Chapitre Dernier
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Joyous Occurences
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Les deux hommes trottaient sur la route, côte à côte sur leurs chevaux. Leurs humeurs étaient représentées avec précision par la couleur de la robe de leurs cheveux, l'un étant blanc et l'autre noir. Le cavalier du cheval blanc était dans un état évident d'excitation. Il semblait vouloir aller plus vite, sans penser au risque d'épuiser leurs chevaux. Ses yeux luisaient de joie et un large sourire qui s'étendait sur tout son visage. De temps en temps, il parlait avec animation à son ami, exprimant ses espoirs que le cavalier ne voulait plus attendenre et chaque mile dépassée semblait augmenter son bonheur.
Son ami, d'un autre côté, portait une sérieuse expression sur son visage alors qu'il chevauchait sa monture noire. Son regard vert était curieusement absent et maussade; son attention n'était clairement pas dirigée vers son ami à qui il ne répondait que par grognements, et son silence répondait aux bavardages excités de l'autre. Ses cheveux noirs et bouclés créaient des ombres sur son visage et son menton cognait contre sa poitrine alors qu'il chevauchait le long du chemin. Manifestement, il cherchait intérieurement un conseil.
Soudainement, le cavalier sur la monture blanche poussa un cri de joie.
" Darcy ! cria-t-il, tournant vers son ami un regard heureux.
- Hum ?" grogna l'autre.
Tiré de ses réflexions, il leva les yeux et regarda autour de lui, notant la distance à laquelle se trouvait la maison. L'expression de son visage changea légèrement alors qu'il se remémorait sa structure.
" Nous sommes près ! dit le premier. Allons-y !"
Sur ce, il encouragea son cheval à galoper sur le terrain, incapable de contenir son excitation.
Un étrange mélange d'appréhension et d'espoir passa sur le visage de Darcy avant qu'il donne un coup de pied à son cheval pour le faire galoper.
A l'intérieur de la demeure des Bennet régnait un véritable remue-ménage alors que les gentlemen galopaient en vue de Longbourn.
"Jane ! appela Mrs. Bennet. Tu dois te dépêcher et te préparer, Mr Bingley arrive !
- Comment, il y a quelqu'un avec lui, Maman ! cria Kitty. Qui cela peut-il être ?
- Cela n'est pas important, Kitty, éloigne-toi de la fenêtre et aide Jane à s'habiller, lui répondit Mrs. Bennet. Elle doit être prête à temps !"
Mais Elizabeth, déjà habillée, lisant dans la chambre lorsque cette annonce fut faite, alla aux nouvelles.
"Un autre cavalier ? murmura-t-elle pour elle-même. Pourrait-il être..."
Sans même penser à finir ses réflexions, Lizzy se débarassa de son livre et courut à la fenêtre. Les cavaliers approchaient à pleine vitesse, et il était aisé de reconnaître Mr Bingley. A ses côtés, sur une monture noire, chevauchait en effet un autre homme. Ses cheveux bouclés voletaient dans le vent créé par la rapidité des chevaux, et alors qu'ils s'approchaient, il leva la tête.
Elizabeth en oublia de respirer.C'était Mr Darcy ! Nerveuse, elle tapota ses cheveux et sa robe. Oh! pensa-t-elle soudainement. Et si Lady Catherine lui avait rendu visite et lui avait révélé ce que je lui ai dit ?
Une nouvelle fois, elle souleva le rideau, et regarda par la fenêtre. A présent, elle pouvait voir les expressions des visages des cavaliers. Le visage de Bingley exprimait simplement l'extase et le bonheur d'être si près de sa fiancée. Mais le visage de Darcy était plus difficile à décrypter. Il semblait être penché sur quelque chose et chevauchait par-dessus la nuque de son cheval. Précipitamment, Elizabeth lâcha le rideau et s'assit pour attendre les arrivants d'une digne manière, et non avec souci.
Darcy se sourit à lui-même alors qu'il chevauchait tout près de Longbourn. Il avait vu la figure à la fenêtre et avait reconnu cette silhouette et cette chevelure, même ce visage, bien qu'il soit encore à une certaine distance.
Oui, je viens, Elizabeth, lui murmura-t-il malgré la distance. Mais comment réagiras-tu à mon arrivée ? J'espère favorablement, pour ma chère tante qui m'a donné une raison d'espérer...
Si l'on n'avait pas l'expérience de l'excitation et de la précipitation comme tout ceux qui couraient autour de la maison, pour se rendre présentables et préparer l'arrivée de Mr Bingley et Mr Darcy, on ne pouvait croire à ce qui arrivait. Pendant que les gentlemen passaient dans la salle de séjour, toutes les femmes étaient occupées à broder, coudre, étudier ou lire. Jane leva les yeux, un sourire au visage alors que Bingley entrait dans la pièce, et il vint droit à elle après que les politesses eurent été remplies. Darcy se tint simplement sur le côté comme à l'accoutumée et observa attentivement Elizabeth. Elle se tenait debout, mais refusait de croiser son regard. A la place, elle examinait le sol.
" Ma chère Mrs Bennet, s'écria Bingley. Comme il est bon d'être de retour ! Je pensais que peut-être pourrions-nous sortir nous promener. Je vois que la campagne est toute belle aujourd'hui, et Darcy ici présent n'a pas encore eu la chance de la découvrir.
- Oui, bien sûr ! approuva Mrs Bennet. Prenez vos affaires, mes filles."
Après quelques minutes, le groupe sortit, excepté Mary qui avait prié qu'on l'excuse, car elle se sentait fragile. Au début, tout le monde resta ensemble, mais Mr Bingley et Jane s'écartèrent bientôt et prirent de l'avance, désirant être seuls.Tout deux en tête, ils prétendirent ne pas remarquer la distance grandissant entre eux et les trois autres, bien que cela soit leur réel but. Bientôt, ils ne furent que simples points tant ils étaient loin.
Elizabeth, Mr. Darcy, et Kitty marchaient ensemble, cette dernière désirant se libérer de l'imposante présence de Mr Darcy. Elizabeth était nerveuse et silencieuse, ne sachant que dire. Mr. Darcy désirait simplement être débarassé de Kitty depuis qu'il y avait certains sujets sur lesquels il désirait discuter avec Miss Bennet et qu'il sentait ne pouvoir soulever en présence de sa jeune soeur.
Alors qu'ils débouchaient sur une route qui menait hors du chemin, Kitty leva soudainement les yeux vers sa soeur.
"Lizzy, peut-être pourrais-je rendre visite à Maria pendant un moment ? demanda-t-elle pour faire bonne mesure. J'aimerais la revoir et ne l'ai pas fait depuis siiiii longtemps !
- Oui, oui, bien sûr, repondit Elizabeth d'un ton distrait. Mais je ne pense pas que nous devions tous lui rendre visite. Transmets-lui mes respects, Kitty."
Avec un signe de tête, Kitty s'éloigna de la route, heureuse d'être libre de l'imposante présence de Mr Darcy. La dite personne poussa un soupir de soulagement. Finalement, il était seul avec Elizabeth. Mais avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit, Lizzy commença à parler.
Elle parla rapidement et fermement. Au nom de sa famille, elle le remercia d'avoir sauvé Lydia et sa famille de la honte et de l'humiliation. Darcy écouta tout cela avec une légère impatience. Il aimait entendre la voix d'Elizabeth, mais il n'avait pas pensé à sa famille lorsqu'il cherchait Wickham. Il n'avait pensé qu'à elle et il le lui dit rapidement. Saisissant cette opportunité, il continua :
"Vous êtes trop généreuse pour jouer avec moi. Si vos sentiments sont les mêmes qu'en avril dernier, dites-le moi. Mes sentiments ni mes désirs n'ont changé, mais un mot de vous peut me rendre à jamais le silence ( NdA : c'est une citation du livre. NdT : j'ai fait à peu près la même chose, même si j'ai un peu écrit de mémoire... ).
Voilà le moment de vérité, songea Darcy. Va -t-elle m'aimer, comme le récit de la visite de ma tante Catherine m'a fait croire ?
Elizabeth ne put que rougir et détourner le regard pendant un moment. Elle avait espéré entendre ces mots depuis si longtemps. Et à présent ils étaient dits. Darcy l'aimait encore et lui donnait une autre chance de bonheur. Entendre ces mots la choquait encore et il lui fallut quelques instants pour reprendre sa respiration et réunir ses pensées.
" Monsieur Darcy, dit-elle en haletant, examinant encore le sol. V-Vous ne savez pas quelle... joie ces... mots me d-donnent."
Mais Darcy sentit qu'il pouvait alors qu'il la dévisageait, l'espoir se répandant en lui et illuminant son visage. Un sentiment de chaleur intense naquit en sa poitrine et il attendit impatiemment qu'elle continue.
"Je sais que la dernière fois, je... j'ai dit que vos...attentions n'étaient pas... bienvenues. Mais... maintenant j-je ressens juste une grande joie... et je dois confesser que... que j'en suis arrivée à... vous aimer."
Elizabeth débita rapidement les deux derniers mots, puis leva les yeux pour être témoin de la réaction de l'homme debout à ses côtés.
Darcy put juste l'observer, une large sourire sur le visage, ses yeux étincelant d'amour et de joie. Il lui semblait que son coeur allait exploser dans sa poitrine tant il battait fort. A cet instant, grâce aux deux mots flottant dans l'air entre eux, il sentait qu'il pouvait sauter dans les airs et s'envoler, tant sa joie était grande. Prenant la main de son amour dans la sienne, il eut envie d'entendre ces mots franchir une nouvelle fois ses lèvres.
" Etes-vous sérieuse, Elizabeth ? Vous m'aimez ? la questionna-t-il, ressentant ceci trop beau pour être vrai.
- Oui, je vous aime, répondit-elle, plus sûre de sa réponse devant un tel bonheur."
Extatique, Darcy embrassa les mains serrées dans sa forte poigne. Il en oublia ses principes le temps de s'agenouiller, se moquant de savoir si la route était ou non sale.
" Elizabeth Bennet, je vous aime. Voulez-vous m'épouser ? demanda-t-il, ne désirant pas attendre une seconde de plus pour faire sienne cette dame après qui il avait tant soupiré.
- Oui, murmura-t-elle ses yeux étincelant de ses larmes de joie. Oui, bien sûr."
Bondissant de ses genoux, il rapprocha la femme de lui.
"Mrs Elizabeth Darcy, lui murmura-t-il alors qu'il rapprochait leurs figures l'une de l'autre. J'aime cette idée (NdT : Littéralement " j'aime ce son", mais c'était mieux de le traduire ainsi )."
Sans attendre une réponse, il combla l'intervalle entre eux, posant ses lèvres sur les siennes. Il avait espéré et attendu ce moment depuis si longtemps. Et à présent, elle était sienne.
Elizabeth fut légèrement surprise lorsque leurs lèvres entrèrent en contact, mais cela était si bon d'être ainsi ensemble, et elle se remémora leur dernier baiser. Elle ne désirait plus que ses lèvres bougent sur ses siennes et ouvrit légèrement la bouche alors qu'il approfondissait le baiser et l'approchait plus près de lui. Ses mains aboutirent et s'enchevêtrèrent dans ses boucles alors qu'ils se serraient plus fort, s'abandonnant dans l'intensité de leur baiser.
Beaucoup trop tôt pour eux, ils s'écartèrent pour manque d'air, bien que Darcy embrassa ses paupières, et ses joues, faisant disparaître les larmes de joies qui y coulaient. Lorsqu'ils s'écartèrent légèrement, Lizzy lui sourit en rougissant.
" J'aime également cette idée, mon seigneur, répondit-elle."
Elle était si adorable que Darcy n'avait plus qu'à l'embrasser encore une fois. Elle ne protesta pas et répondit avec ardeur, se pressant contre lui et le caressant.
Mais Darcy avait à rester gentleman, et, même si elle était à présent sienne et même si son corps désirait plus, il savait qu'ils devaient tout d'abord annoncer leur mariage à sa famille.
Inutile de mentionner que notre nuit de noces sera sûrement parfaite, songea-t-il en lui-même. Il se contenta donc de déposer un baiser sur le nez d'Elizabeth alors qu'elle lui faisait la moue. Soudainement, il laissa échapper un grand et joyeux éclat de rire, souleva Elizabeth et la fit tourner en l'air encore et encore au milieu de la route, se moquant qu'on les entende ou qu'on les voit. Elle poussa un cri aigu de joie devant cette nouvelle expression d'amour et rejeta la tête en arrière pour voir la monde tourner.
Essoufflés, ils furent finalement forcer de s'arrête et Mr Darcy regarda Miss Bennetavec des yeux adorateurs. Bientôt Mrs Darcy, se corrigea-t-il en son esprit. Avec un petite révérence, il offrit son bras à la rougissante jeune femme.
" Y allons-nous, ma dame ? demanda-t-il avec amour.
- Certainement, mon seigneur, répondit-elle, prenant son bras."
Elle lui sourit et Darcy sentit une boule se former dans sa gorge. Cette belle créature lui avait offert sa vie, et lui avait promis le bonheur. En cet instant, Fitzwilliam Darcy se jura qu'il mériterait cette femme. Il fallait être aveugle pour ne pas voir l'amour et la confiance qui animaient ses yeux et son visage. Il jura ne jamais briser cette confiance, et ce coeur.
Ils se retournèrent donc, marchant ensemble sur le chemin de la vie et de l'amour, se moquant de leur devenir, du moment qu'ils étaient ensemble.
