Bonjour, voici le chapitre suivant (et le dernier). Je n'ai pas réussi à la couper en deux, et il est très long. Il sert plus à donner des réponses.

Il n'y a qu'une seule personne à avoir deviné l'une des personnes à être intervenue à la coupure. Et personne n'a deviné l'autre.

« Et comme je l'ai dit quelques heures plus tôt, je suis votre héros ! »

Arthur souffla de dépit.

« America, arrête de dire des bêtises plus grosses que toi. Ton argumentaire repose sur du vent, on n'a pas avancé d'un poil sur les grandes questions politiques du moment. C'est le minimum de nous consulter pour ce qui est de l'international. Ça nous concerne tous. Alors, arrête avec ta langue de bois, et dis-nous ce qu'il se passe vraiment. Je n'ai pas envie de tout apprendre dans le journal…

Vous ne trouvez pas qu'Iggy est un poil énervé en ce moment. »

Arthur se retourna vers la gauche pour fusiller du regard Francis. Le français repoussa sa main sur sa cuisse dans un geste hésitant. Arthur ne savait pas pourquoi il était en colère contre Francis et pourquoi Francis était en colère contre lui. Et aussi pourquoi America le fusillait du regard dès qu'il osait prendre la parole ? Sans compter qu'Antonio et Romano se crêpaient le chignon à la première occasion... Sans compter les regards assassins entre Héraklès et Sadiq plus intenses qu'à l'accoutumée… Et sans compter que même Ludwig et Feliciano se faisaient la gueule…

Tout le monde était tendu comme si quelque chose d'inhabituel était arrivé sans qu'ils puissent s'en rappeler.

Alfred craignait que ce ne soit un coup de l'Union Soviétique mais il n'osait pas l'exposer lors de cette conférence des membres du bloc de l'Ouest Européen.

Francis soupira avant de prendre la parole et de donner son avis sur les points soulevés par Alfred.

La réunion s'éternisa sans pour autant aborder de front le problème.

Arthur quitta la réunion avec Francis, il y avait quelque chose entre eux également qui n'allait pas. Oui, il y avait toujours eu quelque chose entre eux qui n'allait pas… Mais là, c'était autre chose… Un genre de sentiment indéfinissable qui faisait de l'ombre à leur relation amoureuse.

« Francis, on ne va quand même pas faire encore chambre à part.

- Je ne sais pas pourquoi je t'en veux, et je n'ai pas envie de t'étrangler avec les oreillers cette nuit. Quoique… Ce serait défoulant !

- Je n'ai même pas idée du pourquoi du comment tu m'en veux.

- J'ai l'impression que c'est lié au malaise ambiant. Tu crois qu'Ivan nous aurait jeté un sort de démotivation ou autre…

- Il fait des incantations dans ses églises à ce qu'il paraît. Mes frères sont peut-être plus au courant.

- Bon, alors, l'opération : on choppe tes salauds de frères est toujours d'actualité.

- Si on pouvait en avoir au moins un…

- Ce n'est pas Ecosse que j'aperçois dans le coin de la vitre…. »

Arthur se tourna légèrement pour l'apercevoir, une chevelure rousse dépassait d'un des fauteuils du hall de leur lieu de rencontre. Un cigare fit son apparition, et rien qu'à l'odeur qui flottait dans les airs, Arthur reconnut son grand frère.

« Bon, opération commando, es-tu prêt partner, lui fit France.

- Plus que jamais ! »

Les deux nations s'approchèrent à pas de loups d'Ecosse, certaines nations présentes en furent surprises mais agirent le plus naturellement du monde. Antonio vint même donner un petit coup de main aux deux amants.

Ils se jetèrent sur Ecosse en produisant un cri de guerre qui ne ressemblait à rien.

Ils maîtrisèrent Alba pour l'amener dans une pièce qu'ils fermèrent à clef pour l'interroger.

Antonio qui s'était joint à eux posa alors la question fatidique.

« C'est marrant, mais pourquoi avez-vous fait ça ?

- Justement, on va éclaircir la situation, gronda Arthur en direction de son frère. Je sais que quelque chose de magique et d'étrange nous chamboule tous. Et à ma connaissance, ça ne peut venir que de mes frères…

- Alors, ce serait ça qui me rends si… mal dans ma peau… Avec Romano, on ne fait que se jeter la vaisselle à la figure. On dirait qu'il est jaloux… Mais de qui ? Il ne sait même pas me dire…

- Ah, tu viens d'éclaircir ma situation personnelle, se réjouit Francis avant de se rembrunir. Tu m'aurais fait une infidélité Arthur ?

- Pas que je sache… Tu es jaloux ?

- Plus blessé que jaloux… Mais oui, quand même…

- Alba, tu vas nous dire ce qu'il se passe !

- Je croyais que ça n'aurait aucune incidence. Et calmez-vous ! Théoriquement, il ne sait rien passé. Et c'est peut-être pour ça que ça vous rends mal à l'aise.

- Va expliquer ça à Romano, s'énerva Espagne.

- Pour faire simple, notre monde en a chevauché un autre. Et avec l'aide d'une sorcière de là-bas, fichtrement douée en plus, on a réussi à remettre les choses en place et à tout vous faire oublier. Les personnes qui réagissent mal comme Francis, comme Romano, comme Yao, comme beaucoup d'autres dans le monde étaient des personnes qui avaient disparues ici… Et nous avons eu quelques décennies plus tard leurs doubles féminins qui sont apparues ici. Evidemment, bande de cretinus décérébré, vous étiez attirés par le pendant féminin de vos amours disparus depuis vingt ans !

- Tu m'aurais trompé avec mon moi fille, s'énerva Francis.

- C'était toi de toute façon, non », cria Arthur.

Arthur et Francis allaient en venir aux mains mais la remarque étrange d'Alba les coupa en pleine action :

« Apparemment, il y a encore quelques retouches à faire pour que l'illusion soit parfaite.

- Et qui est cette sorcière qui croit que nous effacer nos souvenirs est la meilleure solution, se plaint Francis.

- Elizabeth Kirkland, le double d'Arthur, qu'on appelle familièrement Lizzie.

- J'aurais dû m'en douter, firent Antonio et Francis en même temps. Pourquoi ça ne m'étonne même pas ?

- Voilà, donc tout est rentré dans l'ordre, tout va bien, vous êtes toujours amoureux du même… Reprenez le cours de la guerre froide là où vous l'avez laissé… Et vos vous filles pourront se replonger dans la seconde guerre mondiale… Allez, cette histoire est oubliée à jamais… j'irais voir America et Russie pour les mettre au courant et pour qu'ils ne se tapent pas dessus pour rien… Oh, pourquoi il fait tout noir tout à coup ? »

Un rire dément résonna les surprenant tous les quatre, une femme en robe de maîtresse de maison bleu et blanche apparut dans un halo vert. Arthur eut très mal à la tête en l'apercevant comme si un flot de souvenir forçait le barrage de sa conscience.

Le cri de deux femmes les ramena à la réalité.

« Lizzie, qu'est-ce que tu fais, s'insurgea Alba très mécontent.

- Je prends le contrôle de mon monde en me débarrassant des gêneuses au passage. Adieu !

- Ne nous laisse pas ici, Lizzie ! »

Lizzie disparut dans un pouf de fumée.

« On dirait qu'elle aime bien nous laisser dans le noir », fit Arthur qui se souvenait des deux dernières fois où il avait croisé son double.

Même en plein Paris, elle était capable de faire sauter les luminaires… Gêné, il mit sa main sur ses lèvres en se souvenant d'avoir embrassé Marie avant qu'elle ne parte. Et mince… Voilà, pourquoi Francis qui revenait à ce moment-là l'avait mauvaise !

« Lizzie, ramène ton cul, je vais te botter les fesses !

- Amélia, ça ne sert à rien !

- De quel droit elle fait ça ! Je vais lui refaire une guerre d'Indépendance, cette fois-ci, je gagnerais !

- Marie, Amélia, on se calme… »

Arthur sentait qu'il serait en très mauvaise posture entre Francis, son amant, Marie, le double féminin de Francis qu'il avait embrassé, et Amélia, la petite amie de Marie. Sans oublier que c'était Lizzie, son double maléfique qui mettait le boxon ! Son cœur battait la chamade, il avait mal au ventre d'angoisse.

« Arthur, tout ça, c'est de ta faute !

- Techniquement, c'est de celle d'Alba qui a joué avec les réalités temporelles avec mes frères, se défendit-il.

- On s'en fiche, c'est de la faute à Lizzie, clama Amélia avant que la lumière revienne.

- Ah !

- Alba, il n'y a pas de danger à ce que Marie et Francis se rencontrent, voulut savoir Antonio.

- Apparemment, il ne s'est rien passé de fâcheux… Enfin, pas encore… »

Arthur se retourna vers Marie et Francis qui se jaugeaient dans le blanc des yeux. Francis, jaloux de son double féminin, avait une expression qui n'annonçait rien de bon. Et Marie voulait se défendre face à son double.

« Francis, dois-je te rappeler que Marie est ton équivalent ?

- Ce n'était pas une raison suffisante pour l'embrasser !

- Qui a embrassé ma Marie ! »

Oh, non ! La voilà, la catastrophe !

Amélia, une jeune femme blonde, habillée d'un short en jean très court, d'un bandeau noir dissimulant ses seins et de cette veste d'aviateur bien caractéristique d'America, attrapa Marie par le col.

« Qui ?

- Pardon, Amélia, ce n'était qu'un baiser… »

Quant à Francis, il avait attrapé l'oreille d'Arthur.

« Eh bien, bravo, briseur de cœur !

- Tu avais disparu pendant des années, j'avais l'impression de te retrouver. Et il ne s'est rien passé de plus !

- Il ne s'est rien passé de plus parce que Lizzie est miraculeusement intervenue pour tout remettre à sa juste place !

- Lâche-moi immédiatement, you stupid ! ça ne change rien à mes sentiments pour toi ! »

Marie, beaucoup plus diplomate, préféra dire pour sa survie en faisant des yeux de chiens battus :

« Il m'y a obligé… Tu sais très bien qu'il n'y a que toi qui compte America… C'est toi, la plus belle des femmes… Comment veux-tu que j'apprécie le double de cette ordure de Lizzie ? Tu sais très bien qu'il n'y a qu'une seule personne au monde, la plus extraordinaire des héroïnes, qui hante mes rêves les plus fous, les plus romantiques et les plus érotiques… etc… »

Francis leva ses sourcils d'incompréhension avant de chuchoter à l'oreille d'Arthur.

« Je suis vraiment comme ça ? »

Arthur hocha positivement de la tête, et il s'amusa de la tête de déterré de Francis. Le français avait dû bien se rendre compte que le baiser n'avait pas du tout était forcé. Bien au contraire. Arthur se pencha à son oreille avec toujours cette impression douloureuse qui le prenait aux tripes.

« Je suis désolé, tu me manquais tellement, elle te ressemble vraiment… Pardon… Je ne sais pas ce qui m'a pris…C'était toi, on aurait dit toi, bafouilla Arthur qui ne savait pas comment expliquer l'attirance qu'il avait eu pour Marie.

- On va dormir ensemble ce soir, et on veillera toute la nuit, j'aurais de quoi t'occuper. Comme ça, je serais certain qu'elle ne viendra pas te rejoindre », plaisanta Francis mi-figue mi-raisin.

Un raclement de gorge se fit entendre stoppant les deux femmes dans leur réconciliation buccale.

« Avant que vous ne vous y mettiez tous les deux aussi… N'y a-t-il que moi qui se souvienne de cette anglaise diabolique ! Non, mais c'est vrai, il y a quand même plus important que…

- Si tu étais en train de faire la paix avec Italie du Sud, on ne t'embêterait pas, le provoqua Amélia.

- Bon, je vais faire en sorte de vous ramener chez vous », grommela Ecosse.

Antonio se racla de nouveau la gorge.

"Sans vouloir te vexer Alba, tu ne crois pas que Lizzie va nous les renvoyer. On peut jouer à ce jeu-là très longtemps…

- Tout dépends à quel point on est lié avec notre double, fit Arthur. En faisant la connaissance de Marie, j'ai pu me rendre compte qu'elle avait les mêmes - aptitudes que Francis… »

Ils étaient de très bons cuisiniers tous les deux, il en aurait presque pleuré. Apparemment, les deux France n'avaient pas aimé ce qu'il avait dit. Francis était à la limite de péter une durite tandis que Marie était horrifiée. Qu'est-ce qu'il avait dit de blessant ? Amélia avait rétréci ses yeux méchamment.

« Tu parles de quelles aptitudes, demanda-t-elle avec suspicion.

- En cuisine, pourquoi ?

- Non, rien, laisse tomber…

- Reprenons. Alors pourquoi Lizzie aurait toutes les facultés magiques ?

- Bonne question, petit frère, comme quoi tu en as dans la caboche, mine de rien, se moqua Alba.

- Il est quand même beaucoup plus intelligent que Lizzie, le complimenta Marie faisant grincer des dents deux personnes.

- C'est vrai que ce n'est pas très malin de sa part de vous trahir, de vous emmener ici alors que l'on peut vous ramener là-bas… En fait, son plan est complètement stupide, s'insurgea Arthur. Mais où va l'Angleterre !

- Oui, l'Angleterre sera la risée de tout le monde chez les filles », se réjouit Francis qui fut vite rejoint par Marie dans sa joie.

Arthur se rapprocha d'Ecosse pour parler grimoire, magie, et surtout s'éloigner des deux France qui s'étaient mis à danser sur une chanson se moquant des anglais. Il éprouvait un sentiment amoureux pour les deux, et il se sentait un peu mal vis-à-vis des deux France et d'Amélia. De plus, il était vraiment étonné des actions de son double, ça ne lui ressemblait pas. Il s'inquiétait, un pincement étreignait sa poitrine.

« Arthur, il y a un moyen de récupérer tes capacités magiques pour empêcher Lizzie de nuire en rétablissant l'équilibre entre vous… Heu… Comment dire…

- Crache le morceau, Alba, je n'en suis plus à ça près… On arrête de jouer avec les dimensions parallèles après tout ce cirque…

- Ok, quand tu étais tout petit… On voyait bien que t'allais nous dépasser un jour niveau magie… Alors, on a scellé tes pouvoirs les plus dangereux… Qui aurait cru que ce serait ton double qui aurait tout récupéré !

- J'ai comme une envie très forte de t'étrangler mais je me retiendrais parce que tu es sûrement le plus à même de régler la situation, répondit froidement Arthur.

- C'est une bonne résolution… Heureusement, tes frères chéris se sont un peu remués pour avoir tout de prêt quand l'occasion se présenterait.

- Très bien. Je suis satisfait… Et pour Amélia et pour Marie…

- Je suis capable de les ramener une fois qu'on aura mis hors état de nuire Lizzie…

- Ce que je ne comprends pas, c'est comment avec autant de pouvoir, elle n'ait pas pu se rendre maître du monde…

- Tu ne connais rien de leur situation géopolitique… Si ça se trouve, elle contrôle beaucoup de territoires à travers le monde… Et si, elle a ramené ici France et America, c'est qu'elles sont sûrement ces principales opposantes.

- Ok, tu penses faire ça quand ?

- Demain… Passe une bonne nuit ! Avec la France que tu préfères… »

Là, ce coup de poing n'était pas volé !

« …Redis encore une chose pareille, et j'applique une politique discriminatoire sur les Ecossais, non mais !

- En fait, il est aussi méchant que Lizzie, fit remarquer Amélia.

- Oh, oui, il est très méchant Angleterre », fit Francis en essayant d'hypnotiser Marie avec ses doigts.

Francis ne lâchait pas le morceau. Heureusement, il n'y avait eu qu'un baiser grâce à l'intervention de Lizzie. Arthur ne doutait pas que cela aurait pu aller beaucoup plus loin, et Francis était loin d'être dupe de son côté.

Amélia s'approcha de lui puis lui mit un coup de coude. Oh, ce n'était pas vrai, elle avait autant de force que l'autre idiot.

« Je te comprends un peu... Marie est très jolie… Tout comme Francis est un beau morceau, miam… »

A cette réflexion, Arthur eut brusquement peur. Il comprenait à présent Francis, on ne pouvait rivaliser avec son double. Il n'y avait que l'amoureux qui, un peu perdu, pouvait faire une préférence pour tel ou tel détail.

« … On va vous trouver un hôtel pour toutes les deux… Et demain, on vous ramène chez vous… Et vous pourrez vous défouler sur Lizzie…

- Très bon programme. T'as de la chance que je ne te défonce pas sur le champ en te prenant pour Lizzie.

- Merci, America ! »

Arthur prit la taille de Francis avant de l'embrasser dans le cou. Il était toujours autant bouleversé.

« Tu viens dormir…

- Alors que j'ai ma double sous les yeux et que je ne la reverrais plus jamais, tu rêves mon vieux ! »

Arthur et Amélia levèrent les yeux au ciel prêts à passer une nuit blanche.

« Sans vouloir interrompre vos chamailleries, j'aimerais savoir deux ou trois choses sur Lizzie avant d'intervenir, fit Alba.

- Qu'est-ce que tu comptes faire, demanda Marie qui n'avait rien suivi trop occupée à se confronter à son double.

- Lui enlever une bonne partie de ses pouvoirs magiques pour les donner à Arthur… »

Marie se mit à crier en lui faisant signe de ne surtout pas faire cela.

« Quoi ? France, grommela Alba. Elle ne pourra pas ainsi vous renvoyer dans notre monde, et elle vous laissera tranquille.

- Oui, mais Lizzie me protège de nos adversaires de la seconde guerre mondiale grâce à sa magie. Et une bonne partie de ses colonies bénéficie de sa protection. Pour une fois que ses pouvoirs m'aident…, soupira Marie.

- Marie a raison, si tu l'empêches de recourir à toute sa force, je vais me faire envahir par le Sud, lui expliqua Amélia.

- Alors, elle a tout prévu pour s'approprier vos territoires en profitant de la confusion de la guerre, en conclut Francis.

- Vous faîtes des jugements vraiment hâtifs sur mon double, j'ai du mal à croire que nous soyons si dissemblables pour une question de pouvoirs magiques, donna son avis Arthur en étant toujours mal à l'aise.

- C'est tout à fait possible Arthur, intervient Ecosse, imagine l'homme arrogant que tu aurais pu devenir avec plus de pouvoirs sur les autres.

- Je t'ai raconté ce qui s'est passé entre nous, Arthur, tu devrais me croire.

- Je n'ai pas dit que je ne te croyais pas Marie… C'est juste que ça me semble bizarre qu'elles vous expédient ici alors que vous êtes ses alliées…

- Angleterre ferait n'importe quoi pour obtenir France, affirma Amélia, quitte à m'écarter.

- Oui, c'est pas faux, répondit Francis en faisant un clin d'œil à Arthur.

- Ne fais pas de sous-entendu désagréable, you stupid frog…

- C'est Amélia qui m'a tendu la perche », le taquina Francis.

Arthur allait partir pour bouder en croisant ses bras, il y avait quelque chose qui lui échappait et il n'aimait pas cela. Il était nerveux depuis qu'Amélia et Marie les avaient rejoints, son cœur battait beaucoup trop fort, il avait un sentiment d'urgence. Il était quasiment certain que lui et son double avaient eu un moment de confusion, il y avait eu quelque chose dans le regard de Lizzie qu'il n'avait pas supporté.

« Ecosse, avant que tu ne partes, grogna Arthur, j'aimerais que tu me parles de ce qu'implique le croisement de nos mondes.

- Tu ne me fais pas confiance pour régler la situation.

- Tel que je te connais, tu vas rétablir l'équilibre entre moi et Lizzie sans te soucier de l'avis de France et d'America. C'est quand même la seconde guerre mondiale, s'énerva Arthur, ce n'est pas à prendre à la légère…

- J'allais réfléchir à une solution différente, je n'ai pas encore d'idée mais peut-être que nos frères en auront.

- Sans vouloir me lancer des fleurs, je suis le meilleur tacticien ici. »

Francis et Antonio se raclèrent ostensiblement la gorge pour faire comprendre à Arthur qu'il exagérait un peu tout de même.

« Enfin, quand même Arthur, s'indigna Marie, il y a bien d'autres personnes capables de contrer Lizzie, j'en suis la preuve vivante. »

Arthur ne put se retenir d'embêter France :

« La preuve vivante dans un autre monde que le sien…

- Ah, non, tu ne vas pas aussi te chamailler avec Marie tout le temps, se plaint Antonio.

- C'est génial, on est à deux contre un, s'enthousiasma Francis.

- Justement, vous êtes deux, et je n'ai pas fait une grande différence entre vous… »

Grincement de dents d'Amélia et de Francis.

« …Ecosse, ce n'est pas mon genre. Donne-moi une explication ! »

Alba soupira avant d'exposer ce qu'il en pensait :

« Comme tu n'es pas le seul à qui c'est arrivé, je ne pourrais pas dire que c'est de ta faute, Arthur… Antonio a fait la même erreur. Et d'autres également. D'ailleurs, que ressens-tu en ce moment précis ? Sans mentir, Arthur… »

Gêné Arthur se retourna vers Francis avec un regard désolé.

« Tu la préfères, s'insurgea Francis.

- Je n'ai pas de préférence », cria Arthur pour se défendre.

Retenue par Marie, Amélia ne put pas se jeter sur Arthur pour lui apprendre les bonnes manières et elle se mit à jurer dans sa langue contre Arthur.

« C'est bien ce que je pensais, dit Alba. En fait… Marie, en venant dans ce monde, devient la France d'ici au même titre que Francis. On ne peut pas vous différencier. J'ai beau te connaître que depuis très peu de temps Marie, j'ai le même sentiment d'amitié que pour Francis.

- Tu veux dire qu'on est France tous les deux en ce moment.

- Apparemment oui.

- Marie aurait pu tomber amoureuse d'Alfred qui est America chez nous.

- Sauf que dans notre monde, les règles de notre monde s'appliquent. Je suis sûr que du côté des filles, tu n'aurais eu aucun mal, Francis, à tomber amoureux d'Amélia.

- De quoi, contrèrent de suite Francis et Amélia, il ne s'est rien passé !

- Et pourquoi ne s'est-il rien passé, demanda Alba.

- On ne s'est vu que quelques minutes.

- Oui, c'est vrai, confirma Amélia… Parce que Lizzie nous a séparés derechef… D'ailleurs, elle a fait ça à tout le monde alors qu'on voulait parler aux doubles des autres… Elle a été exécrable, et surtout tenace à ce propos.

- Lizzie devait savoir que vous seriez attirées par le double de vos amantes, répliqua Ecosse. C'était sûrement pour vous protéger.

- Mais j'aime toujours Marie, s'énerva Amélia.

- Ce sont tes sentiments personnels, contra Alba. Evitez de laisser Marie et Arthur seuls… Bon, on a une preuve qu'elle n'est pas si horrible que cela… »

Arthur se sentit partir subitement, un ciel bleu se dessina subitement devant ses yeux. Sa respiration, était-ce bien la sienne, lui parut chaotique et l'air qu'il respirait lui brûlait la gorge et les poumons. Il revint à lui, une douleur atroce le prenait dans le ventre et dans les côtes, ses jambes, il ne les sentait plus. Il s'était effondré par terre. Il appuya sur la blessure principale. Il n'y avait rien dans ce monde-là mais dans l'autre il voyait bien le sang en abondance. Il avait la vision des deux mondes superposés.

Et donc, la personne blessée, en train de lutter pour sa survie, c'était Lizzie…

« Arthur, que t'arrive-t-il », demanda Francis qui s'était approché de lui pour le faire s'asseoir.

Il se laissa faire. Il était de nouveau ailleurs, et il ressentait presque les choses comme s'il y était. Lizzie allait survivre, elle était une nation… Pourquoi le contacter maintenant ? Avait-t-elle besoin de soutien ?

« Arthur ! »

C'était la voix de Francis, mais il entendit son double lui parler et il fit plus attention à elle.

« Pars… Vite… Ne reste pas avec moi… »

Lizzie leva la tête pour montrer sa jambe coincée dans des décombres, sa tête retomba.

« Pourquoi as-tu fait cela ? Renvoyer Marie et Amélia ?

- C'était purement tactique… »

Seulement, Arthur avait accès à son cœur. Ils étaient véritablement semblables. La belle menteuse, quelle mauvaise foi ! Il eut un petit sourire narquois. Il se retrouvait bien là. Lizzie avait eu le courage de se « débarrasser » d'Amélia et de Marie pour faire face seule au guet-apens mis en place par l'axe.

« Ne leur dis rien… Surtout ne leur dis rien… Vite, vite, pars, laisse-moi seule… »

Lizzie pleurait de douleur et de sentiments mêlés alors que des soldats ennemis se dirigeaient vers elle.

Arthur comprit rapidement ce qu'il se passait vraiment.

« Elles viendront te chercher, tiens bon…

- Je n'en suis pas si sûre », répondit-elle avec une lucidité à faire peur.

Arthur tendit la main pour attraper la sienne malgré ses protestations, et il l'attira vers lui. Il ne pouvait pas la laisser là-bas, pas dans cet état émotionnel.

Tout d'un coup, il revint dans son monde mais il ne revint pas seul.

« Oh, c'est pas vrai, la voilà !

- On va te faire ta fête, Lizzie ! »

Arthur s'interposa entre les deux femmes et Lizzie. Francis qui n'avait pas bougé sous la surprise se mit à ricaner en voyant l'hésitation de son double et d'Amélia.

« Il se protège lui-même !

- J'ai compté sur toi pendant une fraction de seconde mais j'ai eu un affreux doute, répliqua Arthur.

- Tu n'aurais jamais dû faire ça, se mit à crier Lizzie sur Arthur en l'interrompant dans sa prise de bec avec Francis.

- Évidemment, Lizzie, tu ne voulais pas affronter les conséquences de tes actes, répondit froidement Marie.

- On arrête de se prendre la tête, intervint Arthur. Antonio, tu vas chercher la trousse de secours immédiatement…

- Je n'ai pas besoin de soins, je vais retourner là-bas tout de suite, se rebella Lizzie.

- Et toi, Lizzie, tu vas te taire et te laisser faire ! Non mais, ça ne va pas de faire des bêtises pareilles, contra Arthur qui n'aimait pas être en conflit avec lui-même.

- Ne me critique pas, Arthur, tu aurais fait la même chose.

- Alors tu sais que tu aurais fait la même chose si tu m'avais vu en aussi mauvaise posture. »

Lizzie se tut mais il put voir qu'elle lui promettait mille et une souffrances s'il venait à en dire trop sur elle. Arthur comprit alors les difficultés qu'on pouvait avoir à se confronter à lui quand il avait une idée derrière la tête.

« Marie, Amélia, laissez Lizzie tranquille… Elle ne voulait pas vous faire du mal… Aïe… Lizzie, il faut bien leur expliquer ce qu'il t'a pris de les envoyer ici !

- C'est qu'elle griffe et qu'elle mord, commenta Francis, comme un chat sauvage.

- Toi, France, je ne t'ai pas sonné. »

Arthur soupira, il dit à Francis de parler fort de manière muette, et il préféra s'occuper des blessures de son alter égo plutôt que faire l'arbitre entre son double et les autres. La blessure à la taille était profonde, et il la comprima jusqu'à ce qu'Antonio revienne pour la refermer et la bander. Lizzie récupérait bien vite de ses blessures mais il fallait quand même lui prodiguer quelques soins. Il voulut faire un sort pour les côtes de son double féminin mais elle s'y opposa fortement quand il commença à dire une incantation de travers. Il s'occupa de sa cheville blessée qui avait bleuie. Apparemment, Francis tenait le bon bout pour lui faire avouer à demi-mot qu'elle avait fait tout ceci pour protéger ses alliées. Marie et Amélia ne pipaient mot en continuant de foudroyer du regard Lizzie.

« Et comment t'es-tu fait aussi mal ?

- Toute seule, je suis tombée », répondit-elle.

Arthur en aurait presque ri.

« Ne me dit pas que tu t'es fait ça toute seule, c'est très maladroit de ta part… Et complètement stupide…

- Ce n'est pas stupide de tomber dans les escaliers à cause d'une feuille glissante. Ça arrive à tout le monde.

- Il n'y avait pas d'escaliers où on était, réfuta Amélia.

- Il y avait une marche, continua Lizzie sur sa lancée.

- Une marche n'aurait pas été suffisante pour défaire un Empire tel que le vôtre », l'encensa Francis.

Lizzie eut une expression adorable entre l'amusement et l'énervement. Arthur avait les yeux qui brillaient de divertissement, et Francis capta cette lueur dans l'émeraude, Arthur lui fit un signe dont ils avaient convenus durant la seconde guerre mondiale. Bombe.

« Vous n'avez pas rencontré d'ennemis, dit Francis d'une voix plus basse mais intelligible.

- Je n'ai pas bien entendu, you stupid frog !

- J'ai parlé bien assez fort, demanda-t-il aux filles.

- Bien sûr, on n'entend que toi et elle depuis tout à l'heure. »

Lizzie mit les mains sur ses oreilles.

« ça doit bourdonner là-dedans, fit Arthur avec sollicitude.

- T'es de mèche avec le français, râla-t-elle. Comment est-ce possible ? »

Arthur se pencha à son oreille pour lui révéler ce qu'il avait fait du médaillon de Francis. Il la sentit se tendre puis il l'entendit renifler un peu bruyamment.

« Un peu d'honnêteté ne peut pas faire de mal.

- J'aimerais bien t'y voir, répliqua-t-elle avec un regard qui en disait long sur ce qu'elle pensait.

- Je peux le faire à ta place.

- Pas question ! You stupid… You stupid briton !"

Arthur s'assit à côté d'elle pour laisser le champ libre à Amélia et à Marie pour parler à Lizzie. Lizzie fit une bouche en cul de poule, elle foudroya du regard son double avant de grommeler quelque chose en anglais.

« On n'a pas bien entendu Lizzie, dure de la feuille, se moqua Marie.

- Il y avait une bombe, you stupid allies ! J'ai fait ce que j'avais à faire… »

Arthur lui donna un coup de pied en essayant de ne pas lui faire du mal.

« … Je n'avais pas envie que vous soyez blessées. T'es content, stupid briton !

- Satisfait ! »

Francis amusé par les réactions des deux britanniques vint les aider à se relever tandis qu'Amélia et Marie préféraient ne rien dire.

« Bon, maintenant, Marie, Amélia… On rentre dans notre monde… On va éviter d'autres interférences fâcheuses… »

En disant cela, Lizzie étrécit ses yeux en direction d'Arthur.

« … Ravie de vous avoir rencontrés… On ferait mieux d'y aller… On a énormément de pain sur la planche…

- Tu ne veux pas attendre d'avoir récupéré, demanda Francis.

- Non, you obvious prat, je n'ai pas envie de passer du temps avec toi, tu m'horripiles. Rien que ta vue me fait sortir les yeux de la tête… Tu m'énerves… Un France, ça me suffit largement…

- Oh, moi qui croyais que je pourrais embêter deux Angleterre pour le prix d'un.

- Ça ne veut rien dire, Francis, voulut l'embêter Arthur.

- Il y a une terre et deux représentants, donc ça veut dire ce que ça veut dire…

- Je crois que je ne te supporterais pas deux minutes de plus. Les filles, on y va…

- Et comment je vais faire pour me réconcilier avec Romano si vous partez comme ça, demanda Antonio.

- Ça va passer, répondit Lizzie. Alors, maintenant, on s'en va avant de créer plus de problèmes.

- C'est quand même toi qui nous as ramenés ici, se plaint Amélia.

- Et tu aurais préféré que les Allemands nous mettent la main dessus. Nous ne nous réunirons plus toutes les trois ensembles, il faut que l'une d'entre nous veille au grain. Allez, on s'en va… »

Arthur savait exactement pourquoi elle voulait partir immédiatement malgré ses blessures, elle ne voulait pas que ses sentiments et ceux de Francis se mêlent, et que la situation se complique encore plus.

« Vous faut-il quelque chose de particulier pour retourner dans votre monde, demanda Arthur.

- Non, je m'en sortirais toute seule.

- N'effacez pas nos souvenirs, intervint Ecosse. America et Russie risquent de se taper dessus s'ils ne savent pas d'où vient le malaise ambiant.

- Vous n'aviez qu'à bien vous tenir le temps que je règle le problème. Je vous laisserais vos souvenirs. Maintenant, on y va ! »

La sorcière anglaise invoqua un portail, et elle entraîna ses compatriotes avec elle qui leur firent adieu de la main.

« Eh bien, ça fait un vide, commenta Francis, elle était vraiment pressée.

- Ne me dis pas que tu ne la trouvais pas jolie.

- Si, mais parce que c'est Angleterre… Je veux dire, Arthur, elle te ressemble… »

Arthur eut un sourire carnassier.

« Il ne valait mieux pas qu'elle s'attarde avec ce qu'elle ressentait pour toi. Ou pour France en général.

- Elle a ton sale caractère…

- Dis-moi, je suis vraiment comme ça, demanda Arthur.

- Malheureusement, oui. Surtout dans tes mauvais jours… En fait, tous le temps, mais j'osais pas te le dire…

- Comme si tu osais pas en temps ordinaire… »

Quelque part dans un coin perdu du globe… Au Cana… Au Canada…

« Tu veux plus de sirop d'érable ?

- Oh, comment as-tu fait pour deviner ? Je tiens à ma ligne, mais pour une fois…

- …ça ne fera pas de mal. C'est bien qu'on soit sur la même longueur d'onde.

- Est-ce qu'il y a un match de hockey à la télé ?

- Ce soir…

- Matthew ?

- Oui ?

- Je suis contente de t'avoir rencontré, lui avoua Mathilde.

- Moi de même, Mathilde. Mais j'aurais dû ouvrir à America la dernière fois quand même.

- Non, non, non… Le meilleur moyen de se faire remarquer est de se faire désirer. Et puis, c'est bien fait pour America, il n'a pas à te traiter de la sorte. Tu ne vas pas te laisser faire par un pays incapable d'avoir son Indépendance !

- Les faits ne sont pas les même ici, Mathilde.

- Non mais même ! C'est ton jumeau, il te doit le respect. Je vais rester jusqu'à ce que les choses s'arrangent entre vous…

- Tu vas rester longtemps… Tu n'as pas l'Europe à sauver par chez toi ?

- J'aurais trop honte de revenir en laissant mon double dans l'oubli le plus total. »

Matthew eut envie de s'énerver contre Mathilde mais il ne put pas. Il fut juste en colère contre lui-même.