Après tant de temps, je ne sais pas si la suite va attirer du monde, mais elle arrive !

Bonne lecture :)


Rappel des évènements : 6 ans après la guerre, Ginny Weasley est étudiante à la très prestigieuse Faculté Européeenne de Magie, qui organise un échange avec l'université américaine. Ginny accueille chez elle une étudiante, Alexis Thayer, et apprend qu'elles se seraient embrassées après une soirée arrosée, chose dont elle n'a aucun souvenir ! Son amie Eléana lui propose alors une potion qui devrait l'y aider.

Chapitre IV : Remue-Méninge & Regroupement

En quelques minutes à peine, Eléana fut en possession du précieux flacon. A peine un ou deux compliments bien sentis accompagnés d'un battement de cils un peu appuyé avaient suffi à convaincre le jeune homme de céder. À sa décharge, il était difficile de résister à Eléana lorsqu'elle voulait quelque chose. Ginny réussit toutefois à obtenir de boire la potion quand elle serait seule, et de lui raconter les passages intéressants ensuite. Il était à peine quatorze heures lorsque l'anglaise se retrouva chez elle, avec un flacon qui la narguait. Elle pouvait presque le voir clignoter « je sais tout ! ».

Prenant son courage à deux mains, elle décacheta la fiole d'un coup de baguette et versa la mixture translucide dans un verre, y ajouta deux gouttes de fleur d'oranger comme le préparateur le leur avait dit et avala le tout. Il fallait désormais qu'elle se concentre sur l'évènement qu'elle voulait retrouver, sur la période dont elle ne se souvenait plus. Tout était flou et tourbillonnait autour d'elle, c'est comme si elle s'était retrouvée dans une tornade de couleurs impossibles à dissocier ; elle crut que cela ne s'arrêterait jamais. Puis, d'un coup, l'image se stabilisa. Elle n'était pas là en spectatrice extérieure comme avec une Pensine, mais revivait entièrement ses propres souvenirs. L'expérience promettait d'être surprenante.

Elle était à la soirée, et percevait toutes les sensations qu'elle avait eues alors, tout en gardant ses sensations actuelles, juste installée dans son fauteuil ; c'était plutôt perturbant mais elle put rapidement distinguer les sensations souvenirs des réelles. Elle se savait déjà bien alcoolisée : la manière de danser qu'elle avait adoptée n'était franchement pas dans ses habitudes, mais cela semblait plaire à beaucoup. Elle passait de bras en bras, en riant et attrapant de temps en temps un verre d'un quelconque alcool. Elle ne vit nulle trace de ses amis, ils étaient sûrement rentrés chez eux à cette heure-ci.

Elle sentit une ou deux mains se poser sur ses fesses mais ne sut dire qui étaient les propriétaires. C'est bien dommage car ils auraient goûté à son Chauve-Furie ! Ses partenaires de danse se succédaient, parfois bons, parfois mauvais, souvent aussi ivres qu'elle ce qui par-contre n'arrangeait pas leurs talents de danseur mais augmentait leurs tentatives scabreuses. Elle était coincée dans un petit coin, entre le mur, un groupe d'étudiants en plein débat et un prétendant à l'haleine chargée mais plutôt collant lorsqu'elle sentit une bouffée d'air frais. Le prétendant venait de reculer, écarté par Alexis.

« Je crois que c'est à mon tour de danser avec cette demoiselle »

Le sentiment de soulagement que ressentit Ginny la surprit avant qu'elle ne se souvienne que c'était dans son souvenir qu'elle était ainsi. Alexis lui avait pris la main et les avaient ramenées sur la piste de danse, où une chanson rock s'achevait. Cela n'empêcha pas Alexis de garder sa main emprisonnée dans la sienne et de poser l'autre sur sa hanche. Elle n'eut d'autre choix que de poser sa propre main restante sur l'épaule de l'américaine. Et ce fut bien entendu le moment où la musique changea pour devenir … le quart d'heure « slow ». Elle remarqua le petit sourire d'Alexis qui changea de position pour poser ses deux mains au niveau de sa taille après lui avoir placé sa seconde main autour du cou. Cette nouvelle position avait considérablement diminué l'espace qu'il y avait entre elles ; il était passé de « respectable » à « intime » en quelques seconde, et Ginny se sentit mal à l'aise à l'idée que les autres allaient jaser … Puis elle se souvint qu'elle ne faisait que regarder et que la suite était pire.

Plus la chanson avançait et plus leurs corps se rapprochaient. Elle sentit progressivement les mains de l'américaine se faire plus caressantes, et plus franches, tout en restant tout à fait correcte. De son côté, elle remarqua qu'elle ne semblait pas le moins du monde perturbée. Elle avait fini par avoir la tête dans le creux de l'épaule de sa correspondante et pouvait constater qu'elle sentait très bon et qu'elle avait la peau douce. Elle avait fermé les yeux, ressentait pleinement le contact avec la jeune femme et se surprenait à apprécier celui-ci, bien plus qu'elle ne l'aurait cru. La musique baissa le temps que la chanson change, elle rouvrit les yeux et tomba directement dans ceux d'Alexis qui lui sourit doucement.

« - Tu t'endors ? Demanda l'américaine

- Je ne risque pas non. L'assura Ginny

- Je te marche sur les pieds ?

- Non plus. » Répondit-elle en s'humectant les lèvres, tic dont elle désespérait de se départir.

Elle sentit Alexis bouger légèrement et entrouvrir les lèvres. Une violente envie de l'embrasser monta en elle ; l'alcool qu'elle avait ingéré lui avait enlevé toute inhibition et elle vit la bouche d'Alexis se rapprocher de la sienne … sous sa propre impulsion ! Elle avait fermé les yeux avant que le contact ne se fasse et Ginny fut étonnée de la douceur qu'elle sentit.

Ça y est, elle y était. Le fameux baiser ! Elle sentit la bouche d'Alexis bouger contre la sienne et se sentait réagir au moindre mouvement. Sa peau brûlait au contact de ses mains, elle avait envie de ne jamais quitter ces lèvres. Une de ses mains glissa du cou d'Alexis vers ses cheveux et elle entendit nettement un petit gémissement en même temps que la prise de la jeune femme sur ses hanches s'affermissait. Elle ouvrit un peu plus les lèvres et la langue d'Alexis vint à la rencontre de la sienne, toujours avec une douceur qui cachait une grande maîtrise ; elle embrassait comme un dieu ! Enfin, comme une déesse.

Elles reculèrent progressivement jusqu'à atteindre un mur, à l'initiative de qui Ginny ne put le dire ; elle était trop perdue dans les sensations qu'elle redécouvrait pour faire totalement attention à ce qui passait ailleurs que contre ses lèvres. Le dos appuyé contre les pierres, elle était complètement à la merci d'Alexis mais cela ne paraissait pas lui déplaire. Elle mit sa deuxième main dans les cheveux de la brune, plia légèrement une jambe et l'attira contre elle. Alexis eut un sourire quand elle se sentit encore plus collée à la jeune anglaise mais continua à l'embrasser.

Le baiser était de plus en plus chaud mais Ginny avait du mal à réaliser qu'elle était au beau milieu d'une salle pleine d'étudiants lorsque c'était arrivé. Ce qu'elle avait ressenti alors était … totalement inédit. Les baisers échangés avec tous ses anciens petits amis n'avaient réellement rien à voir avec ce qui était arrivé. Était-ce l'alcool qui l'avait rendue si sensible ? … Non, elle avait déjà embrassé des garçons en étant soûle, jamais cela n'avait eu cet effet. Et dire que c'était une femme qui l'embrassait comme ça !

Elle sentit ses propres mains partir sous la chemise d'Alexis, effleurer sa taille et dériver dans son dos. L'américaine soupira contre sa bouche puis se recula brusquement, attrapant ses mains entre les siennes.

« - Ginny, attends, pas comme ça.

- Pourquoi ? J'ai envie. Répondit-elle en pouffant

- Tu as trop bu. Tu sais encore comment je m'appelle au moins ? Demanda alors Alexis

- Mais oui !

- Comment je m'appelle ?

- … C'est pas important ! Éluda la rouquine en se penchant vers la brune pour l'embrasser à nouveau

- Si c'est important. Je ne veux pas profiter de toi. Insista Alexis en se reculant légèrement

- Je suis parfaitement consentante. » La contredit Ginny en reprenant ses lèvres

Intérieurement, Ginny était mortifiée. Sa mère aurait dit qu'elle se conduisait comme une gourgandine, et elle n'était pas loin de le penser également. Bon en même temps, elle était adulte, vaccinée, diplômée … elle pouvait bien choisir de faire ce qu'elle voulait sur ce plan là.

Alexis recula une nouvelle fois.

« - Je vais te ramener chez toi. Tu vas aller te coucher.

- Je ne veux pas partir !

- Il vaut mieux, sinon tu vas avoir du mal à tout assumer demain matin. Allez, viens avec moi. »

L'alcool aidant, Ginny ne protesta pas et se laissa guider jusqu'à la sortie. Elle attrapa toutefois au passage un verre plein et le vida d'une traite. Ginny sentit que sa gorge l'avait brûlée et en déduisit à l'arrière goût que ce devait être un cocktail assez explosif. Cet ultime mélange lui monta rapidement à la tête, et alors qu'elle suivait Alexis elle manqua de s'écrouler sur le sol. L'américaine réagit vivement et la rattrapa avant qu'elle ne tombe, ce qui eut pour conséquence qu'elle dut presque porter Ginny jusqu'à son appartement. Cette-dernière eut un peu honte de son état, mais ne put s'empêcher de remarquer que personne ne les avait raccompagné, comme l'avait pourtant déclaré Alexis …

Elles arrivèrent devant la porte, et par un miracle insoupçonné, Ginny se vit lever sa baguette et désactiver les sortilèges de sécurité afin de pouvoir entrer. La marche à l'air frais l'avait un peu dégrisée et elle tenait maintenant parfaitement debout, même si ses pensées n'étaient toujours pas claires. Alexis referma la porte et se retrouva plaquée contre celle-ci, bloquée par une masse humaine, féminine et déterminée.

« - Tu voulais qu'on rentre chez moi c'est ça ?

- Non, je voulais que tu ailles te coucher.

- Mais je n'en ai pas envie … Vraiment pas. » Rétorqua Ginny en reprenant où elle s'était arrêtée dans la salle

Ses mains glissaient sous la chemise de sa correspondante, et ses lèvres trouvaient naturellement sa bouche. Cette fois-ci Alexis ne la repoussa pas mais s'arrangea pour qu'elle ne puisse pas monter ses mains plus haut. Elle avait une main sur sa taille et l'autre dans sa nuque et ce simple contact l'électrisait totalement, en plus des baisers toujours aussi intenses. La bouche de Ginny glissa le long de la mâchoire d'Alexis pour arriver à la base de son oreille, et elle s'entendit murmurer « j'ai envie de toi ». Le cœur de Ginny sembla manquer un battement. Avait-elle réellement osé dire … ça ?! Et surtout … Qu'allait-il se passer encore ?

L'américaine poussa un léger soupir et écarta l'anglaise de quelques centimètres. Ginny vit un air déçu se peindre sur ses traits, comme si elle regrettait ce qu'elle venait d'entendre.

« - Ginny … On en reparlera quand tu seras sobre.

- Mais je suis sobre ! Et j'ai envie, maintenant ! Insista la rouquine en se collant à la brune, en profitant pour faire rapidement glisser ses mains contre le pantalon de cette-dernière

- Ginny ! Non. Vas te coucher, c'est ce qu'il y a de mieux à faire.

- Je ne te plais pas ?

- Ce serait difficile de me plaire plus.

- Alors où est le problème ?

- J'ai envie que tu te souviennes de ce que je t'aurai fait toute la nuit. Maintenant vas te coucher.

- Tu viens avec moi ?

- Non.

- Alors je viens avec toi.

- Ginny …

- C'est ça ou tu dors dehors.

- Vas dans ton lit. » Conclut Alexis, en transformant le canapé en lit, au milieu du salon.

Ginny partit vers sa chambre et réussit à se mettre en pyjama, mais au lieu de se coucher dans son propre lit, elle revint comme annoncé dans le salon et se glissa naturellement sous les draps aux côtés de l'américaine. Cette-dernière s'apprêtait à émettre une protestation lorsqu'une bouche vint se coller à la sienne, l'empêchant de parler un court instant, avant de lui souhaiter bonne nuit. Et en quelques secondes à peine, l'anglaise s'était endormie.

Ginny sortit de son souvenir et se retrouva assise dans son canapé avec l'impression d'avoir observé quelqu'un d'autre agir à sa place. La façon dont elle avait agi ce soir là … Ne lui correspondait en rien. Son attitude envers Alexis la laissait pantoise. Elle n'avait éprouvé aucune gêne à être dans les bras d'une femme, et elle avait même été entreprenante, de quoi en perdre son latin. Les questions qui l'avaient assaillie lorsqu'elle était restée seule avec l'américaine lui revinrent en tête et elle commença à se demander où allaient ses désirs. Y avait-il réellement une attirance pour les femmes chez elle ? Était-ce l'attrait de la nouveauté ?

Elle jeta un œil à l'horloge et fut stupéfaite par l'heure affichée. Il était plus de dix huit heures, alors qu'elle avait bu la potion en début d'après midi. Elle s'étonna de ne pas avoir reçu d'appel d'Eléana pour avoir la suite de l'histoire … Ah, quand on parle du loup, son miroir se mit à vibrer. Elle accepta mécaniquement la conversation, mais le visage qui apparut ne fut pas celui auquel elle s'attendait.

« - Alexis ? S'étonna-t-elle, encore perturbée par les découvertes qu'elle venait de faire

- Oui, c'est bien moi. Je te dérange ? Répondit l'américaine

- Non, tu ne me déranges pas.

- J'ai eu une discussion avec le professeur Scoletti, à propos de ton travail. Reprit Alexis

- Pardon ?! S'offusqua Ginny.

Les sujets de recherche étaient jalousement gardés par les étudiants et leurs référents, les découvertes étaient brevetées et solidement protégées de toute tentative de copiage ou d'appropriation. Le plus souvent, même l'entourage proche découvrait le thème de la recherche le jour de la présentation officielle.

- Laisse moi finir. Il se trouve que mon propre sujet de maîtrise rejoint le tien. La rassura Alexis

- Comment cela ?

- J'ai beaucoup étudié la mythologie des peuples du nord de l'Europe, à la recherche d'une explication sur le phénomène du loup-garou, qui y a ses racines. Et j'en suis arrivée à la même conclusion que toi, il y a un moyen de garder le loup sous lien.

- Qu'es-tu en train de dire ? Nous sommes en concurrence ? Insista Ginny, sur la défensive. Allait-elle perdre deux ans de recherches ?

- Non ! En réalité … J'aimerais que l'on travaille en association. Et que nos compétences s'ajoutent au lieu de se confronter. Proposa l'américaine

- Je ne sais même pas sur quoi tu travailles, et tu ne sais rien de mes recherches. Qui te dit que nos travaux portent effectivement sur le même sujet ? Se renseigna la rouquine

- Le Pr. Scoletti m'a parlé du Loeding. Je l'ai étudié, avant de l'abandonner car en réalité tout ce qu'on pourra faire avec, c'est bloquer la transformation sans supprimer la malédiction. C'est la mort assurée pour le sorcier. Développa Alexis

- Sur quoi il faudrait travailler alors, toi qui sais tout ?! Ironisa Ginny

- Ne le prends pas comme ça Ginny. Je te fais partager ma propre avancée, c'est tout. J'ai trouvé la trace d'un autre lien. Le Dromi, plus orienté vers l'esprit.

- Et tu partagerais ta découverte comme ça, sans travail de ma part ? Généreux mais j'ai du mal à y croire.

- Les recherches sont loin d'être terminées. Et pour tout t'avouer, je bloque car certains textes me sont totalement opaques. Girandurus, 200 avant JC ça te parle ?

- Girandurus ? Tu as eu les parchemins ? Je me bats depuis l'année dernière pour avoir le droit de les consulter !

- Ma mère connait des pontes à l'ILIUM ça aide.

L'ILIUM était l'Institut Légal d'Investigation Universitaire sur la Magie, sorte de muséum international d'histoire de la magie interactif, compilant tous les artefacts présentant un quelconque intérêt pour un sorcier cherchant à percer les mystères d'un pan de la magie.

- Tu m'étonnes … Mais tu n'arrives pas à les traduire ? Insista l'anglaise

- J'ai des tronçons sans queue ni tête. Et je n'ose que moyennement demander de l'aide aux linguistes de l'ULNA, ils ne sont pas totalement fiables. J'ai entendu dire que tu étais plutôt douée dans ce domaine. Lui répondit Alexis

- J'ai reçu l'aide d'une amie à ce sujet, assez calée effectivement. Je me débrouille avec les textes désormais. Mais Girandurus … Je n'ai eu que des récits rapportés, des allusions, à la limite quelques phrases recopiées, mais jamais rien de complet, ça va peut-être me prendre des jours pour m'habituer.

- Si tu veux je peux te donner mes notes pour te simplifier la tâche.

- Tu les as avec toi ?! Faillit crier Ginny

- J'ai pu faire des copies. Tu veux que je te les apporte ? Proposa Alexis

- … Oui bien sûr !

- Maintenant ?

- Euh … Maintenant, ça me va. Je t'attends.

- Je pars tout de suite. »

Ginny se leva, s'étira et alla préparer de quoi tenir la soirée sur des traductions extrêmement coriaces. Elle n'arrivait pas à y croire. Des textes de Girandurus à sa totale disposition, c'était trop beau pour être vrai ! Même Hermione n'avait pas réussi à les lui obtenir et ce malgré sa place avantageuse -mais méritée- au sein du Ministère de la Magie. Noël tombait avant l'heure.

Un petit quart d'heure plus tard, on frappa à sa porte et elle alla ouvrir. L'américaine se tenait devant elle, un épais dossier à la main, sa veste de l'ULNA ouverte sur un débardeur rouge vif où s'étalait en lettres noires l'inscription « Merlin's not dead » qui tira un sourire à la rousse. Ginny invita sa correspondante à entrer et cette dernière lui obéit sagement. Lorsqu'elle lui proposa de prendre sa veste, elle put lire la suite du message « Bigfoot had told me » à l'arrière.

« - Humour américain ?

- Moldu revisité.

- Tu peux t'asseoir, je t'en prie. Tu veux boire quelque chose ?

- Tu as du café ?

- Oui, j'ai. Sucre, lait, crème ?

- Juste noir, merci.

Ginny revint cinq minutes plus tard avec deux tasses à la main et les déposa sur la table basse devant le canapé.

- Alors, ces textes ? Tu les as avec toi ?

- Bien sûr que je les ai, je ne t'aurais pas fait de fausse joie comme ça.

Alexis enleva la lanière du dossier et étala les premières pages sur la table. Ginny se saisit de la plus proche, avidement.

- Ce sont des runes vraiment anciennes … Et là c'est du gaëlic non ? Du latin aussi, bien évidemment … Merlin cet homme a l'esprit aussi en fouillis que la chambre de mon frère !

- Il aimait crypter ses textes pour que le simple sorcier de l'époque ne puisse pas accéder à certaines informations. Un peu comme ici.

- Ça promet un sacré mal de crâne … Sur quoi as-tu travaillé jusqu'à aujourd'hui ?

- Sur ce que j'arrivais à comprendre … Le latin essentiellement. Mes notes sont … Ici. »

Les deux femmes se penchèrent sur les notes et commencèrent à travailler, sans réellement s'en rendre compte, dans un accord harmonieux et plutôt complémentaire.

Une heure plus tard, Ginny releva un peu la tête pour s'étirer et reposer un peu ses yeux de la lecture fastidieuse de l'écriture manuscrite du vieil alchimiste. Elles avaient à peine traduit quelques phrases, tellement l'homme jonglait entre tous les langages qu'il devait connaître. La jeune anglaise inspira et fut envahie par le parfum d'Alexis. Parfum qui lui rappela la soirée que la potion de Remue-Méninges lui avait entièrement remis en mémoire, sensations à l'appui. Et toutes ces questions qui tournaient dans sa tête … Alexis remarqua que Ginny la fixait et leva la tête à son tour.

« - Qu'y a-t-il ?

- Rien …

- Tu es sûre ?

- En fait … Non. Tu as dit que Luna nous avait raccompagné mais … ce n'est pas vrai.

- C'est une question ?

- Une affirmation plutôt.

- Tu as retrouvé la mémoire alors ? Reprit Alexis avec un sourire amusé

- On peut dire ça oui … Marmonna Ginny, ses joues prenant lentement mais surement une teinte proche de celle d'une tomate bien mûre.

- Écoute Ginny … Tu avais sûrement beaucoup bu, alors je te promets que je ne vais pas tenir compte de ce qui a pu se passer. Tu es gênée ?

- Je n'ai vraiment pas l'habitude de me conduire ainsi. Et encore moins avec … enfin … tu vois …

- Avec une femme ?

- Ouais … Je ne sais pas ce qui m'a pris je … Balbutia Ginny en tombant dans les yeux d'Alexis. Elle perdait tous ses moyens face à ce regard, surtout avec les souvenirs qu'elle avait désormais en tête.

- Mon charme fait souvent cet effet là. Plaisanta la brune

- Et modeste avec ça …

- Simplement consciente de mes atouts. Tout comme tu n'étais pas consciente de ce que tu faisais, n'en parlons plus si cela t'ennuie.

- D'accord. Faisons comme ça … Tu veux une seconde tasse de café ?

- Oui je veux bien, il est très bon, merci. »

Ginny s'échappa dans la cuisine, n'arrivant pas à arrêter de rougir avec le regard d'Alexis toujours pointé sur elle. Si l'américaine arrivait à être totalement détachée, elle, elle ne pouvait pas. Elle se revoyait lui faire des avances plus qu'explicites, et il fallait désormais agir comme si rien n'était jamais arrivé ? Elle manquait de sang froid pour cela, ce n'était pas vraiment dans son tempérament. Ou bien c'était parce qu'Alexis avait également tellement bu qu'elle avait cédé à ses avances mais qu'elle ne lui plaisait pas du tout … Toute à ses pensées, Ginny ne fit pas attention en manipulant la cafetière et s'en versa la moitié sur le tee-shirt. Son cri de douleur fit arriver Alexis dans la cuisine. Avisant la situation, la brune se dirigea vers l'évier, ouvrit les robinets et passa un linge sous le jet froid.

« - Ginny, enlève ton tee-shirt.

- Pardon ?

- Le café est brûlant, enlève le tee-shirt !

L'ordre était ferme et l'anglaise céda mais garda le tissu devant sa poitrine. Alexis se tourna vers elle et plaqua la serviette trempée sur son ventre.

- Ah mais c'est froid !

- Il vaut mieux oui … Mais c'est préférable à une brûlure.

- J'ai une crème dans un placard.

- Maladroite ?

- Légèrement.

- Où est ce placard ? Je vais te la chercher. Demanda Alexis en commençant déjà à s'éloigner

- Dans la salle de bain.

L'américaine y fut en quelques pas. Ginny en profita pour aller chercher un nouveau tee-shirt et se changea rapidement.

- De la pâte de feu ? C'est du niveau professionnel ça dis moi !

- Mon frère travaille auprès de dragons, il ne jure que par ça.

Alexis revint dans le salon avec petit pot.

- Vas-y, soulève.

- Je peux le faire tu sais.

- Soulève j'ai dis ! »

Une fois de plus, l'anglaise obtempéra. Alexis dévissa le couvercle, prit de la crème du bout des doigts et commença à l'étaler sur la peau rougie de la maladroite. Dès qu'elle sentit la main entrer en contact avec sa peau, Ginny se mit à rougir et les battements de son cœur s'affolèrent. Elle espéra de tout cœur que son vis à vis ne remarque rien. Exauçant son vœu, Alexis ne releva pas la tête pendant toute la durée de l'opération et lorsque ce fut fini, elle rangea le pot sans plus de commentaire, se lava les mains et alla terminer de préparer les tasses pour qu'elles puissent reprendre le travail.

Elles arrêtèrent aux alentours de vingt-trois heures et Alexis repartit, les nouveaux studios pour les étudiants étant achevés. A peine Ginny avait-elle refermé la porte que son miroir se mit à vibrer avec insistance. Elle finit par l'ouvrir et le visage d'Eléana lui apparut.

« - Tu avais promis de me tenir au courant ! J'ai attendu des nouvelles toute l'après midi !

- Désolé Léa … J'ai eu un contre temps.

- Tu n'as pas pris la potion ?

- Si si.

- Bon alors j'arrive, tu vas tout me raconter ! » Et la bulgare coupa la conversation.

A peine cinq minutes plus tard, elle était dans le salon de Ginny, avide de détails croustillants. Elle écouta attentivement le récit de sa meilleure amie, confirma leur départ assez tôt dans la soirée car ils étaient fatigués, posa des questions quand elle estimait que Ginny était trop imprécise. Après la soirée, Ginny lui raconta également qu'Alexis l'avait appelé après son « réveil » et qu'elles avaient passé la fin d'après midi et toute la soirée sur des parchemins … à l'exception de la fameuse pause café. Quand elle lui exposa ses doutes quant à l'attirance que l'américaine pouvait avoir pour elle, Eléana éclata de rire.

« - Ginny … Tu es naïve. Elle te cherche.

- Comment ça ? Elle n'a rien fait du tout.

- Justement. Réfléchis. Tu n'es pas totalement sûre de toi, mais elle sait qu'elle te plait. Elle a remarqué qu'elle ne te laissait pas de marbre donc elle joue avec ça pour provoquer des réactions. Et elle feint l'indifférence pour ne pas te faire un rentre dedans trop visible.

- Je n'ai rien vu de tout ça moi. Elle n'en a peut-être tout simplement rien à faire, si je ne suis qu'une fille parmi les autres.

- Crois moi Kuki, elle va continuer à te chercher. Sauf si tu lui signifie clairement que ça ne t'intéresse pas. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que tu ne risques pas de le faire.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

- Tu n'aurais pas peur de n'être qu'une parmi les autres sinon. En deux ans ici, je ne t'ai jamais vue parler autant de quelqu'un d'extérieur. Et maintenant qu'on y pense, je crois même que je ne t'ai pas vue avec un garçon non plus …

- Je suis sortie avec un étudiant au milieu de la première année … Se défendit Ginny

Le sourire narquois et circonspect de la bulgare lui démontra qu'elle n'y croyait guère.

- Pendant trois jours ! Après je l'ai quitté. Trop collant.

- Il avait voulu te voir deux jours de suite ? Ou peut-être que c'était plutôt … Qu'il n'avait pas ce qu'il faut là où il faut … Insinua Eléana

- Léa ! Tu crois que je suis allée mesurer ?! S'exclama Ginny, embarrassée

- Je ne parle pas de ça …

- Quoi, tu dis que je suis … attirée par les femmes depuis longtemps et que c'est pour ça que je n'ai eu aucune relation depuis ?

- C'est une hypothèse … Mais il n'y a que toi qui peux savoir.

- Comme si c'était facile … Maugréa l'anglaise

- Je ne dis pas que ça l'est ma belle. Mais … Après tout, ne cherche pas à savoir pourquoi tu as fait telle action tel jour. Concentre toi sur le présent.

- Tu penses que je devrais continuer ?

- Uniquement si tu en as envie. Si cette idée te plaît. Si tu le vis bien.

- Tu ferais quoi toi, à ma place ? »

La conversation dura tard dans la nuit, et les jeunes filles balayèrent tous les sujets qui leur tenaient à cœur avant d'enfin s'endormir à même le canapé.

Au petit matin, Eléana se dépêcha de partir car elle était en retard pour se préparer ; il fallait dire qu'entre la bulgare et la salle de bain était née une grande histoire d'amour, la jeune fille y passait en moyenne deux heures tous les matins. Ginny, plus rapide car habituée aux batailles inévitables des familles nombreuses, rejoignit rapidement le Coffre pour avoir une petite discussion avec son référent. Elle voulait vérifier que c'était effectivement lui qui avait transmis les informations à Alexis, et non une fuite dans la sécurité.

Le professeur Scoletti rassura son étudiante et l'encouragea à travailler en collaboration avec les américains. L'université outre-atlantique avait l'énorme avantage de présenter tout un nouveau terrain d'étude, avec des conditions d'expérimentations différentes et une autre approche de la recherche qui pouvaient apporter de nouveaux éléments à ses travaux. De plus, même si la plupart des étudiants-chercheurs répugnaient à partager leurs découvertes, savoir travailler à plusieurs sur un même projet était très apprécié lors de la présentation de la maîtrise.

Rassurée, Ginny contacta Alexis pour lui demander si elle voulait bien continuer à travailler les textes pendant la matinée, pourquoi pas à la bibliothèque de la faculté histoire d'essayer de décoder certains mots qui revenaient sans qu'elles ne parviennent à en déterminer la signification. Elle fut dans le bâtiment avant l'américaine, s'installa à une table libre et commença à chercher des ouvrages pour les aider dans leur traduction. Quelques minutes plus tard Alexis arriva et les deux jeunes filles purent se mettre au travail, studieusement.


Voilà, vous en savez désormais beaucoup plus sur la relation entre Ginny et Alexis, et le sujet de recherche arrive sur le tapis.

Des remarques ? Réactions ? reviews :D