Disclaimer : histoire se basant sur les écrits de J.
Rating : G
Beta readers : Alixe et Cassiopee008 (merci grandement à vous deux)
Bonjour !
Voici le chapitre 3.
Pour ceux qui se posent la question, j'ai mis Albus Dumbledore et Harry Potter en personnage principal, mais cela ne veut pas dire qu'il y aura une liaison entre eux. C'était simplement pour mettre en avant leur relation pseudo - père fils.
Le rythme de parution devrait se faire toutes les semaines.
Ah sinon pour les cours, j'ai décidé de mettre des cours de 3 ou 4 heures. C'est peut être pas réaliste, mais c'est ainsi. C'est plus simple pour l'écriture et puis c'est aussi comme cela que j'envisage les cours de la septième année.
Ah et pour le nom Stakehouse, c'est bien la série True Blood qui m'a inspiré le nom. J'adore ce nom ! Mais la jeune fille n'est pas du tout une demie-fée et n'aura aucun point commun avec le personnage de la série.
Merci à toutes les reviews anonymes. Je ne peux malheureusement pas vous répondre directement mais Merci.
alias64 : j'ai corrigé le premier chapitre en fonction de ta remarque. Pour Gargantua, c'est une référence en effet au livre, mais je préfère ne pas faire de remarques en fin de chapitre. Je trouve cela plus drôle de voir si les gens le trouvent d'eux même. Et puis je ne fais que peu de références de ce style.
Bonne lecture à tous.
Chapitre 4 Âme'alg'âme de chefs
Harry venait d'être réparti et s'était assis en bout de table, dos au mur. C'était viscéral, il avait choisi la place la plus sécurisée, avec assez d'espace pour réagir en cas d'attaque.
Une fois installé, Albus demanda à la Grande Salle de reprendre son calme et invita les élèves à déguster leur repas. Tout autour de lui, Harry vit la nourriture apparaître. Mais rien n'arriva devant lui. Harry se mordit la lèvre inférieure. Il devait y avoir un problème avec les elfes de maisons. Peut-être ne le reconnaissaient-ils pas comme un élève ? De toute façon, ce n'était pas bien grave : méfiant comme il était, il n'aurait accepté aucune nourriture dont il n'aurait pas pu vérifier la préparation.
Prenant son mal en patience, Harry en profita pour examiner les personnes présentes dans la Grande Salle. À sa gauche se trouvait la table des professeurs. Ils discutaient joyeusement et une bonne moitié continuait à parler de lui, au vu des regards qu'ils lui lançaient. Harry reconnut un certain nombre d'entre eux : Minerva McGonagall, Hagrid, les professeurs Flitwick et Slughorn. Pour d'autres il eu plus de mal, comme pour Mme Chourave qui semblait particulièrement jeune. Quant au puissant professeur qui se trouvait à la gauche de Dumbledore, un homme noir aux cheveux bruns crépus, jeune, grand et maigre, il ne rappela rien à Harry. Son visage, barré par une grande cicatrice sur la joue gauche, semblait avoir souffert de diverses attaques.
Décidant qu'aucun danger ne viendrait de ce coté-là, Harry tourna sa tête vers la droite. Des dizaines de paires d'yeux le regardaient, épiant avec circonspection ses moindres gestes. Harry profita de ce moment d'incertitude pour regarder les élèves qui composaient son entourage immédiat.
Il se trouvait à coté de 4ème ou 5ème années. Près de lui, une fille blonde qui n'avait même pas sa baguette dans sa main le jaugeait de ses yeux bleus. S'il avait été un adolescent normal il l'aurait trouvé jolie. Enfin moins que la brune qui se trouvait en face d'elle. Celle-ci déjà très belle, possédait en plus, un charme indéniable. Sans l'avoir sollicité, Harry sentit le pouvoir de Dobby se réveiller et lui montrer l'aura de la jeune fille, une aura rosée, striée de rouge. Une demi-vélane sûrement. Ces créatures pouvaient être dangereuses lorsqu'elles étaient décidées à charmer quelqu'un mais Harry était indemnisé contre leur séduction grâce à Dobby. Aucune menace de sa part, donc.
Harry regarda le garçon à coté de la jeune fille, puis une autre jeune fille, et ainsi de suite jusqu'à atteindre un jeune homme qu'il reconnu immédiatement.
Jusque là, Harry n'avait vu que de vagues connaissances. Mais là, il le savait, il croisait le regard de James Potter, son père !
Comme brulé par cette vision, Harry détourna aussitôt le regard. Il devait se calmer immédiatement. Mais c'était difficile, car il était assis à la même table que son père ! C'était extraordinaire, c'était complètement absurde, c'était dangereux.
Harry regarda à nouveau sur sa gauche, comme s'il s'attendait à être attaqué instantanément. Mais rien ne se passa. Lorsqu'Harry réussit à caser les sentiments qui surgissaient dans une pièce blanche et imperméable de son esprit, il regarda à nouveau James Potter.
- Eh ! Tu t'appelles Harry c'est ça ? entama la vélane, sûre de son charme.
Harry l'ignora. Elle avait posé une question stupide, et il voulait se concentrer sur son père.
James de son côté partageait son attention entre Harry et son voisin que l'auror n'arrivait pas à distinguer. C'est fou ce qu'il ressemblait à son père. Enfin, l'enfant qu'il était avant la guerre ressemblait beaucoup à James. Car durant le conflit Harry avait subi de nombreux changements. Il s'était coupé les cheveux ne laissant que quelques centimètres pour ne pas être gêné durant une bataille ou tout simplement pour que ses opposants ne puissent pas les agripper lors d'un corps à corps. Son front portait une cicatrice bien différente de celle qui l'avait rendu célèbre : des Mangemorts y avaient strié au couteau la marque des Ténèbres. Il cachait ce stigmate derrière un bandeau. Ses pupilles vertes avaient perdu la pétillante insouciance qui l'habitait auparavant. Enfin son visage était devenu beaucoup plus dur et plus anguleux à force de combattre et de s'entraîner jour et nuit à tuer ses ennemis.
Tous ces éléments faisaient que Harry n'avait plus maintenant qu'une vague ressemblance avec son père. Assez significative cependant pour qu'une personne au regard aussi scrutateur que Dumbledore le remarque. Mais trop légère pour le commun des mortels. Enfin en tout cas physiquement.
Harry ne put s'empêcher de regarder si magiquement il en était autrement. Il vit aussitôt, et avec une certaine affection, son aura et celle de son père se tendre l'une vers l'autre pour se relier. C'était toujours ainsi entre membres d'une même famille.
Harry fut bouleversé de voir que son lien filial avait survécu au temps, émotion qui fut bien sûr vite reléguée dans la petite boite blanche. Cette émotion, il aurait pu la maîtriser, mais l'habitude faisant, Harry étouffait consciencieusement toutes émotions lorsqu'il était en public.
La vélane essaya de nouveau d'attirer son attention, en vain :
- Hey ! Je te parle !
Ignorant superbement la jeune fille et grâce à son sang-froid, Harry put réfléchir calmement. Un exploit quand on savait les émotions qui auraient dû l'assaillir. Mais bon, n'était-il pas hors norme ? Il n'y avait que lui pour se fourrer dans ce genre de situation.
La présence de James étant acquise, Harry comprit aussi soudainement que Sirius, Remus, Lily, Severus, Peter et pleins d'autres devaient être là, eux aussi. Et c'est donc avec impatience qu'il en vint à suivre le fil d'une autre aura qui s'était liée à lui pour parvenir à Sirius, son parrain. Celui-ci était la mystérieuse personne qui discutait avec James et qui réussissait à lui faire détourner les yeux de Harry. Ce Sirius ne ressemblait en rien au Sirius qu'il avait connu : celui là était rieur, charmeur, avec un sourire encore plein de confiance dans la vie. Comme il n'avait jamais pu voir l'aura de Sirius, Harry fut assez surpris par la vision qui s'offrit à lui : il y découvrit une strie noire surement due au fait que sa famille l'avait maudit et renié. De plus, un lien puissant le reliait à James.
Harry haussa les sourcils. Il n'avait jamais su que James et Sirius avaient fait un pacte de sang, leur permettant de devenir frères magiquement. C'était un acte de magie complexe et vraiment dangereux.
Décidant de remettre à plus tard ses interrogations, Harry regarda le garçon se trouvant aux cotés de Sirius , regroupant tout le self contrôle qu'il possédait.. Peter. Il trouva le garçon atrocement normal, dépourvu des malformations dues à sa métamorphose prolongée en rat. Harry remarqua même un sourire candide sur le visage de Peter. Pas de trace de perfidie, d'envie ou de peur.
Ne voulant pas s'attarder trop longtemps, Harry chercha le dernier Maraudeur. Celui-ci le regardait avec des sourcils froncés. Remus, bien que plus jeune, était celui qui avait le moins changé. Il avait toujours les épaules remontées jusqu'au cou, comme si tous les malheurs du monde venaient de lui. Ses habits, quoiqu'en bon état, laissaient deviner qu'il n'était pas très riche et son regard épuisé fit supposer à Harry qu'une pleine lune devait avoir eu lieu il y a peu. Utilisant rapidement ses yeux d'elfe, Harry vit sans surprise l'aura de Remus partagée avec celle du loup.
- Je crois, affirma la Vélane après de nombreux signes de main devant les yeux d'Harry, qu'il a un problème neuronal.
Quand elle approcha sa main, Harry se décida à lui prêter attention :
- Ne me touche pas !
La jeune fille recula immédiatement, et Harry comprit que les yeux des Gryffondors étaient à nouveau braqués sur lui.
- Je ne maîtrise pas mes pouvoirs. Si quelqu'un me touche il valdingue à l'autre bout de la pièce, prévint-il d'une voix sèche.
Vexée du ton qu'Harry employait contre elle, la Vélane répondit vertement :
- Tu n'avais qu'à pas m'ignorer !
- Désolé, mais depuis tout à l'heure tu ne me poses qu'une question dont tu es supposée avoir la réponse. Soit ton cerveau est déficient car tu n'as toujours pas intégré mon nom, soit tu n'as pas eu d'autres idées pour briser la glace, ce qui me démontre que tu n'as aucune imagination. Dans le deux cas, ce que je vois ne m'intéresse pas.
Sur ces paroles Harry essaya de trouver Lily, sa mère. Mais la jeune Vélane ne semblait pas prendre au sérieux les paroles d'Harry et s'apprêta à le gifler. Avec rapidité et habitude, Harry agrippa de sa main le poignet de la jeune fille et sa voix se fit glaciale :
- Je ne rigolais pas. Si tu me touches, tu risque de voler à travers la pièce. Cela peut s'avérer dangereux pour ta santé. J'ai promis de ne pas faire de mal aux élèves, mais si tu te jettes volontairement contre moi, alors ne te plaint pas si tu en récolte les conséquences.
La jeune fille le regarda cette fois-ci avec terreur et les murmures autour de lui reprirent de plus belle.
Un soupçon de déception et de solitude envahit Harry. Il allait le classer dans la fameuse pièce blanche de son esprit lorsqu'il s'arrêta. S'il voulait être un élève et réapprendre à avoir des sentiments, il devait cesser de faire disparaître la moindre de ces émotions. Plus tard, lorsqu'il serait plus au calme, il essaierait peut-être de les libérer, décida-t-il. Peut-être…
Un craquement sec indiquant un transplanage le tira de ce mauvais pas.
Un elfe avec les yeux marron et des oreilles assez longues pointa son doigt sur lui. Harry réagit au quart de tour. Il se laissa tomber et roula un bon mètre avant de pointer sa baguette sur l'intrus. L'elfe de maison lui lança un sort de neutralisation qui ne l'atteignit pas. Un autre elfe, plus jeune et à l'oreille abîmée s'était interposé entre eux. Sa position ne laissait aucun doute sur ses intentions : il était là pour protéger Harry.
Harry se releva et se tint prêt à toute éventualité.
- Laisse moi passer Bertus, commença l'elfe aux grandes oreilles. Ceci, dit-il en désignant Harry, n'est pas sa place.
- Fatta se trompe, le corrigea le dénommé Bertus. L'être est le maître des lieux et peut faire ce qui lui chante. Si tu veux l'attaquer, je le défendrai.
Harry ne douta pas une seconde que l' « être » en question était lui-même. Son entrée n'avait pas était assez spectaculaire, sans doute ! Il était arrivé en cours d'année, avait été accueilli par une jeune fille qui avait crié au monde entier que son aura était celle d'un monstre, le Choixpeau avait refusé dans un premier temps de le répartir, il avait projeté un professeur à travers la salle… Et il fallait en plus que deux elfes de maison se disputent à son propos devant toute la Grande Salle !
Albus Dumbledore s'était d'ailleurs déjà levé ainsi qu'un certain nombre de professeurs.
- Ca suffit! cria un troisième elfe qui venait d'apparaître.
Ce dernier était assez âgé et portait une barbe blanche fait assez rare. Les deux autres elfes se mirent au garde-à-vous et Harry en déduisit que le nouveau venu devait être le chef des elfes de Poudlard, celui qui se chargeait de faire exécuter les ordres du maître de maison.
- Bertus, Fatta, retournez aux cuisines immédiatement, ordonna-t-il, confirmant son statut. Vous faites honte à notre race en apparaissant devant les maitres.
- C'est Fatta qui a commencé, se justifia Bertus.
- Dans les cuisines, répéta le chef d'un ton sans réplique. On s'expliquera plus tard.
Les deux elfes s'exécutèrent immédiatement et disparurent. Le vieil elfe se retourna vers Albus Dumbledore et lui fit une révérence d'excuse.
- Excusez-nous de cette intrusion. Les fautifs seront sévèrement punis pour leur venue impromptue.
- Je ne sais pas ce qui se passe, mais je compte en reparler avec vous ce soir. D'ici là, ne les punissez pas.
C'était un congé de la part du directeur. L'elfe acquiesça et sembla sur le point de partir, mais il se ravisa malgré l'ordre implicite.
Il se retourna vers Harry et recommença sa révérence.
- Excusez-nous pour cet incident. J'espère que vous ne nous en tiendrez pas rigueur.
Harry fit un signe de la main pour signifier que ce n'était rien. L'elfe le dévisagea un instant avant de poser une question qui lui brulait les lèvres.
- Qui êtes-vous ?
L'elfe était plutôt entreprenant. C'était très rare. Harry décida de répondre le plus juste possible à cette question.
- Un élève. Simplement un élève.
L'elfe sembla peser ses mots puis statua :
- Vous êtes tout sauf un simple élève. Dois-je cependant supposer que rien n'est changé ?
- Pardon ? demanda incertain Harry.
- Doit-on toujours considérer que M. Dumbledore est notre supérieur ou vos ordres sont-ils plus importants ?
Plusieurs hoquets choqués derrière lui firent écho à son propre toussotement.
- Non, non, assura Harry. Je suis juste un élève. Je ne veux en aucun cas faire mainmise sur cette école. Contentez-vous de me traiter comme vous traiteriez une autre personne assise à cette table.
- Et vous ne ferez pas non plus les taches ménagères de cette école ? questionna l'elfe de maison.
Harry compris qu'après avoir fait référence à son aura de directeur et de successeur de Serpentard, l'elfe faisait référence à la partie de son aura provenant de Dobby.
- Non plus, répondit Harry, alors que cette fois-ci des rires se faisaient entendre.
Bien sûr les élèves se méprenaient et croyaient que l'elfe leur reprochait implicitement de ne pas faire le ménage.
- Bien. J'espère vous voir ce soir avec le Directeur. Votre arrivée à quelque peu bouleversé nos habitudes. Clarifier les choses nous est nécessaire.
Sur ces paroles l'elfe transplana. Un silence lourd accueillit le départ de la créature. Harry remarqua que l'elfe lui avait donné un ordre implicite. Il n'était vraiment pas quelqu'un d'ordinaire. Aucun elfe ne devait parler ainsi à un sorcier, normalement.
- Eh bien monsieur Tomson, conclut le directeur après l'avoir dévisagé longuement, je suppose que je viendrai donc vous chercher après le repas.
Harry hocha la tête lasse. Cette soirée allait être longue…
Des aliments apparurent enfin devant lui et Harry se servit pour faire bonne figure, mais par sécurité ne toucha à rien. Plus personne n'osa l'interpeller de tout le repas. Harry apprécia cette distance. Enfin, ceci n'empêcha pas les élèves de le dévisager tout du long.
Harry profita de ce répit pour trouver enfin sa mère. Elle était loin du groupe des Maraudeurs, à l'autre bout de la table. Dès qu'il prit conscience de sa présence, leurs magies s'étirèrent pour se joindre. Il la contempla avec ce qui s'apparentait le plus à l'émotion chez lui : rousse aux yeux verts comme sur les photos, elle semblait mettre un point d'honneur à ne pas le dévisager ouvertement, ne lui lançant que de petits coups d'œil. Son froncement de sourcils lui donnait l'air préoccupé et, ajouté au pincement de ses lèvres, elle avait tout de l'élève studieuse. Même si beaucoup pouvaient passer à coté de sa beauté à cause de ses airs de vieille fille, pour Harry Lily était indéniablement très belle.
Consciente de l'intérêt soutenu qu'il avait pour elle, Lily lui jeta un regard de reproche. Harry cessa aussitôt son inspection pour ne pas éveiller les soupçons. À la place, il regarda ses plus proches voisins. Lily était entourée de deux jeunes filles. À sa droite, une fille brune, peau noire et yeux noirs, jurait avec la peau blanche laiteuse de Lily. Elle n'était pas particulièrement jolie, et son air renfrogné n'aidait pas. Mais ce qui interpella Harry, ce fut son aura non définie. Celle-ci changeait tout le temps de forme et de couleur. Harry n'avait jamais vu ça. Devant le regard de défi presque hostile qu'elle lui lança, Harry passa rapidement à l'examen de la deuxième amie supposée de Lily : avec ses cheveux variant entre le brun et le châtain courts et ses yeux marron, elle n'attirait pas l'œil. Son visage un peu carré lui donnait l'air d'un garçon manqué. Si son physique était banal, son aura était confinée, comme emprisonnée par un filet noir de magie. La jeune fille était victime d'une malédiction. Ou alors elle étaitsous serment magique. Harry enregistra aussi que la jeune fille était réservée car elle n'osa pas rencontrer son regard une seule fois.
Harry songea avec amusement que Lily n'avait pas choisi pour amies des personnes quelconques.
Harry poursuivit plus rapidement son tour d'horizon en examinant les autres tablées : dans la salle, six personnes avaient une aura noire à la hauteur de leur bras gauche, signe qu'ils portaient la marque des Mangemorts. La magie ne tournoyait pas comme Harry avait pu le voir chez lui avant qu'il ne tue Voldemort. Elle était là, mais inerte, ce qui signifiait que le corps de Voldemort avait été détruit mais que son âme faisait toujours partie de ce monde. Était-ce le signe que des Horcruxes existaient encore ou les marques réagissaient-elles seulement à la portion d'âme de Voldemort présente en lui ? En tout cas, il était désormais certain de ne pas être dans son propre passé : à cette époque Voldemort était au sommet de sa puissance, terrorisant le monde magique.
Harry soupira de soulagement. Il ne risquait pas de modifier des éléments indispensables à sa future victoire. Par contre, se reprit-il, il fallait qu'il se fasse expliquer au plus vite la situation du monde où il avait atterri. Si une guerre était en cours, il devait le savoir au plus vite.
Pour commencer à se faire une idée, Harry se focalisa alors sur les Mangemorts qu'il avait repérés. À la table des Serpentard, il reconnut Severus Rogue et Bellatrix Lestrange, ou plutôt Black. Près d'eux, Harry reconnut Nicolaï Perkjin, un nécromancien, et plus loin chez les Serdaigle, Gilbert Gibbon qui pratiquait la magie vaudou. Il eut peine à retenir un rictus en les retrouvant là : ces monstres avaient fait disparaitre la famille Weasley dans les flammes et lui avait fait perdre Ginny. Il les avait déjà tués mais la haine qu'il leur portait ressurgit intacte en les retrouvant dans ce lieu.
Pour se calmer, il abandonna son examen des suppôts de Voldemort et continua à parcourir la Grande Salle du regard. À sa grande surprise, il ne repéra pas moins de six loups-garous. Il y avait Remus, bien entendu, lycanthrope de longue date comme le montrait son âme envahie presque à la moitié par celle du loup. Les cinq autres, quatre à Serdaigle et le dernier à Poufsouffle étaient beaucoup plus récents : ils avaient dû être contaminés peu de temps auparavant… À Poudlard ? se demanda-t-il avec surprise en ajoutant cette information aux indices qu'il avait déjà récoltés sur ce monde.
En continuant son inspection, il vit deux autres demi-vélanes, sans doute les sœurs de la première. Il y avait également un demi-géant à la table des Poufsouffle ainsi que l'aura étoilée de Sybille Trelawnay. Elle n'était pas la seule voyante : une très jeune Serdaigle et une Gryffondor plus âgée avaient, elles aussi, ces auras caractéristiques, quoique légèrement moins brillantes. Il devait se méfier d'elles. On ne savait jamais ce qu'elles pourraient voir et révéler.
Plus loin, une jeune Gryffondor de petite taille avait une aura jaune soleil. Harry n'en était pas sûr, mais il pensait que c'était une demi-fée. Il s'attarda un moment sur une Poufsouffle dont l'aura ressemblait à s'y méprendre à celle d'une sirène, sauf qu'elle semblait avoir des jambes tout à fait normales sous sa robe. À la même table, un autre élève avait une aura translucide dont Harry ne parvint pas à déterminer la nature, même s'il était certain d'avoir déjà lu quelque chose à ce propos.
Une fois qu'il eut examiné tout le monde avec soin, Harry avait ajouté à son décompte une douzaine de personnes liées à une malédiction ou à un serment inviolable.
C'était vraiment incroyable. Harry avait sous les yeux un vrai zoo ! Cela expliquait en un sens pourquoi Albus était si peu regardant quant à son intégration. Harry en devenait presque normal. C'était vraiment étrange. Il était certain qu'il n'y avait pas autant de bizarreries lorsqu'il était écolier. À moins que son inexpérience l'ait fait passer à côté, relativisa-t-il, bien qu'il n'y crût pas trop.
Des mouvements de chaises attirèrent son attention. Les élèves les plus proches de lui s'en allaient. Visiblement, la jeune vélane était toujours vexée et avait décidé que son groupe ne devait pas rester plus longtemps que nécessaire à table.
Mais il l'oublia rapidement quand il réalisa que Lily venait de s'installer à coté de lui. Harry apprécia de pouvoir lui parler en tête à tête :
- Enchantée, lui tendit-elle la main. Je m'appelle Lily Evans.
Harry lui retourna son sourire et lui serra la main, frissonnant à ce contact.
- Je suis de la même année que toi, mais je suis aussi préfète en chef, annonça-t-elle. Cette distinction signifie que j'aide les professeurs et les élèves dans le bon déroulement de la scolarité de chacun. Donc si tu as besoin d'aide pour trouver ton chemin ou connaître le règlement qui s'applique, je suis là pour ça.
Harry hocha la tête, incapable de formuler une phrase.
- Bien. Donc, n'hésite pas à venir me voir. Je suis aussi là pour discuter si tu te sens seul.
- Merci, répondit il, presque bredouillant.
Lily partit aussi vite qu'elle était arrivée, et Dumbledore prit la relève.
- Harry, si tu es prêt, allons voir les elfes. Plus tôt nous nous en occuperons, plus tôt nous pourrons aller dormir. Et je dois dire qu'après cette Répartition pleine de rebondissements, je suis bien fatigué.
Harry se leva et le suivit
- Tu n'as pas touché à ton assiette remarqua Albus. Tu n'avais pas faim ?
- Non, c'est juste une vieille habitude.
- Comment ça ? Tu ne manges pas d'habitude ?
- Je ne mange que ce dont je suis sûr de la provenance.
- Oh.
Sa réplique instaura un silence gêné. Harry réalisa qu'ils n'allaient pas en direction des cuisines, mais vers l'infirmerie. Il se garda cependant d'en faire la remarque. Une fois arrivés à destination, Albus expliqua :
- J'ai supposé que tu voulais voir Miss Stakehouse, la jeune fille qui t'a crié dessus tout à l'heure.
Harry confirma d'un hochement de tête.
- Je vais rentrer en premier et préparer le terrain.
- Vous ne profiterez pas de la situation ? s'inquiéta Harry.
- Comment cela ? répondit le directeur avec une fausse naïveté.
- Vous promettez que vous n'essayerez pas de la faire parler ? insista le jeune homme.
- Veux-tu que je le jure sur ma magie, lança Dumbledore narquois.
Harry y réfléchit plusieurs secondes. Albus afficha un air choqué : il ne semblait pas avoir pensé que Harry étudierait sérieusement cette solution.
- Non j'ai confiance en vous, jugea finalement Harry. Ne trahissez pas cette confiance. Il n'y a pas que votre curiosité qui est en jeu.
Albus le regarda longuement comme réfléchissant aux différentes possibilités qui s'offraient à lui, puis sembla se décider à rentrer. L'entrevue dura plus de dix minutes, durant lesquelles Harry se sentit de plus en plus nerveux. Ses sentiments pour Albus avaient joué dans sa décision, conclut-il durant cette longue attente. Il aurait dû exiger un serment. Albus vint enfin le chercher :
- Vous pouvez entrer. Miss Stakehouse est prête à faire le serment magique. Cela n'a pas été facile de la convaincre. Par précaution, je n'ai pas levé le sort de mutisme mais elle a tenté de s'exprimer en marquant des lettres sur ses draps. J'ai dû la menacer de stupéfixion pour qu'elle arrête.
Le ton était froid et Harry comprit que Dumbledore avait été sensible à la frénésie de son élève. Il suivit le directeur sans faire de commentaire et se retrouva devant une jeune fille au regard assassin. Elle le haïssait. Harry ne s'en formalisa pas.
- Bien, sortez vos baguettes et pas de gestes brusques, rappela Albus à l'encontre de la jeune Serpentard.
Avant que Albus ne commence le rituel, Harry dû révéler un élément qu'il aurait préféré garder pour lui :
- Appelez-moi simplement Harry. Tomson est un nom d'emprunt.
Le regard de Dumbledore se fit encore plus glacial mais Harry fit mine de ne rien voir et continua :
- Ne faites pas un serment trop restrictif. Laissez-lui la possibilité de discuter avec moi de mon aura. Si un jour elle veut comprendre…
La jeune fille articula silencieusement le mot « jamais » que le directeur et son élève n'eurent aucun mal à interpréter.
- Ce sera tout ? demanda sèchement Albus qui ne devait pas avoir l'habitude de se voir dicter ses sorts.
- Oui.
Albus leva le sort de mutisme puis pointa sa baguette sur les deux baguettes jointes de Harry et de la jeune fille :
- Bibeline Stakehouse promets-tu, sous peine de mort, de ne jamais divulguer à qui que ce soit, le moindre élément significatif sur l'aura de Harry, à l'exception de Harry lui-même ? psalmodia-t-il.
- Oui
- Harry, acceptes-tu ces conditions ?
- Oui, et en retour, ajouta-t-il rapidement avant que Albus ne formalise le serment, je promets sur ma vie de faire mon possible pour protéger Bibeline Stakehouse de toutes attaques qui auraient pour but d'obtenir des informations sur mon aura.
Abus et Bibeline Stakehouse le regardèrent ahuris.
- Harry…, commença le directeur hésitant
- Bibeline, j'ai besoin que tu acceptes, pressa Harry sans porter attention au directeur.
La jeune fille confirma machinalement, sous le choc et visiblement subjuguée par le ton autoritaire du garçon.
- Clôturez le serment, ordonna Harry à Dumbledore.
Albus s'exécuta machinalement. Harry vit aussitôt un fil noir s'enrouler autour de la jeune fille puis le rejoindre pour s'enrouler autour de son aura.
- Tu n'avais pas besoin de faire ça, répondit la jeune fille hargneuse en reprenant ses esprits.
- Trop tard ! répondit Harry avant d'ajouter plus doucement : J'ai exigé un serment sur ta vie, la moindre de choses est d'en faire de même.
- Ca ne change rien, répliqua la jeune fille. J'ai vu ton aura et…
Bibeline agrippa son cœur. Le serment faisait déjà effet.
- Fais attention, répliqua Harry agacé.
La jeune fille se mordit les lèvres de frustrations.
- Harry c'est un engagement très grave que tu as pris, déclara le directeur.
- Jamais je ne te considérerai comme un gentil, renchérit la Serpentard.
- Je n'en doute pas un instant, répondit Harry pas très rassuré par le vocabulaire enfantin de la jeune fille.
Comme elle continuait à l'injurier, Harry proposa à Albus d'aller rejoindre les elfes. Le directeur le suivit non sans avoir vérifié que la jeune élève absorbait bien la potion de Sommeil-sans-rêve que lui avait apportée l'infirmière sur sa demande.
Contrairement au trajet silencieux de la grande salle à l'infirmerie, Albus interrogea Harry sans répit :
- Pourquoi pense-t-elle que tu es un mage noir ?
- Parce qu'une partie de mon aura est noire comme l'ébène.
- Quelles actions as-tu commises pour obtenir cette couleur ?
Une aura noire voulait forcément dire que le détenteur de l'aura avait tué.
- Vous le savez déjà, répondit Harrry agacé
- Oui mais j'aimerai entendre ta version, fit valoir le directeur.
Harry soupira. Albus avait raison, il avait le droit à des explications, d'autant que la sécurité des élèves était en jeu. Pour l'instant il lui avait fait une confiance aveugle, mais cela ne pouvait pas durer. Harry devait bien se l'avouer le directeur avait été pour l'instant très clément.
- Je viens d'un endroit où la guerre est omniprésente, commença Harry. Là bas, j'ai appris à tuer pour survivre. Et j'étais très doué pour cela.
- Où ça ?
- Le lieu n'a pas d'importance, quand il y a la guerre, les paysages sont tous pareils : des champs de batailles jonchés de morts.
- Tes parents et ton parrain en ont été victimes ?
- Oui, mes parents lors d'une première guerre, mon parrain au prélude de la seconde, qui a été beaucoup plus sale à mon goût.
- Il existe des guerres plus sales que d'autres ? releva Dumbledore.
- Bien sûr. Il y a toujours des degrés d'atrocité dans la guerre. Mais bon, je n'aime pas trop parler de tout cela.
- Pourquoi être venu ici ? demanda sans transition le directeur.
- Comme je vous l'ai dit, j'ai atterri ici par hasard. Je suppose que Poudlard représentait tout ce que je voulais retrouver : la paix, l'insouciance, ma jeunesse volée, la vie.
- Tu sais, ici aussi, il y a peu, c'était la guerre.
- Vraiment, en profita Harry. Et sur quoi portait le conflit ?
- Tu viens de loin, Harry.
- De très loin.
- Sur la supériorité des sorciers, répondit Albus. La vie d'un sorcier aurait plus de valeur que la vie d'un moldu. Idée sans fondement bien sûr.
Devant son manque de réaction, Albus se renseigna à son tour.
- Et toi, pourquoi étiez vous en guerre ?
- Un mégalo qui voulait devenir le maitre du monde, ironisa Harry. Il y avait aussi des histoires de pureté. C'est toujours un peu la même rengaine finalement, où que l'on soit.
- C'est malheureux en effet.
Harry allait pousser son investigation plus loin, mais Albus le prit de court.
- Pourquoi n'être pas venu plus tôt ? Tu aurais pu fuir ta guerre.
- Je ne suis pas un couard, répliqua aussitôt Harry, piqué au vif.
Puis voulant s'expliquer davantage, Harry rajouta :
- Je ne me savais pas capable de faire ça, mais de toute manière, je ne l'aurais pas fait. Si tout le monde désertait, il n'y aurait plus personne pour sauver ceux qui ne peuvent se défendre.
- Ne te vexe pas Harry mais, selon mes valeurs, tu fais partie de ceux qui ne peuvent pas se défendre.
Harry laissa échapper un hoquet moqueur, avant de se faire très sérieux.
- Je suis malheureusement, et sans vouloir me vanter, sûrement l'être le plus dangereux sur
cette Terre. Depuis plusieurs heures, je me dis que je suis égoïste de rester ici. Je mets en danger la vie de tous les élèves et des professeurs.
Albus le dévisagea, tentant de savoir si Harry disait la vérité.
Pour appuyer ses dires, Harry rajouta :
- Vous savez, si Miss Stakehouse a peur, je ne pense pas que ce soit uniquement pour la partie noire de mon aura. Lorsqu'on arrive à voir ce que je suis, je suis réellement un monstre. Même moi, j'ai peur de ce que je pourrais faire. Alors elle...
- Je pense qu'un monstre ne parlerait pas ainsi.
- Ou bien ce serait pour mieux endormir votre vigilance.
- Pas en faisant un serment sur sa vie.
- Qui sait ! Les gens sont prêts à beaucoup de choses dans la vie.
- Et toi Harry ? Que veux-tu faire dans ta vie ?
- Je ne sais pas. Ou plutôt je ne sais plus. Avant, pendant la guerre, c'était facile, j'avais un seul but, survivre à cette guerre et tuer les méchants. Mais maintenant je me retrouve sans but. Je pourrais peut-être vivre une vie insouciante d'étudiant. Mais je ne pense pas que j'en sois capable.
- Pourquoi pas ? proposa le directeur, candidement.
Harry s'arrêta de marcher. Ils étaient presque arrivés et Harry voulait faire comprendre la situation au directeur :
- Cette guerre m'a transformé. Au sens propre comme au figuré. Je ne supporte plus d'être touché, la nuit je fais des cauchemars atroces, et tous les jours je sursaute au moindre bruit suspect. À table je n'ai pas pu avaler un seul aliment parce que je n'avais pas vérifié sa provenance.
Harry s'arrêta. Il se dévoilait trop. Même si c'était Albus Dumbledore et que cela lui faisait un bien fou de parler de lui, il devenait bavard. Mieux valait s'arrêter là.
- Moi je crois que tu en es capable.
- Ah oui ?
- Oui. Peut-être pas une vie d'insouciance, mais une vie normale d'étudiant oui. Il te faut juste avoir confiance en toi et en ceux qui t'entourent. Et puis, bien sûr, assister à des cours pour maîtriser tes pouvoirs.
- Ce n'est pas gagné alors !
- Ah bon ? Mais je trouve que tu fais de gros progrès.
Harry n'aima cette boutade.
- Si vous parlez du fait que je vous ai laissé dans l'infirmerie seul avec la fille…
- Oui, mais pas que cela. Tu ne m'as pas repoussé quand je t'ai touché l'épaule et puis cela fait bien dix minutes que tu ne tiens plus ta baguette à la main alors que tu t'y cramponnais depuis l'incident avec Stakehouse.
Instinctivement, Harry reprit sa baguette. Et le directeur avait raison : s'il voulait être une personne normale, il devait apprendre à avoir confiance en certaines personnes et surtout arrêter de pointer sa baguette sur le premier venu. Lentement, mais sûrement, Harry décrispa sa main et relâcha sa baguette.
- Tu vois s'exclama Albus avec un air conquérant. Tu fais déjà un grand pas !
Harry grommela quelque chose dans sa barbe, n'appréciant pas le sourire d'Albus.
- C'est parce que c'est vous, répliqua-t-il, piqué dans son orgueil. Et puis même si je passe le cap de la confiance, il reste les cours. Je ne vois pas vraiment comment vous allez m'apprendre à gérer ma magie. Elle irradie de moi. Un simple Expeliarmus de ma part peut tuer quiconque se trouve trop près.
- Oh, il y a des solutions. La méditation par exemple.
- Je sais déjà faire de la méditation.
- Vraiment ?
- Oui. Et je l'applique déjà.
- Oh, eh bien, il faudrait aller au delà. Trouver une méthode atypique.
- Eh bien si vous en trouvez une, je suis preneur.
Le directeur caressa une poire sur tableau et une porte se découvrit.
- Les cuisines, annonça-t-il tout en descendant.
Il fallut moins d'une minute aux elfes de maisons pour se mettre au garde à vous devant le directeur et Harry. Plusieurs d'entre eux avaient l'air de s'être battus.
Leur chef, semblait soulagé de l'arrivée des sorciers :
- Grod est heureux de vous revoir, annonça-t-il. Grod n'aurait pas demandé au directeur de venir s'il n'y avait pas dissension chez les elfes.
- Je vois ça, fit remarquer Albus.
Certains elfes dépenaillés, suite au reproche prirent un air coupable.
- C'est la première fois qu'une chose pareille arrive. Le garçon est si particulier qu'il est difficile de décider s'il est esclave ou maître.
- Esclave ou maître ? s'étonna Albus en regardant Harry.
Harry, qui ne voulait pas qu'ils en révèlent davantage sur lui intervint rapidement :
- Je suis un simple élève, ni un esclave ni un maître. Albus est le directeur de l'école et c'est lui qui donne les ordres. Par contre, j'apprécierais que vous gardiez pour vous ce que vous voyez. En tant qu'élève j'ai le droit à une vie privée
- Pas si elle menace les autres élèves, le coupa Fatta.
- Fatta n'intervient pas dans cette discussion, gronda Grod
- Albus Dumbledore a déjà été prévenu à plusieurs reprises que j'étais dangereux. Mais je lui ai promis de veiller à ne pas faire volontairement de mal à mes camardes.
- Est-ce vrai ? demanda Grod au directeur.
- Oui. Harry ne désire pas faire le mal. Je ne peux pas refuser de l'accueillir pour le simple fait qu'il est potentiellement dangereux. Il peut être élève à Poudlard tant qu'il ne blesse personne.
La fin de la phrase pouvait être considérée comme une menace. Harry comme Grod le comprirent.
- Il est dangereux, insista Fatta.
- Ca suffit, ordonna Grod. Sors de cette pièce !
L'elfe aux grandes oreilles transplana aussitôt, non sans avoir jeté un regard furieux vers Harry. Ce dernier remarqua que Bertus, celui qui l'avait protégé dans la Grande Salle, se trouvait à ses côtés et souriait jusqu'aux oreilles.
- Bien, conclut le chef des elfes. Grod prend note qu'Harry Tomson n'est qu'un élève. Albus Dumbledore est toujours directeur de l'école et chef des elfes.
Grod attendit que Harry et Albus acquiescent à ses paroles.
- Et Grod prend note qu'aucun elfe ne doit dévoiler ce qu'est Harry Tomson, tant qu'il ne tue aucun élève.
Harry fit un sourire de satisfaction avec de grimacer.
- Bertus voudrait ajouter qu'il est à disposition de Harry Tomson s'il en a besoin, intervint l'allié de Harry. En tant qu'élève bien sûr, rajouta-t-il devant le regard courroucé de Grod.
- Merci, répondit Harry avec reconnaissance.
- Peut-être, proposa le directeur, que Bertus pourrait veiller personnellement à la nourriture qui est donnée à Harry. Personne à part Bertus ne pourra la lui préparer. Harry cela te permettrait-il de manger avec nous ?
Harry, touché de la démarche du directeur, marqua son accord par un signe de tête.
- Bertus est honoré, Bertus fera des mets spéciaux uniquement pour Harry, s'écria l'elfe.
- Non pas de mets spéciaux, juste comme les autres élèves le corrigea Harry.
- Juste comme les autres élèves nota Bertus avec un air presque déçu.
- Les autres élèves n'ont pas d'elfe attitré, fit remarquer Grod. Vous avez beau dire, Harry Tomson n'est finalement pas un élève normal. Mais tant que cela vous va à tous deux, nous resterons sur cette répartition.
- Élève Harry, l'apostropha encore le chef des elfes, alors que les deux humains s'apprêtaient à partir, je ne sais pas comment tu es devenu ce que tu es, mais les nôtre doivent-ils avoir peur de toi ? Tu as promis de ne pas faire de mal aux élèves, mais pas de nous épargner.
Le directeur écarquilla les yeux de surprise. C'était la première fois qu'il voyait un elfe craindre pour sa vie. Harry comprit que son aura en partie elfique pouvait laisser croire qu'il avait tué un elfe pour s'approprier sa magie.
Harry chercha ses mots pour être le plus clair possible :
- Je n'ai jamais tué d'elfe de toute ma vie, assura-t-il. Mais un elfe qui m'aimait peut-être trop et qui avait l'honneur elfique le plus pur que je connaisse a donné sa vie pour m'aider. Sans lui je serais mort aujourd'hui. Alors non, je ne vous ferai aucun mal. Au contraire, si un jour vous craignez pour votre vie, je vous aiderai dans la mesure de mes capacités, comme un autre elfe le ferait pour un elfe.
Harry entendit des murmures parmi le personnel. Grod salua bien bas pour montrer qu'il prenait cette promesse au sérieux. Albus attendit encore quelques instants mais les elfes restèrent silencieux. Les deux sorciers étaient maintenant de trop, les elfes avaient besoin de discuter entre eux.
Une fois sorti, Albus partagea ses pensées :
- Plus j'en apprends sur vous, et plus je me demande ce que vous êtes et si j'ai bien fait de vous prendre comme élève. Si même les elfes craignent pour leur vie, c'est que vous devez être plus dangereux que ce que je ne le pensais.
- L'être le plus dangereux sur terre, confirma Harry, mais sans mauvaise intention. Je ne veux pas faire le mal.
Après un silence Harry rajouta :
- Merci de me laisser une chance.
- Hum, de rien, répondit Albus. Comme je vous l'ai déjà dit, tant que je n'aurai pas découvert comment agit le lien qui nous unit, je ne vous lâcherai pas. Êtes-vous un elfe ?
- Non répondit Harry amusé.
- Un loup garou ?
- Non plus, répondit Harry
- Un vampire?
- Non plus.
- Une sirène ?
Harry pouffa puis réalisa quelle était l'aura qu'il n'avait pas réussi à identifier lors du repas.
- C'était l'aura d'un vampire ! s'exclama Harry. Vous avez pris un élève vampire dans cette école ! Cela ne m'étonne pas que vous n'ayez pas peur de moi. Franchement Albus vous ne croyez pas que votre bon cœur vous perdra ?
- En tout cas, j'ai deux réponses supplémentaires à votre sujet. Vous savez lire les auras et vous m'appréciez.
Harry se mordit les lèvres. Il ne se reconnaissait plus. Il parlait beaucoup trop en présence d'Albus. Le directeur essaya cependant de se justifier :
- Il m'a promis, tout comme vous, de ne tuer personne. Qui suis-je pour refuser sa demande ?
- En effet, vu comme ça, se maudit Harry qui ne dit plus rien de tout le trajet.
Arrivé devant le portrait de la Grosse dame que Harry connaissait bien, Albus lui donna le mot de passe puis entra avec lui. Harry découvrit une salle presque vide. Seuls deux amoureux se bécotaient dans un coin. À leur vue, ils se séparèrent précipitamment et montèrent dans leur dortoir respectif.
- Harry voici la salle commune de Gryffondor. Tu pourras y jouer avec tes camarades, t'y reposer ou y travailler. C'est une des pièces les plus accueillantes du château. Avant que tu ne montes dans ton dortoir, j'ai besoin de savoir quelles matières tu souhaites étudier.
Harry dut subir une explication en règle des cours dispensés dans l'école avant de sélectionner potion, DCFM, métamorphoses, sortilèges et histoire de la magie.
- C'est noté, conclut Albus d'un air songeur. (Il était vrai que la sélection des cours laissait présager autant une carrière d'Auror qu'une carrière de mage noir.) Montons dans ta chambre maintenant, car il est déjà bien tard.
Arrivés devant la chambre des 7ème année, Albus frappa doucement avant d'ouvrir la porte. Remus et Peter étaient déjà dans leur lit, feuilletant pour l'un un livre de potion et pour l'autre une sorte de BD. Sirius et James jouaient à une bataille explosive.
- Bonsoir les garçons. J'espère que vous ne nous attendiez pas ?
- Pas vraiment, répondit Sirius. Je devais prendre ma revanche sur James pour lui prouver que le meilleur exploseur, c'est moi.
- Et vous gagnez ?
- Hum, pas vraiment.
- Il a perdu toutes les parties, signala James d'un air moqueur tout en baillant.
- Oh oh, cela fait longtemps que je n'ai pas joué ! s'amusa Albus. Mais je crois qu'il est temps que tout le monde aille se coucher.
Après les présentations et quelques mots de politesse, Albus pris congé des garçons.
Harry s'assit sur son lit et vit que les quatre autres garçons le regardaient avec intérêt. Ne désirant pas affronter les quatre Maraudeurs pour l'instant, Harry mima un bâillement. Il dut se faire violence pour ne pas discuter ou regarder fixement son père. Mais il était nécessaire de ne pas trop se lier aux autres avant qu'il ne comprenne la situation dans laquelle il s'était mis.
- Je vais vous paraître très impoli, s'expliqua Harry, mais pourrait-on faire connaissance demain ? Je suis très fatigué.
Les autres, surpris, lui souhaitèrent bonne nuit. Moins de cinq minutes plus tard, les lumières étaient éteintes et Peter et Sirius commencèrent à ronfler joyeusement.
Harry garda les yeux fermés un long moment puis les rouvrit lorsqu'il sentit que les quatre garçons s'étaient endormis. Il n'avait simulé son sommeil, que pour éviter une longue discussion. En aucun cas il ne prévoyait de dormir ici, avec quatre autres personnes dans une même pièce. Il n'avait pas fait cela depuis plusieurs années, ce serait comme renier toute mesure de protection. Qui savait si un des quatre garçons n'avait pas envie de fouiller dans ses affaires, ou de lui faire une blague qui pourrait mal tourner !
Harry passa donc les heures suivantes à regarder son père, son parrain ou les autres Maraudeurs, passe-temps tout à fait merveilleux pour un garçon orphelin et sans plus aucune attache.
Fin du chapitre.
J'espère que cela vous a plu.
