Bonjour à tous, si jamais quelqu'un lit ce chapitre...Je ne vous le cache pas, j'ai été particulièrement déçue de voir le nombre désolant de reviews que j'ai reçu pour cette fic. D'habitude, je ne suis pas une grande reviewée, mais là, je bas tous les records d'echec...6 reviews sur les 3 premiers chaps, dont 1 pour le prologue et 0 pour le 2eme chapitre, je suis vraiment abattue...Même si vous n'aimez pas la fic,l'histoire, ou ma facon d'écrire, commentez! Pour que je comprenne au moins pourquoi cette fic ne marche pas du tout...En tout cas encore merci à ceux qui avaient reviewé, j'espère vous retrouvé bientot!!


3. Bonne nuit

Elle avait un peu froid, malgré les couvertures épaisses qui la couvraient. En presque deux mois, elle s'était habituée au climat anglais et commençit à devenir aussi frileuse que les filles du pays. Elle s'en moquait, après tout elle voulait se fondre dans la masse, et puis elle ne retournerait sûrement jamais en Ukraine, maintenant qu'elle n'y avait plus personne. Elle ouvrit difficilement les yeux, et s'aperçut que la fenêtre de sa chambre était ouverte, et que l'air glacé relevait les rideaux de coton blanc. Voilà pourquoi elle avait si froid. Elle se releva, vêtue d'une chemise de nuit qui lui arrivait au dessus du genoux et dont les manches étaient courtes, et marcha pieds nus jusqu'à la fenêtre, puis la referma d'un geste sec. Elle n'était jamais de très bonne humeur au reveil, et ce genre de petits détails n'arrangeaient rien à l'affaire.

Elle passa son peignoire, puis alla prendre un bain bouillant, dans lequel elle somnola quelques dizaines de minutes. Alors qu'elle était sur le point de s'endormir, bercée par les parfums de la mousse scintillante, quelqu'un tapa à la porte. Jedusor n'avait décidemment aucune patience, en particulier le matin. En cohabitation avec une fille, il pourrait faire un effort tout de même...Elle ne se leva pourtant pas. Elle avait maintenant moins peur de parler à Tom, elle en avait prit l'habitude au fil des cours. Elle sortit la tête de l'eau et cria un "oui?" parfaitement innocent.

Si je pouvais prendre une douche...

Elle fit un dernier plongeon dans l'eau chaude, puis sortit et commença à se rhabiller. Elle finit sa toilette, se coiffa et se maquilla faiblement, comme toujours. D'un coup de baguette, elle vida le contenu de son bain, pour s'assurer que Jedusor n'ira pas fouiller les parfums qu'elle y avait mis. Elle savait maintenant à quel point il était curieux...Et sans gêne. Elle ouvrit la porte et se trouva nez-à-nez avec Tom. Elle fixait sa bouche, comme toujours. Pour elle, bien sur, ce geste l'aidait seulement à ne pas regarder ses yeux, qu'elle detestait croiser. Mais pour lui, la voir regarder sa bouche de cette façon, avec cette concentration dans les yeux, c'était si excitant qu'il devait parfois remedier à cette pression en solitaire, le plus vite possible.

Il prit une douche fraiche, qui le détendit un peu. Vivre avec une fille était vraiment un calvaire, en particulier une fille aussi inconsciente et innocente qu'Anna, qui se balladait en peignoire à longueur de temps, sans se préoccuper de ce qui se passait dans sa tête à lui quand il la voyait aussi légèrement vêtue. Quand il sortit de la salle de bain, elle était déjà partie, comme toujours. Il descendit à son tour dans la grande salle, et la vit de nouveau, seule en bout de table, le visage plongé dans son bol de café noir. Il l'ignora et alla rejoindre ses fidèles admirateurs en centre de table.

Il avait fait l'annonce du bal d'Halloween quelques jours plus tôt. Immédiatement, les demandes avaient fusé, mais il les avait toutes décliné, avec cet air désolé, et toujours la petite phrase coupable: je suis désolé, mais Dumbledore veut absolument que j'accompagne l'autre prefete, je n'ai pas le choix...Parfois, pour consoler les filles, il leur avait accordé quelques...Suppléments...Mais elles en voulaient toujours plus, et il leur en donnait toujours moins, histoire de rappeller qui était le chef.

Elle aussi avait reçu quelques invitations. Moins que Tom évidemment, qui était à Poudlard depuis 7 ans, et qui était si adorable avec tout le monde, si beau, intelligent et drôle, sans parler de son charme ténébreux et patati et patata. Elle les avait toutes décliné, sans prendre la peine de s'expliquer, une simple négation de la tête avait suffit, à chaque fois.Les gens avaient apparemment un peu peur d'elle, et de cette attitude solitaire et renfermée. Elle s'en moquait, tant qu'on ne venait pas la déranger.

Le bal était pour ce soir, et elle avait une peur bleue de devoir aparaitre devant toute l'assemblée, dans les costumes qu'ils avaient choisi. Enfin, ceux que Tom avait choisi, et auxquels Anna avait haussé les épaules, comme toujours. Puisqu'ils y allaient en couple, il fallait qu'il soit accordé dans leur costumes, cela paraissait évident. Tom lui avait proposé plusieurs panoplies, allant de Cléopatre et Jules Cesar à Romeo et Juliette en passant par Tristant et Iseut. Mais c'est finalement sur Arès et Aphrodite qu'il s'est arrêté, dans sa grande modestie. Quand elle avait reconnu le nom des dieux, Anna avait levé les yeux au ciel, et haussé les épaules. Il était fier de lui, elle indifferente, en apparence.


L'après-midi, elle le passa dans la grande salle, à organiser, verifier, décorer, ranger, déplacer tout un tas de choses pour enfin arriver à un resultat acceptable. La salle était effectivement magnifique. Le ciel était à l'orage, comme à l'exterieur, et renforçait l'esprit d'Halloween qu'elle avait crée. Aux murs, sous les tables, sur les dossiers des chaises, d'immenses toiles d'araignées étaient pendues. Les lumières étaient tamisées, de façon à ce que la salle paraisse être plongée dans la pénombre. Les citrouilles flottaient un peu partout entre le sol et le plafond, et plusieurs armures vivantes avaient été disposées aux quatre coins de la pièce. Anna était fière d'elle, et elle avait plus hate qu'elle ne l'oserait l'avouer de voir les gens commenter son oeuvre.

Tom, lui, n'avait plus grand chose à faire. Dès qu'il avait dit qu'une fête aurait lieu et qu'il en était l'organisateur, tout le monde avait approuvé l'idée, et juré d'y venir en costumes. Il passa donc cet après-midi dans l'appartement, à se prélasser dans son bain, tout en pensant plus qu'il ne l'aurait voulu à sa chère colocataire. Il languissait cette soirée.Il allait la voir dans ce costume qu'il lui avait choisi, et il était intimement persuadé qu'elle ferait des efforts de présentation, contrairement à ce qu'elle laissait croire. Il l'imagina un instant, un grand sourire aux lèvres. Il ne la verrait sûrement jamais sourire. Peut importe, il aimerait bien plus voir la souffrance se peindre sur son doux visage...Cette idée lui donna le sourire...Il s'endormit au bord de la baignoire.

Vers 16 heures, elle remonta à l'appartement pour s'y preparer. Elle s'attendait à voir Tom et son air de psychopathe, mais la pièce était vide. En entrant dans sa chambre, elle trouva sur le lit une boite en carton, surement son costume. S'il était là, cela voulait dire que Tom était entré dans sa chambre. Cette idée l'enragea, mais comme d'habitude, elle se controla. Elle n'ouvrit pas la boite, mais s'assit à côté. Au bout d'un moment, elle souleva le couvercle, plus curieuse que ce qu'elle aurait voulu. Déjà, elle trouvait flatteur que Tom lui propose d'être Aphrodite, mais le costume était vraiment divin...

Lui déambulait dans le chateau, voulant tuer les dernières heures d'attente avant de retrouver Anna. Il la detestait profondément, avec ses airs hautains, sa façon de ne jamais être touchée par ses paroles et puis son indifference...physique. Il avait l'habitude que les filles gloussent sur son passage, mais Anna, elle, ne daignait même pas le regarder. Cette pensée l'enerva, lui donna plus envie encore de la faire souffrir. Il ferma les yeux, et reprit ses esprits avant de faire un sourire le plus franc possible à la jeune Malfoy, qui se pavanait devant lui. Elle n'était pas moche, avec ses longs cheveux platines et ses yeux gris, mais aucune fille n'etait jamais assez belle pour lui.

Lorsqu'il retourna dans l'appartement, vers 18 heures, après avoir été retenu une demi heure par cet abruti de Dumbledore, il n'y avait aucune trace d'Anna dans le living. Il entra dans sa chambre, et entendit l'eau couler dans la salle de bain. Une image d'Anna, nue dans son bain, lui traversa l'esprit. Sa peau devait bruler sous l'eau, ses cheveux trempés devaient descendre jusqu'à ses fesses, elle pensait peut-être à lui, elle imaginait peut-être comme lui la fin de cette soirée...Il avait une hate innomable de la voir, entière, et entièrement à lui. Enfin il pourrait la posseder, la dominer, et lui faire ravaler ses airs de Sainte N'y Touche...La boite où il avait mis le costume n'était plus sur le lit, elle l'avait surement prit avec elle, elle ne sortirait donc plus de la salle de bain avant l'heure du bal.

Une heure plus tard, elle était toujours enfermée dans la salle de bain. Elle était sortie de l'eau, et se regardait, dans le miroir. Son corps, entièrement nu, n'était pas laid, loin de là. Elle avait de jolis seins, ronds et lourds, et une taille fine, élancé. Ses jambes étaient assez longues et galbées, ce qui rendait son physique spéciale, étant donné sa petite taille. Elle n'aimait pas beaucoup ses fesses, un peu trop arrondies à son goût...Mais elle se contentait de ce qu'elle avait, ce corps ne l'avait jamais trahi, alors elle cohabitait avec lui, pour le meilleur et pour le pire. Elle se moquait bien qu'on la trouve trop mince ou trop grosse, trop blanche ou trop petite, elle s'acceptait, elle ignorait son corps comme le reste.

Anna?

Elle leva les yeux au ciel. Jedusor s'ostinait à lui parler chaque fois qu'elle était dans la salle de bain, et qu'elle ne pouvait pas lui répondre par un haussement d'épaule ou un signe de la tête. Elle savait maintenant qu'il le faisait exprès, qu'il avait remarqué qu'elle n'aimait pas parler, alors il la forçait, sans qu'elle puisse le lui repprocher. Decidemment, elle haissait Tom Jedusor.

Oui?

Lui adorait cette voix claire et douce qu'elle avait. Il prenait plaisir à l'entendre parler, à imaginer dans sa bouche les mots et les cris qu'il avait fait passer dans celles des autres filles, de celles dont il avait profité...il sourit derrière la porte, à l'abris des regards, dans sa chambre.

Je t'attendrai à 20 heures devant l'appartement, Okay?

Elle soupira. Plus l'heure approchait, plus elle était stressée à l'idée d'accompagner Tom, et de supporter les regards assassins des filles du collège. Elle apprehendait aussi le moment où elle se montrerait en costume, et ou elle verrait celui de Tom. Elle haussa les épaules pour elle-même, essayant de se rassurer, et de reprendre ses esprits.

Oui.

Il serra les dents. Elle l'agaçait plus que tout. Elle faisait exprès de ne pas parler, de répondre toujours par les mêmes mots, ceux où il ne pouvait pas entendre cet accent qui la rendait si desirable. Il frappa du poing la pierre du mur, sachant qu'elle ne pourrait pas l'entendre...Il se retourna, morda sa langue si fort qu'il se fit saigner. Elle l'entendit claquer la porte, et sut qu'elle l'avait enervé. Elle ne cèderait pas à son chantage implicite, elle ne deviendrait jamais la bavarde qu'il voudrait pour collègue.


Ca y était, le grand moment était arrivé. Elle était toujours dans la salle de bain, devant le miroir, mais elle était prête, prête à retrouver Jedusor dans le hall. Un instant, elle douta. Finalement, elle n'etait pas forcée d'aller à ce bal, organisatrice ou pas, et puis Merlin sait combien elle detestait ce genre de fêtes. Elle se regarda une dernière fois. Elle ne ressemblait pas vraiment à Aphrodite. La déesse était blonde, très grande et très mince. Elle se retourna, marcha jusqu'à l'entrée de l'appartement, et passa derrière le tableau, se maudissant elle-même d'être aussi angoissée.

Il était là depuis une demi-heure. Les gens devaient surement attendre en bas, dans la grande salle, et il se sentait un peu ridicule en dieu grec dans le couloir desert du cinquieme. Son costume lui allait comme un gant. Il portait une tunique blanche en dessous d'une cuirasse et de ses épaulières. A la ceinture, une épée pendait, et des proteges-tibias de fer lui masquaient le bas des jambes. Il n'avait pas pris de casque, cela aurait rendu le tout ridicule, mais il se trouvait plus que digne d'Ares, dieu du carnage. Il se sourit à lui-même, puis vit le portrait basculer, pour laisser voir un bout du costume d'Anna. Il dut serrer les dents pour empecher sa bouche de s'arrondir en un "O" ridicule.

Elle portait une toge blanche, qui descendait jusqu'au sol en une rivière de tissus magnifique. Ses courbes étaient parfaitement devinables sous l'etoffe. A l'épaule droite, une broche dorée retenait la drapure. Ses bras étaient découverts, et il pouvait imaginer leur peau soyeuse sous ses doigts...Elle avait souligné ses yeux d'un noir profond, et avait jeté un fard cuivré sur ses paupières. Sa bouche était naturelle, rouge, pleine, apetissante. A ses oreilles, elle avait de longues boucles d'or, qui soulignaient la ligne tendre de son cou, nu. Ses cheveux à peine ondulés ce soir étaient remontés en un énorme chignon, d'où s'échappaient de nombreuses mèches, dont certaines allaient dans son dos jusqu'à effleurer ses fesses. Elle était sublime, irreelle, et il la detesta encore plus, pour être si désirable.

Sans se dire un mot, comme s'il s'agissait d'une soirée normale, ils descendirent jusqu'à la grande salle. Plus ils avançaient,plus Anna était angoissée. Elle se sentait comme piégée, encore plus depuis qu'il l'avait detaillé de ce regard inquisiteur,à sa sortie de l'appartement. Ses spartiates ne faisaient aucun bruit sur le sol, comme si elle n'y marchait pas vraiment, comme si tout cela n'était qu'un mauvais reve. Mais bientot, ils se retrouvèrent devant les grandes portes brunes. Tom se tourna vers elle, et par reflexe, elle posa ses yeux sur sa bouche. Elle vit ses machoires se contracter. Il tendit un bras vers elle, mais elle ne comprit pas.

Tu devrais prendre mon bras. elle lui lança un regard interrogateur, presque risible de candeur. Histoire de ne pas paraitre trop contrainte et forcée...

Elle vit sa bouche s'etendre en un sourire, et se sentit encore victime d'une de ses moqueries. Après un regard hesitant, elle passa sa main derrière son coude, et enlaça son bras. Il se contracta immediatement, et elle put sentir chacun de ses muscles contre sa peau. Elle n'osait plus regarder vers lui, intimidée. Lui aussi ne se sentait pas à l'aise. Lorsqu'elle avait touché son bras, il avait sentit une vague de chaleur se répandre dans tous ces membres, et il avait craint qu'elle le remarque. L'effet physique qu'elle avait sur lui était pratiquement indescriptible, et il avait de plus en plus hate de voir cette soirée se terminer...


Lorsqu'ils entrèrent dans la grande salle, un silence tomba parmi les élèves et professeurs. Anna avait prit beaucoup de retard dans la salle de bain, et presque tous les élèves étaient déjà là. Tout le monde les observait, sans aucune gêne. Certains regards étaient appreciateurs, d'autres jaloux, d'autres encore parfaitement étonnés. Anna dessera un peu son etreinte, mais Tom la pressa contre lui, et elle ne put se débattre. Elle le hait, et il sembla le remarquer parce qu'un leger sourire passa rapidement sur ses lèvres. Ils avancèrent parmi les gens, jusqu'à arriver à une table où il s'assirent face à face.

Elle était oppressée, étouffée par ces regards. Sa tête la faisait souffrir, elle se sentait paniquée, seule au milieu de tous, au centre des conversations. Elle n'avait jamais était remarquée par les autres, avant, mais depuis qu'elle était entrée à Poudlard, elle devait subir chaque jour cette attention qu'on lui portait malgré elle. Elle appuya ses coudes sur la table, et prit sa tête entre ses mains, tentant malgré tout de se reprendre. Elle entendait les cris, les rires, les chuchotements, le bruit des pas sur le sol, elle sentait le regard de Tom, celui de Dumbledore, celui des filles jalouses...

Lui, il était en extase totale. Il les avait tous vu, les envieurs, les jaloux, ces inutiles qui donneraient leur âme pour le connaitre, même pour l'approcher parfois...Il aurait pu la planter là, et aller rejoindre la petite bande de Serpentards qui le vénéraient, mais il devait faire quelques efforts s'il voulait que la soirée se termine comme il l'avait prévu, et puis il ne voulait pas passer pour un goujat devant toute l'école. Il la voyait si faible, en face de lui, si vulnerable, n'importe qui aurait eu envie de la reconforter, de la prendre dans ses bras et de lui dire qu'elle était belle et qu'elle n'avait pas à craindre d'être regardé...Mais lui, lui ne rêvait que de la voir dans cet état, qu'elle le supplit de l'aider, qu'elle pleurt et qu'elle gemisse. Il s'aperçut que son regard avait changé, et il secoua la tête pour chasser ses idées, avant qu'elle ne puisse noter le changement.

Le repas apparut, et ils ne firent pas de ceremonie. Anna, la gorge nouée, n'avalait rien. Elle n'avait pas faim, et profitait que les élèves étaient concentrés sur leurs assiettes pour se sentir un peu plus libre. Jedusor, en face d'elle, mangeait avec sa classe habituelle, comme si chaque bouchée était une femme qu'il embrassait. Comment arrivait-il à être érotique dans des moments pareils? Et pourquoi avait-elle se genre de pensées en regardant son colocataire qu'elle haissait? Elle secoua la tête pour oublier tout ça, et elle vit encore ce satané sourire passer sur la bouche de Jedusor.

Lorsque les derniers dessert eurent disparut de la table, le directeur Dippet se leva, allant surement leur faire part de son énième discours depuis le debut de l'année. Dippet paraissait être une marionette, et Anna avait l'intuition que c'était Dumbledore qui en tirait les ficelles. Sans le vouloir, elle roula des yeux lorsque le directeur se leva. Heureusement, personne ne le remarqua, et elle put replonger son regard sur la table.

Chers élèves, et chers professeurs. J'ose esperer que le repas de ce soir était à votre convenance, et que vous vous sentez assez en forme pour continuer cette merveilleuse et terrifiante fête d'Halloween. Je vous laisse vous reprendre, et dans quelques minutes, le bal d'Halloween sera ouvert par vos deux prefets-en-chef, Mlle Stavinsky et M Jedusor.

En finissant sa phrase, Dippet avait montré la table d'Anna et Tom, et cette dernière n'avait pu qu'enfoncer un peu plus sa tête entre ses épaules pour essayer en vain de passer inapperçue. Tom avait adressé un signe de tête reconnaissant à son directeur, un vrai sourire de fayot selon l'ukrainiene.

Quelques minutes plus tard, les tables et chaises vides disparurent, laissant place à une piste de danse gigantesque. L'estomac d'Anna se ressera, elle savait que le moment fatidique approchait. La musique retentit, et tous les regards se tournèrent à nouveau vers eux. Tom tourna la tête vers la table des professeurs, et y vit Slughorn qui lui faisait un signe de la main pour le presser à inviter sa cavalière, un air paternel sur le visage.Rien que pour ça, Tom aurait voulu le tuer, mais il lui fit un clin d'oeil complice, et se leva de sa chaise. Il contourna la table et tendit une main vers Anna. Celle-ci la fixa, hésita une seconde, puis posa sa main dans celle de Jedusor. Encore une fois, il sentit le flot de chaleur l'envahir, et il eu une envie presque irresistible de briser le poignet de sa chère collègue.

Elle se leva, inconsciente de son effet sur le bourreau des coeurs de Poudlard. Il la reprit par le bras, comme lors de leur entrée remarquée, et ils marchèrent ensemble jusqu'au centre de la pièce. Anna était terriblement gênée, et Tom affreusement fier de ce qu'il lui faisait subir. La musique changea, et un slow se fit entendre. Anna leva les yeux au ciel, mais Tom sourit et elle se renferma. Franchement, à quoi s'était-elle attendu, un rock?

Faisant tous les efforts du monde pour controler ses pulsions sexuelles et meurtrières, Jedusor posa ses mains de chaque coté de la taille d'Anna, et elle mit instinctivement ses mains autour de sa nuque. Au passage, ses ongles glissèrent sur la peau de Tom, et il eu du mal à controler le frisson qui naquit dans sa colonne vertebrale. Il lui intima le mouvement de la danse, et elle le suivit sans difficulté. Il baissa son visage, de façon à ce qu'ils se retrouvent presque joue contre joue.

D'ici, il sentait le parfum de son shampoing, si doux. Contre son torse, il sentait sa poitrine qui s'écrasait legerement. Sous ses mains, il sentait ses hanches onduler legerement. Ils tournaient ensemble, comme en transe. Elle se sentait si bien, le visage enfouit près de son cou, où personne ne pouvait la voir. Elle sentait ce parfum fort qu'il portait toujours,une odeur puissante et masculine qu'elle ne pouvait definir...Elle avait un peu peur de se coller trop à son corps, mais à ce moment-là elle ne voulait plus quitter cette prison où il l'enfermait, et où elle était à l'ombre de l'exterieur. Ses mains étaient puissantes contre elle, et elle aimait plus qu'elle ne le voudrait le contact de leurs peaux à travers sa toge legère.

La soirée fut courte, trop aux yeux d'Anna, qui commençait à prendre plaisir sans l'avouer à valser au bras de Tom, et pas assez pour Jedusor, qui languissait plus que ce n'était permit de raccompagner la demoiselle à la porte de sa chambre. Tout cela était une torture pour lui, cette odeur puerile dans ses cheveux, ses gestes accidentellement érotiques, sa démarche digne et langoureuse...Et l'attente, cette incertitude, qui comme une épée de Damoclès, pesait pour la première fois de sa vie au dessus de sa tête. Elle, elle gardait ce visage impassible, presque vexante dans sa froideur, mais trahie par les éclats qui naissaient dans ses prunelles à chaque ondulation de leurs corps.

C'est à minuit qu'ils descidèrent de rentrer. La soirée était loin d'être finie pour les autres, mais ils commençaient à fatiguer, sans parler de leurs rondes nocturnes qui recommenceraient dès le lendemain soir. En silence, mais toujours les bras enlacés, il montèrent les marches jusqu'à l'entrée de leur appartement. Il lacha le mot de passe au portrait, et la fit entrer la première dans le living. Elle était si gracieuse, si douce, si facile à briser...Il entra derrière elle et lui sourit. Elle fixait ses lèvres, et haussa les sourcils. Il la suivit jusqu'à la porte de sa chambre, mais elle ne le sentit pas dans son dos. Avant de poser sa main sur la poignée de la porte, elle détacha d'un air abstrait son épais chignon, et la cascade de cheveux chatain roula le long de son dos, se balançant au gré de faibles mouvements d'un côté à l'autre de ses fragiles épaules. Il sentit une vague de parfum l'envahir, et s'il avait écouté son instint, il l'aurait prise là, contre la porte de sa chambre...Il soupira. Elle sentit le souffle dans ses cheveux, et se retourna d'un air vif, comme ses filles poursuivies dans la rue, en pleine nuit. Il ne se laissa pas surprendre, et lui sourit de cet air hautain qu'elle haissait.

Belle soirée, n'est-ce pas?

Grosse erreur. Il s'en aperçu dès que la phrase sortit de sa bouche. Encore une question fermée, et elle marquait un point de plus. Elle acquiesça d'un signe de tête, un sourcil relevé et ses yeux toujours plongés sur les lèvres de Tom. Il se serait tapé la tête contre le mur s'il s'était écouté. Tant pis, au point où il en était, il fallait jouer le tout pour le tout, ou bien il allait passer cette soirée seul, et l'idée en était absolument derisoire...

Tu...Tu étais très belle ce soir, Anna.

Une très legère teinte rosée vint embraser le blanc laiteux de ses pomettes, mais son regard était imperturbable et toujours fixé sur sa bouche. Elle était très touchée par ses paroles, mais ne saurait l'avouer, elle connaissait trop le genre de baratineur qu'était Tom Jedusor. Des garçons comme ça, il y en avait aussi en Ukraine...Mais elle restait loin d'eux, loin de ce genre de profiteur avec qui elle était obligée de vivre maintenant. Néanmoins, le compliment la toucha, et elle sentit la douce chaleur de la timidité et de la gêne sur son visage.

Merci, Tom.

Maintenant. C'était maintenant ou jamais. Il la regarda dans les yeux, mais elle ne voulait pas déplacer son regard. Il tenta une approche, avança doucement son visage vers elle, très lentement. Si lentement qu'elle eu le temps de le voir arriver, evidemment. Elle détourna discrètement la tête et se precipita dans sa chambre, claquant la porte derrière elle, en murmurant un "bonne nuit" qu'il entendit à peine.

Bonne nuit? Est-il possible d'avoir l'audace de souhaiter une bonne nuit à quelqu'un qu'on vient de planter devant la porte d'une chambre? Decidemment, il haissait d'une haine sans nom cette Stavinsky, et d'une façon ou d'une autre, il la ferait souffrir le martyre. Elle avait paniqué, et s'était enfuit devant la difficulté. Enfermée dans sa chambre, elle regrettait son geste. Elle imagina, malgré ses efforts pour combattre ces images, comment aurait pu terminer leur soirée si elle avait accepté ce baiser. Quoi qu'elle n'était même pas vraiment sûre qu'il voulait l'embrasser...