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Chapitre Quatre : Première partie

« Ed' ? Tu es prêt, ils ne vont plus tarder…

J'entrais dans ma chambre pour voir s'il était habillé. Edward eut un sourire contrit tout en essayant de nouer sa cravate. Je m'approchais et entrepris de le faire moi-même. Je sentais bien combien il était nerveux.

-Détends-toi, s'il te plait, murmurais-je en posant une main sur sa joue.

-J'essaie, soupira t'-il.

Je tapotais son torse gentiment.

-Tu verras, tout se passera bien. J'en suis sûr. Je sais très bien que ce n'est pas évident mais ils comprendront. Même ton frère.

Il croisa mon regard comme pour chercher le mensonge, seulement il ne trouva pas. Il hocha alors la tête, résolus à faire ce qu'il avait faire, c'est-à-dire, réparer ses erreurs. Il plongea dans mes bras pour chercher du réconfort. Je sentais mon cœur battre la chamade. Ça me faisait du bien à moi aussi. Finalement, je le repoussais doucement et nous allâmes dans le salon pour patienter. Edward s'assit sur le canapé et observa la table de la salle à manger. Était-ce possible d'être aussi nerveux qu'il l'était à ce moment-là ? Je l'ignorais. J'entrais dans la cuisine pour préparer les chips et autres petits crackers. Je les disposais ensuite sur la table basse du salon. J'étais dans la cuisine quand la sonnette retentit. Edward se figea et me regarda comme un chien apeuré. Je posais une main sur son épaule avant qu'il ne rejoigne la cuisine pour s'y planquer. Je soufflais comme si c'était la dernière fois avant un bon bout de temps. J'ouvris la porte sur mes parents. Ma mère m'enlaça tendrement comme mon père qui semblait heureux de me voir. Ca faisait un mois que je ne les avais pas revus. Une fois depuis que j'étais rentrée à Seattle, ce n'était pas énorme. Je pris les vestes et sac que je rangeais dans ma chambre. Se succéda alors Alice et Jasper, les parents d'Edward et pour finir ma sœur avec Emmet.

-Désoler Bella, Emmet à trainer à l'entrainement…

-Oh chérie, tu sais bien que la semaine prochaine on joue contre St Louis. On doit être au taquet si on veut passer les séries en tête.

Je souris en voyant ma sœur se disputer gentiment avec Emmet. Celui-ci jouait dans l'équipe des Seattle seahawks. Pour le moment, ils étaient deuxièmes au classement et Emmet était titulaire. Une véritable fierté pour lui qui avait beaucoup travaillé pour arriver à son niveau. Il était clair que jouer en League pro de la NFL était en soi, impressionnant.

Désormais tout le monde était présent, je devais jouer mon rôle d'intermédiaire. Je ne savais pas trop comment faire, pourtant ce n'était pas faute d'avoir longuement réfléchit sur le sujet. Je pris mon courage à deux mains et me lançais.

-Je vous ai convié ce soir, pour qu'on puisse tous faire une croix sur le passé. Une bonne fois pour toute. Quand je suis rentré de Los Angeles, il y a quelques temps, j'ai décidé d'arranger les choses. C'est pour ça qu'il y a un mois à peu près, j'ai retrouvé Edward…

Esmée posa une main sur sa bouche, ses yeux étaient humides et Carlisle entoura ses épaules d'un bras protecteur. Emmet détourna les yeux quand je le regardais. Alice serra la main de Jasper qui ne montrait pas la moindre émotion.

-Je l'ai convaincu de vous réunir tous, ce soir. Pour vous parler et surtout pour vous réconcilier. La vie est trop courte pour se battre, trop fragile pour que chacun d'entre nous ne se tourne le dos. Nous sommes une famille… Et les familles se pardonnent entre eux, quelques soient les fautes commises.

Je tournais la tête vers la porte de la cuisine pour voir Edward debout en train de me fixer. On aurait dit un enfant de Cinq ans ayant fait une bêtise et qui redoutait une fesser. Je m'approchais de lui et le pris par la main pour qu'il puisse faire face à tout le monde. Le salon resta plongé dans le silence, un bon moment. Personne n'osait dire quoique ce soit. Edward serra ma main plus fort. Je savais qu'à ce moment précis, j'étais un peu sa bouée de sauvetage.

-Je suis vraiment désoler, exulta Edward les larmes aux yeux. Je suis terriblement navré pour tout ce que j'ai pu dire ou faire. Vraiment, je m'en veux. Après notre dispute, j'ai regretté tout ce que je vous ai dit. J'ai voulu revenir et m'excuser mais j'étais trop lâche et en colère pour le faire. J'ai… Je sais que ce n'était pas facile pour vous de me voir me détruire. Je regrette d'avoir été aussi mauvais, aussi blessant.

Esmée n'y tenant plus se précipita vers son fils pour le serrer dans ses bras. Une étreinte maternelle faite de vraies larmes. Après ça, elle le mena jusqu'au canapé près de son père qui passa une main dans ses cheveux cuivrés. Edward raconta alors tout depuis le début. Tanya, le mensonge, la tromperie, les aveux d'Alec, sa déchéance, son mal être, ses larmes… J'étais dans un coin de la pièce à regarder la tempête passer. J'observais une famille se recomposer et redevenir ce qu'elle était. Je me sentais tellement mieux pour lui. Il était redevenu lui-même. Enfin, en partie parce que Tanya lui avait retiré une chose bien plus précieuse que son amour, sa confiance. Emmet fut plus perspicace. Il fallut une bonne engueulade entre eux pour que les deux frères puissent de nouveau plaisanter entre eux.

-Non mais tu te rends compte de ce que tu nous as fait subir ? On voulait juste t'aider et toi, tu nous as rejetés comme si nous ne représentions rien pour toi. Comme si nous ne valions pas mieux que cette connasse de Tanya. On te l'avait dit. Je ne suis pas fou, on t'avait prévenu ! On t'avait dis comment elle était, comment elle se foutait de la gueule de chaque mec avec qui elle était sortie…

-Si Emmet, tu me l'as répété plein de fois. Mais seulement, j'étais trop fière et trop naïf pour l'accepter. Je croyais qu'elle changerait pour moi. Et puis, tu sais pourquoi… Je suis sorti avec elle. Tu le sais !

-Arrête de trouver de fausse excuse. Tu es trop faible Edward, tu sais que t'es couillions. T'aurais jamais dû avoir à faire avec cette putain… Je te le dis, moi.

-Emmet ! S'écria Esmée, surveille ton langage.

-Je m'en fou maman. C'est vraiment une putain. C'est comme ça qu'on appelle les filles comme elle.

Esmée soupira en se rendant compte qu'elle n'aurait pas le dernier mot. Emmet était au bord de la crise nerf. On ne pouvait rien faire.

-Je suis con, Emmet. Je suis qu'un pauvre con. Mais maintenant, je sais une chose. La prochaine fois, je tâcherais d'écouter mon grand frère.

Emmet resta de marbre une minute et comme ça, sans qu'on s'y attende, il éclate de rire avec Edward. Ils se firent une accolade rapide.

-Quand je te le dis que c'est moi le plus intelligeant de la famille, plaisanta Emmet. Je suis un sage !

-M'ouais un grand sage, marmonna Rosalie avant de rire de la situation.

Parce que ces deux-là, pouvaient commencer par se battre comme deux chiens et finir par se marrer à propos de ça dans la minute. C'était Emmet et Edward. Que dire d'autre ?

La bonne humeur allait de bon train, on passa rapidement au champagne. Tandis que nous allions passer au dessert, Rosalie m'aida à couper le gâteau dans la cuisine.

-Tu as fait plus que jouer les intermédiaires, n'est-ce pas ?

Je l'observais du coin de l'œil avant de me remettre à couper des parts.

-Oh, non, répondis-je, Edward est un grand garçon.

-Pourtant, ce dîner et…

-Je n'ai fait que lui prêter mon appartement et mes talents de cuisinière.

Rosalie rigola. Ensuite, assise sur un tabouret, elle se pencha sur le contoir pour tremper son index dans la crème fraiche.

-Alors, quand pointe-il le bout de son nez ? Demandais-je l'air de rien.

Rosie me lança un regard surpris comme prise sur le fait.

-Pardon ? Chantonna-t-elle d'un air innocent.

-Eh bien oui, quand aurons-nous l'occasion de voir ce bout de chou ?

Des rougeurs apparurent sur son visage pâle. Elle croisa les doigts sur son ventre comme pour le protéger. C'était mignon.

-Je… Le 21 décembre. Mais comment tu… ? Emmet a craché le morceau ?

-Oh non, ne t'inquiète pas. Je l'ai deviné, c'est tout.

Elle fronça les sourcils et ouvra la bouche à plusieurs reprises pour tenter de dire quelque chose mais elle resta muette. Voyant à quel point ma sœur était toujours perdue, je décidais de lui expliquer. Bien qu'elle soit drôle à cet instant. Trop drôle même.

-Déjà, tu ne peux pas t'empêcher de mettre tes mains sur ton ventre, ensuite, tu n'arrêtes pas de grignoter ce soir et puis, tu as refusé une coupe de champagne. Impossible. Je ne t'avais jamais vu refuser du champagne. J'en ai déduis que tu étais peut-être enceinte. Et Bingo, j'avais raison.

Elle était choquée par mon sens de l'observation. Elle n'était jamais parvenue à s'y habituer.

-Vous comptez vous marier ?

- On n'en a pas encore parlé à vrai dire.

Je souris très sincèrement. J'attrapais ses mains et les pressaient contre ma poitrine.

-Je suis vraiment heureuse pour toi, sœurette. Tu mérites ce bonheur, Rosie. J'aurais juste aimé que tu me le dises. Mais je ne t'en veux pas. Je suis sûr que tu avais tes raisons.

J'enlaçais ma grande sœur et en profitais grandement. A cet instant, je me rendais compte que Rosalie m'avait énormément manqué. C'était mon unique sœur et je me promettais de profiter d'elle, autant que possible. Tandis que je la serrais contre moi, je pouvais sentir son ventre un peu arrondi entre nous deux. Je posais timidement une main sur son bidon. Je trouvais cette sensation incroyable. Se dire qu'un bébé grandissait là-dessous, c'était simplement énorme.

-Et quand est-ce que tu vas l'annoncer ? Si je compte bien, tu en es à ton… 5eme mois. Mais attend, tu n'as pratiquement pas pris un gramme…

-D'après mon gynécologue, ça peut arriver. Mais apparemment, je risque de prendre un max par après. Concernant, note « annonce », on comptait le faire, ce soir…

Je hochais la tête. Pour finir, je lui conseillais de le faire avant le café. Si mon père devait l'apprendre, il lui faudrait un petit remontant. Quand nous rentrâmes dans le salon, je remarquais Edward en premier lieu. Souriant, riant. C'était phénoménal. Comme quoi, il ne fallait pas grand-chose pour remettre du bonheur dans la vie d'une personne. Edward était le parfait exemple. Je le trouvais beau comme ça, franchement plus beau que lorsque je l'avais croisé dans ce bar miteux. Je voyais combien tout le monde se plaisait. Un peu comme un puzzle totalement rassemblé. Lorsque je revins avec le café dans le salon, une demi-heure plus tard, Rosalie toussota bruyamment. Ah ! Nous y étions. Elle était rouge pivoine et semblait mal à l'aise. Elle serra fort la main d'Emmet et chuchota : « Je…hum… Je suis enceinte…. » Elle parla si bas, que seul Emmet et moi avions entendu. Mais Emmet en « homme fort » vola à son secours.

-Je vais être papa ! Dit-il de sa grosse voix.

Le salon qui était silencieux la minute d'avant, fut parcouru de cris de joie. Ma mère en première sauta du canapé pour aller prendre Rosie dans ses bras.

-Je vais être grand-mère, je vais être grand-mère.

Le couple fut ensuite entouré et félicité. Même Edward s'y mêla avec joie. Je n'avais plus pensé à sa fausse paternité. C'était peut-être délicat mais finalement il l'avait bien pris. Après tout, il allait avoir une nièce ou un neveu. A la fin de la soirée, je fus satisfaite du résultat. Une réconciliation et un futur bébé. Tout roulait comme sur des roulettes. Au moment de partir, je raccompagnais tout le monde. Esmée me fit promettre de lui passer ma recette pour le poulet rôti. Alice, quant à elle, harcelait Jasper pour faire un bébé plus vite… J'avoue avoir été sonné par cette réflexion. Alice avait un peu trop tendance à vouloir faire comme les autres. Pourtant, c'était elle qui faisait les modes désormais. En parfaite styliste, c'était logique non ? Je refermais la porte sur Rosalie et Emmet. Je promis à ma sœur de vite la revoir pour un déjeuner la semaine d'après. Une fois mon appartement vide, je soupirais soulagée. Non pas que je détestais ce genre de soirée mais c'était très fatigant. Je me dirigeais vers la cuisine croyant être seule mais je me rappelais qu'Edward était toujours là.

-Non mais ! M'écriais-je en le voyant occupé à faire la vaisselle.

Il fut tellement surpris qu'il laissa tomber une casserole dans l'eau, l'éclaboussant au passage. Voyant le spectacle, j'éclatais littéralement de rire et ce, à ses dépens.

A suivre…