Merci à tous ceux qui prennent le temps de me laisser un message, même quelques mots, c'est vous qui voulez tout dire les amis :)
Merci également à Elyseb, diidou, Lilli22 et Rizzles67 que je ne peux malheureusement pas remercier par MP mais sachez que je pense fortement à vous dès que je lis l'un de vos messages :)
Rizzles67 : Le titre veut dire "Tu as vraiment une emprise sur moi" :3
Bonne lecture à vous tous, en espérant que cette suite vous plaise autant que les autres !
PS : la suite de "Et Soudain..." arrivera prochainement, j'essaie de gérer avec les exams en même temps ^^
Le week-end fut horriblement long… Jane avait eu l'impression de regarder l'heure toutes les foutues minutes. Quant à Maura, elle avait du redoubler d'effort pour se concentrer à l'hôpital. Elles n'avaient rien échangé pendant ces deux jours. C'était un choix, comme pour préserver l'envie irrémédiable de se voir.
Il était 7h30 et Jane venait tout juste de rentrer de patrouille. Le service s'était très bien passé cette fois, dans la continuité du week end. Il lui restait alors très peu de temps pour aller se changer aux vestiaires avant de rejoindre Maura qui, elle le savait déjà, ne serait pas en retard.
Penser à Maura avait été son activité de prédilection toute la fin de semaine. Penser à elle. Penser à une femme. Puis pas n'importe laquelle, Maura Isles, héritière de la Isles Corporation dont la moitié de Boston appartenait. Soit l'une des personnes les plus influentes de la ville. Soit une femme qui n'avait en rien les mêmes normes et valeurs que Jane. Est-ce que cela remettait en cause quelque chose dans sa vie ? Elle pensa à ses parents. Aux rêves de sa mère. Après tout, elle était une fille issue d'une famille italienne et catholique. Sortir avec une femme n'était pas vraiment une route à prendre et cela, elle s'en était vraiment rendu compte lorsque Raphaël lui avait téléphoné la veille. Le fait qu'il devait la rappeler lui était complètement sorti de la tête. Puis Jane avait réalisé que n'importe quel homme la laissait de marbre et ce, depuis des années. Mais les femmes… C'était une tout autre histoire à laquelle elle n'avait pas vraiment porté une quelconque importance… Jusqu'à Maura.
Jane entendit la porte des vestiaires claquer, ce qui la sortit de ses pensées. Elle se redressa, vêtue seulement de son jean et d'un débardeur blanc. Pieds nus, elle avança jusqu'au bout de la rangée de casiers afin d'avoir une vue sur la porte.
Rien.
- Y'a quelqu'un ?
Seul le clapotis de l'eau d'une douche mal fermée résonnait dans la pièce. Pourtant Jane savait qu'elle n'était pas seule. Doucement elle se recula pour retourner à son casier. Puis la voix résonna au bout de la rangée :
- Salut Jane.
Dans un sursaut elle fit volte face et se tint le coeur.
- Craig, non d'un chien !
Il ricana, l'épaule appuyée contre la colonne de métal, jouant distraitement avec l'arme dans ses mains.
- Qu'est-ce que tu fous là ? Ce sont les vestiaires pour femme, j'te demanderai de sortir.
- Tu sais, on n'a pas vraiment pu rediscuter de ce qu'il s'était passé vendredi soir… commença-t-il, faisait référence à leur altercation à laquelle le Détective Korsak avait mis fin.
Nerveuse, Jane le vit s'avancer doucement, les yeux fixés sur le revolver dans ses mains.
- Je n'ai vraiment pas apprécié la manière dont tu t'es comportée, murmura-t-il, le ton las, quelque peu énervé.
Le cerveau de Jane lui envoya un été d'alerte. Il se passait quelque chose de vraiment étrange qui la mettait très mal à l'aise.
- En plus de ça, tu n'es même pas venue me voir pour t'excuser, gronda-t-il en brandissant vigoureusement son revolver droit sur Jane.
- Qu'est-ce qu'il te prend ! Putain Simons, baisse ce flingue tout de suite !
- C'est pas vraiment ce que j'attendais…
Le chien fut enclencher dans un clic sonore et Jane se mit à trembler. Elle ne comprenait rien. Cette situation était extrême. Le jeune homme l'avait toujours taquiné et elle n'avait jamais riposté durant toutes ces années et là ? Jane s'était dressée une fois contre lui et c'était là qu'on en arrivait ?
- S'il te plait, Craig… On peut en discuter. S'il te plait…
Il se gorgea du plaisir de la voir apeurée.
- Mmmmmh, j'adore quand tu m'supplies, il lui offrit un sourire méprisant et passa le doigt sur la gâchette. Bye Bye Baby, finit-il en faisant feu.
La balle percuta Jane de plein fouet à la poitrine. La rookie bascula sur la rangée de casiers. Ça faisait un mal de chien, certes, mais pas autant qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Alors elle baissa la tête sur son torse, là où, inconsciemment, elle avait appuyé la main et vit le colorant rouge vif s'imbiber dans le tissu.
Puis elle entendit les rires autour d'elle. Craig se tint le ventre alors qu'un autre des jeunes Officiers sortit de sa cachette, le téléphone à la main. Jane comprit à la lumière rouge qu'il était en train d'enregistrer.
- Alors Rizzoli ? Toujours pas foutue de faire la différence entre un jouet et un vrai flingue ?
Les rires redoublèrent à nouveau et Jane serra les dents, les poings furieusement serrés à s'en faire rentrer les ongles dans les paumes. Les larmes commençaient à apparaitre au coin de ses yeux et elle était sur le point de perdre le contrôle.
Ils entendirent la porte des vestiaires s'ouvrir et claquer violemment contre le mur. Des pas précipités s'avancèrent vers eux et l'acolyte de Craig se dépêcha d'éteindre l'enregistrement.
- Vous pouvez m'expliquer ce qu'il se passe ici !
Jane se détourna du regard lourd du Détective Korsak, ne voulant pas qu'il voit sa faiblesse. Alors les yeux de l'homme se baissèrent sur son torse et prirent l'ampleur de la tâche rougeâtre. Ensuite, le faux revolver dans les mains de Simons et le téléphone que Kirk essayait de cacher derrière lui. Son esprit de Détective ne dut pas s'échauffer pour qu'il comprenne de quoi il en retournait.
- Putain d'abrutis… soupira-t-il en secouant la tête.
Alors il se tourna entièrement vers eux, protégeant Jane de toute sa posture.
- Vous voulez peut-être que je vous montre ce que ça fait d'avoir un flingue braqué sur vous ? ragea Korsak en dégainant son révolver aussi gros que sa main. J'me demande lequel de vous deux pissera dans son froc le premier ?!
Il attrapa le téléphone de Kirk et après deux trois manipulations, supprima la vidéo. Il lui lança l'appareil et leur intima d'un coup de tête de décamper, ce qu'ils firent sans demander leur reste.
Alors, quand la porte se ferma à nouveau, Jane, dans un cri de colère, frappa du poing le premier casier qui se trouvait face à elle. La patrouille qui était venue à leur renfort ce soir là avait vu le faux revolver et après avoir lu le rapport qu'ils avaient écrit à 6 mains avec Théo, ils avaient fait le rapprochement avec Jane. Le bruit avait du courir au commissariat. Rizzoli qui avait peur d'un jouet en plastique. Les mauvaises blagues devaient pleuvoir, oui, mais aller si loin ?
Elle sentit la présence de Korsak dans son dos. Jane venait d'être humiliée et l'un des meilleurs Détectives de Boston venait d'en avoir vent et le pire, c'est qu'elle lui devait son secours. Il devait penser qu'elle n'était qu'une petite fille qui n'était même pas foutue de se défendre.
- Je suis désolée, Monsieur, renifla-t-elle, en se tournant enfin vers lui, le menton relevé, le regard planté droit devant elle. Cela ne se reproduira plus.
Alors il s'approcha et lui prit le menton entre ses doigts puissants. Jane, surprise, posa enfin les yeux sur lui.
- Vous n'avez rien à prouver en plus Rizzoli. Vous comprenez ? Être une femme ne devrait pas vous donner l'impression de devoir en faire plus. C'est votre bêtise qui vous a amené dans cette fâcheuse posture lors de votre dernière intervention.
Le Détective faisait référence à l'envie de Jane de toujours vouloir faire tout toute seule pour ne rien devoir à personne et prouver qu'elle pouvait gérer autant qu'un homme pouvait le faire sur le terrain.
- Il suffisait d'attendre votre partenaire avant de détaler comme un lapin. Si cet homme avait eu un vrai revolver, je ne serai même pas en train de parler avec vous aujourd'hui…
Jane voulut baisser la tête mais Vince lui empoigna plus fermement le visage :
- Vous m'entendez Rizzoli ? Rien ne vaut de mettre sa vie en danger inutilement et encore moins pour faire joli dans un stupide dossier.
L'homme avait toujours apprécié Jane Rizzoli. Depuis l'affectation de cette nouvelle promo à la BPD, il avait très vite vu qu'elle sortait du lot. Il l'avait testé quelque fois et jamais, pas une seule fois, elle n'avait bronché. Sans compter sur l'attitude de certains des rookies avec elle.
- Devenir Détective est mon objectif le plus cher, Monsieur, le contra la jeune rookie. Citez-moi une femme travaillant dans votre unité, commença-t-elle à lui répondre. Citez m'en une seule qui n'avait pas un dossier aussi bon que l'un de vos collègues… Peut-être même que vous.
Korsak ne releva pas l'affront. C'était inutile et de toutes manières criant de vérité. Il sourit tristement et lâcha prise.
- Continuez de travailler dur, Rizzoli, prévint-il en se dirigeant vers la sortie. Et ne vous en faites plus pour ces morveux, je me chargerai personnellement de leur cas.
Jane réagit vivement et avança au bout de la rangée pour le héler :
- Je sais me défendre seule !
Elle l'entendit rire et il ne se retourna même pas.
- Je n'en doute pas le moins du monde mais, dans ce métier, il faut apprendre à faire confiance… Vous pourrez remercier Silvester, c'est lui qui m'a prévenu pour ce qui se tramait par ici.
Et la porte se ferma doucement derrière lui.
[…]
Une Lancia Thema 2 de couleur moka métallisée finit son chemin devant la BPD. Le chauffeur se pencha afin de distinguer la façade peu accueillante du bâtiment et reprit place sur son siège, la tête droite.
- Êtes-vous sûre, Miss Isles ? Nous sommes loin du périmètre autorisé par votre mère, je ne voudrai pas que…
- Alfred, si jamais elle venait par l'apprendre, je vous mettrai hors de cause de suite.
- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, Miss Isles.
Maura lui sourit dans le rétroviseur. Bien sûr que ce n'était pas ce qu'il avait voulu dire. Depuis qu'elle était enfant, Alfred avait toujours couvert ses arrières. Il s'inquiétait pour elle avant tout et jamais pour lui et les conséquences que cela pouvait avoir sur son travail.
Alfred était un homme d'une soixantaine d'année qui servait la famille Isles depuis la naissance de Maura. Sous aucun prétexte le chauffeur ne voulait prendre sa retraite, préférant parcourir la ville de Boston plutôt que de rester seul enfermé chez lui. Puis servir la jeune femme était tout ce qui suffisait à son bonheur.
Il sortit alors et fit le tour de la voiture afin de lui ouvrir la porte. D'un claquement de pied, il retira sa casquette noire de chauffeur pour la saluer alors qu'elle sortait de la voiture. Maura s'avança vers le commissariat et finit par se tourner vers lui :
- Vous pouvez y aller, Alfred. Je vous appellerai lorsque j'en aurai terminer.
Le vieil homme hocha la tête mais ne bougea pas d'un pouce. Si elle pensait vraiment qu'il allait prendre congé sans qu'il n'ai aucune idée de ce qu'elle comptait faire dans cet immeuble, c'était mal le connaitre. Non pas qu'Alfred était du genre à surveiller la jeune femme mais il préférait toujours s'assurer que sa maîtresse ne courait aucun danger. Maura le réprimanda d'un regard pourtant toujours marqué par un sourire. Cet homme était une vraie adoration.
[…]
Jane se précipita dans le hall. Elle avait presque dix minutes de retard et pesta intérieurement contre Craig encore une fois. Tout en trottant, elle finit d'enfoncer les pans de sa chemise dans son jean et ferma un bouton supplémentaire afin de cacher les tâches rougeâtres sur son débardeur. Enfin arrivée au bout du couloir, il ne fallut même pas une demi seconde pour repérer Maura. Elle irradiait littéralement l'endroit. Débordant de prestance dans sa robe hors de prix, Jane se sentit ridicule dans son vieux levis usé et sa chemise pâle. Pourtant, à la vue de grande brune, Maura n'y prêta pas un instant attention. Elle lui offrit un grand sourire et Jane s'approcha enfin.
- Bonjour Jane.
La rookie lui offrit un sourire plus timide cette fois. Elle ne savait pas vraiment comment agir autour de Maura. Devait-elle lui embrasser la joue ? Ou alors peut-être même lui offrir une étreinte ? Jane pouvait l'affirmer, c'est son premier rendez-vous galant. En tout cas le premier qui ai vraiment de l'importance et ne soit pas arrangé par sa mère.
- Excuse-moi, j'ai du me changer en quatrième vitesse, je ne voulais pas sortir en uniforme…
- Ne t'inquiète surtout pas pour ça, la rassura Maura et sans que la grande brune ne s'y attende, elle glissa son bras sous le sien et lui agrippa l'avant bras de l'autre main. Il y a un salon de thé qui sert des petits déjeuners à deux pâtés de maisons d'ici, cela te convient ? demanda-t-elle en l'entrainant déjà vers la sortie.
Un bégaiement sortit de la bouche de Jane et Maura prit ça pour un oui. La rookie passa en pilote automatique pendant un bref moment. Le corps chaud pressé contre le sien la paralysait complètement. Elle pouvait sentir la poitrine serrée contre son bras, les mèches blondes qui lui caressées le cou et…
- Bon Dieu de merde, Rizzoli, reprends toi ! grogna Jane dans un souffle.
- Tu as dit quelque chose ?
Jane baissa les yeux sur les deux émeraudes. La plus belle femme de Boston était à l'instant accrochée à son bras, le sourire tendre, et prête à aller sur un rendez-vous avec elle. Jane ne pouvait toujours pas réaliser.
- Je te demandais juste si tu avais passé un bon week end ?
La jolie blonde raconta les interventions passionnantes et les conseils du Docteur Cooper alors que les deux femmes marchaient tranquillement dans la rue. Jane ne se lassait pas d'entendre Maura. Il y avait tous ses tics mignons et ses mots dont Jane ne connaissait même pas l'existence. Maura était une encyclopédie sur pattes… Même pas, car avec la vitesse avec laquelle elle avait accès à toutes ces informations, le fait que l'esprit de Maura était une version améliorée de Google la fit sourire.
Alors son attention se porta sur la route. Des chauffards klaxonnaient et doublaient furieusement une Lancia Thema dès qu'ils en avaient l'occasion. En effet, la voiture roulait au pas et Jane pouvait affirmer que le conducteur de la berline de la lâchait pas des yeux. Maura sentit la belle brune se crisper dans ses bras et suivit son regard. Elle rit alors en secouant la tête.
- C'est Alfred.
- Ô, le fameux chauffeur de Madame, taquina-t-elle dans un sourire.
Maura lui asséna une petite claque sur l'épaule. Jane ricana et se tourna à nouveau vers la voiture, stoppant leur avancée. La Lancia se glissa entre deux voitures garées, s'arrêtant elle aussi.
- Mais qu'est-ce qu'il fait ?
- Il est juste inquiet, c'est la première fois qu'il ne connait pas mon emploi du temps. Je ne lui ai pas dit ni ce que je faisais, ni où et encore moins avec qui, elle desserra son étreinte et porta son regard sur la fenêtre conducteur qui était baissée, laissant apparaitre un regard sombre bien calé sous la visière. Je pense que le pauvre homme est en train de devenir fou, sourit malicieusement Maura, un léger pincement au coeur, il fallait l'avouer.
Elle n'aimait pas se jouer des gens et encore moins d'Alfred. Mais là, la situation était plutôt cocasse.
- Alors c'est comme ton garde du corps ?
- Noooon ! rit Maura en pensant à Alfred équipait de lunettes noires et d'une oreillette. Il veut juste veiller sur moi.
- Es-tu en train de me dire qu'il va nous garder à l'oeil jusqu'à ce que tu rentres ?
- Sans vouloir m'avancer, ça m'en a tout l'air oui.
Jane hocha la tête et son regard espiègle ne passa pas inaperçu au près de Maura.
- Prête pour une petite mise en jambe ?
- Pour une quoi ?
À peine avait-elle eu finit de poser sa question que Jane lui prit la main et l'entraîna dans la ruelle adjacente. Un hoquet de surprise quitta les lèvres de Maura mais quand elle comprit les intentions de la brune, elle se laissa guider.
Un bruit de pneus qui crissent sur le bitume et Jane se tourna vivement la tête pour voir que la berline s'était engouffrée dans la ruelle étroite, le moteur rugissant.
- Ô mon Dieu, Jane ! rit Maura, courant à en perdre haleine sur ses talons hauts.
Alors que la voiture n'était plus qu'à quelques mètres d'elles, la rookie les tira dans un embranchement, cette fois-ci tellement peu large qu'Alfred ne pourrait plus les suivre. Elles couraient encore en riant dans la petite rue derrière les maisons qui menait aux jardin, puis Jane ralentit le rythme et ce fut au tour de Maura de l'entraîner dans une nouvelle petite rue, bordée de grillages fleuris et où le soleil éclairait les fleurs de manière rasante. Après tout, il était à peine 8h30 et Boston venait de se réveiller il n'y avait pas si longtemps.
Jane reprenait son souffle tout en regardant Maura trotter devant elle après avoir enlever sa veste qu'elle jeta négligemment sur son épaule, coinçant le col avec son index. La jolie blonde écarta les bras, visage tendu vers le ciel, et tournoya dans un rire. C'était si bon comme sensation. Sentir l'excitation jusqu'au bout de ses doigts et la liberté dans ses cheveux. La rookie enfonça la main dans sa poche et la regarda, pleine d'admiration, danser dans les rayons du soleil. Son sourire était plus beau que le jour tout entier.
- Jane ! s'écria Maura en courant vers elle, les mains sur la bouche afin d'étouffer son rire. Ô mon Dieu, Alfred va être fou de rage !
Les yeux fixés sur le regard plein de bonheur en face d'elle la fit fondre. Ça en valait la peine, pensa la grande femme.
- Tu as déjà du le faire tourner en bourrique plus d'une fois !
Maura baissa les yeux et sautilla sur le petit muret qui bordé l'un des nombreux jardins fleuris. Jane la regarda avancer, telle une funambule et se laissa porter par le vent qui fit danser le bas de sa robe en flanelle, laissant apercevoir ses genoux.
- Je n'ai jamais enfreint les règles, Jane, avoua Maura, gardant son regard concentré droit devant elle.
- Jamais ?
Maura secoua la tête dans un petit sourire triste. La rookie s'imagina alors la vie réglée de Maura Isles. Sans débordement, sans folie. Ennuyeuse à mourir, des responsabilités pesantes sur les épaules et pas le moindre rire à l'horizon. Arrivée en bout de piste, Maura se trouva embêtée, n'ayant plus de petites marches pour descendre. Avant qu'elle ne puisse s'y attendre, une main lui était tendue. Les regards se verrouillèrent et Maura glissa la main dans celle offerte. Elle ressentit le resserrement autour de ses doigts, fort mais délicat puis une prise sur sa hanche, comme une caresse, comme un des rayons du soleil qui venait réchauffer son dos. Alors Jane lui enserra la taille et Maura posa les mains sur ses épaules, se laissant porter jusqu'au sol.
- Je compte bien y remédier dans ce cas, murmura la grande brune, les mains toujours fermement accrochées au léger tissu.
Son souffle caressa les lèvres de Maura et la jeune femme fut au bord de perdre pieds. Jamais elle n'avait ressenti ce genre de chose. Une attirance irrémédiable. Une envie de sentir l'autre, de le laisser nous toucher, à la moindre occasion. De laisser le frisson nous prendre, fauché au premier regard. Maura savait beaucoup de choses car elle avait lu beaucoup de livres. Si elle recoupait les informations que son corps renvoyait à son cerveau et… À une autre partie d'elle-même, elle pouvait clairement mettre un mot sur tout ça : désir.
À 21 ans, Maura Isles n'avait jamais eu de relations intimes et n'en éprouvait en aucun cas le besoin. Les garçons la trouvaient attirante mais dès qu'elle ouvrait la bouche, ils arrêtaient toutes tentatives de la séduire. Quant aux autres filles, elles étaient jalouses de sa beauté mais riaient de son esprit.
Jane ne se comportait comme aucun d'entre eux. Elle était son chevalier en armure blanche et la personne la plus tendre qu'elle connaissait malgré un esprit farouche et téméraire. Pourtant elle ne savait rien d'elle. Ou du moins, pas encore.
- Et faire de moi une enfant rebelle ? reprit Maura, taquine.
- Qui sait ?
Maura soutenu son regard rieur. Jane affichait ce sourire enfantin qui la faisait chavirer, marquant le coin de sa bouche d'une fossette. La jolie blonde ne put alors se retenir et finit par embrasser la marque de joie sur la commissure des lèvres avant de se dégager de son étreinte et de s'enfuir. Jane resta un instant pantelante. Sentant encore la caresse sur sa peau.
Elle ne mit pas longtemps à arriver à sa hauteur, Maura se laissant attraper avec plaisir. Les deux femmes rirent et marchèrent côte à côte, laissant les épaules s'effleurer, les regards se croiser, les doigts se toucher de temps à autre…
Jane lui parla de son rêve de devenir Détective, de Frankie qui marchait dans ses pas au plus grand dam de sa mère, puis Tommy et les inquiétudes. Maura parla de sa passion pour la médecine légale. Elle avait hésité, sachant la réaction des gens quand elle leur disait mais Jane ne fit rien à part la bombarder de questions. La jolie blonde se trouva bête alors d'avoir douté d'elle, puis elle continua en parlant de ses parents, un peu, juste parce que Jane avait demandé.
Cela faisait bien deux heures passées qu'elles voyageaient de ruelles en arrières cours, dans le quartier fleurit de Boston. Les deux jeune femmes appréciaient la présence de l'autre à sa juste valeur. Jane avait vite compris les difficultés que Maura avait à se faire des amis. Elle avait compris sa vie solitaire alors que cette dernière ne lui en avait touché aucun mot. C'était quelque chose qu'elle sentait. Quelque chose en Maura, quelque chose de brisé qu'elle voulait réparer. La garder au creux de ses bras et lui dire que tout ira bien. Lui dire que maintenant elle ne serait plus jamais seule. Lui dire qu'elle voulait lui tenir la main le long du chemin.
Alors Maura découvrit la mine fatiguée de Jane. Elle savait que la grande brune avait enchainé une nuit de travail avant de la rejoindre. Puis elles n'avaient même pas déjeuner finalement.
- Jane, je crois qu'il serait préférable que tu rentres te reposer.
La concernée lui sourit et s'étira enfin, ne faisant plus attention au débardeur tâché qu'elle avait essayé de cacher avec sa chemise.
- Ô mon Dieu, Jane, tu es blessée !?
Elle n'eut pas le temps de réagir que Maura était déjà sur elle, les doigts s'attaquant habilement à défaire les premiers boutons. Dans la panique, la jolie blonde ne prêta pas attention à ses gestes et réalisa seulement lorsque Jane lui attrapa les poignets.
- Ce n'est rien, Maur', juste une mauvaise blague de collègues.
La jeune femme leva les yeux au surnom et laissa reposer les mains sur le haut de sa poitrine. Jane quant à elle, ne lâcha pas son emprise sur la peau fine.
- Qui est assez stupide pour faire ce genre de blague ? s'énerva Maura en reposant les yeux sur ce qu'elle devina être du colorant séché vu la texture et la couleur.
Alors elle entendit le petit rire de Jane et reporta à nouveau son attention sur elle, l'air interrogateur.
- Tu t'inquiètes pour moi, murmura Jane, dans la reconnaissance la plus totale.
- Bien sûr que je m'inquiète pour toi…
Puis il se passa quelque chose. Comme un appel au plus profond d'elles. Jane, les doigts toujours fermement serrés autour de ses poignets, fit glisser les mains de Maura de sa poitrine à son cou. Attirée vers la grande femme, la jolie blonde appuya sur la pointe de ses pieds afin de combler la distance qui les séparait encore. Les doigts s'enfilèrent dans les boucles brunes, s'accrochant désespérant à la nuque. Jane ne lâcha pas un instant le galbe des hanches à travers la robe de flanelle. Le souffle de l'autre qui réchauffe, caresse. L'envie irrépressible de goûter, toucher. Fébrile, Maura ferma les yeux, prête à tout donner dans le baiser, tremblante dans l'attente du contact.
Les pneus d'une voiture crissèrent non loin et, rapidement, une porte claqua furieusement.
La magie d'évanouit à l'instant même que les deux jeunes femmes réalisèrent qu'elles n'étaient plus seules. Elles se dégagèrent de leur étreinte, manquant presque douloureusement le contact de l'autre. Enfin Jane aperçut Alfred a à peine quelques mètres d'elles.
L'homme avait l'air en colère… Très en colère. Il contourna la voiture qu'il venait de stopper dans la ruelle perpendiculaire à celle où se trouvaient Jane et Maura. Mais au lieu de fondre sur elles, il ouvrit la portière de la banquette et gronda après Maura :
- Miss Isles, si vous voulez bien vous donner la peine.
Strict, il ne quitta pas Jane des yeux, lui intimant de garder ses distances. Maura hocha la tête, telle une petite fille prise en faute, mais surtout déçue du moment qui venait d'être gâché. Pourtant, avant de partir, elle se tourna vers sa belle brune :
- J'ai passé une très agréable matinée, Jane… Merci pour tout.
Puis elle tourna les talons. Jane ressentit le manque immédiatement. En un pas elle était déjà sur elle, lui attrapant le poignet pour la retourner. Alfred se crispa et s'avança quelque peu, sur la défensive, mais Jane n'en avait que faire.
- Dis moi qu'on se revoit bientôt, s'affola-t-elle, le coeur battant et les joues rouges.
Maura posa la main sur sa joue pour la rassurer et Jane la recouvrit avec la sienne, prête à tout pour garder encore quelques instants cette dernière caresse.
- C'est promis.
Puis les doigts qui se séparent une fois que les bras sont trop courts pour se tendre encore plus. Jane la regarda monter dans la voiture sous le regard pressant du vieil homme. Elles accrochèrent une dernière fois avant qu'Alfred ne claqua la porte, faisant disparaitre Maura sous les vitres teintées. Il se dressa, menton vers l'avant, le regard dur posé sur la grande brune. Jane remit sa veste, mâchoires serrées.
Enfin la berline quitta la ruelle dans un grondement.
Alors ? Vous voyez, finalement Korsak n'est pas si bourru ^^ Et que pensez-vous d'Alfred ? Je compte accentuer le personnage au fur et à mesure des chapitres :)
J'espère que ce n'est pas si mielleux que ça ^^" Mais si vous trouvez que ça dégouline de trop, je peux freiner xD
Hâte de savoir ce que vous en pensez mes gens !
