Bien le bonsoir à toutes et à tous,

Mes excuses pour l'énorme délai pour la publication de ce quatrième chapitre extrêmement court. Je me répands en excuse et espère que vous apprécierez tout de même son contenu.

J'en profite également pour remercier toutes les personnes qui prennent le temps de s'arrêter sur cette histoire, de me laisser un mot ou simplement de me suivre. Merci particulièrement à Sygui pour son savoir sur l'environnement militaire. J'ai également beaucoup ri à l'impatience de certaines qui se reconnaîtront !

Le prochain chapitre risque également de se faire attendre, malheureusement alors... Profitez de ce qu'apporte celui-ci, uh uh.


Chaussant ses lunettes de soleil aviateur et allumant la radio sur la même station qu'à l'aller, Emma vit défiler le paysage de plus en plus clair et l'air humant agréablement l'iode. Elle finit par déboucher après un ultime virage désertique sur son deuxième spectacle préféré après le ciel : l'océan. Elle se perdit immédiatement dans les reflets du soleil et s'imagina s'y baigner pendant des heures. Elle fut cependant très vite tirée de ses rêveries par un bruit sourd et plus sonore que d'ordinaire provenant du capot arrière de la Beetle, à l'emplacement du moteur. Rapidement, elle fut contrainte de se garer sur le bas-côté de la route et alla inspecter la source du bruit. En ouvrant l'accès au moteur, une odeur âcre et de la fumée lui assaillirent les narines, ce qui l'obligea à reculer.

- Merde… Me fais pas ça maintenant, quoi !

Elle savait sa voiture âgée mais elle ne s'attendait pas à une casse radiateur alors qu'elle avait été révisée à sa dernière permission. Elle était coincée. C'était typiquement le genre de panne qu'elle ne pouvait pas gérer toute seule, elle allait devoir appeler un garage. C'est en fouillant son bagage qu'elle se rendit compte à quel point elle était baisée sur ce coup-là. Elle avait, semble-t-il, oublié son téléphone portable chez les Hood et le visualisa très bien sur sa table de chevet.

- Merde merde merde !

De colère, elle envoya un coup de pied dans le pare-chocs de sa pauvre voiture qui n'y pouvait pas grand-chose. Elle resta une heure au bord de la route, espérant que quelqu'un s'arrêterait pour l'aider mais rien, les rares voitures qui passèrent devant elle ne prirent même pas la peine de ralentir. Elle était bonne pour marcher jusqu'à la prochaine station-service… Vu la chaleur régnant sans partage depuis plusieurs semaines, elle se saisit de sa casquette de baseball et releva ses cheveux pour qu'ils ne viennent pas coller sur ses épaules et se mit en marche, suivant la côte.

Elle ne savait pas combien de temps elle avait marché ainsi, certainement deux bonnes heures, avant de parvenir à distinguer une habitation, au loin. Ce ne semblait pas être une station mais au moins, il y avait sûrement le téléphone. Elle accéléra le pas et à mesure qu'elle approchait, elle constata qu'il devait s'agir d'un bar. Et pas n'importe lequel : un bar de motards. Elle voyait étinceler le chrome des bécanes garées à l'extérieur du bâtiment. Elle soupira, se voyant déjà faire face au stéréotype du motard machiste et lourdingue.

Elle reprit son souffle et pénétra dans l'établissement. Elle ne fut pas déçue par l'ambiance respirant la testostérone et la bière. Jetant un œil alentour, elle put voir que son entrée avait attiré l'attention de plusieurs hommes qui la regardèrent de haut en bas.

- Génial…

Elle se dirigea vers le bar et héla le barman. Celui-ci s'approcha d'elle, voyant qu'elle n'appartenait pas à leur monde.

- Que puis-je faire pour vous, Madame ?

De la politesse ? Cela surprit Emma rien qu'un peu.

- Euh… Ma voiture est tombée en panne à quelques kilomètres de là, j'ai pas mon portable sur moi alors… Pourrais-je passer un coup de fil depuis ici ?

Le barman hocha la tête et lui sourit avant de faire glisser une pression dans sa direction.

- Buvez, vous appellerez au secours plus tard, c'est pour moi.

Elle avait été peut-être un peu vite en besogne en jugeant l'établissement selon ses préjugés, ce barman était tout à fait sympathique et poli. Elle décida qu'elle pouvait en effet perdre dix minutes à se rafraîchir, d'autant que la bière semblait correcte. Elle s'installa confortablement au bar et prit une gorgée salvatrice. Elle pouvait entendre plus loin des éclats de voix et des chocs, une partie de billard animée, semblait-il. Elle voulut se tourner dans la direction des voix mais son champ de vision fut soudain obscurcit. Elle leva les yeux pour constater qu'un grand et très épais gentilhomme vêtu d'un blouson de cuir s'était planté devant elle.

- Je peux vous aider ?

- Ma p'tite dame, j'ai entendu que vous cherchiez de l'aide ? Je peux tout à fait remplir le job.

Emma déglutit avec difficulté, sachant pertinemment comment la discussion allait finir.

- Je vous remercie mais ça ira, je passe un coup de fil et je m'en vais.

- Oh allez, ce sera plus vite fait si je m'en occupe. Ensuite, nous pourrions aller manger un truc.

Elle sentit venir le conflit mais ne se démonta certainement pas.

- Je vous remercie, encore une fois, mais ça ira parfaitement. Maintenant, je souhaiterais finir ma bière tranquillement.

Il lui saisit le bras et le serra plus fort qu'il ne l'aurait dû.

- Lâchez-moi immédiatement.

- Et sinon quoi ?

- Je m'arrange pour vous faire avaler chacune de vos dents, ça vous va comme menu pour le dîner ?

- Espèce de petite conne, j'aimerais bien voir ça !

Avant d'avoir pu répondre, elle entendit une voix familière s'élever de derrière la montage de cuir.

- Si j'étais toi, Anton, je ferais ce qu'elle dit, elle est aussi redoutable que moi et tu te rappelles que tu as presque pleuré la dernière fois ?

Le dénommé Anton fit volteface mais cacha toujours la source de la voix aux yeux d'Emma.

- Je pouvais pas savoir que tu la connaissais…

- Que je la connaisse ou non, tu te dois de te comporter correctement, surtout avec ces dames, mon cher. Maintenant laisse-la et retourne avec tes potes.

Anton maugréa et la mémoire d'Emma revint sur un tic de langage bien particulier qui venait d'être prononcé. Que faisait-elle ici, ceci dit ? Le géant finit par s'écarter et dévoiler ce qu'Emma n'aurait pu rêver : la brune incendiaire. Celle-ci s'approcha d'Emma et s'accouda au bar, la détaillant de la tête au pied. La blonde n'y tint plus :

- Mais qu'est-ce que vous foutez ici ?

- Je peux vous retourner la question, lieutenant.

Les deux orbes sombres fixèrent les siens verts étincelants. Ses joues rosirent instantanément.

- En panne…

La brune ne rit pas, se contentant de la gratifier d'un sourire à damner un Saint.

- Si je m'attendais au coup de la panne de votre part.

- Je suis réellement en panne et dans la merde. Mon radiateur m'a claqué entre les doigts.

Emma prit une fraction de seconde pour laisser vagabonder son attention sur la tenue diablement sexy de son colonel. Elle portait sa veste de cuir violet ouverte qui laissait voir un haut noir et vertigineusement décolleté ainsi qu'un jean foncé et serré là où il fallait. Evidemment, même en tenue de route, les bottes à talons étaient de rigueur ce qui finissait l'ensemble et laissa une nouvelle fois la bouche sèche à Emma. La fraction de seconde avait dû déborder sur plusieurs car lorsque la blonde accrocha à nouveau le regard de la femme en face d'elle, un de ses sourcils s'était levé.

- Je vais vraiment finir par croire que vous voyez quelque chose qui vous plaît, ma chère.

- Allez savoir…

- Quoi qu'il en soit, vous pouvez à présent appeler une dépanneuse et je vous conduirai à votre véhicule.

- Vous n'êtes vraiment pas obligée de-

- J'insiste.

Emma ne commenta pas et se dirigea vers le téléphone de l'établissement où elle put contacter un garage. Le seul problème du plan établi, c'est que la dépanneuse ne pourrait pas aller chercher la pauvre Beetle avant demain et Emma ne se voyait vraiment pas passer la nuit dans le coin.

- Un problème ?

La brune avait surgit dans son dos, laissant Emma pétrifiée par la proximité.

- La dépanneuse ne passera pas avant demain.

Elle sembla réfléchir puis murmura à l'oreille de la blonde :

- Et que diriez-vous d'un road-trip le long de la côte jusqu'à demain ?

Sa voix ne tremblait pas et la question était limpide. Bien évidemment, Emma mourrait d'envie d'accepter mais… Elle se souvint que cela pourrait lui attirer des ennuis à la base, encore. La brune dut saisir son hésitation.

- Après tout, ce n'est pas tous les jours que nous sommes en dehors de la base, n'est-ce pas ?

Emma saisit le message, fit volteface pour se retrouver nez-à-nez avec la femme qui ne bougea pas d'un millimètre. Elle décida de lui rendre la monnaie de sa pièce en acceptant et déposa un léger baiser sur la joue devant elle avant de sortir de l'établissement. Elle ne put donc pas saisir le frisson qui avait parcouru la brune au moment du contact.

La blonde se dirigea directement vers la moto qu'elle reconnaîtrait entre mille et jeta un œil derrière elle, constatant que la brune l'avait suivie.

- Que proposez-vous comme programme ?

- Vous verrez bien, l'inconnu est bien plus intéressant. Enfilez ce casque et ce blouson et attendez que je vous dise de monter.

Elle lui fit un salut de deux doigts partant de la tempe.

- Puis-je vous demander d'où viennent ce casque et ce blouson ?

- Réserve personnelle, au cas où.

Elle devait définitivement être une habituée de l'endroit pour y laisser ce genre de choses pourtant relativement précieuses… Emma ne discuta pas, enfila le blouson puis le casque que lui tendait la brune déjà équipée. Elle la regarda enfourcher avec élégance sa bécane avant d'elle-même monter à l'arrière, s'agrippant fermement à la taille de la pilote.

- Accrochez-vous bien.

- Aucun problème.

Jamais elles ne s'étaient retrouvées aussi proches physiquement, Emma devant ceinturer la brune pour s'assurer. Elle en profita pour explorer son corps à l'aide du sien et constata qu'elle n'était de loin pas repoussée. La sensation de vitesse accentua cette proximité et lorsqu'elles débouchèrent sur l'océan, le soleil commençant à se faner à l'horizon, Emma ne put s'empêcher de soupirer de contentement. Elle remarqua alors que la brune les menait vers une petite falaise à proximité et comprit l'intention. Elles arrivèrent gentiment, la brune coupa le moteur et descendit après Emma qui lui lança un sourire radieux après avoir ôté son casque. Elles s'avancèrent toutes deux jusqu'à s'asseoir le plus au bord possible, se laissant avaler par l'immensité de l'océan s'étirant devant elles.

- Je comprends mieux. Vous aviez prévu votre coup ?

- Et comment aurais-je pu prévoir que votre voiture tomberait en panne, ma chère ?

- Hum, vous marquez un point. Du coup, il nous manque quand-même quelque chose à grignoter.

La brune leva les yeux au ciel et rit.

- Vous êtes impossible. Contentez-vous d'apprécier le spectacle qu'on ne peut contempler qu'ici.

En effet, Emma reporta son attention sur le paysage qui les enveloppait et s'émerveilla comme au premier jour du reflet du soleil mourant dans l'eau. Sans vraiment y faire attention, elle s'était rapprochée de la femme à ses côtés, se retrouvant épaule contre épaule et ne pouvait détacher son attention de son visage qui semblait si apaisé et surtout, qui semblait l'appeler. Alors qu'elle allait tenter une approche, la brune se leva subitement.

- Que diriez-vous d'aller manger, à présent ?

Emma se mordit la lèvre de frustration. L'avait-elle fait exprès ? Elle se leva à son tour et jeta un dernier regard au soleil à présent presque totalement couché.

- Bonne idée, je n'ai rien mangé depuis le déjeuner.

Elle soupira et se dirigea vers le deux-roues qui les attendait sagement. Elles étaient à présent entourées par la nuit dont les étoiles étincelaient sur l'eau et dans ses yeux. Elle s'arrêta quelques secondes pour contempler et imprimer ce moment puis retourna vers la brune qui l'attendait, assise sur la selle.

- Magique, n'est-ce pas ?

- Oh que oui, encore plus en agréable compagnie.

- Seulement agréable ?

La brune fixait Emma qui sentit la chaleur lui monter aux joues à nouveau. Elle sentait que la brune jouait avec elle et elle en avait assez. Elle soupira et lui tourna le dos ostensiblement.

- Souhaitez-vous rester ici ?

- Mh… Peut-être.

Emma croisa les bras sur sa poitrine et attendit. Elle ne fut pas déçue lorsqu'elle sentit le souffle de la brune dans son cou.

- Finalement, je suis aussi capable de jouer.

- Qui a dit le contraire ?

La blonde pivota pour se retrouver en face de la femme qui lui faisait perdre ses moyens depuis déjà un long moment. Cette dernière lui souriait. Elle plongea sans retenue dans ses yeux qui n'avaient rien à envier à la voûte céleste les enveloppant. Portant une main à son visage pour aller cueillir sa joue, elle s'approcha au plus près du visage de la brune, s'arrêtant juste avant de toucher ses lèvres. Elle sentait son souffle se mêler au sien et l'impatience les gagner toutes les deux. Cependant elle voulait encore obtenir quelque chose et semblait savoir comment s'y prendre.

- Je me trouve dangereusement près d'une femme dont je ne connais même pas le nom.

- Mon charme doit suffire semble-t-il, plus que mon nom.

Emma s'éloigna alors du visage de la brune tout en conservant sa main sur sa joue et allant déposer son autre main sur sa hanche. La femme rit sans ciller ni rompre le contact.

- Je crois que vous l'avez mérité, finalement. Je-

Elle ne put terminer sa phrase, Emma était venue lui voler ses lèvres et coller son corps au sien. Elles se mélangèrent et se cherchèrent rapidement, la blonde jouant avec la lèvre inférieure de la brune pendant que sa main quittait sa hanche pour remonter dans le dos. Elle sentit des doigts se glisser dans sa chevelure dorée et la saisir fermement pour la maintenir aussi près que possible. Elle fit glisser sa langue le long des lèvres pulpeuses qui semblaient la réclamer avec force lorsque la rencontre de leurs deux langues se fit et donna une toute autre dimension à ce baiser. De doux et tendre il devint sauvage, chacune tentant de prendre le dessus tout en se délectant du goût de l'autre. Emma prit l'initiative de pousser la brune jusqu'à ce qu'elle se retrouve assise sur sa moto. Elle ne rompit l'échange que pour lui faire comprendre de mettre une jambe de chaque côté. Ceci fait, leurs lèvres se dévorèrent à nouveau et la blonde vint se positionner à califourchon sur la brune, profitant de l'assise pour laisser courir ses mains sur la peau hâlée du ventre de cette femme qui la rendait folle. Cette dernière rompit l'échange pour mieux descendre le long du cou de la blonde, suçotant et mordillant la peau à sa disposition, faisant légèrement gémir une Emma qui rêvait de ce moment depuis la première fois qu'elle l'avait vue.

La brune finit par murmurer l'information contre la peau de la blonde :

- Regina.

Emma releva à elle le menton de la brune dont le prénom trouvait écho en elle. Elle lui sourit tendrement.

- Vous me faites perdre mes moyens, Regina.

Et finit par sceller à nouveau leurs lèvres si avides de l'autre.