Bien le bonjour, ou le bonsoir, à vous, lecteurs de -autrement dit, gens de qualité.
Pourquoi dis-je gens de qualité, ma foi : vous êtes des lecteurs formidables. Je publie mes fanfictions sur différentes plateforme, mais c'est ici que je préfère les publier. Vous laissez des commentaires si gentils, et si souvent constructifs !
Merci infiniment à vous qui la lisez, et merci infiniment à ceux qui prennent le temps de laisser un commentaire. J'ai toujours cette petite boule au ventre après avoir publié un chapitre, attendant les retours, les remarques.
Je vous réponds toujours avec un grand sourire aux lèvres. Et lorsque je ne peux pas répondre, car on ne se créé pas tous un compte, sachez que mon coeur bat tout de même pour vous. Merci. Merci, merci, merci mille fois.
J'espère avoir la force et l'inspiration nécessaire pour continuer à écrire cette fiction avec autant de fougue que je l'ai fait pour ces premiers chapitres, et j'espère que la suite vous plaira.
Bon, je vais arrêter de parler, parce qu'il serait temps de pouvoir lire ce quatrième chapitre ! Bonne lecture jeunes gens, j'espère que vous l'aimerez ! N'hésitez pas à me laisser votre avis, même si vous n'avez pas aimé, oui oui oui.
A dans deux semaines ! ~
Chapitre 4 :La vieille dame
« - Nul besoin de vous octroyer cela, monsieur Weasley, trancha Rogue avec un rictus dédaigneux. Vous êtes déjà suffisamment compétent, que je sache, dans bien assez de matières sans que l'on ait à vous élever sur le piédestal un peu plus. »
Charlie força un sourire, mais se sentait un peu embêté. La meilleure façon d'interagir avec cette personne abominable, de toute façon, avait toujours été de répondre avec le sourire et de la jouer gentil et innocent.
« - Je suis désolé de paraître suffisant, professeur, mais je ne cherche pas à crâner, répondit son élève. J'aurais… Simplement besoin de votre aide, si vous m'en estimez méritant -évidemment. Ce serait formidable. Et ça m'aiderait beaucoup. »
Rogue se pencha, ramenant ses cheveux luisants, ses yeux plissés et son air en rogne près du visage du jeune roux.
« - C'est non, Weasley. Vous n'êtes pas si doué que cela dans cette complexe et incroyable matière que je dirige. Ce qui serait formidable, c'est d'arrêter de me faire perdre de mon temps et de bien vouloir retourner à votre antidote.
- Bien sûr. Excusez-moi de vous avoir dérangé, monsieur. »
Charlie tourna les talons et se sentait un peu ridicule lorsqu'il retourna à son chaudron, aux côtés d'un Rory qui levait les yeux au ciel en souriant et d'une Jane qui pouffait toute seule. Les autres Gryffondor n'y prêtaient pas plus d'attention que les Serpentard, avec qui ils partageaient ce double cours de potions du lundi matin. A l'exception d'une seule.
« - Tu es bête, fit Melody au loin, les poings sur les hanches.
- Pourquoi donc ?, fit-il. Je demandais simplement. Qui ne tente rien…
- …Passe quand même pour un crétin, termina Jane tandis qu'elle découpait avec parcimonie sa tranche d'asphodèle. Mais celui qui tente, au moins, est un crétin courageux.
- Mais ne serait-ce pas là le slogan de vous autres les chatons ? », sourit son amie.
Pour toute réponse, Jane tira la langue et jeta les morceaux de sa plante dans l'eau bouillante. Rogue lui jeta un coup d'œil mauvais -il ne lui avait toujours pas pardonné cette fameuse demi-heure à rester collée sur sa chaise, attendant de réparer sa faute.
« - C'est quand même beau, l'espoir, commenta Rory avec nostalgie alors que l'enseignant allait juger le chaudron d'un Serpentard qui levait la main. Une recommandation ? De Rogue ? Sérieusement ?
- On ne sait jamais, dit-il, haussant les épaules. Il aurait pu être dans un de ses bons jours.
- Ses bons jours ?, répéta le brun à voix basse, incrédule. Le concept d'être de bonne humeur existe-il au moins à ses yeux ? Et je ne parle pas de la jubilation malsaine qu'il éprouve après avoir réussi à faire pleurer quelqu'un.
- Je pense l'avoir déjà vu sincèrement sourire, réfléchissait Jane. Il y a deux ans, vous vous souvenez quand les première année lui avaient offert un cadeau pour son anniversaire ? Il avait étiré le coin de ses lèvres.
- Négatif, la contrecarra Rory. C'était aussi une délectation sadique dans la mesure où il leur a demandé, dès le cours suivant, de trouver dans leur manuel la potion qui pourrait dissoudre le cadeau -une sculpture de serpent je crois ? C'était moche, mais c'était gentil comme tout. Il les a regardé chercher, puis ne trouvant pas il l'a lui-même préparée et ils ont regardé tous ensemble le serpent fondre et mourir sur la table. Est-ce qu'on peut vraiment faire pire ? »
Ils le regardèrent avec des yeux éberlués. Rogue, l'air paradoxalement autant concentré que lassé, retourna à son bureau feuilleter quelques pages du manuel.
« - J'avais entendu ça de la part d'un des élèves, l'an dernier. Bref, la seule chose qui rend cet homme-là heureux, c'est la souffrance des autres.
- Tu as probablement raison, soupira Charlie. J'aimerais croire qu'il existe un peu de bon dans chacun de nous, mais manifestement pas chez lui. Dans ce cas, ce n'est pas grave c'était surtout pour le pari.
- Mouais, tu te la pètes !, chuchota la blonde d'un air taquin. Tu espérais recevoir une réponse positive. Roux vaniteux, va.
- Fort bien, répliqua-t-il d'un air taquin. Vois un peu. »
Pour illustrer ces doux propos, il lui adressa un regard qui transpirait la confiance, resserra sa cravate, ajusta sa robe et, énonçant dramatiquement le mot « Abracabra ! », versa tel un chef cuisiner l'essence de Bombedal dans son chaudron sa baguette pointant inutilement mais avec tant de classe ledit récipient.
« - Monsieur Weasley, si vous avez fini de jouer au cornichon, vous voudrez bien continuer à travailler, cingla le professeur Rogue en fusillant des yeux le joyeux groupe. Si je vous revois avec cette baguette à la main, ce sera dix points de moins pour Gryffondor et je vous obligerai à nettoyer la salle pendant toute l'heure du déjeuner. »
L'intéressé la fourra derechef dans le fond de son sac, le regard penaud. Son ventre gargouillait déjà bien trop fort -s'il ne pouvait accéder aux mets du buffets, il ferait un véritable bruit du tonnerre pour le restant de la journée.
Et en effet, ce fut une bien sage décision que de se calmer (et par conséquent, de manger) dans la mesure où, l'après-midi, le professeur Brûlopot leur apporta des Porlocks en cours de Soins aux créatures magiques.
« - Ne criez pas, ne faites pas trop de bruit, leur dit-il avec un air sévère mais un sourire enthousiaste tandis qu'il désignait du doigt une sorte de petite maison en bois. Ils sont très timides. »
Devant les regards curieux de ses élèves, le vieil homme s'avança doucement vers l'habitat, souleva ce qui faisait office de toit et y plongea sa main droite.
« - Punaise, c'est super chou », fit remarquer un élève à voix haute lorsque l'on put voir la créature sortir.
Charlie leva un sourcil déconcerté « chou » ou même « mignon » n'étaient pas vraiment les adjectifs qui lui venaient à l'esprit. On aurait dit une sorte de gros hamster, bien plus long, et rougeâtre il avait des sabots et un museau proéminent. Il avait l'air intéressant, bien évidemment, et chaque créature possédait sa propre beauté, mais celui-ci n'avait rien de très joli tout de même.
« - Les Porlocks sont des créatures pacifiques et très timides, fit Brûlopot en caressant l'animal. Celui-ci est le plus sociable -il s'appelle Sylvestre- mais en vérité, ils évitent de s'approcher d'un humain s'ils le peuvent. Leur plus grande passion est de garder les chevaux. Ce pourquoi, pour les mettre à l'aise, j'ai pris le soin de décorer leur maisonnée avec des photographies pédestres, une bonne dose de paille -où ils ont l'habitude de dormir- et une ou deux cordes usées. »
Sa petite présentation fut interrompue par un crétin du nom de Henry Williams, qui s'étala sur le verglas après avoir mimé sa propre interprétation de la Conquête de l'Ouest. Rory, qui le haïssait profondément depuis que celui-ci avait insulté Jane en troisième année, ricana avec délice.
« - Ainsi donc, reprit-il en jetant à l'étudiant un regard sévère, faites preuve de délicatesse. Je vais vous demander, en groupe de 5, d'étudier son comportement et d'en faire un croquis. Vous me rendrez le devoir au prochain cours. »
Pour les attirer vers leurs tables respectives, les élèves durent faire preuve d'un peu de créativité. Certains se mirent à hennir, d'autres à taper le sol neigeux avec un bol en bois, et un des groupes chercha à faire apparaître un vrai cheval bien vivant -ce qui était purement impossible. Le plus doué des cinq parvint à transformer un bout de bois en serpent, ce qui fit hurler de terreur trois filles à côté.
« - On leur avait demandé le silence et ils font encore plus de boucan que si on leur avait demandé de festoyer », grinça Charlie.
De leur côté, ils avaient dispersé de la paille autour de leur table mais avec le raffut qui se produisait, impossible d'en faire venir un. Le professeur Brûlopot étant un peu dur de la feuille et concentré sur le prochain agencement qui ravirait les Porlocks en ce temps de froid, il ne remarquait pas grand-chose.
« - Vous allez la boucler, oui ?!, beugla Jane en faisant taire le reste de la classe. Le but, je ne sais pas si vous avez écouté ou remarqué, c'est d'être SILENCIEUX. Alors taisez-vous et bossez dans un minimum de silence, merci beaucoup.
- D'une, arrête d'être aussi condescendante, siffla Henry Williams avec un regard un peu mauvais, et de deux, il y a tellement de vent qu'on entend rien de toute façon. Alors occupe-toi de tes fesses, Marie-Bougresse.
- D'une, rétorqua Rory en s'avançant vers lui d'un pas menaçant tandis que Jane s'apprêtait à répliquer, si tu l'insultes encore une fois tu finiras en pâtée pour dragon -traiter quelqu'un de la sorte, c'est aussi faire preuve de condescendance. De deux, elle a raison, si vous continuez comme ça on sera toujours en train de se geler dans une heure et on aura pas plus de croquis que de chevaux. »
Henry, qui fronçait les sourcils, releva le droit et esquissa un sourire moqueur.
« - Tu n'as pas à jouer pas au chevalier, Pattson. De toute façon, elle n'en a rien a faire de toi. »
Il s'avança vers lui, dominant, provoquant. Rory serrait des poings mais son visage avait pris une teinte vermeil.
« - Tu n'es pas particulièrement doué, ni particulièrement beau, et tu dessines comme un enfant. Elle ne s'intéressera jamais à toi. »
Il arborait un sourire mauvais et victorieux, ses amis riant à ses côtés. Charlie n'osa tourner son regard vers Jane. En revanche, il avait en pleine vision Rory, qui était pétrifié et dont les joues étaient passées d'un rouge cerise au blanc maladif.
« - Ferme-là, Williams, intervint Charlie avec fermeté. Fais ton boulot dans ton coin et arrête d'insulter les gens, ça vaut mieux. »
Le physique, ça aide, parfois et Charlie étant bien mieux bâti que Wiliams, celui-ci battit en retraite mais n'abandonna pas son sourire mesquin. Les autres élèves, qui avaient observé la scène, firent semblant de rien et retournèrent à leurs occupations.
« - Merci d'avoir pris ma défense, fit Jane à Rory d'un ton décidé, alors que celui-ci était toujours aussi figé et penaud. C'était gentil. C'est vraiment... Un stupide crétin d'abruti. »
Le brun parvint à secouer la tête et à sourire rapidement, mais n'arriva pas à la regarder dans les yeux. Les deux autres membres du groupe, qui ne s'étaient pas manifestés, s'affairaient à observer leur plume et les arbres environnants.
« - Eh, regardez, notre plan marche, sourit Charlie en pointant du doigt une petite créature qui venait prudemment de s'emmitoufler dans la paille qu'ils avaient disposé un peu plus loin. Armez-vous de vos plumes, c'est parti pour le dessin. »
Son meilleur ami s'en prenait plein la tête ces jours-ci, et ça lui faisait mal. Rory, c'était le genre d'ami profondément gentil qui avait une part de Poufsouffle en lui le genre d'ami qui vous défend lorsque quelqu'un vous cherche des noises, ou qui prend soin de vous quand vous n'êtes pas bien. Et ce que Charlie tendait de plus à remarquer, c'est qu'il était rarement celui qui était réconforté. Hormis l'histoire concernant son père, il avait toujours le sourire aux lèvres et un air plaisantin. Mais la vérité, c'est que personne ne peut sourire, ni rire sincèrement tous les jours de toutes les semaines, de tous les mois. Et pas forcément pour les mêmes raisons.
La créature, emmitouflée dans ce qui semblait être un manteau de paille, leur adressait un regard à la fois curieux et apeuré. C'est vrai,au final, qu'il était en quelques sortes un peu mignon. Charlie pensa à Mr Chatouille, qui devait être en train de faire brûler une partie de son oreiller, dans le dortoir. Évidemment, sa présence était interdite pendant les cours, et surtout aux cours de Soins où il risquerait de faire peur aux autres créatures -voire de les blesser. Pourtant, il aurait sûrement été très content de rencontrer ce Porlock. Peut être se seraient-ils très bien entendus !
« - Eh bien eh bien ! Ça n'avance pas beaucoup, remarqua le professeur Brûlopot en fronçant ses sourcils gris. Seulement deux groupes ont réussi à attirer un Porlock. Ce n'est pas si difficile, voyons. Concentrez-vous. Derry, arrêtez de faire ces gestes ridicules. M. Weasley, je peux vous parler une seconde ? »
L'intéressé hocha la tête, reposa sa plume et son parchemin et laissa ses collègues s'occuper de la créature, tandis qu'il s'approchait de l'enseignant près de la cabane à Porlocks.
« - Alors alors, Charlie, sourit-il. J'ai reçu votre lettre.
- Et moi donc !, répondit son élève avec entrain. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis heureux de la nouvelle. C'est potentiellement une partie du rêve qui se réalise déjà…
- En effet, même si rien n'est encore fait, vous savez, dit-il taquin. A votre demande, j'ai envoyé ce matin vos remerciements à la Réserve, précisément à Anton Duca puisque c'est de sa part que la Réserve a manifesté de l'intérêt à votre égard. En attendant, vous savez ce qu'il vous reste à faire : continuez. Restez motivé et déterminé, et prenez l'éruptif par la corne ; il vous faut réussir vos BUSE.
- Je ferai mon possible, professeur, sourit Charlie dont le cœur s'était mis à battre un peu plus vite.
- Je n'ai jamais douté de vous, mon garçon, fit Brûlopot avec une certaine mélancolie. Dès votre premier cours, vous aviez déjà tellement de potentiel ! J'ai senti en vous la flamme nécessaire au soin des créatures magiques, sans mauvais jeu de mots.
- La flamme, monsieur ?, répéta Charlie, un peu amusé.
- La passion, bien sûr, la passion ! Une volonté de fer et de l'amour à revendre. J'espère sincèrement que vous parviendrez à devenir membre de la réserve, Charlie, reprit-il les yeux émus. Vous le méritez amplement.
- Merci, professeur, répondit-il -on aurait presque pu voir des étoiles dans ses yeux. Pensez-vous que je devrai y aller avant la fin de mes études, en sorte de stage ou quelque chose de la sorte ?
- A vrai dire, je l'ignore totalement, fit-il en se grattant consciencieusement la barbe. Ce serait probable, en effet. Auquel cas vous seriez protégé de plusieurs Gallions de cuir, très certainement, pouffa-t-il. Mais ce serait un bon test. Vous devriez vous renseigner. A ce propos... »
Il sortit de sa veste un livre de taille moyenne, légèrement écorné. Il s'intitulait Le Guide du parfait Dragonologiste.
« - C'est pour vous, mon garçon, sourit-il en le lui remettant. C'est un vieil ouvrage que le professeur Dumbledore m'a remis pour vous et qu'il dit avoir trouvé par hasard, derrière une boîte de Dragées de Bertie Crochue et trois éditions différentes du Grand Dictionnaire des Runes Anciennes. »
Content, Charlie le feuilleta avec précaution. Il regorgeait d'illustrations précises, d'annotations, de conseils en tout genres et de descriptions.
« - J'espère qu'il vous sera utile, oui, dit-il. Il m'a l'air très bien.
- Merci encore. Jusque quand est-ce que je peux le garder ?
- Gardez-le, gardez-le, il est pour vous ! Je suis ravi qu'il vous plaise. En attendant, Charlie, rangez-le dans votre sac et reprenez le cours de votre activité. »
Sur ces mots, il lui tapota l'épaule avec affection et alla observer le reste de ses élèves. Alors que Charlie, souriant d'un air idiot, s'imaginait à nouveau enrobé de protections en cuir, domptant fièrement un Pandefer Ukrainien, un grand cri brisa sa bulle de savon.
Rory et Williams se battaient dans la neige.
« - Rory, arrête !, cria son ami en se précipitant sur eux. Il n'en vaut pas la peine !
- Qu'est-ce qu'il se passe, ici ?, rugit Brûlopot. J'enlève 5 points à Gryffondor ! Arrêtez ça immédiatement, autrement ce serait dix points et deux heures de retenue. »
Jane et Charlie aidèrent leur meilleur ami à se relever, mais le jeune Weasley pris soin de trébucher et de marcher sur le pied de l'autre en y mettant tout son poids. Rory saignait légèrement du nez et fixait d'un œil mauvais le visage abîmé de Williams. Son arcade sourcilière était gonflée et commençait déjà à virer au noir.
« - Qu'est-ce qu'il s'est passé ?, interrogea Charlie. Il s'est passé à peine deux minutes entre le moment où je suis parti et le moment où vous vous êtes battus.
- Il a utilisé ce temps à bon escient, répondit le brun tandis qu'il se fourrait un mouchoir dans le nez. Il est revenu insulter Jane.
- C'est quoi, son problème, sérieusement ?, grogna son ami.
- Il a dû se lever du mauvais pied, dit simplement Jane. Encore merci, Rory, mais je n'ai pas envie que tu te transformes en petite brute pour moi, tu sais. Je peux me défendre, ajouta-t-elle d'un ton un peu plus ferme.
- Je sais bien, je suis désolé, répondit Rory qui était à la fois embêté et gêné. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Je suis… Assez anxieux, en ce moment. »
Jane et Charlie échangèrent un regard plein de sens. Le sang avait imbibé le mouchoir et recommençait à couler de son nez.
« - Je ne me sens pas très bien, bredouilla-t-il.
- Professeur Brulôpot ?, l'interpella Charlie. Rory ne se sent pas bien.
- Dans ce cas, amenez-le à l'infirmerie, soupira le vieil homme d'un ton sec. Que je ne vous y reprenne plus, M. Pattson, ni vous, M. Williams. »
Charlie fourra ses affaires dans son sac, pris celui du brun et les accrocha tous deux sur son épaule. Rory se laissa emmener par son meilleur ami, le visage pâle et la mine désemparée, pendant que les autres continuaient leur étude des Porlocks.
« - Au fait, de quoi il t'a parlé ?
- Des dragons, de la lettre, tout ça, répondit-il simplement. Pas grand-chose de nouveau, sinon qu'il a bien envoyé mes remerciements au chef d'une brigade de la réserve. Oh, et il m'a donné un super livre. Et en toute honnêteté, je te déconseille d'ouvrir la bouche, ajouta-t-il tandis qu'une nouvelle vague de sang s'échappait de la narine. Tu vas te noyer, sinon. »
L'infirmerie était calme. Il n'y avait que deux patients : une jeune fille brune, que Jane aurait certainement décrit comme « tirant la tronche » mais que Charlie tendait plus à qualifier de morne et blasée ; ainsi qu'un garçon…
Non, une vieille dame, aux cheveux gris relevés en chignon. C'était étrange. Il avait pourtant eu l'impression de voir un homme allongé sur ce lit, durant un quart de seconde.
Déconcerté, il leva un sourcil. Il ne l'avait jamais vue auparavant. Voyant qu'il l'avait remarquée, elle lui fit un petit sourire. Qui était-elle ?
« - Bonjour à vous deux, fit Mme Pomfresh en interrompant ses pensées. Ah, je vois que je n'ai pas besoin de poser de questions, je suppose que ça vous concerne, Mr Pattson. Au vu de ce flot sanguin des plus cocasses, j'imagine qu'il s'agit du résultat d'un sortilège ?
- Ou d'un coup de poing, je ne suis pas sûr, balbutia Rory tandis qu'il titubait légèrement. Peut être les deux.
- Je m'occupe de vous, tout est sous contrôle, répliqua-t-elle d'un ton déterminé. Ah, ces étudiants… Ça vous apprendra à jouer au voyou Merci, M. Weasley, vous pouvez retourner en cours -bien qu'il ne reste que dix minutes.
- Combien de temps pensez-vous que je vais rester là ?
- Ça dépendra de mon pronostic, mais pas longtemps normalement. Allez vous allonger ici.
- A tout à l'heure, alors » fit Charlie.
Rory lui adressa un faible signe de la main en retour. La vieille dame l'imita joyeusement, ayant un air plus ravi que quiconque aurait arboré devant son chanteur préféré. Pouffant à moitié de rire, Charlie fit de même et s'en alla.
Mais, comme il ne restait effectivement plus que 10 minutes avant la fin du cours, et que de manière globale ça signait la fin de la journée, il se permit d'aller directement dans la Salle Commune.
Il y avait un groupe première année et deux étudiants, dont l'un des Poursuiveurs de l'équipe de Quidditch, qui discutaient doucement près de la cheminée -bien qu'éteinte. La première pensée qui traversa l'esprit de Charlie, tandis qu'il prenait s'asseyait à une table, fut un petit sentiment de déception en voyant que le garçon du train -ou plutôt, Sam- n'était pas là. Il ne savait pas pourquoi il était déçu après tout, il ne le connaissait qu'à peine.
Pourtant, il y avait quelque chose en lui qui lui donnait envie de le connaître davantage, d'être son ami il avait quelque chose d'intrigant, et de beau. Oh, Merlin, pensa Charlie en sentant ses cheveux s'agiter. Pas beau dans le sens là, dans le sens beauté de l'âme, enfin, gentillesse…
Il se secoua la tête. Il n'était pas en train de parler à quiconque il était seul, dans sa tête. Pas besoin de s'expliquer tout seul, de se justifier, si c'est déjà l'évidence même, pas vrai ?
Doux dragon. Il devenait fou. C'est Jane qui lui avait implanté tout ça dans le crâne. Sacrée Jane. Je ne le connais pas, tu sais, continua-t-il à se dire malgré tout. Alors, être intéressé… Ah ! La bonne blague ! Je lui ai littéralement parlé deux fois. Il se sentait terriblement stupide. Non, rectification : il était bel et bien devenu aussi idiot qu'une paire de sandales.
Il valait mieux qu'il s'attelle au nouveau plan d'entraînement de Quidditch au lieu de penser n'importe quoi. Parfait. Enfin une activité qui occuperait son esprit présentement flou.
→ Attrapeur : Charlie Weasley
→ Poursuiveurs : Jack Verns, Rose Harper, Elizabeth Pillsworth
→ Batteurs : Jane Artwell & James Ackerley
→ Gardien : Terrence Meadowes
Charlie passa à peu près 20 minutes, le nez penché sur sa feuille -à vrai dire, il était si près que son nez fut bientôt constellé d'encre bleue. Le Quidditch, c'était son domaine. Le seul où il se sentait vraiment à sa place, où il était certain de faire le bon choix il s'était toujours dit que s'il ne parvenait pas à partir s'occuper des dragons en Roumanie, il ferait partie d'une équipe. De préférence, chez les Frelons de Wimbourne, qui faisait partie des treize meilleures équipes de Quidditch de Grande Bretagne. Au moins, il serait heureux malgré la déception de ne pouvoir accéder de suite à son rêve. Ceci, en admettant qu'il soit admis dans une équipe évidemment.
Il avait toujours beaucoup aimé ce sport sorcier. Bien avant qu'il ne commence à s'intéresser aux dragons, son vocabulaire était composé de moitié par des mots tels que « souaffle », « balai » et « vif d'or ». Son père avait reçu un balai-jouet en cadeau et lui avait alors appris à voler, rien qu'à quelques centimètres du sol il avait adoré ce petit frisson dont il ignorait jadis la nature. Depuis ce jour, il n'avait jamais arrêté d'en vouloir plus. Molly, bien sûr, n'appréciait pas trop cette idée et tenait à le surveiller de bout en bout. Le jour où le petit rouquin vola le vrai balai de son arrière grand-oncle lors d'un repas de famille, et fit sa première vraie chute en plein dans la boue, sa mère chercha à lui interdire tout accès à ce sport mais Arthur avait pris sa défense, affirmant que son fils allait très bien et que de toute façon, « on chute tous à un moment où un autre mais ce n'est pas pour autant qu'on risque davantage de se blesser gravement ». Il lui était arrivé de tomber à nouveau, une fois, puis une deuxième, et c'en fut terminé des chutes. Si on ne prend pas en compte le fameux moment en troisième année, lors d'un match contre Serdaigle particulièrement virulent, où il avait bien failli se tordre le cou.
Ces 20 minutes furent cependant coupées court par Jane, qui était revenue du cours de Soin aux créatures magiques et qui, au vu de ses sourcils froncés et de son air bougon, ne venait pas de passer le meilleur des moments. Elle ne lui fit même pas remarquer son nez azur.
« - Cool, la fiche de Quidditch, commenta-t-elle en s'asseyant à ses côtés. Comment va Rory ?
- La dernière fois que je l'ai vu, un Niagara sanglant s'écoulait de son nez et ses jambes étaient plus instables qu'un meuble aux pieds cassés. Mais je l'ai laissé à Pomfresh. Elle nous le rendra en bonne santé.
- Nickel. »
Elle sortit ses affaires avec des gestes brusques, et faillit casser sa nouvelle plume par la même. Dans un soupir agacé, elle s'effondra sur la table, la tête entre les bras. « Suis fatiguée » marmonna-t-elle.
Dans un geste amical, il lui tapota la tête et la laissa se reposer, pendant qu'il reprenait l'écriture et les dessins de son programme d'entraînement.
L'après-midi passa relativement vite. En plus, Charlie avait pu piocher dans les réserves de chocolat qu'il conservait avec grande estime, précieusement acheté à Honeydukes lors de leur dernière sortie à Pré-au-lard. « C'est que ça vaut une marmite, ces délicieuses petites choses » avait poétiquement résumé la jeune blonde. C'était sans contexte le meilleur chocolat qu'il avait pu manger.
Rory ne revint que pour le dîner. Il avait l'air en forme, mais son nez paraissait toujours un peu de travers.
« - J'ai eu du mal à partir !, fit-il en s'asseyant avec eux, avant de se servir une bonne louche de semoule. Elle ne voulait pas me laisser sortir de l'infirmerie sans lui avoir assuré que j'étais apte à marcher sans mourir. Elle m'a fait me tenir sur une jambe pendant quasiment une minute.
- Sois heureux que tu n'aies rien de grave, rétorqua Jane. Même si Mme Pomfresh a laissé une petite lacune physique. »
Elle avait retrouvé le sourire, et semblait amusée de la situation tout en tentant de rester sérieuse.
« - Il va se remettre correctement dans la nuit, l'informa-t-il.
- Au fait, fit Charlie tandis qu'il plantait sa fourchette dans son steak haché. Tu l'as reconnue, la vieille dame, à côté de toi ?
- La vieille dame ?, reprit-il en fronçant les sourcils. Il n'y avait pas de vieille dame.
- Bien sûr que si, insista-t-il en fronçant lui-même des sourcils perplexes. Elle était à quelques lits de toi, à ta droite. Cheveux gris, air taquin. Elle m'a fait coucou quand je suis parti.
- Je suis pas mal sûr que c'était un garçon, à ma droite, répondit Rory.
- Eh bien, commenta Jane qui les regardait tous les deux avec effarement. L'un de vous deux confond un jeune homme avec une vieille dame, il faut commencer à s'inquiéter.
- Je suis sûr et certain que c'était une vieille femme, s'entêta Charlie. Je l'ai totalement vue. Par contre, toi, tu étais dans les vapes, donc tu n'as pas dû y prêter beaucoup d'attention.
- Au début, c'est vrai, concéda-t-il, j'étais à côté de la plaque. Mais je suis resté plusieurs heures là-dedans, et même si Pomfresh a poussé son rideau peu après que tu sois parti, j'ai bien entendu une voix masculine.
- Mais c'était une vieille ! Toi tu n'as fait qu'entendre quelques bribes, moi je l'ai vue ! Deux fois. Une fois en arrivant, et l'autre en repartant. »
Bien sûr, il avait totalement oublié qu'avant de voir une vieille femme, il avait vu pendant un infime instant comme Rory : un garçon.
« - Ses yeux font rarement défaut, le défendit Jane. Il n'est pas le meilleur des Attrapeurs pour rien. Qui sait, c'est peut être une prof qu'on a jamais vue, qui reste cloisonnée dans sa caverne comme Trelawney.
- Et moi, j'aurais des hallucinations auditives ?, rétorqua Rory.
- Elle t'a donné des potions, ça t'a peut être un peu embrouillé, répliqua-t-elle.
- Bon, on ne va pas se disputer pour une vieille dame -ou un type quelconque, ajouta Charlie en voyant le regard de son ami. N'empêche que c'est bizarre. J'en suis vraiment persuadé… J'ai toujours les images dans ma tête. »
Il était pensif. Une vieille femme qu'on ne connaissait pas, c'était encore moins grave que de perdre une énième chaussette, mais il avait eu l'impression qu'elle le connaissait, ce qui consistait en un sentiment un peu étrange partagé entre la gêne et la perplexité. Ou alors, elle était tombée sur la tête. Peut être était-elle venue se renseigner, visiter, ou qu'importe une femme du Ministère de la Magie qui serait venue rencontrer, disons, Dumbledore ou McGonagall et qui s'était fait mal à un moment donné.
Ou alors, si elle le connaissait, peut être était-elle une collègue de son père ? C'était dur à savoir. Il était arrivé à Charlie d'accompagner son père au Ministère pour lui faire visiter l'endroit, peut être avait-il alors croisé cette bonne femme et que celle-ci, des années plus tard, se souvenait de lui. Ça paraissait plutôt plausible.
« - Écoute, répondit Bill avec un sourire amusé lorsque son petit frère lui posa la question, plus tard dans la soirée. Il me semble qu'il y a pas mal de personnes âgées à Poudlard. Flitwick, Dumbledore, McGonagall, Pomfresh, Pince, et sans aucun doute encore quelques uns. Il ne sert à rien d'en faire toute une histoire. Tu as peut être raison, c'est sans doute une employée du Ministère venue ici pour une raison administrative, ou quelque chose dans le genre. »
Tandis que Charlie s'apprêtait à répondre avec virulence, la porte de la Salle Commune de Gryffondor s'ouvrit et laissa passer Sam Vedder. Celui-ci sourit avec enthousiasme au jeune Capitaine de Quidditch, qui fit de même et lui fit signe de venir.
« - Comment tu vas depuis la dernière fois ?, lui demanda chaleureusement Charlie.
- Plutôt bien, fit-il simplement, sinon que j'ai failli brûler mon bureau en Métamorphose. Charmant, je sais, ajouta-t-il devant leur mine amusée. J'ai voulu tenter quelque chose, ajouter un petit plus à la formule, mais ça a surtout ajouté bien trop de chaleur qu'il n'en fallait.
- Et tu connais sans doute mon frère, Bill ?, dit-il en désignant l'intéressé.
- Le Préfet en Chef, bien sûr ! »
Ils se serrèrent la main en se présentant l'un l'autre. Charlie remarqua que son grand frère avait conservé son petit sourire amusé, et il n'en démordit pas pendant que les deux discutaient.
« - J'ai entendu dire que le cours de Brûlopot avait été mouvementé, aujourd'hui, sourit Sam d'un air taquin.
- Oui, effectivement, approuva Charlie en jetant un coup d'œil à Rory, qui travaillait un peu plus loin. Prends une personne, puis un crétin qui s'en prend à sa meilleure amie et on obtient un échange des plus conflictuels.
- Jolie façon de dire qu'ils se sont démoli la figure, récapitula-t-il.
- Comment tu sais ça ?
- Oh, tu sais, les histoires courent vite à Poudlard, répondit-il évasivement.
- Je suppose, oui. »
Ce par quoi Sam répondit d'un petit rire, et d'un grand sourire ravi.
Il est si étrange, ne put-il s'empêcher de penser. Néanmoins, à l'instant où il sourit, une étrange chaleur se propagea le long de sa nuque jusque l'entièreté de ses oreilles. Oh, par Merlin. Il détestait rougir. Particulièrement dans cette situation, où il savait parfaitement qu'au moins Jane le criblait de ses regards attentifs, et que Bill observait la scène en discutant dans le même temps avec un ami.
Sam, qui voyait très bien son embarras, élargit encore son sourire devenu presque carnassier.
« - Bon, fit le garçon du train, je dois potasser le livre de Sortilèges.
- Bien sûr, répondit précipitamment son interlocuteur, soulagé. Je comptais travailler aussi.
- Ça marche », fit Sam.
Alors qu'il s'apprêtait à partir vers une table, il se retourna, claqua des doigts en sa direction et lui demanda :
« - Ça te dirait qu'on mange ensemble un de ces quatre ? Juste simplement, comme ça. Tranquillement, pour parler dragons et autres.
- Bien sûr, okay, ça marche », bégaya-t-il légèrement en retour.
Sam hocha de la tête et s'en alla vers sa table d'amis. Bill, qui avait arrêté de discuter, se pressa sans trop le montrer de se diriger vers son frère.
« - Est-ce que je viens bien de voir ce qui vient de se passer ?, se délectait-il, le sourire moqueur.
- Tu as bien vu, mon frère, dit Charlie. Ça faisait longtemps que je voulais te l'avouer, mais voici la poignante vérité : je suis bel et bien roux.
- Ne joue pas au plus fin avec moi, fit-il tranquillement. Nous savons tous que de nous deux, c'est moi qui passe les portes.
- C'est le gars qui m'a remis la lettre que Brûlopot m'avait envoyé, dans le train, vu que le hibou s'était trompé de destinataire, répliqua son petit frère en retrouvant peu à peu un ton nonchalant. C'est tout. Rien de plus, rien de moins, c'est un type très sympa.
- On ne me l'a fait pas, à moi, dit Bill qui claqua sa langue. C'est intéressant. Très intéressant à voir. »
Formidable. Maintenant, c'était au tour de son frère. Combien de fois faudrait-il qu'il le dise ? Il n'était pas intéressé par les gens… Dans ce sens là. Au fond de lui, il savait que ce Sam était une exception à ses principes de vie et l'opinion qu'il avait là-dessus depuis pas mal d'années déjà c'était plutôt perturbant. Mais tout de même ! Ce n'est pas parce qu'il avait un peu rougi (après tout, la cheminée fonctionne du feu de dieu) ou bégayé vite fait (il s'était coincé un morceau de viande dans la dent) qu'il fallait en tirer des conclusions hâtives.
« - En plus, tu ne prends pas le plus moche, continuait le Préfet. Toi, éternel solitaire, non seulement tu rougis devant quelqu'un, mais ce quelqu'un est de plus très particulier. »
Il lui adressa un clin d'œil.
« - Tu peux parler, rétorqua Charlie en lui poussant le bras d'un air amusé. Moi, je me fais juste des amis. En revanche, toi, n'imagine pas une seule seconde que j'ignore ce que tu ressens pour Elizabeth Pillsworth.
- Ellie? N'importe quoi, répondit-il en détournant le regard. Ne cherche pas à détourner le sujet.
- Oh que si, se délectait son frère ravi. Ces yeux pleins de flammes passionnelles quand tu la regardes… Ce sourire un peu bête quand vous parlez…
- Tu vas te taire, oui ?
- Oh, Elizabeth, montre-moi tes talents de Poursuiveuse !, continua-t-il. Je dois reconnaître qu'elle est très douée, tu choisis bien, toi aussi.
- Tais-toi, répéta Bill en soupirant et en poussant son frère hilare. Ne parle plus, je m'en vais, regarde, je suis parti, tu ne me vois plus ! »
Et il s'en alla vers les dortoirs. Fier de sa victoire, Charlie retourna à sa place et pensa à ce qu'il venait de se produire. Rien de spécial, en somme, quand on y pense bien. C'était chouette, il allait pouvoir apprendre à le connaître.
Cependant, pour une raison qui lui était inconnue, cette seule pensée lui nouait légèrement le ventre. Se remémorant les paroles de son frère, il pensa, c'est vrai. Il est particulier. Et ça n'avait pas l'air d'être si mal que ça.
