Bonsoir! Voici votre chapitre du samedi, tout beau, tout neuf, toujours sans réponse aux questions concernant le prologue! ^^. Vous serez mises au parfum dans quelques chapitres ne vous inquiétez pas! ;)

Merci aux revieweuses!

ellesmra j'espère que ce sera plus clair quand l'histoire sera posée, et Doumbea tu m'avais renvoyé le chapitre 4 ou non?

Bisous.


Chapitre 3

Sam POV

Angoisse, peur, attente. Insoutenable attente. Cela faisait dix bonnes minutes que j'étais assis dans cette pièce aseptisée, seul. J'avais déjà l'impression d'y être resté trop longtemps pour mon propre bien.

Et cette secrétaire qui n'arrêtait pas une seule seconde de taper sur son clavier! Si ça continuait j'allais lui faire avaler son alphabet avant même qu'elle ne se rende compte qu'il lui manquait des touches.

Ça, plus le bruit de l'horloge qui résonnait dans ma tête, j'avais bien envie de forcer la porte et rejoindre Emilie dans le bureau. Mais j'avais promis. Tout comme j'avais promis de prendre soin d'elle, mais si nous étions ici c'est parce que j'avais échoué. Alors je pouvais bien ne pas tenir ma promesse une seconde fois en allant la voir.

Non. Ce serait bientôt fini. On ne restait pas trois heures dans ce genre d'endroit. Mais pourtant je redoutais le pire. J'imaginais des scénarios tous plus terribles les uns que les autres et je me donnais la chair de poule depuis qu'elle m'avait demandé de l'emmener ici. La première fois elle y était allée seule, pendant une de mes patrouilles, et je supposais qu'elle l'avait fait exprès, mais aujourd'hui elle avait voulu que je l'accompagne. Seulement jusqu'à la salle d'attente. Je me demandais bien à quoi je pouvais donc servir. Peut être que le Doc voulait me parler directement après leur rendez-vous. Peut être que la nouvelle à annoncer ne pouvait pas attendre, qu'Emilie allait mourir, et que je devais prendre connaissance des médicaments qu'elle aurait pour retarder la fin. Il me dirait de la soutenir un maximum, d'éviter de la fatiguer, de ne pas la stresser, et d'avoir régulièrement des consultations pour parler de la progression de la maladie, pour juger du temps qui lui restait.

Mon cœur se mit à frapper dans mes côtes avec une telle force que j'en avais presque mal. Je peinais déjà à attendre dix minutes sans elle, que serait une vie entière? Une vie de loup-garou qui plus est.

Je me levai d'un bond, faisant sursauter l'employée qui quitta enfin des yeux l'écran de son ordinateur. M'apprêtant à cogner contre la porte pour que l'on m'ouvre, je remarquai que la poignée se baissait légèrement. Les voix à l'intérieur se firent plus claires.

- je vous recontacterai pour un autre rendez-vous, en attendant ne faites pas trop d'efforts, disait Mr Simmons.

Mes yeux s'écarquillèrent. Alors elle avait bien quelque chose de grave.

- ne vous inquiétez pas, je ferai très attention, répondit ma femme avec, ce que je perçus comme de l'amusement.

Comment pouvait-elle l'être? Hier elle faisait une prise de sang, aujourd'hui elle avait eu besoin de revenir pour parler des résultats, il y avait forcément un problème!

La porte s'ouvrit enfin sur l'homme à la blouse blanche et sur mon imprégnée. Ils se saluèrent d'une poignée de main avant de remarquer ma présence.

- bonjour Mr Uley, dit le docteur.

Je lui répondis par un vague hochement de tête et il dut percevoir mon malaise car il se tourna vers Emilie.

- je vous laisse le soin de lui annoncer la nouvelle.

Je pris une grande inspiration pour éviter de me mettre à trembler et lui arracher les membres sur place. Pouvait-on être aussi irrespectueux que lui? Et ma femme qui eut le courage de lui dire de passer une bonne soirée. Allions-nous en passer une, nous, de bonne soirée?

Elle me prit la main et me conduisit jusque la voiture. Je montai sans grande conviction. Aujourd'hui le destin allait me rattraper pour toutes les erreurs commises. Emilie mit sa ceinture et me regarda, attendant certainement que je démarre. Valait-il mieux savoir maintenant? Non, je risquais de causer un accident. Mais ce n'était jamais le bon moment pour apprendre que vous alliez finir seul.

Finalement je conduisis jusqu'à la maison, dans un silence bien plus que pesant. Ma raison de vivre ne faisait que se curer les ongles nerveusement, et moi je tapotais sur le volant un rythme inconnu, poussant un soupir à chaque virage. C'est dire si je ne frôlais pas l'hyperventilation.

Comment allaient réagir les garçons quand ils sauraient eux aussi? J'espérais qu'ils rejoignent tous la meute de Jacob, pour que je puisse finir mes jours en vieux loup solitaire. Ils ne viendraient plus à la maison, je n'aurais pas besoin de voir la pitié dans leurs yeux, ou d'entendre leurs excuses sous notre forme lupine. Ce serait un poids de moins à supporter que la sensation d'être un homme à plaindre.

Nous arrivâmes enfin, sans être surpris de voir quelques gars assis sur les marches du perron.

- vous en avez mis du temps! S'exclama Paul en se levant.

Jared eut un mouvement, certainement pour sortir une de ses blagues, mais se ravisa en voyant la mine que j'arborais.

- ça vous dirait de repasser ce soir pour le dîner? Proposa ma femme.

Vu le ton qu'elle avait employé, ils comprirent vite que ce n'était pas le moment de squatter chez les Uley. Les deux loups ainsi que Matt, Quil et Neil prirent congé sans un mot, nous saluant tout de même au passage.

Une fois à l'intérieur, je posai mes mains sur le dossier d'une chaise et attendis que mon imprégnée fasse son retour de la cuisine. À entendre ses battements cardiaques, je savais qu'elle s'apprêtait à me parler. Elle devait chercher ses mots pour faire passer la pilule le plus en douceur possible. Il ne devait pas être facile d'entendre qu'un proche allait mourir, mais le dire devait être bien plus terrible.

Finalement elle réapparut au bout de trois minutes et vingt deux secondes et se planta devant moi, son regard accroché au mien.

- tu devrais t'asseoir, me conseilla-t-elle plus déterminée que jamais.

Elle avait dû réunir tout son courage, et moi je m'apprêtais à devenir une loque. Je fis ce qu'elle me dit. Lentement.

- Sam, si le médecin m'a convoquée c'est parce qu'il se passe quelque chose. Une chose qui va certainement changer notre vie.

Je serrais les poings sur mes genoux. Je devais rester impassible, au moins pour elle, qu'elle ne se sente pas rejetée. Tous les jours je ne cessais de me dire à quel point je l'aimais, mais ces dernières heures m'avaient affirmé qu'il s'agissait de plus. Il n'y avait vraiment aucun mot, aucune phrase pour dire combien je tenais à elle. Mon existence dépendait de la sienne et je savais que si elle devait partir, alors je partirais avec.

- si j'ai été malade pendant plusieurs jours ce n'est pas à cause d'un virus ou d'une intoxication alimentaire attrapée à Hawaii…

Je bloquai ma respiration, attendant la suite. C'était dur d'imaginer que d'un côté j'avais envie de savoir, mais de l'autre je ne voulais pas que ce que nous avions vécu s'arrête en quelques secondes.

- disons que ces symptômes ont été causés par quelque chose de tout à fait inattendu.

Et aussi inattendu que ce quelque chose, Emilie me fit un sourire. Un vrai. Pas celui qui signifiait qu'elle était désolée, non, le magnifique qu'elle me donnait à chaque bonne nouvelle. Et je fronçai les sourcils.

- Sam, je ne sais pas ce qui a bien pu se passer dans mon corps ces derniers mois pour me cacher une chose pareil, mais j'ai vraiment été prise au dépourvu et je pense que tu le seras aussi.

Elle se mordit la lèvre inférieur, et cette fois j'eus envie de bondir et lui secouer les épaules, pas trop fort quand même, pour qu'elle me dise enfin ce qui se passait. Car je connaissais très bien ses mimiques, et je venais de me rendre compte que mon histoire ne correspondait en aucun point à la réalité qui se profilait, tant elle avait l'air ravi de ce changement dans notre couple.

- je suis enceinte, lâcha-t-elle enfin.

Tout en me fixant, elle se retint de rire, jaugeant ma réaction. Qui se fit attendre, même pour moi. Il me fallait effacer l'ardoise de ces dernières heures et réécrire un sujet bien plus rose: j'allais être père. Cela me prit quelques secondes, bien longues pour un loup-garou, et j'eus enfin un mouvement. J'ouvris la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Car même si la nouvelle était parfaite, elle n'avait pas vraiment de sens si j'en croyais mes souvenirs. Il n'y avait pas eu d'écart pour qu'elle ait la chance d'attendre un enfant. Et ce depuis un moment.

- depuis cinq mois.

Je n'étais pas très doué en sciences humaines et compagnie, mais quand même, un fœtus se développait bien en neuf mois aux dernières nouvelles!

- j'ai fais un déni de grossesse, c'est pour ça que je le sais que maintenant. Disons que mon corps a décidé de le cacher et jusqu'à cette semaine, rien ne laissait prédire que j'attendais un enfant.

Cette information me laissa pantois. Au final, humain, loup ou vampire, le corps pouvait faire des trucs vraiment dingues. Pas toujours agréables, certes, mais inconcevables ça oui. Et moi qui me voyais déjà finir ma vie en vieux croulant sans famille si je n'avais pas l'occasion de mourir avant. L'imprégnation avait ses avantages, mais alors en ce qui concernait les inconvénients, nous avions atteint un sommet assez proéminant.

- chéri? M'appela Emilie. Tu peux me donner un signe de vie?

Je plongeai mon regard dans le sien et tentai d'y mettre tout le bonheur que j'éprouvais à ce moment là. J'allais être papa. Je n'aurais que quatre mois, voir moins, pour m'y préparer, mais Dieu que c'était magnifique.

Je me levai, ne lâchant pas le chocolat de ses yeux et m'approchai d'elle. Je ne pus me retenir plus longtemps et la serrai dans mes bras, respirant son parfum, sentant son cœur battre contre le mien.

- je sais que ça nous prend un peu de court mais…

- je nous fais confiance, dis-je enfin. Ça va être la chose la plus merveilleuse qui va nous arriver. Celle-là et les suivantes aussi.

Je sentis son rire réchauffer ma peau et elle se blottit un peu plus.

- d'après le médecin, quand on sait, plus rien n'empêche le corps de le montrer. Je vais donc grossir comme prévu. Tu vas vivre avec une baleine pendant des semaines entières!

À cet instant précis, qu'elle soit baleine ou éléphant, elle ne pourrait pas être plus belle. Plus rien n'aurait la capacité de me faire perdre le sourire que je venais de coller sur mon visage. Pas même mon téléphone portable vibrant dans ma poche qui tentait de faire éclater ma bulle de bonheur.