau. Reprenant le chemin dans le sens inverse ( avec un peu de chance il ne s'était pas perdu), le jeune homme sifflota un air local, essayant ainsi de ne plus trop réfléchir.

Une vingtaine de pas plus tard, il s'arrêta, puis fit demi-tour.

L'homme, perché dans un arbre ricana, songeant que sa famille avait un goût douteux pour les blagues. Pas qu'il se plaignait : c'était aussi son genre d'humour, après tout.


" Hey Roger ! Qu'est ce que c'est que cet animal ?

- Un Ellapindir volant !

- Un...quoi ?

- Mon Ellapindir volant, je te dis !

- Et qu'est ce que...c'est?

- Un lapin volant électrique et rebondissant...je suppose ?

- Je te demande pardon ?

- Eh bien c'est un lapin. Avec des ailes. Qui rebondit. Et qui est couvert d'électricité. Du moins... il semblerait que ce soit...ça. Je ne sais pas trop, en fait.

- Et heu...ton...Ella...pindir? Il a un nom ?

- Bien sûr !

- Et c'est ?

- Ichiro. "


" Je me demande parfois...Es-tu heureux, là où tu es, petit frère ? Je l'espère vraiment. Et puis...Que penses tu de moi ? Étais-je un bon frère ? Étais-je assez bien pour toi ? Et maintenant ? Apprécies tu ce que je fais ? As-tu des reproches ? Qu'aurais tu pensé de mes actions ?

J'ai tellement de questions ! Tellement de souhaits.

Enfin...

On m'a demandé pourquoi est-ce que j'avais nommé mon Ellapindir "Ichiro". Tu es le seul à savoir, pas vrai ? C'était notre secret. Ichiro, hein...Cela rappelle de bon souvenir. On avait passé tant de temps sur notre projet. On l'avait préparé de fond en comble, on s'était renseigné, on avait trouvé tout ce qu'il nous fallait. On était heureux. Insouciant. Je regrette ces moments là, tu sais ?

J'aimerais tant que tu soit avec moi... On aurait pu trouver ce trésor ensemble, changer le monde, transformer les larmes en diamants et vivre selon nos lois. On aurait pu faire beaucoup. Rien que toi et moi. On aurait été capable de tout faire, et de le faire bien.

Tu aurais dansé avec les étoiles et j'aurai chanté avec la mer. On aurait affronté la tempête, le sourire aux lèvres, inconscient de tout, profitant juste de la fureur des éléments.

On aurait été heureux, petit frère.

Mais on s'était promis... Oui. On avait fait une promesse. Je la tiendrais. Je vivrais pour toi, j'avancerais pour toi, changerais le monde pour toi. Et je ferais tout ce que nous nous étions promis. Je respecterais notre serment.

Parce que petit frère... Pour toujours et à jamais.

Et...Merci."


Laz soupira une nouvelle fois avec un étrange pressentiment.

Roger éclata de rire une nouvelle fois, et afficha un immense sourire pas tout à fait vrai, mais qui sonnait juste.

A de nombreux endroits différents, différentes personnes levèrent les yeux au ciel.

Fous, dangereux, meurtriers...peut être. Mais ils progressaient tous.

Créer est bien plus dur que de détruire, après tout.

Avancer est bien plus compliqué que de stagner.

Se relever après être tomber et pouvoir repartir...ce n'est pas donné à tout le monde.

C'est bien.

Tout n'allait pas être beau ou parfait, mais au moins allaient-ils tous vivre une vie qui méritais d'être vécu. Leur vie. Et c'était sans doute cela, l'essentiel.

Qu'ils soient libre de choisir.

Choisir de vivre ou de mourir.

Choisir d'avoir le choix.