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Mercredi : La famille je vous jure !
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_ Elizabeth ! appela John en retenant sa nièce par la manche avant qu'elle ne disparaisse définitivement hors de sa vue pour les prochaines heures.
_ Quoi ?! Aller oncle John, dépêches-toi ! Déjà que tu m'as fait attendre ce matin parce que tu as mis trois heure à te préparer… On y est maintenant, laisses moi en profiter ! se plaignit l'adolescente en trépignant d'impatience.
_ Premièrement je n'ai pas mis trois heures à me préparer, si c'est ce que tu crois tu as de sérieux problème avec ton horloge interne. Ensuite je veux juste te dire que tu as deux heures, compris ? Pas une minute de plus. On se retrouve ici à onze heures, et ce n'est pas négociable, prévint-il encore en la voyant sur le point de protester. Je ne veux pas laisser Sherlock seul trop longtemps…
_ Une vraie mère poule, se moqua Lizzie. Et tu oses me faire croire qu'il ne se passe rien entre vous ? Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir.
_ Peu importe ! Là tout de suite maintenant ce que je veux entendre c'est ta promesse de me rejoindre ici dans deux heures et de ne pas partir dans je ne sais quel délire qui te ferait perdre la notion du temps, ok ?
L'adolescente s'éloigna en riant :
_ Si vraiment tu ne voulais pas que je m'éternise quelque part alors ce n'est pas ici qu'il fallait m'emmener !
Et elle disparut. Sans rien dire de plus, évidement. Quelle idée il avait eu de l'amener ici ? Au London Museum Film. Elle, une cinéphile pas tout à fait seule dans sa tête, dont le héros n'était autre que Sherlock Holmes, détective consultant de son état et encore plus atteint qu'elle ? Il serait heureux s'il la retrouvait avant la fin de l'année…
Et lui qu'allait-il faire pendant ce temps ? Maintenant qu'il avait payé deux places pour ce foutu musée ? Bien obligé d'y entrer et de faire un effort pour le visiter… Bonjours la sortie en famille ! Enfin il n'allait pas en vouloir à Elizabeth, après tout c'était son idée de la laisser seule un moment dans cet endroit de malheur où il était sûr qu'elle trouverait à s'occuper. Depuis trois jours elle n'avait fait que les suivre, lui ou Sherlock, dans leurs activités sans jamais rien demander. Elle avait bien le droit de prendre du temps pour elle.
Alors en fin de compte il était plutôt content de son idée. Même s'il aurait préféré se retrouver seul avec Sherlock, histoire de faire le point sur ce qui s'était passé hier soir. Dire qu'il avait été si près du but ! Si prêt de devenir enfin l'amant, le compagnon de Sherlock plutôt que son seul ami!
Enfin, il serait encore temps ce soir de remédier à tout ça En espérant que rien ne vienne les interrompre cette fois…
Résigné, le médecin entra plus avant dans le hall, croisant sur son chemin le squelette du dinosaure qui avait servi dans la série de film « la nuit au musée ». Impressionnant si l'on aimait les vieux os, ce qui était loin d'être son cas.
Quelques pas de plus et il découvrit les originaux sabres laser de Luc Skywalker et de princesse Leia. Génial ! Malheureusement pour lui il était loin d'être passionner par cette série et par le fantastique ou la science-fiction en général. Il vivait déjà bien assez catastrophes dans la réalité. Pas besoin d'en inventer de nouvelles.
Il passa sans grand intérêt devant quelques vitrines exposant les costumes originaux de supers Héros, tel que Superman ou Batman. Les collants, très peu pour lui.
C'est avec un peu plus d'enthousiasme qu'il explora la mini-salle de cinéma consacré à Charlie Chaplin. Enfin un artiste digne de ce nom… Et il fut agréablement surpris de trouver sa nièce dans cette même salle, absorbé par le film projeté. Au moins elle avait bon goût. Lui qui s'attendait à la voir s'extasier devant les accessoires de films beaucoup plus récents. Il prit place sur un vieux siège de cuir (apparemment les responsable du musée avaient tenu à faire une parfaite reproduction des vielles salles de cinéma) assez loin de Lizzie pour ne pas la déranger. Et aussi pour éviter qu'elle ne se mette à lui raconter en long en large et en travers tel ou tel film. Il n'avait rien contre le fait de discuter avec elle de sa passion, mais depuis ce matin qu'il lui avait annoncé leur destination, elle ne parlait que de ça. Ses oreilles et son cerveau avaient besoin de repos et de silence.
Il passa quelques agréables minutes à regarder le film avant qu'une étrange sensation ne vienne le perturber. Comme s'il était épié, surveillé. Il jeta un regard discret autour de lui mais rien de concret ne retint son attention. Il n'y avait qu'un homme, assis quelques rang derrière, qui était entré un peu après lui. Mais rien ne permettait d'assurer que c'était cet étranger qui l'observait.
Et puis il pensa à Mycroft. Le frère de Sherlock avait sans doute été mis au courant de la présence de Lizzie et avait renforcé la sécurité. A savoir si c'était parce qu'il se méfiait de sa nièce ou s'il voulait juste assurer sa sécurité ? Peut-être les deux ? Il n'en avait pas la moindre idée. Mais il allait encore devoir lui dire un mot. Parce qu'il en avait plus que marre de se sentir surveiller à chaque fois qu'il mettait le nez dehors. Encore que l'aîné des Holmes devait aussi être parfaitement au courant de ce qui se passait dans l'appartement et pas seulement à l'extérieure. Pourvu qu'il n'ait pas mis de caméras dans la chambre même de Sherlock, ou que ce dernier ait été assez malin pour la désactiver. Sinon il était bon pour recevoir un sermon plus que désagréable de la part du gouvernement britannique au sujet de la vie affective de Sherlock Holmes, un présumé sociopathe et autoproclamé détective consultant.
Mais il ne fallait pas trop espérer quand même. Et peut-être que c'était pour cette raison qu'il le faisait surveiller. Pour être sûr qu'il ne ferait pas de mal à Sherlock, qu'il ne le tromperait pas. Bien qu'il fût plus que certain que Sherlock découvrirait la supercherie avant même qu'il n'ait commis la moindre faute.
Il espérait en tout cas que Mycroft ne pousserait pas les choses trop loin. Il était peut-être patient et plutôt accommodant lorsqu'il s'agissait de traiter avec l'aîné des Holmes, mais il ne fallait pas pousser trop loin. Il tenait à sa liberté. Pas question que des gros bras le suivent plus qu'ils ne le faisaient déjà.
Le film se termina alors qu'il était encore plongé dans ses pensées. L'homme derrière lui quitta rapidement la pièce au contraire de Lizzie qui semblait prête à regarder une nouvelle fois le film. John décida de rester lui aussi. C'était surement l'endroit le plus confortable du musée alors autant en profiter. S'il devait attendre sa nièce pendant encore une heure alors autant le faire en étant bien installer.
Quarante-cinq minutes plus tard il se décida à rejoindre le hall. Avec un peu de chance Elizabeth le rejoindrait plus tôt que prévue… On pouvait toujours rêver.
A onze heures pile l'adolescente pointa le bout son nez, avançant vers son oncle presque à reculons. Arrivée près de lui, elle lui lança un regard larmoyant et plein d'étoile, un peu trop surfait selon lui :
_ Oncle John… encore cinq minutes, s'il te plait ! Allez, juste cinq, tu vois soixante seconde multiplié par cinq, c'est pas grand-chose…
_ Oui et après cinq minute ce sera dix et encore vingt. Et en jouant à ce jeu-là on est encore ici ce soir à l'heure de la fermeture. On rentre. En plus je suis sûr que tu as déjà fait trois fois le tour.
_ Et alors ?! s'insurgea Elizabeth en suivant son oncle vers la sortie.
John lui jeta un coup d'œil, partagé entre amusement et exaspération.
_ On reviendra, lui promit-il.
_ Avant que je reparte ?
_ Si tu veux.
_ Et on pourra emmener Sherlock cette fois ?
John s'imagina un instant avec Sherlock en train de se balader dans ce musée : coincé entre les commentaires sarcastiques de son compagnon (il était presque sûr que Sherlock déduirait en quelques instant que tel ou tel gadget sensé être l'originale n'était en fait qu'une grossière réplique) et le caractère excentrique de sa nièce, il aurait du mal à s'en sortir vivant. A moins qu'ils se fassent viré du bâtiment à peine entré à l'intérieure ? Alternative plus que probable.
Même s'il y avait certains avantages. Il s'imaginait déjà assis tout prêt de Sherlock, dans la vieille salle de cinéma plongée dans le noir. De quoi réaliser un certain nombre de ses fantasmes.
Enfin, encore fallait-il que Sherlock accepte finalement de sortir avec lui et qu'il daigne les suivre dans ce musée. Et si la première condition avait selon lui de bonne chance de se réaliser dans les prochains jours, il avait de gros doute en ce qui concernait la seconde.
_ Si tu arrives à le convaincre, finit-il par répondre tout en faisant signe à un taxi.
Le trajet ne dura que quelques minutes. Mme Hudson était absente pour la journée, ce qui leur permis de monter à l'étage sans avoir à décliner une quelconque invitation… Pas que John n'apprécie les moments passés avec sa logeuse mais pour le moment Sherlock était sa priorité.
Maintenant qu'il avait accompli son devoir d'oncle envers Elizabeth, il était temps de redevenir le collègue et presque amant du détective. Parce qu'à n'en pas douté celui-ci devait avoir des choses à lui dire, avec le rapport d'autopsie qui lui était parvenu hier il avait certainement de nouvelles pistes à explorer. Et depuis quelques temps Sherlock n'arrivait plus aussi rapidement à ses conclusions si John était absent. Etrange mais véridique. L'ancien soldat était devenu son conducteur à idée. C'était parfois un simple mot, lancé un peu au hasard lors de ses maladroites tentatives d'observations, d'autres fois c'était seulement sa présence, le fait de pouvoir parler à quelqu'un, de lui exposer ses idées, ses déductions, qui menait Sherlock à la solution.
Pour cette raison, John se devait d'être aussi présent que possible, de le suivre presque à chaque instant. En fait il avait l'impression de passer sa vie à suivre Sherlock et à l'écouter parler. Pas que ça le dérange plus que ça. Il adorait être près de Sherlock et l'écouter déblatérer à propos de telle ou telle affaire. Il était toujours aussi impressionné par ses déductions qu'au premier jour. Alors peut-être qu'il flattait un peu trop l'égo de son ami, mais il était tellement exceptionnel, tellement différent des autres et brillant qu'il n'avait jamais l'impression d'exagérer ses compliments. Et puis il était l'un des seuls à reconnaître son génie et le seul à lui faire part de son admiration. Alors il comptait bien continuer.
De toute façon, là où les autres ne voyaient en lui qu'un simple toutou, un animal de compagnie pour le « freak », lui se félicitait de la presque dépendance à laquelle Sherlock était soumis. Lui qui l'aimait depuis le premier jour, il ne pouvait qu'être heureux de voir qu'il était essentiel à au bien-être du détective.
… … … … … … … … … … … …
Sherlock avait passé la nuit entière à se repasser la scène du presque baisé dans son esprit. Il repensait aux sensations, aux sentiments qu'il avait éprouvait durant ce si bref instant. Et il se surprenait à vouloir que ça recommence. Lui qui avait toujours détesté ce genre de manifestation d'affection qui ne faisait que ralentir son travail, voilà qu'il était volontaire pour passer sa journée dans les bras de John.
Etrange et assez effrayant de voir à quel point cet homme, que certain auraient qualifié de banal, pouvait influencer son comportement. Et ça n'était pas seulement pour hier. Il se sentait presque nerveux quand John était avec lui sur une scène de crime. Parce qu'il craignait de pas être assez brillant pour lui, par il s'inquiétait de n'avoir rien à dire, de ne rien voir. De le décevoir, cet homme qui, il le savait, n'avait jamais douté de lui. Même lors de leur première affaire. Quand il avait tué un homme. Pour lui sauver la vie alors qu'ils se connaissaient à peine. Et si ça n'était assurément pas le premier homme que John abattait de cette façon, la chose n'en restait pas moins symbolique. On ne prive pas un individu de sa vie sans avoir une bonne raison de le faire : pour sa propre survie, pour celle d'un être chère, pour se venger… A moins de n'être qu'un psychopathe sanguinaire qui n'aurait pas la lumière à tous les étages.
Moriarty était un assez bon exemple de cette dernière situation, décida Sherlock.
Enfin toujours est-il qu'avant de connaitre John il n'avait jamais douté de son génie, il n'avait jamais remis en cause son comportement. Et plus encore il se fichait de ce que les gens pouvaient bien penser de lui. Maintenant c'était bien différent. Même s'il faisait souvent remarquer à John à quel point son intelligence était inférieure à le sienne il prenait toujours en compte les paroles de son colocataire. Que ce soit une critique ou un compliment, un conseil parfois. Bien sûr il ne changeait pas forcement quelque chose à son comportement ensuite, ce qui donnait à John l'impression qu'il ne l'écoutait même pas. Mais c'était bien le contraire en fait. Pour la première fois de sa vie Sherlock agissait (parfois) en fonction des attentes d'un autre être humain.
Effrayant donc.
La seule chose capable de le rassurer était le fait qu'il n'éprouvait jamais le besoin d'agir de la sorte avec une autre personne que son docteur personnel. Il détestait toujours autant les familles larmoyantes des victimes auxquelles il devait parfois se frotter durant une enquête. Il méprisait toujours autant Anderson et Donovan, qui en plus d'être sexuellement déséquilibré (et infidèle pour Anderson), étaient de véritables incapable dans leur vie professionnelle. Il n'éprouvait absolument pas le besoin de détromper Molly quant aux sentiments… amoureux qu'elle lui portait, après tout tant qu'elle avait de l'espoir elle se plié en quatre pour lui plaire et lui était donc très utile. Et même si il respectait plus ou moins Lestrade (moins que plus en fait), le seul autre humain sur Terre en dehors de John qui trouvait un minimum de grâce à ses yeux, il préférait encore s'arracher la langue que de lui offrir un quelconque remerciement.
Bref John était bien la seule personne à pouvoir l'influencer. Ce qui, lorsqu'on le savait de quoi il était capable, relevait déjà de l'exploit. Donc John était plus qu'un simple collègue, plus qu'un ami… Le commun des mortels aurait très certainement appelé ça un amoureux. Sherlock n'était pas le commun des mortel, que le vénérable Dieux des sciences de la déduction le préserve d'une telle catastrophe, alors John était son partenaire.
La définition de ce mot correspondait parfaitement à l'idée qu'il se faisait de leur relation : une personne associé à une autre, entretenant une relation dans le but d'accomplir une action (autrement dit contribuer à l'arrestation de meurtriers dans leur cas) ou bien une personne qui a des relations sexuelle et entretient une relation amoureuse avec une autre.
Pour la seconde partie ça n'était bien évidement pas effectif. Enfin pas encore. Parce qu'avec la scène de la veille, la déclaration de John selon laquelle il l'aimait (il avait des frissons rien que de repenser à ses mots : « je t'aime ») et ses propres sentiments, qui après analyse se révélaient définitivement être de l'affection (amour ne faisait pas vraiment partie de son vocabulaire après tout) et du désir. Bien qu'il ait eu du mal à identifier ce dernier car il n'en avait jamais ressenti auparavant.
Il avait bien eu quelques relations sexuelles avec des femmes mais il n'en avait rien tiré de bien concluant. Et puis désirer un homme ne faisait clairement pas parti des standards que lui avait enseignés sa mère.
John allait devoir se charger d'à peu près tout dans ce domaine. Au début en tout cas. Parce qu'il ne se sentait pas si sûr de lui dans ce genre de relation. Et qu'il ne voulait pas faire de mal à John en ne sachant pas s'y prendre. L'ancien soldat devait avoir bien plus d'expérience que lui. Il avait lui-même avoué être bisexuelle. Preuve qu'il avait déjà expérimenté les deux options et que les deux l'avaient satisfait.
Perdu dans ses pensées, il ne manqua pas pour autant le retour de John à leur appartement. Comment aurait-il fait pour ne pas le remarquer alors qu'il l'attendait depuis son départ. Quel sottise d'aller visiter un musée aussi inintéressant que celui-ci. A n'en pas douter John s'était ennuyé comme un rat mort pendant près de deux heures. Il l'imaginait parfaitement tourner en rond dans les différentes salles d'expositions, soufflé d'agacement ou d'ennui selon l'heur qu'affichait sa montre, à laquelle il jetait de fréquents coup d'œil.
Bah, il commençait à envisager qu'une personne puisse se sacrifier pour apporter du plaisir à un être cher. Lui en serait probablement capable pour John. De temps en temps. Et à certaines conditions. Tout était question de compromis et de négociation.
_ Sherlock ? l'interpella John dans le but évident d'attirer son attention.
Si seulement il savait que depuis son entrée dans la pièce, et même avant, il était déjà l'objet de toutes ses pensées. Enfin presque toutes, car les détails de l'affaire en cour accaparaient aussi une partie de son cerveau. Et en parlant de ça…
_ John, la tamoxiphène fait bien parti d'un traitement près-natale non ? Et le dompéridone aussi ? La progéstérone ?
_ Euh oui, c'est ça pourquoi ? Tu as du nouveau ?
Pour toute réponse Sherlock lui tendit le rapport d'autopsie.
_ Anderson a retrouvé ces trois substances dans son corps ? Etrange, qu'est-ce que ça signifie ?
_ Qu'il les a enlevé, qu'il les a sevré, désintoxiqué, nourrit correctement, et qu'ensuite il les a mise enceinte, répondit Sherlock en fronçant les sourcils.
_ Et il les a tué… C'est… Quel genre de malade fait ce genre de chose ? C'est complètement dingue !
_ Psychopathe, commenta Lizzie qui avait assez de mal à encaisser la nouvelle.
_ Peut-être… ou peut-être pas, répondit le détective. Mais il est parfaitement inutile de déblatérer à propos de la santé mentale de cet homme. Posons-nous plutôt les questions importantes : que fait-il des bébés ?
John et Lizzie échangèrent un regard. Ils n'avaient même pas pensé à ça. Et ils appréhendaient la réponse à cette question. Vu comment il traitait les mères il y avait de quoi s'inquiéter.
_ Il traite les mères comme des objets, expliqua Sherlock. Elles n'ont apparemment aucune importance pour lui. Dans le cas contraire il prendrait soin d'elles même après les avoir tué. Tous ces viols ont un but : avoir un enfant. L'autopsie révèle que la mort de ces filles remonte à quelques minutes à peine après la naissance de leur enfant. Donc ce sont les bébés qui l'intéressent.
_ Alors quoi, ce serait un genre de détraqué sexuel ? Un pédophile ? questionna Lizzie bien que cette simple idée lui fasse horreur.
_ C'est une idée, intervint John avant que Sherlock prenne la parole. Mais il est plus probable qu'il les revende sur le marché noir.
_ Le marché noir ?
_ C'est plus rapide qu'une adoption classique et ça ne laisse pas de trace. Aucun moyen de retrouver les parents biologique. Certains couples préfèrent cette solution, même si c'est plus cher évidement.
_ Mais comment tu sais qu'il les a vendu sur le marché noir plutôt que de les garder ?
Sherlock sourit, impatient de voir comment John était arrivé aux mêmes conclusions que lui. Jusqu'à quel point son élève avait-il progressé ?
_ Etant donné le nombre de victime que l'on a déjà retrouvé, et les autres avec qui la police n'a pas encore fait le rapprochement, le meurtrier de ces femmes devrait avoir combien d'enfants au totale maintenant ? Une dizaine ? Certainement plus encore. C'est plutôt compliqué à gérer et ça éveille forcement les soupçons des voisins… Enfin, tu vois un peu le tableau ?
Lizzie hocha la tête, signe qu'elle comprenait.
_ Tu t'améliore, félicita Sherlock en souriant.
L'ancien soldat lui jeta un regard surpris : son colocataire était pour le moins avar question compliments. Alors il devait vraiment avoir fait d'immenses progrès pour qu'il le fasse remarquer. Et devant témoin en plus. Ou alors c'était à cause d'hier soir. Si un simple baisé avait de tels effets positifs sur l'humeur de Sherlock alors il voulait bien se prêter à l'exercice aussi souvent qu'il le faudrait. Il était même plus que prêt à donner d'avantage de sa personne. Pas qu'il ait besoin de motivation particulière étant donné la quantité astronomique de frustration qu'il avait accumulé ces derniers temps.
_ Ceci dit, tu as manqué de nombreux éléments complémentaires, ajouta Sherlock d'un ton quelque peu moqueur qui fit lever les yeux au ciel à John.
Evidement il ne fallait pas trop en attendre du détective.
_ Regardez plus attentivement les différentes victimes. Que remarquez-vous ? Quelque chose d'évident, qui vous saute aux yeux. Quelque chose que nous avons déjà remarqué mais qui prend maintenant un sens bien plus intéressant.
Lizzie se pencha sur la table basse où les portraits de toutes les filles étaient étalés. Le silence s'installa un moment, faisant souffler d'impatience Sherlock qui se retenait visiblement de déballer son sac et de démontrer à quel point leur cerveau était inférieur ou sien.
Puis Elizabeth laissa échapper un petit cri d'exclamation et de surprise :
_ Elles se ressemblent ! Regarde oncle John, elles sont toutes blondes, les yeux bleu et plutôt jolies…
_ Le portrait idéal de la mère porteuse idéale, constata John.
_ Exactement ! s'enthousiasma Sherlock. La grande majorité des parents qui adoptent un enfant ont souvent certains critères qui dirigent leur choix. Idéalement ils optent pour un enfant qui leur ressemble plus ou moins. Mais pour une autre grande majorité des cas c'est la beauté, le physique qui va primer sur tout le reste. Et aujourd'hui encore les canons de beauté occidentaux favorisent la blondeur et les yeux bleus.
_ Résumons, réfléchit John. Il y a une espèce de malade dans la nature qui opère en toute liberté depuis presque cinq ans, sans que personne ne s'en aperçoive. Il enlève des femmes, exclue de la société, dans des villes différentes éloignés de plusieurs kilomètres à chaque fois. Il les séquestre, les rend saine, les violes jusqu'à ce qu'elles tombent enceinte. Il les garde neufs mois jusqu'à la naissance du bébé pour ensuite se débarrasser d'elles et vendre leur enfant.
_ C'est ça, approuva Sherlock d'un ton surexcité.
Cette enquête était vraiment inédite pour lui. Jamais il n'avait été confronté à ce genre de cas. Et les tueurs en série faisaient partis de ses distractions préférées.
John se contenta de lui jeter un regard torve, mi horrifié mi amusé par le comportement de son ami, avant de prendre à nouveau la parole :
_ Sérieusement, il y a quand même un truc qui me chiffonne. Je veux bien croire que cet homme soit assez timbré pour abuser de ces femmes, les tuer et ensuite vendre leur enfant. Je trouve ça affreusement immonde, mais pourquoi pas. Ce qui me pose d'avantages de problème c'est de savoir que ce même homme a pu prendre autant soin de ses victimes pendant leur captivité. Et comment il a pu prendre soin des enfants le temps qu'ils soient vendus. Un monstre pareil ? Je trouve ça irréaliste. C'est trop étrange, ça ne colle pas.
Sherlock prêta plus d'attention à ce que venait de dire John. Ce dernier n'avait peut-être pas totalement tort. Lui-même n'y connaissait pas grand-chose question sentiment et autres. Mais si l'ancien soldat était sûr de ce qu'il avançait alors ça ne voulait dire qu'une seule chose :
_ Nous avons à faire à un tandem !
_ Un tandem ? questionna Lizzie, qui comme toujours malgré ses efforts constant n'était pas parvenue à suivre le déroulement des pensées du détective.
_ Exactement ! Notre homme a un comportement typiquement sadique, si on considère cette hypothèse. Et son complice se charge de l'aspect plus délicat de la chose. Je pencherais pour une complice en fait. Peut-être sa femme, ou sa sœur. Que sais-je encore ? Ce qui est certain c'est qu'ils ont assez confiance l'un en l'autre pour se répartir les tâches sans problème.
_ Donc l'homme tue et viole ces femmes pendant que sa complice prend soin d'elles et de leur enfant lorsqu'il naît. Ouais, c'est pas bête.
_ Evidement que ça ne l'est pas, s'écria Sherlock. Je suis un génie, rappels-toi.
John soupira d'exaspération alors même qu'il avait du mal à se retenir de sourire. Sherlock lui faisait parfois penser à un enfant. Attachant et absolument adorable tout en étant quasiment insupportable les trois quarts du temps. Même ça, ça l'excitait ! Bon Dieu, comment il allait pouvoir s'en sortir si ce qu'il était censé détester chez son compagnon lui donnait envie de lui sauter dessus, de le prendre comme un fou ! C'était intenable !
Enfin… Avec un peu de chance, de persévérance de sa part et si Sherlock se montrait un peu conciliant alors bientôt il pourra sauter sur son ami chaque fois qu'il en aurait envie, pour lui faire subir les derniers outrages. Rien que d'y penser il en mourrait presque d'envie.
Emporté par ses pensées pas catholique pour un sous, John mit un certain temps à réaliser que l'attention de sa nièce et du détective était fixée sur lui. Gêné de s'être laissé ainsi distraire, il se racla la gorge avant de se redresser dans son fauteuil et de croiser les jambes. Il espérait cacher l'évidente et l'encombrante réaction de son corps. Vraiment il n'y avait que lui pour avoir une érection alors qu'un instant plus tôt il théorisait au sujet d'un meurtre, que sa nièce de quatorze ans se trouvait à même pas un mètre de lui et que l'objet même de son fantasme se trouvait juste en face de lui. Et que, de toute évidence, ce même fantasme avait remarqué son petit problème. Son sourire et son regard moqueur le prouvait bien. Ceci dit la petite lueur brûlante d'excitation qui brillait dans ce même regard le convainquit qu'il n'était pas le seul à être impatient que leur relation change enfin.
_ Euh, oui… reprit-il tout de même. Alors on fait quoi maintenant ?
_ Mmmmh, je suppose qu'il faut prévenir Lestrade.
_ Quoi tu veux lui demander de l'aide ? s'exclama Elizabeth. Je croyais que tu avais horreur de ça ?
_ Je n'ai pas horreur de ça, reprit Sherlock avec exaspération.
Comment ce faisait-il que cette gamine pose toujours LA question qui fâche. Et il ne pouvait même pas la remettre à sa place. Enfin, au moins elle n'était pas une insupportable coquette et hypersensible qui gémirait à la vue de la moindre goutte de sang. Dans un sens il était presque dommage qu'elle ne reste pas plus longtemps avec eux. Quelques semaines de plus et il l'aurait rendu parfaite. Presque autant que l'était John.
_ Je ne fais appel qu'aux personnes capables de mener un travail à bien, reprit-il. Malheureusement pour ce pays Scotland yard ne recrute ce genre de personnel qu'une fois par siècle. Et manque de chance, le dernier n'a jamais été remplacé, se moqua-t-il encore.
John voulut protester un peu, pour la forme, car Lestrade était devenu un bon ami et qu'objectivement il était l'un des seuls hommes auquel il accordait sa confiance. Néanmoins il avait déjà eu ce genre de conversation avec Sherlock des dizaines de fois mais rien n'y avait fait. Le cadet des Holmes ne semblait absolument pas prêt à reconnaitre la valeur de l'inspecteur de police.
Mycroft en revanche, avait su l'apprécier cette valeur. Plus que ça même, au vu de l'évolution de la relation entre les deux hommes. Elle était devenue, disons plus passionnée. C'était sûrement l'une des raisons qui encourageait Sherlock à se montrer aussi désagréable avec Lestrade : juste histoire de provoquer un peu plus son frère aîné.
_ Ceci étant, il faut maintenant rechercher tous les enfants ayant été adoptés à la date environnante aux meurtres de chaque victime, les recouper avec l'âge approximative du bébé, quelques semaines tout au plus… Et bien sûr en dehors du circuit classique d'adoption.
_ En dehors du circuit classique ? questionna Elizabeth.
_ Exact. Il existe plusieurs cas d'adoption. Celle où les parents font partit de la famille même de l'enfant, celui où les parents passent par les services sociaux d'aide à l'enfance et celui qui nous concerne où l'enfant semble apparaître de nulle part.
_ C'est possible ce genre de chose ?
_ Normalement non, répondit John qui voyait Sherlock sur le point de s'impatienter. Mais il suffit de bidouiller un peu et d'avoir les moyens d'acheter les bonnes personnes aux bons endroits…
_ John, appel Lestrade. Ils auront plus facilement accès aux bons endroits comme tu dis. Et rajoutes donc à notre liste que l'enfant a été adopté par une famille aisée. Il n'y a que les idiots trop riches et trop imbus de leur personne pour se lancer sur ce genre de marché noir.
_ Et ça va prendre combien de temps ? interrogea Lizzie pendant que son oncle se levait en soupirant pour se lancer à la recherche de son portable. Sherlock étant le dernier à l'avoir utilisé, il pouvait se trouver n'importe où…
_ Ça risque de prendre excessivement longtemps. Il n'est pas simple de remonter une trace qui est censé ne pas exister. Et nos fins limiers de Scotland Yard ne sont pas les plus futé. Peut-être une semaine, ou deux. Et ça rien que pour retrouver les enfants. Ça ne nous indiquera surement rien au sujet des meurtriers.
_ Et on ne peut pas faire plus vite ?
_ SHERLOCK ! s'écria John de la cuisine. C'est absolument dégelasse ! Oh mon Dieu, mais qu'est-ce que tu as fait ?! Mon portable est complètement bousillé… et visqueux !
_ Plus le temps passe et plus tu jures, fit remarquer Sherlock sans éprouver la moindre gêne face aux reproches que John lui faisait. Et pour en revenir à ta question, non il n'y a pas plus court. Et de toute manière ce n'est pas comme si la vie de cette fille était en danger immédiat… Il nous reste neuf mois minimum avant qu'il ne tente de s'en prendre à elle.
_ Oui et pendant ce temps-là, il a tout le temps de la violer ! s'insurgea Elizabeth.
En tant que femme, elle n'osait même pas s'imaginer à la place de cette pauvre fille. Subir ce genre de chose… Même s'ils la retrouvaient ce soir, elle ne serait surement jamais plus la même…
_ Elle a raison, signala John.
Il s'était appuyé contre l'embrasure de la porte, apparemment résigné : son portable était définitivement hors d'usage. Ce n'était que le premier d'une longue série, il en était sûr. Il était plus sage de passer à autre chose.
_ Et je te ferais remarqué que tu as un moyen beaucoup plus rapide de retrouver la trace de ces enfants.
_ Jamais ! interrompit Sherlock. Je refuse.
_ Eh bien moi pas, continua l'ancien soldat. Et puis l'affaire sera plus vite résolue si on fait appel à lui.
_ J'ai dit non ! s'entêta le plus jeune
John et lui se mesurèrent un instant du regard, comme pour évaluer la détermination de l'adversaire, avant que le détective ne détourne finalement les yeux et ne se tourne vers la fenêtre, clairement décidé à bouder son compagnon qui ne cherchait qu'à le contrarier.
John sourit en secouant la tête. Un vrai gamin. Un adorable gamin. Un gamin toujours sous le coup de la compétition fraternelle…
_ J'appelle Mycroft, signala-t-il en se levant pour prendre le portable de Sherlock.
De celui-là au moins il était sûr que son ami prenait soin.
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Bien que ce soit lui ait insisté pour faire appel à l'aîné des frères Holmes, John n'en restait pas moins inquiet. Sherlock avait beau être le plus doué des deux en ce qui concernait les déductions en tout genre, son frère n'était pas mauvais non plus… Et il ne doutait pas qu'après la soirée d'hier Mycroft apprendrait des choses qui ne le regardaient absolument pas au sujet de sa relation avec son frère rien qu'en l'apercevant (s'il n'était pas déjà au courant de tout évidement). Inutile de dire à quel point l'ancien soldat redoutait sa réaction.
Les frères Holmes avaient beau être en perpétuelle guerre intestine, il n'en restait pas moins que Mycroft ferait tout pour protéger Sherlock et lui éviter la moindre souffrance.
John soupira d'un air las, il ne lui restait plus qu'à prier pour que le gouvernement britannique ne trouve rien à redire quant à sa relation avec Sherlock.
Un coup frappé à la porte interrompit son cheminement de pensé. Du fond de son canapé monta un subtil mélange d'insultes et de grognements de désapprobation. Apparemment Sherlock ne s'était toujours pas résigné à ce que son frère intervienne dans ce qu'il considérait comme ses affaires. John lui jeta un regard torve, amusé et exaspéré à la fois. Il s'apprêtait à se lever pour ouvrir la porte quand Lizzie déboula dans la pièce tel un boulet de canon.
Evidement dès que le nom de Mycroft avait retentit dans l'appartement sa nièce s'était transformé en véritable pile électrique. A croire que la fin du monde était proche. Et à en juger par les cris hystérique qu'elle avait poussé pendant près d'un quart d'heure, ça ne devait pas être si éloigné de la vérité. La famille Holmes trouvait décidément grâce aux yeux d'Elisabeth.
Cette dernière ouvrit la porte d'entrée d'un seul coup, surprenant par la même occasion l'aîné des frères Holmes qui ne s'attendait certainement pas à ce genre d'accueil.
_ Salut, s'exclama-t-elle .
_ Euh bonjour ? tenta Mycroft.
Mais avant que sa nièce puisse se lancer dans un quelconque monologue dont elle avait le secret, John vint à la rencontre de leur invité.
_ Mycroft, salua-t-il.
_John, lui rendit l'autre. Je vois que l'on ne l'avait pas exagéré le caractère quelque peu survolté de votre filleule.
_ Ma nièce, corrigea l'ancien soldat.
Mycroft eut un léger froncement de sourcil en apprenant cela. Celui de ses hommes qui avait commis cette erreur allait à coup sûr en entendre parler.
_ Eh bien eh bien, tu devrais penser à mieux choisir tes informateurs, se moqua Sherlock du fond de son canapé.
_ Carrément, approuva Lizzie. Et je ne suis pas survolté, ajouta-t-elle.
L'homme en face d'elle représentait peut-être le gouvernement britannique, il n'en restait pas moins que Sherlock était le seul à pouvoir se moquer d'elle de cette façon et sans qu'elle trouve rien à y redire. Non mais !
Elle ne reçue en réponse qu'un haussement de sourcil septique de Mycroft, un regard quelque peu exaspéré de son oncle et un ricanement moqueur de Sherlock.
Mycroft fit quelques pas dans l'appartement et alla se positionner devant la fenêtre. Son éternel parapluie entre les mains il finit par prendre la parole :
_ J'ai ordonné quelques recherches à propos de ce dont vous m'avez demandé au téléphone, John. Et je suis au grand regret de vous dire que rien de probant n'a été découvert. Si comme vous le pensez le meurtrier fait tout cela pour les enfants alors je ne sais pas ce qu'il en fait mais il ne les met pas à l'adoption…
_ Z'êtes sur de vous là ? questionna Lizzie qui avait du mal à croire que Sherlock ait put fait la moindre erreur de raisonnement.
_ Certain, mademoiselle Watson, répondit en se tournant vers elle.
_ Je vous en prie, appelez-moi Elizabeth, se moqua-t-elle en lui décochant un sourire aussi avenant que caricaturé.
Mycroft l'observa un instant en fronçant des sourcils. Cette petite se montrait presque aussi insolente envers lui que Sherlock et ça n'était pas peu dire.
_ Mycroft, si tu n'as rien d'autre à faire que de dire des âneries tu peux nous laisser et retourner à ton régime. Lestrade ne t'a encore fait aucune réflexion au sujet de tes hanches grassouillettes ? demanda le détective d'un ton plus agressif encore que d'habitude.
Il n'appréciait visiblement pas que son frère le contredise au sujet de l'une de ses enquêtes.
Le dit frère ne lui jeta même pas un regard mais John devina à ses épaules crispées, que la réflexion de Sherlock lui avait fait plus de mal qu'il ne voulait bien le montrer.
_ John, puis-je vous parler un instant ? demanda Mycroft. En privée si possible, ajouta-t-il rapidement.
John hacha la tête, résigné, avant de conduire l'homme au rez-de-chaussée. Elizabeth fit un sourire à Mycroft en passant, un sourire qui n'avait plus rien d'ironique. Elle avait beau adorer Sherlock, il n'en restait pas moins qu'il pouvait parfois se montrer cruel. Surtout envers son frère. Alors elle pensait bien qu'un peu de soutien ne ferait pas de mal à celui-ci.
Mycroft lui retourna un micro-sourire, touché par l'intention.
Une fois les escaliers descendus, l'aîné des Holmes ne perdit pas de temps pour commencer la conversation. Comme toujours il alla droit au but, avec face à lui un docteur et ancien membre de l'armée britannique ayant fait l'Afghanistan, à deux doigts de prendre la fuite en courant.
_ John, j'ai été mis au courant de l'évolution de la relation que vous entretenez avec mon frère. Bien que je ne désire en aucun cas recueillir de quelconques informations au sujet de votre vie intime, je suppose qu'il est de mon devoir de vous rappeler une nouvelle fois à quel point Sherlock peut être fragile et vulnérable. Surtout en ce qui concerne le terrain sur lequel vous comptez vous aventurez avec lui.
_ Je sais bien tout ça, répondit John en essayant de masquer du mieux qu'il pouvait les rougeurs qui lui montaient aux joues. Et je ne compte pas le faire souffrir, vous le savez bien. Il est ce qu'il y a de plus important dans ma vie…
_ Je le sais et c'est pour cette raison que je ne retrouve rien à redire quant à la situation. Je vous connais assez pour savoir que je peux vous faire confiance pour prendre soin de mon frère. Simplement, soyez sûr de vos intentions. Sherlock est exclusif, je suis sûr que vous vous en êtes rendu compte. Si vous vous engagez dans une relation avec lui, il fera tout pour vous garder. Et nous savons tous les deux à quel point il peut se montrer possessif et cruel lorsque les choses ne vont pas dans son sens…
_ A propos de ce qu'il vous a dit tout à l'heure…, commença John qui se sentait vraiment mal pour Mycroft, qui ne faisait rien de plus que d'essayer de protéger son petit frère si particulier.
_ Soyez rassuré, John. Sherlock m'a déjà dit bien pire que cela. Et je ne suis moi-même pas exempt de tous reproches. Il me fait payer toutes les fautes que j'ai un jour pu commettre à son égard. Je ne peux pas lui en vouloir pour ça. Et je dois avouer que depuis votre arrivée dans sa vie, Sherlock se montre bien plus coopératif et ouvert avec moi.
John fronça les sourcils. Qu'est-ce que ça devait être entre ces deux-là avant qu'il emménage avec Sherlock ? Un enfer sûrement.
Mycroft était sur le pont de prendre de congé quand John l'interrompit :
_ Dites, je pourrais vous demander quelque chose ?
.
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John remonta à l'étage quelques minutes plus tard, clairement satisfait de son entretien avec Mycroft.
Dans le salon il croisa Elizabeth qui avait allumé la télé et zappait allègrement d'une chaîne à l'autre. Il gagna la cuisine et se mit en quête de quelque chose de comestible pour le repas du midi.
Une fois ceci fait il se rendit dans la chambre de Sherlock dans le vain espoir de l'attirer avec eux à table, histoire qu'il se sustenter un minimum.
Il frappa à la porte et sans attendre une réponse qui ne viendrait de toute façon jamais, il entra :
_ Sherlock, appela-t-il en découvrant le détective étendu en travers de son lit.
Aucune réponse ne vint et l'intéressé n'ouvrit même pas les yeux.
_ J'ai préparé à manger, tu viens ?
Toujours sans desserrer les lèvres le détective se tourna dos à son colocataire, lui faisant clairement comprendre qu'il ne voulait en aucun cas lui adresser la parole.
Il boudait tout simplement. Et John se doutait bien de la raison de ce comportement : Mycroft.
Et maintenant que l'homme était parti c'était visiblement sur lui que Sherlock avait décidé de reporter sa colère. Il savait que dans ce genre de situation il n'y avait rien à faire pour améliorer les choses. Il suffisait d'attendre que les choses se passent d'elles-mêmes.
Résigné, John sortit de la chambre et referma la porte derrière lui. Il appela Elizabeth et tous deux se mirent à table, en silence.
Chacun était plongé dans ses propres pensées. Elizabeth se mettait à rêver d'une vie avec son oncle et redoutait de plus en plus le moment où elle devrait repartir chez sa mère.
John quant à lui broyait du noir. Maintenant que Sherlock lui faisait la tête il pouvait toujours rêver pour faire avancer les choses entre eux. Le détective ne se dériderait pas avant au moins plusieurs heures. Si ce n'était pas plusieurs jours.
Il souffla de désespoir, s'attirant un coup d'œil aussi amusée qu'exaspérée de la part de sa nièce : les hommes ne savaient vraiment pas y faire en matière de cœur.
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Voilà ! Un nouveau chapitre ! (avec beaucoup de retard et je m'en excuse)
Je sais que la relation entre Sherlock et John n'évolue pas trop mais j'vais vraiment envie d'intégrer Mycroft à l'histoire donc j'ai préféré m'étendre un peu plus là-dessus. Soyez sans inquiétude, Sherlock ne va pas bouder éternellement et même si ces deux-là ne sont pas au bout de leur peines, je vous promai une réconciliation sur l'oreiller comme on les aime !
Biz et bonne lecture !
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