Whaou, merci énormément pour toutes vos reviews, elles me font super plaisir !

Grand merci à ceux qui lisent ma fiction, et encore plus à celles/ceux qui me mettent des commentaires : Chibi-Kotori, Maman Bouba, MissLizy, Chupa14, Coton, Mia et Elvan.

Réponses aux anonymes :

Chupa14 : Un K ? Un T ? Ou un F ? Et bien non, désolée, pas tout de suite, c'est plutôt deux E. Mais je prends note de tes petits nains préférés ;) Cette fiction est sur un base de romance, mais j'avoue hésiter énormément entre les trois lettres que tu as cité. Si jamais tu as un préféré, n'hésite pas à le dire, on ne sait jamais ;)

Coton : Si tu adores mon style moi j'adore ta review, c'est toujours bon pour l'égo x) C'est vrai que Nimuë fait elfique, bien quand fait c'est un prénom bien de chez nous. Enfin, des légendes plutôt. Aucun soucis pour les fautes, je serais mal placée pour juger vu qu'il doit y avoir dans mon texte. Toi non plus tu n'aimes pas les épinards ? xD En tout cas ta review m'a fait sourire. Merci beaucoup.

Mia : Merci beaucoup de tes encouragements, j'espère que tu trouveras Nimuë toujours aussi attachante dans la suite. Oui, elle rencontreras la compagnie à Fondcombe ... Mais pas tout de suite. J'espère que la suite de plaira en tout cas !

Elvan : A toi aussi je dois te dire un énorme merci, car c'est surement un des plus beaux compliments qu'on puisse faire à un auteur que dire que ces personnages sont construits. J'essaierais de toujours être réaliste vis à vis de leur psychologie, rien que pour ne pas te décevoir ^^ J'espère que la suite te plaira, même s'il y a beaucoup moins d'action dans ce chapitre.

Sur ce,

Bonne lecture.


- CHAPITRE III -

Lorsque Nimuë reprit conscience, elle se surprit à sentir la chaleur apaisante d'un drap sur elle et le confort d'un matelas dans son dos. Elle eut alors, l'espace d'un instant, l'espoir d'avoir rêvé les derniers événements. Les Trolls. L'incendie. La forêt. Oui, elle crut avoir fait un vilain cauchemar et que finalement, elle se réveillait dans l'auberge familiale, après une longue et éprouvante nuit de sommeil.

Mais en ouvrant les yeux, la jeune femme dût se rendre à l'évidence. Ce n'était pas sa chambre. Et ça ne ressemblait à aucunes autres chambres que pouvait abriter l'auberge. La pièce était bien trop belle et trop riche. Les poutres de bois blanc étaient sculptées avec goût. La chambre tout entière mêlait le raffinement de son hôte – qui qu'il fût – et un rapport fort avec la nature, qu'on ne trouvait pas dans le pays de Bree, à sa connaissance. A côté de son lit, lui même fort bien fait, de nombreux rayons de lumières passaient par un arche, menant à un balcon, devina Nimuë.

Elle surprit soudain un son très particulier auquel elle n'avait pas prêté attention, et qu'elle n'avait à sa mémoire, jamais entendu. Hésitante, elle repoussa le drap de son lit, et sortit doucement, et un à un, ses pieds du sommier. Lorsqu'elle voulu se mettre debout, elle fut prise d'un léger vertige, mais bien trop curieuse, elle se redressa malgré tout, et d'un pas un peu tremblant d'être restée allongée, se dirigea vers le balcon.

- Par tous les Valars, murmura t-elle, époustouflée.

Une magnifique et immense cascade s'écoulait sur les flans de la falaise et se jetait des dizaines de mètres sous son balcon dans un bruit assourdissant, créant de l'écume. De là où elle se trouvait, Nimuë parvenait à voir une partie de la citée dans laquelle elle se trouvait. C'était tout bonnement incroyable … Encore plus magique que ne l'était sa chambre. Des kiosques, des ponts, des sculptures qui s'entremêlaient, le tout comme volant au dessus de la cascade et de ses rivières.

A cette vue magnifique, elle en oublia presque tout le chagrin et l'inquiétude qu'elle éprouvait vis à vis des siens, tant une atmosphère idyllique régnait dans ce lieu.

- Mademoiselle ? S'écria t-on depuis la chambre. Demoiselle ? Yvannë ! La petite humaine a disparue !

- Disparue ? Mais voyons, comment a t-elle pu disparaître ? Elle dort depuis des jours ! Répondit une voix plus lointaine.

Une exclamation de stupeur arriva lorsque la porte s'ouvrit à nouveau. Nimuë sentit un brin de panique dans la voix de ces deux femmes, malgré la langue, magnifique à écouter, dans laquelle elles discutaient. Cette langue qui faisait comme un écho dans sa mémoire. Comme si elle l'avait déjà entendue … Il lui sembla alors avoir un souvenir … Peut-être ce dialecte chantant était-il le même qu'avait utilisé ses deux sauveurs. A moins qu'elle ne l'ai imaginé ?

Elle quitta toutefois le balcon et rentra à nouveau dans la chambre et poussant de son bras le rideau de lin qui les séparé. L'une des femmes qui lui faisait face l'a vit et poussa un soupir de soulagement avant de s'avancer et de la prendre délicatement par le bras pour la reconduire vers son lit.

- Vous ne devriez pas vous lever ainsi, Demoiselle, lui dit-elle, le Seigneur Elrond a bien stipulé que vous étiez encore fort affaiblie.

- Qui donc ? Demanda Nimuë, en entendant ce nom inconnu.

- Et bien, Elrond, répéta la seconde Dame, perplexe. Le seigneur de notre citée, ajouta t-elle.

La jeune humaine hocha la tête, bien qu'elle ne se sentit pas plus avancée par cette précision. Elle observa la femme qui venait de lui parler avec cette espèce de condescendance dans la voix. Elle était belle, son visage était absent de toutes imperfections. Elle semblait d'ailleurs sans âge, mais Nimuë sentit pourtant qu'elle avait beaucoup vécue. Peut-être ce sentiment était-ce dû à la lassitude et à la mélancolie que la jeune femme distinguait dans les yeux de la belle Dame. Elle remarqua tout à coup une chose qui la fit perdre ses moyens.

- Votre … Votre oreille … Balbutia t-elle.

- Quoi donc, mon enfant ?

- Je crois, intervient la femme qui l'avait aidé à se recoucher, qu'elle vient de s'apercevoir, ou du moins de comprendre que nos oreilles sont pointues et que par conséquent, elle se trouve chez les elfes.

- Les … Les elfes ? Répéta la jeune femme, abasourdie.

- Et bien oui, reprit la seconde, ne l'aviez-vous donc pas remarqué auparavant, lorsque les seigneurs Elladan et Elrohir vous ont conduit jusqu'à nous ?

- Qui ?

- Les humains n'ont-ils donc aucune mémoire ? S'outra son interlocutrice.

- Elladan a précisé qu'elle avait déliré tout au long de leur périple, à cause de la fièvre. Ce n'est guère étonnant qu'elle ne se souvienne ni d'eux, ni de son voyage, Yvannë.

- Tout de même … Je vais allée annoncer au Seigneur Elrond que sa patiente s'est éveillée. Voulez vous donc veiller sur elle, très chère.

Sur ces mots et sans attendre le consentement de l'elfe, la dénommée Yvannë se retira de la pièce avec un regard légèrement dédaigneux pour Nimuë. Laquelle regardait autour d'elle, complètement perdue et déboussolée. Elle n'arrivait tout bonnement pas à croire qu'elle se trouvait vraiment chez les elfes. On lui avait tellement répété que ce n'était que des êtres sortant tout droit de légendes, ayant pris naissance dans l'esprit de fou.

- Elle n'est pas très commode, mais n'aillez craintes, elle se conduit de cette façon avec chacun de nous, ce n'était donc pas spécialement à votre égard. Il ne faut pas lui en tenir rigueur, vous savez … Elle est bien amère depuis que sa moitié à rejoins les cavernes de Mandos.

Nimuë hocha à nouveau la tête, bien qu'elle ignorait ce qu'était les cavernes de Mandos. En fait, bien que l'elfe parlait dans la langue commune, ses paroles restaient presque incompréhensible pour la jeune humaine.

La Dame elfe s'assit au bout de son lit et inclinant légèrement la tête, la regarda avec gentillesse et curiosité. Elle était très belle, elle aussi, songea Nimuë. Bien plus qu'Yvannë. Ses cheveux blonds, cintrés de perles turquoises, étaient d'or, tellement ils brillaient. Son visage était très doux et bien fait. Dans ses yeux bleus, pareil aux couleurs de la cascade qui se versait au dehors, Nimuë y voyait jeunesse et bienveillance, générosité et malice.

- Puis-je vous poser quelques questions ?

Aussi étonnant que cela puisse paraître, ces mots ne furent pas prononcé par Nimuë, pourtant la tête remplis de nombreuses interrogations, mais par la belle elfe.

- Je … Je ré-répondrais aux vôtres, si vous acceptez de répondre aux miennes.

- Cela me semble un accord équitable, approuva la jeune elfe en souriant. A vous l'honneur, je vous en prie.

- Bien … Hm … P-pour commencer, où sommes-nous ?

- Vous vous trouvez à cet instant précis à Imladris, ou comme vous le dites dans la langue commune, Fondcombe. La dernière maison Simple, à l'Est de la Mer. Demeure d'Elrond, le Semi-Elfe.

Fondcombe … Elle croyait cet endroit sortit de l'imagination des voyageurs, n'étant que fabulation, ne vivant que dans les rêves les plus improbables.

- A moi ! S'exclama l'elfe, d'un ton enfantin en la sortant de sa réflexion intérieure. Comment vous nommez-vous ?

- J-je … Nimuë, je me nomme Nimuë, répondit timidement la jeune femme.

- Enchantée, Nimuë, sourit son interlocutrice.

La jeune femme eut l'impression que son prénom était bien plus beau lorsque c'était l'elfe qui le prononçait.

- Je suis Luthwen, une amie d'Elladan et d'Elrohir. J'ai demandé au Seigneur Elrond de me laisser m'occuper de vous, jusqu'au jour où vous seriez entièrement rétablie.

La jeune humaine se sentit, sans pouvoir l'expliquer, en confiance avec Luthwen. Et profondément reconnaissante de l'attention qu'elle lui prêtait. Une si belle personne, veillant sur elle, c'était à peine croyable. Lorsqu'elle lui parlait, sa voix était si douce, si reposante. Elle était curieuse, mais dans le bon sens du terme. Nimuë lui trouva en cela, un caractère plus humain qu'elfique. Enfin … De ce qu'elle imaginait comme la norme elfique. Si Yvannë était représentative de cette norme. Car la jeune femme n'avait pas vraiment d'éléments de comparaison.

- J'aimerais savoir … Qui est Elrond ? Je veux dire … Je sais que c'est le seigneur de cet endroit, mais ...

Elle hésita, comment faire comprendre ce qu'elle voulait dire à Luthwen … L'elfe décida de se lancer en voyant les difficultés de la petite humaine.

- Et bien … C'est assez difficile à expliquer en soit ce qu'est une personne … Elrond est un semi-elfe, ce qui veut dire qu'il n'a pas du sang purement elfique dans les veines, expliqua t-elle au regard interrogateur de Nimuë. Il a vu passé de nombreux âges de ce monde, moins que mon père, me semble t-il, mais bien plus que les mémoires des hommes purent compter. C'est une personne d'une grande sagesse, un excellent guérisseur et un bon guerrier qui a vu des combats déterminants de cette Terre. Que pourrais-je vous raconter d'autres ? Il y a tant à dire au sujet de notre seigneur mais si peu qui vous évoquerez des choses. Ah si, vous avez rencontré ses deux fils !

- Ses fils ? Quand donc ? Demanda Nimuë.

- Elladan et Elrohir, pardi ! Vous ignoriez même leur noms ? Ce sont eux qui vous ont mené à nous.

Nimuë se revit demander si elle était morte à son sauveur, en voyant comme il était beau. C'était presque stupide, maintenant qu'elle savait qu'ils étaient des elfes. Elle avait trouvé si parfait celui qui était penché vers elle … Elle rougit légèrement sous le regard interrogateur de Luthwen. Mais celle-ci ne dit rien, bien que curieuse.

- Alors, j'ai une autre question, qui va peut-être vous paraître quelque peu … maladroite, dirons-nous. Mais pour tout vous dire, je n'avais jamais vu d'humain auparavant, ne sortant que peu de nos terres. Estel, mis à part, mais il est un homme donc ma question ne le concerne en rien.

- Je vous écoutes …

- Alors, je me demandais … Toutes les humaines sont-elles si petites ? Ou est-ce vous, qui êtes un cas particulier ?

Nimuë rougit davantage, mais de vexation. Sa taille était un sujet très prompt à la moquerie, et avait de tout temps été son point sensible. Cependant, elle devina dans les yeux de Luthwen une sincère curiosité et non une envie de se railler d'elle. Aussi répondit-elle à la question :

- Je suis plus petite que le voudrait la norme, dit-elle prudemment. De beaucoup, en réalité, rajouta t-elle avec un sourire. Mon frère me disait souvent que j'avais la taille d'une naine.

- Oh, je pense que vous êtes un peu plus grande qu'une naine, tout de même, s'exclama Luthwen en regardant le corps de la jeune femme. Quoi que je n'en ai pas plus rencontrés que des humaines, avoua t-elle ensuite dans un rire.

Nimuë se joint à son rire avec plaisir, et se rendit compte que cela faisait fort longtemps qu'elle n'avait pas rit ainsi. Des mois, pour ainsi dire. Depuis l'annonce du départ de son frère. Elles entendirent soudain frapper à la porte. Luthwen se leva prestement du lit, et remit en place sa belle robe d'un bleu-gris, avant d'aller ouvrir la porte.

- Mon seigneur, salua t-elle.

- Je vous remercie, Luthwen, vous pouvez disposer, il n'arrivera rien à votre protégée, sourit doucement le nouvel arrivant.

- A votre aise, dit-elle en s'inclinant avant de sortir.

Nimuë observa l'homme, ou plutôt devrait-on dire l'elfe, qui venait d'entrer. Ainsi c'était lui, le Seigneur Elrond … Il n'était pas commun, même pour un elfe, pensa t-elle. Il avait et imposait une aura assez particulière. Sa chevelure était aussi sombre que le crépuscule et cela avait été encore plus marquant lorsqu'il s'était trouvé à côté de Luthwen, à la chevelure de soleil. Ses yeux gris la transperçaient, comme s'ils cherchaient à lire dans son esprit. Nul doute, il avait bien l'air d'un seigneur, tant il était beau de sa personne. Et il avait bien l'image que se faisait Nimuë d'un roi. La jeune femme avait cependant du mal à l'imaginer ayant vécu plusieurs âges, tant il paraissait en forme et loin d'un vieillard.

- Bonjour, jeune humaine, lui dit-il en s'approchant. Je suis heureux de vous voir enfin éveillée. Je vois à votre regard que vous savez qui je suis et j'avoue souhaiter avoir le même privilège à votre égard.

- Oh, pardonnez-moi, je suis Nimuë.

Elle tiqua soudainement sur un mot qu'avait dit l'elfe.

- Enfin ? Pourquoi enfin ? Ai-je dormi si longtemps ?

- Voilà huit jours que vous étiez à demi-consciente, et quatre que vous êtes arrivée à Imladris.

- Demi-consciente ? Répéta t-elle. Je ne me rappelles pourtant n'avoir vu vos fils qu'une fois … Comment ai-je pu voyager quatre jours avec eux, sans même en garder un souvenir ? Cela me semble impossible …

- Vous étiez sous l'influence d'une forte fièvre, mon enfant, et pour ne rien arranger, l'incendie dont vous vous êtes échappée, à la vue de l'état dans lequel mes fils vous on conduit, a fortement abîmé votre système respiratoire. Il n'y a donc rien d'étonnant à la perte de vos souvenirs, n'aillez aucunes craintes là-dessus.

- A ce propos … Je vous remercie de m'avoir soigné, Seigneur Elrond, et je vous promets de ne pas abuser de votre hospitalité trop longtemps. Je me mettrais en route dès demain si vous pouvez me fournir une carte pour aller jusqu'à Bree.

L'elfe sourit de la fougue dont était pourvu les jeunes humains.

- Je ne penses pas que cela soit judicieux, Nimuë. Vous venez à peine de éveiller, ne vous attendez pas à retrouver vos forces si aisément. En tant que guérisseur, je ne puis vous laisser partir ainsi, n'étant pas entièrement remise. Saviez-vous que vous étiez malade ?

- Je le savais. Ce qui m'arrive, je l'ignore, mais depuis longtemps la fièvre me prend par période, sans que l'on puisse rien y faire.

- C'est un moindre mal que vous avez, néanmoins, il demande a être traité et non à la légère. J'ai déjà vu, lors de mes voyages, de jeunes humains en mourir. Il serait préférable que vous restiez parmi nous un moment. Je pense que l'air d'Imladris vous ferra le plus grand bien.

- Mais ma famille …

Elrond lui lança un regard interrogateur et elle entreprit de lui raconter son histoire. Son enfance dans son village. Les drôles de traces découvertes dans les lieues environnantes et les mises en garde de Lian. Puis la nuit où les trolls attaquèrent son foyer. L'incendie. Les flammes. Sa fuite. Sa fièvre et son errance. Puis la rencontre inespérée des princes.

- Voilà des nouvelles préoccupantes. Je n'aime guère l'idée que des trolls quittent les Landes d'Ettens pour attaquer les humains. Et c'est une raison de plus pour vous de rester en sécurité ici, Nimuë. Je doutes que votre famille soit heureuse d'apprendre que vous avez entrepris un voyage seule pour les retrouver, alors que le nombre de dangers s'accroît en ces temps sombres. Ce serait folie que de partir pour Bree dans votre état et dans ces circonstances.

Mais étais-ce folie que de vouloir retrouver les siens ? Elle craignait pour elle-même si elle partait à leur recherche, il lui fallait l'avouer. Elle avait enfin trouvé un refuge, elle l'avait tant souhaité dans ses jours d'errances, dans cette sombre forêt. Elle n'avait pas été sauvée par n'importe qui, ni menée n'importe où. Elle répugnait à l'idée de retourner dans cette horrible forêt.

Nimuë s'inquiétait énormément pour sa famille. Allaient-ils tous bien ? Où étaient-ils ? L'attendaient-ils ? Ou pensaient-ils qu'elle était morte ? Pourtant, l'absence de son frère s'était faite moins vivace depuis son réveil à Fondcombe. Comme si la citée était pourvue de quelques pouvoirs magiques, capables d'apaiser les maux de son cœur.

Elle songea.

Que lui restait-il au village ? Toute sa vie était partit dans les flammes. Tous ses souvenirs. Comment allaient-ils vivre à présent, sans l'auberge ? Ne serait-il pas mieux pour sa famille d'avoir une bouche en moins à nourrir ? Elle n'avait jamais voulu mourir dans cet ennuyeux village, quoiqu'elle est pu dire à Kay. Elle ne voulait pas devenir aussi fade que ces femmes qui vivaient là-bas. Même Bree lui semblait fade à présent, à côté de la citée elfique.

- Serais-ce égoïste de ma part d'accepter votre proposition, alors que ma famille s'inquiète de mon sort ? Comprenez, j'aimerais tant rester ici …

- Je ne pense pas que cela soit égoïste que de vous faire soigner et de vivre paisiblement. Néanmoins, si cela peut apaiser vos tourments, si un de mes messagers devaient partir pour l'ouest dans les jours à venir, je lui ferais porter un message à Bree, pour votre famille.

- Et que dirait-il ?

- Que vous êtes sauve et en sûreté et qu'ils n'ont d'inquiétudes à avoir vous concernant. Je ne pourrais cependant leur dire votre position, car les murs de Fondcombe sont bien gardés et secret depuis de nombreuses vies d'hommes.

- Je suppose que c'est la meilleure chose à faire …


Luthwen en sortant de la chambre de sa protégée s'était dirigée vers les jardins Ouest, près des petites cascades, et du kiosque où elle jouait lorsqu'elle était plus jeune.

- Dame Luthwen, salua une des suivantes qu'elle croisa.

L'elfe répondit à son salut et continua sa marche. Elle espérait bien que la petite humaine allait rester un peu. Elle apporterait sans nul doute un peu de jeunesse dans la citée et dans sa vie. Quel bonheur qu'Elladan et Elrohir l'eut sauvé dans cette forêt.

D'ailleurs, lorsque l'on parlait du loup, le voilà qui pointe sa queue, songea la belle elfe.

- Luthwen ! Nous vous croyions au chevet de notre protégée.

- En avez-vous déjà assez de jouer les suivantes ? Cela doit être pénible pour une Dame de si haut lignage, se moqua Elrohir.

- Pas du tout, Elrohir, puisque c'est mon choix et que j'en suis très satisfaite. C'est votre père qui m'a congédiée pour parler à Nimuë.

- Nimuë ? Voilà un nom qui ne sonne pas très commun, pour les humains, remarqua Elladan.

- Mais c'est une bonne nouvelle qu'elle se soit enfin éveillée ! Je commençais à croire que nous l'avions trouvée trop tard, ajouta Elrohir.

- Vous seriez vous attachés à cette petite humaine, messieurs ? Nargua Luthwen avec malice.

- Cela serait difficile de ne pas le faire, non ? Elle ressemble à une enfant et semblait si pitoyable quand nous l'avons sauvée.

- Et il m'est avis que nous nous sommes pas les seuls, rit Elrohir, vous semblez impatiente de la connaître, mon amie !

Les trois elfes se regardèrent, complices. De toujours, Luthwen fut celle qui réussit le mieux à s'approcher des jumeaux, si on ne comptait le jeune Estel. Mais Luthwen trouvait que cela ne comptait pas, car le jeune humain avait été élevé par Elrond, comme l'un de ses fils, et c'est donc une relation fraternelle qui s'était établie immédiatement.

La réflexion d'Elladan lui fit soudain penser à une chose, et elle partit vers ses appartements, après avoir salué ses deux amis.


- Je vous sens bien triste, tout à coup, Nimuë, lança Luthwen qui était de retour dans la chambre de sa nouvelle protégée, bien décidée à ne pas la quitter d'un cheveu. La robe ne vous plait-elle pas ?

Le soir était venu et Elrond avait finalement autorisé la jeune femme à se lever sous condition que Luthwen soit présente, au cas où. Elle avait même eu le droit de sortir de sa chambre pour venir dîner dans la grande salle. Pour cette occasion, Luthwen était apparue dans sa chambre avec un grand nombre de robes sur le bras. Elle en avait sortit une d'un vert sombre, décorée d'argent qu'elle avait tendue à la jeune humaine.

- Cette robe est bien trop belle pour moi, lui répondis Nimuë. Je ne m'y sens pas à ma place, elle siérait mieux à une Dame de haute naissance.

- C'est ridicule ! Vous êtes la plus belle humaine que je n'ai jamais rencontré ! S'exclama l'elfe.

Nimuë se tourna vers Luthwen avec un regard perplexe.

- N'avez-vous pas dit, tout à l'heure, que j'étais la seule que vous ailliez jamais vu ?

- C'est vrai, rit doucement Luthwen arrachant un sourire à la jeune humaine. Mais je suis sûre que les autres humaines ne sont pas si mignonne que vous ! Regardez, vous avez encore les pommettes hautes et rebondies des enfants !

- C'est assez pitoyable d'être mignonne, entourée d'êtres si parfait que les elfes … A ce propos, comment avez-vous eu toutes ces robes à ma taille ?

- Ce sont les miennes, expliqua Luthwen.

- Les vôtres ? Vous moquez vous de moi ?

Si Nimuë était aussi mince et maigre en forme que Luthwen, celle-ci était bien plus grande. Déjà, à l'avis de la jeune humaine, l'elfe était plus grande qu'une humaine normale, mais alors comparé à une petite femme comme elle …

- Mais pas du tout ! S'offusqua Luthwen. Ce sont bien les miennes, mais celles datant de l'époque où je n'étais encore qu'une enfant.

- Je vois, soupira Nimuë, un peu vexée.

Luthwen perdit son sourire.

- Ce n'est pas vraiment la robe, le problème, n'est-ce-pas ?

- Je m'inquiète pour les miens. J'ai des scrupules à me trouver dans un endroit si magnifique alors qu'ils doivent être fou d'inquiétude à mon encontre.

Luthwen garda silence, puis finit par poser une question qui la turlupiner.

- Votre vie vous plaisez t-elle, Nimuë ?

- Pardon ?

- Aimiez-vous votre vie ? Ce que vous faisiez ?

- Je … Et bien … J-Je n'en suis plus certaine.

- Et pensez-vous sincèrement que cela soit mal de vivre vraiment votre vie ? Pour vous, et seulement pour vous ?

- Non mais ce n'est pas le dessein d'une femme de … Enfin … dit Nimuë, affreusement gênée.

- Je connais les coutumes des hommes. Elladan m'en a dit des choses, guère plaisante parfois. Je vous devine en âge de prendre époux, je me trompe ? Et vous n'aurez vraisemblablement pas grands mots à dire au choix qui serra fait ?

- Je ne le pense pas, en effet … Mais je crains de ne pas comprendre où vous souhaitez venir ? Interrogea la jeune femme.

- L'avantage certain de ne plus avoir d'hommes dans la famille, c'est que selon les lois, plus personne ne peut vous donner d'ordres, le souverain mis à part. Vous pouvez vivre de la façon qu'il vous plaît !

- Mais j'aime tellement ma famille que je ne peux concevoir de les abandonner …

Luthwen soupira doucement. Il était difficile de faire entrer un peu de sagesse dans l'esprit de Nimuë. Les humains étaient-ils tous si têtu ?

- Les choses arrivent toujours pour une raison, Nimuë. Parce que les Valars l'ont bien voulu.

- Je ne pense pas que le dessein des Valars étaient de faire une attaque sur mon village et d'entraîner la mort de plusieurs des miens, répondit sèchement la jeune femme.

- Ce n'est pas ce que j'entendais ! Les Valars ont voulu que vous vous en sortiez ! Votre jument vous a conduite jusqu'à nos terres, argua t-elle en repensant au récit que lui avait plus tôt la jeune femme.

Nimuë lui adressa un peu de son attention.

- Imaginez-vous la chance que vous avez eu de rencontrer des elfes, si loin d'Imladris, alors que vous étiez mourante ? Continua Luthwen. Je ne crois guère à la chance, mais je crois aux Valars, ainsi qu'au destin. Si vos pas se sont éloignés de ceux de vos proches, il est probable que votre destin se trouve ailleurs.

- Je trouve que cela ressemble fortement à un prétexte pour ne pas avoir de remords.

- C'est vous qui construisez votre destin, Nimuë. J'en vois deux à votre portée. Celui de retourner à votre vie d'avant. Et je ne le trouve pas très réjouissant.

En toute honnêteté, Nimuë non plus.

- Et l'autre ? Demanda t-elle.

- Celui que vous pouvez écrire.

Elle marqua un silence, sentant sa protégée de plus en plus convaincue.

- Voulez-vous mon avis ?

- Il me semblait que vous étiez déjà en train de me le donner.

- Non, ce n'était que des conseils, libre à vous d'en tenir compte ou non, car je ne pourrais choisir à votre place. Néanmoins, j'aimerais vous dire une chose.

- Allez-y …

- Je crois que vous savez ce que vous voulez faire … Mais que vous avez peur … Peur pour les vôtres. Mais surtout, peur du changement … Sans vouloir vous offensez.

- Vous ne m'offensez pas, je pense même que vos paroles sont justes et pertinentes. Je suis un peu perdue. Énormément pour dire vrai ...

- Savez-vous ce qui aide à bien réfléchir ? Demanda Luthwen avec un sourire immense.

Nimuë hocha négativement la tête, surprise de ce revirement de situation.

- La nourriture ! On nous attend, et il serait fort impoli d'être en retard ! Vous aurez bien le temps de réfléchir plus tard, même si je vous déconseille de trop penser. Allons, hâtons-nous !

Sur ces mots, elle saisit le bras gauche de la jeune humaine et l'entraîna au dehors de la chambre, dans les dédales merveilleuses de la citée elfique, sous les yeux ébahis de Nimuë.


Voilà, un chapitre très serein comparé au précédent, n'est-ce-pas ?

Ainsi donc c'était Elladan et Elrohir ses sauveurs, comme nombres d'entre vous l'avaient deviné. Ne puis-je donc faire aucun suspens ? ;)

Nimuë est donc arrivée à Fondcombe et commence enfin une nouvelle vie. Pleines de futurs rencontres et de futures aventures.

J'espère que ce chapitre vous a plut ? N'hésitez surtout surtout pas à donner vos impressions, bonnes ou mauvaises.

Bon week-end à tous !

Kalwen

PS: Quel nain préférez-vous ? En toute curiosité, bien sûr.