Auteur: Flamme Dansante
Beta Lecture : Volazurys and Crimson Thirteen
Monde : UA
Disclamer : Aucun personnages de Square Enix ne m'appartient, pour l'instant...!
Personnages : Van/Ven - Riku/Reno
Rating : K+
Commentaires :Désolée pour le retard...' Moi qui voulais être plus régulière x) *Ah oui, j'ai remarqué que je suis passé à la première personne du Sg. (anciennement troisième. désolée si ça vous chamboule)* Bref, après après cinq longues années, nos deux adolescents se retrouvent enfin ! Sans un mot de plus, je vous laisse découvrir ces
très charmantes retrouvailles x)


- Souffre et apprécie le silence -


"Le silence est d'or alors je me tais"


Je connais l'hypocrisie de mon maître, ses bavures et son sans-gêne, mais je sais qu'il tient toujours ses promesses. Ce soir-là, deux jours après notre rencontre, quelqu'un frappe à la porte. Du coin de l'œil, j'observe Ventus aller ouvrir. D'abord stoïque, il reste bouche bée puis hausse les sourcils devant ce brun fringué d'un vieux t-shirt des ramones, d'un blue-jeans troué et de basket converse. Je croise les bras et souris. Finalement, Reno ne m'avait pas menti. Je continue de le regarder et perçois une étrange lueur apparaître dans ses yeux bleus quand il reprend de la constance1. Muet comme des carpes, les deux adolescents se regardent en chiens de faïence. J'ai comme l'impression que ces deux-là pourraient se reconnaître, mais sans que nous nous y attendions, Vanitas brise le silence en lui balançant une blague de mauvais goût sur sa chevelure.

Je reprends mon calme et mon souffle, et étouffe un petit rire en voyant les pommettes de Ventus s'empourprer. La tension redescend d'un cran quand Reno me fait comprendre qu'on est passés à côté de la catastrophe. À force d'expérience, je sais que si le sujet n'est pas cité, rien ne pourra m'ébranler. Pas même les colères de mon adolescent que je calme aussitôt. J'ai l'impression d'être une midinette de quinze ans qui, après avoir eu l'accord de son paternel, invite enfin son fiancé à dîner. Je souris comme un con en m'approchant de nos invités.

- Reno, Vanitas, bienvenue chez nous.

Le roux opine du chef en m'imitant. Il sait que je ne peux l'appeler « maître » devant les jeunes, mais trouve normal de m'embrasser sur le coin des lèvres. Je rougis et plonge mon regard dans le sien. Ses yeux verts comme l'absinthe semblent me dire : Chose promise, chose due. Embarrassé, je baragouine un bref salut au brun posté à ses côtés, et j'entends déjà la bonne nous inviter à passer à table.

- Mais n'oublie pas que rien n'est jamais gratuit, me souffle-t-il en posant sa main sur mon épaule.

Je sens le rouge me monter aux joues quand je baisse brusquement le menton et les entraîne vers la salle à manger. Ventus continue de ronchonner, je le vois à son mutisme et à sa tronche de quatre mètres de long. Il n'a pas l'habitude d'être charrié. Mon blondinet n'a jamais été un souffre-douleur; au contraire, il a toujours été un bon meneur. Je m'installe à ses côtés en songeant qu'avec Vanitas, les choses allaient forcément changer. Nos invités s'assoient en face de nous, et le jeu commence quand le brun pose un regard langoureux sur mon blond. Déconcerté, ce dernier baisse brusquement la tête, le visage en feu.

- Où… Où est le docteur ? me demande-t-il en focalisant son attention sur moi.

Le sourire aux lèvres, je me fais la réflexion que me regarder est une très bonne façon pour Ventus d'esquiver les yeux dorés de Vanitas.

Je croise les doigts et reste imperturbable face à ses joues empourprées.

- Dans sa chambre. Ce soir, nous dînerons tous les quatre.

Surpris d'une telle mise en scène, mon blond replonge aussitôt dans son mutisme, les yeux rivés sur la bonne et le serviteur qui vient de rentrer dans la pièce. D'un port altier, je les observe nous exhiber des plats plus chers et plus savoureux les uns que les autres. L'une nous sert un verre de Veuve Clicquot, l'autre du coca pour les jeunes. Je les remercie d'un hochement de tête et les laisse disposer. Mon maître s'avère séduit de l'avant-goût de cette soirée et entame la conversation, le sourire aux lèvres. Nos questions-réponses ne sont que des banalités, mais je m'efforce de rester neutre devant les adolescents. Pour Ventus, Reno n'est un parfait inconnu, ainsi que moi pour Vanitas. L'un et l'autre doivent se douter que notre amitié dépasse la complicité, mais les mots restent suspendus à nos lèvres face au drame de leur passé.

À la fin du repas, mon maître pose brusquement son verre en me souriant. Les sourcils froncés, je scrute son regard qui s'intensifie lorsqu'il ravit le visage de mon adolescent.

- Dis-moi, ventus, Riku m'a dit que tu faisais des cauchemars…

Choqué, mon blond bondit sur moi.

- Quoi ? Mais pourquoi tu lui en as parlé ?

Les yeux ronds, je me sens tout autant surpris.

- Maître… Pensez-vous que c'est le bon moment pour…

Le sourire de mon maître devient enjôleur à l'appellation de son titre. Remis de ses fonctions, il reprend de sa superbe et enlace tendrement le brun. De là où je suis, je peux entendre sa voir l'encourager à poursuivre. Dans l'attente d'une réponse, nous observons Vanitas délaisser ses couverts et relever le menton.

- Dis-moi, Ventus, que vois-tu dans tes cauchemars ?

Abasourdi, le blond se referme comme une huître et dévisage Vanitas. Inconsciemment, Ventus commence à comprendre que son clone en sait bien plus que lui sur ses propres rêves.

- Je… je vois un enfant…, articule-t-il avec difficulté. Je me vois avec un enfant de mon âge…

Le brun acquiesce et observe un silence avant de reprendre.

- Et pourquoi considères-tu cela comme un cauchemar ?

Je l'entends déglutir et vois ses yeux s'échouer dans ses mains jointes.

- Parce que dans ce rêve, lui et moi étions destinés…

Honteux de ses paroles, ses joues s'enflamment aussitôt.

- Mais deux hommes en noirs viennent nous séparer…

Les yeux rivés sur ses cheveux blonds dorés, je peine à me retenir de le serrer dans mes bras. Je connais cette histoire et me souviens de ses éclats de larmes lorsque terrorisé, ses pas l'entraînaient dans ma chambre. Mon cœur se brise pour la énième fois quand je me rappelle avec amertume que son destin avait été gâché par ma faute. J'étouffe ma peine en mordant ma lèvre inférieure et songe à toutes ces années de calvaire où je dus me taire et le retenir à bout de bras. Mais malgré cela, la vie de cet enfant n'avait été qu'une suite de haut et de bas, de joies et de dépressions.

J'essuie la larme qui s'est égarée sur ma pommette et l'attire brusquement dans mes bras

pour le nicher contre moi. Je capitule face à ce mensonge, à cette trahison qui avait bien trop duré. Sa réaction est immédiate quand ses petits poings s'abattent violemment contre mes épaules. Le rouge aux joues, il me hurle de le relâcher. Je n'en ai que faire. Je resserre mon étreinte et enfuis mon visage dans ses mèches. Acculé, Ventus enfouit le sien dans mon sweatshirt, loin des regards mielleux de nos invités. Les paupières closes, je m'imagine le visage de Reno, souriant et narquois à la fois, mais qu'importe. Lentement, mes doigts s'égarent sur la courbe que fait son dos, caressent sa nuque et glissent le long de son échine. Pris de cours, il se colle brusquement contre moi et étouffe une plainte. Ma seconde main attire nos deux visages l'un vers l'autre. À quelques millimètres, je sens son souffle s'unir au mien, s'altérant à chaque baiser que je lui porte.

- Ventus…, dis-je dans un soupir.

Je me raccroche à nos souvenirs et à l'amour incommensurable que je lui porte en espérant de tout cœur qu'il pourra un jour me pardonner.

- Ventus… ce que tu vois chaque nuit n'est pas un cauchemar… Les hommes en noir, c'est Reno et moi…

Sans m'y préparer, je me suis lancé tête baissée vers le bûcher quand j'ai cru par naïveté qu'il m'absoudrait de mes péchés. Je comprends que cette pensée n'est qu'un euphémisme quand il me repousse violemment, l'air tétanisé. Dans ses yeux, je vois l'incompréhension et la détresse se dessiner. Son corps tremble comme une feuille, il semble complètement paniqué. Anéanti, je laisse mon regard s'échouer sur le parquet, mais le relève aussi vite lorsque Ventus se redresse brusquement. Affolé, je n'ose imaginer la réaction de Reno, mais l'apprends en l'observant du coin de l'œil. Muet comme une carpe, le rouquin me fait les gros yeux et m'intime de me démerder.

- C'est un souvenir, annonce le brun, l'air imperturbable.

- Ton pote, Riku, poursuit mon maître, il a le pouvoir d'effacer la mémoire.

Tétanisé, j'aimerais leur hurler de se taire en voyant ses lèvres se contracter et se transformer peu à peu en une grimace immonde. L'incompréhension se lit sur son faciès quand celui-ci prend des teintes gris cendré. Soudain, l'incohérence laisse place à la peur lorsque Ventus se met à reculer. J'ai l'impression qu'il me prend pour un monstre, mais cela ne m'étonne guère après ce que j'ai osé lui faire. J'imagine son cœur pur et candide se briser aux dires de Vanitas. Moi qui l'avais si bien protégé… Les paroles du brun assimilées, il secoue la tête, allongeant encore la distance qui nous sépare l'un de l'autre. J'aimerais tant lui dire que cela n'est qu'un cauchemar, que bientôt, il se réveillera dans mes bras. Mais je le vois déjà se mutiler, les dents enfoncées profondément dans sa lèvre afin de retenir ses pleurs et ses cris.

- Pou… Pourquoi… ne m'avoir jamais rien dit ?

Je reste muet et baisse les yeux de peur d'affronter la vérité. Son sang ne fait qu'un tour face à mon mutisme, me hurle sa douleur et son incompréhension qu'il croyait partagées. Il éclate en sanglots en me vociférant sa haine et cette complicité à tout jamais brisée. Ébranlé, je n'arrive plus à sentir les battements de mon cœur tant ses mots me fouettent et me mutilent. La vérité m'a enfin rattrapé, et aussi douloureuse soit-elle, je me dois de l'accepter. Durant ce calvaire, je pense encore à le protéger. L'amour que je lui porte est inébranlable et n'a nul besoin d'être partagé.

Je n'arrive plus à supporter de le voir pleurer. Ventus est bien plus que mon petit protégé. À mes yeux, il est indiscutablement plus précieux que Sora, Roxas ou mon maître, et même s'il ne pourra jamais me pardonner, c'est avec vigueur et sang-froid que j'étouffe ses cris en l'attirant contre moi. Je ne peux encore lui expliquer la raison de mes actes, mais lui jure qu'il a toujours été ma priorité lorsque je lui cachais la vérité. Il conteste mes propos et continue de hurler. Sa voix s'enroue quand il m'avoue que je suis le seul en qui il avait confiance. Seul au monde, il était certain que j'étais son allié. Sans protester, je le laisse me cracher son venin, resserrant progressivement mon étreinte. Gêné, je vois son visage s'empourprer et se nicher dans mon vêtement quand il me murmure avoir été prêt à me donner sa vie tant son amour était grand et inébranlable… Anéanti par le poids des mots, je m'efforce de rester fort et courageux, l'âme tailladée comme un tas de viande longeant le sol.

- Je suis désolé… Désolé de ce qu'il s'est passé… Désolé de t'avoir menti durant toutes ces années…

Calé contre mon torse, Ventus secoue la tête. À contrecœur, je comprends que me pardonner serait bien trop facile après tout le mal que je lui ai fait endurer. À présent, je dois prendre mes responsabilités et lui avouer tous mes péchés.

- Mais si tout cela n'était que des souvenirs, murmure-t-il avant que je n'aie le temps d'ouvrir la bouche, qui était cet enfant ?

Surpris d'une telle question, mon regard passe de Ventus à mon maître et s'arrête sur Reno. Les sourcils froncés, je le vois intimer au brun de se lever. L'adolescent ronchonne et délaisse à nouveau son assiette en s'approchant de mon blond.

- C'était moi, Ven'.

Je n'aurais jamais cru que cette soirée prendrait de telles proportions. Ventus sursaute et se retourne vers l'enfant de ses rêves Le souffle coupé, je sens son corps se raidir à la vue de Vanitas. D'un sourire angélique, celui-ci écarte ses mains en signe de paix et continue à s'approcher.

- Qui… Qui es-tu ?

Je me lie à sa peur et son désarroi, le serrant fermement par la taille de crainte de le voir défaillir. Plus les pas de Vanitas écourtent la distance nous séparant, plus la poigne de Ventus se resserre autour de mes poignets tandis que ses ongles s'enfoncent dans ma chair. La folie me guette quand celle-ci m'incite à prendre ce couteau et à trancher la gorge de mon maître qui, installé bien sagement, sourit de toutes ses dents. Ce connard savait pourtant mieux que quiconque que cette vérité devait être oubliée, enfermée dans la boîte de Pandore. Mais à nouveau, celui-ci jouissait de mes sentiments et de mes réactions, et observait tel un spectateur le drame de notre vie.

- C'est moi, Vanitas, clame soudain le brun. Je suis revenu, comme je te l'ai promis.

Dans mes bras, ses muscles se contractent, sa poigne se resserre comme un étau autour de mes poignets. J'entends son souffle s'accélérer, son petit corps se recaler aussi vite contre le mien. Surpris, Vanitas semble déçu d'une telle réaction, mais poursuit sans perdre une minute.

- Allons, tu ne te souviens pas ? J'étais le gosse au pyjama rayé et à la chevelure en pétard que tu as rencontré cinq ans plus tôt à l'oasis.

Brusquement, Ventus me lâche et mon souffle revient quand il se retourne en plongeant son regard perdu dans le mien. J'avoue me sentir tout aussi désorienté. Je ne peux que contester la véracité de ses paroles.

- Alors… c'est vrai ? me questionne-t-il en m'implorant le contraire.

Les lèvres pincées, je ne peux qu'acquiescer et regretter aussitôt en le voyant soupirer et esquiver mon regard. Il porte le poids de ma trahison quand il m'annonce nerveusement vouloir quitter la table. Sans le dire, je comprends que ma présence lui est maintenant trop insupportable pour qu'il puisse passer une minute de plus à mes côtés. Figé, je me sens comme un condamné quand je vois l'être aimé prendre maladroitement la main de Vanitas et l'entraîner vers les escaliers.

- C'est ce que tu voulais n'est-ce pas ? me souffle mon maître en venant à moi.

Je secoue la tête et fonds en larmes. Cet homme est dénué de sentiments. Moi qui pensais qu'il cachait également la vérité à Vanitas afin de le protéger, mais tout cela n'était que des mensonges. Il m'attire et épouse délicatement ses lèvres aux miennes. Acculé, je sens ses doigts se mêler à ma chevelure.

- Mon beau Riku, susurre-t-il, tu n'as toujours été qu'un pion. Un simple pion dans mon échiquier.

Stoïque, je reste bouche bée et le laisse m'entraîner dans un second baiser.

- Mais c'est moi qui mène la danse, comme toujours. Laissons nos deux cavaliers faire mumuse et voyons ce que cela donnera.

Horrifié, je laisse mes yeux s'écrouler sur le sol et frémis à son rire diabolique qui résonne comme un coup de tonnerre dans notre demeure.


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