Heyou! =D
Je suis vraiment désolée pour cette longue absence... et je ne peux pas vous promettre que je posterai tout bientôt la suite. Mais je vous dis merci pour votre patience et pour les reviews qui font toujours super chaud au cœur! [Merci particulièrement à LN, Lalouisablack, Bellablack et bien sûr à ma Gin !!]
J'espère que vous apprécierez ce loooong chapitre.
Gros bisousss
Chapitre 4 – Le début de la fin
Alphard avait laissé comme un vide en moi… bon c'est vrai, désormais le coffre portant le numéro sept cents onze m'appartenait, et il était loin d'être vide. Mais mon oncle avait été un modèle pour moi, le père que j'aurais préféré avoir. Je m'aperçus que Narcissa, elle, eut rapidement fait d'oublier la mort d'Alphard et de passer à autre chose. Quoique, elle n'avait pas vraiment de vie à proprement parler lorsque Malefoy était dans les parages. Il se montrait de plus en plus possessif avec elle, si c'était possible de l'être encore plus qu'avant. Dorénavant, il se méfiait même de Severus. Je sentais que malgré mon lien de parenté avec ma cousine, Lucius doutait de moi aussi. Ce qui me paraissait absurde et tordu, mais bon, qui sait ce qui habite un esprit aussi malsain que celui d'un Malefoy… et après tout, mes parents étaient bien cousins avant de s'unir. Peut-être croyait-il que c'était dans les mœurs de tous les Black.
Je n'avais toujours pas oublié que je voulais des informations sur Evie Jordan, et j'entrepris de les obtenir ce jour là en m'adressant à la meilleure des garces… ou devrais-je dire des gazettes.
-Flint, je peux te parler en privé, demandai-je en me postant devant la jeune fille de serpentard.
-Mais bien sûr Black, répondit la blonde tout en me jugeant de son regard aguicheur.
Je sortis de la salle commune et entrai dans une classe vide. Elle entra à ma suite, refermant la porte derrière elle.
Lorsqu'elle se retourna, je la plaquai brusquement contre le mur de pierres froides et l'embrassai avec force. Elle cligna des yeux, déboussolée et finit par répondre fiévreusement au baiser. Je fis se balader mes mains dans son dos, puis passai une des deux sous son chemisier. Elle étouffa un cri de surprise lorsque ma main se fit plus aventureuse. Je me mis à effleurer son cou de mes lèvres, déposant de petits baisers. Elle bascula la tête en arrière, en gémissant mon prénom et là, alors qu'elle était déjà totalement à ma merci, je la lâchai, et ressortis par la porte.
Je marchai tranquillement jusqu'à la salle commune, sans presser le pas et remis ma cravate en place. Alors que je m'engageais par l'ouverture du tableau en passant une main dans mes cheveux, j'entendis un « Black ! » strident et mes épaules tressautèrent d'un fou-rire mal dissimulé. Je m'assis à côté de Narcissa, qui me regarda avec réprobation sur le canapé près du feu. Deux minutes plus tard, une jeune fille blonde, les joues rosies d'indignation vint se planter devant moi.
-Qu'est-ce que tu veux, espèce d'enfoiré ? grogna-t-elle, féroce.
-Des informations, souris-je, victorieux.
Elle me fusilla du regard.
-Très bien, hurla-t-elle avant de monter dans son dortoir, claquer la porte et… finir quelque chose toute seule, peut-être.
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Je ne sais pas bien pourquoi, mais dès que je me trouvais en présence de Lily Evans, je ressentais une sorte de malaise. Parce qu'elle détenait le pouvoir de me faire couler à tout instant… ou alors était-ce ses yeux verts qui me troublaient… je choisis la première option, refusant de penser à la deuxième qui était complètement absurde.
Un jour là justement, je la croisai, alors que j'étais en l'éternelle compagnie de Severus et Narcissa. Elle me fit un signe de la tête, accompagné d'un petit sourire, tandis que son amie, Andrea Bell me lançait un regard meurtrier, comme prête à me sauter dessus tel un chien enragé. Quel contraste…
Je me contentai d'afficher un petit sourire, un peu crispé et de passer mon chemin.
-T'as toujours pas oublié ce pari apparemment, constata Rogue en grommelant, comme à son habitude.
Décidément il était devenu très observateur…
-Un problème avec ça ? attaquai-je.
Il me jaugea du regard et secoua la tête.
-Et tu n'as rien à y gagner, à part une partie de jambes en l'air ? essaya de comprendre ma cousine.
-C'est plus que ça, dis-je hésitant, Je veux me prouver que je peux le faire.
-Franchement ? Je vais m'inquiéter, si t'as rien de mieux à faire que « te prouver » que tu peux avoir Evans dans ton lit, m'informa Narcissa mi-rieuse, mi-sérieuse.
J'haussai les épaules. Après tout ça me regardait… même si elle n'avait pas tort, moi-même je ne comprenais pas vraiment. Pourquoi faire durer ce pari si longtemps ? En temps normal j'avais ce que je voulais, voilà pourquoi. Et j'avais envie d'en finir.
-C'est quand la prochain soirée de Slughorn ? demandai-je à Severus, un sourire malicieux sur les lèvres.
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Le lendemain soir, je me retrouvai assis face à Ellen Flint, dans la bibliothèque.
-Alors ? demanda la fille tout en me fusillant du regard.
Elle n'avait toujours pas digéré mon attitude de l'autre jour.
-Evie Jordan, dis-je en observant sa réaction.
-Quoi ? Ce déchet ! s'exclama Ellen Flint avec horreur, Ne me dis pas que tu t'intéresses à elle, tu baisserais dans mon estime Black.
-Je ne pensais pas que j'y tenais une si haute place, répliquai-je, Si tu n'as rien à me dire, je peux aussi bien aller demander à quelqu'un d'autre, dis-je en faisant mine de me relever.
-Non ! s'écria-t-elle par impulsion, Je veux dire… non, reprit-elle plus doucement.
Quelques têtes s'étaient tournées vers nous et la bibliothécaire semblait sur le point de fondre sur nous.
-Bien, fis-je simplement.
-Hum, fit Flint en réfléchissant un instant, Elisabeth Jordan, dite Evie, élève de cinquième année à Poufsouffle. C'est une sang-mêlé et elle est aussi stupide que ses parents étaient stupides. Son père complètement bornés, et sa mère était… moldue, fit-elle en crachant presque le dernier mot.
-Etaient ? notai-je.
-Ils sont morts l'été dernier. Le père était actif dans la lutte contre le seigneur des ténèbres, un auror peu réputé. Alors des mangemorts ont attaqué leur maison un soir. La mère et le frère qui était en deuxième année ont été rapidement éliminés par un Avada Kedavra.
J'hochai la tête, enregistrant les choses à fur et à mesure.
-Le père, lui, a été torturé et tué sous les yeux de Jordan, et ils avaient commencé à s'occuper d'elle, quand des aurors sont arrivés et ont fait fuir les mangemorts qui étaient en nombre inférieur.
-Je vois, fis-je en déglutissant.
Charmante histoire…
-Et depuis cet été, elle est dans l'incapacité de parler. Les mangemorts lui ont lancé un sort de magie noire dérivé du silencio. Et personne ne le connait, et n'a donc été capable de lui jeter le contre-sort. Depuis la pauvre petite doit se contenter de sorts informulés, ricana Flint.
Je gardai mon visage neutre, alors qu'à l'intérieur, ça cogitait ferme. Je comprenais mieux sa manie à chercher la mort… la noyade, la tour d'astronomie, les mutilations…
-Sa meilleure amie est la sœur de James Potter, Constance, et elle est sortie avec un certain Léonard Weasley pendant trois ans. Depuis cet été elle a la réputation de se rendre invisible aux autres et s'est renfermée sur elle-même, et certaines personnes disent qu'elle est anorexique et suicidaire… Les mangemorts auraient vraiment dû achever leur travail, ils nous ont laissé là un vrai mort-vivant moi je te dis. Elle a beau être vivante, à l'intérieur, c'est complètement mort. Ça te suffit ou tu veux encore savoir autre chose ?
Je secouai la tête. Cette fille m'étonnerait toujours par ses connaissances de chaque individu de ce château.
-C'est bon.
-Tu comptes te la taper ? Bonne chance, fit Flint avec un sourire sarcastique.
-Je n'y pensais même pas.
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Je tendis le bras et fis taire mon réveil. Quel con, on était samedi. Un bras chaud se colla à moi et entoura ma taille.
-Qu'est-ce que tu fais ? grognai-je à la blondasse qui avait élu domicile dans mon lit.
-Je t'embrasse, dit-elle en joignant le geste aux paroles.
Trop endormi pour comprendre quoi que ce soit, je ne la repoussai pas brutalement. Elle me sourit, charmeuse et fit tomber la couverture à terre, laissant son corps dénudé à quelques centimètres du mien. Je clignai des yeux et soupirai.
-Rentre dans ton dortoir, Ellen, dis-je d'un ton dénué d'émotion avant de me rendre dans la salle de bain.
Je fis couler l'eau froide sur ma peau nue, pour me réveiller, pendant un petit moment. Ensuite je ressortis, une serviette enroulée autour de ma taille.
-Flint, je t'avais dis de te casser non ? chuchotai-je à la jeune fille sans pudeur, pour ne pas réveiller mes colocataires.
-Je n'avais pas envie d'obéir, dit-elle, un sourire coquin sur les lèvres.
Je ramassai ses habits et les lui balançai à la figure.
-Rhabille-toi, tu es ridicule, dis-je.
-C'est quoi tout ce bruit ? grogna Edward en sortant sa tête de ses rideaux, Oh, fit-il en posant ses yeux écarquillés sur le corps dénudé de la jeune fille. Sirius, tu ne pourrais pas éviter de nous présenter tes filles quand elles sont à poil?
Je lui fis un sourire d'excuse et il se laissa retomber sur son lit. Avant de se rendormir, il grogna un « en plus on a un entrainement de quidditch cet après-midi ». Sacré Wilkes.
Je sentis deux bras m'enlacer de derrière.
-On se voit tout à l'heure Sirius, dit la jeune blonde.
Je secouai la tête.
-Flint, dis-je durement, je n'ai fait qu'accomplir ma partie du marché. Cette nuit c'était très sympa, mais ça ne signifiait rien.
-Je sais, affirma l'autre en m'embrassant dans le cou.
Elle me lâcha ensuite et s'en alla tranquillement. Je roulai des yeux. Ce n'était pas le lendemain que je redemanderais un service à cette folle.
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Un soir de la semaine suivante, je me rendis pour la seconde fois de l'année à une réunion de Slughorn. Un exploit en soi. Severus m'accompagnait avec réticence lorsque j'entrai avec une fausse assurance dans l'antre du mon directeur de maison. Pour l'occasion, il l'avait transformée en salle de réception pour ses invités qu'il qualifiait de grande importance. En parcourant la pièce du regard, j'étudiai les élèves présents, jusqu'à la trouver, elle. J'avançai directement en sa direction, ne voulant pas passer par quatre chemins, mais fus stoppé dans mon élan par notre adorable morse…
- Monsieur Black ! s'exclama presque théâtralement le professeur à la moustache étrange, C'est un plaisir de vous revoir ici, vous qui n'avez d'ordinaire pas beaucoup de temps à nous consacrer.
Il avait la manie de parler au pluriel, comme si tout le monde partageait forcément son avis. Je forçai mes lèvres à s'étirer d'un sourire poli. C'était vrai qu'il semblait toujours en représentation.
-C'est que je me rends compte, maintenant, de ce que j'avais raté Monsieur, dis-je.
Slughorn en fut tout flatté et me rendit mon sourire.
-J'espère que vous profiterez de l'ambiance chaleureuse qui se dégage ici, dit-il, Et que cette fois-ci ne vous enfuirez pas avant que j'aie pu vous introduire à certains de mes amis.
-Bien sûr, dis-je.
En ajoutant un « …rêve toujours » dans ma tête.
Il concentra son attention sur Severus qui était resté silencieux jusque là. Je sus que c'était mon signal de départ. Je fis un signe de tête à mon professeur et m'écartai, faisant mine de me diriger vers Narcissa et Lucius. Je m'approchais en réalité du siège où Evans était assise. Je me détournai au dernier moment, feignant de me servir un verre. Potter venait de s'assoir à côté de la belle rousse. De ma place, je pus facilement capter leur échange.
-Bonsoir Lily, tu es ravissante... commença l'imbécile aux lunettes.
Elle lui jeta un coup d'œil fatigué.
-Potter, salua-t-elle froidement en retour.
L'autre ne se laissa pas démonter pour autant.
-Tu ne trouves pas ces réunions ridicules ? demanda-t-il.
La jeune fille posa ses yeux verts sur lui, l'étonnement peint sur son visage.
-Si, avoua-t-elle franchement.
Vu à quel point elle semblait s'ennuyer, cela n'était pas étonnant.
-Franchement, je me demande ce que Slughorn a en tête… fit Potter.
Elle fronça les sourcils.
-Pour ? demanda-t-elle.
Vraisemblablement, le fait de s'adresser à son cher et tendre gryffondor lui faisait s'exprimer par des onomatopées.
-Je veux dire, fit Potter en passant une main dans ses cheveux, faisant grimacer la jeune fille, c'est complètement stupide de créer des soirées pour l'élite des élèves…
Evans semblait stupéfaite de ses paroles, comme si elle ne trouvait pas cela normal d'être en accord avec ce stupide joueur de quidditch.
-… s'il invite des Serpentards, continua le binoclard.
Le visage de la rousse se crispa. Ah, le désenchantement hein ? Je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire amusé.
-On sait bien qu'ils sont tous des mangemorts pourris de magie noire jusqu'à la moelle, je vois pas en quoi ils pourraient faire partie des meilleurs de l'école… enfin Lily, où est-ce que tu vas ? demanda-t-il comme surpris.
En effet, la jeune Gryffondor s'était levée, ses joues rosées par l'énervement. Elle semblait terriblement tentée de donner à Potter une claque en plus. Je devinai qu'elle n'allait pas se permettre de s'afficher ce soir-là.
-Tu n'es qu'un imbécile bourré de préjugés, et je n'ai aucune envie de t'entendre prononcer un seul mot de plus. C'est pourquoi je vais aller faire un tour ailleurs, en espérant que tu comprennes enfin le message et que t'arrêtes enfin de me coller aux basques ! siffla-t-elle sans toutefois élever la voix.
Potter était devenu pâle et son sourire avait disparu, son visage fermé. Il ne répondit rien. Celle qui venait de lui asséner ses quatre vérités secoua la tête et tourna les talons. Elle s'approcha du professeur Slughorn. Je sortis discrètement de la salle et m'appuyai au mur du couloir.
La porte s'ouvrit quelques minutes plus tard, sur une Lily Evans pestant.
-Bonsoir, dis-je, la faisant sursauter.
-Black, dit-elle, t'as faillis me faire peur, fit-elle en posant une main sur son cœur.
-Faillis seulement ? demandai-je en souriant.
Elle leva les yeux au ciel et passa devant moi :
-Bonne soirée Black, asséna-t-elle pour clore notre échange.
Je me mis pourtant à marcher à côté d'elle.
-Quoi ? fit-elle sans même poser son regard sur moi, ce qui m'irrita quelque peu.
-J'ai entendu ta conversation avec Potter, dis-je sans tourner autour du pot.
La jeune fille me jeta un regard de biais, peut-être effrayée de savoir qu'elle marchait dans les couloirs du château déserts en la seule compagnie d'un Serpentard… et pas le meilleur.
-Tu m'espionnais ? demanda-t-elle amusée.
-Pourquoi avoir défendu les serpentards ? répliquai-je, curieux de connaitre la réponse.
C'était quelque chose de peu commun de la part d'un Gryffondor. La rousse parut un peu gênée.
-Je ne sais pas, avoua-t-elle.
-Parce que c'est le binoclard ébouriffé qui nous dénigrait ? fis-je en souriant mesquinement.
-Non, réfuta Evans, en hésitant à continuer, Je trouve juste… je crois que je suis plutôt bien placée pour savoir que les idées reçues ne sont pas forcément vraies. Je veux dire… mes parents sont moldus, et le nombre de fois où j'ai été traitée de sang de bourbe par tes petits copains, depuis le temps j'ai bien fait réaliser qu'ils se basent sur des stupidités. Mais je pense que ce n'est pas seulement dans ce sens-là. J'aime à espérer que tous les Serpentards n'aspirent pas à devenir des mages noirs.
-Parce que si s'était bien leur ambition à tous, ça te ferait peur n'est-ce pas ?
-Je trouverais simplement ça triste…
J'haussai les épaules. Je ne voyais pas en quoi ça pouvait être triste mais bon… elle avait tout l'air d'une fille sentimentale. Je préférai la laisser dans ses illusions.
-Alors, toujours ce pari ? demanda-t-elle malicieusement.
-Non, non, mentis-je.
-Alors tu m'expliques pourquoi tu me suis ? demanda-t-elle exaspérée.
-Pas de bonne humeur? fis-je mesquinement.
-Potter me tape sur les nerfs, soupira-t-elle, sans se rendre compte qu'elle était celle qui avait ramené le sujet « Gryffondor éperdu » sur le tapis.
-Il s'accroche à toi on dirait, observai-je en me retenant de rire.
-Ne m'en parle pas… grogna-t-elle.
Nous avions déjà bien entamé la distance qui nous séparait de la tour Gryffondor. Je grimaçai en pensant que je devrai refaire tout le chemin inverse…
-Bon Black, ce n'est pas que je n'apprécie pas ta compagnie, mais si tu pouvais éviter de me coller comme un chien, ça serait sympa.
Encore cette comparaison avec un chien… j'allais commencer à me faire des idées.
-Tu apprécies ma compagnie, relevai-je avec un sourire en coin.
-Tu transformes tous mes propos, grinça-t-elle.
-J'adore t'énerver, dis-je.
-Je n'adore pas être énervée, répliqua-t-elle.
-Pourtant ça te rend vachement sexy, lâchai-je.
Elle écarquilla les yeux verts et me regardait comme si deux jambes m'avaient poussé à la place des oreilles. Et puis, étonnamment, elle éclata de rire.
-T'es vraiment… fit-elle sans terminer sa phrase.
-Drôle ? Beau ? Talentueux ? Tout ça à la fois ? suggérai-je.
-Non, modeste, ricana-t-elle.
-Oui, aussi, dis-je innocemment.
Elle secoua la tête, n'en revenant pas de rire avec moi.
Nous étions arrivés devant le portrait d'une grosse femme. Arrivés à destination, apparemment.
-Bon, eh bien… bonne nuit Black, fit Evans.
-Merci Lily-jolie, répondis-je avec un sourire malicieux en coin.
C'était le surnom que Potter s'acharnait à lancer à tout va à sa dulcinée. Cependant, au lieu de me coller une baffe bien sentie, la tigresse rousse me renvoya mon sourire elle se retourna pour donner le mot de passe au tableau, dissimulant par la même occasion ses joues rosées.
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Je trébuchai. Je n'arrivais pas à croire que je me trouvais là. Mais quel cinglé ce Rogue aussi…
-Active, Black, t'es lent, me lança justement le concerné, quelques mètres devant.
Plus vite, plus vite… facile à dire. Je n'étais pas habitué à parcourir la forêt interdite en pleine nuit sous ma forme humaine, moi.
Severus soupira et secoua la tête d'un air désolé. Il regrettait déjà d'avoir accepté que je vienne avec lui. Dès que j'avais appris qu'il comptait se payer une petite escapade nocturne en solitaire, je m'étais invité. Apparemment il cherchait un moyen pour me semer sur place… mais je n'y pouvais rien moi ! Il faisait tellement sombre que je voyais pas plus loin que le bout de mon pied, menaçant de se prendre dans une racine à chaque pas de plus et comme lancer un lumos était hors de question, sous peine d'attirer une quelconque créature de la forêt, pas moyen d'obtenir un peu de lumière.
Mes pensées furent brutalement stoppées par un choc frontal, me cognant contre quelque chose. Ce quelque chose siffla un « Fais pas de bruit », donc j'en conclu que ça devait tout simplement être mon compagnon d'infortune. Il n'empêche, que je ne fis pas le malin et ne bougeai pas d'un poil. Mon œil fut attiré par la lune qui se dessinait bien ronde au dessus de nos têtes.
-Merde, soufflai-je pourquoi fallait-il qu'on sorte la nuit de pleine lune Severus ?
Il ne put s'empêcher de rire légèrement.
-T'es pas sérieux Sirius, se moqua-t-il.
-Tu fais des jeux de mots toi maintenant ? grinçai-je entre mes dents
-J'essaie juste de te faire taire, tête de nœud, répliqua-t-il.
-Merci. Tu veux camper ici ou on se bouge ? demandai-je, piqué au vif.
Il me toisa, ou du moins je crois – je n'y voyais rien – puis il fit volte face avant de se remettre en route. Une fois arrivé dans une petite clairière, qui était plus éclairée que les bois, Severus scruta les buissons sur notre droite.
-Qu'est-ce que tu cherches déjà ? m'informai-je en baillant, après quelques minutes à l'observer tourner en rond dans cette clairière.
-Du Sisymbre, répondit négligemment l'autre dans un grommèlement, sans s'arrêter dans sa recherche minutieuse.
-Ah… ok.
Je n'avais aucune idée de ce que pouvait être du … quoi déjà ? Bref de ce qu'il cherchait, alors je m'appuyai dos à un arbre et laissai mes pensées vagabonder en attendant qu'il trouve son trésor. Je n'avais jamais compris comment Severus pouvait trouver ça amusant de réaliser potions sur potions dans la petite salle annexe que le professeur Slughorn lui avait laissée à disposition… et surtout pourquoi il ne se contentait pas de se servir dans l'armoire à ingrédients dont il avait l'accès. Enfin…
J'entendis un petit cri de victoire, et regardai mon ami cueillir avec satisfaction des espèces de fleurs à l'aspect étrange. Il se releva, et marmonna pour lui-même:
-Maintenant, quelques sangsues et le compte est bon.
J'haussai un sourcil.
-C'est quoi la potion que tu veux préparer ?
Il me regarda, hésitant.
-Du polynectar. Tu le saurais si tu suivais un peu en cours, ajouta-t-il ensuite d'un air sombre.
Peut-être avais-je rêvé, mais j'eus comme l'impression qu'au moment même où il avait prononcé le nom de sa potion, il avait regretté aussitôt.
-Et tu veux prendre l'apparence de qui ? demandai-je, suspicieux.
-C'est pour le professeur Slughorn, c'est lui qui m'a demandé de la préparer, affirma-t-il rapidement avant de se diriger vers l'étang quelques mètres plus loin.
Soit il me cachait quelque chose, soit j'avais vraiment un problème de paranoïa. Il sortit sa baguette et lança un « accio » en direction de l'eau noire. Il avait à peine refermé sa boite pleine des charmantes petites bêtes, qu'un hurlement fendit le silence qui s'était posé. Mes yeux se portèrent dans la direction d'où provenait le cri animal.
-J'espère qu'il n'y a pas de loups-garous dans cette forêt, soufflai-je.
-Mais non, fit Severus en roulant des yeux avant de repartir par le chemin inverse.
Nous marchions depuis un moment en silence, lorsqu'un autre appel sauvage se fit entendre. Et bien plus distinct que le précédent. Je crispai ma main sur ma baguette. Je savais que je ne risquais pas grand-chose, étant animagus, mais non seulement je ne voulais pas me transformer devant Severus - c'était quelque chose que j'aurais préféré garder pour moi - mais en plus Rogue, lui, n'avait que sa baguette pour se défendre contre quel que soit cet animal à la voix puissante.
J'entendis des pas de course et des grognements au loin et retins ma respiration. Severus s'était crispé, je le sentis. Nos regards se croisèrent, et dans un accord silencieux nous nous mîmes à courir en étouffant des jurons. J'espérai qu'on se dirigeait vers Poudlard et pas dans la gueule de la bête. Les branches gênaient notre ascension, nous griffaient le visage et arrachaient nos habits. Severus stoppa brusquement et je lui rentrai dedans une seconde fois, sauf que celle-ci était bien plus violente et nous fûmes projetés tous deux à terre.
-Bordel mais qu'est-ce que tu fous, m'énervai-je.
-Désolé, grogna Rogue en se relevant, j'ai cru voir quelque chose là-bas.
Il me désigna de la main une direction, mais j'eus bien de la peine à distinguer quoi que ce soit à part du noir ou des troncs d'arbre. Il me tendit la main gauche pour m'aider à me relever, que je pris avec gratitude. C'était rare les contacts physiques avec lui, quels qu'ils soient, alors je ne m'étonnai pas qu'il reprenne sa main rapidement, comme si je l'avais brûlé. Nous reprîmes notre course jusqu'au château, et c'est avec soulagement que je vis enfin la lumière à travers les arbres devant nous. Ça ne signifiait qu'une seule chose. Je soupirai, mais à peine allais-je ouvrir la bouche pour parler, que je vis quelque chose bouger sur ma droite.
-Attention ! fis-je en poussant Severus vers l'avant, alors que la bête atterrissait durement sur moi.
Coincé entre le sol et deux yeux fous couleur ambre, je compris très rapidement que cet énorme loup gris était trop imposant pour être un simple loup sauvage. Je n'en avais jamais vu en vrai, mais je devinai sans peine ce à quoi j'avais affaire. Sa patte maintenait mon épaule gauche, m'empêchant tout mouvement, et ses griffes plantées profondément dans ma chair me donnèrent un haut le cœur. Il grogna, puis je vis sa mâchoire s'approcher dangereusement de ma gorge.
Je décidai qu'il était grand temps pour moi de me transformer…
Lorsque mes mains furent remplacées par des pattes, la bête s'immobilisa, ses dents empoisonnées à deux centimètres de ma veine jugulaire. Il eut un jappement et me regarda, déboussolé. J'en profitai pour retourner la situation, ignorant la douleur dans mon épaule. S'en suivit un combat, chacun voulait se retrouver sur l'autre, le dominer. Ça aurait pu être amusant, si le loup ne cherchait pas à s'échapper de ma prise pour aller dévorer mon ami. Je vis du coin de l'œil Severus qui se tenait là, planté comme un piquet. Mais quel imbécile ! Pourquoi ne fuyait-il pas ? Je lui lançai un aboiement, qui fut coupé par un coup de tête du loup qui m'assomma à moitié. Ma vue s'était troublée et mon corps menaçait de me lâcher.
Lorsque je ne vis plus des étoiles, je me rendis compte avec effroi que le loup était déjà loin et Severus essayait vainement de lui lancer des sorts qui semblaient ricocher sur la peau dure de l'animal. Severus, tombé à terre, pointa sa baguette vers la tête du monstre dans un dernier recours :
-Avada Kedavra !
Un cerf sauta sur le flanc du loup gris et tous deux roulèrent à terre. L'éclair vert leur passa juste au dessus de la tête.
Mon cerveau tenta vainement d'analyser le comportement de cet herbivore trop téméraire. Même si la situation était loin d'être normale, l'adrénaline dans mon sang m'empêcha de penser rationnellement. Je m'élançai donc sur le loup, tel un suicidaire, et essayai d'occuper son esprit. Le cerf se posta devant Severus et sembla lui présenter son flanc. Ce dernier comprit le message. Il se hissa sur le dos de l'animal qui bondit aussitôt en direction du château. Le loup, sentant sa proie s'échapper, devint furieux et m'arracha l'épaule qui ne ressemblait déjà plus à rien. Je vis trouble, me sentant mal et ne pus empêcher le garou de galoper vers son proche repas.
Manquant de perdre connaissance en jetant un coup d'œil à ma plaie, je me forçai à clopiner jusqu'au château. A travers mes yeux embrumés, je vis la porte du château s'ouvrir et se refermer. Le loup laissa ses marques de griffes sur la porte tandis que le cerf tentait de le pousser et l'éloigner. Au bout de quelques minutes, qui me parurent des heures, le loup furibond sembla se calmer et accepta de mettre de la distance entre cette porte et lui-même avec dépit. Il était complètement éreinté. De l'écume recouvrait son corps transpirant, ses yeux étaient tellement exorbités que le blanc en ressortait encore plus. Il avait un comportement bizarre. Il se détournait de temps en temps et mordait ses propres flancs de ses dents tranchantes.
Je me figeai lorsqu'ils passèrent à côté de moi, effrayé que l'odeur du sang attire le loup, même sous ma forme canine, et qu'il me saute dessus. Il ne sembla même pas m'apercevoir, tellement dépité d'avoir laissé s'échapper son diner et occupé à se punir.
Plus je me rapprochais du château, plus j'avais l'impression que le bâtiment pourtant bien encré sur ses briques s'amusait à s'éloigner de moi. J'arrivai devant les marches, en gravis une, jetai un regard derrière moi et vis une forme se faufiler à travers les branches de l'arbre cogneur avec agilité, ce même arbre s'immobiliser, puis le loup et le cerf disparaitre sous une racine. Je clignai des yeux, certain que la douleur me faisait délirer, puis me transformai. Le parc était redevenu calme. Seules ces longues marques sur le bois de la porte témoignaient de cette nuit terrifiante. Je serrai la mâchoire et n'osai pas jeter un coup d'œil à ma blessure. Ma main ne me répondait plus. J'ouvris la porte de mon autre main, puis refermai derrière moi. Severus était là. Pâle comme la mort, assis par terre, contre le mur.
-Black ! s'exclama-t-il horrifié en se relevant, le regard fixé sur mon épaule.
-Ce n'est rien, fis-je bien qu'aucun sourire ne parvint à se former sur mes lèvres, si ce n'est une grimace.
-Ne joue pas au héro, Sirius, grinça-t-il, Ça ne te va pas.
Le sorcier aux cheveux noirs pointa sa baguette sur mon épaule et je sentis avec dégout la plaie se refermer. C'était assez dégueulasse, la sensation… et non sans douleur. J'observai ma main et bougeai lentement mes doigts qui m'obéissaient à nouveau.
Il allait pointer ma tête de sa baguette, mais je le stoppai.
-Je m'occuperai du reste, t'en fais pas, dis-je peu enclin à le laisser manipuler mon visage avec sa baguette.
-Je crois que tu devrais quand même aller à l'infirmerie, grimaça-t-il.
-Je dois te rappeler qu'il est plus de deux heures du matin ? suggérai-je ironiquement.
Severus haussa les épaules. C'est là que la porte s'ouvrit. Mon cœur manqua un battement de surprise, mais au lieu de l'énorme monstre, se trouvait… James Potter et Peter Pettigrew ? Je plissai les yeux. Ils ne semblaient pas en excellent état, eux non-plus.
-Black ? fit Potter.
-Potter ? renvoyai-je en haussant un sourcil.
Les yeux de Severus s'ouvrirent pour former deux soucoupes.
-Ne me dites pas que… et Lupin… dit-il une moue de dégout sur le visage.
Potter sembla soudain perdre tous ses moyens et la panique se lut dans ses yeux, violente.
-Rogue si tu dis quoi que ce soit….
-Et bien ? demanda ledit Rogue, Vous devriez vous faire expulser ! Il a failli me tuer !
-Nous tuer, tu veux dire, rectifiai-je.
Les pièces du puzzle finissaient de s'assembler dans ma tête.
-C'est un loup-garou… murmurai-je abasourdi.
-Qui va là ? hurla une voix rauque.
XoxOxoxxxXOxoxXxxXOoxOxOX
-Je les ai trouvés devant la porte du parc, ces petits insolents. Et amochés comme ils le sont, ils n'ont pu que se battre entre eux, c'est inadmissible, si vous voulez mon avis Monsieur-le-directeur, fit le concierge, Nous devrions les soumettre à un châtiment adéquat. Que diriez-vous de…
-Deux mois de retenues ? proposa sagement l'homme à la longue barbe blanche parsemée de mèches brunes en le regardant par-dessus ses lunettes en forme de demi-lunes.
Après quelques secondes d'hésitation, Rusard finit par hocher la tête avec résignation. A croire qu'il avait autre chose en tête que de simples heures de colle…
-Bien, fit le professeur, Argus, vous pouvez disposer.
-Très bien, Monsieur-le-directeur, grommela le concerné avant de sortir de la pièce.
Dumbledore posa alors consécutivement ses yeux sur chacun de ses élèves présents dans le bureau. Deux Gryffondors et deux Serpentards. Bien sûr. Mais il savait que c'était bien plus qu'un simple conflit entre deux maisons rivales cette nuit. Il savait que la lune était pleine et que les marques de griffures présentes sur chacun de ces jeunes hommes n'étaient pas innocentes.
-Je vous écoute.
Aucun de nous ne voulut prendre la parole en premier. Pourtant Rogue bouillonnait de rage sur son fauteuil.
-Oui ? Severus ? fit gentiment le directeur.
-Il a failli me tuer ! s'exclama-t-il.
Je voulus le corriger une nouvelle fois, et préciser « nous » mais je sentis que le moment n'était pas venu.
-Qui donc? fit Dumbledore pourtant pas l'air particulièrement intrigué ou surpris.
-Monsieur, il faut que vous sachiez, fit Rogue en s'avançant sur sa chaise, Il y a un loup garou parmi vos élèves.
Il attendit que leur directeur se fende en deux de surprise, mais ce dernier resta calme.
-Je suis au courant.
-Comment ! s'écria Severus en se levant de son siège, Vous avez autorisé un élève lycanthrope étudier à Poudlard ?
-Severus, restez calme, s'il-vous-plait, tenta le barbu.
-Mais vous êtes dingue ? Combien d'élèves ce monstre a-t-il déjà manqué de mordre et contaminer à son tour ?
Au mot de « monstre », je vis du coin de l'œil Potter serrer ses poings sur les accoudoirs de son siège. Le vieil homme enleva ses lunettes, soupira en se frottant les yeux, l'air soudainement passablement fatigué.
-Severus, cette situation ne s'était encore jamais produite, informa l'ainé, Pour la bonne raison que la cabane hurlante, où Monsieur Lupin passe ses pleines lunes, a toujours été verrouillée.
Pettigrew baissa les yeux.
-Je veux que vous renvoyiez Lupin, siffla Severus en pointant du doigt l'homme face à lui.
Potter se leva à son tour.
-Alors comme ça on devrait renvoyer les loups-garous, mais pas les mangemorts ? On devrait virer de l'école ceux qui n'ont jamais choisi leur condition et laisser la vie paisible à vous les Serpentards qui êtes tous à la solde de Voldemort ? Et de votre propre gré ! C'est injuste, si tu veux que Remus parte, aies au moins la dignité d'en faire de même espèce de sale enfoiré !
Je grinçai des dents. Il ne se rendait pas compte de ce qu'il disait ce Potter. Severus foudroya du regard le binoclard et se tourna vers Dumbledore.
-Dites-moi que vous allez le renvoyer, fit-il simplement.
-Je suis désolé, Severus, il faut comprendre…
Severus se rassit, comme sonné.
-Vous plaisantez… souffla le jeune serpentard.
J'étais moi-aussi surpris. Quant à eux, les deux gryffondors soupirèrent de soulagement.
-Severus, je sais que ce qui s'est passé cette nuit est grave, j'en suis conscient, commença notre directeur.
-On dirait pas, grognai-je.
-Mais j'ai donné sa chance à Monsieur Lupin il y a six ans, ce qui est arrivé était un terrible accident, il n'aurait jamais dû sortir de la cabane, ajouta-t-il en lorgnant sur Potter et Pettigrew, qui eurent rapidement fait de s'écraser sur leur fauteuil, Cependant il vous faut être tolérant. Vous vous en êtes sorti indemne, et ça ne se reproduira plus.
-Ne croyez pas que je vais taire son secret, siffla Severus, comme une menace.
J'imaginais déjà la scène.
-Espèce de… commença Potter.
-Ça suffit monsieur Potter, coupa sèchement Dumbledore en fronçant les sourcils, Je crois que vous en avez assez fait pour ce soir.
-Je lui ai sauvé sa peau à cette enflure ! s'insurgea le brun aux lunettes, J'aurais mieux fait de le laisser s'offrir un encas !
Severus pâlit.
-Taisez-vous ! gronda le vieil homme en haussant la voix, Severus, je vous demande de garder le silence. Je ne veux pas que l'atmosphère de cette école devienne plus hostile qu'elle ne l'est déjà. Si un seul mot sur cette affaire s'échappe, je me verrai dans l'obligation de vous renvoyer tous les cinq. Me suis-je bien fait comprendre ?
On aurait pu entendre une mouche voler. Voir le directeur s'énerver vous donnait l'envie de se faire le plus petit possible sur sa chaise.
-Vous aurez deux mois de retenues, et tous les points seront retirés à Serpentard et Gryffondor. J'espère que ça servira de leçon à chacun d'entre vous. Maintenant, si vous voulez bien déserter mon bureau, ça me ferait le plus grand bien. Allez à l'infirmerie.
On se leva à l'unisson, échangea un regard meurtrier et partit, séparé en deux groupes bien distincts.
XoXOXoxXOxOxXoxoxXoXOxoXOXOxx
-Merlin, dis-je à Severus, une fois qu'on se retrouva les deux, J'avais encore jamais vu ce vieux fou sortir de ses gongs jusqu'à maintenant.
Et je ne souhaitais plus jamais en faire l'expérience. Severus serra les dents, et me lança un coup d'œil.
-Il cache bien son jeu ce vieil hypocrite, cracha-t-il.
Mon ami avait l'air de se sentir trahi, pour une raison qui m'échappait. Je prononçai le mot de passe de notre salle commune. Bien sûr, ça me rageait de savoir que pour ce qui partait d'une simple escapade nocturne, la punition soit aussi sévère. Mais quelque chose me faisait penser que ce n'était pas ce qui le mettait en rogne.
-Tu sais bien que les Gryffondors sont toujours favorisés, dis-je.
Evidement, nous les serpentards, on était beaucoup moins crédibles, hein ?
-Ils ne devraient pas. Pas après ce qu'ils ont fait, répliqua l'autre.
-Mais ça a toujours été comme ça, je ne vois pas pourquoi ça t'étonne. T'as l'air de le prendre personnellement.
-Non, pas du tout, dit-il un brin ironique, J'vois pas pourquoi je le ferais, après tout Lupin a juste voulu nous mettre en morceaux. Enfin, me mettre en morceau, se corrigea-t-il, toi tu ne risquais rien après tout, t'es animagus.
Je sentis des reproches dans sa voix, comme s'il me blâmait de le lui avoir caché. Et ça ne me plaisait pas du tout. Il ne dit plus rien et tira les rideaux autour de son lit.
Quel abruti.
XoXOOxOxXOXOxoxxoOxOXx
-Je dois rêver, c'est pas possible !
-Tous les points disparus ? En une seule nuit !
-Mais qui a fait ça ?
Je m'intéressai au sol lorsque je passai à côté de l'attroupement formé autour des sabliers vides de Serpentard et Gryffondor. Narcissa me regardait avec soupçon. Rogue fulminait, ce qui signifiait pour lui, qu'il ne pipait mot et fusillait du regard chaque personne qu'il croisait, terrifiant un bon nombre de premières années.
-Vous avez fait quoi la nuit dernière? fit ma cousine, pas très sûre de vouloir connaitre la réponse.
-Rien de spécial, pourquoi ? demandai-je un peu trop rapidement pour passer pour innocent.
La rumeur de notre escapade fit rapidement son chemin jusqu'aux oreilles de chacun. Seule la partie où le loup-garou apparaissait avait été modifiée, apparemment. Le soir même, tous les lions et les serpents fixaient sur nous un regard hargneux. Evans avait fait une scène à Potter et lui avait administré une gifle magistrale. Ce fut ma seule distraction de la journée.
-Bravo Black, lâcha amèrement Wilkes en m'administrant une tape dans le dos.
Je compris qu'il m'en voulait à mort, parce qu'à cause de mes retenues j'allais louper pratiquement tous les entrainements, et le match contre les Gryffondors n'était pas loin. Ce qui réussissait à me rassurer, c'était que Potter était capitaine de l'équipe adverse. Franchement qu'est une équipe sans son capitaine ?
Oui, Wilkes aurait aimé que je lui dise ça un jour…
Le soir même, Severus et moi nous rendîmes jusqu'aux serres pour notre première retenue. Ce n'était que le début d'une longue liste et elle se déroula comme je l'imaginais… un vrai cauchemar. Si les yeux pouvaient tuer, il n'aurait resté plus que quatre cadavres dans cette pièce poussiéreuse, en dehors des plantes pourries.
Je reçus une lettre le lendemain. Pas une beuglante… Merlin merci ! Mais une lettre quand même fulminante. Le contenu, écrit en lettres capitales sur vingt centimètres au moins n'en était pas moins insultant. D'après mon humble mère, je faisais honte à la famille, enfin le blabla habituel. Si un jour j'avais reçu une beuglante… et bien peut-être bien que c'aurait été pour ma conversion en gryffondor ou mes fiançailles à une fille de moldus. Là c'est sûr… mais en attendant, jamais Mère n'aurait osé s'humilier de la sorte.
Mes journées se ressemblaient toutes, entre les entrainements le matin, déplacés par notre capitaine à cinq heure et demie, les cours, les retenues, les repas… j'avais l'impression d'être, comme appellent ça les moldus, un robot préprogrammé.
Les vacances de février arrivèrent malheureusement très rapidement.
XoxOXXOxOxoxXOOxOXxOX
Les deux premiers jours, je fus sur mes gardes, je craignais qu'on m'amène à prendre ma décision à tout moment. L'absence de mon père me donnait un délai. Je savais qu'il serait là. Le lundi soir, cependant, nous fûmes tous les quatre réunis à table et c'est tendu que je commençai à manger. En réalité je ne fis que jouer avec ma fourchette, je ne pouvais pas avaler un seul morceau.
Je repérai l'air solennel de mes parents. Je saisis que ce soir, c'était le soir. Je m'y étais préparé mentalement et j'étais paré contre les cris indignés de Mère suite aux insultes que j'osai prononcer à l'encontre de leur maître.
-Pardon ? hurla-t-elle, devenue rouge.
-Tu m'as très bien entendu, répondis-je d'une voix posée et sans tremblement.
Pourtant à l'intérieur de mon être, sous mon masque, j'étais mort de peur. Je m'étais attendu aussi à ce que Regulus n'intervienne pas. Il ne fit que de se prendre la tête entre les mains après mon objection.
-Espèce de petit crétin insolent, gronda ma mère en se levant, Est-ce ainsi que nous t'avons éduqué ?
Rarement je l'avais vue aussi survoltée, elle qui passait son temps à contrôler les émotions de son visage.
-Que vous avez essayé de me lobotomiser le cerveau, tu veux dire ? rétorquai-je.
Mon père n'avait toujours aucune réaction, il me fixait simplement, les yeux brillants de colère.
-Vous ne pouvez pas me forcer, dis-je effrontément.
Merlin que je sonnais Gryffondor à ce moment-là.
-Orion, dis quelque chose ! fit Mère paniquée.
Mais ce que je n'avais pas prévu, c'est bien la réaction de Père. Contre toute attente, il se mit debout, furibond, et pointa sa baguette sur moi. Mon corps vola s'écraser dans un craquement contre le mur le plus proche. Un peu sonné, je sortis ma baguette de ma poche et essayai de me relever avec difficulté dans un état second. Je me sentis tiré vers le haut alors que j'étais à genoux et remis sur mes pieds, telle une poupée de chiffon.
-Te rends-tu compte de la honte que tu jettes sur notre famille, sale morveux ? siffla-t-il après m'avoir empoigné par le col.
Ma tête m'élançait suffisamment pour que je grimace. J'oubliais à chaque fois à quel point nos murs étaient durs. Père avait une lueur horrible dans les yeux. Je ne l'avais encore jamais vu à un stade aussi avancé de la haine, et pourtant j'en avais vu de ses colères ! Il appuya sa baguette contre ma tempe, me faisant déglutir. Je sentais le bout de bois, presser de plus en plus fortement, comme s'il voulait qu'il entre dans mon crane.
-Tu ne mérites pas le nom des Black, dit-il calmement en appuyant bien sur les mots, Tu ne mérites pas de vivre.
J'écarquillai les yeux d'effroi. Il n'était tout de même pas capable… mon propre père ?
-Avada Kedav- commença-t-il.
-Non ! cria Regulus en s'élançant sur notre père et le faisant tomber au sol. Je ne réfléchi pas plus et m'élançai vers la sortie. Aussitôt dehors, je courus aussi vite que je pus, comme si le diable était à mes trousses. Je n'avais jamais fuis aussi vite de ma vie. J'entendis un cri de rage au loin et des bruits d'objets cassés. Je pris ma forme animale et ne me retournai pas une seule fois.
XoxOXXOxOxoxXOOxOXxOX
Ma course effrénée, alimentée d'horreur et de répulsion finit par s'arrêter, mais uniquement lorsque mes membres n'obéirent plus. Je m'écroulai à terre, mort de fatigue. Mes yeux se fermèrent et je n'eus qu'une seule envie, ne plus jamais me réveiller.
Le destin en voulut autrement. Je sentis une petite main passer entre mes deux oreilles.
-Maman, maman, regarde il y a un loup qui dort ! fit une voix fluette.
J'ouvris les yeux et tombai nez à nez avec un petit garçon émerveillé de sa trouvaille. Ses grands yeux bruns me fixaient comme hypnotisé. Il fut arraché rapidement de tout contact, visuel ou physique, par sa mère apeurée qui le réprimanda violemment. Je clignai des yeux, ébloui par le soleil et me rendis compte qu'il était déjà haut dans le ciel. J'étirai mon corps de chien frigorifié, le petit gaillard bien loin de moi et me relevai. J'examinai les alentours et reconnus immédiatement le parc où je me trouvais. Pour cause, je retrouvais souvent Nymphadora et ses parents à cet endroit. Je repris ma forme humaine, derrière un buisson, et mes pas me conduisirent devant leur immeuble délabré. Je m'assis sur un banc, face à leur fenêtre et attendis là. Je ne savais pas exactement ce que j'attendais, je me sentais complètement perdu.
Mon père avait voulu me tuer, et il l'aurait fait s'il l'avait pu… je n'y croyais toujours pas.
Je n'arrivais pas à me décider d'aller sonner chez eux. Je ne voulais pas qu'on me voit dans un état aussi pitoyable. Alors je restai planté sur ce banc, la lumière s'affaiblissant peu à peu. Pendant une heure, ou bien deux, trois, je n'avais aucune certitude du temps qui s'écoulait. Les yeux dans le vague, je me sentais comme une coquille vide. Enfaite, tout m'était indifférent. Que les passants me dévisagent avec curiosité, que je n'aie plus de maison, que quelques gouttes de pluie tombent sur ma tête, puis un véritable torrent. Je n'en avais rien à foutre.
-Black ? fit une voix remplie de stupéfaction.
Je relevai la tête, par reflex et vis la personne que j'avais le moins envie de voir à ce moment précis.
-Mais qu'est-ce qui t'est arrivé ? demanda Evans en plissant pour mieux m'examiner à travers la pluie.
Je détournai la tête avec honte, en espérant que la pluie qui dégoulinait sur mon visage dissimulerait les trainées salées qui s'y étaient mêlées. Elle ne pouvait pas simplement s'en aller et me laisser là ?
-Tu compte rester longtemps sous la pluie comme ça ? Tu vas attraper la mort tu sais, dit-elle.
Je me raclai la gorge pour ne pas perdre le contrôle de ma voix.
-Qu'est-ce que ça peut te faire ? fis-je amèrement, Est-ce que ça changerait quelque chose pour toi si je crevais ?
-Bien sûr, je me sentirais coupable, affirma la rousse.
Elle s'assit à côté de moi bien droite, et croisa ses jambes. Je l'observai, elle était complètement trempée. Ses cheveux dégoulinaient d'eau et elle essayait de contrôler les tremblements de son corps frêle. Je me sentis dégueulasse de la laisser là.
-Qu'est-ce que tu fais ? l'agressai-je.
-Je te tiens compagnie, répliqua-t-elle ironiquement, Si tu veux rester ici, et bien moi aussi.
-Ne joue pas à ça Evans, dis-je fatigué, De toute façon où veux-tu que j'aille ?
-Je ne rentre chez moi que si tu viens avec moi.
-Tu te fous de moi là ? dis-je ahuri.
-Pas du tout, sourit-elle en se levant, Allez viens Black.
Elle me tendit sa main mais en voyant que je ne réagissais pas, elle la laissa retomber.
-T'es vraiment borné, tu sais ça ? s'écria-t-elle en se retournant furieuse et marchant d'un pas rapide. Je la regardai s'éloigner et sans que je le veuille, ma bouche s'ouvrit.
-Attends ! fis-je en me levant, tiré par une force inconnue.
Evans s'arrêta, surprise. Je m'en voulus aussitôt. J'étais arrivé à sa hauteur et la regardais de haut.
-Merci, grognai-je.
La rousse éclata de rire.
-Je vais marquer ce moment dans les annales, assura-t-elle, Le jour où Sirius Black m'a dit « merci ».
-N'en rajoute pas, s'il-te-plait, grommelai-je en marchant côte à côte avec elle.
XoxOXXOxOxoxXOOxOXxOX
Lavé, séché et habillé, je sortis de la salle de bain d'Evans. Jamais je n'aurais cru me retrouver ici un jour. Je lui souris légèrement, reconnaissant, et remarquai qu'elle était nerveuse. J'haussai un sourcil interrogateur.
-Bon, écoute moi bien et t'as pas intérêt à tout faire foirer, d'accord ? Tu es un élève de ma classe, tes parents viennent de mourir et tu n'as nulle part où aller. Comme je suis préfète en chef, le professeur McGonagall m'a demandé de t'héberger pendant cette semaine. Des questions ?
Je mordis ma lèvre pour ne pas rire. On aurait dit qu'elle me récitait une leçon de métamorphose. Un bruit de porte se fit entendre.
-On est de retour, annonça une voix de femme.
Les parents Evans entrèrent dans la pièce et se retrouvèrent face à moi.
-Oh, bonjour, fit la mère étonnée de me trouver là, on se connait ?
C'était une femme d'une quarantaine d'années, les cheveux bruns-roux, au nez retroussé. Une femme pleine de vie.
-Non, maman, fit rapidement Lily, c'est un élève de ma classe… ses parents sont morts donc il avait besoin d'un lieu pour dormir.
Je me retins de rouler des yeux. Cette fille ne savait pas mentir apparemment… si elle avait pu annoncer la mort de mes parents avec encore plus de désinvolture, je crois que ça aurait été parfait… vraiment !
Sa mère me dévisagea et un petit sourire espiègle fleurit au coin de ses lèvres. Pas dupe apparemment. Elle me tendit la main.
-Hélène Evans, je suis navrée pour le décès de tes parents, dit tout de même la femme.
-Enchanté madame, fis-je en serrant sa main, Sirius Black.
Je crois qu'elle m'aima bien, elle me fit un clin d'œil alors que son mari entrait en scène.
-Pourquoi ne pas nous avouer directement que tu nous ramènes ton petit copain à la maison, Lily-chérie, sourit son père en me serrant la main – Paul Evans – ça t'aurait évité d'inventer toute cette histoire.
La rousse en question devint rouge pivoine.
-Papa… marmonna-t-elle.
-Quoi ? fit-il innocemment, plus le droit de rigoler ?
Sa fille roula des yeux et je m'esclaffai. Le père me regarda de haut en bas et sembla se rendre compte de quelque chose. Il se tourna vers sa fille.
-Par contre jeune fille, petit ami ou pas, je ne veux pas qu'il dorme avec toi, tu as seulement seize ans et...
-Pas de problème, dis-je, le canapé me convient très bien et puis je vous remercie déjà de bien vouloir m'héberger cette semaine c'est très aimable de votre part.
Je crois qu'il fut bluffé par mon ton diplomate.
-Bien, se contenta-t-il de dire.
-B… Sirius, fit la jeune rousse, tu veux que je te fasse visiter la maison ?
Un élan de générosité ? Je crois qu'elle voulait surtout s'éloigner de ses parents.
-D'accord, merci Lily.
Prononcer son prénom m'écorchait la bouche… enfin pas tant que ça en réalité, mais je ne pouvais pas faire comme si c'était tout à fait naturel pour moi de passer de « Evans » à « Lily » en un délai de quelques minutes.
Donc, Lily, avait commencé à me montrer la maison ; la salle de bain que je connaissais déjà, sa chambre qu'elle fut un peu réticente à me montrer. Nous étions dans le couloir lorsqu'une voix criarde nous informa de sa présence.
-Je suis là ! fit la jeune fille, car j'imaginais mal un homme avec une telle voix… je crois qu'elle était presque aussi désagréable que celle de ma mère.
Evans soupira et secoua la tête.
-Ma sœur, expliqua-t-elle devant mon air intrigué.
-Salut le monstre, lança-t-elle à la cantonade, T'es qui, toi ? demanda la jeune fille entrant dans mon champ de vision. Ses yeux se baladèrent sans gêne sur mon corps, semblant me jauger.
-C'est Sirius, un ami d'école, répondit Lily a ma place, voulant apparemment rapidement en finir avec cette entrevue.
-Ah bon ? Depuis quand t'as des amis Lily ? fit l'asperge ambulante avec un méchant sourire.
Oui, je dis asperge, parce que la fille faisait à peu près ma taille, et était maigre comme un clou. Ses cheveux coupés courts rendaient son cou interminable. Je pensais que la rousse lui renverrait une réplique bien sentie dans les dents, mais à mon étonnement, ses yeux se voilèrent et son menton trembla. Je décidai que je lui devais bien quelque chose.
-Sirius Black, enchanté, fis-je en m'avançant souriant, tout mon charme mis en avant.
Ce fameux sourire aux lèvres qui, je le savais, faisait tomber toutes les filles… non, je ne me vante pas, c'est un fait, c'est tout. Elle cligna les yeux et me serra la main, son visage adouci en une seconde.
-Enchantée de faire ta connaissance, moi c'est Pétunia, sourit-elle en retenant le peu de bave qui menaçait de couler de sa bouche microscopique.
Bon je sais, j'ai tendance à exagérer les faits… parfois.
-Comment est-ce que vous vous connaissez avec Lily ? demanda l'asperge au cou de girafe, qui semblait ne pas croire que Lily connaissait un tel spécimen que moi.
-Et bien c'est simple, fis-je en passant un bras autour de la taille de la rousse, Lily et moi sommes dans la même école depuis six ans. Ça crée des liens.
Pétunia avait froncé ses sourcils blonds et nous regardait avec des soupçons au fond de ses prunelles.
-Attends, tu veux dire que vous… fit-elle sans terminer sa phrase comme avec dégout.
-Nous quoi? demandai-je en faisant semblant de jouer à l'idiot.
Lily me regardait éberluée, j'étais sûr qu'elle se retenait de me donner une bonne baffe pour avoir posé ma main sur sa hanche.
-Vous êtes ensemble ? demanda Pétunia agacée, mais rongée par la curiosité.
Je souris d'un air parfaitement hypocrite.
-Qui ne craquerait pas pour une fille aussi belle et intelligente que Lily ? demandai-je et tournant la tête vers la concernée et lui prenant le visage de mon autre main pour poser mes lèvres tendrement sur les siennes.
Pétunia ouvrit la bouche mais ne la referma pas. J'ignorai la sensation étrange qui se propageait dans tout mon corps et ne pris pas garde non plus à la rousse qui avait les yeux écarquillés. Je la poussai vers sa chambre tout en disant « À plus tard » à Pétunia encore abasourdie.
Je fermai la porte et lorsque je me retournai vers la tigresse rousse, un sourire satisfait sur les lèvres, j'eus l'honneur de recevoir ma première gifle de sa part.
-Aie, fis-je en portant ma main à ma joue, je l'avais vraiment méritée ?
Elle était devenue rouge.
-T'es malade ou quoi ? Comme si Potter n'était pas suffisant…
Je grimaçai.
-Tu ne peux pas me comparer à Potter… j'embrasse bien mieux que lui, fis-je.
Une lueur de malice traversa ses yeux.
-Je ne sais pas… je crois que je n'ai pas bien eu le temps de me rendre compte, dit-elle pour me taquiner.
Je plissai les yeux, ayant horreur qu'on me mette sur le même palier qu'un imbécile comme Potter.
-Peut-être, ajouta-t-elle songeusement, qu'il faudrait que tu me montre une nouvelle fois pour voir…
J'haussai un sourcil et eus un sourire en coin avant de prendre son visage entre mes mains et rapprocher mes lèvres des siennes. Je collai mon corps contre le sien et restai une seconde à quelques centimètres de sa bouche, nos nez se frôlant. Elle me regardait, les yeux écarquillés. Elle ne savait pas encore qu'il ne fallait pas provoquer Sirius Black. Elle ne récoltait que ce qu'elle semait… et puis m'embrasser n'était pas une si grande punition, si ?
-J'ai réussi à fermer le bec de ta sœur, non ?
Elle eut une ombre de sourire en se rappelant la tête de Pétunia.
-Merci pour ça.
-Il faudrait savoir… dis-je malicieusement, une claque ou des remerciements ?
-Tais-toi si tu n'en veux pas une deuxième sur l'autre joue, répliqua-t-elle avec un sourire.
Je déposai un baiser sur ses lèvres rosées, faisant exactement comme avec toutes les autres avant elle.
A mon étonnement, elle noua ses bras autour de ma nuque et répondit avec ardeur. Je continuai de l'embrasser, l'adrénaline ayant écarté toute pensée rationnelle de mon esprit. Je descendis mes mains pour les passer dans son dos, sensuellement, effleurant sa chemise de mes doigts, puis raffermis ma prise autour de ses hanches pour l'attraper et la soulever. Ses jambes vinrent s'enrouler autour de ma taille, par automatisme et je marchai vers son lit. Je l'y déposai avec agilité, tout en gardant nos lèvres en contact. Nos langues se cherchaient, se heurtaient, avec une passion violente que je ne connaissais pas auparavant.
J'allais passer une main sous sa chemise, les siennes occupées dans mes cheveux, lorsqu'une voix parvint à nos oreilles.
-A taaaable !
Se fut comme si nous nous étions brûlés. D'un même geste, je reculais et elle me poussait. J'atterris, dos contre le sol, Lily sur moi, que j'avais attirée sans le vouloir dans ma chute. Elle se mordit les lèvres et ne put s'empêcher de s'esclaffer. Je fus secoué d'un petit rire. C'était vraiment trop bizarre comme situation.
Elle se releva rapidement et je fis de même, lissant mes vêtements. On échangea un regard, puis elle sortit de la pièce en rougissant légèrement.
XoxOXXOxOxoxXOOxOXxOX
Lorsque je m'endormis, sur le canapé bordeaux des Evans, j'eus un peu d'espoir. De l'espoir de pouvoir tout recommencer… une nouvelle vie ?
… naif.
XoxOXXOxOxoxXOOxOXxOX
Deux jours plus tard, Evans et moi n'avions pas mentionné l'incident, préférant effacer cette partie de nos mémoires. Une visite imprévue se pointa devant la porte de la maisonnette des Evans ce jour-là. J'étais fasciné par la télé…vision, et étais planté devant comme un idiot depuis un petit moment, ne me lassant pas d'appuyer sur les boutons pour changer de chaîne, lorsque la sonnette retentit, me faisant sursauter. Lily qui faisait ses devoirs à côté de moi se leva et alla ouvrir. S'en suivirent des cris typiquement féminins.
-Emma ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? s'écria la voix de la rousse.
-Suprise ! s'écria l'autre en riant.
-Entre, fit Lily, tiens pose ta veste ici, offrit-elle.
Je me crispai et préparai mon sourire un peu forcé. Je n'avais pas du tout envie que tout Poudlard soit au courant que j'avais passé les vacances chez Evans.
-Emma, je te présente Sirius Black, un ami d'école, dit Lily en me désignant de la main à une jeune fille aux cheveux bruns et aux yeux bleus. Un ami ? Je n'y comprenais plus rien. N'importe qui à Poudlard savait qu'Evans et moi ne nous portions pas dans le cœur. Et en principe je n'avais pas besoin d'être présenté.
-Emma Neils, dit-elle en me tendant la main, un sourire éclatant sur ses lèvres.
-Salut, fis-je en la lui serrant.
Son nom ne me disait pas plus que son physique.
-Emma habite la maison à côté, on allait à l'école ensemble quand on était petites, précisa Lily avec un air entendu.
-Ah, d'accord, fis-je en comprenant. Ce que je devais apparemment comprendre aussi, c'est que c'était une moldue… et qui ne connaissait vraisemblablement pas l'existence des sorciers.
-Je vais pas vous déranger, fis-je rapidement, de peur de faire une gaffe, Je vais faire un tour.
Je saluai les deux filles d'un signe de la tête et sortis à l'air froid. Emmitouflé dans mon écharpe de quidditch serpentard, je savais exactement où je voulais aller. Je surveillais mes arrières, par reflex, et sonnai à la porte de leur immeuble gris. On m'ouvrit presque immédiatement lorsque je m'annonçai. Monter dans cette saleté d'ascenseur m'en fit de nouveau voir de toutes les couleurs et à peine sorti de l'engin, une Andromeda en pleurs vint me serrer dans ses bras à m'étouffer.
Je caressai gentiment ses cheveux, pour la calmer.
-Ça va Andro, faut pas te mettre dans un état pareil, dis-je.
-Comment ça, que ça va ? s'exclama-t-elle, Tu nous a fait un belle peur. Où est-ce que tu as dormi ces trois derniers jours ?
-Chez… un ami, mentis-je, Mais, comment est-ce que vous avez été mis au courant de toute cette histoire ? demandai-je, sourcils froncés.
Un raclement de gorge se fit entendre sur ma droite. Je tournai la tête et vis Regulus qui se tenait sur le seuil de la porte. Je ne savais pas quoi dire. Je n'y comprenais plus rien.
-Entre, fit Andromeda, calmée de ses émotions. Elle me fit assoir sur le canapé. Est-ce que tu as faim ? Ou bien soif ? Tu dois être frigorifié…
-Non ça va, merci, dis-je simplement mais elle était déjà partie dans la cuisine.
-Où est-ce que tu étais? questionna mon frère, toujours debout.
J'hésitai à lui répondre. Après tout, qui me disait qu'il n'irait pas tout rapporter à nos parents ? Il secoua la tête et me donna une claque derrière la mienne avant de se laisser tomber à côté de moi.
-T'es vraiment con Sirius. Pourquoi t'as refusé ?
-Quoi ? fis-je hors de moi, Tu me connais vraiment aussi mal ?
-Si on en avait parlé avant, ça aurait été différent… marmonna-t-il dans sa barbe inexistante, mais peut-être que c'est toujours possible…
-Tu parles de quoi là ? demandai-je, énervé qu'il ne m'écoute pas.
-On aurait pu faire ça tous les deux. Sans rien dire à personne… ça aurait été notre secret.
-J'suis largué là, tu peux pas t'expliquer plus clairement ? fis-je sentant que je m'échauffais, Faire quoi tous les deux ? S'enfuir ?
-Mais non t'es con ou quoi ? Entrer chez les mangemorts, rétorqua-t-il en baissant la voix pour qu'Andromeda n'entende pas.
J'avais décidé qu'il était complètement taré cette fois-ci.
-Regulus, je n'ai jamais voulu y entrer, je pensais que tu savais ça.
Il eut un sourire en coin.
-Oui, je sais. Moi non plus d'ailleurs, avoua-t-il.
J'haussai un sourcil. J'étais censé y comprendre quelque chose ?
-Ecoute, si tu me traduis pas un peu ton charabia je vais péter un câble là, avertis-je pas loin de la vérité.
Il rit, ce qui m'agaça encore plus.
-Bien. Je vais être sincère. En tant que… renié, tu ne sers à rien, dit-il franchement, Tu n'iras évidemment pas chez les mangemorts, et les autres ne te feront jamais vraiment confiance, vu que tu es un serpentard. Pourtant tu as envie de te battre du côté des aurors, pas vrai ? fit-il.
Je me mordis la lèvre et hochai la tête.
-Tu crois vraiment que tu pourras entrer dans leur école avec ton passé, celui de ta famille et ton nom Sirius ?
-J'ai plus vraiment de nom, remarquai-je amèrement.
-C'est pas encore trop tard, mère ne t'as pas encore effacé de l'arbre. Elle espère que tu reviendras à la raison.
-T'es dingue ? Je retournerai jamais là-bas, et je ne veux pas être mangemort.
-Moi, ce que je te propose Sirius, fit mon frère avec un air conspirateur, C'est de devenir Mangemort avec moi.
Soit il était sourd, soit il était un véritable abruti.
-Et de les trahir ensuite, donner des informations à l'autre camp.
… si je m'attendais à ça.
-Tu veux que je te dise Regulus ?
-Vas-y, fit-il en souriant.
-T'es complètement givré mon pauvre vieux. T'as des tendances suicidaires ?
Il éclata de rire.
-Pas du tout, je veux simplement me rendre utile avec ce que j'ai. Utile au bon camp, je veux dire, précisa mon frère.
Je souris. Au moins on était d'accord sur ce point.
-Bon, je te demande pas de revenir tout de suite sur ta décision, dit-il, Mais réfléchis-y et … s'il-te-plait fais le bon choix. Je n'ai pas envie de devoir faire semblant de te détester toute ma vie… et ce que je veux encore moins c'est d'avoir un jour l'ordre de te tuer.
J'hochai la tête. Son idée n'était pas si stupide au fond. Complètement folle, ça oui, mais pas stupide.
-Sirius ! s'écria une petite voix avant qu'une tignasse bleue me saute dessus.
Je ris et embrassai la petite Nymphadora sur les deux joues.
-Salut ma belle.
La concernée me sourit de toutes ses dents. Elle était adorable. Sa tête pivota et elle aperçut mon frère. Elle lui sourit.
-Salut Regulus ! s'exclama-t-elle.
J'écarquillai les yeux, surpris.
-Pour une fois que je vous vois les deux ensemble ! rit-elle.
Je lançai un regard de reproche à Regulus qui faisait de même pour moi.
-Tu m'avais pas dit, commença-t-on en même temps.
Puis un fou-rire me prit. C'était tellement ridicule comme situation !
C'est ainsi qu'Andomeda et Ted nous retrouvèrent, avachis sur le canapé, entrain de rire comme deux grand débiles. Alors qu'en réalité, je ne m'en rendais même pas compte, mais quelque chose d'horrible venait de se décider dans ma tête et celle de mon frère. Un pacte que je ne pouvais que regretter.
