Voici le chap 4. J'ai eu un mal fou à l'écrire ^^' m'enfin il est prêt c'est-ce qui compte. La fin faisait partie du chap 5 dans la précédente version, mais comme j'ai coupé un bout du 4 (pour plus de cohérence), tout est en ordre. L'action avance, j'espère que c'est bien retranscrit -.-' Et que John n'est pas OCC (pauvre John)
Bonne lecture ^^.
Notes.
1- un idiome c'est une expression qui appartient à une langue où un dialecte. Dans le roman il est souvent précisé que Naru ne les comprend pas. C'est un peu comme si on se mettait à nous parler breton ou ch'ti ^^'
John observait alternativement les différents personnages rassemblés autour de la table : trois directeurs de grandes associations paranormales : Fond, Davis et Mizuhi ; une médium connue et reconnue : Hara-san ; ainsi qu'une exorciste tellement célèbre que son nom n'était même plus cité. Trois assistants, dont lui et Taniyama-san. Bô-san jouait son rôle de garde du corps un peu plus loin.
C'était particulièrement déroutant d'être entouré par des personnalité pareilles. De ce qu'il avait pu en voir et entendre, ils avaient chacun une personnalité bien affirmée. Il sourit en pensant qu'ici, Hara-san était bien la plus supportable de tous. Si Taniyama-san entendait ce qu'il pensait…
Cette dernière était tout simplement mal à l'aise, c'est-ce que John pouvait voir de sa posture inutilement droite et de sa mise impeccable. On lui avait ordonné de rester impassible, ce qui lui donnait quelques années de plus, mais John avait faillit rire plusieurs fois quand son visage trahissait qu'une phrase lui était incompréhensible. Elle devait probablement essayer de suivre la conversation en anglais sans y arriver réellement.
Maintenant que les sujets principaux avaient été épuisés (découvertes et recherches récentes, principales conférences de l'année passée et de celle à venir, anecdotes amusantes et enfin les noms de plusieurs mécènes intéressés par leurs travaux), l'ambiance était plus détendue. Les serveurs étaient magiquement apparus pour leur servir le thé, John savait d'expérience que c'était le moment où les langues se déliaient le plus facilement. Hara-san et lui échangèrent un regard entendu, tandis que Taniyama-san était au prise avec un assistant anglais qui cherchait à lui faire la conversation depuis le début de la réunion. La médium leva les yeux au ciel pendant que lui s'étouffait de rire avec son thé. Elle était vraiment amusante, Taniyama-san.
Sa réaction attira le regard vif du professeur Davis :
« Qui y a-t-il de si drôle, Mister Brown ?
- Je suis désolé, » répondit précipitamment John avec embarras. « C'est juste que… les efforts de Taniyama-san pour suivre la conversation m'amusait un peu. »
La jeune fille, qui semblait avoir compris cette fois-ci, lui jeta un regard assassin tandis que son employeur se passait une main sur le front, partagée entre la honte et l'agacement.
« Mon assistante n'a jamais été particulièrement douée pour les langues étrangères. C'est un de ses nombreux défauts. Je vous prie de l'excuser. »
La jeune employée s'inclina profondément et exprima ses excuses dans un anglais maladroit. Le prêtre s'en voulu de ne pas avoir trouvé une meilleure explication, mais même si la plupart des personnes présentes étaient au courant de leur existence (sans connaître leur identité ni les détails), moins ils avaient conscience de leur présence, plus ils se sentiraient à l'aise.
Le professeur Davis regardait à présent Taniyama-san avec une lueur d'amusement et lui proposa de poursuivre la conversation en japonais, arguant que tous ici en avait une connaissance suffisamment profonde. La proposition fut acceptée par un rire bruyant du professeur Fond.
« Après tout nous sommes au Japon, se serait plus courtois de pratiquer la langue de ces charmantes dames. »
Il sembla à John que Kugumiya-sama se retenait de répondre par un sarcasme mordant. Le prêtre se douta qu'elle faisait partie des femmes qui n'aimaient pas être assimilées automatiquement à un adjectif du genre « charmante ».
« Laisse de côté ce genre de civilité Daren. C'est un peu dépassé à notre époque tu sais. »
John n'arrivait jamais à savoir si le professeur Davis était sérieux ou malicieux. Toujours est-il que la réaction de son collègue était toujours immédiate.
« C'est vrai, j'avais oublié que le célèbre professeur Davis ne continuait jamais à faire du vieux… »
Ils se fusillèrent du regard et bien que se fut murmuré on entendit clairement le professeur Davis siffler :
« Ne remet pas ça sur le tapis. »
Les membres de la SPR surent à cet instant que c'était l'opportunité rêvée. John et Taniyama-san glissèrent un regard commun vers Hara-san qui prit un ton ennuyé.
« Vous tournez autour du sujet depuis votre arrivée. » Elle singea un air agacé. « Il y a-t-il un problème que les japonais devraient connaître ? Personne ici ne souhaite qu'un incident ne survienne cette semaine. »
Un lourd silence s'installa jusqu'à ce que le professeur Davis soupire profondément. Il tapota la table de son stylo et réfléchit un instant avant de répondre :
« Je suppose que nous devrions vous expliquer la source du problème. Mais c'est un sujet délicat, ce n'est peut-être pas le moment opportun.
- Je suis moi aussi curieux. » affirma Mizuhi-sensei. « De savoir ce qui se trame. Si par malheur un journaliste nous pose une question dérangeante, je tiens à ce que l'on soit univoque sur la réponse à donner. »
Le tapotement du stylo s'arrêta. La lassitude s'imprima sur le visage du chercheur pendant que le professeur Fond continuait d'afficher son air mécontent.
« Raconte leur donc. Il n'y a rien à cacher après tout. »
Le professeur Davis soupira :
« Le désaccord qui survient entre nos deux associations porte sur l'étude des sujets psychiques. »
L'attention du prêtre monta d'un cran. Des sujets ?
« La BPRA… le professeur Fond. » corrigea-t-il. « Tiens à défendre sa conviction comme quoi nous devrions continuer à prendre en charge les enfants doté de capacités. Mais il refuse de prendre en compte les divers incidents survenus au cours des recherches.
- Pas divers incidents, un seul. » persifla le chercheur anglais. « Un ridicule incident que tu me reproches depuis cinq ans.
- Que s'est-il passé ? » demanda Kugumiya-sama.
Au ton de sa voix, il sut qu'elle craignait la réponse.
« J'étais en consultation avec lui, un simple test : il devait essayer de déplacer ses jouets d'un point à l'autre de la pièce. Mais il était récalcitrant, un sujet difficile. » Il marqua un temps, le coin des lèvres du professeur Davis frémissaient. « Un incident est arrivé : en se rebutant la tension est montée, il a fait éclater une bonne partie de mes instruments, se blessant les jambes et mon torse au passage. En s'enfuyant il est tombé dans l'escalier. Fracture de la boîte crânienne, un véritable désastre. »
John sentit le goût âcre de la bile remonter dans sa gorge.
« Nous l'avons emmené à l'hôpital. Le soir même il s'est réveillé et a paniqué : il ne connaissait pas les lieux vous savez. Il a littéralement fait explosé la sortie de secours, puis s'est enfui dans les bois, à coté de l'hôpital. » Nouvel arrêt. « Nous n'avons pas retrouvé son corps. »
Une sensation d'épouvante parcouru le corps de John. Il jeta un coup d'œil à Taniyama-san : elle essayait tant bien que mal de se retenir, les yeux fermés en se mordant la lèvre. Le rêve, c'était exactement ce qu'elle leur avait rapporté.
« Il est sans doute mort maintenant. La blessure était trop grave. »
Le calme de son mentor fictif était révulsant. Il continuait sans être perturbé le moins du monde :
« Il est mort par sa propre idiotie, en se rebellant inutilement. C'est pourquoi je ne comprend pas que tu me rejettes la faute. » grinça-t-il. « A t'entendre je suis responsable.
- C'était un enfant ! » s'exclama Davis avec dégoût. « Tu aurais dû arrêter dès le début, ne pas le forcer à continuer !
- Depuis qu'il était arrivé il était récalcitrant ! Je ne le nourrissais pas, ni ne le logeais pas pour ne récolter que des prunes ! Bon sang ! Ses propres parents en avaient peur, tu voulais que j'en fasse quoi ?
- Tu aurais pu lui donner du temps.
- Ben voyons, écoutons qui parle ! L'expert ! Et tes fils, ils en pensaient quoi, eux ? »
Le visage de son collègue blanchit fortement.
« Comment oses-tu ! Comment oses-tu mentionner mes fils ? »
Mizuhi-sensei les stoppa d'une voix mal assurée :
« Messieurs, cessez de crier, les journalistes peuvent nous entendre à tous moment. Nous ne pouvons pas garantir que notre réunion soit totalement à l'abri des médias. »
Les deux chercheurs continuaient de se lancer des éclairs, mais ils baissèrent tout de même la voix.
« Quoiqu'il en soit. Mon cher Oliver pense que nous devrions arrêter toute recherche sur les spécimens non majeurs. Inconscience. L'éveil du gène psychique est le sujet de recherche le plus important qu'il nous a jamais été donné d'étudier. Hors comment l'étudier si nous ne disposons pas de sujet en bas-âge ? L'éveil se situe généralement entre 6 et 15 ans.
- Un simple suivi serait nécessaire pour les étudier. »
Le professeur Davis se tenait la tête entre les mains, il paraissait profondément fatigué.
« Pourquoi les enlever systématiquement de leurs parents ?
- Instabilité est souvent égale à une utilisation plus fréquente de leur pouvoirs.
- Nous utilisons leurs peurs à nos desseins, je ne veux plus continuer ça. »
Le professeur Fond allait encore une fois rétorquer, mais Taniyama-san se leva brusquement. Elle paraissait choquée et dû chercher ses mots pendant un instant.
« Il y a beaucoup de travail pour la cérémonie de ce soir. Puis-je disposer ? Je crains que le kimono de Kugumiya-sama ne soit pas entre de bonnes mains. »
Ce ton soumis ne lui allait pas. John ressentit de la pitié pour elle. Taniyama éprouvait tant de sollicitude envers son prochain, difficile d'être stoïque face à un sujet pareil. Kugumiya-sama acquiesçait en lui recommandant de prendre grand soin du obi quand l'assistant du professeur Davis la coupa :
« Je vais y aller à mon tour, je dois peaufiner certaines lignes du discours de ce soir. »
Il perdait pas le nord celui là. Pauvre Mai-san, John espérait qu'à défaut d'être silencieux il était de bonne compagnie.
Mai ressentait distinctement la présence de l'assistant derrière elle, et se fut ce qui l'empêcha de se décocher un bon coup de pied au mur. Elle lui en voulut, d'ailleurs pourquoi cherchait il à engager la conversation à ce point ? Elle ne voulait pas parler, surtout pas la maintenant alors qu'elle voulait si ardemment assommer le professeur Fond. Et Davis, et Mizuhi et tous ces autres fous ! Et Naru pourquoi pas, qui sait s'il était lui aussi au courant de ce genre de pratique.
« Taniyama-chan ! »
C'est bien la première fois qu'une voix si joyeuse lui semblait si antipathique. Pour la peine elle ne répondit pas et continua son chemin jusqu'à ce que des cheveux bruns troublent son champ de vision.
« Ne t'enfuis pas plus loin, ça sert à rien de toute façon. »
Il était trop près, fort heureusement il se recula presque aussitôt. Sa grande taille élancée et son sourire ravageur l'énervèrent : quant on était aussi aimable, on avait pas besoin d'être beau. Sean, tel qu'il s'appelait, faussait ses pronostics selon lesquels les chercheurs séduisants étaient tous arrogants et égocentriques.
« Quelle mine énervée Taniyama-chan ! Tu vas finir par avoir des rides à ce rythme.
- S'il te plaît, laisse-moi casser quelque chose. »
Il lui saisit le bras en riant.
« Tu veux imiter ta patronne en cassant des vases ? Kugumiya-sama a une très mauvaise influence. »
La jeune fille eut un rire et se calma instantanément : s'était reposant de s'amuser avec quelqu'un et, même si elle ne le connaissait que très peu, Sean était un bon compagnon pour ça. Sans lui la réunion lui aurait parut beaucoup plus fatigante. Ils reprirent la marche : placée à coté de lui, Mai lui arrivait à peine au dessus du coude.
« La conversation t'a énervée ? » s'enquit Sean. « Le professeur Fond fait cet effet là à tout le monde, tu sais.
- C'est de voir que j'étais la seule a être étonnée qui m'a écœurée. » confia Mai d'une voix lasse. « C'est horrible de faire ça sur des enfants, mais encore une fois ça doit être parce que je suis inculte.
- Encore une fois ? »
Mai se maudit intérieurement, elle eut du mal à trouver ses mots.
« Eh bien… j'apprend pas mal de chose à coté de Kugumiya-sama tu sais… mais je… je ne suis pas spécialiste de l'occulte on va dire, on me le reproche souvent.
- Hum… Juste une assistante ordinaire ?
- C'est à peu près ça, oui. »
Il eut une moue dubitative.
« C'est étrange que Kugumiya-sama t'a embauchée dans ces conditions. D'habitude elle demande des compétences inimaginables.
- Je suppose qu'elle a voulu changer. »
Il était trop perspicace. Mai eut un rire gêné. Heureusement il abdiqua sans poser davantage de questions.
« Au fait, c'est vrai qu'elle a été attaquée par un esprit cette vielle folle ?
- Vous avez a peu près le même âge…
- Peut importe. » Ses yeux brillaient d'excitation. « C'est vrai ?
- Elle grossit l'histoire : on lui a juste lancé des vases à la figure. » soupira Mai, qui soupçonnait encore que ce soit l'entière vérité.
Sean eut un ricanement qui signifiait sans doute « Bien fait ». Mai voulu en profiter pour l'orienter sur l'enquête :
« Au fait il n'y a rien eu d'étrange qui te soit arrivé ici ?
- Non pourquoi ? Tu penses vraiment qu'un esprit rôde ? Dans un hôtel ?
- Non, non ! Pas du tout ! Mais si j'avais perdu, par hasard, les clés du coffret à bijoux, saurait très bien pu être l'esprit qui les aurait déplacé, tu vois ? »
Elle se sentit elle-même foireuse à tout points de vue.
« Oui, mais les esprits s'attaque généralement à plus dangereux que des clés tu sais. Force la serrure.
- Tu as l'air d'en savoir beaucoup là-dessus Sean-san.
- Sean tout court. Mais oui, je travaille dans un institut de recherche après tout, donc… »
Il lui jeta un regard soupçonneux :
« Pourquoi toute ces questions ? Kugumiya-sama ne porte pas de bijoux à ce que je sache. »
Une boule semblait s'être coincée dans sa gorge, Mai dû faire des efforts pour arriver à autre chose qu'à un couinement inhumain :
« Tu as l'air de très bien la connaître.
- Depuis plusieurs semaines nous sommes devenus de bon ennemis. » Il marqua un temps avant de sourire victorieusement. « Je vois, hein… Mais ne t'inquiète pas, les compétences Kugumiya-sama ne m'attirent pas spécialement, je peux très bien sortir avec une inculte du paranormale tu sais.
- Hein ?
- Pas la peine de le cacher. Je t'inviterai à diner bientôt, Taniyama-chan. »
Mai rougit furieusement.
« Ca n'a rien à voir avec ça ! »
Elle sentit qu'elle s'agitait trop inutilement pour être convaincante. Il s'approchait d'elle sournoisement quand à son grand soulagement, et sa grande honte, Bô-san débarqua à l'autre bout du couloir.
« Taniyama-san, Kugumiya-sama m'a donné de nouvelles directives pour vous.
- J'arrive !
- On remet ça à plus tard. » conclut Sean avec un clin d'œil.
Il disparut presque via une entrée de service. La jeune fille soupira bruyamment : enquêter pouvait s'avérer difficile. Le moine s'exprima d'un ton abasourdi sur ce qu'il venait de voir :
« Et Naru ? Tu abandonnes ?
- Bien sur que non ! C'est pas ce que tu crois ! »
Pourquoi sautait-il aussi vite aux conclusions ? Il la scrutait d'un air soupçonneux qu'elle jugea déplacé : elle n'allait pas se jeter dans les bras du premier venu !
« Je me demande ce qu'en dira Naru. » finit-il par dire. « Y a une caméra juste là tu sais.
- Je pouvais pas prévoir qu'il prendrait tout de travers. » maugréa la lycéenne. « Il a cru que je flirtais alors que j'enquêtais. Et puis Naru s'en fiche pas mal, de toute façon
- On verra. Peut-être que tu susciteras sa jalousie ? »
Mai ne prit pas la peine de répondre.
« Quoiqu'il en soit la réception commence dans deux heures, va te préparer, je m'occupe de briefer Naru. »
Dans un sens, elle lui en fut reconnaissante : l'idée de voir Naru lui était encore pénible. Elle s'engouffra à son tour prestement dans le couloir de service et couru jusqu'à la chambre de Kugumiya-sama.
Lin se concentrait exclusivement sur son écran lorsqu'il jugea que le tapotement intempestif de ce fichu stylo allait le rendre fou. Raide à force de rester immobile, il se tourna vers son protégé avec un air agacé : ce style de comportement était parfaitement ce qui l'empêchait de contrôler son ki.
« Tu as l'intention de creuser la table avec ce stylo ? »
Naru s'immobilisa brusquement avant de jeter un regard à sa main : visiblement il ne s'était pas rendu compte de ce qu'il faisait. D'un geste vif il la retira vers lui tout en se callant sur son dossier.
« Désolé. »
Son mentor ne put que soupirer en guise de réponse.
« Si tu ne fais pas attention, ton énergie se concentrera à ton insu. J'espère qu'ils ne remarqueront pas ce que tu as fait à cette pauvre table. »
Le précieux meuble Louis XVI était en effet parsemés de creux de différentes tailles, tachés d'encre. Naru ne répondit rien, Lin devina qu'il n'était pas fier de son comportement. Il eut la générosité de changer de sujet :
« Que fera-t-on si aucun incidents ne survient lors de cette réception ?
- On aura tout à penser que l'auteur de l'agression nous provoque. Il sait pourquoi nous sommes là, il nous frustre.
- Tu penses que ce pourrait être un piège ? »
Naru garda le silence.
« Je ne sais pas. »
Le chinois se tourna à son tour vers les dizaines d'écrans qui leur montraient l'étendue de la salle de réception. Une bonne centaines de personnes était présente, ce qui ne rendait les choses que plus difficiles. Lin repéra le Professeur qui parlait avec animation à leur assistante. Qu'est-ce qu'il pouvait bien raconter ? Il devina qu'il s'amusait aux dépends de la jeune fille et en fit part à Naru.
« J'ai remarqué. Je suppose que grâce à tes fidèles rapports, ma mère lui a demandé d'enquêter à son sujet.
- Taniyama-san est une source infinie d'intérêt à elle seule. Elle n'a pas besoin de mes rapports. » se défendit Lin avec un sourire moqueur.
L'adolescent soupira profondément, tandis que lui se retenait de rire.
« J'apprécierai qu'elle tempère légèrement son propre intérêt, histoire de passer plus inaperçue. » rétorqua Naru d'une voix lasse.
Lin sourit.
« C'est une personne agréable. Elle s'est beaucoup améliorée depuis quelques temps, ce ne sera bientôt plus une novice. »
Le visage de son élève se rembrunit, Lin en connaissait la raison et n'alla pas plus loin. Il était dangereux, dans une certaine mesure, de laisser la jeune fille développer ses dons. Si jamais elle devinait quelque chose…
« Nous allons peut-être devoir nous séparer d'elle. » conclut Naru, comme s'il avait deviné les pensées de son assistant. « Ca pourrait-être dangereux pour nous aussi.
- Je doute qu'elle l'accepte facilement.
- Qu'un employeur licencie une employée est un phénomène courant. »
Il n'insista pas. Le silence s'installa pendant quelques instant jusqu'à ce que des crissements sortent du haut-parleur. Sur la vidéo, les invités commençaient à s'agiter. Instinctivement il haussa le son, des cris parcouraient la salle de réception. Naru, lui, cherchait du regard la cause du problème, et s'écria soudain.
« Affiche la n°4 ! »
D'une pression, les écrans centraux changèrent d'angle de vue. La caméra, posée au sol et non en hauteur était obstruée par la foule.
« Naru qu'est-ce que…
- Regarde le plafond ! »
En effet au dessus de la foule, un mince espace permettait d'apercevoir un lustre. Il ne fallut pas plus d'un instant au chinois pour remarquer qu'il oscillait dangereusement. Naru fit apparaître la vision thermographique à l'écran : le lustre était redoutablement chaud.
Puis des coups martelèrent la salle.
La panique occasionnée fut telle, que les deux chercheurs renoncèrent à utiliser les vidéos plus longtemps. D'un geste, Naru se saisit le casque émetteur-récepteur. Lin pria pour que Takigawa-san réponde. Dans la salle un hurlement de terreur traversa la pièce.
Le lustre venait de s'effondrer.
Houshou tentait en vain de calmer les invités, mais ils étaient si nombreux et affolés qu'à peine quelques uns l'entendirent. A ses cotés le professeur Davis et Mai restaient immobiles, tendus. Dans la cohue ils était difficile de respirer, la panique augmentait, on se pressait vers les portes sans se soucier de ceux qui tombaient à terre. Puis, alors qu'Houshou se retournait une énième fois vers le professeur pour voir s'ils allaient bien, Mai n'était plus là.
C'est à peu près à ce moment que trois évènements simultanés survinrent : il entendit la voix de Naru, le lustre tomba, une lumière aveuglante l'éblouit. La foule hurla et se bouscula plus vite encore. Pris d'un terrible pressentiment, le moine se précipita vers le centre de la pièce, le professeur à sa suite.
Il s'arrêta brusquement. Kugumiya Rie était assise à même le sol, les yeux exorbités, il sentit plus qu'il ne vit Ayako le bousculer, John lui aussi arrivait de l'autre coté de la pièce. Il entendait grésiller les voix de Naru et Lin à travers l'émetteur. Au milieu de la salle le corps de Mai était sous le lustre.
Merde.
Les grésillements de l'émetteur étaient de plus en plus bruyants, Bô-san se reprit en le mettant à l'oreille.
« Naru ! Tu m'entends ?
- Dis à John de vérifier les couloirs ! Tout de suite ! Emmènes Davis et Rie en dehors de la salle ! »
Le moine obéit de suite sans prendre la peine de répondre. Il fit signe au professeur et ils soulevèrent tous deux l'exorciste. Ses jambes lui permettaient à peine de se tenir debout.
« C'est ma faute. » couinait-elle. « J'étais dessous, quand elle m'a tiré de là et… »
Sa voix se perdit. Davis lui murmura quelques paroles de réconfort tandis qu'ils quittaient la pièce. Peu à peu les coups s'atténuaient. Houshou jeta un œil au plafond : par chance les autres lustres semblaient être bien fixés. Du coin de l'œil il vit John s'engouffrer dans les couloirs de service. Ayako et Masako, elles, étaient toujours près de Mai. Il se refusa de s'attarder trop longtemps sur son sort.
La foule s'était en grand partie réfugiée dans le hall. A leur arrivée deux membres de l'équipe de salle que le moine connaissait de précipitèrent vers eux.
« Houshou-san ! Vous allez bien ?
- Il nous faut un endroit ou s'asseoir. » répondit-il en désigna l'exorciste d'un coup de tête. Il y a une blessée dans la salle.
- Une blessée ? Mais qu'est-ce que c'était ? »
Le serveur était à la fois fébrile et anxieux. Il les traîna dans une pièce derrière l'accueil pendant que son coéquipier s'élançait vers la salle.
« Je vais chercher de l'eau, ça lui fera du bien. Il vaut mieux que vous ne sortiez pas d'ici tant que ça ne sera pas calmé.
- Attends. As-tu remarqué quelque chose d'inhabituel ce soir ? »
Il le dévisagea.
« Absolument rien à part ce truc horrible. J'ai cru que j'allais mourir quand le lustre s'est écrasé et les clients sont fous furieux. J'ai heurté un journaliste tout à l'heure, on va avoir de la mauvaise pub, ça c'est clair ! »
Heurté un journaliste ?
« Restez ici ! Je m'occupe de vous. »
Et il sortit. Aussitôt le moine s'adressa au professeur.
« Il n'y avait pas de journalistes ce soir. »
Il semblait l'avoir compris lui aussi. L'air profondément sombre, le professeur prit son menton entre ses doigts.
« Il n'y a jamais de journalistes pendant les réceptions, seulement pendant les conférences. »
Il prit aussitôt sa collègue par le bras, l'aidant à se mettre debout. Elle semblait avoir rassemblé ses esprits elle aussi, bien que toujours extrêmement pâle.
« Nous devons avertir Kazuya-kun. » chuchota-t-elle. « Dépêchons-nous, dîtes lui que nous arrivons et de repérer les journalistes via la caméra.
- Je vous rejoins. » ajouta Davis. « Je préfère avertir mon assistant. Maintenant que nous sommes sûrs que des attaques vont à notre encontre, je veux qu'il prenne ses précautions.
- Vous ne pouvez pas y aller seul. » objecta Houshou d'un air grave.
Mais le chercheur lui répondit d'une voix où perçait la détermination.
« Toute mon équipe compte sur moi. Je veux m'assurer que mes subordonnés sont en sécurité. Ne vous inquiétez pas inutilement et faîtes votre rapport. »
Sur-ce, il se précipita hors de la pièce.
Bien que de nombreux lustres éclairaient la salle, la perte de l'un d'eux réussissait à assombrir une vaste zone de celle-ci. Ayako pesta contre ce manque de lumière et reprit son travail. Au bout de trois, le serveur et Masako soulevèrent une nouvelle partie du lustre. C'était une de ces choses horriblement chères constituées essentiellement de verre qui, pour faciliter un peu plus sa tâche, se divisait en de long filaments lourd et cassant. La chute avait quelque peu empiré les choses : les jambes de Mai étaient maintenant empêtrée dans de long morceau de verres coupant. De nombreux morceaux s'étaient par ailleurs enfoncés dans sa peau. Elle jura. Ils devaient l'en dépêtrer petit à petit, en soignant les plaies au fur et à mesure qu'elles se présentaient.
Ayako se promit de retirer tous les lustres de son vaste appartement.
Ils finirent par arriver tant bien que mal à retirer les deux jambes de cet amas de verre. Au premier coup d'œil Ayako eut un profond soupir de soulagement : la plus grosse blessure notable était une coupure, longues certes mais guère profonde, qui lui entaillait la cheville et le mollet. Elle n'avait même rien de cassé. Ayako ne savait plus si Mai avait de la chance où de la malchance. Le serveur avait apporté avec lui une trousse de secours, elle banda rapidement la plaie.
« Vous êtes sûres qu'il ne faut pas appeler une ambulance ?
- Ca ne servirait qu'à affoler encore plus les clients. » répondit Masako d'une voix terne.
Elles devaient partir d'ici avant que la police n'arrive. Déjà un quart d'heure était passé depuis que les invités avaient tous quittés la salle. Ils seraient là d'une minute à l'autre. La question était de savoir comment transporter Mai. On ne pouvait pas laisser le serveur s'approcher de la base et un coup d'œil sur sa coéquipière lui permettait de savoir qu'elle ne se réveillerait que lorsqu'elle le voudrait : quand Mai rêvait, elle respirait à peine.
Elle atterrissait toujours au même endroit, c'était devenu systématique au fur et à mesure que ces rêves avec le jumeau ne s'était plus arrêtés aux enquêtes. Mais cela devenait stressant, comme aujourd'hui, lorsqu'elle n'avait aucune envie et le rejoignait malgré elle. Mai supportait mal le fait de n'avoir aucun contrôle sur ses rêves, elle ne possédait aucun moyen de lutter contre lui.
« Tu as mal. » affirma-t-il en guise de bonjour. « J'ai préféré te faire venir ici. »
Elle le regarda, il lui sourit gentiment mais n'engagea pas la conversation. Le jeune fille se força à trouver un sujet de discussion : elle ne pensait pas être prête à subir un de ses longs silences dont les frères Shibuya avaient le secret. Elle ne voulait pas hurler avec pour tout résultat se heurter à un mur. Subtilité Mai, subtilité.
« Je ne peux plus t'appeler Naru. » finit-elle par remarquer, sans pour autant le regarder dans les yeux. « Ce n'est pas très pratique. »
Il parut assez surpris. De toute évidence se n'était pas le genre de réaction qu'il avait attendu d'elle. La jeune fille se félicita intérieurement, sans pour autant que l'énorme poids qu'elle ressentait ne s'allège : il ne lui dirait sûrement pas son prénom de lui-même.
« Je voudrais pouvoir te dire mon nom. » admit le jumeau en souriant. « Mais ça te donnerait beaucoup trop d'indices. »
Qu'est-ce qu'elle disait : pas de réponse directe. Mai afficha un air las, avant de rire légèrement : ils finissaient vraiment par devenir prévisibles, eux deux.
« J'avais deviné. Mais comment je dois t'appeler alors ?
- Tu n'as qu'à choisir pour moi. »
Il semblait plutôt content de cette perspective, tandis que le seul effet qu'il produit chez Mai fut de détourner la tête pour piquer un fard. Ca, elle ne l'avait pas prévu, elle se serait plutôt attendu à un nom de code à la signification obscure : Naru et Lin donnaient tellement l'impression de sortir des Men in Black.
« Tu es sûr ? » Elle s'éclaircit la gorge. « Je ne suis pas douée pour ça. »
Et ça lui paraissait beaucoup trop intime, bizarrement. Comme il se contentait de sourire (à croire qu'il ne savait faire que ça), Mai réfléchit à voix haute :
« Il faut quelque chose de significatif. Tu es dans mes rêves, tu es toujours souriant, et tu es…
- Mort.
- Certes, oui. » Mai fronça les sourcils. « Tu es mort, tu es même un fantôme… ghost, gen'ei… Gen-chan ! »
A sa grande surprise, il sursauta.
« Comment ?
- Gen-chan ! Gen'ei-chan le fantôme. »
Il garda le silence, avant d'esquisser un léger sourire :
« Bien trouvé, en effet. »
Tant que ça lui plaisait au final.
« Gen, » Il sursauta encore une fois ce qui fit douter Mai de la véracité de son enthousiasme. « Qu'est-ce qui menace Naru ici ?
- Rien ne le menace.
- Tu as dis toi-même que cet endroit n'était pas sain.
- Il y a une certaine nuance entre malsain et menaçant.
- Tu détournes tes propres mots. Alors, qu'est-ce qui n'est pas sain ?
- Ne me pose pas de question si tu sais que je n'y répondrai pas
- Alors ne me donne pas de recommandations. » Elle soupira lourdement. « Comment suis-je censée faire attention si tu ne me donnes que des demi-indications ? »
Elle reprit son souffle. Ne pas crier, ne pas crier. Lui restait parfaitement maître de lui-même. Souriant. Ce qui eut le don de la mettre hors d'elle. La jeune fille contint cependant sa rancœur.
« Ce sont des groupes anglais. Naru parle, lit et écrit anglais. » Elle fixa Gen, toujours occupé à garder un air bienveillant. « Peut-être que Naru veut simplement se la jouer. Je l'ai cru pendant longtemps. Mais Naru n'est pas du genre à se compliquer la vie, si ça avait été plus simple pour lui de lire japonais, il l'aurait fait. Et Naru ne comprend pas nos idiomes (1), et il a du mal à lire les kanji… »
Elle n'arrivait pas à garder son calme, et ses paroles étaient hachées, elle se força à s'arrêter, puis reprit plus intelligiblement :
« Si Naru est anglais, il connaît ces chercheurs. Si vous avez des pouvoirs psychiques, ils vous ont probablement étudiés. Gen ! Est-ce que j'ai raison ? »
Comme à son habitude, il ne répondit pas.
C'est la fin de ce chap 4, avec l'apparition de Sean. Beaucoup de choses dans les trois chap à venir seront très « remasterisée », pour plus de cohérence surtout ^^' parce que dans la version précédente ça m'a fait rire tant les évènement arrivaient comme un cheveux dans la soupe. XD
A bientôt ^^
PS : Lin aussi était là ^^, raah Lin-san !
Réponse aux reviews.
Nanami74 : dans le genre sadique XD mais c'est vrai qu'à chaque fic GH on attend qu'elle se fasse attaquer, parce que souvent il y a du Naru/Mai à la clé ^^'' sans doute. Merci pour ta review ^^ j'espère que se chap t'aura plus, elle se fait attaquer là aussi XD
Maydulilas : Merci pour ta review ^^ je suis contente que ça t'es plu. Pour le relation Naru/Mai, bon j'avoue que ça aurait pu être n'importe qui d'autre il aurait agi de la même façon -.- mais ça va progresser, petit à petit. ;) O.o sinon désolé pour la gaffe, je sais très bien que John est australien pourtant. Je réparerais ça.
Kitsune-chan : Je suis contente que tu ais aimé ^^ Sinon oui je me suis dis aussi que je devais faire venir la décadence de Mai plus tôt ce qui va sans doute faire basculer pas mal de choses dans le prochain chap. Ca me fait plaisir que tu ais l'impression de lire une nouvelle fanfic ^^ je fais tout pour que se soit pas trop monotone.
Je la terminerai celle là :-p je la terminerai.
Tema-chan : Je suis contente que ça t'es pas trop dérangée ^^ merci pour ta review
Popkun : oui j'ai fais pire, dans ma jeunesse :-p (qui a parlé de la c-a-r ?) Bah, quand je lis le livre à la pomme ça me rassure, je me dis que je suis pas complètement enfoncée dedans.. Rmercie Baka-buta pour moi ^^
