Comme promis, voilà le chapitre. (:
Merci pour vos reviews, vos follows, vos fav', comme chaque auteur(e) ici, ça me pousse à continuer ma fic'. :)
Bref, bonne lecture et enjoie. :p
Alex se réveille en sursaut, étouffé par la chaleur d'une couverture qu'il ne se souvient pas avoir prise, englué dans les réminiscences d'un rêve étrange. Après s'en être dégagé, il ébouriffe vivement ses cheveux en partant vers la porte. Il jette un coup d'œil à la pendule rouge au-dessus de celle-ci. Le soulagement le traverse aussitôt : le stand n'ouvre ses portes qu'à huit heures, soit dans deux heures. Le sourire aux lèvres, il déverrouille la porte, s'empoigne du trousseau de clés pour aller ouvrir la cafétéria dans le but d'y trouver de quoi combler la faim qui commence à lui tenailler le ventre.
La cafétéria n'est en fait qu'une grande salle parsemée de tables, de chaises ainsi que de distributeurs ou de frigos contenant boissons et sandwichs pour le plus grand bonheur d'Alex. N'ayant pas trouvé l'interrupteur, il s'avance entre les tables, uniquement éclairé par les lumières blanches des différents appareils. Il y choisit rapidement un paquet de gâteaux, s'empare d'une canette de jus d'orange et par s'assoir. Le Gothique mange en silence, plongé dans ses pensées fixées sur une seule chose, une seule personne. Il a beaucoup de mal à chasser la vision du Patron à moitié nu, de son corps semblant l'appeler aussi sûrement que la voix rauque au ton espiègle. Alex chasse un frisson en se frictionnant la nuque, soupire un bon coup pour évacuer la vague tension qui s'empare de lui alors qu'il repense aux lèvres expertes s'emparant de sa carotide.
-Comment j'ai pu me laisser faire… ? , maugrée-t-il en expulsant au loin une miette de gâteau. Comment j'ai pu…
La fin de la phrase se coince en travers de sa gorge. Pourtant, il sent qu'il doit se l'avouer à lui-même, le dire à voix haute pour mieux accepter l'état de fait. Hésitant, il lance sa voix dans le silence de la salle :
-Comment j'ai pu aimer ça ?
Il souffle, soulagé, rit nerveusement, un peu gêné.
-Le pire c'est que oui, j'ai aimé le voir à moitié nu, j'étais comme attiré vers lui mais le fait que nous étions à distance l'un de l'autre me tordait les tripes. J'voulais tellement l'atteindre... Et ses lèvres contre ma peau... Une si brûlante sensation qui m'emplissait à une telle vitesse...
Son ton rêveur quoique étranglé de plaisir résonne parcimonieusement dans le silence de la pièce.
-Je suis ravi de t'entendre dire ça Alex.
Le jeune homme se raidit et se redresse d'un coup à l'entente de la voix venant du fond de la salle, derrière lui mais ne se retourne pas.
-Ca confirme ce que j'ai dit hier soir.
Il entend presque le sourire enchanté dans la voix chaude.
-A savoir ?
L'autre élude la question par un silence éloquent tandis qu'Alex se concentre sur le bruissement de leurs respirations qui s'enlacent et emplissent la salle.
-J'attendrais Alex, je sais être patient.
-Vous me suivez tout le temps comme ça ?
-Ca fait longtemps que je t'attends au tournant gamin. Et te voilà.
Un raclement de chaise l'informe que l'homme vient de se lever tandis qu'une démarche assurée marquée par les frottements vifs de ses vêtements contre sa peau lui confirme qu'il se déplace. Alex s'interroge sur sa position dans la pièce jusqu'à ce qu'un souffle lourd et chaud se brise soudainement contre sa nuque. Il tressaute d'une plaisante surprise.
-Et je continuerais. , souffle la voix.
Une légère barbe vient maltraiter et électriser sa peau à l'endroit déjà marqué la veille par la même personne. Alex retient son souffle pour entendre la fin de la phrase qui n'est qu'un murmure vibrant de promesses dans son oreille.
-Jusqu'à enfin t'avoir.
+x+x+x
Et s'il s'était aventuré sur un terrain glissant avec sa phrase presque insolente ? Essayez-moi. Il se demande encore pourquoi avoir dit ça même si sur l'instant, ça lui avait paru être une bonne idée –surtout parce que c'était la seule qu'il ait eu. Pourquoi avoir dit ça comme ça ? Ce n'est pourtant pas son genre de se montrer aussi joueur d'habitude ! Alors pourquoi ? Non vraiment, ça ne lui ressemble pas. Pourtant… En voyant cet homme le dominer de toute sa stature et de cette incroyable force qu'il dégage, ça c'était imposé comme une évidence. Bien plus que d'obtenir son stage par cette phrase, il avait voulu lier le Patron à lui. Et c'est bien ça qu'il n'arrive pas à s'expliquer.
-Alex ! Comment vas-tu ? Tu es arrivé tôt dis-moi ! , s'enquiert une Laure joyeuse.
*C'est surtout que je ne suis pas reparti hier soir…*
-Prêt pour ton premier jour ?
Le Gothique lui rend son sourire, sans pour autant lui répondre qu'à vrai dire, il avait déjà commencé à travailler hier soir. Elle devait être au courant de toute façon même s'il est étrange qu'elle n'y fasse pas allusion.
-Au fait, je n'ai pas eu le retour de ta convention, il faudrait que tu penses à me la rapporter.
*C'est donc ça… Elle n'est pas au courant que je fais le ménage. Il n'y a que le Patron qui le sait. Et apparemment il veut continuer à être le seul…*
Alex, les yeux dans le vague, se mord doucement la langue pour se calmer en songeant au secret instauré et partagé avec le Boss, ainsi que tout ce qu'il implique malgré lui. Il ne peut pas lui échapper. Il ne peut pas se plaindre en affichant l'exploitation faite par le Patron puisqu'il avait signé. Plus qu'établir cette relation cachée emplie de désirs quoique balbutiante, il avait établi et refermé un piège autour de lui en signant sa convention sans regarder. Et plus le temps passe, plus Alex se demande si ça le dérange vraiment…
-Ca va Alex ? (il réintègre brusquement son corps par cette simple question) Tu es malade ou tu as simplement eu une nuit mouvementée ? , le taquine-t-elle.
A nouveau, il ne répond rien et se contente de sourire. Dans le fond, elle ne croit pas si bien dire…
+x+x+x
La journée passe extrêmement vite, peut-être trop, rapprochant rapidement la fermeture du stand pour laquelle Alex se sent de plus en plus nerveux au fur et à mesure que les heures filent.
Au retour d'un voyage à la supérette du coin, le jeune homme ne peut s'empêcher de laisser ses pensées divaguer une nouvelle fois, en accord avec les pulsations de son imagination liée à ses désirs qui lui proposent divers et plaisants scénarios pour cette nuit. Et il n'arrive pas à s'en défaire, ni à les arrêter…
-On quitte déjà le navire petit ?
Le Gothique se crispe mais continue à faire bonne figure devant la personne qui l'a appelé, tente même d'engage la conversation.
-Et toi Marc, t'es pas en train de tirer ?
Le fonctionnaire lui lance un sourire vicieux avant de rétorquer :
-Non… J'aimerais être avec Laure pour ça…
Le jeune metalleux se fige, ne répond rien, se contentant de finalement reprendre sa route en courbant l'échine. Marc se retourne à son passage.
-Mais maintenant tu es là Alex…
Il resserre son poing sur les anses du petit sac en plastique et accélère, comme si le regard insistant posé sur sa nuque le pousse à avancer plus vite.
Lorsqu'il franchit enfin la porte du stand, il pousse un lourd soupir de soulagement avant d'être intercepté par la blondinette de l'accueil. Il lui sourit, ravi de la voir aussi joyeuse, preuve que l'autre taré ne l'a pas harcelée, préférant jeter son dévolu sur lui.
-Alexou ! Tu veux bien faire la fermeture s'il te plaît ?
Le jeune homme sourit au surnom tout en se déchargeant de ses affaires dans un coin du bureau de l'administration mais ne s'en étonne pas : au bout d'une journée, à force de devoir se côtoyer, Laure et lui s'étaient beaucoup rapprochés et s'entendaient pour ainsi dire très bien. Il lui répond sur le même ton, amusé :
-Bien sûr Laurette, s'il n'y a que ça pour te faire plaisir.
Elle lui saute au cou alors qu'il effectue une petite courbette moqueuse.
-Merci, tu me sauves la vie !
Il la suit jusqu'à la porte en jouant avec le trousseau de clé.
-Rendez-vous galant, c'est ça ?
Laure rougit et dément, même si son sourire parle largement pour elle.
-Allez, file, je m'occupe de tout !
Après de multiples remerciements et bruyants aux revoir, la porte d'entrée se referme sur le brusque silence des locaux. Alex prend alors conscience qu'ils ne sont plus que deux dans le bâtiment. Sa respiration le trouble lorsqu'il imagine celle du Boss, quelque part dans le bâtiment, si proche et si horriblement loin de lui. Il sait qu'ils finiront par se croiser au détour d'un couloir, au cours de la nuit… Il en frémit d'anticipation, un sourire remontant la commissure de ses lèvres tandis qu'il abaisse le rideau de fer, les enfermant tous les deux pour la deuxième nuit. Seuls.
Et voilà. (: fin du chapitre. On se retrouve bientôt pour la suite. D'ici là, dîtes-moi ce que vous en avez pensé. :D
