Chapitre 4 : Le plan à 3

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A la réception, tout le monde y allait avec son commentaire. En effet, la disparition d'une célèbre star de rock –Ely personne ne savait quoi, on l'appelait juste Ely- était, contrairement à celle de Derrick Jones, connue de tous.

« C'est horrible ! Qui aurait pu s'en prendre à Ely ? C'est une femme merveilleuse ! » Demandait Walter.

« Sa musique ne m'a jamais plu » remarqua Ojoo-Blue-Son.

« Vous n'aimez jamais rien » répliqua le blond aux mèches orange. « D'ailleurs, vous ne devriez pas être partie depuis un moment, vous ? »

« J'ai changé d'avis. En fait, c'est très excitant, les histoires de meurtres. »

« On ne sait pas encore si se sont des meurtres, cessez de parler de malheurs ! » S'insurgea John.

« Peu importe, que s'est-il passé exactement ? » Demanda Sebastian à son accompagnateur.

« Mademoiselle Ely était allée chercher un maillot pour se baigner, j'ai attendu un quart d'heure avant de m'inquiéter. Je suis monté dans sa chambre, mais elle était fermée à clé. J'ai du demander un double à la réception, et quand je suis entré, elle n'était pas là. J'ai demandé à une douzaine de personne, mais aucune ne l'avait vue. »

« Avec un peu de chance, le kidnappeur ne l'a pas encore enfermée et on a une chance de la retrouver avant… » Commença le blond.

« JAWN ! »

Sherlock avait fait irruption devant la réception de façon abrupte. Apparemment, il avait dévalé les escaliers et s'était pris de vitesse, et finalement il trébucha et tomba de tout son long sur le parquais ciré.

Le blond courut l'aider.

« Il y a quelqu'un dans notre chambre » balbutia le brun.

« Non ? Qui ? Il t'a fait du mal ? » S'exclama John.

« Une poupée, John » reprit Sherlock, à présent debout, « une poupée avec un couteau ensanglanté qui veut me tuer ».

« C'est Chucky » lança Moran dans un élan d'humour.

« Non, elle s'appelait Brian » rétorqua Sherlock, « mais ça n'a plus aucune importance, elle est loin maintenant. »

Puis Sherlock se rendit compte que Moran était en face de lui.

Une tonne d'informations s'écroula alors dans son esprit, esprit qui était déjà bien encombré. Il se rendit compte que Moriarty n'était pas une hallucination, que Sebastian était un nouvel ennemi, bien réel, mais que John restait à côté de lui s'en s'inquiéter, alors ils devaient se connaitre, et enfin que « Sebby » devait avoir caché sa vraie identité, qui était le bras droit de Jim.

« Voici Sebastian Moran » présenta John, « il m'aide pour l'enquête. »

Sherlock allait répliquer que John avait intérêt à mieux choisir ses collaborateurs et tout lui balancer à la figure quand il se reçu une énorme claque qui s'entendit jusqu'à l'autre bout de l'entrée.

« C'est vous ! » vociféra Ojoo-Blue-Son, « Vous qui m'avez menacé ce matin ! »

John n'apprécia absolument pas qu'on s'en prenne à Sherlock. C'est vrai que parfois, il mourait d'envie d'en mettre une au brun, mais là Sherlock était malade, et ce n'était sûrement pas cette mégère aux cheveux improbables qui allait empirer son état.

Il se mit entre elle et Sherlock et dit d'un ton très bas mais en la fixant d'un air terrible :

« Vous le retouchez ne serait-ce qu'une fois, une fois, et… »

« John, » intervint Sebastian en levant les mains en signe de paix, « nous n'avons pas de temps à perdre. Il faut retrouver Ely. »

John approuva, et fourra un plan de l'hôtel dans les mains de Sherlock qui se frottait toujours la joue, l'air ahuri.

« Seb, allez dehors et voyez si il y a eu des sorties ou des entrées de voitures, Sherlock, va voir dans tous les endroits communs, quand à moi, je vais prévenir Mme Shell ».

« Et nous ? »Réclamèrent Ojoo et le blond aux mèches orange.

Mais les trois étaient déjà partis, l'un courant, l'autre se précipitant, le dernier trébuchant mais qui rayonnait, et Ojoo et le jeune restèrent seuls, entourés de clients curieux qui les interrogeaient du regard.

« Mycroft est décidément complètement atteint » pensa Jim.

Dans sa chambre numéro 666, il observait sur son portable (à travers les caméras que Sebby avait déposé dans la chambre d'Holmes juste avant de rejoindre Watson) Mycroft avoir apparemment un plaisir presque sexuel à manger un gâteau strié de rouge, de bleu, de jaune et de vert.

Au départ, Jim s'était consacré seulement sur la conversation qu'avait Mycroft avec son hôte, mais elle n'avait aucun sens. Les mots « Daleks » et « TARDIS » devaient être des codes, parce que Jim ne les avaient jamais entendus auparavant, et le nom « Docteur » était répété inlassablement, sans qu'ils parlèrent de maladies, d'hôpital ou même de blessures.

Il entendit des phrases sûrement codées d'un bout à l'autre, car personne ne pouvait donner de sens raisonnable à « Le docteur doit mourir, mais quand il ressuscitera, il ne faudra pas tout de suite un nouveau visage » ou « Les Daleks emprisonnant le TARDIS ? Quelle idée merveilleuse ! » ou « Un autre docteur, à moitié humain ? La confrontation risque d'être mémorable ! » Jim supposa qu'ils parlaient d'un agent, qui peut-être devait disparaitre puis refaire surface avec une autre identité, mais quelle était cette histoire d'être à moitié humains ? Okay, Sebastian lui avait souvent dit qu'il n'était absolument pas humain, mais à moitié ? Cela signifiait-il quelque chose d'un niveau psychologique ou le docteur serait à moitié robot ?

Puis il vit avec les images que Mycroft s'amusait comme un fou, éclatant souvent de rire, comme si cette opération avec le docteur était une énorme plaisanterie, et là il mangeait une pâtisserie avec une délectation inattendue. Jim se renversa contre le dossier de sa chaise : oui, Mycroft Holmes avait un problème. Il récupèrerait des informations médicales sur son cas, mais plus tard.

Là, il voulait Sebastian.

Il se leva et regarda par la fenêtre : il semblait avoir de l'agitation dehors. Il soupira. Voilà, il se l'avouait, il ne s'ennuyait pas tout court, il s'ennuyait de Moran.

Il avait toujours été attiré par lui, dès la première fois où il s'était vu. Mais il n'en avait pas fait part au colonel parce qu'il le respectait, et il ne couchait pas avec ceux qu'il respectait (même s'ils étaient rares).

Au fur et à mesure, il faisait de plus en plus attention à Seb il l'envoyait moins sur des missions lointaines pour l'avoir plus près de lui à discuter, ou alors ils partaient ensemble et devisaient pendant le trajet. Il écoutait son avis, ne le mettait plus du tout en doute, allait jusqu'à rire avec lui et même acceptait quelques insultes du colonel, du genre « Allez vous faire foutre, vous poserez cette bombe dans ce réacteur nucléaire vous-même » ou « Bien sûr, je vous mettrais aussi un tigre du Bengale affamé devant vous la prochaine fois, on verra si vous arriverez à l'heure à notre rendez-vous » ou encore « Jim, je ne suis pas votre pion, et non, je n'irais pas sur votre foutu échiquier géant pour aller tuer la reine en otage. »

Jim se dit que cette dernière réflexion venait de son imagination.

Enfin, il y a un mois, alors que les deux hommes étaient en Russie, planqués dans une cabane en bois en pleine cambrousse sous une tempête de neige, attendant un traine-patin sensé leur apporter des informations capitales sur les services secrets de Moscou, Sebastian avait dit :

« Jim, je sais que je dois surveiller jours et nuits l'arrivée de notre informateur, mais j'ai enchainé dix-sept nuits blanches. Tu pourrais me relayer une après-midi ? »

Ah oui, déjà à ce moment-là ils se tutoyaient. Jim n'avait jamais accepté que quelqu'un d'autre le fasse sans autorisation.

« Je suis le cerveau, toi, tu surveilles » répondit Jim distraitement.

Seb l'avait alors attrapé par le bras (sans lui faire mal) et l'avait obligé à le regarder.

« S'il te plait. »

Moriarty se rendit compte que Moran était au bord de la rupture, physiquement et mentalement, et qu'il allait s'évanouir d'un moment à l'autre. Il hocha la tête, et le roux s'allongea sur le matelas et s'endormit immédiatement.

Jim ne le lâcha pas des yeux jusqu'à ce qu'il se réveille, c'est-à-dire 12 heures plus tard. Il était fasciné par le colonel, cet homme qui réussissait à être son ami comme Watson l'était au début avec Sherlock.

A la pensée de Sherlock, Jim se demanda si, comme lui, le détective ressentait un besoin permanent d'avoir à ses côté l'homme qu'il aimait.

Attendez, qu'il aimait ? Jim s'énerva d'un coup. Il n'aimait pas Moran, l'amour c'était pour les gens normaux, c'est-à-dire idiots !

Il fallait qu'il oubli cette idée, et qu'il se concentre sur le moyen d'attirer Moran dans son lit sans se faire flinguer.

Il s'entreprit de se déshabiller (là, aucun rapport avec ses pensées perverses, il avait juste très chaud) puis il emprunta l'ordi de Sebby et chercha ce que le mot « Dalek » voulait dire.

Sherlock courait d'un bout à l'autre de l'hôtel, mais pas pour retrouver Ely, juste parce qu'il était poursuivi par une armée de lilliputiens qui voulaient sa peau. A un moment il se retrouva au bar, et il commanda un Manhattan, parce que pour une raison qu'il ignorait, ses attaquants détestaient les cocktails.

Ainsi, devant une centaine de personnes (qui l'observaient déjà à la dérobée, curieux de cet homme en sueur qui titubait) il se renversa la moitié du verre sur la tête, et envoya le reste sur le parquais.

Les lilliputiens disparurent, et Sherlock en fut soulagé, mais il était maintenant dévisagé par toute la salle. Puis les gens ne purent s'empêcher d'éclater de rire en même temps.

C'en était trop, en plus la chaleur était revenue, alors Sherlock s'entreprit d'enlever sa chemise, mais s'évanoui avant de terminer son entreprise.

Dans un demi-sommeil, il entendit la voix de John : « Non, ce n'est pas un homme ivre débraillé, c'est…Bon, laissez tomber, Sebastian, aidez-moi, on va le porter là-haut… »

John passait une main dans les cheveux de Sherlock. Assis sur le lit de leur chambre, il lui caressait le visage d'un air inquiet.

« Je ne savais pas que vous étiez aussi proches, avec Sherlock Holmes » dit Sebastian, ce qui était faux. Il se souvenait parfaitement du jour où Jim avait sortit trois bouteilles de champagne lorsqu'il avait appris que les deux sortaient ensemble.

« Vous n'avez personne dans votre vie, je veux dire, amoureusement ? » demanda John.

« Non. Il n'y a que moi. » Sébastian eu soudain une envie de se confier. « Et mon patron. Mais par rapport à lui, Sherlock est un saint. »

« Vous l'aimez ? »

Sebastian rougit devant cette question si directe, d'abord parce qu'il ne s'attendait pas à ce que John la pose (d'ailleurs, il ne s'attendait pas non plus à ce qu'ils deviennent si proches en une après-midi) et aussi parce qu'il était un peu en colère.

« Bien sûr que non ! C'est mon patron, et il est horrible, sadique, ce n'est pas quelqu'un à fréquenter si on tient à la vie ! »

« Mais vous le fréquentez » insista John. Il fixait désormais Moran. « Je ne veux pas me mêler de vos affaires » ajouta-t-il, « mais vous avez l'air d'être quelqu'un de bien. Peut-être que votre patron ne l'est pas, mais toutes les unions sont possibles. Regardez-moi avec Sherlock. Je ne pensais pas qu'il s'intéresserait à moi. C'était faux. »

« Mais Sherlock n'est pas...Lui. »

« John » dit alors Sherlock.

Le brun était allongé, et deux têtes apparurent dans son champ de vision. Moran eu un doute énorme : est-ce que Sherlock allait le griller ? D'après Jim, c'était peu probable, mais on ne savait jamais. Sherlock se redressa et déclara :

« John, je ne me sens vraiment pas bien. Mes hallucinations ont repris, et cette chaleur m'étouffe. Il faut au plus vite terminer cette affaire. »

« Tu as un plan ? »

« On va ne plus rien faire de la journée, et attendre le soir. On va rechercher ce kidnappeur cette nuit. Qui que ce soit, il a besoin de bouger, à un moment ou à un autre. Son mode de vie n'est pas celui des clients ou des employés, sinon on l'on remarquerait la journée et les enlèvements seraient plus difficiles, je crois qu'il se cache le jour, enlève des personnes avec un moyen efficace sans se faire voir, et il est probable qu'il sorte la nuit.»

Sebastian eu une illumination.

« Et soit on tombe sur lui, soit on le prend par surprise. »

« Exactement. »

Sherlock ne le grillait pas, Jim avait raison. Mais il décida quand même de s'éclipser : Sherlock allait peut-être dévoiler son identité à John pendant qu'il ne serait pas là, mais il voulait vérifier ce que foutais Jim, si il n'avait pas fait de bêtises.

« On se rejoint vers une heure du matin » dit-il.

Il sortit, laissant John et Sherlock seuls.

Lorsqu'il ouvrit la porte d'entrée 666, il trouva Jim complètement nu, derrière son ordinateur.

« Tiens, Seb. Alors, comment avance l'enquête ? »

« Tu es nu. »

« Oui, il fait chaud. » Jim leva la tête, et vit avec plaisir que Seb rougissait et regardait ailleurs, ce qui n'aurait pas été le cas s'il n'était pas attiré par lui. Parfait. Il déclencherait bientôt le plan « mettons Moran dans mon lit. » « Dit, tu crois aux alien ? »

« Aux quoi ? »

« Les extraterrestres. J'ai l'impression que Mycroft Holmes en a un et l'utilise. »

« Ca m'étonnerait » répondit Seb, le regard toujours au mur.

« Moi aussi. Mais pourtant il a l'air d'avoir toute sa tête. Et son gorille qui l'accompagne, là, tu en penses quoi ? »

« Son garde du corps qu'on a vu tout à l'heure ? Un professionnel, aucun doute là-dessus. »

« Je vois. » Dit Jim, tandis que Moran ne voyait pas du tout.

Puis le brun se mit à parler tout seul de gâteaux multicolores.

« Je vais chercher une bière » lança Sebastian.

Pour se rafraichir, parce que la température avait encore augmentée, parce qu'il en avait besoin, et parce qu'il voulait partir le plus loin possible de ce fou furieux hyper sexy.