Coucou les gens ! Ça va ? Moi super ! :)
J'espère que vous avez passé un bon Noël et que vous avez été gâté ! Moi en tout cas je l'ai été beaucoup trop xD
On se retrouve aujourd'hui pour le quatrième chapitre de "Malade d'amour" ! J'espère qu'il vous plaira, et merci de suivre cette fiction ! :)
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Guest :
Lisoas:...Bon je dois avoué que Mathieu est assez touchant quand même,et tu me dis que l'une des fin que j'ai dit est la bonne...ça fait trois fin possible bon je pense que ça va être l'une des deux premiére fin que j'ai imaginé même si j'éspére que c'est celle ou Mathieu tue le patron parce que c'est un gros conn**d,ce qui est cool en soit parce que ça fais vraiment patronesque(ce mot n'existe absolument pasXD mais j'en ai pas trouvé pour finir j'ai hâte de voir le chapitre 5 pour savoir laquelle de mes théories est la bonne(bon y'a le 4 d'abord mais je suis plutôt patient donc ça ira)a la prochaine et joyeux Noël a toi aussi!:)
Réponse :
Pour être exacte, La bonne fin est un mélange de deux fins que tu as mit dans ta précédente reviews : mais sache le, tu es très proche de la vérité et ce qu'il va se passer pourra peut-être t'étonner ! -en tout cas j'espère xD- Tu sais, inventer des mots est un signe d'intelligence x) en tout cas merci pour ta reviews, passe de bonnes fin de fêtes ! ;)
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Bonne lecture !
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Chapitre 4 : De l'orage dans l'aire
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PDV Externe
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Il faisait nuit depuis maintenant quelques heures. Il n'y avait plus personne dehors, les gens étaient tous rentrés chez eux. Le ciel était découvert, et les étoiles brillaient presque autant que la lune, qui resplendissante, éclairait faiblement le parc. L'herbe était humide et des gouttes de rosée perlaient sur les feuilles des arbres. Il faisait chaud, mais l'aire était moins lourd qu'il avait pu l'être dans la journée en ce mois de juin.
Le Patron, assit sur un banc du parc, observait la nature. Il était d'une grande classe, comme toujours, dans son éternel costume noir. Ses lunettes n'avaient pas quittés son nez, même si cela faisait à présent plusieurs heures que le soleil avait disparu. Ses traits étaient fermes et dures, et témoignaient d'une certaine violence contenu.
Que faisait le grand patron de "Salut les geeks" dehors en pleine nuit ? Comme à son habitude, il avait vadrouillé dans les rues de Nantes, commettant des crimes plus affreux les uns que les autres, avant d'aller se promener, pour réfléchir à ce qu'il c'était passé ces derniers mois. Il s'était arrêté dans un parc et posé sur un banc, non loin de chez lui, en pensant à son créateur.
Le mois dernier, Mathieu lui avait avoué son amour. Que voulez vous répondre à ça ? Comment réagir ?
Tout ce qu'il voulait, c'était le baiser. Pas former un couple, être niais et cul-cul la praline toute la journée ! La vie et parfois si compliqué… qu'avait-il fait pour que cet imbécile tombe amoureux de lui ? Il aurait du rester sur sa méthode de drague habituelle : brutale et rapide. Mais non, il avait fallu qu'il fasse l'inverse.
Toutefois, ce serait vraiment dommage de s'arrêter en si bon chemin. Aussi le criminel c'était juré qu'il mettrait son plan à exécution et qu'il réussirait à mettre son créateur dans son lit.
Mais pour l'instant ses plans étaient compromit. Cela faisait un mois que Mathieu et lui s'évitaient, qu'ils ne se parlaient plus. Ça ne l'affectait pas vraiment, son absence n'avait rien changé à sa vie et son créateur ne lui manquait pas plus que ça. Il était indifférent et insensible à ce que pouvait éprouver ce dernier.
Pourtant, il voulait le faire sien. Gouter au fruit interdit, découvrir le plaisir de la chaire avec Mathieu.
Décidé, l'homme en noir se leva avec un regard carnassier et laissa un rire rauque s'échapper de sa gorge. Il marcha tranquillement dans l'obscurité du parc et se dirigea vers sa maison à pas de loup.
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PDV Mathieu
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J'étais assit sur le canapé de mon salon en train de zapper de chaine en chaine. Il devait être 2h30 et j'étais trop fatigué pour faire quoi que se soit, mais je ne voulais pas dormir pour autant. Je n'étais pas du genre à beaucoup regarder la télévision. Entre le journal qui ne parle que de la misère et l'injustice présentent dans le monde et les télés réalités comme TPMP ou les anges qui étaient selon moi la plus grande honte de l'espèce humaine, il n'y avait pas beaucoup de chose à regarder. Pourtant j'étais là, affalé dans mon canapé à changer de chaine toutes les dix secondes, ne prêtant pas vraiment attention à ce qui défilait sur l'écran.
Ça faisait à présent presque un mois que je ne fréquentais plus le Patron.
Je ne le montrais pas, et essayais sûrement de me le cacher, mais je souffrais beaucoup de cette situation. Le criminel me manquait. J'avais compté les secondes, les minutes, les heures, les jours et les semaines, prisonnier de moi-même à vouloir rester loin de lui. C'était bête quand on y pense : il habitait la même maison, il suffisait de quelques pas pour que je parvienne à sa chambre, j'aurais pu le voir tout les jours et effacer ce manque, cette sensation de douleur lorsque je ne le voyais pas, mais je savais que ce n'était qu'une façade. Qu'il soit près ou loin de moi, j'avais l'intime conviction que je continuerais à souffrir tant qu'il ne m'appartiendrait pas totalement.
"Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. "
On ne prend pas tout de suite le sens de cette phrase au sérieux, on ne mesure pas directement son ampleur. Ou du moins pas avant de réellement le vivre. C'était bizarre, presque comique que je réalise la véracité de cette situation à cause du Patron. Au fond de moi, je voulais me dire que ce n'était qu'une amourette, mais je ne pouvais pas, car ce n'était pas ce que je pensais réellement. L'homme en noir avait cette chose en plus qui me rendait fou, à sa merci. Notre relation était spécial, et même si je ne voulais pas l'admettre, il me faudrait encore un peu de temps avant de l'oublier. J'étais prisonnier de mes sentiments, plus j'essayais de m'en sortir, plus je m'enfonçais, comme pris au piège dans un sable mouvant.
J'avais eu beaucoup plus de mal à accepter le fait que le Patron ne m'aime pas à ce que j'aurais pu penser. Au début je ne réalisais pas, mais une fois que je m'étais retrouvé seul dans ma chambre et que j'avais été assommé par le silence, j'avais compris que malgré ce que je voulais me faire croire, j'aimais énormément le criminel, et que je souffrais beaucoup du fait qu'il n'aime personne, ou du moins pas moi.
Je m'en étais voulu de l'avoir créé comme ça, sans sentiment, incapable d'émotion. Je m'étais maudit aussi, maudit d'être tombé amoureux de ce monstre. Et j'avais pleuré silencieusement, de peur que quelqu'un ne m'entende, pleuré toutes les larmes de mon corps, expulsant toutes ces émotions négatives que je ressentais, tout ce que j'avais sur le cœur. J'avais eu terriblement honte de pleurer pour lui, honte d'imaginer ce que les gens pourrait penser s'ils l'apprenaient.
Je revivais pour mon plus grand malheur, mes amourettes de lycée et de collège, me souvenant de ce sentiment affreux qui me tordait les tripes : l'amour.
Heureusement, j'allais de mieux en mieux. J'avais toujours mal, le criminel me manquait toujours, mais je m'y faisait, j'apprenais à vivre avec.
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PDV Patron
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J'arrivais devant chez moi, décoiffé par la légère brise qui s'était fait sentir alors que je marchais dans les rues de Nantes, un peu plus tôt. Il faisait toujours aussi chaud, et j'inspirais profondément, humant l'aire de la nature si agréable en cette période avant de rentrer dans la maison. Je n'avais pas oublié mes clefs cette fois-ci, et je fus apaisé en sentant l'aire frais qui provenait de l'intérieur. Quelqu'un devait avoir allumé la clim, sûrement le Panda, qui avait toujours trop chaud dans son kigurumi. Je fermais la porte d'entrée pour conserver l'agréable température qui régnait dans notre bâtisse, avant de me diriger vers la cuisine.
J'ôtais ma veste de costar pour la poser sur une chaise et ouvrais les boutons de ma chemise, ayant trop chaud malgré l'aire frais qui se faisait sentir. Je me servais un verre de whisky, et m'installais à la table.
Mathieu occupait mon esprit et malgré moi, je n'arrivais pas à penser à autre chose.
Cette histoire commençait sérieusement à m'énerver, pourquoi cette obstination, pourquoi vouloir à tout prix me faire l'autre schizo ?! Il n'avait rien de plus que les autres, des mecs comme lui je pouvais en baiser autant que je voulais.
Je savais évidemment pourquoi je ne voulais pas lâcher l'affaire : je ne pouvais pas abandonner ce défi, je devais aller jusqu'au bout, me prouver que j'en était capable. J'étais fort, j'étais un gagnant, pas une de ces poules mouillés qui baissent les bras.
Je voulais réussir, mais je ne savais pas comment, j'étais en mauvaise posture pour tenter quoi que ce soit, surtout si on prenait en compte le fait que j'étais censé éviter Mathieu jusqu'à ce que ce dernier aille mieux, et inversement. C'était long, et dure d'attendre. Combien de temps fallait-il à quelqu'un pour oublier son amour ? Je ne savais pas, et pour moi, j'attendais depuis trop longtemps. Se remettre de ses blessures ne devait pas être si dure, je trouvais ça anormal de mettre tant de temps a guérir d'une simple histoire de cœur. Encore une fois, cette mésaventure me montrait une chose : l'amour est un sentiment ingrat, qui ne servait qu'à faire souffrir le monde.
J'étais fier et heureux de pouvoir affirmer vivre sans ressentir la moindre émotion ou empathie pour qui que se soit. Était-ce prémédité ? Mathieu avait-il fait exprès de me crée sans sentiment ? Je n'en savais rien, mais pour moi c'était évident que oui. Il avait sûrement voulu donner la chance à une de ses personnalités de pouvoir vivre une vie tranquille et heureuse, sans ressentir quelconques émotions. C'était tombé sur moi. J'avais eu de la chance, j'aurais pu naître comme le Geek, le Panda ou le Hippie, à vivre une vie et à ressentir des choses comme n'importe qui.
Mais au fond, était-ce un privilège ou une punition ?
Je ne le savais pas, et ça m'importait peu. Peut être qu'au fond de moi, je ne voulais juste pas savoir la réponse de cette question, pour me protéger d'un danger que j'ignorais. C'était sans doutes mieux comme ça, de vivre dans le déni, vivre sans savoir. Certaines choses détruisent, je voulais préserver cette assurance et cette cruauté dont je pouvais faire preuve. On dit que les gens ont besoin d'une raison de vivre. Peut être que pour moi c'était ça, ma raison de vivre : être différent des autres.
Je soupirais et me levais de ma chaise en avalant la dernière gorgée de mon whisky, avant de laisser trainer le verre près de l'évier comme à mon habitude. Je ne m'en souciais pas : je savais qu'un de mes colocataires le rangerait à ma place.
Je me dirigeais ensuite vers le salon, souhaitant m'allonger un peu dans le canapé pour éventuellement lire un livre ou un magazine, mais je me rendais vite compte que la pièce n'était pas silencieuse et était faiblement éclairée par un écran : la télévision était allumé. Et la personne qui la regardait, zappant de chaine en chaine, n'était autre que Mathieu.
Je cessais de bouger et le regardais. Il ne semblait pas avoir remarqué ma présence. Il bailla, sûrement fatigué, continuant de changer de chaine, se fichant des émissions qui passaient à la télé. J'étais soudainement gêné de me retrouver dans la même pièce que lui. Pourquoi est ce que je réagissais comme ça ? Je devais me reprendre, bon sang !
Je n'eu pas le temps de penser autre chose, Mathieu remarqua enfin ma présence, sursauta et se tourna dans ma direction. Aucun de nous deux n'osa parler, et on resta comme ça plusieurs secondes, dans le silence le plus total.
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PDV Mathieu
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Combien de temps on resta comme ça, à se regarder ? Je n'aurais pas pu le dire. Des secondes, plusieurs minutes peut être. La seule chose que je pouvais affirmer, c'est que j'étais pétrifié. Ça faisait plusieurs semaines que je ne l'avais pas vu, ou alors très rapidement, et il était à présent là, devant moi. Que faire, comment réagir ? Devais-je faire comme si de rien n'était, le saluer ou partir dans ma chambre, comme si je le craignais ?
Je commençais doucement à l'oublier, à guérir de mes blessures, mais à sa simple vu, tout les sentiments que j'avais tenté d'oublier étaient revenu me frapper en plein visage. Le choc était terrible. Une réalité que j'avais poussé loin de mon esprit revint me remplir le cœur d'une tristesse immense : je l'aimais mais il ne m'aimait pas.
J'essayais de faire comme si je ne ressentais rien, comme si je me fichais de le voir ici, mais je pense que mon regard trahissait les émotions que je voulais faire paraître et qui n'était pas les miennes. J'étais triste sans lui, j'étais mal quand il était loin de moi, mais encore plus lorsqu'il était à mes côtés.
Je me redressais sur le canapé et éteignais la télé, n'ayant plus vraiment envi de rester dans le salon, ou du moins, dans la même pièce que lui. Il n'avait toujours pas bougé, et se tenait debout dans le cadre de la porte, droit et ferme, comme à son habitude. Impossible de savoir à quoi il pensait.
« Qu'est ce que tu fous ? » me demanda-t-il au bout de quelques instants.
Jamais je ne l'avouerais, mais sa voix m'avait manqué, et ça me fit un bien fou de l'entendre. Je haussais les épaules, essayant d'avoir l'aire naturel.
« Je regarde la télé, et je suis chez moi à ce que je sache.
-Ça va gamin, pas la peine de réagir comme une pucelle mal baisé. » grogna-t-il.
Il n'était pas très loin de moi, ou du moins il était beaucoup plus proche que ce que j'avais imaginé. Peut être que inconsciemment, je m'étais rapproché de lui. Je sentais son haleine puant la vodka, et j'inspirais longuement tentant d'imprégner mes narines de son doux parfum : un mélange de tabac froid, d'alcool et d'un gel douche viril. Il du le remarquer, car il me lança un sourire plein de sous entendu.
Mais qu'est ce que je fabriquais ?
J'étais censé l'oublier, m'éloigner de lui, pas sympathiser !
Je soupirais, indigné de mon propre comportement, et passais une main sur mon visage. Il fallait que je me ressaisisse. Je tournais le dos à ma plus sombre personnalité et me dirigeais hors de la pièce.
« Bon, je vais me coucher. »
Je l'entendis grogner dans mon dos, et me surprit à penser que je lui manquais peut être. Je secouais la tête pour éloigner ces idées débiles. Je ne lui manquais pas, je ne pouvais pas lui manquer. Il soupira bruyamment depuis le salon alors que je montais les escaliers. Peut importe, ça n'avait pas d'importance.
Une fois dans ma chambre, je j'étais un coup d'œil à mon réveille avant de me laisser tomber sur le lit.
3h00.
Il était vraiment temps que je dorme, si je voulais être en forme demain. Je n'avais rien de prévu, certes, mais c'était mieux ainsi. Je m'allongeais et me faufilais sous la couette avant de caler ma tête dans l'oreiller et d'éteindre la lumière. Je ne mis pas longtemps à m'endormir.
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PDV Patron
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Je regardais mon créateur partir et grogna. Pendant un instant, j'ai cru qu'il avait été heureux de me voir. Peut être que je me faisais des idées. Peut être que me voir ne lui avait fait ni chaud ni froid. Je ne savais plus décrypter ses sentiments, ce qui avait le don de me déstabiliser complètement. Je soupirais bruyamment et passais mes mains sur mon visage.
Que fallait-il faire pour lui plaire de nouveau ? Restait-il une chance pour nous deux, ou devais-je abandonner pour la première fois de ma vie ? Non, je ne pouvais pas me le permettre. J'allais y arriver, j'allais le reconquérir.
Je savais au fond de moi que c'était débile de s'acharner comme ça. Je voulais abandonner, mais quelque chose m'en empêchait. J'avais trop peur de le perdre.
Je secouais la tête en laissant échapper un petit rire, remplie d'une certain amertume. Qu'est ce que j'allais pas inventer comme connerie pour justifier le fait que je ne voulais pas lâcher l'affaire. Pourtant, j'avais l'impression de me mentir. J'étais le Patron, j'avais beau avoir des convictions, Mathieu et ses magnifiques yeux bleus avaient tout mélangé dans ma tête, j'étais totalement paumé.
Fatigué par cette journée et cette confrontation avec mon créateur, je montais à mon tour dans ma chambre. Les volets étaient déjà fermés, ils l'étaient toujours, ce qui était souvent un sujet de discorde avec Maître Panda qui disait qu'il fallait que la lumière entre un peu plus souvent dans la pièce. Je m'installais confortablement dans mon lit, il était tard et je m'endormis rapidement, mes pensées étant tournées vers le petit châtain.
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PDV Externe
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La nuit fut mouvementée pour les deux hommes. Se tournant et se retournant dans tout les sens, Mathieu semblait agité dans ses rêves, ou plutôt ses cauchemars si on prenait en compte son réveil en sursaut. Il devait être 8h30, le schizophrène se redressa dans son lit, en sueur, les cheveux collés sur le front et la peau moite, encore tremblant. Il inspira et expira doucement, essayant de se calmer alors qu'il passait ses mains sur son visage. Il se laissa retomber sur le matelas en soupirant. La journée commençait bien…
Il avait un mauvais pressentiment, il y avait de l'orage dans l'aire.
Était-ce à cause de ce rêve stupide ? N'importe quoi, il fallait qu'il grandisse un peu. C'était un adulte, plus un enfant qui avait besoin de sa mère à chaque mauvais rêve qu'il faisait !
Il se leva, la bouche pâteuse et un arrière gout d'angoisse au fond de la gorge, et se dirigea vers la cuisine. Il ne mangea pas ce matin là, et ne put pas non plus avaler son café. C'était comme ça, il y avait des jours ou ça n'allait pas.
Les marches des escaliers grincèrent et trois de ses personnalités entrèrent dans la cuisine.
« Je veux pas y aller… » râla le Geek en trainant les pieds, bougon.
« Courage, le Nyan Cat nous accompagne, gros ! » s'exclama le Hippie.
Maître Panda soupira et prit plusieurs sacs de course.
« Arrête de te plaindre, j'ai besoin que quelqu'un m'accompagne aux commissions, tu peux faire ça, non ? Et toi Hippie, soit gentil et évite ce genre de remarque en public.
-Vous allez faire les courses ? » demanda Mathieu.
L'ursidé hocha la tête.
« Oui, tu as besoin de quelque chose ?
-Ouai, prends des chips, s'te plaît. »
Le Panda acquiesça et prit les sachets de commissions avant de déclarer à l'intention du Geek et du Hippie :
« En route, mauvaise troupe ! »
Mathieu les regarda s'éloigner, en souriant légèrement. Il se demandait comment le Panda allait réussir à gérer ces deux là. Entre le Geek qui, à chaque fois qu'il était au course, réclamait des jeux vidéos, et le Hippie qu'on pouvait perdre n'importe ou, même dans les plus petits espaces, il y avait du boulot ! Mais bon, Mathieu ne se faisait pas vraiment de soucis pour Maître Panda. Il avait beaucoup d'autorité tout en sachant rester tranquille et calme. Ça en était impressionnant.
Le petit châtain lâcha un rire inaudible avant de remonter dans sa chambre. Il s'installa devant son ordinateur et entreprit de faire le montage du prochain SLG, en fumant une clope.
Finalement, cette journée n'allait pas être si terrible. Si ?
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PDV Patron
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Je dormais encore quand je fus réveillé par des bruits de pas dans les escaliers. Je devinais sans mal que la peluche était partit faire les courses avec le gameur et le camé, comme elle l'avait annoncé la veille. Je grognais légèrement et me retournais dans tout les sens, cherchant à me rendormir. Impossible, évidemment.
Je soupirais et me redressait, commençant à faire les cents pas dans ma chambre. Je ne sais pas pourquoi, mais aujourd'hui j'étais tracassé.
J'avais envie de baiser. Terriblement envie.
Mais je ne voulais pas une putes, ou n'importe qui d'autre, non, je voulais Mathieu. J'avais assez attendu, trop attendu. Merde, quoi ! Je ne savais toujours pas comment l'approcher ! Pourtant j'avais besoin de lui, besoin de sentir sa peau contre la mienne.
« Fais chier ! »
Je donnais un coup de pied rageur dans mon armoire, avant de me laisser tomber sur le lit pour prendre ma tête entre mes mains.
Comment je pouvais faire ? Qu'est ce que je pouvais faire ? Il m'évitait, ne voulait pas me voir seulement parce qu'il était amoureux de moi.
Une minute.
Amoureux de moi ?
Je relevais la tête, plein d'espoir. Un sourire carnassier se forma sur mes lèvres. Je l'avais là, ma réponse, ma solution. Mathieu était amoureux de moi. Je ne m'y connaissais pas en relation amoureuse, mais j'étais sur d'une chose : si il m'aimait, il ne pourrait pas refuser mon corps, il ne pourrait pas résister.
Je voyais le fait qu'il m'aimait comme quelque chose d'affreux, d'inhumain. Mais je me trompais, c'était un avantage ! Pourquoi ne pas en profiter ? Jouer avec lui et ses sentiments. Ça avait l'aire tellement facile, dit comme ça, mais ça semblait cruelle.
Je secouais la tête. J'en avais rien à foutre, que ce soit cruelle ou pas !
Et au fond, était-ce vraiment un crime de vouloir jouer avec ses sentiments ?
Non, bien sur que non. Je voulais juste nous faire du bien à tout les deux. Qu'y a-t-il de mal à succomber au désir ?
Rien, j'en étais convaincu.
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PDV Externe
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L'homme en noir sortit de sa chambre, décidé et pourtant anxieux. Il n'était pas quelqu'un de particulièrement stressé ou quoi que ce soit, mais il avait l'impression que son plan n'allait pas fonctionner, pire : que ça allait tourner au drame.
Le Patron n'avait pas envie d'y aller, pas envie de le voir et encore moins de le sauter, finalement. Mais sa fierté l'en empêchait. Il avança dans les couloirs et se posta devant la chambre de son créateur. Maintenant qu'il était à deux doigts de se trouver en face de lui, il hésitait. Il avait peur de lui faire du mal, de n'importe quelle façon que ce soit. Était-il malade, pour ressentir des choses si étranges envers le petit châtain ? Non, la raison était beaucoup plus compliqué, et inavouable à ses yeux.
Il inspira longuement, et essaya de se calmer. Il ferma les yeux quelques secondes et réussit à retrouver son assurance rapidement. Pour la première fois depuis bien longtemps, il toqua la porte au lieux de rentrer sans prévenir.
Il ne fallait pas avoir peur, que pouvait-il se passer de mal ?
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PDV Mathieu
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J'étais encore en train de faire le montage du prochain épisode quand quelqu'un toqua à la porte de ma chambre. Je fus surpris, étant donné que le panda, le Geek et le Hippie étaient partit au course. Qui cela pouvait-il être ? Le Patron ? Sûrement… c'était étrange, évidement, étant donné que frapper à la porte n'était pas dans ses habitudes. Je me levais en soupirant faiblement, légèrement inquiet de le voir, et surtout de savoir ce qu'il me voulait. J'ouvris la porte : je ne m'étais pas trompé, ma personnalité la plus sombre était bel et bien là.
« Salut. » soufflais-je, essayant de ne pas montrer que j'étais heureux de le voir.
« S'lut. » répondit-il.
Je cachais mes rougissements et détournais la tête, essayant de me montrer le plus normal possible, jusqu'à ce qu'il m'annonce pourquoi il était là. J'avais peur, je ne savais pas à quoi m'attendre, et redoutait ce qu'il voulait me dire. Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais un mauvais présentement. Un très mauvais pressentiment.
J'attendis pendant plusieurs secondes, mais il ne parla pas. Il n'ouvrit pas la bouche, ne prononça pas un mot, et pour la deuxième fois en l'espace de peu de temps, on s'était retrouvé comme deux cons, à ne rien dire. Moi, ne bougeant pas d'un pouce et évitant soigneusement son regard, et lui, droit et se tenant devant moi de toute sa longueur. Perturbé par ce silence, je me décidais enfin à demander, essayant de rester naturel :
« Qu'est ce que tu me veux ? »
J'attendis la réponse qui ne vint pourtant jamais, ce qui je dois bien l'avouer, m'effrayait un peu. Pendant deux ou trois secondes, qui pourtant me semblèrent durer une éternité, rien ne se passa. Je sentis ensuite, à mon grand étonnement, ses lèvres se poser contre les miennes, de façon maladroite et spontané.
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PDV Patron
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J'étais là devant lui, et pendant plusieurs secondes, je ne savais plus comment réagir. Que devais-je faire ? Lui parler ? Pour quoi dire ? J'avais perdu le contrôle de mon corps. Mes membres ne n'obéissaient plus, mon cerveau était comme hypnotisé par sa beauté. Dans ma tête, la seule que je pouvais entendre était son prénom.
« Qu'est ce que tu me veux ? » demanda-t-il au bout d'un moment qui devait durer depuis une éternité.
Je secouais la tête, sortant mon membres de leur torpeur et mon cerveau de sa contemplation silencieuse de Mathieu. Je ne savais pas quoi répondre, et ne voulait pas réfléchir à ce que je voulais dire de peur de faire durer ce silence oppressant plus longtemps. Il fallait agir.
Instinctivement, presque naturellement, je l'embrassais. Ce n'était pas doux : jamais je n'avais embrassé quelqu'un de manière douce. Mais ce n'était pas brutal, contrairement à d'habitude. Ce baiser réveilla en moi plein de chose, que je n'avais jamais ressentit. Ce n'était pas désagréable, mais ça m'inquiétait étrangement.
Sans quitter ses lèvres, je le poussais dans sa chambre et refermais la porte derrière nous. Les volets n'étaient pas totalement ouverts, il faisait donc plutôt sombre. Son ordinateur était allumé, il était visiblement en train de faire du montage avant que je ne vienne l'interrompre.
Ça faisait du bien, de l'embrasser. Sentir ses lèvres se mouvoir contre les miennes en une danse étonnement très érotique me faisait ressentir des frissons. Mon plan était en train de fonctionner, il s'offrait à moi. C'était bien, mais j'en voulais plus. Je le plaquais non sans violence contre un mur et tentais de lui retirer le t-shirt. Une fois retiré, et sans quitter ses lèvres, j'entreprenais d'enlever ma chemise que je jetais par terre près de son t-shirt. Mon excitation était à son paroxysme.
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PDV Mathieu
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Je ne savais pas pourquoi, mais je me laissais faire quand il m'embrassa -prenant d'ailleurs part au baiser- et quand il me poussa dans ma chambre pour fermer la porte derrière nous. J'étais à sa merci, totalement sous son charme. Je ne pouvais plus rien décider par moi-même. Ce baiser réveilla en moi tout l'amour que je ressentais pour lui, et tout les sentiments que je refoulais depuis pas mal de temps. Pourquoi était-il venu toquer à ma porte pour m'embrasser ? Peut être avait-il réfléchi à la déclaration que je lui avais faite, et qu'il en était arrivé à la conclusion que mes sentiments étaient réciproques. Alors pendant tout ce temps, repousser mon amour envers sa personne n'était peut être pas une solution ? Non, impossible. Il devait y avoir un problème, ce n'était pas normal….
Il me plaqua violemment contre le mur, m'enleva mon t-shirt alors que je reprenais mes esprits. Il ne m'aimait pas, il voulait juste me baiser. Pas de sentiment, rien, juste son plaisir comptait.
Je lâchais un grognement mécontent et le repoussais. Il me regarda, incrédule :
« Qu'est ce qu'il te prend ? » questionna-t-il.
« Je pourrais te retourner la question ! » rétorquais-je, sur les nerfs.
Il était là, torse nu devant moi à me regarder comme si je venais d'une autre planète. Voyant qu'il ne comprenait pas ou je voulais en venir, je déclarais:
« T'es là, tu viens dans ma chambre et c'est juste pour me sauter ! Tu m'as prit pour ta pute ?! »
Je le vis changer d'expression. Son visage se crispa et se transforma en une grimace de colère. Je le cachais, mais je devais bien avouer qu'il me faisait un peu peur.
« T'avais l'aire d'aimer ça, à ce que je sache. » se défendit-il.
« M'en fou. Sort immédiatement de ma chambre. » dis-je, d'un ton sec.
Je vis le criminel s'énerver. Son visage devint rouge de colère, il serra dents et les poings sans doutes pour contenir sa rage. Je pensais que ça s'arrêterait ici, qu'on en finirait là et qu'il sortirait de la pièce, mais non. J'étais stupide de penser ça, c'était le Patron.
Il me plaqua violemment contre le mur pour la deuxième fois, et je retint un hoquet de surprise mélangé à de la peur. Que faisait-il, bon sang ?!
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PDV Patron /Déconseillé aux personnes sensibles/
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Je fus contrarié, évidement. J'étais pourtant sur qu'il se laisserait faire sans rien dire. Mais non, il avait fallu qu'il ouvre sa gueule. Mais je n'allait pas abandonner, non, si je ne pouvais pas l'avoir sans qu'il se laisse faire, je l'aurais par la force. J'avais trop de fierté pour renoncer à son corps. Au fond de moi j'avais mal, je souffrais de ce que j'allais faire, mais mes pulsions étaient trop forte. C'était trop tard, la bête en moi était déjà réveillé.
Personne ne refuse quoi que se soit au Patron.
Fou de rage, je le plaquais contre le mur.
« Q-Qu'est ce que tu fais, merde ?! L-lâches moi ! »
Je pouvais sentir sa voix trembler sous l'effet de la peur, ce qui ne fit que m'exciter d'avantage. Je frottais mon érection déjà bien présente contre sa cuisse, alors que je déboutonnais son pantalon. Il se débattait beaucoup trop à mon goût, je grognais et lui envoyais mon poing dans sa figure. Il saignait du nez, mais je n'y fis pas attention.
« Reste tranquille. » ordonnais-je.
Je fis glisser ses vêtements sur le sol, il était à présent nu devant moi, les larmes aux yeux et tremblant de peur. Il essaya de s'enfuir, me repousser pour s'échapper, en vain. Il était tellement séduisant comme ça, à ma merci.
Je le saisis par la gorge le frappais de nouveau, pour le dissuader de tenter quoi que se soit. C'était toujours comme ça avec mes victimes : je leur montrais tout de suite qui commandait, instaurais une relation de peur pour qu'il leur soit impossible de se défendre.
Il pleurait à présent, sa peau était couverte d'hématome dont j'étais l'auteur. Le monstre qui était en moi était ravis de le voir dans cet état, mais au fond, je voulais arrêter. Tout de suite. Je ne voulais pas lui faire ça, pas à lui en tout cas. C'était mon créateur, j'étais censé avoir un minimum de respect pour lui, merde ! Mais je n'arrivais plus à me contrôler, et j'étais malgré moi de plus en plus excité par cette vision d'horreur.
« S-s'il te p-plait, n-ne fais pas ça ! » supplia-t-il.
Les supplications de mes victimes ne me faisaient rien d'habitude, mais là ce fut différent, et je ressentis un pincement au cœur. Mais une voix au fond de moi se fit entendre : reprends toi, bordel ! Tu es le Patron, tu n'as de pitié pour personne !
J'écoutais ces paroles et me déshabillais, je savais qu'il était trop tard pour faire machine arrière.
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PDV Mathieu /Déconseillé aux personnes sensibles/
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« S-s'il te p-plait, n-ne fais pas ça ! » suppliais-je, sachant pourtant que ça ne servirait à rien.
Il ne pouvait pas me faire ça, c'était impossible.
Je le vit se déshabiller devant moi, alors que mes pleurs redoublèrent. J'avais terriblement mal, il m'avait frappé avec une extrême violence. J'avais terriblement peur aussi, je ne voulais pas qu'il me viol. Je savais que le Patron était un monstre, mais étant son créateur, j'avais toujours pensé être immunisé. Je me trompais visiblement.
Il me plaqua ventre au sol et monta au dessus de moi. Je sentais sa peau contre la mienne, et pouvais sentir son souffle dans mon coup. J'étais terrorisé, mon estomac était noué par le stresse, l'appréhension et la peur, alors que ma gorge était irrité et me brûlait affreusement à cause de mes pleurs. Mes larmes brouillaient ma vue et mon souffle était court alors que mes poumons souffraient le martyre. Un sentiment de trahison me rongeait les tripes et une tonne d'autres sentiments me bouffaient de l'intérieur.
« Évite de te débattre, ça ne durera pas longtemps. » souffla-t-il à mon oreille d'une voix rauque.
En temps normal, j'adorais sa voix cassé par la cigarette et la boisson, mais là, elle m'était juste insupportable. Aussi insupportable que son parfum de tabac froid et d'alcool fort qui auparavant, ravivait mes narines. Tout ce que j'avais aimé en lui, était en train de me dégouter.
Sans plus de cérémonie, il entra en moi d'un coup alors que je lâchais un cri de douleur. J'avais mal, c'était brutal. Il n'y allait pas doucement, et j'avais beau pleurer, hurler, le supplier, rien n'y faisait. Je me retrouvais victime du monstre que j'avais créé.
Quand je pense que j'en étais tombé amoureux. Ça aurait pu se passer autrement, nous aurions pu être en couple et j'aurais aimé ça, nous l'aurions fait d'un accord commun et ça aurait été consentit. Mais ce n'était pas le cas. Nous n'étions pas en couple, ça n'avait pas était consentit et je n'aimais pas ça. Je n'aimais pas sentir son ventre se frotter contre mon dos, ses hanches qui claquaient contre mes fesses alors que ses gémissements et mes hurlements remplissaient la pièce. Il n'y avait pas d'amour dans tout ça. Rien que son propre plaisir.
Je devais être un peu fou, sérieusement, qui est assez barjot pour se faire violer par une de ses personnalités ?
J'étais minable. Je ne me débattais plus, j'avais comprit que ça ne servait à rien. Je souffrais, je saignais, j'avais mal, j'endurais sans doutes un des moments les plus terribles de mon existence, mais peut importe. Je pleurais silencieusement alors qu'il me besognait durement. J'étais détruit, je n'avais plus de dignité, plus d'amour propre, rien.
Je sentis son corps se tendre au dessus de moi, il lâcha un grognement de plaisir alors que la jouissance l'emportait, signant au passage ma délivrance. Mais pouvait-on appeler ça une délivrance, en sachant ce qui m'attendrait après ?
Il se retira de moi et se rhabilla tranquillement, sans même me jeter un regard. Moi je n'avais pas bougé, j'étais encore pétrifié par ce qu'il venait de se passer. J'étais moue comme une poupée de chiffon, comme un corps sans vie. C'était à peine si j'arrivais encore à aligner une pensée cohérente. J'étais mort de l'intérieur.
Une fois totalement vêtu, il sortit de la pièce, me laissant seul alors qu'il venait de me détruire.
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PDV Patron
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Il était chaud et serré, mais je n'y prenais pas totalement goût. Sa chaire tremblante contre la mienne, son souffles et ses pleurs devenu erratique réveillaient au fond de moi une grande douleur. Qui de nous deux souffrait le plus ? Je ne voulais pas le savoir. Pour l'instant, je profitais juste et me laissais submerger par la jouissance. Ça faisait du bien, malgré tout.
Je me retirais et me levais pour me rhabiller sans lui jeter un seul regard. J'avais trop peur de voir la rancœur, la tristesse et la trahison dans ses yeux. J'avais peur de lui, tout simplement. Peur de savoir s'il s'en remettrait, s'il m'en voulait énormément. Peur de voir ce que je lui avais fais, peur de croiser ses yeux d'un bleu glaçant d'habitude si expressifs, qui n'avaient sans doute rien de tel en ce moment. Peur de voir en lui tout le dégoût qu'il devait sans doute ressentir, et que je ressentais aussi.
Je sortais de sa chambre pour aller dans la mienne, toujours sans le regarder. Je ne l'avais pas senti ou entendu bouger depuis que cet acte forcé était terminé, je devait sûrement l'avoir traumatisé. Une fois enfermé dans la pièce, je réalisais ce que j'avais fait.
Mon dieu.
Je venais de violer mon créateur, celui à qui je devais la vie. Je ne voulais pas le croire, croire ce que je venais de faire et croire que je pouvais ressentir de l'empathie pour lui. Merde, qu'est ce qu'il m'arrivait ?! Je venais de le baiser, je devrais être heureux ! Non ?! Alors pourquoi ? Pourquoi je voulais pleurer comme un gamin ? Pourquoi je me dégoûtais alors que j'avais déjà fait ça plein de fois ?! Pourquoi je voulais aller le prendre dans mes bras et m'excuser ?!
Je grognais. Non, je n'avais pas de sentiment. J'étais fier de ce que je venais de faire. Je m'allumais une clope et décidais d'aller prendre l'aire pour me changer les idées. J'en avais besoin.
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PDV Mathieu
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Longtemps après qu'il m'ait laissé seul, je me décidais enfin à bouger. Je bougeais un bras, puis le deuxième, avant de faire pareil avec mes jambes encore nu et couverte d'hématome. Je me redressais lentement et m'asseyais. Je lâchais un cri, ressentant une vive douleur. Je n'arrivais plus à pleurer, trop de larmes avaient déjà coulées. J'étais mort à l'intérieur, détruit, je n'avais plus aucune dignité, mon amour propre était en miette. Je me rhabillais en vitesse, ignorant la douleur et me cachais sous mes draps, ne souhaitant plus en sortir.
J'aimais tellement le Patron, mais lui m'avait détruit. Il n'avait voulu que mon corps, il n'avait que faire du reste. J'était traumatisé. Je revoyais encore ces images qui tournaient dans ma tête sans jamais disparaitre. Elles me hantaient, et me hanteraient sûrement encore longtemps. Je me sentais sale, j'étais sale. Il m'avais salit à jamais.
Chez qui pouvais-je aller me plaindre ? A qui me confier ? Et que leur dire ? "Bonjour, je me suis fait violer par une partie de moi même " De toute façon, je n'avais personne. Aucun confident. Et même si j'en avait eu un, personne ne prenait aux sérieux les hommes qui se faisaient violer. Parce que c'était bien connu, un homme avait toujours envie de baiser, un homme ne pensait qu'à ça. Oui, la société n'était pas qu'injuste avec les femmes. Les gens ne voulaient pas admettre qu'un homme puisse pleurer, ou avoir des moments de faiblesses. Certains clichés étaient encore tellement présent, qu'on pouvait croire qu'ils étaient encrés dans le programme génétique de beaucoup de personne. C'était triste à dire, mais un homme ne pouvait pas être victime de violence, de viol ou de quoi que se soit, car un homme était censé être fort, dominant. Du moins aux yeux de cette société vivant encore avec des idées moyenâgeuse. Un jour, ça changerait peut être. En tout cas je l'espérais.
Roulé en boule sous ma couette, je tentais d'oublier ce qui venait de se passer. Impossible, évidemment. Je n'allais pas m'en remettre. Je courais à ma perte, je le savais.
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PDV Externe
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La vie n'était pas tendre avec Mathieu qui essayait depuis plusieurs semaines d'oublier le Patron, sachant que leur amour était impossible, inexistant. Il était mort au fond de lui, se sentait trahi. Jamais il n'aurait pu imaginer un jour se faire violer par ce monstre. Le Patron s'en voulait même si il essayait de se le cacher, évidemment, ça ne l'excusait pas.
Le soleil était haut dans le ciel en ce mois de juin, les oiseaux chantaient et aucuns nuages n'étaient à l'horizon. Tout était tranquille, mais un drame venait pourtant de se produire.
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Voilà, c'était le chapitre 4 ! J'espère qu'il vous à plus !
On se retrouve la semaine prochaine pour le dernier chapitre ! :D
Passé des bonnes fins de fêtes ! ;)
