Bien le bonjour amis lecteurs !

D'abord, très bonne année à tous ! Il est encore temps de vous le souhaiter (c'est le moment où jamais ^^) !

Me revoici avec un nouveau chapitre ! Avant tout, je vous remercie pour vos reviews, pour votre fidélité et vos encouragements ! J'essaie de prendre le temps de répondre à tout le monde. Je rougis derrière mon écran en lisant vos commentaires. Ça fait beaucoup de bien de savoir que certains attendent la suite, que vous avez ressenti les sentiments des personnages, que vous avez un regard critique sur mon écriture. Plus j'avance, plus je fais face à des avis différents mais toujours constructifs. Un grand merci à vous tous, vous m'avez motivée à vous publier ce chapitre ce soir et pas dans deux semaines ! Et un merci particulier à tous ceux qui ne loupent pas un chapitre :)

Oui, parce que je suis surbookée(au bas mot !) : entre les stages et les révisions pour les partiels, je ne sais plus où donner de la tête ! Non, je ne me plains pas et j'ai pris le temps et le plaisir d'écrire ce chapitre.

Dans ce chapitre, j'introduis d'autres points de vue, j'espère que ça vous plaira ! L'histoire ne se cantonne pas qu'au point de vue d'Hermione, heureusement. Si certains ont eu cette impression, je leur réponds que j'ai voulu insister sur l'intrigue et installer les évènements principaux. Dans ce chapitre, vous allez voir un nouvel élément s'installer et qui va faire évoluer un peu la relation entre nos deux héros. J'ai voulu décrire les relations amicales aussi, les disputes habituelles dans notre Trio. J'ai aussi choisi Ginny avec son fort caractère (je l'aime bien ^^). Vous verrez !

Que je blablate ! Je m'arrête donc et vous laisse lire ce chapitre et, bien entendu, me donner votre avis à la fin !

Bonne lecture !


Chapitre IV : " TU M'APPARTIENS "


Le trio longeait un couloir du deuxième étage où avait lieu leur cours de sortilèges. Padma Patil venait de surprendre une nouvelle fois Ron en l'attendant à la sortie du précédent cours. La Serdaigle lui avait sauté au cou et l'avait langoureusement embrassé alors que les autres élèves contournaient le couple d'un air écœuré. Comme à chaque fois, Harry et Hermione s'empressaient de quitter les lieux afin d'échapper à leurs étreintes passionnées, attendant leur ami un peu plus loin. Ces embrassades publiques étaient devenues une routine néanmoins gênante. A ce sujet, Harry et Hermione avaient déjà eu plusieurs fois la même conversation.

- Mais Ginny et toi, vous ne faites pas ça ! s'agaçait Hermione.

- Ginny et moi, c'est différent… tentait d'argumenter Harry. Ron est plus…

- … tactile ! Et immature ! achevait Hermione avec ironie.

Souvent, les deux amis préféraient en rire mais l'attitude de Ron les exaspérait à la longue. Et aucun ne se résolvait à aller lui en parler.

Cette fois-ci, Ron avait étrangement réussi à se débarrasser rapidement de Padma. Son air soucieux surprit les deux autres Gryffondors qui préférèrent toutefois garder le silence. Ron était plutôt du genre à expliquer lui-même ce qui le tracassait s'il en avait envie. Les trois amis parcouraient les couloirs à grand pas afin de ne pas être en retard au cours du professeur Flitwick. Hermione se força tant bien que mal à s'intéresser à la conversation que Ron entama. Comme souvent, elle oscillait entre humeur maussade et humeur massacrante. Le sujet de la discussion ne l'aidait en rien à se montrer positive ce jour-là.

- Padma est lassante...se plaignit Ron.

- Tu es avec elle depuis... hasarda Hermione qui n'avait guère suivi ces derniers temps la rubrique « Les potins croustillants du couple le plus glamour de Poudlard ».

- ... depuis six mois et c'est l'enfer !

- Quitte-la ! conseilla vivement Harry en haussant les épaules, l'air dubitatif.

- Elle est collante ! Elle me saute dessus à chaque intercours, vous imaginez ? geignit Ron d'un ton presque larmoyant.

- Tu disais pareil pour Lavande ! observa Hermione, exaspérée. Tu vas continuer de changer de petite amie parce qu'à chaque fois tu te lasses ?

- Mais non ! grogna Ron, mécontent que son amie ne compatisse pas. C'est juste qu'avec Padma, on ne se voit pas beaucoup car elle est à Serdaigle. Et quand on se voit, on ne parle pas énormément, on...

- C'est bon ! Épargne-nous les détails ! maugréa Hermione.

Sur ce, elle s'éloigna en accélérant le pas pour les laisser parler de filles. Les états d'âme de Ron en amour devenaient agaçants et futiles en comparaison à ses propres préoccupations. Elle avait d'autres chats à fouetter, beaucoup plus féroces que ceux de Ronald Weasley…

La discussion entre les deux garçons s'interrompit l'espace d'une seconde, quand Hermione s'éloigna.

- J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? demanda Ron en regardant Hermione qui se sauvait, l'air incrédule.

- Elle… commença Harry.

- Elle est vraiment bizarre en ce moment ! bougonna Ron. Pour Padma, je…

- Ron ! l'interrompit Harry, légèrement irrité. Ouvre un peu les yeux ! Hermione est partie parce que tu parlais encore de tes histoires !

- Mais en quoi cela la gênerait-elle ? J'ai bien le droit de parler de ce que je veux ! se défendit Ron qui se sentait attaqué. Ne me dis pas qu'elle fait tout le temps la tête à cause de Padma et moi !

- Non, je n'ai pas dit ça… Je dis simplement qu'elle en a assez… et elle n'est pas la seule !

Harry avait décidé d'être franc avec Ron tant pis s'il le prenait mal ! Depuis plusieurs mois, la conversation et les préoccupations de Ronald Weasley concernaient quasi exclusivement ses histoires de cœur.

- Elle n'est pas la seule ? répéta Ron en s'arrêtant de marcher. Comment ça « elle n'est pas la seule » ?

- Tu sais très bien ce que je veux dire, Ron !

Harry était gêné de devoir expliquer à son ami ce que tout Poudlard disait dans son dos.

- Tu veux dire que c'est de ma faute si Hermione va mal ? s'insurgea Ron, en colère.

- Mais non ! Je ne dis pas que c'est de ta faute. Mais tes histoires avec Padma ne semblent pas l'aider ! J'ai l'impression que…

- Mais je ne l'oblige pas à écouter si elle n'en a pas envie !

- Oui, Ron, mais toutes les discussions tournent autour de Padma ! Tu parles tout le temps d'elle et de vous ! lâcha Harry, agacé de se faire couper tout le temps.

La mauvaise foi de Ron énervait Harry qui, subitement, n'avait plus envie de prendre des pincettes pour lui expliquer ce qui n'allait pas.

- Mais non, je ne…

- Ron ! On n'est pas obligés de supporter vos embrassades ! Vous êtes tout le temps scotchés l'un à l'autre comme des sangsues ! Et quand Padma n'est pas là, tu ne fais que parler d'elle !

- Mais oui, tu as raison ! C'est Padma qui me colle tout le temps ! C'est bien ce que je disais…

Harry dévisagea le rouquin comme s'il était un Epouvantard. Ron n'avait vraiment rien compris… Il rejetait encore la faute sur Padma et relançait la discussion sur ses problèmes de couple. A cet instant-là, Harry, énervé, préféra se taire plutôt que de le traiter de Veracrasse sourd, borgne et puant. Il l'abandonna dans le couloir désert et rejoignit Hermione en cours de sortilèges.


Draco Malfoy sortit en trombe de son cours de botanique et regagna en toute hâte sa salle commune. Il voulait intercepter Granger avant qu'elle ne s'enferme à double tour dans sa chambre. Il savait qu'elle était en cours de sortilèges. Comme le lui avait demandé Rogue, il la surveillait étroitement et connaissait désormais son emploi du temps par cœur. Il valait mieux éviter qu'elle ne fasse une bêtise ou ce serait sa propre tête qui tomberait. Cette première mission le satisfaisait amplement. Comme sa mère, il avait redouté le contenu de la première tâche que lui confierait le Seigneur des Ténèbres. Son père l'avait prévenu : il recevrait la Marque bientôt et servirait par conséquence le Maître. En fait, Draco ne faisait que continuer ce qu'il avait entrepris depuis la première année : pourrir la vie de cette Sang-de-bourbe de Granger ! Rien de plus facile…

Depuis l'excès de zèle d'Hermione Granger, Draco avait redoublé de vigilance. Il avait essayé d'établir un fragile équilibre entre la surveillance de la Gryffondor et le temps passé avec ses amis Potter-le-surhomme et Weasmoche afin qu'ils ne se doutent de rien. Le Serpentard la suivait quasiment partout, tout en prenant garde de conserver une certaine distance et en lui laissant une petite marge de manœuvre pour éviter tout soupçon. C'était parfois fatiguant mais Malfoy s'amusait bien. Ces prises de bec avec son homologue étaient monnaie courante et il s'évertuait à la faire tourner en bourrique jusqu'à ce qu'elle claque la porte de sa chambre. Mais il arrivait que cette Sang-de-bourbe monte sur ses grands chevaux et l'insulte. Malfoy lui avait juré qu'il se vengerait.

Depuis toujours, ses parents lui avaient transmis une fascination pour la Magie Noire et un dégoût pour les sangs impurs. La famille Malfoy était influente dans le monde sorcier, et ce grâce à ce sang pur qui coulait dans leurs veines. Draco avait donc eu une idée astucieuse pour asseoir sa supériorité sur cette Gryffondor insolente. Au déjeuner, il avait enfin reçu la réponse tant attendue de son père. Depuis plusieurs jours déjà, il guettait le hibou grand duc de la famille Malfoy. Son cœur avait bondi quand il avait lu les quelques lignes tracées sur le parchemin. Il avait grande hâte de faire part de cette formidable nouvelle à Granger. Draco imaginait sa réaction avec un plaisir non dissimulé.

Fidèle à son poste, le Serpentard interpella la jeune fille dès qu'elle pénétra dans la salle commune :

- Granger, viens par ici ! J'ai ceci à te montrer !

Il brandit triomphalement un parchemin portant le sceau des Malfoy. Hermione, intriguée, le lui arracha des mains et le parcourut. Au fur et à mesure qu'elle lisait, son visage palissait tandis que celui de Draco s'illuminait.

Mon fils,

Je tiens d'abord à te féliciter. Tu as très bien agi en sauvant la Sang-de-bourbe et le Maître est satisfait. Il a donc accepté d'accéder à ta requête. Granger t'appartient, désormais. Elle te doit respect et obéissance. Cependant, ne la traite pas comme un elfe de maison. Elle ne doit ni être blessée ni abîmée. Prends-en soin. Mène ta mission à bien comme tu le fais déjà et tu recevras bientôt la Marque. Ta mère et moi sommes fiers de toi.

Ton père,
Lucius Malfoy.

Le Serpentard observa attentivement sa réaction, à l'affût du moindre signe. Allait-elle se mettre en colère ? Provoquerait-elle un duel dans la salle commune ? Par précaution, il avait sorti sa baguette magique. Une expression stupéfaite et horrifiée se peignit sur le visage de son homologue.

Hermione crut qu'elle allait vomir. Leur culot la sidérait. Ils croyaient tellement en la supériorité du sang pur qu'ils s'octroyaient le droit de propriété sur telle ou telle personne de rang inférieur. Elle, appartenir à ce serpent ? Elle n'était ni un objet ni une esclave. Une telle idée la révoltait. De rage, la jeune fille déchira le parchemin.

Draco lui attrapa le poignet pour éviter qu'elle ne le gifle cette fois-là et lui chuchota, le regard brillant :

- Tu es à moi, Granger !

Cet instant représentait le summum de l'excitation et de la jubilation pour le jeune homme. Il savourait cette vengeance. La posséder lui procurait un sentiment particulièrement viril. Mais Malfoy n'était pas stupide : il avait parfaitement conscience que ces quelques mots écrits sur du parchemin ne résoudraient pas tout et que Granger ne l'accepterait jamais. C'était simplement un moyen de montrer qu'il avait le dessus, que c'était lui qui contrôlait la situation. En effet, puisque c'était le Seigneur des Ténèbres qui avait lui-même accordé cette faveur à Draco, et même si Granger le haïssait, elle était contrainte par Voldemort d'exécuter ses ordres. Cette ruse relevait simplement du génie ! Draco espérait que Granger se montre un peu moins insultante et plus obéissante. Elle était trop effrontée. D'ailleurs, sa réponse ne se fit pas attendre :

- Jamais, Malfoy !

- Tu as bien lu, non ? Tu m'appartiens ! jubila-t-il.

- Je ne suis à personne ! Ce tissu de mensongeries n'a de valeur que si on lui en accorde une ! se défendit-elle.

- Tu es enragée et tu vas devoir devenir docile !

- Je n'ai que faire des élucubrations d'un adolescent pré-pubère plein de fantasmes sordides !

- Granger, tu sais ce qui adviendra si tu te montres trop entreprenante ! menaça-t-il d'un ton impérieux. Et tu vas apprendre à te taire !

- Tu me prends pour qui ? hurla la sorcière. Pour une bête soumise ?

- Si on veut... daigna répondre Draco en haussant des épaules.

Elle crut halluciner : elle allait devoir céder tous les caprices de son ennemi pour éviter de succomber aux effets du poison de Rogue !

- Tu dois être ravi qu'une Sang-de-bourbe rampe à tes pieds, non ?

- Tu parles trop ! soupira-t-il, agacé. Tu vas apprendre à obéir !

Cette Sang-de-bourbe avait décidément la langue bien trop pendue. Elle avait réponse à tout. Exaspérante.

- Ca m'étonnerait ! Ce n'est pas un fils de Mangemort aussi cinglé que toi qui va...

Elle n'eut pas le temps de terminer. Malfoy la plaqua contre le mur avec violence. Il plongea son regard d'acier dans ses yeux noisette effrayés. La Gryffondor tenta de se débattre mais elle était emprisonnée par les bras du Serpentard. Il plaqua sa joue contre la sienne. Elle sentait son souffle chaud la chatouiller au creux de son cou. Des frissons la parcoururent et lui firent perdre tous ses moyens.

- Tu disais quoi, Granger ? susurra-t-il dans un soupir lourd de menaces.

- R... rien... balbutia la Gryffondor, haletant comme un chiot apeuré.

Il la toisa encore un instant puis la lâcha brusquement. Hermione tomba à terre, le dos meurtri et les larmes aux yeux. Il avait gagné.

Le lendemain midi, Hermione déjeuna en dernier pour éviter ses amis - qui la questionneraient sur ses yeux rougis - et Malfoy. Les derniers professeurs quittèrent la Grange Salle alors qu'elle entamait son repas, seule. Ginny survint et s'assit face à elle, l'obligeant à la regarder.

- Ca va, Mione ?

- Oui, oui... se força-t-elle.

- Tu mens très mal. Ca n'a pas l'air d'aller, depuis... un moment !

Hermione se tut, espérant que Ginny allait abandonner et s'en aller. Mais cette dernière insista :

- Ron s'est plaint que vous l'évitiez…

Se concentrant, Hermione regarda ailleurs. Ses yeux tombèrent sur Malfoy qui lui murmura quelques mots silencieux " Ce soir, après les cours...". En championne de lecture labiale, Hermione comprit parfaitement. Elle voulait éviter une discussion qui prenait un virage dangereux, à savoir Ron. Hermione ne voulait pas donner des explications à sa sœur. Se tournant vers Ginny, elle enchaîna en se levant :

- Ne t'inquiète pas pour moi, c'est juste que les cours et les révisions, ça fait beaucoup...

Et la Gryffondor quitta la Grande Salle sans un regard pour Ginny et Malfoy qui l'observaient.

Ginny se prit la tête entre les mains et soupira : elle ne parvenait plus à cerner son amie. Cette année, tout semblait aller de travers. D'abord, Ron s'était amouraché de Padma. Ginny n'avait jamais beaucoup apprécié les jumelles Patil : de vraies bécasses dotées de commères chevronnées ! Mais elle s'était tue quand son frère avait annoncé son idylle amoureuse avec Padma. Ginny avait observé attentivement l'évolution de leur relation et n'avait guère été étonnée de les voir se transformer en sangsues. Toutefois, Ginny peinait à garder le silence face à l'exposition sentimentale auquelle son frère s'adonnait devant tout Poudlard. Quand elle était sortie avec Dean Thomas, Ron l'avait harcelée et lui avait fait la morale pendant de longues semaines. Ginny aurait rêvé lui faire payer ce qu'elle avait enduré : Ron l'avait suivie partout ! Mais elle ne savait pas trop comment Harry prendrait la chose si elle se vengeait. Et la relation qu'il entretenait avec Padma Patil prouvait que son imbécile de frère était immature… Il se ridiculisait tout seul et n'avait nullement besoin de son aide ! Une fois, Ginny lui avait dit le fond de sa pensée et toute la tour de Gryffondor avait assisté au règlement de comptes qui aurait tourné au fratricide si Harry n'était pas intervenu. Ginny lui avait même lancé un sort de Chauve-furie. Depuis cet épisode, la rouquine évitait soigneusement le sujet. Harry n'y était pas étranger. Elle avait longuement discuté avec lui de l'attitude de son frère mais son petit ami prônait la réaction de l'autruche : la tête dans le sable. Ne rien dire. Dans son for intérieur, Ginny bouillonnait de faire ravaler à Ron ses regards langoureux à travers la Grande Salle à chaque repas. Il avait beau être plus âgé qu'elle, il n'en demeurait pas moins puéril !

Le dernier épisode en date évoquait un changement dans les relations entre Padma et Ron et entre Ron et ses amis. Malgré le silence obstiné d'Harry et de son frère, Ginny avait remarqué que Ron fuyait ses deux comparses et même sa petite amie. Buté, il restait dans son coin, la mine renfrognée. Les connaissant, Ginny soupçonnait davantage un malentendu qu'une dispute. Une fois qu'elle avait bien cuisiné son frère, ce dernier avait avoué à demi-mot qu'Harry et Hermione l'évitaient. C'était tout ce qu'elle avait pu tirer de son bougon de frère.

Le deuxième changement notable au cours de l'année avait été l'attitude d'Hermione. Métamorphose beaucoup plus inquiétante. Son amie s'était refermée sur elle-même, comme une huître. Elle évitait toute compagnie et toute conversation la concernant. Les semaines passant, Harry semblait avoir baissé les bras. Leurs nombreuses tentatives avaient lamentablement échoué. Rien n'expliquait l'état d'Hermione. Rien n'expliquait ce brusque changement. Pas même le stress des examens, malgré ce que Ron sous-entendait. C'en devenait alarmant.

D'autant plus qu'un autre individu rôdait autour de leur amie, tel un charognard. Ginny avait remarqué l'intérêt de Draco Malfoy pour Hermione depuis un peu plus d'une semaine. Elle s'en était inquiétée mais, ne voulant pas alarmer Harry, elle avait tu ses doutes. Ce dernier épisode dans la Grande Salle confirmait ses soupçons. Malfoy semblait surveiller Hermione et cette dernière le fuyait comme la peste. Pourtant, que ce serpent cherche à déstabiliser la Gryffondor, rien de bien inhabituel ! Mais Ginny avait la nette impression que son comportement trahissait un intérêt tout autre à l'égard d'Hermione. Cette dernière était peut-être harcelée nuit et jour par ce fourbe de Serpentard. Le cerveau de la rouquine s'affolait en échafaudant des hypothèses de plus en plus invraisemblables. Néanmoins, les détails qu'elle avait observés étaient assez interlopes pour qu'elle en fasse part à Harry.

Ginny trouva ce dernier dans la salle commune de Gryffondor, assis près de la cheminée, en train d'astiquer son Eclair de feu, l'air pensif. La rouquine s'installa à côté de lui. Harry lui adressa un faible sourire.

- J'ai discuté avec Hermione, tout à l'heure.

- Et ? demanda Harry, l'air à peine intéressé.

Ginny plongea son regard dans les cendres rougeoyantes qui luisaient dans l'âtre de la cheminée. Des ombres dorées dansaient sur sa chevelure de feu. Fasciné par le mouvement ondoyant des flammes sur son visage, Harry décrocha un instant.

- … et Malfoy se comporte bizarrement, tu ne trouves pas ? Il la suit de partout et on dirait qu'il lui envoie des signes des fois…

- Tu exagères un peu, Gin… dit doucement Harry, détournant son attention des flammes.

L'intéressée leva les yeux au ciel et poussa un soupir d'exaspération. Harry n'était pas très réceptif à ses observations et elle était irritée qu'il n'y accorde pas plus de crédit. Elle insista donc :

- Et si c'était à cause de Malfoy qu'Hermione allait mal ?

- Elle nous l'aurait dit ! nia Harry, poursuivant le nettoyage de son balai. Elle a dit elle-même au début de l'année qu'elle était capable de se défendre seule ! Elle est plus forte que Malfoy avec une baguette !

- Je sais ! marmonna Ginny, agacée.

- Et ce ne peut pas être qu'à cause de Malfoy si elle est dans un tel état ! renchérit Harry.

- Peut-être est-ce une accumulation de plusieurs choses ! hasarda Ginny, de moins en moins convaincante. De toute façon, je suis certaine que Malfoy a quelque chose à voir là dedans !

- Mais non, tu te fais des idées ! lui reprocha gentiment le Gryffondor.

Ginny sentit la moutarde lui monter au nez. D'abord Harry l'écoutait à peine ensuite, il ne la prenait absolument pas au sérieux et se moquait presque d'elle ! La jeune fille avait l'impression d'être la seule à s'inquiéter pour son amie. Harry semblait avoir des préoccupations hautement plus importantes.

- Au moins, j'essaie ! rétorqua-t-elle en élevant la voix. Tu te caches, Harry ! Tu baisses les bras ! Tu n'as pas honte d'abandonner ton amie ?

- C'est de moi dont vous parlez ? l'interrompit une voix glaciale.

Hermione les toisa d'un air impassible. Alors qu'Harry bafouillait quelque chose pour tenter de sauver les apparences, Ginny lança à son petit ami un regard noir et elle gravit quatre à quatre les escaliers menant à son dortoir. Harry fuyait une fois de plus la réalité. Quant à elle, Hermione n'attendit pas une explication audible : elle tourna les talons et sortit de la salle commune de Gryffondor.

Sans qu'elle puisse réellement expliquer pourquoi, avoir surpris cette conversation la mettait foncièrement en colère. Ginny et Harry parlaient d'elle, elle avait bien entendu ! La réaction d'Harry l'avait profondément déçue. N'assumait-il pas ce qu'il disait dans son dos ? Hermione l'avait connu plus franc. Oh, elle se doutait bien que ses amis s'inquiétaient pour elle et qu'ils devaient en discuter souvent. Mais surprendre cette conversation la mettait hors d'elle. Elle se rendit compte qu'elle cachait une colère qui grondait au fond d'elle envers ses amis. Elle leur en voulait de ne pas l'aider, de ne pas deviner, de ne pas la sortir de cette situation inextricable. Ginny avait raison : Harry et Ron fuyaient une situation qu'ils ne maîtrisaient pas et baissaient les bras. Hermione avait l'insidieuse sensation d'être abandonnée par ses amis. Seule.

La Gryffondor s'enferma dans les toilettes de Mimi Geignarde et pleura à chaudes larmes alors que le fantôme éploré de la petite fille se lançait dans une complainte tragique, en écho au désarroi d'Hermione.

Mimi Geignarde, malgré toute sa bonne volonté, ne réussit qu'à faire fuir la jeune sorcière. Séchant ses larmes, celle-ci s'échappa des toilettes et des questions oppressantes de son occupante. Une petite voix s'immisça dans son esprit, lui suggérant une autre version des faits. Aurait-elle réagi autrement à la place de ses amis ? Avaient-ils réellement le choix ? Aurait-elle fait mieux ? Démêler les états d'âme d'Hermione requérait plus que de la perspicacité. Malgré sa détresse, Hermione ne pouvait les condamner aussi durement.


Malfoy avait enregistré mentalement la scène qui s'était déroulée entre Weasley femelle et Granger. Il s'intéressait de près aux relations de Granger et de ses amis. Lui aussi avait remarqué que Weasmoche ne s'asseyait plus avec les deux autres en cours. Ce changement l'interrogeait et il se demandait comment obtenir une explication de Granger.

C'est en observant la belette et sa petite amie que Malfoy crut comprendre. Weasley se montrait distant avec Patil, loin de leurs ordinaires embrassades baveuses et dégoûtantes. Le nœud du problème semblait être cette fille qui s'immisçait dans les relations du Trio. Padma Patil n'était pas comme Ginny Weasley, la petite amie du balafré, qui faisait presque partie du groupe. Cette explication arracha un sourire amusé à Draco. Il se croyait presque en train de lire un ancien article sur les liaisons compliquées et passionnées de Gilderoy Lockart… Granger était peut-être même jalouse, qui sait ?

Draco se décida à éclaircir cette situation épineuse qui ne le regardait aucunement. Il attendait d'avoir une conversation avec Granger avant de divulguer des informations à Pansy Parkinson, la reine des rumeurs infondées qui se propageaient dans Poudlard comme une traînée de Poudre de Cheminette.

Le Serpentard se hâta de regagner sa salle commune. Il avait donné rendez-vous à Granger et il savait que cette dernière finirait par venir. Même en l'insultant, elle obéirait. Granger était loin d'être stupide et elle calculait elle aussi ce qu'elle avait à y gagner. Comme il l'avait prévu, la jeune fille arriva en traînant des pieds. Malfoy l'attendait, les bras croisés.

- Tu voulais me voir ? roucoula-t-elle d'un ton hypocrite.

- J'avais juste envie de discuter un peu avec toi... Assieds-toi ! Non ? Bon... Tu t'entends bien avec la petite Weasley ? commença-t-il d'un ton calme pour la mettre en confiance.

- Oui... Ce n'est un secret pour personne !

- Ne sois pas agressive, Granger ! Elle sort avec Potter ?

- Comme si tu ne le savais pas...

- Et la belette va rompre avec Patil ?

- Qu'est ce que tu en sais ?

- Je le sais, c'est tout... Et toi, Granger ? Tous tes amis sont casés, et pas toi ? demanda-t-il enfin, puisque c'était la question qui l'intéressait, au final.

- Tu t'intéresses à ma vie privée, maintenant ? répliqua la Gryffondor d'un ton suspicieux.

- N'évite pas la question ! lui conseilla Draco avec un regard pénétrant.

- Ca ne te regarde pas ! articula-t-elle avec difficulté.

- Je peux tout savoir sur toi, Granger !

Draco se concentra l'espace d'une seconde et projeta ses pensées vers l'esprit de Granger. L'attaque était si soudaine et si brutale que quelqu'un n'ayant jamais pratiqué l'occlumancie se serait retrouvé désorienté et aurait mis plusieurs minutes avant de repousser son assaillant. Cette idée l'effleurait depuis plusieurs semaines déjà. Ses parents l'avaient initié aux mystères de l'occlumancie depuis trois ans. A sa grande surprise, Malfoy se heurta à un mur infranchissable. Impénétrable. C'était comme si Granger s'était attendue à son attaque mentale. Elle devait avoir une grande maîtrise de cet art pour ne laisser aucune faille dans sa barrière. En une fraction de seconde, elle avait su protéger son esprit avec une facilité déconcertante.

- Apparemment, tu ne sais pas tout ! se moqua Hermione dans un éclat de rire vengeur.

- Rogue t'apprend l'occlumancie ? demanda Malfoy, abasourdi.

C'était la seule explication possible. Son esprit raisonnait à toute vitesse et cette explication lui semblait la seule valable. Severus Rogue était un maître en la matière.

- Quelle ouverture d'esprit ! railla la Gryffondor.

Il la fusilla du regard et la congédia sans un mot de plus. Granger regagna sa chambre dans un fou rire incontrôlable qui avait le don de taper sur les nerfs de Draco. Ce dernier était plus surpris qu'en colère. Puis il avait percé le secret des absences tardives et répétées de Granger… Content de lui, le Serpentard s'offrit un Whisky Pur Feu, affalé sur son lit à baldaquin.


Voilà les amis !

Ce chapitre vous a-t-il plu ? Le suivant viendra, je vous rassure !

Gros gros bisous ! A bientôt !