Note de la traductrice: encore un fois merci pour vos commentaires, amies lectrices. Ils constituent une grande source de motivation pour moi.
Pour celles d'entre vous qui seraient impatientes de voir apparaître de torrides scènes d'amour entre les deux protagonistes, désolée, cela n'arrivera pas tout de suite (et si vous avez vu le film vous le savez déjà). Les premiers chapitres de l'histoire sont implicitement cotés T et je vous préviendrai quand le contenu deviendra M.
Stephenie Meyer détient tous les droits sur la saga Twilight et Amethyst Jackson est l'auteure de cette charmante fiction inspirée du film "When Harry met Sally."
Bonne lecture.
Chapitre 4: apathie
2 ans plus tard.
BPOV
« … Alors j'étais dans son bureau et qu'est-ce que j'aperçois, là, juste devant mes yeux? Une facture de carte de crédit qui s'élève à 500$! Pour de la lingerie griffée! Et à qui pensez-vous qu'il destine ces dessous chics? À sa femme! Merde, il ne va jamais la quitter, n'est-ce pas? »
Ma meilleure amie Alice était désespérément amourachée de son patron, l'architecte Garrett Byrne, depuis qu'elle avait commencé à travailler à sa firme deux ans plus tôt. Malheureusement pour elle, il ne la remarquait même pas car il était complètement envoûté par sa femme.
« Évidemment qu'il ne la quittera jamais, » répondit notre amie Rosalie en roulant des yeux de manière exagérée. « Il l'a épousée. Tu comprends ce que ça veut dire, hein? »
« Justement, ça ne veut pas dire grand chose à mon avis. Quel couple ne se défait pas de nos jours, marié ou non? » Grommela Alice en prenant une gorgée de thé.
Nous étions attablées pour notre déjeuner hebdomadaire entre filles et attendions que nos plats arrivent. Je baissai la tête et contemplai l'espace vide devant moi sur la table afin d'essayer de dissimuler mon malaise. Le serveur revint enfin avec nos assiettes, ce qui fit momentanément disparaître mon sentiment d'inconfort.
Lorsqu'il se fut éloigné, Rosalie reprit exactement là où la conversation s'était arrêtée. « Emmett et moi sommes toujours mariés, que je sache, » dit-elle pour faire valoir son point. « Et Bella est toujours avec Peter. »
« En fait, » dis-je à contrecoeur, « Peter et moi venons de rompre. »
Des phrases comme celle-là ne rendaient jamais justice à une situation comme celle que je vivais présentement. Rompre était loin d'être un terme assez fort pour décrire l'anéantissement que j'éprouvais en ce moment. J'étais encore ébranlée par l'épouvantable dispute que nous avions eue deux nuits auparavant. Peter s'était emporté contre moi, argumentant qu'il attendait plus de notre relation. Il espérait un mariage, des enfants, une maison, et pour finir, que je consacre plus de temps à m'occuper de lui. Il m'avait prise au dépourvu et il ne m'avait même pas donné la chance de me justifier. Hier il avait sorti toutes ses possessions de l'appartement. Maintenant la place était trop vide et je me sentais au bord de la psychose traumatique. Sans blague.
« Oh non! » S'exclama Alice tandis que Rose exprimait sa sympathie en laissant échapper un long soupir. « Que s'est-il passé, ma chérie? »
Je haussai les épaules, essayant de ne pas montrer mon état réel. Alice et Rosalie étaient mes meilleures amies et j'allais probablement tout leur raconter un jour, mais en ce moment je manquais de recul et je risquais surtout de m'enrager et de dénigrer Peter devant elles. « Nous voulions des choses différentes. C'est la vie, » répondis-je laconiquement.
« Mais tu avais quelqu'un, » dit Alice, semblant plus déconcertée que moi en ce moment. « Tu avais quelqu'un avec qui faire des sorties, avec qui passer les vacances… »
Je ne voulais pas penser à ça maintenant. « Écoute, ça faisait un bon moment que nous nous distancions l'un de l'autre, et à présent que j'ai eu quelques jours pour m'habituer à la situation, je ne vais pas si mal. Sincèrement. »
« Super! » Couina Alice en sortant son Blackberry. « Alors voyons voir… »
« Alice, qu'est-ce que tu fais? » Demanda Rose avec une voix dépourvue de vitalité. L'enthousiasme d'Alice était épuisant même lorsqu'il n'était qu'au stade de bourgeon.
« Je cherche un nouvel homme pour remonter le moral de Bella, et plus si affinités… »
« Alice – »
« Quoi? Tu as dit que tu n'allais pas si mal. C'est donc le temps de retourner sur le marché. Tu vas avoir trente ans, tu sais… »
« Dans trois ans! » Intervint Rose pour me venir en aide.
Alice l'ignora. « Avec le temps que ça peut prendre pour rencontrer quelqu'un, tomber amoureuse, se fiancer et planifier la noce, elle n'a pas une minute à gaspiller. Ah! Ça y est, j'en ai trouvé un! Felix Adler! »
Elle me tendit son cellulaire.
« Ah non, Alice! Tu m'avais branchée avec lui il y a trois ans et il m'avait trimballée à un match de lutte gréco-romaine. Tu ne te rappelles pas? » Dis-je, horrifiée.
Cette soirée comptait parmi les dix nuits les plus insolites de ma vie.
« Oh! Hum… Demetri Kowalski? »
« Alice, il s'est marié l'année dernière! » S'impatienta Rosalie.
« Ah bon? » Ses doigts déliés coururent sur le clavier de son Blackberry, sans doute pour mettre à jour son carnet d'adresses et ajouter quelques notes, si ce n'était pas carrément pour supprimer les noms qu'elle venait de suggérer.
« Alice, » soupirai-je bruyamment, « j'apprécie beaucoup ce que tu tentes de faire pour moi, mais j'ai besoin d'un peu de temps pour digérer ma rupture. Je suis… je suis en période de deuil. »
« D'accord, trésor, mais n'attends pas trop longtemps, » répondit Alice en plissant les lèvres. « Les meilleurs partis s'envolent très vite. »
ooo
EPOV
« Touchdown, Bears! »
Le commentateur de la partie de football était au comble de l'excitation. Cela me tapait sur les nerfs mais je prétendis que j'étais content moi aussi. Il y a deux semaines j'aurais été complètement absorbé par le jeu alors qu'aujourd'hui je m'en fichais éperdument.
« Qu'est-ce qui se passe avec toi, vieux? » Demanda Jasper en me donnant un coup de coude amical.
La foule en délire s'était calmée et nous nous étions recalés dans les sièges de plastique coloré.
Je soupirai. « Tanya m'a quitté. »
« Quoi? »
Je haussai les épaules et vidai mon verre de bière d'un seul trait. C'était mon troisième depuis le début du match. « Elle m'a dit qu'elle voulait divorcer. »
« Quand? Pourquoi? »
« Lorsque je suis rentré du travail vendredi. Elle avait déjà emballé toutes ses affaires et les déménageurs étaient là. » J'émis un rire triste à la pensée du ridicule de ce moment. « Elle a dit qu'elle avait besoin de temps à part mais qu'on pouvait quand même se fréquenter. Comme si j'allais fréquenter ma propre femme! Elle avait juré de m'aimer quoi qu'il arrive; pourquoi devrait-on revenir en arrière et recommencer à sortir ensemble comme des collégiens? Alors je lui ai demandé "Est-ce que tu m'aimes encore?" Et sais-tu ce qu'elle m'a répondu? Elle a dit "Je ne sais pas si je t'ai jamais aimé." »
« Putain c'est vache, ça! » reconnut Jasper avec empathie.
Je me contentai de hocher la tête sombrement. Ça m'avait fait un mal de chien quand elle m'avait balancé ça devant les trois déménageurs qui regardaient la scène avec un mélange d'humour et de pitié.
« Je suis écrivain, vieux. Je connais ça les dialogues et je te dis que c'est particulièrement vache comme réponse. »
Je me tournai vers lui, incrédule. « Jasper, tu écris des manuels d'histoire. Il n'y a pas de dialogues dans tes bouquins. »
Il haussa les épaules comme si ma remarque n'était pas pertinente, et dans un sens il avait raison. Rien ne semblait pertinent au moment où ma vie s'écroulait comme un château de cartes.
« De toute façon ce n'est pas ça le pire, » poursuivis-je, réticent à admettre ce qui était le plus humiliant mais ayant besoin de parler pour me libérer de cette sensation d'étouffement.
« Qu'est-ce qui pourrait être pire? »
« Tout ce qu'elle m'a dit n'est que mensonge, » avouai-je en détournant mon regard de Jasper pour le poser sur les athlètes en bas sur le terrain.
Je n'avais plus aucune idée de qui menait la partie et ça m'était égal.
« J'ai surpris des infirmières pédiatriques en train d'en discuter entre elles. Tanya me trompe avec un technicien de laboratoire. Jacob Black. »
« Attends… » Jasper fronça les sourcils et leva une main pour m'enjoindre au silence. « Tanya Jacobs se fait sauter par un type qui s'appelle… Jacob? »
« Ouais, » soupirai-je. « Tu vois le portrait. Bien entendu j'ai voulu savoir de quoi il avait l'air, alors je suis passé par le lab l'autre jour. Putain, dire que ce gars là est costaud est un euphémisme. Ça ne m'étonnerait pas qu'il soit gonflé aux stéroïdes. »
« C'est vraiment chiant ce que Tanya t'a fait, Edward, mais regarde le bon côté des choses. Si son amant prend des stéroïdes, je ne donne pas cher de ses couilles. »
« Tu parles! Je me sens tellement mieux… »
Jasper posa sa main sur mon épaule. « Écoute, vieux, je sais que c'est dur en ce moment, mais il est dit que l'infidélité n'est jamais le vrai problème. C'est un symptôme d'un truc plus sérieux. »
Je regardai mon ami plus intensément. « Ouais, et ce symptôme baise ma femme. »
« Finalement, c'est aussi bien qu'elle ne soit plus dans le décor, » commenta Jasper en secouant la tête. « Je te conseille de l'oublier au plus vite et de remonter en selle. Trouve quelqu'un d'autre. Ne la laisse pas gagner. »
« C'est plus facile à dire qu'à mettre en pratique, » répliquai-je sans enthousiasme.
Après ce que Tanya m'avait fait vivre, j'avais l'impression que jamais plus je ne voudrais sortir avec qui que ce soit.
Eh bien, on dirait que les astres sont en train de s'aligner pour nos deux protagonistes.
Merci, Fleur, de relire mes écrits lorsque tu en as le temps.
Milk.
