Fabliau Klingon - 4
Spohkh la posa à terre quand ils furent dans la chambre de Kahn'ess. Il l'avait gardée contre lui pendant tout le trajet.
- Met la sur le lit.
Sur le lit... Il désobéit et la posa debout à coté de lui, tremblante. Il tenta de raisonner son maître :
- Général, c'est une humaine. Elle appartient à une race extrêmement fragile, physiquement et émotionnellement.
Kahn'ess ne répondit rien. Après l'avoir vue blottie dans les bras de Spohkh, après avoir perçu le trouble qu'elle provoquait en son Vulcain, il s'était mis à la désirer avec violence. Il la voulait et il l'aurait. Et il savait parfaitement comment obtenir ce qu'il voulait sans avoir besoin de recourir à la violence. Il laissa à Spohkh un peu de temps pour commencer à apprivoiser cette humaine. Comme s'il l'avait deviné, son Vulcain se pencha doucement sur l'Humaine.
- Dites-moi, jeune Humaine. Demanda Spohkh d'une voix calme d'où perçait de la bienveillance; Quelle tache vos maîtres avaient-ils confiée ?
Elle prit une grande respiration pour essayer de ne pas paniquer :
- Je gardais leurs petits enfants, monseigneur.
C'est pour cette raison qu'elle avait survécu, elle avait dû être traitée à peu près correctement, comme un jouet rare. Elle était maigre, mais semblait en bonne santé
- Tu n'as jamais été utilisée sexuellement? Demanda Kahn'ess un peu abruptement
Elle eut un geste de recul et de dégoût face à la crudité de ces propos, horrifiée par ce que cela impliquait pour elle. Kahn'ess ne releva pas le bref regard réprobateur de Spohkh.
- Non, monseigneur !
- Tu es jolie, Tu me plais. Dit Kahn'ess d'une voix rauque de Spohkh connaissait trop bien.
Le Vulcain sentit l'aiguillon de la jalousie s'emparer de lui. Il lutta pour chasser ce sentiment irrationnel. S'il appartenait à Kahn'ess, l'inverse n'était pas vrai. Et cette humaine était plus une victime qu'une rivale, une victime terrorisée.
- Commence par lui ôter ce collier, ça lui abîme le cou. Ensuite, soumet-la pour moi avec tes doigts magiques. Ainsi, elle ne se débattra pas et je ne l'abîmerai pas
L'Humaine se mit à trembler plus violement. Elle s'éloigna de quelques pas du Vulcain.
- Maître, ce n'est pas moral! Protesta Spohkh sans pour autant lever le ton. Vous voyez bien qu'elle est terrorisé et en aucun cas consentante.
- C'est sans doute immoral pour un Vulcain. Mais moi, je suis Klingon, elle est à moi et je la veux.
- Vous savez que vous pouvez vous accoupler avec moi autant que vous le voulez. Rétorqua Spohkh impassiblement
- Ne t'inquiète pas, ton tour viendra, après elle. Répliqua Kahn'ess la voix remplie de sous-entendus
- Je n'ai aucune inquiétude. Pourquoi forcer cette humaine au risque de la briser?
- Fais ce que je t'ordonne. Grommela Kahn'ess qui commençait à perdre patience
- Ne pouvez-vous attendre au moins qu'elle s'habitue à votre présence ? Insista Spohk
- Ça suffit! Je la veux maintenant ! Je sais que tu es capable de la soumettre sans violence. OBEIS !
Spohkh comprit que cette fois-ci, aucun de ses arguments ne le ferai changer d'avis. Il se résigna à lui obéir, une fois de plus.
Elle avait assisté à leur échange avec étonnement. Cet homme étrange au visage impassible et à la voix sans émotion bravait leur maître pour prendre sa défense. Elle se sentit reconnaissante envers lui, même si il avait échoué à lui épargner ce qui l'attendait.
- Comment vous nommez-vous, jeune Humaine ? Demanda Spohkh en laissant à nouveau percer sa sollicitude.
- Naëlys. Bredouilla-t-elle
- Essayez de vous détendre, Naëlys et tout se passera bien. Je ne vous veux aucun mal.
- Est ce que cela va être douloureux ? Supplia-t-elle en tremblant
- Non, il s'agit d'une forme d'hypnose. Je ne lirai rien dans votre esprit, je vais simplement en chasser toute peur. Essayez de vous détendre, ce sera totalement indolore, vous avez ma parole.
Cela faisait longtemps qu'il n'avait établi de fusion mentale avec une autre personne. Il posa ses doigts sur son visage, avec douceur, et elle ne lui opposa aucune résistance. Il perçut que cet esprit était d'une grande douceur. Il sentit qu'elle vivait dans la peur en permanence. Irrationnellement, il eut profondément envie de la protéger. Dans ce monde où la violence régnait en maître, un être aussi fragile ne pouvait pas survivre sans protection.
Il savait qu'il ne pouvait rien faire pour arrêter Kahn'ess. Il ne voulait pas qu'elle subisse cet accouplement forcé comme un traumatisme, mais comment procéder ?
Naëlys ferma les yeux. Elle sentit quelque chose frôler son esprit... elle perçut une présence chaleureuse et protectrice, réconfortante contre laquelle elle vint se réfugier. Elle avait tant besoin de se sentir protégée. Était-ce l'esprit de cet homme étrange aux oreilles pointues? Cette présence bienveillante semblait lui demander de lui faire confiance, et elle décida de la lui accorder. Elle prit conscience qu'elle avait de moins en moins peur, son corps cessa de trembler, le nœud dans sa gorge disparut. Quand elle les rouvrit, elle s'étonna à trouver que le général était beau, et ressentit une étrange chaleur au creux de ses reins. Elle remercia Spohkh en pensée.
Spohkh avait réussi. Naëlys n'éprouvait plus aucune peur et il avait même réussi à semer en elle les graines d'un désir physique. Il n'en éprouva cependant aucune satisfaction. Même s'il lui épargnait la souffrance, il n'en était pas moins complice d'un abus.
Lentement, sur un geste de Kahn'ess, Spohkh ôta à Naëlys tous ses vêtements, qui ne les quitta pas de son regard brûlant. A nouveau, il la souleva, avec délicatesse, et la posa, doucement, sur le lit où le Klingon était déjà nu. Son corps puissamment musclé était couvert de cicatrices.
- Soyez doux avec elle et patient, Général. Je lui ai enlevé sa peur, mais celle-ci peut revenir au moindre geste un peu brusque
- Rassure-toi, je n'ai pas envie de la casser. Répliqua-t-il d'une voix rauque
Elle s'allongea en tremblant, mais ce n'était plus de la peur. La main de Spohkh se posa sur ses cheveux, comme pour maintenir ce fragile état de confiance. Elle sentit confusément que cette main émettait une douce chaleur, presque protectrice.
Kahn'ess se pencha sur elle et prit sa bouche dans un baiser. Timidement, elle y répondit et il en fut satisfait. Une fois de plus son Vulcain avait fait exactement ce qu'il fallait. Il prit le temps de visiter longuement sa bouche en la serrant aussi doucement que possible contre lui. Douce fragile Humaine.
Il glissa ses lèvres et ses mains sur son cou, descendit sur ses seins, les câlina avec gourmandise, elle frémit. Il les sentit durcir sous ses attentions.
Kahn'ess poursuivit sa flânerie le long de son corps, se délectant des soupirs qu'il obtenait d'elle. Couché tout contre Naëlys, Spohkh posa un chaste baiser sur sa joue, afin de la rassurer. Dans sa vie d'avant, il se souvenait avoir lu que les gestes de cette nature étaient considérés comme sécurisant pour les humains.
Elle avait les deux mains posée à plat sur le lit, paume vers le haut. Pris d'un désir subit, Spohkh posa son index et son majeur sur les siens en un baiser Vulcain. Il resta attentif à la réaction de Naëlys, prêt à retirer sa main au moindre signe de rejet. Elle tourna son regard vers Spohkh, cet affleurement était si doux. Il y avait comme un appel dans ces yeux, une demande qu'il comprit. Il se pencha sur elle et déposa un chaste baiser sur ses lèvres, et elle ferma les yeux pour mieux le recevoir.
Kahn'ess les regarda faire avec un sourire satisfait, en se promettant d'ordonner à Spohkh de lui faire à lui aussi cet attouchement avec les doigts qui semblait tant émouvoir cette Humaine.
Naëlys était de plus de plus troublée. Ces deux hommes n'avaient que des gestes très… doux…? Spohkh la frôlait à peine de ses doigts sur les siens, de ses lèvres sur les siennes avec un respect absolu, Kahn'ess la caressait avec empressement mais sans violence aucune
Naëlys eut un gémissement étonné quand la bouche Kahn'ess s'attaqua aux chairs fragiles entre ses cuisses. Il prit le temps de l'explorer dans ses moindres recoins avec gourmandise et eut la satisfaction orgueilleuse de lui arracher un orgasme rien qu'avec ces attentions : il l'avait vaincue. A présent, il savait qu'il ne risquait plus en aucun cas de la blesser. Ce qui allait lui donner l'opportunité de recommencer, plus tard...
Mais pour le moment, il était temps pour lui de s'approprier ce corps vierge. Il s'allongea sur elle et la pénétra avec précaution. Il avait oublié combien le sexe d'une femme était différent de l'intimité d'un homme. C'était moelleux, infiniment ouaté, délectablement chaud et humide... Doucement, sans violence, il la posséda. Il la fit gémir, encore et encore. Il acheva de gagner sa confiance : elle l'enserra de ses bras, s'ouvrit à lui. La fragilité de ce corps contre le sien excitait encore plus ses sens. Patiemment, il l'amena jusqu'à la jouissance, puis l'orgasme et il en retira un plaisir sans nom.
Il l'embrassa une dernière fois puis il se leva. Il contourna le lit. Il baissa soudain le pantalon de Spohkh qui était resté allongé à coté de Naëlys. Le Vulcain ne protesta pas quand il l'empoigna par les hanches, il ne protestait jamais. Sans autres formes préliminaires, il le pénétra. Spohkh ne put se retenir de geindre de surprise et de douleur mêlés. D'habitude, Kahn'ess prenait au moins le temps de faire monter le désir, il ne comprenait pas. Avait-il provoqué la colère du général en embrassant Naëlys?
Kahn'ess était violent, et chaque coup de rein lui arrachait un gémissement rauque, à la limite de la douleur. Spohkh se mordit les lèvres pour retenir ses soupirs, mais ce n'étaient plus des gémissements de souffrance, contre toute attente, cette violence possessive lui fut hautement excitante.
Kahn'ess avait un but, rapprocher affectivement cette femme de Spohkh en éveillant son empathie. Une fois cela fait, son Vulcain allait pouvoir apprivoiser cette Humaine pour lui. Son Spohkh était fort et solide, il savait qu'il pouvait résister à cette violence... et visiblement, il y prenait du plaisir, il en reconnaissait les signes.
A nouveau effrayée, Naëlys dévisagea la scène avec des yeux ronds. L'homme aux oreilles pointues ne montrait pas sa douleur, mais elle avait deviné à ses premiers gémissement qu'il souffrait. La compassion emplit son cœur, exactement comme Kahn'ess l'avait prévu. Elle pensa que c'était à son tour d'apporter du réconfort, elle prit la main de Spohkh et la serra dans la sienne, tentant maladroitement de reproduire ce contact apaisant avec ses doigts. Il leva sur elle des yeux étonnés. Ses doigts hyper-sensibles lui transmettaient la profonde compassion de cette humaine
Soudain, Kahn'ess le bouscula si brutalement que Spohkh tomba le nez sur la poitrine de Naëlys. Aussitôt, elle l'enlaça, comme pour le protéger. Spohkh frémit à ce contact si doux, à la fois physique et mental.
Kahn'ess cessa aussitôt d'être agressif et se fit voluptueux. Spohkh perdit à nouveau sa raison et le plaisir l'emporta soudain davantage. Convulsivement, il entoura Naëlys de ses bras, et elle le serra contre lui. L'humaine avait une odeur délicate et si délicieuse. Spohkh releva la tête, vit sa compassion absolue. Il saisit son visage et lui vola un long baiser, qu'elle accepta et lui rendit sans éprouver de crainte. Kahn'ess adoucit ses vas et vient le temps de ce baiser. Puis le visage de Spohkh retomba contre l'épaule de Naëlys et il se laissa emporter par la jouissance…
ooo
Naëlys s'éveilla au matin. Spohkh achevait d'habiller son maître. Kahn'ess allait sortir, puis se ravisa.
-Hum… je suis en avance ! Chuchota-t-il. Très en avance…
Elle s'étonna de ce chuchotement, comme s'il respectait son sommeil ?
Il s'assit et déboutonna sa braguette. Spohkh tournait le dos à Naëlys aussi elle ne vit pas que cela ne lui déplaisait pas. Il vint s'agenouiller et Kahn'ess l'empoigna par les cheveux, avec une jubilation visible.
Tevakh'es Wun t'nash-veh ! répétait-il dans une langue qu'elle ignorait, et que pourtant, elle comprit. Pourquoi disait-il de monsieur Spohkh qu'il était une arme mortelle ? Naëlys ferma les yeux, essaya de penser à autre chose. Mais elle ne pouvait pas ne pas entendre les soupirs étouffés et les mots étranges. Elle ne les rouvrit que lorsqu'elle entendit la porte se fermer.
-Avez-vous bien dormi, Naëlys ? Demanda aussitôt Spohkh de sa voix si rassurante
- ... oui... merci...
Naëlys s'assit sur le lit en empoignant convulsivement les couvertures autour d'elle.
- Il est illogique de vous cacher ainsi, puisque nous étions nu tous les trois cette nuit.
Naëlys rougit.
-Nous n'avons pas de temps à perdre. Un tailleur viendra ce matin prendre vos mesures, le Général veut que vous ayez une élégante garde robe, il veut que vous soyez jolie.
Naëlys leva la tête, balbutia :
-… jolie, moi ?...
Depuis son arrivée sur Qo'noS, les Klingons n'avaient cessé de lui faire comprendre qu'elle n'avait aucune beauté. D'une certaine façon, même si c'était un peu blessant, cela l'avait rassurée. Mais ce général n'était clairement pas comme les autres Klingons.
Spohkh s'assit tout près d'elle.
- Cela semble évident. Tout d'abord, vous êtes un bien précieux qu'il se doit de mettre en valeur. Rares sont les humains qui ont survécu sur cette planète. Ensuite, comme vous l'avez remarqué, il a pris soin à ne pas vous blesser et à vous mener à l'orgasme lors de l'accouplement. Les probabilités pour qu'il veuille recommencer sont grandes.
- Oh! Murmura Naëlys choquée par les propos de cet homme étrange.
Mais Spohkh ne comprit pas la raison de son soudain rougissement.
- Voudriez-vous me dire de quelle planète vous venez?
- Bin... la Terre. Répondit-elle visiblement étonnée
- Et sur quel vaisseau naviguiez-vous ?
- Et bien, sur celui de... ces gens bizarres qui m'ont amenée ici
Spohkh ne put se retenir de hausser un sourcil.
- Quelle était la date stellaire en cours lors de votre capture?
- Une date stellaire? Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'on était en mars 2016, et vous ?
- Mars 2166, en année terrienne. Je suis un Vulcain.
- Je n'avais jamais vu de personne comme vous, ou comme ces gens qui m'ont enlevée, tout comme je n'avais jamais vu de Klingon avant d'arriver dans ce monde... primitif
- Nous sous situons dans le passé par rapport à nos univers d'origine.
- Ces... gens, ceux qui nous ont enlevé et amené ici, ils ont la capacité de voyager dans le temps ?
- Avait. J'ai programmé l'auto-destruction de leur vaisseau.
Il y eut un silence
- Je vous reconnais ! S'exclama-t-elle. Vous êtes celui qu'ils ont battu devant nous parce que vous avez aidé plein de gens à s'enfuir !
Spohkh repensa à ses frères de race. Cela faisait longtemps que cela ne lui était plus arrivé. Plus jamais il ne verrait Vulcain, plus jamais il ne retournerait dans son monde, plus jamais il ne pourrait avoir de contact avec d'autres Vulcains. Il leur avait permis à tous de fuir, emmenant avec eux plus de la moitié des autres captifs de toutes espèces. Il écrasa impitoyablement son sentiment de solitude.
- Tout cela appartient au passé. Décréta-t-il calmement. Nous ne devons plus y penser et nous adapter à ce monde. Je vais vous donner de quoi vous vêtir
ooo
Dans la salle à manger des appartements du maître, un petit déjeuné composé de fruits et de céréales les attendait. Naëlys regarda ces aliments avec étonnement.
- Le maître sait que les Vulcains sont essentiellement végétariens. Expliqua Spohkh. Je lui ai par ailleurs expliqué que les humains ne mangeaient pas de viande crue. Vous aurez désormais une nourriture adaptée aux besoins de votre organisme.
Pour la première fois depuis plus de deux ans, Naëlys mangea sans dégoût et cela lui fit un bien immense. Un serviteur emporta la vaisselle.
Le couturier entra. Spohkh lui expliqua ce que le maître voulait. Naëlys ne parla pas, elle se sentait trop mal à l'aise, elle prenait conscience de son nouveau statut... d'esclave-à-plaisir comme les Klingons les nommaient. Elle choisit du doigt sur le livre de modiste les robes qu'elle trouva les plus jolies, mais toujours les moins décolletées, dans le vain espoir de ne pas attirer le désir de son nouveau maître. Spohkh ne la quittait pas de ses yeux vigilants. Le tailleur repartit.
-Venez, j'ai quelque chose à vous montrer.
Naëlys le suivit. Tout au bout du couloir, il ouvrit une porte et la fit entrer. C'était un grand jardin d'intérieur, sous son abri de serre. Les plantes à l'abandon s'étouffaient entre elles.
-C'est à vous. Pour le moment, c'est la seule distraction que je peux vous proposer.
Enfin, Naëlys sembla retrouver un peu de vie :
-Pour moi ?
-Oui. Moi je ne sais pas y faire, cela n'intéresse pas le maître, et nous ne voulons pas le confier à des serviteurs. Croyez-vous pouvoir lui redonner vie ?
A posteriori, Spohkh s'étonna d'avoir utilisé le pronom nous. Il est vrai que le maître ne tolérait aucune présence extérieure en ces lieux, mis à part une femme de ménage. Et le Vulcain se surprit à ressentir la même chose en posant les yeux sur cette Humaine.
-Oh oui ! S'extasia-t-elle
-Demandez-moi tout ce dont vous aurez besoin. Savez-vous lire et écrire le Klingon ?
- Oui, j'ai appris avec les enfants.
- Je vais vous donner de quoi écrire. Ensuite je devrai partir car mon devoir m'appelle auprès du général. Personne, à part le maître et moi, et vous aussi maintenant, n'a le droit de rentrer dans ces appartements sans notre permission. Nul ne viendra vous menacer… vous pouvez aller où bon vous semblera. Mais surtout ne sortez pas des appartements du maître, il l'a interdit. Je sais que les humains détestent la solitude. Pensez-vous que vous la supporterez?
-Oui, merci monsieur.
-Appelez-moi Spohkh. Je suis un esclave, tout comme vous.
-… je ne sais pas si… je ne… c'est que…
-Ce n'est pas un problème, Naëlys. Appelez-moi comme il vous plaira.
ooo
- Alors, ça a marché ? Demanda Kahn'ess en levant le nez de son dossier.
- Naëlys a répondu positivement à ce présent. Mais les humains ne sont pas fait pour vivre en solitaire, il lui faudrait de la compagnie.
- Cette esclave est un bien trop précieux pour que je prenne le risque qu'elle soit abîmée par une Klingonne jalouse et je ne veux pas d'autres mâles auprès d'elle que toi et moi.
- Je comprends. Il est d'ailleurs probable que cela ait pour effet d'implanter en elle un syndrome de Stockholm.
- Qu'est ce que c'est ?
- Lorsque des humains sont en captivité, s'ils sont bien traités, il peut arriver qu'ils se mettent à éprouver des sentiments d'attachement envers leur geôliers. C'est un réflexe adaptatif.
- Que voilà une particularité très intéressante ! Sourit Kahn'ess avec intérêt.
En effet, songea Spohkh. Il se rendit soudain compte que, tout Vulcain qu'il était, il avait probablement dû lui-même développer une forme de ce syndrome envers son maître. Il ignorait que les Vulcains puissent avoir un tel comportement adaptatif.
ooo
Spohkh ne revint que quatre heures plus tard. Naëlys avait déjà commencé à tout remettre en état. Elle avait trouvé la remise et les outils. Elle sursauta à son entrée.
-Venez, il est temps de manger. Le général vous réclame auprès de lui.
Elle frissonna mais le suivit jusqu'à la salle à manger où Kahn'ess se trouvait déjà. Il lisait des piles de parchemins et de livrets. Il se leva et vint les rejoindre à table. Le nez dans son assiette, Naëlys n'osait pas regarder les deux hommes. Ils parlèrent travail, réunions, nouvelles lois, décisions gouvernementales à prendre… Kahn'ess s'investissait à fond dans son rôle de premier ministre, tout en bougonnant contre les contraintes que cela lui imposait. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait eu le temps de partir se balader à dos de Sargh… il passait toutes ses journées enfermé, à œuvrer encore et encore, le pays était dans un tel état de délabrement suite à ces guerres à répétitions…
-Il n'y a qu'une besogne pour laquelle je n'éprouve jamais de lassitude ! Conclut-il en se levant.
Il prit la main de Naëlys et la tira à lui afin qu'elle se lève. Il la serra contre lui, ses lèvres dans son cou. Il la fit s'asseoir sur ses genoux. Ses mains cherchèrent le passage entre les jupons… Naëlys tenta de garder son calme, mais n'y parvint pas.
Soudain, elle gifla Kahn'ess et se leva en le repoussant. Figé de surprise, il la contempla avec des yeux ronds. Même Spohkh haussa un sourcil. Kahn'ess se frotta la joue, elle n'y était pas allé de main morte !
- Pardon! S'exclama-t-elle abasourdie, terrifiée, par ce qu'elle avait osé faire. Pardon!
Mais Kahn'ess se contenta de la contempler sans aucune colère, avec un regard... gourmand? Spohkh s'accroupit devant son maître, posa sa main sur sa ceinture qu'il commença à détacher.
-Sortez, petite Humaine. Ordonna-t-il paisiblement. Je prends le relais.
- Ha. Spa'uh t'nash-veh [oui, mange moi] Grommela Kahn'ess avec satisfaction.
Déjà Kahn'ess avait empoigné ses cheveux et ne semblait ne plus s'apercevoir de sa présence. Naëlys partit en courant. Elle alla se réfugier dans le jardin d'hiver. Elle se laissa tomber à terre et éclata en sanglots.
...
-Elle a du caractère, cette petite ! Dit Kahn'ess avec un étrange sourire. Un vrai petit qu'bogh vIghro' (chat sauvage)! Elle me plait de plus en plus!
-Vous lui avez fait peur en lui sautant dessus comme vous l'avez fait. Dit Spock entre deux baisers sur son membre dressé. Elle nous craint, vous le savez. Souvenez-vous qu'elle n'a jamais connu d'homme avant vous. Ce n'est pas ainsi que vous initierez chez elle ce syndrome de Stockholm !
Il avait comme un reproche dans le ton de Spohkh qui ne s'en rendit pas compte. Mais que Kahn'ess l'avait parfaitement perçu
-Cette petite te plait ?
Spohkh sursauta presque, et faillit le mordre. Il releva la tête vers son maître.
-Tu m'as fait mal. Protesta mollement Kahn'ess. Répond-moi, elle te plait ?
-Je ne veux pas vous mentir, oui, elle éveille mon intérêt… Elle semble si fragile que je ressens l'irrationnel désir de la protéger
- Je vois, tu as envie de la protéger, comme tu me protèges, moi.
-… moi, vous protéger, vous ?
-Tu es encore plus possessif que moi, je ne suis pas aveugle. Cette petite t'a troublé.
Il ne servait à rien de mentir; Kahn'ess avait depuis longtemps percé ses défenses, et avait appris à le deviner.
-Oui.
-Et tu trouves que j'ai été méchant avec elle, ce midi, n'est-ce pas ?
Quel était ce fiel dans la voix de Kahn'ess ? Cette animosité troublante qui crispa le ventre de Spohkh d'un désir violent et malsain. Kahn'ess eut un sourire provocateur qu'il ne lui connaissait pas, il en était plus beau et plus désirable que jamais. Spohkh tenta de retrouver son calme, mais Kahn'ess ne lui laissa pas le temps d'entamer le processus.
-Que faut-il faire à ceux qui sont méchants ? Insinua-t-il avec du venin dans la voix
-… je ne comprends pas où vous voulez en venir.
- Réponds juste à ma question. Insista Kahn'ess dont la voix devenait rauque.
- Les rééduquer…
- ... mauvaise réponse, essaie encore.
- Les punir
-Oui. Répondit lentement Kahn'ess avec un sourire provocateur et carnassier.
Spohkh comprit enfin le sous-entendu, il eut un long frisson. Il se redressa, il hésita un moment, puis se décida. Il arracha son pantalon à Kahn'ess qui se laissa faire sans protester. Il l'agenouilla, le prépara sommairement à le recevoir et le posséda avec toute son agressivité.
Si Kahn'ess eut mal, il ne s'en plaignit pas, bien au contraire. D'autant plus que la souffrance fut de très courte durée. Il aimait trop quand son Vulcain abaissait ainsi son contrôle pour lui et laissait s'exprimer son agressivité enfouie. Il n'y avait aucune douceur, juste de la fureur passionnée. Son Vulcain cachait tant de force brute...
Une fois de plus, Kahn'ess était parvenu à lui faire lâcher prise. Dans cette position, à genoux devant lui, son maître était en son total contrôle. Spohkh lui exprima sa colère face à ce qu'il l'avait contraint à faire à Naëlys. Il fut violent, il eut besoin de lui faire mal, et Kahn'ess ne protesta pas. Mais Spohkh n'était pas une brute, et l'appel du plaisir fut plus fort que celui de la colère. Il ne fut pas long à trouver les mouvements qui le firent crier, mais pas de douleur…
Ce fut si intense qu'ils jouirent rapidement.
- Tevakh'es Wun t'nash-veh ! (mon arme létale) Grommela Kahn'ess avec satisfaction.
Spohkh se laissa glisser sur le sol, il n'avait même pas ôté son pantalon. Il dut reconnaître que cet accès de colère et d'agressivité lui avait fait du bien. Il fit un effort pour retrouver le calme de son esprit.
- Va la retrouver. Rassure-là. Tu as ma parole que je serai plus doux avec elle à l'avenir.
ooo
à suivre...
Quand Spohkh entra dans la serre, en fin de journée il la trouva endormie sur un banc. Il s'agenouilla et murmura :
-Petite Humaine.
Naëlys ouvrit les paupières. Ses yeux se remplirent de larmes.
Prenez le temps de me dire si vous avez apprécié ce chapitre...
