Merci à ceux qui lisent l'histoire. Un grand merci à ceux qui ont reviewés….et un immense merci à ceux qui l'ont ajoutés dans leurs favoris ! Encore navrée pour le retard…Bonne lecture.
-Et moi je te dis qu'il faut suivre les indications du livre !
Pathétique. Cela faisait maintenant presque dix minutes que Lily et Severus se chamaillaient sous l'air fort ennuyé de Severine : alors que l'une insistait pour respecter à la lettre les instructions du « manuel avancé de potions pour premières années », l'autre préférait plutôt suivre son instinct et … personnaliser la potion.
-Lily. Qui préfères-tu écouter : un bouquin qui date de plus de cent ans écrit par un potionniste minable qui ne faisait sûrement pas la différence entre un chaudron et une poile à frire ou moi, ton meilleur ami, et fils de génie des potions ?
Lily se tut.
-De plus… (Severus prit un ton doucereux qui lui serait propre plus tard) je tiens à préciser que, contrairement à certaines née-Moldues, je n'en suis pas à ma première potion…
Cette réplique eut pour effet de sortir Severine de sa torpeur. Elle vit alors les yeux de Lily se remplir de tristesse, puis de fureur. La même expression qu'elle eut (ou qu'elle aura ?) lorsque le Serpentard l'avait qualifiée de Sang-de-Bourbe.
Cela lui raviva de mauvais souvenirs. Son pire souvenir, pour être précis.
Comment pouvait-elle encore oser la regarder ? Jusqu'ici, trop chamboulée par tous ces changements, elle n'avait pas tellement repensé aux horreurs de sa vie passée. Et là, voilà que tous ces souvenirs lui revenaient en mémoire, aussi violement qu'une claque.
Elle se ressaisit. Non, elle n'était plus fautive. Elle était Severine Rogers. Or, tout était de la faute de ce Severus Rogue. C'était lui le fautif, pas elle. C'était lui qu'elle devait haïr.
Tout l'agaçait chez lui : son comportement arrogant, son air de « je suis doué en potions, vous devez donc boire mes paroles », son insolence…
Etrange… ce comportement lui rappelait quelqu'un… mais qui ?
-… Qu'est-ce que tu as à me fixer comme ça, toi ?
Sans s'en rendre compte, Severine regardait intensément son alter-égo depuis une bonne poignée de minutes. Severus l'imita. C'était à celui qui cillerait le premier.
- Je t'interdis de parler de la sorte à Lily.
- Non, 'Rine…ça va je t'assure. Il plaisantait.
-Tu vois, Rogers : Lily, au moins elle, a compris. Mais la subtilité de mon sens de l'humour n'est peut-être pas de ton niveau…
- Tu … « plaisantes » peut-être maintenant, mais plus ça va aller, plus les choses vont empirer…Et un jour, tu risquerais d'y perdre gros : je peux te l'assurer.
Severus se leva.
-Tu n'as pas à me dire ce que je dois faire. Je… « Peux te l'assurer » jamais je ne ferais quoique ce soit qui puisse profondément blesser Lily. Comment peux-tu me juger alors que tu me connais depuis à peine une demi-heure ? Apprend à rester à ta place.
Il décrocha alors son regard des yeux noirs de la Gryffondor et reporta son attention sur la potion.
Lily soupira et se remit elle aussi au travail.
Severine, elle, s'interrogea. Rogue avait parfaitement raison : après tout, elle ne le connaissait que depuis le début du cours. Pourtant, au fond d'elle-même, elle était persuadée que, malgré l'amitié évidente de Lily et Rogue, leur histoire se soldera par un échec. D'où lui venait cette idée ?
« Toc, toc »
- Entrez. Ha, bonjour Minerva.
- Bonjour, Horace.
- Que me vaux cette visite ?
- Le professeur Dumbledore souhaiterait s'entretenir avec la jeune Miss Rogers. Tout de suite.
Severine se leva et reprit son livre de potion qu'elle avait gentiment prêté à Lily et Rogue qui avaient oubliés le leur.
-Bonne chance, Rogue. Finir la potion tout seul, sans même suivre les instructions du livre devrait être un jeu d'enfant pour toi. Tu n'en as donc plus besoin.
Sur ce, elle emboîta le pas de McGonagal, tandis que Rogue ne put s'empêcher d'emmètre un grognement de frustration.
-Que me veux le directeur ? Demanda-elle tandis qu'ils marchaient dans les couloirs.
-Il n'a pas voulu me le dire. Une affaire strictement confidentielle.
A l'évidence, le professeur de métamorphose n'appréciait guerre de ne pas être mise dans la confidence, ce qui n'échappa pas à la jeune Gryffondor.
-« Phénix Bubblegum »
La gargouille qui gardait le bureau du directeur s'écarta. Normalement, Severine aurait dû être étonnée de savoir que l'illustre Albus Dumbledore utilisait des marques de chewing-gum comme mot de passe, mais bizarrement, ce ne fut pas le cas. Cela lui parut même tout à fait normal.
-Allez-y sans moi, Miss. Et n'oubliez pas : cette petite entrevue ne vous privera sûrement pas de vos deux heures de potions. Aussi, vous serez grée de regagner les cachots lorsque vous aurez fini.
Elle hocha la tête et entra.
Là encore, elle eût l'étrange sensation que ce n'était pas la première fois qu'elle pénétrait en ces lieus. Pourtant, elle en était bien à se première journée de sa première année à Poudlard. Il était donc impossible qu'elle soit déjà venue ici, n'est-ce pas ?
-Ha...Bonjour, Severine.
-Vous vouliez me voir, professeur ?
-Oui, oui. Mais assied toi donc.
Elle s'exécuta.
-Un bonbon au citron ?
-Professeur, soupira-t-elle, au risque d'être impolie, vous m'avez arrachée à un cours de potion qui semblait fort intéressant. J'ose espérer que ce n'est pas simplement pour me faire déguster des sucreries.
Dumbledore, loin d'être offusqué par l'insolence de la jeune fille, parut amusé.
-Puis-je te poser quelques questions avant d'entrer dans le vif du sujet ?
-Bien sûr que non. Ca me paraît évident que je suis venue ici pour disputer une partie de water-polo.
-Bois ceci, dit-il en lui tenant une petite fiole, sans se préoccuper de sa remarque sarcastique.
Elle inspecta le liquide contenu dans la fiole. Transparent, inodore, comme de l'eau.
-Du Veritaserum, trancha-t-elle, sans savoir comment elle savait ça.
-Severine…Ta franchise est indispensable. Cette potion en est la garantie.
-Pourquoi m'avez vous convoquée ?
-Patience, patience, dit-il en faisant un geste de la main, je vais te le dire. Mais tu dois d'abord boire la potion.
Elle soupira. Elle n'aimait pas l'idée de se retrouver sous véritasérum, mais elle savait également qu'elle pouvait avoir confiance en Dumbledore. Elle but alors la potion d'une traite.
-Bien tout d'abord, qui es-tu ?
-Severine Rogers.
-Et avant, qui étais-tu ?
-…Comment ça ? Vous voulez parler des vies antérieures ?
-Bien, bien… Que sais-tu de Severus Rogue ?
-Arrogant, sarcastique…Mauvais fond…fait souffrir ceux qu'il aime pour mieux cacher ce qu'il appelle une faiblesse : les sentiments.
-Bien...Tu ne le connais que depuis moins d'une heure, et tu semble déjà très bien le cerner… Comment l'expliques-tu ?
-…Aucune idée. J'ai l'impression de le connaître mieux que moi-même.
-Bien, bien…
-Professeur, qu'est-ce qui est « bien » ?
-Ton cas est très intéressant, Severine…j'ai encore une ou deux questions à te poser, puis je t'expliquerai…Alors…Comment s'appellent tes parents ?
Elle hésita.
-C'est étrange…Je suis tentée de vous répondre « Eileen et Tobias ». Pourtant, je sais que ce n'est pas leur nom.
-Hm, hm… Alors, tu ne sais pas le nom de tes parents ?
Elle fouilla dans sa mémoire. Les noms de Tobias et Eileen lui revenaient sans cesse, mais impossible de trouver ceux de ses parents. En avait-elle, d'ailleurs ? Elle avait l'impression de ne jamais en avoir entendu parler…
-Et qu'en est-il de ta date de naissance ?
Là encore, l'impasse. C'était insensé…elle n'était même pas capable de donner le jour de son anniversaire ? Quel cornichon…
-Bien ! Voici l'antidote du véritasérum…. (Elle but). Parfait… Il semblerait que tu ne te souviennes pas de ton ancienne vie… ce qui s'explique par une seule chose : tu as dû énormément t'écarter de ton but.
-De mon but…dit-elle comme si elle parlait à un vieillard sénile.
-La priorité est que tu recouvre la mémoire… Alors - si j'en crois le Choixpeau - tu as vécu dans le futur. Tu as donc dû, d'une manière où d'une autre, être impliquée dans la guerre. Si je te dis le nom… « Voldemort » ?
Voldemort, Voldemort, Voldemort….Ce nom résonnait dans sa tête. Des images atroces, d'un homme au visage de serpent lui revenaient. Un homme tuant tous ceux qui s'opposaient à lui. Il le voyait assit sur un fauteuil, dans une cabane humide et sombre, un énorme serpent enroulé autour de son coup…Elle voyait également un autre homme agenouillé à ces pieds. Elle se sentait proche de lui, d'une manière inexplicable.
-Alors ? Tu ne sais toujours pas qui tu es ?
-Je...Je me souviens du Seigneur des Ténèbres.
L'expression de Dumbledore se durcit à l'entente du terme « Seigneur des Ténèbres ».
-Tu as l'impression d'avoir participé aux meurtres ?
Elle prit son inspiration.
-Oui. Mais je suis également certaine de l'avoir fait par obligation. Je m'y vois mal y prendre du plaisir.
Le visage d'Albus se radoucit.
-Cela veut sûrement dire que tu espionnais à ma solde…
Dumbledore se leva et se mit à faire les cent pas. Severine se sentait mal. Stressée ? …Elle aurait peut-être dû accepter un bonbon, finalement. Cela l'aurait rassurée…
-…Et si je te dis… « Harry Potter ».
Harry Potter. Tout comme pour Voldemort, ce mot résonna dans sa tête. Mais d'une manière si intense, qu'un mal de tête aveuglant la prit….non…le prit…
-Albus !
Le vieux sorcier sourit comme s'il entendait son nom pour la première fois.
-Comment est-ce possible ! Comment ai-je pu …m'oublier ?
Severine se leva d'un bon, prise de fureur.
-Je me souviens de tout ! Ce matin encore, je savais qui j'étais ! Puis je suis tombé sur mon…double…Et ensuite…Albus, comment est-ce possible !
-Du calme, Severus…J'ai une explication à tout cela.
L'ancien professeur de potion ricana.
-Vraiment…cela m'aurait fort étonné que le grand Albus Dumbledore n'eut aucune explication à fournir…
Dumbledore attendit quelques instants que la plus jeune ne se calme.
Severine reprit place dans le fauteuil et enfouit ses mains dans son visage.
- Comment savez-vous qui je suis réellement ? demanda-t-elle après avoir repris son calme.
-C'est le Choixpeau qui me l'a dit. Lors de la répartition, il a eu l'occasion de sonder aussi bien ton esprit que celui du jeune Severus. Il a tout de suite vu qu'ils étaient les mêmes, à la différence près que le tiens lui semblait plus mature. J'en ai déduis que j'avais là à faire à une histoire plus poussée de réincarnation….Mais je ne connais pas tous les détails. Peux-tu m'éclairer ?
-Severus Rogue…Non...JE suis mort. Mais comme de toute manière, je n'ai jamais eu de chance, cela aurait été trop simple que j'aille tout simplement au paradis ou en enfer. Mon âme à en effet été jugée trop pure pour le Diable et trop sombre pour..Heu…Celui qui règne au paradis. Alors on m'a accordé une seconde chance. On m'a créé une nouvelle identité - celle de Severine Rogers - afin que je revivre ma vie.
-D'accord. Si je ne me trompe pas, vous avez bien un but, n'est-ce pas ?
Severine remarqua que le vouvoiement était revenu tout naturellement.
-Oui…Je dois parvenir à m'aimer moi-même. En d'autre termes, à aimer le jeune Severus.
-Et vous dites que vous avez commencé à perdre la mémoire lorsque vous vous êtes retrouvé face à lui ?
-Je me souviens avoir mal réagit lorsqu'il a mal parlé à Lily. Mon sang n'a fait qu'un tour. Là je me suis souvenue d'un événement dont je n'ai aucune envie de parler, puis je me suis mis à le haïr…
-Et c'est là que votre ancienne vie vous a échappée…Je comprends, Severus. Et vous ?
Elle réfléchit.
-Je crois que oui. En haïssant le jeune moi, je me suis éloigné de mon but….Donc si comprend bien, chaque fois que j'éprouverai un sentiment trop différent de l'amour ou de l'amitié envers Severus, mon ancienne vie me sera volée…Et je n'aurai donc plus aucune chance…
-Plus aucune chance d'atteindre votre but, et donc de finir au paradis.
Le silence se fit.
-Cette « deuxième chance » est donc à double tranchant…finit par déclarer Dumbledore.
-C'est maintenant que vous le remarquez ? Hurla –t-elle en bondissant de son siège, Non mais, regardez moi ! Pourquoi m'avoir fait revivre sous les traits d'une fille ? Blonde et Gryffondor, en plus ?
-Pour Gryffondor, le Choixpeau vous a tout simplement répartit dans la maison qui vous correspond le plus. Votre mentalité à dû beaucoup changée en vingt ans, tout simplement.
-Génial. Je suis heureux de l'apprendre. Et pour le reste ? Vous allez me dire que c'est parce que les blondes aux yeux noirs plaisent à Severus et que j'aurais donc plus de chance de me faire accepter ? Je me connais, Albus ! Je ne suis pas si superficiel !
-Et bien, si j'en crois les livres de réincarnation que j'ai pu lire, c'est la personne qui vous à accueillie lors de votre mort qui a décidé de votre nouvelle apparence. Allez donc la trouver et lui demander.
-Trèèès biiiien, dit-elle entre ses dents…Alors je vous repose la question, pourquoi AIMEZ VOUS ME FAIRE SOUFFRIR !
-C'est moi qui vous est accueilli ?
-Non, non, Gilderoy Lockhart… Evidemment vous !
Dumbledore soupira.
-Vous n'auriez pas dû me dire ça, Severus. Cela signifie que, dans votre présent, c'est-à-dire dans mon futur, je suis mort. Cela pourrait fausser le dest-
-Je n'en ai strictement rien à faire du destin ! Je sais, vous allez me dire que je ne dois rien changer sous peine de modifier le futur…
-Exact.
-JE CHANGERAI TOUT CE QUE JE VEUX, OUI ! ME CHANGER MOI, CE N'EST PAS SUFFISANT ? Vous ne pensez pas que changer ma couleur de cheveux, ça risquerai de changer le destin ? Non, bien sûr, puisque c'est VOUS qui avez modifié ce paramètre, j'oubliais, vous œuvrez pour le bien de tous…et le fait de m'avoir fait changé de sexe, c'est aussi pour le bien de l'humanité, je présume ? Grâce à ça, les ours blancs de l'antarctique vont être sauvés, ainsi que les cacatoès de la forêt Amazonienne ! VIVE-VOUS !
-Severus…Vous êtes conscient que vous êtes en train de déblatérer absolument n'importe quoi, rassurez moi…
-Ecoutez, dit-elle en respirant très fort, je veux que vous me disiez pourquoi vous ne m'avez pas simplement transformé en jeune homme…
-Et bien…je ne peux pas vous garantir la fiabilité de ma réponse, puisque l'Albus qui vous a remodelé est un Albus plus mature et plus sage…
Severine haussa un sourcil.
-…Mais je pense qu'il sera peut-être plus facile pour vous d'aimer Severus sous les traits d'une fille. Vous aurez un angle différent des choses, et vous l'aimerez peut-être d'une autre façon que si vous aviez été un garçon…De plus…Vous ne risquez pas d'être distrait par vos sentiments envers Miss Evans.
-C'est sûr qu'en étant seul dans la même chambre qu'elle, je ne cours aucun risque…
-Honnêtement, Severus…avez-vous vraiment eu du mal à ne pas sauter sur elle…
-« Sauter » sur elle ?
Elle rougit.
-Jamais, vous m'entendez, jamais je ne ferais quelque chose s'aussi abject !
Dumbledore sourit, heureux d'avoir fait réagir la jeune fille.
-…Mais en y réfléchissant…c'est vrai que je ne pensais pas réussir aussi bien à me contrôler…sûrement parce que je me sens mal vis-à-vis d'elle…
Albus se rapprocha.
-Ou peut-être parce qu'une fille, d'autant plus, une fille de 11 ans, n'a pas les mêmes désirs qu'un homme de 30 ans…
Elle réfléchit. Albus avait sûrement raison. Ce vieux citronné avait toujours raison de toute manière…
Et alors, pour la première fois depuis le début de sa nouvelle vie, elle se sentait rassurée…Rassurée d'avoir auprès d'elle un homme aussi compréhensif et perspicace que Dumbledore.
