Scotland Yard battait de son plein. Dans les principaux bureaux de la police britannique, les gens s'agitaient, ordonnaient et parfois paniquaient. La routine de la justice et de l'autorité. Les policiers s'affalaient sur les dossiers de vols, de trafics de drogues. Beaucoup buvaient encore leurs troisièmes verres de café, pas le temps ni le moment pour le "tea time". On pouvait voir certains agents tapaient aussi vite qu'une simple secrétaire, le rapport de leur journée. On se bousculait, on se dépêchait.

Greg Lestrade avait, cependant, le temps de se reposer. Son grade ne l'obligeait plus à se poser sur une affaire mineure mais seulement sur de grandes et graves affaires comme les meurtres, enlèvements ou terrorismes.

Il savait que Sherlock allait venir dans quelques minutes et, pour la première fois depuis bien longtemps, il espérait montrer ces compétences au jeune homme endeuillé. Certes, il espérait que la mort de Mycroft avait dépourvu des capacités du consultant mais chassa vivement ce mal. Dans le fond, il ne souhaitait que le retour à la normale. Il devait bien se l'avouer, la mort d'un homme comme Mycroft affectait de nombreuses personnes qui le connaissaient. Déjà, le Diogène Club, qui avait été mis au courant il-ne-savait-comment, lui avait écrit un E-mail, souhaitant connaitre les raisons de la mort et savoir si ils ( Scotland Yard ) s'étaient bien occupés du corps de Mycroft Holmes. Même un E-mail des services secrets le rappelèrent de garder le secret à propos de l'affaire que l'homme politique s'était chargé. Ajouter aussi que le gouvernement avait mis sa patte dans ce deuil.

Le lieutenant ignorait comment en quelques heures, pratiquement toutes les fréquentations de Mycroft avait mis au courant. Il connaissait bien le frère de Mycroft qui autrefois lui avait demandé de rester négligent avec son cadet et de ne pas "l'abandonner". Il avait été surpris par les demandes très discrètes du grand Holmes et pourtant il était resté fidèle à cet homme.

Une main frappa à sa porte prouvant que ce n'était pas Sherlock. La sergent entra après qu'il donnait l d'entrer. Quand il aperçut la femme policière, il soupira.

"- Que voulez vous, Sally...ce n'est pas le moment.

- C'est à propos de Sherlock."

A ces mots, Greg leva les yeux au ciel. La femme à la peau matte s'avança de telle sorte qu'elle cachait l'entrée de la porte restée ouverte.

"- Vous allez me faire devenir fou à force de parler toujours de lui...Qu'y -a-t-il ?

- J'ai beaucoup réfléchi sur la mort de son ainé, commença-t-elle, et je pense que cette affaire ne doit pas s'oublier.

- Ou voulez vous en venir ?" Demanda Lestrade qui eut l'impression d'avoir déjà vu cette scène quelques années auparavant.

"- J'ai entendu dire que Sherlock ne s'entendait pas bien avec son frère et en plus on en a jamais entendu parler, enfin sauf vous; mais dans les journaux, dans son blog, ou ailleurs, jamais on en entends parler de son frère.

- John l'a pourtant bien mentionné...défendit-il.

- Oui, mais entre eux, c'était pas l'amour qui régnait. Que savons nous de la mort de M. Holmes ? rien. Il a été tiré d'une balle près du coeur...et personne n'a pas pu le sauver alors que Sherlock aurait pu appeler une ambulance avant que john le fasse. Comment savait-il que son frère se trouver dans cette entrepot ? Comment a-t-il pu recevoir une balle alors qu'il avait capable de tuer les deux tireurs ? Personne n'a vu celui qui a tiré...

- Sally, il a été bien clair que Mycroft Holmes a été tué par l'arme d'un des deux mutilés !

- Qui nous dit que ce n'est pas par la main de quelqu'un d'autre d'assez malin pour le faire ?

- Où voulez vous en venir, lâcha le lieutenant bien qu'il connaissait très bien le cheminement des pensées de sa collègue.

- Non, mais vous le faites exprès ? Vous le savez très bien !

- ah oui ? Comme la dernière fois où vous avez dit qu'il était un escroc ? Se fâcha-t-il, votre...supposition ne tourne pas rond !

- Et que ferait un homme comme dans un entrepôt abandonné ! Un trafic de drogues ?

- Vous avez bien vu les dossiers en possession des deux autres, il a surement voulu...défendre son frère !

- Comment pouvaient-ils avoir ces informations ultra-secrètes de Sherlock Holmes ? Insista encore et encore Sally, il les a peut-être donné et ainsi il se fait prendre pour une victime ! Et pourquoi était-il venu tout seul ? Pourquoi n'a-t-il pas envoyé des hommes de la police ou des services secrets ? Il était assez bien notable pour cela !

- Sally, ça ne peut se tenir debout...La première fois, c'est pensable...mais la deuxième..."

La sergent tourna la tête plusieurs fois exprimant son exaspération.

"- Sherlock est assez intelligent pour utiliser cette méthode, il peut penser que comme on a pensé ainsi lors de l'affaire de James Moriarty, il utilise "cette technique" pour son intérêt. On ne sait pas ce qu'il pense.

- Très bien, dites le ! Dites que Sherlock a tué son frère ainé, Mycroft Holmes, si c'est ça que vous voulez ! "

Soudain, ils entendirent un bruit derrière Sally. Elle se retourna et Greg se leva. La porte ouverte leur montra alors la silhouette d'un homme qui s'éloignait, au long manteau bien coupé, avec des cheveux sombres et bouclées qui s'agitaient doucement à chaque pas, les mains enfoncés dans les poches. Qui disparut ensuite derrière des portes.

"- Vous pensez toujours que Sherlock aie pu tuer son propre frère ? Lança le policier d'une froideur innabituelle.

Sally se racla la gorge mais ne répondit pas.

"- Il va falloir, Sergent Donovan, à connaitre et à apprécier Sherlock Holmes, pas en tant que détective, non, mais en tant qu'humain. Il a beau être un pauvre arrogant, il reste néanmoins un homme. Apprenez à mieux le juger et peut-être qu'un jour, vous arrêterez de le prendre pour un...taré et un psychopathe."

Elle s'apprêta à parler mais d'un geste de la main, son supérieur l'en empêcha.

"- Je crois que vous en avez trop dit, Sergent, il vaut mieux que vous retourniez à votre poste et que vous cessez de tourner autour du cas de Sherlock...que je vais moi-même m'en occuper.

- Très bien, se résigna-t-elle.

Elle sortit du bureau, la tête baissée comme un petit chien la queue entre les jambes. Suivi peu après de Lestrade qui espéra trouver Sherlock encore à Scotland Yard.

Il prit le même chemin qu'avait suivi la silhouette du détective quelques minutes plus tôt. Il demanda même à d'autres agents s'ils n'avaient pas aperçu l'homme aux cheveux bouclés. Beaucoup lui répondirent alors qu'il avait pris refuge dans une salle d'attente car il avait prétexté avoir besoins d'un endroit calme.