Disclaimer : Twilight et ses personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
Bonjour, bonjour ! C'est vendredi, la fin de la semaine (enfin pas pour moi, mais c'est pas grave...) et voilà la suite !
Comme toujours, un grand merci pour vos reviews, mises en favori etc...
Merci à mes girls, Ptiteaurel, Nicolisandra et Lilipucia pour leur soutien infaillible !
Puisqu'Edward vous a un peu manqué lors du chapitre précédent, en voici un avec plein plein plein d'Edward !
Bonne lecture:)
– Bonsoir, Docteur Swan.
Je sursaute, pousse un couinement aigu pas très élégant et laisse tomber mes clés alors que mon cœur fait Boom !
D'instinct, j'y porte la main, comme si je craignais qu'il ne sorte de ma poitrine.
– Je vous demande pardon, je ne voulais pas vous effrayer.
Edward Cullen se penche pour ramasser mon trousseau et je m'adresse courageusement à ses épaules.
– Alors, peut-être auriez-vous dû éviter de m'attendre à la porte de derrière, qui plus est à la fermeture du cabinet ! Tranché-je, sans doute un peu trop sèchement.
Il se relève, sourire charmeur aux lèvres et me regarde fixement dans les yeux. Les siens sont clairs, un peu vert d'eau avec quelques nuances d'ocre, mais surtout éblouissants.
– Pour ça aussi, je vous prie de m'excuser.
Je déglutis, récupère mon bien et verrouille la porte.
– Que puis-je faire pour vous, Mr Cullen ? Un souci avec Nala ? Demandé-je d'un air détaché, observant discrètement son reflet dans la vitre en face de moi.
Je le vois se gratter la nuque, tête baissée.
– Avez-vous reçu mes fleurs ?
Le somptueux bouquet de roses oranges trône fièrement depuis samedi soir sur mon bureau et embaume la pièce, comme pour remplacer le souvenir de l'odeur de son généreux expéditeur m'empêchant par conséquent de l'oublier.
Je n'ai pas eu le cœur de m'en débarrasser, et je n'ai pas spécialement envie d'être désagréable avec lui à ce sujet. Sur la carte qui accompagnait les fleurs, il me remercie simplement d'avoir pris le temps de m'occuper du chaton. C'est une attention tout à fait adorable et innocente.
Je me tourne vers lui, hoche la tête et lui offre un sourire sincère.
– Elles sont magnifiques, je vous remercie.
La douceur presque timide de ma voix et ce sourire sur mes lèvres sont tellement spontanés à cet instant ; le contraste avec les efforts que j'ai dû faire jusqu'ici pour paraître détachée est saisissant.
– C'est vraiment pas grand chose. Et puis Emmy tenait absolument à dire merci au gentil docteur de Nala.
Le statut de 'père de famille' de mon interlocuteur se rappelle à mon bon souvenir à l'évocation de la petite fille – et de son très joli dessin plein de couleurs mais ne me représentant pas du tout à mon avantage je dois dire. Mon regard dévie inconsciemment vers sa main gauche, vierge de tout anneau.
?
Peut-être l'a-t-il enlevé ? Je sais que ça se fait... Je fouille dans ma mémoire à la recherche des images de notre première et unique rencontre, en vain. Je suis bien incapable de me souvenir de la présence d'une alliance à son doigt.
Un silence gêné s'installe entre nous. Je joue avec la lanière de mon sac, hésitant entre m'enquérir de l'état de santé de Nala et lui faire mes adieux.
La bienséance voudrait que j'opte pour la première solution, mais je souhaite plus que tout mettre fin à ce tête-à-tête bancal.
– Bien, amorcé-je espérant qu'il comprenne qu'il est temps pour lui et son joli minois inaccessible de me laisser rentrer chez moi.
Il met ses mains dans les poches de son jean noir, tapote les cailloux de la pointe de sa chaussure puis prend une grande inspiration :
– Je peux vous emmener boire un verre ?
J'ai pu sentir le sang quitter mon visage et y revenir à la vitesse de la lumière.
La réponse coincée quelque part entre mon cerveau et ma gorge, je ne sais plus où regarder.
Pendant ces secondes interminables durant lesquelles j'ai l'impression de passer par toutes les couleurs qui constituent la palette du vert et du rouge, sans parler du film de sueur qui semble m'envelopper de haut en bas, Mr Cullen m'observe tout simplement, l'air ni perturbé, ni coupable, avec tout de même une certaine attente dans le regard.
– Hum... c'est que... euh... j'ai des trucs de prévus ce soir...hum...
comme m'épiler l'arrière des genoux avec du double-face, rempoter toutes mes plantes vertes avec ces supers billes de gelée de toutes les couleurs, tout ça, tout ça...
– C'est vrai ce mensonge ? Rit-il en reprenant une de mes formules favorites, baissant la tête pour pouvoir me regarder dans les yeux au travers de ses cils, sourcils haussés.
Je l'ai déjà vu utiliser cette expression. Avec Emmy.
Il ne manque franchement pas d'air celui-ci ! Je ne suis pas une gamine !
Je sors de ma léthargie et fais un pas vers lui. Il me domine d'une bonne tête, mais ça m'est complètement égal.
– Ecoutez Mr Cullen...
– Edward, me coupe-t-il.
Alors là, tu peux courir mon vieux !
– Mr Cullen, insisté-je, j'ai été très patiente jusqu'ici, pensant que vous étiez un peu trop sympathique parce que vous vouliez simplement que je m'occupe bien de votre petit chat...
Non, ce n'est pas une figuration hasardeuse !
– Mais je n'ai pas pour habitude de sortir avec mes clients, encore moins quand ils sont pères de famille ! J'ai bien d'autres choses en tête en ce moment ! Maintenant si vous voulez bien m'excuser, j'ai eu une journée difficile et j'aimerais rentrer.
Je le contourne mais il m'attrape doucement le poignet.
– Attendez s'il-vous-plaît !
Et ce sourire en coin qui est toujours là ! Il trouve ça drôle ou quoi ?
– Laissez-moi vous offrir un verre. Vous buvez, je m'explique. Je ne suis pas le père d'Emmy.
oOo
Chez Leah et Seth est un petit bistro à la décoration indienne situé un local au-dessus du cabinet.
Edward – quelle étrange sensation que de l'appeler par son prénom ! – m'a laissé le choix de l'endroit et j'ai fait d'une pierre deux coups : pas trop loin de ma voiture pour pouvoir me barrer en courant – ou en l'occurrence en roulant – au moindre coup fourré de sa part, et la possibilité de commander un des sandwiches au pain grillé de Sue. J'ai sauté le déjeuner ce midi et j'avoue que je commence à le sentir.
Edward – en fait, c'est vraiment pas désagréable ! – lui, n'a rien commandé et manger seule face à lui ajoute un peu plus au malaise de la situation. Enfin, au moins il boit.
– Vous n'êtes pas obligé d'attendre que j'ai terminé mon sandwich. Je peux mâcher et écouter en même temps.
Et ne pas te comporter comme une garce, tu sais faire ?
– Excusez-moi, murmuré-je après avoir avalé une grande gorgée de Corona, je n'ai pas passé une très bonne journée.
Il approche un peu sa chaise et pose les coudes sur la table. Il a retroussé les manches de sa chemise à carreaux vertes qui rehausse la couleur de ses yeux. Ici, dans l'environnement sombre du snack, ils prennent une teinte proche de celle de la mousse.
– Vous voulez en parler ? Demande-t-il, l'air sincèrement concerné.
Je réponds du tac-au-tac, mais cette fois sur un ton facétieux :
– Ce n'est pas moi qui ai des révélations à faire !
Il reprend sa position initiale dans le fond de son siège et joue avec l'étiquette de son Heineken, le rictus que je commence à bien connaître – et à apprécier – au coin des lèvres.
– Emmy est ma nièce. Elle a pour habitude de m'appeler Tonton, vous ne l'avez jamais entendu ?
– On ne s'est vus qu'une seule fois.
La faute à qui ?
Son regard est brûlant, faisant clairement passer un message.
– Alors on a dû jouer de malchance si elle ne l'a pas fait cette fois-là.
Si j'avais eu cette information... comment cela se serait-il passé entre-nous ? Il me plaît depuis le début, c'est indéniable. J'ai refusé de le côtoyer, l'imaginant pervers et immoral. Mais si je l'avais su célibataire, n'aurais-je pas tenté de le connaître un peu plus ?
– En effet, c'est pas de chance, soufflé-je bêtement en réponse.
Un silence un peu gêné s'installe entre nous pendant lequel j'essaie d'absorber cette nouvelle. Cependant, il reste un détail :
– Vous avez la même adresse, et pardonnez-moi si c'est intrusif, mais j'ai cru comprendre que vous viviez avec sa maman également.
Il soupire et une ombre de tristesse mais aussi d'autre chose ternit les traits de son visage qu'il baisse avant de répondre.
– Mon frère est... parti.
Il caresse le lien en cuir noir autour de son poignet que je remarque pour la première fois.
– Je veux dire, il est décédé. Rosalie était enceinte de 4 mois. Je l'ai aidée du mieux que j'ai pu à la naissance d'Emmy. Je n'avais pas vraiment réalisé que s'occuper d'un bébé est un travail à plein temps. Au bout de quelques semaines, j'ai quitté mon appartement pour pouvoir être auprès d'elles de jour comme de nuit.
W.O.W !
Je m'appuie contre le dossier de ma chaise, complètement scotchée, le cœur serré.
– C'est pas tout à fait le genre d'histoires qu'on aime raconter à une femme qui nous plaît. Mais c'est un aspect de ma vie que je suis souvent obligé de déballer rapidement.
Ok, j'ai environ deux secondes pour me réjouir INTERIEUREMENT du fait qu'il ait dit que je lui plaisais avant de devoir trouver quelque chose d'intelligent à dire !
– Je... Ok... euh, je trouve ça incroyablement noble de votre part...
Je suis interrompue par Sue qui vient débarrasser mon assiette :
– Bella, je pourrais te parler après ?
Je fronce les sourcils, bien que je sache exactement de quel sujet elle souhaite discuter.
– Oui, bien sûr.
Elle sourit à Edward qui en a profité pour terminer sa bière d'une seule lampée. Il est encore un peu ailleurs, perdu dans son histoire.
Et ça me terrifie.
Le poids que j'ai constamment l'impression d'avoir au fond de l'estomac s'alourdit, comme si je portais désormais son fardeau à lui aussi.
Et je ne peux pas. Pas maintenant. Je n'ai pas les épaules assez solides.
Je m'étais trompée, il a vraiment l'air d'un type bien. Un type bien avec une vie déjà assez compliquée.
– Je vous ai fait peur pas vrai ?
Il a terminé de décoller l'étiquette de sa bière et joue avec les confettis.
Je ne peux m'empêcher de le trouver encore plus beau, lui et ses valeurs de super-héros sacrifiant sa vie pour celle des autres.
Je regarde par la fenêtre derrière lui. C'est quasiment la même vue que celle que j'ai depuis mon cabinet. Des champs laissés à l'abandon depuis quelques temps. Pour le moment, la nature y a repris ses droits.
Edward ajuste sa position et son genou vient frôler le mien. J'ignore si c'était volontaire ni même si c'était du gringue ou simplement un moyen d'attirer mon attention.
– Je, hésité-je. Edward je suis désolée. J'ai pas mal de soucis et...
– Vous ne voulez toujours pas m'en parler ? Tente-t-il.
– C'est pas tout à fait le genre d'histoires qu'on aime raconter à un homme qui nous plaît.
Voilà, c'est dit...
Il esquisse un sourire, mais ça n'atteint pas ses yeux car ses pupilles sont teintées d'appréhension. A juste titre.
– Je n'ai pas le cœur à sortir avec qui que ce soit en ce moment.
oOo
De toute notre entrevue, je pense que ce sont les 'au-revoir' qui ont été les plus scabreux.
Lui, insistant pour payer la totalité de la note, y compris mon sandwich.
Moi, silencieuse, luttant contre moi-même pour ne pas m'enticher encore plus après cette démonstration de galanterie.
Lui, toujours aussi charmeur, me promettant de garder contact, juste pour me donner des nouvelles de Nala.
Moi, essayant de rattraper mon manque de professionnalisme en demandant des nouvelles du chaton à la toute dernière minute sur le seuil du restaurant.
Lui, repartant les mains dans les poches, tête baissée.
Moi, restant sur place, le regardant s'éloigner après lui avoir de nouveau répété que je ne voulais pas rendre sa vie encore plus complexe avec mes problèmes.
Tu n'es qu'une lâche doublée d'une menteuse Bella Swan... c'est TA vie à toi que tu ne veux pas compliquer !
Je ne suis pas capable de gérer une relation actuellement, encore moins si il y a une enfant avec une place conséquente au tableau.
Je perçois le souffle de Sue sur ma nuque. Elle sens la tarte à l'abricot.
– Plutôt mignon !
Je pousse un soupir qui transpire le regret.
– Plutôt mignon oui.
– Mais tu ne vas pas le revoir, n'est-ce pas ?
Je me tourne vers elle.
Je prends nombre de mes repas ici depuis mes premiers jours au cabinet. D'abord pour le côté pratique – cela m'évitait un aller-retour. Puis, après la mutation de Charlie dans un comté voisin, j'y ai trouvé une figure familiale – en dehors de celle de Billy.
Par conséquent, Sue me connaît bien. Trop bien même.
Ses yeux reflètent depuis toujours la bienveillance, même si le temps et les soucis en ont ridé les contours. Mais là, je sens qu'en plus d'être préoccupée, elle est contrariée.
– C'est pas du tout le moment Sue.
– Je n'en suis pas certaine. Ça n'a rien à voir. Ça pourrait te permettre de penser à autre chose.
Je la contourne et entre dans le bistro.
– C'est tout réfléchi !
Je m'assois au bar et souris à Harry, rapidement rejoint par une Sue dépitée.
– Alors, de quoi tu voulais me parler ?
Elle me sert une autre bière et jette un coup d'œil à Harry avant de me répondre, abattue :
– On a pris la décision de fermer, Bella.
Je me prends la tête entre les mains. Ils abandonnent.
– Seth et Leah n'ont pas l'intention de reprendre, continue-t-elle. On aurait pu continuer tous les deux encore quelques années puis vendre...
– On se fait vieux Bella, l'interrompt Harry. On ne se sent pas le courage de recommencer ailleurs. On a quelques économies et je préfère utiliser cet argent pour notre retraite.
Et c'est tout ? Chez Leah et Seth est un endroit où les gens aiment se retrouver. Ce restaurant a du succès. Et ils vont s'en tenir à leurs quelques économies ?
– Faites vous offrir une meilleure retraite ! M'enflammé-je.
Ils me regardent tous deux, les traits tirés, fatigués. Résignés.
Je descends de mon tabouret sans un mot de plus et me saisis de mon sac resté sur la chaise que j'occupais tout à l'heure.
– Bella, me supplie Sue.
Je l'entends à peine tant mes oreilles bourdonnent de rage. Quelques clients relèvent la tête, et je retiens mes mots, à deux doigts du scandale.
Je leur adresse amèrement mes bons vœux de retraite en passant près du bar et sors de l'établissement en furie.
Pas taper ! Pas taper !
Sacré bourrique cette Bella pas vrai ?
Bon, certaines l'avaient deviné pour Edward et Emmy. Au moins maintenant, Bella ne pourra plus se cacher derrière cette excuse, parce qu'on le sent qu'au fond, elle l'aime bien Edward ! (et on la comprend ! *soupir* )
Je vous laisse, merci d'avoir d'avoir lu, passez un bon week-end.
Babe.
