Tout d'abord, désolée pour le retard plus que tardif dans la publication de cette fic…
Semaines très chargées dernièrement, mais bon…bref, voici la suite !
Merci à pepedu64, ma fidèle commentatrice, et aux lecteurs anonymes s'il y en a
Bonne lecture !
Chapitre 4
Jane et Lisbon avaient eu du mal à gérer Van Pelt sur le trajet. Cette dernière pleurait à chaudes larmes. Lisbon conduisait jetant toutes les 10 secondes un regard dans son rétroviseur, alors que Jane, assis à l'arrière avec Van Pelt, tentait de calmer la jeune agent. Sans grand succès, toutefois. Ses sanglots furent remplacés, à deux reprises, par des hauts le cœur qui obligèrent Lisbon à s'arrêter sur le bas-côté.
Jane ne savait plus quoi faire. Il n'avait jamais vu Van Pelt ainsi. Elle n'avait pas décroché un seul mot. Elle pleurait sans discontinuer. Et la voir malade n'arrangeait pas les choses, quand bien même Jane savait que sa plus grande peine se situait dans son cœur.
Lisbon quant à elle jetait des regards inquiets vers Van Pelt, mais également vers Jane. Elle le voyait tellement perturbé à cet instant qu'elle se réfrénait pour ne pas le prendre dans ses bras. Il grimaçait, tordait ses doigts, ne sachant concrètement pas quoi faire pour calmer Van Pelt à l'arrière du SUV. De mémoire, Lisbon ne se rappelait pas l'avoir déjà vu ainsi.
Ses traits semblaient vieillis, il s'essayait à des sourires tristes. Quelle ironie, pensait Lisbon. Le sourire de Jane était son plus grand et beau, masque. Mais là, à cet instant, il se triturait l'esprit. Elle le voyait à sa ride et à ses sourcils froncés. Lisbon ne put réprimer un sourire lorsqu'elle réalisa ce qu'elle venait de penser. Ce sacré Jane avait tellement déteint sur elle, qu'elle parvenait à l'analyser sous toutes ses coutures.
Ils parvinrent enfin devant la résidence de Van Pelt. Et là encore ce ne fut pas une mince affaire de la traîner jusqu'à son appartement. Une légère frayeur les traversa lorsque Van Pelt chercha durant 10 bonnes minutes ses clés…qui étaient bien évidemment rangées avec son arme de service.
Lisbon et Jane éclatèrent de rire lorsque la jeune agent tenta d'expliquer le pourquoi de cette place légèrement incongrue pour des clés.
Van Pelt : « bah vouiii…j'ai jamais de sac moi ! » dit-elle en bégayant, à la fois encore emplie d'alcool et à la fois gênée de par cette situation.
Alors que Van Pelt s'escrimait à vouloir faire rentrer son porte-clés dans la serrure, Lisbon déclara qu'elle allait faire une course. Elle se pencha vers Jane alors que Van Pelt poussait un « hourra » victorieux en entrant finalement chez elle.
Lisbon : « Je vais lui acheter des anti-vomitifs. J'ai vu une pharmacie de garde sur le chemin. Prenez bien soin d'elle et pas de bêtise hein ? », Chuchota-t-elle dans un sourire.
Jane : « mais enfin Lisbon ! Vous ne croyez tout de même pas que je vais profiter de la situation ! », fit-il semblant de s'offusquer.
Lisbon : « ..nnnnon…je..je..je n'ai pas dit ça Jane », rétorqua-t-elle.
Jane : « raaaa ! Je vous charrie ! » Ajouta-t-il dans un grand sourire
Lisbon : « idiot ! », grommela-t-elle.
Jane : « cruelle ! » lui répondit-il dans un sourire. C'était leur truc à tous les deux.
Elle tourna les talons et Jane n'entendit pas le soupir de soulagement que poussa Lisbon. Jane faisait de l'humour. La situation n'était donc pas si dramatique. Elle s'en voulut de penser toujours au pire. Mais au vu de toutes les situations que son équipe et elle avaient vécues, elle redoutait chaque instant. Une forme de paranoïa empathique en quelque sorte.
Elle retourna au SUV et prit son temps pour aller à la pharmacie de garde. Elle souhaitait laisser Jane et Van Pelt parler. Elle savait que Jane serait bien plus à l'aise pour extérioriser sa culpabilité envers Van Pelt sans autre témoin.
Et si Jane se rassurait, elle aussi serait rassurée pensa-t-elle.
POV Jane
Van Pelt : « Je ne veux pas de ton foutu thé Jane ! »
Ouch…ça c'était violent…tellement fort que la résonnance du cri de Van Pelt dans mes oreilles me faisait trembler.
J'étais seul avec Van Pelt, chez elle, alors que Teresa était partie à la pharmacie, soit disant pour chercher un de ces foutus trucs chimiques qui pourraient calmer les nausées de la demoiselle à moitié soule qui se trouvait face à moi.
En réalité, je savais que bien qu'elle ait trouvé une excuse parfaite, Teresa souhaitait nous laisser seuls, Van Pelt et moi. Elle n'était pas dupe et avait bien perçu ma gêne vis-à-vis de ma co-équipière. Et étant partisane de l'abcès crevé, Teresa devait se douter que l'état d'ivresse dans lequel Van Pelt se trouvait pouvait aider à décanter les choses. Enfin, telle était ma conclusion, car je ne voyais pas d'autre raison pour laquelle Teresa aurait bien pu partir alors que la situation était pour le moins critique.
Teresa…je l'appelais Teresa maintenant ? Je crois bien que c'était la première fois que mes pensées l'appelaient Teresa.
Je n'eus pas le loisir de continuer plus loin cette réflexion. Un cri me glaça le sang. Me retournant vers l'origine sonore de ce hurlement, je vis que Grace s'était levée et se tenait désormais devant un des placards de sa cuisine.
Alors que je me précipitais vers elle, je la vis se tourner vers moi, pleurant à chaudes larmes.
Jane : « Grace, … qu'est-ce-que t'as ? »
Je n'osais plus faire un pas, je me tenais à moins d'un mètre d'elle, mais je n'osais plus avancer. Elle tremblait, était secouée par les sanglots. Mais un bref aperçu de tout son corps m'apprit qu'elle n'était pas blessée. Un peu rassuré, je tentais une nouvelle fois une question.
Jane : « quoi ? »
Van Pelt : « c'est…c'est…., suffoqua-t-elle, …c'est…j'ai plus de chocolaaaaaat », bégaya-t-elle en lâchant toutes ses larmes sur la dernière syllabe de son mot.
Je ne pus réprimer un sourire. Et je m'approchais enfin d'elle, la pris dans mes bras, et elle se laissa aller à pleurer à chaudes larmes contre mon épaule.
Je compris alors qu'au terme de cette étreinte réconfortante, l'heure serait à la parole. Nous devions parler. Grace était sensible certes, elle était aussi bien soule, mais de là à fondre en larmes pour du chocolat. Il fallait parler. Que j'essaie du moins de faire sortir sa peine, et peut-être sa rage.
Au bout de quelques secondes de réconfort, je tapotais sur l'épaule de Van Pelt, qui me tapota sur l'épaule en retour. Nous échangeâmes une sorte de code morse sur l'épaule durant quelques secondes, puis la jeune femme se détacha de moi.
Van Pelt : « Merci Jane », dit-elle en baissant la tête.
Jane : « Pas de quoi ! » lui rétorquai-je en souriant.
Le silence qui suivit fut plus que gênant. Nous nous trouvions tous deux debout dans sa cuisine, nous nous sentions tous deux aussi coupables l'un que l'autre. Enfin, du moins, le supposai-je. J'avais cependant l'impression que les larmes qu'elle venait de lâcher avaient réussi à calmer son état d'ébriété. Profitant de cette accalmie, je me lançais.
Jane : « Grace, faut qu'on parle »
VP : « Jan… »
Jane : « pas de mais, il le faut, la coupai-je. Tu as le choix. Tu me parles, tu lâches tout durant quelques minutes, tu me dis tes pensées les plus noires. Ou sinon, je serai dans l'obligation de me ranger du côté de ceux qui s'obstinent à t'envoyer chez un psy ! »
Ma dernière phrase fit mouche, je le vis à la grimace que Van Pelt ne put s'empêcher de faire.
VP : « c'est du chantage ça ! » glissa-t-elle doucement en souriant légèrement.
Jane : « Tu sais que quand j'ai une idée en tête, je sais employer les grands moyens pour la mener à bien. Tu en subiras les conséquences jeune fille ! » Fis-je en employant un ton menaçant mais teinté d'humour.
Van Pelt me sourit plus franchement. Profitant de ce moment d'apaisement, j'arborais mon plus beau sourire et pris la main de Grace pour la mener jusqu'au canapé.
Je craignais une nouvelle vague de silence, qui aurait comme conséquence de rendre mon intervention encore plus difficile, mais la jeune agent prit les devants.
VP : « Tu crois que Lisbon va vraiment me virer ? », s'enquit-elle d'un ton inquiet.
Jane : « Non…je ne crois pas. Elle a surtout dit cela pour les officiers, pour calmer leurs ardeurs. Mais tu la connais, derrière son côté psychorigide quant au règlement, c'est une âme sensible. Et elle sait très bien que t'enlever ton boulot à l'heure actuelle ne ferait qu'aggraver ta situation. »
VP : « …ma situation… » Fit-elle en ricanant.
Ricanement d'auto-flagellation, cela va sans dire. Ok, à moi de jouer !
Jane : « Je sais Grace qu'en ce moment, ta situation te semble être la pire du monde. Je ne peux que comprendre. Non, je ne veux pas encore remettre mon histoire sur le tapis. Mais je comprends, c'est ça que je voulais te dire, je comprends ce que tu peux ressentir. Je comprends ce masque que tu te mets sur la figure chaque matin en te réveillant, lorsque tu arrives à dormir. Je comprends que les gestes du quotidien sont les plus durs à effectuer. Je comprends que tu essaies tant bien que mal de retrouver ta nature, mais je comprends surtout à quel point c'est dur de s'apercevoir que justement, le naturel n'est plus aussi naturel. Je comprends que tu veuilles oublier ce qu'il s'est passé. Je comprends ta solitude.
Mais au-delà de la compréhension, je te vois, toi, de l'extérieur. Et je vois très bien le conflit intérieur que tu traverses à l'heure actuelle. Celui qui, d'un côté, te fait dire que tu dois faire ton travail, que tu dois vivre, que tu dois passer outre ces derniers mois. Et l'autre côté, qui te submerge lorsque tu dois faire face à des émotions. Tu ne sais plus les gérer tes émotions, et tes accès de colère, de sarcasmes, de froideur, ont sont la preuve. »
VP : « Mes accès d'ébriété aussi » ajouta-t-elle, sarcastique.
Jane : « Arrête l'auto-flagellation, Grace ! Tu as le droit d'être malheureuse. Tu as le droit d'extérioriser ta souffrance. Bon, certes, l'alcool, c'est pas top comme extériorisation. Mais la violence non plus. Et là, au travers de ta crise sous l'emprise de l'alcool, moi ce que je vois, c'est plutôt de la violence envers toi ! »
Aïe…j'étais peut-être allé un peu fort avec cette dernière phrase. Elle n'était peut-être pas prête à entendre que je n'étais pas dupe de son chemin auto-destructeur. J'en eu la confirmation lorsque Van Pelt me lança un regard plus que chargé en colère.
VP : « Ecoute, Monsieur-je-sais-tout ! Moi aussi je peux jouer au mentaliste, moi aussi, je peux te comprendre. Moi aussi je pourrais t'analyser sous toutes les coutures. Mais est-ce-que je le fais ? NON ! Pourquoi ? Parce que je sais que ça pourrait te faire mal. Et remuer des choses pas très drôles pour toi. Et puis, qui es-tu sincèrement, pour me parler d'extérioriser mes émotions ? Tu me parles de violence ! D'auto-destruction ? Mais c'est l'hôpital qui se fout de la charité ! »
Jane : « Je.. »
VP : « Toi quoi ? Ça fait 4 ans que tu nous parles de vengeance, que tu ne te caches pas de la haine qui t'habite, que tu refuses tout contact humain trop proche ! C'est pas de l'auto-destruction ça ? ! Et tu crois que je vais rester là à t'écouter m'analyser ? Tu rêves ! »
Van Pelt partit s'enfermer dans sa salle de bain, non sans avoir claqué la porte au préalable.
Bon, elle avait au moins lâché sa rage. Mais j'étais pas très fier là sur ce coup. Encore une fois, la première pensée qui me traversa fut pour Red John. Il était parvenu à la rendre comme moi. Mais Grace n'avait pas tort. Qui j'étais pour lui parler de son mode de fonctionnement ? Qui j'étais pour lui dire comment apaiser ses souffrances, alors que les miennes ne parvenaient pas à s'apaiser totalement. Certes, j'avais fait du chemin, surtout depuis ce meurtre que j'avais commis. Mais j'avais tué un homme ! Et Grace avait fait la même chose, mais pour quelqu'un avec qui elle avait partagé sa vie la plus intime. Quelle trahison avait-elle dû supporter ? Je ne pourrais pas l'imaginer. Jamais. Moi en revanche, je persévérais dans un schéma bien plus auto-destructeur qu'elle. Elle avait raison. Van Pelt agissait par fierté, elle se sentait stupide de s'être laissée berner comme ça. Moi en revanche, j'agissais par culpabilité. Et cela n'allait pas en s'arrangeant au vu de cette conversation.
Épuisé mentalement, je m'affalais sur le canapé de Grace. Je n'eus pas le temps de poursuivre mon raisonnement, que Teresa revint.
Lisbon : « Jane ? Où est Van Pelt ? »
